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2007

Mois de janvier

Les Echos du 15 janvier 2007

IL LE FAUT LE DIRE

Inconséquences

Certains des tenants de la ligne dure (exclusion) à l'égard du 1er vice-président de l'Adéma sont aujourd'hui ceux-là mêmes qui avaient quitté sans autre forme de contrainte le parti parce que, semble-t-il, l'orientation alors prise ne correspondait pas à leur idée de la politique.

Après avoir traîné leurs bosses dans d'autres formations, ils ont été accueillis à bras ouverts dans la Ruche. Mais, apparemment, ils n'ont pas tiré les leçons de leur expérience et tiennent à faire la peau à SBM, candidat à la présidentielle.

Mais tout d'abord, exclure un homme d'un regroupement qu'il a contribué à mettre en place, c'est l'humilier. Si ceux qui reviennent avaient été jadis évincés peut-être qu'ils ne seraient plus jamais à Bamako-Coura. Seraient-ils en mission commandée pour casser de nouveau l'ex-parti majoritaire, comme le croient des observateurs ?

Dieu nous est témoin : nous n'avons aucune familiarité avec l'ex-ministre des Forces armées. Cependant, force est de reconnaître qu'il tient le bon bout. Et en l'état actuel des choses, même une sanction disciplinaire à son encontre, à plus forte raison une exclusion, serait de l'acharnement sur quelqu'un qui s'est donné corps et âme à son parti.

Dans cette affaire, le fautif n'est pas forcément celui qu'on croit. Le fautif, c'est certainement le CE qui, trop pressé d'avoir le beurre, l'argent du beurre et la fermière, a oublié de rendre son soutien à ATT conforme aux textes du parti.

Mais enfin où était-il quand certains de ses membres avaient décidé en 2002 de se porter candidats contre Soumaïla Cissé, choisi par la convention nationale pour défendre les couleurs du parti ? Des ministres Adéma ne militent-ils pas impunément au sein d'associations politiques de la même nature que Convergence-2007 ? Qu'en est-il de la décision du dernier congrès engageant le CE à réunir la grande famille Adéma (Miria, RPM, URD) ?

On le voit, le CE n'a pas appliqué à la lettre les décisions des instances supérieures de l'Adéma. Qu'au lieu de se remettre en question, il s'arroge le droit de sévir contre ceux qui ont le droit avec eux. Hélas !

A. M. T.

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CONFERENCE DE SECTION ADEMA

La Commune III refuse le diktat du CE

C'est dans une ambiance surchauffée que s'est tenue, samedi dernier au Carrefour des jeunes, la conférence de section élargie de l'Adéma en Commune III. La délégation du comité exécutif, conduite par le Pr. Sall, a dû faire face, sans convaincre, au courroux de militants surexcités qui ont assené leurs vérités crues sur certaines décisions du CE. Film d'une demi-journée politique empreinte de logorrhées verbales et de flèches mouchetées.

Si les responsables du CE Adéma avaient mesuré la colère de leurs militants des douze sous-sections de la Commune III du district, ils allaient réfléchir par deux fois avant de les rencontrer. Ce ne sont pas en tout cas le Pr. Sall, le député Mahamane Santara, Mme Zouré Fatoumata Maïga, Boubacar Bah, Cheick Pléa et Abdel Kader Sidibé qui nous démentirons. Ils ont, en effet, passé une sale demi-journée samedi en essayant de convaincre leurs militants sur certains choix politiques effectués récemment par le comité exécutif.

C'est le président de la section de la Commune III, Modibo Diallo qui, dans un discours virulent d'une vingtaine de minutes, donnera d'abord le ton avec des appréhensions et des interrogations sur le soutien du parti au président ATT, la décision de l'exclusion du 1er vice-président et de certains camarades…. Le parti, dit-il, n'est pas à l'abri de déchirures que le CE a voulu éviter en ne présentant pas de candidature à la présidentielle. Il a ainsi exprimé les vives inquiétudes de sa section avant d'attirer l'attention des uns et des autres sur les conséquences de certains choix. A peine, finit-il son intervention que le député Santara s'empare du micro et lance que « ce n'est pas normal de revenir sur des sujets comme le soutien à ATT. Ce débat est déjà clos. Nous sommes là avec des sujets d'ordre de jour qui n'ont rien à voir avec ce qui est passé » .

