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2007

Mois de janvier

Les Echos du 17 janvier 2007

APRES SON DISCOURS DU NOUVEL AN

Questions au président de la République

C'est avec intérêt que nous avons suivi l'allocution du président de la République, à l'occasion du Nouvel an. Une allocution qui aura touché des domaines essentiels. Malheureusement, elle aura aussi omis des questions essentielles. A travers ces quelques lignes, nous essayons de proposer des actions pour consolider les acquis et essayer d'influer sur le cours de l'avenir.

Comme l'a dit le président, pour lui, « la finalité de toutes nos actions, est d'assurer le bien-être de l'homme et de son épanouissement » . Et au président d'ajouter : « Notre souci constant est l'amélioration des conditions de vie des Maliennes et des Maliens » . Pour soulager les souffrances des uns et des autres, des actions simples, gratuites et source potentielle de revenus pour le gouvernement doivent être prises en compte. Quelques-unes de ces actions simples et symboliques portent sur :

Délivrance du passeport et de la carte d'identité

Obtenir un passeport ou une carte d'identité en 24 h coûte trois fois plus cher que le prix normal. Ce fait ne peut être nié par aucun Malien. C'est vraiment améliorer la vie des Maliennes et des Maliens ? Pis, il n'y a que le prix normal qui va dans les caisses de l'Etat. De nombreux pays, dont ceux d'Occident, ont trouvé une solution simple à ce problème. Le coût normal d'un passeport pour un citoyen américain est de $67 et pour l'expédition rapide, il faudra payer $127 qui vont directement au Trésor public. Mais tenez vous bien : les délais de délivrance sont respectés et il n'y a aucun va-et-vient inutile de la part des populations, et aucune excuse de rupture de la part des fonctionnaires.

Nous évoquions une telle action depuis des mois, mais aucune mesure n'a été prise dans ce sens. Pourrions-nous savoir pourquoi une décision si simple et qui est source de revenus supplémentaires tarde toujours ? Cette réforme est simple : les affiches sont postées dans les portes d'entrées desdits départements et l'information est communiquée à la radio et à la télé. Tout non-respect des délais sera communiqué soit à la brigade criminelle ou un numéro vert du ministère du Développement social, ou mieux encore au bureau du Vérificateur général, qui a fait tant de bruit au début de la création de l'institution, et dont les premiers résultats traînent encore par manque de pouvoir réel à lui accordés.

L'emploi des jeunes

Le président a brièvement touché le domaine concernant l'emploi des jeunes. Il « encourage l'Apej à explorer toutes les formes d'appui aux jeunes » et félicite les jeunes volontaires de l'administration. Nul ne peut douter de l'admiration profonde qu'éprouve le président pour les jeunes.

Mais, au niveau gouvernemental, force est de constater que la marge du gouvernement dans ce domaine est limitée. Au Mali, les jeunes ont une chose en commun : ils sont tous fiers et ils blâment tous les gouvernements. Si vous aviez visité les restos, petits cafés et autres, vous constateriez que tous leurs employés sont des jeunes de la sous-région et qui sont au Mali pour étudier, soit à l'Université, soit à l'Ecole de médecine. Au Ghana, tous les hôtels, resto, cybercafés, sont pleins de jeunes étudiants qui travaillent à mi-temps pour compléter leurs revenus. Aux Etats-Unis, les écoles n'emploient que des étudiants pour tout ce qui concerne le nettoyage, restauration, l'entretien du gazon, etc. Au Mali, ce sont les étrangers qui viennent le faire à notre place. Dans ce sens, le président doit dire la vérité aux jeunes : « Je sympathise avec vous certes, mais en restant les mains croisées, les plaintes ne vous serviront à rien » .

Le comportement de nos jeunes me rappelle une plaisanterie d'un ami chinois. Chen me disait ceci : un jour, un jeune homme leva les mains au ciel et dit : « O Dieu, fait en sorte que je gagne à la loterie » . Dieu lui répondit : « Mon cher jeune, prends au moins un ticket » . La leçon est simple : aide toi et le ciel t'aidera.

