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2007

Mois de fevrier

Les Echos du 28 fevrier 2007

TOKTEN

Echec d'un transfert de compétences

La jalousie et les croc-en-jambe des enseignants locaux à l'égard des universitaires maliens de la diaspora sont à la base de l'échec du programme Tokten, qui voulait doter l'Université de Bamako d'un enseignement de qualité et adapté aux besoins du moment.

Le projet Tokten a été conçu par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) pour aider les universités africaines retenues à accéder aux formations et compétences au départ non disponibles sur le marché.

Le principe était simple. Pour le Mali par exemple, nos compatriotes travaillant à l'extérieur dans des domaines pointus étaient invités à venir dispenser des formations à l'Université. Pendant leur séjour, ils animaient des séminaires et encadraient même des enseignants. Nous avons vu de nombreux enseignants qui ont eu, par ce truchement, des contacts directs créés, des bourses de spécialisation ou de recyclage, des documentations ou des voyages d'études. Certains de ces formateurs, qui viennent tous de façon bénévole (le Pnud payait le billet et l'Université le logement) ont donné des ordinateurs, des microscopes, des consommables… à l'Université et aux enseignants.

Cependant, malgré cet apport inestimable des compatriotes de l'extérieur, qui ne demandent qu'à aider, ils ont très souvent été très mal reçus par les professeurs et les facultés. Beaucoup d'enseignants habitués à dispenser (à réciter) aux étudiants le même texte, à revendiquer des centaines d'heures supplémentaires par semaine, n'ont pas vu d'un bon œil ces « vacanciers » , si bénévoles soient-ils, qui venaient, tout en leur « enlevant le pain de la bouche » , montrer aux étudiants leurs limites intellectuelles. Ainsi sont nées des jalousies et des obstructions que les animateurs du programme n'ont pas pu endiguer.

Finalement, le Pnud vient de déclarer l'échec de ce projet nouveau et génial, qui permettait d'une façon de profiter à peu de frais de nos cerveaux.

La grande inquiétude, c'est qu'à ce niveau (l'Université), si les travailleurs n'ont pas eu de la hauteur et de l'humilité pour accepter et travailler avec cette mine que constituent nos compatriotes de l'extérieur, cela est indicatif de la mentalité de notre société. Sinon, ailleurs, sous d'autres cieux, ce genre de transfert a fait des miracles.

Alexis Kalambry

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APRES SIKASSO ET KOUTIALA

ATT annonce plus de 40 000 logements sociaux

Quarante mille logements pour les cinq prochaines années, c'est l'ambition de nos autorités. L'annonce a été faite par le président de la République, le week-end dernier, au cours de l'inauguration des 120 logements sociaux de Sikasso et des 30 de Koutiala.

L'engouement suscité par les logements sociaux ne cesse de croître. Sur un programme initial de 3500 logements pour tout le pays annoncé en 2003 par le président de la République, on compte aujourd'hui plus de 4100 pour un montant global d'environ 41 milliards de F CFA. Face à la multitude de demandes, ATT a annoncé, lors de l'inauguration des 120 logements de Sikasso, le lancement dans les prochains jours d'un programme de plus de 40 000 logements pour les revenus faibles et intermédiaires et les grands revenus.

« Nous voulons aller jusqu'à plus de 40 000 logements à prix social avec des grands standings pour les cadres. Au-delà de la construction de ces logements, ce sont des emplois qui se créent avec nos entreprises nationales, les villes s'agrandissent et la qualité de vie s'améliore avec la viabilisation des sites. Car, nous apportons l'eau, l'électricité, des routes, etc. C'est pourquoi, nous invitons toujours les bénéficiaires, qui ont gagné à la loterie, de maintenir ces quartiers propres » , a souligné Amadou Toumani Touré avant de remettre les clés des logements sociaux de Sikasso à leurs bénéficiaires.