Le venin des militants

Le chef de la délégation, Pr. Sall énoncera alors les cinq points à l'ordre du jour : mise en œuvre des résolutions de la 7e conférence nationale, correspondance du CE aux sections, la signature de l'ADP, préparatifs de la 8e conférence nationale les 27 et 28 janvier prochains et des élections générales de 2007. La salle a protesté et exigé que soient prises en compte les questions relatives au choix du candidat à la présidentielle et à l'exclusion de certains camarades du parti. Santara proteste de nouveau, mais le président de séance lâche du lest.

Les débats s'ouvrent et le premier intervenant lance les hostilités.  « Notre parti a été crée pour conquérir le pouvoir. Et pour cela, l'on ne doit occulter aucun sujet » , dit-il avant de fustiger le comportement de Santara. Le président prône de nouveau l'apaisement. Les prochains intervenants, riches en paraboles, remettent sur la table la question du choix du candidat présidentiable. Morceaux choisis : « Ce choix d'ATT est comme un fagot de bois qui demande à un passant dans la brousse de le porter » . « Nous étions au pouvoir pendant 10 ans et quelqu'un nous l'a retiré et vous voulez qu'on soutienne ce dernier. C'est comme si un homme enlève ta femme et le jour de leur mariage, tu vas jouer au tam-tam sans honte. Est-ce normal ? » . « L'avenir de notre parti dans 10 ans nous inquiète. C'est honteux ce qui se passe actuellement. Le CE peut-il dire qu'il n'y a aucun cadre valable capable de gérer le pays ? Il est vraiment temps que le CE devienne sage » .

D'autres appellent à la sagesse, « nous avons trop souffert. A quand la fin de la tourmente des militants Adéma ? Je donnerai raison à Bakary Koniba qui disait que le CE ne peut pas supporter le parti. Il est temps que le CE devienne sage » , ajoute un autre intervenant. Sur cette première vague d'interventions, Pr. Sall tente de s'expliquer. Sans convaincre. « C'est la dernière conférence nationale qui a décidé de transformer notre soutien politique en soutien électoral à ATT au cas où il sera candidat à sa propre succession. En faisant ce choix, nous voulions éviter les déchirures de 2002. Pour ceux qui ne le savent pas ATT a participé aux activités du parti bien avant la chute de Moussa Traoré… Et comme retombées de ce soutien électoral, ATT a reçu les responsables de l'ADP et leur a demandé de se préparer à un réajustement ou un remaniement ministériel » , explique-t-il.

La nécessaire refondation

Ces propos provoquent la colère de certains militants qui claquent la porte. Dans cette atmosphère de tohu-bohu, Mme Zouré Fatoumata Maïga prend le micro et met le pied dans les plats. « Le parti , commence-t-elle, a souffert de ses responsables . Il faut qu'on soit honnête, franc et sincère entre nous. Personne n'est indispensable pour sa famille à plus forte raison pour le parti. Boubèye était là en 2002 et en 2004 mais cela n'a pas empêché le parti de perdre la présidentielle tout comme les législatives en Commune III. Si Boubèye est grand aujourd'hui, c'est grâce à l'Adéma. Ça suffit, il faut qu'on redescende sur terre » .

Vives protestations dans la salle. Le président peine à rétablir le calme. Le débat sur l'exclusion de Soumeylou s'ouvre. Soumeylou a-t-il oui ou non violé les textes ? Pr. Sall se lance dans des explications saugrenues évoquant les textes du parti et des exemples sur la politique française du temps Mitterrand. Il est interrompu par un militant de taille Moustaph Soumaré qui proteste, « il n'y a que des contradictions dans ce que vous dites. Vous sortez des textes pour soutenir ATT et quand un militant du parti décide de se porter candidat, vous faites recours aux textes pour le sanctionner. Où est la conformité ? » , s'interroge -t-il.