En revanche, donner des postes de responsabilité aux jeunes est une obligation pour le gouvernement. Un gouvernement qui comporte environ 30 membres, et pas un seul d'eux n'est en dessous de la quarantaine, traduit l'attitude du gouvernement vis-à-vis des jeunes. Les directeurs des services publics ont presque tous plus de quarante ans. Oui, l'expérience compte, mais juste aussi important est le dynamisme, l'enthousiasme, et au-dessus de tout la culture du résultat qui caractérise la nouvelle génération. Monsieur le président, pourquoi le ministre de la Jeunesse n'est pas un jeune. Oui, 40 ans dans un pays où l'espérance de vie est de 48 ans est très vieux. Qu'envisagez vous de faire ?

Regardez le cas de la Georgie : l'actuel président qui a été démocratiquement élu à l'âge de 37 ans à la tête de ce qu'on peut légitimement appeler un gouvernement d'action. Le plus jeune des ministres a 29 ans. Juste 2 ans au pouvoir, la conclusion ne s'est pas fait attendre : la Georgie vient de recevoir le prix de l'économie la plus réformatrice au monde en 2006. Les retombées sont enviées : une croissance économique de 9,3 % en 2005, et de 11 % en 2006, et son revenu d'impôts a augmenté de plus de 300 % (source Banque mondiale).

Accélérateur de changement, les jeunes sont un atout pour toute économie, mais livrez les à eux-mêmes et vous avez entre vos mains une bombe à retardement.

L'école malienne

Le président scande que « l'école a été, au cours de ces quatre dernières années, un secteur de concentration des moyens de l'Etat et de ses partenaires » . Investir massivement dans l'éducation est important. Mais encore plus important est la pertinence du curriculum de l'éducation à la vie quotidienne des Maliens. Et cette pertinence se manifeste par plus de diplômes et plus d'emplois. Quel constat pouvions-nous tirer du cas actuel avec des milliers des jeunes diplômés sans emploi ?

Une école au service du développement n'a pas pour vocation de créer des Maliens qui vivent comme des bons citoyens français et américains. Pourquoi le sujet de mon bac portait sur la Révolution française et sur la géographie des Etats-Unis ? N'avons-nous pas une histoire que nous estimons assez importante pour la passer aux générations futures ? Pourquoi tous vos ministres, en un temps donné, ont fait des études à l'extérieur ? Quel message envoyez vous aux étudiants qui n'ont pas la chance d'étudier à l'extérieur ?

Nous le répétons ici : la qualité de l'école est plus importante que le nombre d'établissements scolaires. L'école primaire est plus importante que l'Université. Placer les meilleurs maîtres ou professeurs dans le primaire est plus rentable que de les placer dans les universités. Augmenter le salaire du maître est plus important que d'acheter des Mercedes pour les ministres. Pourquoi ne faites vous pas quelque chose dans ce sens ?

Diplomatie

Le président reconnaît que « la diplomatie est un levier essentiel de notre développement » . Oui, la diplomatie malienne a réalisé des succès importants. Mais cela ne devrait pas être une excuse pour laisser les choses telles qu'elles sont. Quelques réformes doivent être entreprises :

- Qu'on ne nomme jamais un ambassadeur qui n'a pas d'expérience professionnelle dans la diplomatie.

- Le Kenya, il y a trois ans, a réduit l'effectif des ambassades dans le monde d'1/3, selon certaines estimations. M. le président, nos ambassades sont pleines de conseillers, et pour la plupart d'entre eux, faire du thé tout au long de la journée fait partie de leurs obligations. Le gouvernement doit réduire de façon substantielle les staffs des ambassades. Un conseiller serait plus qu'assez.

- Qu'on envoie des gens compétents dans les ambassades sensibles comme la France et les Etats-Unis. Le Mali n'a aucune importance majeure ni stratégique aux yeux des Américains, l'ambassadeur des Etats-Unis à Bamako a plus de 20 ans d'expérience dans la diplomatie. Cela doit nous servir de leçons.

- Une autre mission pour les ambassades. Savez-vous que l'ambassadeur du Ghana aux USA, tout au long de l'année, passe dans les écoles américaines pour faire la promotion de son pays. En conséquence, c'est des milliers d'étudiants américains et leurs parents qui visitent le Ghana chaque année. Avec leurs dollars et leur niveau de vie élevé, les hôtels sont pleins et l'économie y trouve un vrai coup de fouet. M. le président, saviez-vous que même le Burkina, un pays avec une histoire moins riche que le nôtre, reçoit plus de touristes que le Mali, qui a une histoire sans pareille dans la région.

Aussi, le gouvernement ghanéen, à travers son ambassade aux Etats-Unis, garantit la nationalité à tout citoyen américain voulant résider au Ghana. Les Africains-Américains descendent sur le Ghana comme de la pluie. Ils construisent et investissent. Pourquoi n'adoptons nous pas la même chose ?