Dans sa présentation, le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, Modibo Sylla, relèvera que les 120 logements, situés sur la route de Koutiala, sont réalisés sur un terrain viabilisé d'une superficie de 8 hectares avec des espaces réservés aux places publiques et aux équipements collectifs pour un montant global de 1 529 798 506 F CFA financés par le budget national et l'Office malien de l'habitat. La part non remboursable représentant la subvention de l'Etat est de près de 600 millions de F CFA, soit 35,19 %. Les logements sont de types F3 A tôles et dalles (un salon, 2 chambres, des toilettes intérieures, 2 terrasses ouvertes) et de F3 B tôles et dalles composés de 3 chambres, une véranda, une latrine extérieure et une cour de 300 m2.

Une 2e tranche pour Koutiala

Les futurs acquéreurs auront à rembourser des mensualités, sans intérêt, variant entre 26 500 et 30 500 F CFA selon le type de maison sur une durée de 25 ans. Si pour le maire Mama Sylla, ces logements constituent une chance pour les 120 bénéficiaires dont 6 Maliens de l'extérieur, de bien s'occuper de leurs familles et de bien élever leurs enfants, pour les 120 bienheureux, « par ce geste, vous nous offrez l'occasion de préserver notre dignité » , a souligné leur porte-parole Hamèye Traoré.

A Koutiala, les bénéficiaires, par la voix d'Adam Ben Chérif Diarra, n'ont eu d'autres mots que « merci » au président de la République pour ce quartier qui porte déjà son nom. ATT, qui a salué la mobilisation monstre de la Capitale de l'Or blanc pour accueillir ces logements, a promis une 2e tranche dans la localité. La première tranche de 30 logements (12 F3 A et 18 F3 B en tôles), inaugurée lundi, est bâtie sur une superficie de 2 ha pour un montant hors taxe de 485 561 921 F CFA, dont 50,32 % de subvention de l'Etat, a indiqué le ministre Modibo Sylla.

Aux responsables administratifs et politiques des deux localités et aux bénéficiaires, M. Sylla a demandé une gestion saine des lieux. « Le quartier est le vôtre. Il a été réalisé grâce à votre implication effective et permanente. Il fait partie de vos villes et je vous invite à y prendre possession et à l'intégrer dans toutes vos activités » .

Les entreprises, bureaux d'études et de supervision, les services techniques du département ont été félicités par le président et le ministre pour l'exécution correcte des travaux.

Sidiki Y. Dembélé

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Dans les coulisses des logements

Le « cikan » d'ATT au maire de Koutiala

Oumar Bâ Dembélé, le maire de Koutiala, a passé une sale demi-heure lundi devant ses concitoyens. Il a, en effet, reçu des menaces publiques du chef de l'Etat sur sa gestion de l'éclairage public de la ville. Certains révèlent que l'éclairage public de Koutiala n'était que de nom car, presque toutes les ampoules étaient grillées, plongeant, du coup, la ville dans des ténèbres. « Une ampoule qui ne marche pas, c'est la responsabilité du maire, du préfet et du directeur de l'EDM qui est engagée. Cela est inadmissible. L'ampoule ne coûte rien. Je veillerai personnellement sur ça désormais. Si une ampoule ne marche plus, le maire aura affaire à moi » , a averti le président sous un tonnerre d'applaudissement.

L'expérience malienne fait école

Durant tout son périple pour inaugurer des logements sociaux, le président de la République était accompagné par une délégation tchadienne, conduite par le secrétaire général du ministère tchadien de l'Habitat. Ce pays, aux dires de ce dernier, va se lancer dans la construction de logements sociaux pour les populations. « Nous sommes venus nous inspirer de l'expérience malienne qui est vraiment unique : 6 à 7 millions pour 25 ans, je trouve cela original » , a-t-il confié.