Dans la même lancée, Adama Samassékou dira que la question de la conformité des textes est politique et non juridique. Pour lui, le parti est très malade et il a besoin de se refonder, de retrouver ses valeurs d'antan. « Nous avons commis des erreurs, des bêtises pendant 10 ans. Nous devons faire notre mea culpa » , confie-t-il avant de critiquer l'argumentaire du CE selon lequel, « nous soutenons ATT à la présidentielle et il nous enverra l'ascenseur aux législatives. Ça ne se dit pas » .

La tension remonte de nouveau quand Samassékou et Modibo Diallo se lancent des flèches au point que le Pr. Sall qualifie le débat de bizarre et retire le micro pour une seconde fois au secrétaire général de la section. Des militants continuent de vider la salle, « ils ne vont rien dire de nouveau  », lance un voisin avant de se sauver. Entre-temps, Santara, revenu à de meilleurs sentiments, présente ses excuses au public avant de lire le contenu de la plate-forme ADP et les lettres de proposition d'exclusion des camarades dans un brouhaha indescriptible. Car, dehors, un pro et un anti-Soumeylou se lançaient des insanités au point d'en venir aux mains. Dans la foulée, Mme Zouré s'éclipse… Et nous aussi.

Sidiki Y. Dembélé 

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SOUTIEN DE L'ADEMA A ATT

La Commune I demande des comptes au CE

L'Adéma est une fois de plus à la croisée des chemins parce que le soutien électoral du comité exécutif (CE) à ATT expose le parti à une nouvelle implosion. En tout cas, ils sont nombreux les militants qui n'adhérent pas à cette décision. Ils l'ont exprimé lors de l'assemblée générale d'information en Commune I.

La décision de l'Adéma/PASJ de renoncer à la conquête du pouvoir pour lequel il a été créé, en transformant son soutien politique en soutien électoral au président ATT a surpris plus d'un.

Aussi, continue-t-elle de susciter des remous au sein du parti qui a organisé, samedi dernier dans l'enceinte du Centre de formation de Mali-Enjeu à Djélibougou, une assemblée générale d'information. Il s'agissait d'expliquer aux militants les raisons qui ont motivé la suspension de certains camarades et de proposer leur exclusion à la prochaine conférence nationale prévue ce mois, et expliquer les raisons pour lesquelles l'Adéma a adhéré à l'ADP.

S'expliquant sur le premier point, le président du parti a fait valoir que la suspension de certains camarades du parti tire son essence de leur comportement vis-à-vis de celui-ci. Et cela risquait, selon ses propres termes, d'avoir des conséquences fâcheuses sur la Ruche. A l'entendre, il ne s'agit pas d'abord d'une exclusion, mais tout simplement d'une mesure destinée à faire revenir la discipline au sein de la formation politique.

Justifiant le soutien politique et électoral que le parti va accorder au président sortant, Dioncounda Traoré, a laissé entendre que cette décision entre dans le cadre de la stratégie de reconquête du pouvoir par l'Adéma, c'est-à-dire mieux se préparer pour les législatives. Car convaincu qu'avec plus de députés, ils détiendront la majorité dans le gouvernement. Un moyen pour eux, dit-il, de mieux affûter leurs armes pour 2012.

Des arguments incohérents, jugés fallacieux par des militants mécontents qui sont montés à la tribune pour dire haut et fort qu'ils n'approuvent pas, au stade actuel des choses, la décision « aveugle » du CE Adema de soutenir la candidature d'ATT.

« Je ne suis pas pour un soutien du CE à ATT. Il a toujours été dit que l'Adéma est un grand parti. Il est impensable et inacceptable que ce même parti renonce à la conquête, à l'exercice du pouvoir pour lequel il a été crée. Et encore au profit d'un indépendant » , a vertement critiqué Moussa Sissoko, membre de la section I. Il a jugé la mesure de suspension de certains militants excessive.

« Ils sanctionnent les gens sous prétexte qu'ils ne respectent pas les textes alors que le CE lui-même n'a que dalle des principes sacro-saints du parti. Dioncounda ne nous a pas convaincus et nous demandons l'organisation d'un congrès pour plus de clarifications sur des points relatifs, notamment au soutien du parti à ATT » .