L'or du Mali

En parlant du tissu industriel, le président disait que « s'agissant des mines, notre production a été de 58 tonnes d'or en 2006, qui ont apporté directement plus de 80 milliards de francs CFA au Trésor public  ». Le président de continuer : « Les projections de 2007 sont de l'ordre de 63 tonnes d'or brut, pour un apport attendu au budget de 120 milliards de francs CFA au cours actuel de l'or » . Tout cela est important. Mais des questions persistent :

- D'où viennent ces informations sur la production d'or au Mali ? Disposons-nous d'un agent intègre aux côtés des sociétés minières pour confirmer ces chiffres ?

- Est-ce que le contrat avec ces sociétés minières est lié au cours actuel de l'or ?

- Plus important que tout, savons-nous ce que gagnent-elles par an ? Si réellement le Mali ne gagne que 20 % des profits, alors, M. le président, la renégociation est impérative. 120 milliards est un apport important, mais pas au coût de 480 milliards qui vont à ces multinationales (si le gouvernement ne détient certes que 20 %).

Nous devons juger le cas de l'or avec la plus grande attention. Comme toute chose, l'or finira un jour. Que ferions-nous alors sans l'apport financier dégagé par l'or du Mali ? Cette question est la raison pour laquelle le gouvernement mauritanien a renégocié avec succès son contrat pétrolier avec les compagnies étrangères. La Bolivie d'Evo Morales a fait de même pour son gaz, et le Venezuela a suivi le pas. Renégocier un contrat n'est ni communiste ni socialiste. C'est juste mettre l'intérêt national au-dessus de celui des exploitants.

Salaires des fonctionnaires

Avec la hausse du coût de la vie quotidienne, toute augmentation de salaire serait la bienvenue. Le président n'a pas manqué de passer le point sur la hausse de la valeur de l'indice salariale « qui passe de 292,5 à 300 francs CFA » . Ce fait est sans doute remarquable. Mais qui parle de hausse des salaires parle aussi de la plus grande responsabilité des fonctionnaires et autres employés de l'Etat à assurer un minimum de service aux populations. M. le président, le comportement actuel des bureaucrates est intenable. Passer à la douane pour récupérer un document et vous en avez pour toute la journée. Si le chef de bureau n'est pas en réunion avec ses agents, il se repose, ou il prend du thé avec des amis. Si vous doutez une seconde de ce qui est dit ici, rendez-vous à la douane incognito, vous serez édifié.

Notre économie a besoin d'entrepreneurs sur le terrain et non dans les bureaux de la douane. En l'état actuel des choses, les bureaucrates maliens constituent un obstacle, voire un frein à tout espoir d'amélioration de nos conditions de vie. Quand le nouveau ministre de l'Energie de l'Inde est entré en fonction, il a licencié plus d'1/3 de son effectif à cause du retard. Mais il faut que le chef arrive à l'heure.

CMDT, Apcam/privé : un Etat en violation de ses lois

M. le président, pour une croissance durable au service du développement, une attention particulière doit être accordée à la relation de confiance nécessaire entre l'Etat et le secteur privé. Aujourd'hui, M. le président, la CMDT, une compagnie étatique, est en flagrante violation des lois républicaines. Depuis janvier 2005, ils sont plus de 10 entrepreneurs qui ont remporté des marchés avec l'Apcam et garantis par la CMDT. Des produits livrés et deux ans après, les factures restent impayées. Des dizaines de juges de la République continuent à bouffer des dizaines de millions de ces entrepreneurs afin de les aider à récupérer ce qui leur est légalement dû.

Un Etat qui donne des marchés à travers des appels d'offres et qui refuse de s'acquitter de ses obligations a, M. le président, toutes les caractéristiques d'un « Etat  voyou » . Plus grave, les responsables ayant octroyé ces contrats sont toujours à leur poste, signe d'une complicité ou d'une impunité sans limite. Cela est-il acceptable ?