Le mot rassurant aux cotonculteurs

Comment passer une journée dans la Capitale de l'Or blanc sans parler de coton ? Difficile et ATT l'a compris. Dans son message, il a donné l'assurance aux cotonculteurs que « le gouvernement soutiendra cette filière quelle que soit l'option que nous allons choisir par rapport à la privatisation de la CMDT. Nous allons défendre les producteurs face aux partenaires et nous allons nous engager dans la transformation progressive de notre coton. Pour l'heure, nous ne transformons que 2 %, c'est inadmissible » , a-t-il admis.

Encore des promesses ?

Pour la deuxième fois, ATT vient de promettre à la ville de Koutiala un hôpital. En mars 2003, au cours d'un séjour, il avait promis d'y construire « un hôpital digne de ce nom » . Une promesse restée sans suite. Quand dans ses doléances lundi, le maire a cité la construction d'un hôpital, ATT a promis un centre de référence de très haut niveau en 2007. Il a ajouté que le Centre de référence actuel de Koutiala est largement dépassé. ATT a également promis le bitumage de certaines artères, l'extension de l'éclairage public, l'adduction d'eau, etc.

Election présidentielle : pas de 30 à 35 %

ATT serait-il l'instigateur de « takokelen » prôné par le MC et ses partisans ? En tout cas, à Koutiala, il a invité les Miankas, à retirer leurs cartes d'électeur et à voter massivement. « On ne peut pas investir 15 à 20 milliards de F CFA dans l'organisation des élections pour avoir des taux de participation de 30 à 35 %. Il faut que le taux de participation soit à la dimension de notre démocratie », a plaidé ATT. Il a, en outre, invité les uns et les autres à choisir des « hommes crédibles, patriotes, compétents et qui aiment le pays. Ne nous trompons pas de choix ».

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ATTCRATIE

Le régime trompe-l'œil d'ATT

A la fin d'un mandat de 5 ans et d'une gestion du pouvoir, marquée par le consensus au sommet, de nombreux Maliens commencent à s'interroger sur l'avenir politique de leur pays. Si tout le monde s'accorde sur la stabilité politique, l'on s'interroge de plus en plus sur les moyens utilisés et la part réservée aux millions de Maliennes et Maliens non invités à la soupe nationale. Car la stabilité sociale se fait encore désirer.

ATT est loin d'être populaire et encore moins charismatique que ses prédécesseurs, mais il a su créer des soutiens importants et diversifiés dans des cercles aux relents de mafiosi. ATT joue à merveille sur le favoritisme politique pour se créer des soutiens politiques et consolider ainsi son pouvoir.

Contrôlant les sommets d'un Etat qui monopolise les ressources politiques, administratives, économiques étendues, il joue cyniquement sur la gestion de l'accès à ces ressources pour se créer des obligés et des dépendants. C'est lui qui contrôle en premier lieu l'accès aux postes politiques, administratifs et économiques clés et donc l'accès à la classe dirigeante. Son pouvoir s'étend aussi sur toutes les faveurs économiques qui s'attachent à ces emplois (crédits bancaires, permis et autorisation d'importation, exonérations diverses, etc.) et aux mesures de protection liées.

Si le diplôme est une condition normalement nécessaire pour accéder aux administrations publiques de l'Etat, de nos jours, il n'est plus suffisant. Derrière toute l'embellie apparente et une administration qui doit être méritocratique, au regard de la globalisation, règnent malheureusement le parrainage, la corruption, et les passe-droits. Tout repose sur l'art de la grâce et de la disgrâce dans lequel ATT est passé maître.

C'est en jouant systématiquement et habilement sur ce registre que notre ATT National a essayé de récupérer et de coopter ses potentiels opposants. Nous pouvons citer les cas d'IBK et de Me Tall, élus à la présidence de l'Assemblée nationale, de Soumeylou Boubèye Maïga et Tièbilé Dramé à qui on a confié la gestion de CEN-Sad et CNO-SAF, de Mamadou Lamine Traoré au ministère de l'Education nationale pour réussir une école apaisée. Nous n'oublions pas Dr. Choguel Kokalla Maïga passé maître chanteur pour faire rentrer le Tigre dans sa tanière.