D'autres voix se sont élevées pour dire que le CE, en décidant de soutenir ATT, est vite allé en besogne pour la simple raison que ce dernier n'a pas encore déclarée officiellement sa candidature.

Quoi qu'il en soit, l'AG du 13 janvier dernier du CE Adéma en Commune I vient encore une fois démontrer combien le fossé est grand entre les militants et les responsables de cette chapelle politique au sujet du soutien électoral à ATT.

Mohamed Daou

Encadré

Le SGA de la J-RPM vire à l'Adéma

Hamidou Agounon Djimdé, secrétaire général adjoint de la Jeunesse RPM a regagné avec armes et bagages l'Adéma le week-end dernier. Il l'a publiquement déclaré au cours de l'AG de l'Adéma samedi. Sa décision de changer de camp découle, selon lui, d'une injustice. « Depuis le dernier congrès ordinaire du parti, j'étais l'adjoint de Mahamane Baby. Mais, ce dernier a eu une promotion et, selon les statuts et règlements du parti, je devrais le remplacer. Hélas ! Cela n'a pas été le cas. C'est cette violation au vu et au su de tout le monde qui m'a touché » .

Le départ de M. Djimdé n'est pas sans conséquence. Il a déjà entraîné dans son sillage, le maire de Koro, Agounon Djimdé, le secrétaire général de la section Jeunesse RPM de Koro et certains militants et conseillers municipaux du cercle.

M. D.

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SOUTIEN AU PRESIDENT ATT

Quand le colonel Hamidou Sissoko viole la Constitution

Méprisant la Constitution qui interdit aux porteurs d'uniforme de faire de la politique et en l'absence de réactions des partis et de la Cour constitutionnelle, des militaires investissent gaillardement le champ politique, à l'instar du colonel Hamidou Sissoko, qui préside au vu et au su de tous un club des amis inféodé au Mouvement citoyen. La dérive n'est plus loin.

Les images ont dû passer pour presque normales auprès de beaucoup de Maliens, notamment ceux qui se résignent de voir l'ORTM transformé en espace accessible à tous ceux qui forment des associations pour soutenir le président ATT. Sauf que les images de lundi dernier sortent de l'ordinaire et des normes républicaines.

En effet, tous les téléspectateurs ont vu le colonel de gendarmerie Hamidou Sissoko dit Man, ancien directeur général de la Sécurité d'Etat, présider une cérémonie du Club de ses amis portant son nom. Lui-même ne s'est pas exprimé, mais tous ceux qui avaient pris la parole ont loué ses qualités, son amitié avec le président ATT dont il est aujourd'hui un conseiller à la sécurité et l'ont rassuré de leur soutien quant à la victoire d'ATT à la prochaine élection présidentielle.

On ne peut pas faire de la politique plus que ça. Or, certains agents de l'Etat dont spécifiquement les militaires et les magistrats sont interdits de faire de la politique. A notre connaissance, le colonel Hamidou Sissoko dit Man est encore en activité. C'est une dérive, une de plus, qu'il faut dénoncer et condamner avec la dernière rigueur.

Mais cette dérive est-elle surprenante ? Il nous semble que non dans la mesure où la Constitution apparaît de plus en plus comme le dernier des soucis des amis d'ATT. Dès lors que, profitant du laxisme de la Cour constitutionnelle et du mutisme des partis politiques, le général ATT s'est mis à la retraite au lieu de démissionner comme cela est indiqué et exigé, lui et ses amis se croient tout permis.

Emulations

Dans ces mêmes colonnes, nous rapportions les agissements du gouverneur de Gao, le colonel Amadou Baba Touré, qui a fait occuper par la police le siège de l'Adéma pour y interdire un meeting au seul motif qu'il soupçonne les organisateurs de ne pas faire l'apologie de son ami.