M. le président, lors de votre cérémonie d'investiture, vous avez juré « de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi » . Pour faire respecter la loi, un gouvernement doit d'abord respecter la loi. Si vous ne voulez pas que la République du Mali se transforme en une République bananière, alors saisissez-vous personnellement de ce contentieux qui continue de défrayer la chronique dans le secteur privé afin qu'il connaisse un dénouement heureux. La crédibilité de votre gouvernement en dépend. Et si vous en doutez une seconde de ce qui est dit ici, prenez connaissance avec le contrat n° 17/01/04/GSCVM de fourniture d'herbicides coton et maïs au titre de la campagne 2005/2006. Le contrat stipule que, « après livraison, le fournisseur présentera ses factures en 4 exemplaires accompagnées des documents originaux de livraison qui feront l'objet d'un règlement des 50 % au comptant par la banque et des 50 % par traite avalisée à 180 jours fin mois de livraison » .

M. le président, cela fait exactement 2 ans que les produits ont été livrés, que les factures ont été présentées. En dépit de tout, pas un franc CFA n'a été payé. Quelles excuses pourraient expliquer un tel comportement ?

Ce contentieux est l'une des nombreuses entraves qui se dressent sur le chemin du développement du secteur privé au Mali. Quand un gouvernement n'honore pas ses engagements, alors les populations sont libres de faire de même, un comportement inacceptable dans la République. M. le président, l'Etat doit donner le bel exemple de conduite aux autres. Actuellement, cet exemple fait cruellement défaut.

M. le président, ce gouvernement a certes réalisé des avancées notables. Mais des questions sur certains aspects de son but « d'améliorer les conditions de vie des Maliens » se posent. Si les questions posées ci-dessus, qui vont aussi dans le sens du but annoncé par le gouvernement, sont jugées pertinentes, nous attendons un engagement du président à les concrétiser sans délai. M. le président, vous qui bénéficiez du suffrage populaire, la balle est dans votre camp. Et vous auriez tort de ne pas en mesurer toute la portée.

Soya Djigué

( économiste aux Etats-Unis)

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23e SOMMET AFRIQUE-FRANCE

Les ministres tirent le bilan

La réunion ministérielle de suivi du 23e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement dont les travaux se sont ouverts mardi au CICB va mesurer le chemin parcouru dans le cadre du partenariat entre l'Afrique et la France pour répondre pleinement aux attentes et aspirations de la jeunesse africaine.

Au cours de la réunion, les ministres des Affaires étrangères des pays africains et leur homologue de France, Philippe Douste-Blazy, vont échanger et examiner les résultats obtenus en matière d'insertion socio-politique et économique de la jeunesse dans le processus de développement de l'Afrique, du retour des compétences africaines en Afrique et de la jeunesse face aux grands enjeux sanitaires. Les discussions porteront aussi sur les avancées dans les domaines de la formation et de l'emploi et des phénomènes migratoires comme facteurs d'intégration.

Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, S. E. Moctar Ouane, on peut déjà se réjouir. A l'en croire, des efforts ont été déployés pour que l'éducation, la formation et l'emploi des jeunes soient des secteurs prioritaires tant dans l'agenda international que dans celui des pays africains. Il a noté également des avancées en matière de santé. Celles-ci se résument en des initiatives présentées par l'Afrique et la France lors des conférences d'Abuja, de New York et de Toronto sur le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose qui n'épargnent pas la jeunesse africaine.

Toutefois, de l'avis du chef de la diplomatie malienne, les pays africains et la France doivent davantage œuvrer de concert pour amplifier le plaidoyer en faveur d'une mobilisation de la communauté internationale face à la situation sanitaire de l'Afrique. « La situation sanitaire de l'Afrique reste inquiétante » , a souligné Moctar Ouane.

Sur l'épineuse question de l'immigration, des avancées sont aussi palpables. Depuis le Sommet de Bamako, des contacts fructueux ont été noués entre Etats concernés par ce phénomène avec la participation de société civile. Au Mali, S. E. M. Ouane a cité le projet d'appui à la jeunesse malienne mis en place par l'ambassade de France en partenariat avec les partenaires concernés. Ce projet, comme d'autres, se veut le cadre de recherche de solution consensuelle à l'immigration.

Denis Koné

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INSECURITE EN COMMUNE VI

Les populations ne dorment plus que d'un œil

Il ne passe plus un seul jour en Commune VI sans qu'on ne parle de vol perpétré dans une famille malgré l'omniprésence des patrouilles qui rackettent de paisibles citoyens pour défaut de pièce d'identité.