C'est ainsi qu'il a su se constituer une sorte de « bloc » au pouvoir, une alliance associant tout et rien, appelé consensus. Tout postulant à une place même modeste doit faire acte de soumission s'il veut bénéficier des faveurs du pouvoir. Le pouvoir ATT attend en effet des gestes explicites de compromission de la part des intellectuels, comme par exemple, s'exprimer dans la langue de bois officielle ou militer au sein du Mouvement citoyen ou des associations de soutien. On transforme ainsi les citoyens en courtisans arrivistes.

Pouvoir personnel

En jouant sur ces registres, notre ATT National est parvenu à construire les bases de son pouvoir personnel. Et son bilan à première vue d'œil est assez éloquent, sinon impressionnant. Des logements sociaux dont la durabilité est fortement mise à rude épreuve, des infrastructures routières qui présentent des dépréciations dangereuses avant la fin des travaux, des pluies provoquées dont les avantages comparatifs ne sont pas démontrés, une politique d'emploi triée au volet, des financements avec le mérite d'être un pays pauvre.

Il se dit que l'homme a assuré au pays la stabilité politique indispensable à la croissance économique. On dit qu'il a su encourager la prospérité économique. Peut-être, mais ce qui est évident, il a su éviter les excès des politiciens. Tout simplement, parce que tout le monde y gagne ; la soupe est succulente.

Le bilan d'ATT tel que projeté sur les écrans et étalé par les laudateurs du régime ne résiste pas à l'analyse. Car, tout se ramène à un seul homme ; l'Etat a disparu, l'argent du contribuable se confond avec le patrimoine du souverain. La pensée unique est devenue la règle d'or et toute contestation ou protestation est étouffée illico presto .

ATT est personnellement peu efficace, sans vision claire pour le Mali de demain et otage d'un cercle d'amis prétentieux aux parcours universitaires scabreux. La corruption et la médiocrité ont atteint des proportions inquiétantes dans son entourage. Ce n'est pas tant un problème d'incompétence, encore que la compétence ne soit pas un critère véritablement pris en considération dans le choix des hommes et femmes autour du cercle présidentiel, qu'un problème de déontologie, de civisme, de sens du service public, des expressions totalement incongrues dans le contexte malien d'ATT.

D'où le recours généralisé aux pratiques de népotisme, de copinage, de clientélisme et de corruption qui font perdre au Mali sa dignité, sa fierté dans le concert des nations qui sortent la tête de l'eau. Autant de méfaits en contradiction avec les discours.

Monzon

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PRESIDENTIELLE D'AVRIL 2007

Peut-on refaire confiance à ATT ?

Jamais président malien n'a eu autant d'état de grâce qu'Amadou Toumani Touré. Un boulevard s'ouvrait devant lui. Mais, à l'arrivée, les résultats sont loin des attentes.

Depuis l'avènement de la démocratie au Mali, jamais le pays n'a été aussi calme que sous le mandat du président sortant, Amadou Toumani Touré. Au point que certaines mauvaises langues avaient fini par dire qu'il a tout mis en coupe réglée.

Le fait que le pays soit calme après dix ans de troubles et de querelles de clochers politiques, n'était pas en soi une mauvaise chose. C'est plutôt ce que le Mali tout entier avait souhaité en portant son choix sur un homme qui, en plus d'autres promesses, s'était posé en rassembleur.

Sur ce point, son bilan peut-il être jugé positif ? Visiblement non, au vu de ceux qui se présentent contre lui et qui lui avaient accordé leur suffrage en 2002. L'exemple le plus patent est celui d'Ibrahim Boubacar Kéita (IBK). L'homme a été à la base d'abord de l'élection d'ATT. Contre toute attente, il a appelé à voter pour lui, au grand dam de certains, comme les Choguel Kokalla Maïga, habitués à battre le pavé et toujours prêts à crier au voleur.