Mais avant cette nième dérive du gouverneur de Gao connu pour ses exactions en tous genres, les Maliens ont assisté, médusés, à l'incursion du chef d'état-major général des armées, le général Seydou Traoré, dans la sphère politique. A la faveur de la signature des accords d'Alger, il avait entrepris une série de rencontres d'explications avec les officiers et hommes de rang. Le discours qu'il tenait à l'époque était digne d'un homme politique parfait.

Ce que le colonel Hamidou Sissoko dit Man a fait n'est qu'une dérive de plus. On aurait dit qu'à chaque fois les amis d'ATT essayent de voir jusqu'où ils peuvent pousser le bouchon un peu plus loin. Dès qu'ils sentent qu'il n'y a pas de réaction, ils s'enhardissent davantage.

Ceux qui sont chargés de faire respecter la loi, ATT au premier chef, les partis politiques, les démocrates doivent mettre le holà. Tout comme il serait temps de penser à interdire à l'ORTM la diffusion des manifestations de propagande ouverte ou déguisée. Comme cela vient de se faire au Sénégal.

Seydou Sy

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FAIBLESSE DU POUVOIR D'ACHAT DU MALIEN

Asri remue le couteau dans la plaie

La majorité des Maliens vivent dans des conditions précaires. Alors que le pays a des potentialités énormes qui, judicieusement exploitées peuvent contribuer à améliorer le pouvoir d'achat du Malien.

« Les usines et entreprises d'Etats sont bradées par des dirigeants insouciants qui n'ont qu'un seul objectif : sucer le sang de leurs compatriotes en quête de survie » . Ce raz-le-bol est d'Action solidarité, responsabilité, intégrité (Asri). Elle l'a manifesté samedi dernier lors d'une conférence-débats au Centre Djoliba à l'occasion de son anniversaire.

«  A Asri, nous ne sommes pas contre quelqu'un. Nous dénonçons les maux qui rongent notre société. Toute personne ou association qui ne peut dénoncer une corruption s'érige en complice » . Ces mots sont du président d'Asri, Pr. Moussa Traoré, qui introduisait la conférence-débats.

Deuxième du genre, la rencontre du samedi avait pour objectif d'attirer l'attention des Maliens et de dénoncer la désastreuse situation économique et sociale qu'ils vivent. Le conférencier, Ibrahim Sissoko, a passé au peigne fin tous les maux dont sont quotidiennement victimes la plupart des Maliens. De la hausse généralisée des prix des biens et services (la nourriture, l'énergie domestique, les soins de santé, l'éducation, le transport, les loyers…) au bradage des usines et sociétés entreprises d'Etat qui ne profitent guère à la population.

Le travailleur malien est l'un des plus mal payés de la sous-région. Le Smig est de 28 000 F CFA contre 50 000 au Burkina Faso. Le coût des besoins sociaux économiques est, selon M. Sissoko, supérieur au Smig et présente le tiers de l'émolument du cadre supérieur au Mali. « C'est au Mali que l'on s'accommode de la hausse généralisée des prix malgré les exonérations céréalières, les subventions. C'est ici que la modicité des revenus et la précarité engendrent des véritables drames au sein des foyers et des communautés   » , a déploré le conférencier.

L'extrême pauvreté a fait que de nombreux enfants, en milieu rural, manquent d'année en année à l'appel de l'instituteur faute de manuels scolaires et l'incapacité de leurs parents à faire face aux cotisations de l'école, dira-t-il. « Les financements à coup de milliards d'emprunts, de subventions à l'Office du Niger (l'ON) ne servent à rien s'ils ne peuvent suppléer aux importations du riz. Ne sachant à quel saint se vouer, des chefs de famille vendent leurs bœufs pour s'acquitter des dettes de l'Office du Niger. Au même moment, dans les zones CMDT, certains revendent des engrais à des tiers pour nourrir leur famille » , a dénoncé le conférencier.

Gaspillage généralisé

Tout ceci contredit les plus hautes autorités, qui affirment avoir fait beaucoup dans la satisfaction de la demande sociale pour le bien-être et l'épanouissement du Malien. L'auto suffisance alimentaire n'est pas assurée malgré toutes nos potentialités agro-pastorales. « Que de richesses inexploitées ou mal exploitées » , s'indigne l'association. Pour Asri, l'or exploité au Mali, qui doit être une bouffée d'oxygène pour les Maliens, n'en est rien en réalité.