Depuis bientôt deux mois, des familles de la Commune VI n'ont pas le droit de dormir à poings fermés. Elles s'attendent à tout moment à la visite des « hommes de nuit » ou des bandits qui leur imposent leur loi. Tenez ! En l'espace d'une semaine (du 23 au 29 décembre 2006), ce sont plus de 10 motos et divers autres matériels (le bilan est loin d'être exhaustif) qui ont été enlevés à Faladié-Socoro, à Niamakoro, à la Cité Unicef, où se trouve le commissariat du 10e arrondissement, et à Banankabougou. Et tout porte à croire que c'est le même gang qui opère dans ces trois quartiers.

Ces grands bandits ont développé une nouvelle technique de vol qui consiste à asperger la porte de la concession avec de l'huile avant de la couper. Ils pénètrent ainsi à l'intérieur en douceur pour ramasser tout ce qui vaut quelque chose. « C'était dans la nuit du 26 au 27 décembre dernier. Nos deux motos de marque Jakarta étaient dans le salon. Et c'est moi qui ai fermé la porte du salon à clé à une heure du matin. Au réveil, nous avons trouvé la porte grande ouverte. Les motos, le poste télé, le tapis et un portable avaient disparu. Nous avons fait des déclarations au niveau de la police. Mais jusque-là, rien » , témoigne Amadou Traoré, étudiant à la Fast résidant à Faladié-Socoro près du petit marché.

La même nuit, deux autres familles voisines ont reçu la visite, certainement, des mêmes personnes. Ils ont enlevé pêle-mêle des motos, des antennes TV-5, des rétroviseurs, radios et des pneus de secours de voitures avant de disparaître sans laisser de trace. Deux jours plus tard, le 29 décembre, des témoins ont rapporté des cas de vol similaires à Banankabougou et à Niamakoro. Dans ce dernier quartier, les voleurs ont eu l'audace d'enlever le compteur d'électricité d'une famille et le bélier de Tabaski.

Où est la police ?

Des voleurs de moutons ont également été identifiés à la Cité Unicef, mais ils n'ont pas pu être arrêtés par les populations. « Ils sont entrés dans la famille comme des habitués. Comme il n'y avait que des enfants, ils ont pris le pousse-pousse et ont commencé à détacher les deux moutons. Malheureusement, pour eux, au même moment le chef de famille entrait. Celui-ci a crié au voleur » , rapporte Cheickna, un témoin.

En Commune VI, nombreux sont les citoyens qui en veulent aux agents de la police. Ils sont, en effet, accusés de s'occuper plus de leur « pain quotidien » lors des patrouilles que de la sécurité des personnes et de leurs biens.

« Je me demande ce que font les deux commissariats en matière de sécurité. Les agents chargés de la patrouille ne sont contents que s'ils mettent le grappin sur des gens qui ne disposent pas de pièce d'identité » , déplore Lassine Bouaré.

Toute personne sans pièce devra débourser 3000 F CFA ou dormir dans les geôles. « Au lieu de faire les patrouilles tard dans la nuit, non, nos policiers sèment la panique au sein de paisibles citoyens en début de soirée avant de s'éclipser !   » , relève Oumou Diarra, une enseignante.

Et pourtant, dans le domaine du renforcement de la sécurité des personnes et des biens, le gouvernement a consenti d'énormes efforts. En plus de l'augmentation sensible de 12,42 % du budget du département de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, les commissariats ont été dotés de véhicules 4x4 de poursuite et de nouvelles motos de patrouille. Les effectifs des forces ont également été renforcés suite au recrutement de 750 policiers, 250 fonctionnaires de la protection civile, 250 gendarmes et 300 gardes.

Toutes choses qui devaient permettre aux forces de sécurité d'œuvrer à la restauration de l'estime et de la considération des autorités et des populations. Las !

Sidiki Y. Dembélé

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PHILIPPE DOUSTE-BLAZY A GABRIEL TOURE

1,7 million de dollars contre le Sida pédiatrique

C'est par une conférence de presse que la visite du ministre français des Affaires étrangères a pris fin hier, à l'hôpital Gabriel Touré. Dans le cadre de l'initiative Unitaid qui intervient dans les domaines de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, Philippe Doutse-Blazy, a annoncé une série de bonnes mesures pour notre pays.

Présent à Bamako dans le cadre de la réunion ministérielle de suivi du 23e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique-France, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy a, en sa qualité de président du conseil d'administration d'Unitaid, animé un point de presse mardi matin à l'hôpital Gabriel Touré. Il s'agissait d'expliquer le principe de l'initiative Unitaid (Unis pour soigner) qui ambitionne de faciliter l'accès aux médicaments par deux moyens : en les achetant moins chers et en les finançant durablement grâce à une contribution sur les billets d'avion.