Depuis 2002, beaucoup d'eau a coulé sous le pont. Choguel K. Maïga ne battra plus le pavé de sitôt, mais, en son temps, c'est IBK qui avait calmé les ardeurs belliqueuses de tous ceux qui, aujourd'hui, voient au général toutes les vertus de la terre, repus qu'ils sont d'être au nirvana qu'un opposant ne saurait soupçonner.

Des échecs patents

Ensuite, ATT doit à IBK tout le calme qui a prévalu lors de son mandat. C'est lui qui a refusé de lâcher la meute, d'appeler les militants à descendre dans la rue. ATT qui a oublié cet épisode ne rate aucune tribune pour dire qu'IBK lui doit son perchoir à l'Assemblée nationale, oubliant certainement le premier versant du deal .

Si ATT avait été bien, s'il avait respecté ses engagements politiques, ni Tiébilé Dramé, ni Soumeylou Boubèye Maïga, encore moins IBK n'auraient été candidats contre lui. Car, il faut le rappeler, beaucoup de candidatures actuelles sont contre le président sortant qui a tenté d'infantiliser la classe politique.

Les « infrastructures » , qui sont citées tous les jours comme « acquis » des cinq ans, ne suffisent pas pour dédouaner le président et son équipe. Il a échoué à mettre en place une administration neutre, capable d'évoluer par elle-même et d'offrir à tous les fils du pays la même chance. Il n'a pas su consolider les bases de l'union à laquelle les Maliens aspiraient et qui les a fait choisir un homme qu'ils pensaient affranchi des clans.

Pis, le président ATT a introduit des comportements négatifs et dangereux (trafic d'influence, gabegie, impunité) qui vont malheureusement lui subsister. Des années ont été mises pour avoir des acquis qu'il a dilapidés en cinq ans.

Ainsi va le Mali.

Alexis Kalambry

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CONSTITUTION DU MALI

Le tripatouillage programmé par le Mouvement citoyen

Quelle mouche a donc pu piquer un membre influent du Mouvement citoyen le 21 février dernier lors du colloque commémoratif du 15e anniversaire de la Constitution du Mali au point de demander la révision de celle-ci ? Cette position correspond-elle à une nécessité ou à une volonté cachée de réviser la Constitution, surtout en son article 30 alinéa 2, pour permettre à ATT de se représenter indéfiniment ? Autant de questions qui obsèdent l'opinion.

Du 21 au 24 février derniers s'est tenu à Bamako un colloque commémorant le 15e anniversaire de la Constitution du Mali de février 1992. Organisé par le Club droit et démocratie, il a regroupé d'éminents professeurs de droit venus de la France, du Sénégal, de la Côte d'ivoire, du Bénin, de l'Italie… qui ont rehaussé le niveau scientifique des débats par la qualité des communications qu'ils ont présentées.

C'est au cours de ce colloque que Souleymane Koné, un membre influent du Mouvement citoyen, a, encore une fois, focalisé l'attention sur lui. Au lieu de faire des propositions concrètes, il s'est simplement levé pour demander la révision de la Constitution. « Je regrette Pr. Eloi Diarra votre absence pendant l'élaboration de la Constitution de février 1992. J'espère que vous allez laisser votre touche à la Constitution qui en a besoin surtout en ces temps-ci » . Immédiatement dans la salle, des gens ont murmuré pour manifester leur désapprobation de la proposition qu'il venait de formuler.

Certes, M. Koné n'a pas dit précisément quel article doit être modifié, mais cela ne saurait le dédouaner puisqu'il aurait dû aller au fond de ses idées pour lever toute équivoque. Il ne l'a pas fait. Cependant, connaissant les penchants de l'homme et habitué à ses propos à l'emporte-pièce, l'on croit savoir qu'il parle, entre autres toilettages, de l'article 30 aliéna 2 qui n'autorise que deux mandats de 5 ans à la présidence de la République du Mali.