Pour le conférencier, cette production colossale du Mali n'a pas d'effet sur la balance de paiement puisque toutes les recettes en devises résultant de la contrepartie des exportations sont versées dans un compte off shore à l'étranger. Bref, Asri pense qu'aujourd'hui des milliards qui continuent à « pleuvoir » sur notre pays, sont beaucoup plus source d'anxiété que de joie, tant le gaspillage est énorme et généralisé.

A tous les niveaux de l'échelle sociale, le pouvoir d'achat du Malien est entamé. L'Etat est à ce titre interpellé.

Asri envisage des états généraux de l'autosuffisance alimentaire. Et elle va impliquer, à cette occasion, toutes les couches socioprofessionnelles et socioculturelles pour débattre des stratégies du moment et les perspectives d'avenir.

Amadou Sidibé

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VERIFICATION DES IMPORTATIONS

Bivac arrive, la Cotectna s'en va

L'attribution du Programme de vérification des importations (PVI) à une société d'inspection a toujours fait l'objet de contestations. En 2003, Cotectna jubilait pour avoir remporté le marché. Cette année, elle crie au scandale pour l'avoir perdu au profit de Bivac, qui était la perdante trois ans plus tôt.

Le PVI a été mis en place depuis une dizaine d'années sous la poussée des bailleurs de fonds en vue de sécuriser les recettes douanières et fiscales. C'est un contrat de 3 ans attribué à une société d'inspection à la suite d'un appel d'offres international. L'attributaire a en charge de vérifier au port de départ l'origine, le poids, la qualité, la valeur, etc. des marchandises importées au Mali.

Au terme du contrat de Cotecna, une société d'inspection de droit suisse, le 31 décembre 2006, le marché du PVI a été attribué à la société d'inspection Bivac, filiale de Veritas par le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et le gouvernement malien. Le contrat de Bivac a été signé le jeudi 12 janvier 2006 par le président du CNPM et les deux ministres en charge de la question : le ministre de l'Economie et des Finances et celui de l'Industrie et du Commerce.

Le CNPM, chargé de la gestion du PVI, a lancé, il y a deux mois, une offre visant à recruter une société d'inspection. Trois sociétés ont postulé : ITS, de droit anglais, la SGS et Bivac tous deux français et la Suisse Cotecna.

La SGS a été éliminée d'office à l'offre technique puisqu'elle ne répondait pas à l'aspect technique relatif au scanning ou l'application du scanneur. La Cotecna et ITS ont été à leur tour disqualifiés dans le dépouillement des offres financières. Ils n'ont pas été à même de présenter un quitus fiscal malien.

Contentieux

Au cours d'un point de presse vendredi dernier, Me Mamadou Ismaïla Konaté, l'avocat de Cotecna, a crié au scandale. Il était en compagnie du DG de la société, Hervé Gombert. L'avocat a relaté les péripéties judiciaires devant le Tribunal administratif qui ont conduit à la suspension puis à l'annulation de l'appel d'offres. Selon lui, « ils ignorent tout des raisons qui les ont mis à l'écart ».

Me Konaté a expliqué qu'il avait eu vent la veille de la signature du contrat entre le CNPM et Bivac et « qu'il n'a pas de base juridique, eu égard aux décisions de justice citées plus haut ». L'avocat de Cotecna a laissé entendre, que ce contrat ne pourra être appliqué tant que les deux ministres concernés ne le signent pas. Il a d'ailleurs fait état d'une divergence de vue entre le ministre de l'Economie et des Finances et son collègue de l'Industrie et du Commerce.

Feignant d'ignorer que le contrat est bel et bien dans le giron de Bivac, Me Konaté et Hervé Gombert ont fait croire que le Mali est désormais sans PVI. Ils ont dit craindre une rupture de stocks dans notre pays et une pénurie de produits pétroliers qui frappe à nos portes.