Le ministre français a indiqué que, dès cette année, le Mali enregistrera l'allocation d'importants crédits pour l'achat d'anti-rétroviraux pédiatriques contre le VIH/Sida, avec pour opérateur la Fondation Clinton. Dans ce cadre, il est prévu : d'allouer au gouvernement du Mali pour un montant de 267 800 dollars américain, la fourniture gratuite de produits pédiatriques pour permettre le traitement de 929 enfants vivant avec le VIH/Sida, de supprimer tous les tarifs et droits de douane, de faciliter l'importation des médicaments pédiatriques de lutte contre le Sida, etc.

Ces ARV pédiatriques seront notamment distribués dans le service de pédiatrie de l'hôpital Gabriel Touré. En outre, Unitaid allouera des crédits pour le financement du 6e round du Fonds mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.

Pour la mise en œuvre pratique de ces actions, Philippe Douste-Blazy a informé que des partenariats seront engagés avec des acteurs présents sur le terrain. D'ailleurs, un premier plan d'action est en cours de finalisation entre Esther et la Fondation Clinton pour la prise en charge et le traitement d'enfants par ARV sur trois sites au Mali. L'un des premiers pays à avoir bénéficié de l'initiative Unitaid, le Mali disposera en 2007 d'une enveloppe financière de 1,7 millions de dollars pour lutter contre le paludisme, le Sida et la tuberculose. « Tout doit être mis en œuvre pour remédier à la situation des enfants souffrant de palu, du Sida et de la tuberculose » , a fait valoir M. Douste-Blazy qui a ajouté que chacun de nous doit se sentir accablé par les chiffres relatifs aux ravages causés par ces maladies. « Si les médicaments existent, soignent et guérissent de nombreuses maladies, ils ne sont accessibles que pour une partie de la planète puisque, faute d'argent, les populations des pays en voie de développement ne peuvent les acheter » , a déploré le conférencier.

Visitant les magasins, la pharmacie et la pédiatrie de l'hôpital Gabriel Touré (HGT), Philippe Douste-Blazy, accompagné du ministre de la Jeunesse et des Sports, s'est félicité du professionnalisme du personnel.

Unitaid a été officiellement lancé par les pays fondateurs (Brésil, Chili, France, Norvège, Royaume-Uni) et l'OMS le 19 septembre 2006 à New York, en marge de la session d'ouverture de l'Assemblée générale des Nations unies.

Mohamed Daou

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JOURNEES MINIERES

Pleins feux sur l'or en attendant le diamant

L'investissement privé direct dans l'exploration et l'exploitation de l'or a connu une extension considérable. Troisième producteur en Afrique, la valeur des exportations en 2006 est estimée à 618 milliards de F CFA dont l'or occupe plus de 50 %. Depuis quelques années, il est devenu le 1er produit d'exportation en lieu et place du coton.

Les journées minières du Mali se tiendront du 23 au 26 janvier. Elles constitueront un espace de communication, de sensibilisation, d'échange et d'information du public sur la place et le rôle de l'or dans l'économie et le développement du pays.

En prélude à l'événement, le ministre des Mines, de l'Energie et de l'Eau, Ahmed Diané Sémega entouré des représentants des industries minières au Mali a éclairé la presse sur le sens de l'événement. Il en a profité pour retracer la politique aurifère du Mali.

Au cours des deux dernières décennies, le Mali, grâce aux ressources de son sous-sol, à une politique de développement minier volontariste, s'est hissé, avec une production de quelque 51 t d'or en 2001, à la 3e place des producteurs d'or africains. Selon le ministre, le souci du département est de diversifier les productions, à compléter les connaissances géologiques et l'exploration du potentiel du sous-sol national.

Pour cela la politique sectorielle malienne en la matière privilégie deux approches complémentaires : l'amélioration des connaissances géologiques, se concrétisant par la production de cartes géologies constituant une infrastructure de base attirante pour l'investisseur, des travaux de prospection destinés à ancrer la promotion des ressources du sous-sol.

Des ressources variées

Le Mali dispose d'autres ressources qui restent inexploitées ou mal exploitées. Dans les années à venir, il s'agira de développer et de formaliser ce secteur en planifiant une série d'interventions techniques allant de la prospection de base à la valorisation de gisements en développant un support institutionnel spécifique et, en cas de succès des études techniques.