Dès lors, ne peut-on soupçonner le Mouvement citoyen de mûrir le tripatouillage de notre Constitution ? Toujours est-il que la question de la révision de la Loi fondamentale n'est pas agréable à entendre de la bouche d'un homme très proche du pouvoir surtout à quelques encablures des élections générales. Il est d'ailleurs fortement soupçonné aujourd'hui de manipulation.

Tout laisse croire que la « déification » du président sortant entreprise par le MC semble confirmer une telle appréhension. Sinon comment comprendre qu'à quelques semaines de la présidentielle à laquelle, ATT sera probablement candidat, la question de la révision de la Constitution s'invite, sans y être conviée, au débat ?

ATT n'est-il pas derrière une telle prise de position ?

Montesquieu a averti : « Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou » .

Mohamed Daou

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FOCUS SUR LE CINEMA MALIEN

De la quête d'identité à l'engagement politique

Invité d'honneur de la 20e édition du Fespaco, le cinéma malien a marqué le 7e art africain par sa thématique variée et ses productions de qualité. Ce qui fait du coup de la « Rétrospective du cinéma malien » l'une des grandes attractions de cette grande fête du cinéma africain.

« Les fils et les filles du Mali ont porté haut le flambeau du cinéma malien » , disait un intervenant au lancement officiel de la « Rétrospective du cinéma malien » au Ciné Burkina. Pour de nombreux autres orateurs, le choix porté sur ce pays n'a rien de fortuit. D'abord au palmarès du festival, le Mali est le seul pays à avoir 3 Etalons de Yennega, notamment avec Baara et Finyè de Souleymane Cissé (1979 et 1983) ainsi que Guimba de Cheick Oumar Sissoko (1995). Sans compter les autres distinctions récoltées dans des festivals prestigieux comme Cannes (France) et Carthage (Tunisie).

Ce qui en dit long certainement sur le talent des cinéastes et comédiens comme Souleymane Cissé, Cheick Oumar Sissoko ; Balla Moussa Kéita et Falaba Issa Traoré (paix à leurs âmes). Ce palmarès met aussi en exergue la qualité de ce cinéma et sa contribution à l'enrichissement du 7e art africain à travers une thématique variée et profondément ancrée dans le terroir culturel et le microcosme socio-politique du pays.

De « Demain à Nanguila » à « Faro, la Reine des eaux » de Salif Traoré, le seul long-métrage du pays en compétition et projeté en soirée d'ouverture du 20e Fespaco, le cinéma malien a beaucoup progressé au niveau de la technique, de l'écriture et de l'engagement qui est passé de la quête d'une identité culturelle, pour se mettre à l'abri de l'acculturation, au combat politique.

C'est d'ailleurs ce dernier aspect qui retient le plus notre attention dans l'évolution du cinéma au Mali. Certes le conflit entre tradition et modernité, qui caractérise généralement une grande partie de la créativité culturelle et artistique africaine, surtout littéraire et cinématographique, est très présent dans le 7e art malien. Mais, il a le plus souvent réussi à le transposer dans le domaine de la conquête du savoir et du pouvoir.

Le cinéma malien, de ses débuts dans les années 1960 à nos jours, a été le miroir des aspirations du peuple à travers les régimes (communisme de 1960 à 1968, dictature militaire de 1968 à 1991 et, depuis la quête démocratique) qui ont régné sur le pays. Cette quête du pouvoir est souvent socio-politique comme dans Baara et Waati de Souleymane Cissé. C'est aussi une quête de liberté et de revendication comme dans Finyé du même réalisateur et dans Guimba de Cheick Oumar Sissoko.