D'après M. Gombert, « une quarantaine de citernes sont bloquées à Cotonou et une dizaine à Abidjan ». A l'en croire, « leurs propriétaires ne seraient pas prêts à acheminer leurs produits sans inspection Cotecna ». Il a ajouté que « si le gouvernement ne fait rien, tout le système d'importation va être bloqué ».

L'Etat a donné et a repris : telle semble être l'une des raisons profondes du retrait du PVI à la Cotecna, arrivée en 2003 dans des conditions douteuses. Mais, selon un rapport sur sa gestion, que nous éplucherons prochainement, il lui est reproché un banditisme économique qui a fait perdre 67 millions de F CFA par mois au CNPM. Pis, la société s'est mise à dos certaines autorités du pays. En effet, la Cotecna a fait courir le bruit qu'elle a soudoyé ces personnes pour bénéficier de ce marché.

Abdrahamane Dicko

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DON DE VEHICULES INDIENS A ATT

Où sont passés les vrais 4x4 des préfets ?

Ce devait être un événement important pour ne pas dire inédit. Doter les 49 préfets de notre pays de véhicules de liaison sort de l'ordinaire. C'est ainsi que le président de la République, Amadou Toumani Touré, a tenu à l'annoncer à la Nation lors de son message le 31 décembre dernier.

Ainsi la semaine dernière, une imposante cérémonie a été organisée dans les jardins du palais de Koulouba où s'étaient amassés tous ceux que la République compte comme personnalités plus les 49 bienheureux bénéficiaires rappelés à Bamako, accompagnés de leurs gouverneurs, pour qu'ils viennent retirer par eux-mêmes les clés de leurs véhicules.

Impeccablement habillés de blanc, comme du temps de la colonisation, les préfets ont reçu leurs clés des mains du président de la République. ATT a tenu à déclarer que c'est lui-même qui a opéré la distribution en veillant à ce que les meilleurs véhicules aillent aux cercles difficiles. Il a précisé que ces véhicules sont un don du gouvernement indien à la présidence de la République mais comme c'était trop, il a préféré doter les préfets. Aux sourires qui barraient le visage de certains préfets, on pouvait imaginer leur joie.

Les Maliens ont vu ces véhicules à la télévision ou ont dû en croiser dans la circulation. De marque indienne, le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne payent pas de mine pour des supposés 4x4. Mais là ne réside pas le problème. Celui-ci se situe à deux niveaux. Le premier niveau intéresse le marché des véhicules destinés aux préfets. A la fin du mois d'octobre, le conseil des ministres a attribué un marché à CFAO portant sur l'acquisition de 49 véhicules de marque Toyota pour une enveloppe de près de 1,2 milliard pour un délai de livraison de 60 jours sur financement du budget national.

La question est de savoir ce que ce marché est devenu. A-t-il été annulé ou les véhicules ont pris une autre destination ? Le deuxième niveau concerne les véhicules donnés par le gouvernement indien à la présidence de la République. La question est de savoir si c'est à la présidence ou à l'Etat malien qu'ils ont été donnés ?

Par ailleurs, après la réception des tracteurs indiens, un journal de la place avait écrit qu'une cinquantaine de 4x4 étaient parqués à la douane en attendant d'être enlevés par un officier. Le même journal insinuait qu'il s'agissait de commission en nature versée par la partie indienne après l'acquisition du marché des tracteurs. Dans l'un comme dans l'autre cas, il y a des explications à donner.

Il faut rappeler qu'en 2002, le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales avait équipé ses agents (commandants de cercles notamment) de vrais 4x4 sans tapage ni propagande. Les bénéficiaires étaient directement passés à Toyota Diama récupérer leur véhicule et s'en aller.

La rédaction

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PDSF

Bacari Koné au FMI…

Le coordonnateur du Programme de développement du secteur financier (PDSF), Bacari Koné, va désormais travailler au département finance du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, siège de l'institution.

Avant son départ pour ce nouveau poste, le ministre de l'Economie et des Finances, Abou-Bakar Traoré, a tenu à lui offrir un pot vendredi dernier, dans les jardins d'un hôtel de la place.