L'exploitation diamantifère, selon M. Sémega, ne prévoit qu'une exploitation détaillée des données et informations disponibles. « Le potentiel diamantifère malien a intéressé et continue d'intéresser des compagnies privées » . Pour lui, des pipes kimberlitiques ont été identifiées dans l'Ouest du pays et de nombreux travaux de prospection ont été faits. Ce travail de synthèse biographique, à ses dires, devrait conduire à faire le point sur ce qui a réellement été fait et, le cas échéant, déboucher sur une plaquette promotionnelle à l'attention des investisseurs du secteur.

Le Mali n'est pas riche que de ressources minières, a déclaré le ministre, qui a ajouté qu'il y a tant de ressources qu'il faut valoriser. L'accent a été mis sur la recherche pétrolière, la baisse du coût de l'électricité, la valorisation des matériaux de construction qui seront pour notre économie une bouffée d'oxygène. Cependant, l'arbre ne doit pas cacher la forêt.

Malgré sa progression et son apport substantiel à l'économie nationale, force est de constater que le secteur minier présente des insuffisances réelles et des contraintes importantes pouvant entraver, d'une part, l'évolution future de l'industrie minière au Mali et, d'autre part, les ambitions d'en faire une véritable source de croissance économique et de bien-être pour les populations.

Amadou Sidibé

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LE MALI ELIMINE DES JEUX AFRICAINS

La rançon de l'improvisation

Après les cadets et les juniors, c'est au tour des espoirs de se faire éliminer d'une compétition africaine. Signe que le malaise du football malien se propage à sa base jusque-là épargnée.

Le Mali ne disputera pas le tournoi de football des Jeux africains prévus en septembre prochain à Alger (Algérie). L'illusion du public sportif n'a duré que le temps des matches aller et retour. Battus 0-1 à domicile, les protégés d'Amadou Pathé Diallo n'ont pu obtenir que le nul vierge à Conakry. L'addition est naturellement insuffisante pour obtenir le ticket d'affronter le Sénégal au second tour. Cet honneur revient désormais aux Guinéens qui n'avaient pas caché leur volonté de mettre fin à l'ascendance que le Mali était en train de prendre sur leur pays dans les compétitions de jeunes.

Des compétitions qui d'ailleurs ne sourient plus à nos sélections nationales pourtant habituées à jouer le premier rôle à ce niveau ces dernières années. Les Aiglonnets ont été éliminés après leur débâcle à Bamako (1-6) contre leurs homologues du Burkina Faso. Les Aiglons n'ont pas fait mieux contre les Baby Scorpions de la Gambie. Et les espoirs se sont égarés dans la forêt guinéenne. Il ne nous reste que les éliminatoires des Jeux olympiques « Pékin-2008 » (Chine) pour sauver ce qui peut l'être. Le Mali doit ainsi affronter le Mozambique le 7 février prochain.

Comment expliquer la débâcle de nos sélections nationales de jeunes ? Sans vouloir faire le procès de qui ce soit, nous pensons qu'il y a une large part au mauvais coaching et à l'improvisation. Prenons les espoirs par exemple, personne n'a compris d'abord que la direction technique nationale ait décidé de monter deux équipes distinctes pour les Jeux africains et les Jeux olympiques avec deux coaches différents. Cela est d'autant plus incompréhensible que c'est la même catégorie d'âge qui dispute ces deux compétions.

Un choix que la direction technique a expliqué par son souci de ménager les effectifs. Une explication qui n'a convaincu personne. En effet, avec l'élimination prématurée des Aiglons et des Aiglonnets, puiser dans leurs effectifs pour constituer une seule formation pour les deux jeux est une solution mal pensée. Un autre choix surprenant, c'est la décision de Jean-François Jodar de confier à Amadou Pathé Diallo, son adjoint, l'encadrement des seniors, le coaching de la formation devant participer aux éliminatoires des Jeux africains.

Même s'il a eu quelques résultats avec les Aigles dans des matches amicaux, nous pensons que Pathé n'a pas l'expérience requise pour manager à ce niveau. En tout cas pas autant que des techniciens expérimentés comme Mory Goïta et Mad Coulou qui ont généralement de bons résultats avec nos jeunes. A la décharge de Pathé Diallo, on peut dire qu'il n'a pas eu assez de temps pour constituer sa sélection et surtout tester les différents joueurs sur lesquels son choix s'était porté. La formation n'a disputé qu'un seul match amical remporté face à la Mauritanie. Aurait-il fait mieux s'il avait eu suffisamment de temps pour composer son effectif ? Cette question restera toujours posée.

Le naufrage des techniciens

On a noté la même précipitation et la même improvisation dans la constitution et la préparation des équipes nationales cadette et junior. Les Aiglonnets ont été également confrontés au même problème de management technique. La déculottée de Bamako (1-6) n'est en réalité qu'un naufrage de leur encadrement technique, composé du duo Ibrahim Diallo/Boubacar Sissoko, vite dépassé par la situation. Comment expliquer qu'une équipe puisse se noyer si vite avec une première mi-temps bouclée sur 0-0 ? Sans doute parce qu'il y a eu une période de flottement que les techniciens n'ont pas diagnostiqué à temps pour y remédier. Le nul ramené de Ouagadougou, deux semaines plus tard, par le tandem Alou Badra Diallo/Nouhoum Diané prouve ce que ça prouve.

L'élimination que le public sportif a certainement digérée est peut-être celle des juniors de Mad Coulou. Cette jeune formation a été largement défavorisée par l'arbitrage, surtout au retour à Banjul. La belle revanche (3-1) prise par presque le même effectif, en ouverture des premiers Jeux de l'Acnoa, sur les mêmes adversaires prouve qu'avec un arbitrage impartial, les Aiglons auraient été à la Can de leur catégorie qui commence ce week-end à Brazzaville (Congo).

Mais, l'arbitrage ne justifie pas tout. Il ne saurait être en tout cas un arbre cachant la forêt des errements de la Fédération malienne de football (Femafoot), de la direction technique nationale des techniciens. Toutes choses qu'il faut éviter pour ne pas priver nos espoirs des Jeux olympiques. Parce que l'Afrique a encore en mémoire le brillant parcours des Cheick Oumar Bathily, Djimmy Boubou Kébé, Momo, Moussa Coulibaly, Boubacar Sidiki Koné, Ténéman Ndiaye… à « Athènes-2004 ». Des exploits que l'Afrique rêve certainement de les voir rééditer l'année prochaine à Pékin. Et cela commence le 7 février prochain contre le Mozambique.

Moussa Bolly

 

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RENCONTRE DES NIAMAKALAS

Les millions du ministre Seydou

Du 12 au 13 janvier, les Niamakalas du Mali ont organisé une grande rencontre à Bamako. Au programme, il y avait des causeries-débats qui se sont déroulés au Palais de la culture et au Centre international des conférences de Bamako, causeries-débats qui étaient animés par le Dr. Mamadou Fanta Simaga ; il y avait le grand rassemblement des griots sur la pelouse du Stade Mamadou Konaté en guise d'apothéose.

Il semble que cette rencontre a été inspirée par le ministre de l'Agriculture, Seydou Traoré, qui a tenu à marquer de sa présence les différentes cérémonies accompagné du président de l'Apcam, Bakary Togola. Selon nos informations, l'idée de départ est de rebondir sur les passages jugés désobligeants pour les Niamakalas dans le livre « ATT-cratie : la promotion d'un homme et de son clan » afin de monter une véritable entreprise de récupération politique en faveur du président ATT. C'est ainsi que le ministre Seydou a pris l'affaire en main et a mis la main à la poche.

Les premiers responsables des griots contactés à cet effet auraient poliment mais fermement refusé l'offre. C'est ainsi que l'idée de démarcher Ben Chérif Diabaté a été retenue. Après s'en être ouvert à quelques doyens, Oumou Dédé a été choisie comme marraine. L'opération s'est révélée être une affaire de gros sous. En effet, certaines sources parlent d'une vingtaine de millions, d'autres plus proches du milieu des organisateurs évoquent une trentaine de millions. Le tout déboursé à partir du ministère de l'Agriculture et de certains services qui y sont rattachés.

Il se dit également que la rencontre a fortement divisé le milieu des Niamakalas parce que certains ont estimé que des hommes politiques veulent les faire sortir de leur rôle afin de se faire valoir ou pour régler des comptes. Les Maliens auront surtout retenu qu'une telle rencontre ne rentre pas dans les domaines de compétence de Seydou, ministre de l'Agriculture, quand il y a Cheick Oumar Sissoko, ministre de la Culture. C'est vrai que dans Agriculture il y a Culture mais de là à franchir le pas.

La rédaction

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