A cette occasion, et au nom de ses collègues du PSDF, Mme Diallo Fatou Seck, a tenu à exprimer à leur désormais ex-collaborateur, toute l'estime qu'ils lui témoignent. « Vous avez marqué le programme de votre empreinte » , dira-t-elle.

A sa suite, le ministre Abou-Bakar rappellera le parcours de l'homme avant d'ajouter qu'il espère pouvoir compter encore sur lui, une fois qu'il reviendra, riche de toutes les expériences qu'il aura accumulées. Pour Bacari Koné lui-même, c'est une continuité de sa carrière, mais, à ses anciens collaborateurs, il demandera surtout de la bénédiction, car, ajoutera-t-il : « Je ne sais pas ce qui m'attend là-bas, même si j'en ai une petite idée » .

Ancien directeur du trésor et de la comptabilité publique, ancien directeur national du budget, Bacari Koné a été ministre de l'Economie et des Finances sous le président Alpha Omar Konaré. Il a été le second coordonnateur du PDSF, mais, véritablement, celui qui lui a imprimé ses lettres de noblesse.

La cérémonie a regroupé tous les acteurs du monde de l'économie et des finances de la capitale.

Alexis Kalambry

Encadré

Samba Diallo au PDSF

Le PDSF, comme son nom l'indique, est un programme conjoint gouvernement malien/institutions de Bretton Woods qui a pour ambition d'aider les structures économiques et financières à mieux se former, maîtriser leur environnement juridique et institutionnel et pouvoir se diversifier, entre autres.

C'est désormais Samba Diallo qui a la lourde mission de continuer cette mission qui comporte bien des gageures, car, il y a des sociétés à redresser, à assainir ou à vendre. Ancien directeur national des douanes du Mali, M. Diallo part avec les pronostics favorables de ses futurs collaborateurs tout au moins. En effet, après les douanes, il a fait un passage au ministère des Finances, et d'après ses proches, il a « la taille de l'emploi ».

A. K.

 

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DAKAR 2007 AU MALI

Mieux sécuriser les populations

A défaut d'arriver à Bamako, le Rallye Paris-Dakar 2007 arrive dans notre pays jeudi 18 janvier 2007. La course va faire son entrée sur le territoire malien par Moussala, en provenance de la Mauritanie et à destination de Kayes. Les concurrents et les véhicules d'assistance vont ainsi traverser Sambaya, Tambacara-Sud, Kontéla, Madina, Goumera et Kayes où un bivouac est prévu pour passer la nuit.

Vendredi prochain, 19 janvier 2006, le rallye va quitter la Cité des Rails pour Tambacounda (Sénégal) après 458 km de route, dont 260 de spécial. Comme d'habitude, le passage des concurrents est dangereux puisqu'il se fait à tombeau ouvert et avec un nombre impressionnant de véhicules (240 motos et 450 automobiles).

Selon des organisateurs, cette année, le dispositif de prévention des accidents sur le rallye a été entièrement repensé. Une équipe spécialement dédiée aux questions de circulation aurait été montée pour anticiper les éventuels problèmes. Elle sera présente pendant la course pour assurer une bonne information sur les risques et faire respecter les règles en partenariat avec les forces de l'ordre locales.

N'empêche, qu'au niveau des villages traversés, des dispositions rigoureuses doivent être prises pour mieux protéger les populations, surtout les enfants. Les autorités administratives et politiques doivent beaucoup s'investir aux côtés des forces de sécurité afin que des dispositions idoines soient prises pour sécuriser le passage du dangereux cortège. Il faut surtout empêcher la traversée des voies par les enfants et les animaux. Les autorités doivent penser à mettre les radios de proximité à contribution afin de mieux informer et sensibiliser les populations.

Au total, en 29 ans de rallye, une cinquantaine de personnes ont trouvé la mort, dont une fillette malienne. L'année dernière, un garçon et une fillette avaient été tués respectivement en Guinée-Conakry et au Sénégal. Raison supplémentaire pour redoubler de vigilance et renforcer les mesures de sécurité.

Moussa Bolly

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