De la dénonciation à l'acte

Cependant, cette aspiration à une autre forme de la gestion politique des jeunes Etats africains comme le Mali, est très pointue dans Ta Donna (Au feu), le premier long-métrage d'Adama Drabo. Le contenu de cette œuvre était assez provocateur, frisant le suicide au vrai sens du terme puisque le pays vivait à l'époque une dictature qui ne tolérait aucun écart de langage, artistique fut-il.

« Avec Ta Donna, j'avais voulu faire un film sur l'environnement avec le problème des feux de brousse. Mais le film était aussi marqué par la fermentation de la vie économique et politique dans un Mali dominé par la dictature depuis 23 ans. Ceux qui lisaient le scénario me déconseillaient d'y intégrer cette réalité pour éviter la répression du régime. Mais, c'était un devoir. En tant que réalisateur, je ne pouvais pas être indifférent à cette quête de liberté d'un peuple opprimé et chaque jour humilié » , explique Drabo.

Si cette volonté de liberté des cinéastes fait la force du nôtre, voire africain, elle découle aussi d'une quête de pouvoir : faire de l'écran un pouvoir à l'image de la presse considérée comme le 4e pouvoir dans les démocraties fortes. Pour les Souleymane Cissé, Falaba Issa Traoré, Cheick Oumar Sissoko… il ne s'agissait pas de faire «   le cinéma pour le cinéma » . Mais, un outil de l'affirmation de l'indépendance et de changement. Pour eux, le cinéma doit être une expression de la puissance tant redoutée de « la parole, du verbe » fortement ancrée dans la société malienne depuis le temps des grands empires.

Ce pouvoir se situe aussi au niveau de la transmission ou de la contestation du pouvoir et du savoir traditionnels très présents dans Yeleen de Cissé et Genèse de Sissoko. Toujours en rapport à ce conflit autour du pouvoir, l'émancipation féminine est aussi très présente dans le cinéma malien d'hier et d'aujourd'hui. Tafé Fanga (Pouvoir du pagne) d'Adama Drabo en est l'illustration.

Selon le réalisateur, il voulait attirer l'attention et susciter le débat. « Dans nos sociétés, quand le masque apparaît, les femmes doivent se cacher. Or c'est par leur action que nous avons le masque aujourd'hui. Tant qu'il y aura cette différence, la femme ne pourra s'émanciper. On peut faire des colloques, le fond ne change pas. Je souhaite que le film soulève le débat » , dit-il.

Les œuvres des jeunes réalisateurs comme Mambaye Coulibaly, Kadiatou Konaté, Moussa Ouane, Boubacar Sidibé et Salif Traoré n'échappent pas souvent à cette volonté de faire du 7e art une expression des aspirations de la société malienne à travers un cercle de pouvoir, un groupe social. La rupture ne se situant le plus souvent que dans la façon de s'y prendre, de l'esthétique… Ainsi ce désir de changement est passé de la dénonciation à l'acte.

Comme nous le disait récemment un jeune réalisateur, « les premières générations s'étaient contentées de dénoncer tandis que nous nous voulons plonger dans notre société avec le désir de faire bouger et progresser les choses, en phase avec le vent de démocratisation   » . Une façon respectable de se démarquer des pionniers qui permettra certainement au cinéma malien d'enrichir la diversité cinématographique universelle.

Moussa Bolly

( envoyé spécial)

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PRIZE MONEY

Dabiré Sansan succède à Daouda Ndiaye

En remportant samedi dernier, au Tennis Club de Bamako, le tournoi international, le Burkinabé Dabiré Sansan est devenu le premier tennisman du Pays des hommes intègres à inscrire son nom au palmarès de l'étape malienne du circuit international, Prize Money .

Battu en finale à Dakar il y a peu par son adversaire et compatriote du jour Aboubacar Sigué, Dabiré Sansan s'est bien repris à Bamako en s'imposant en 3 sets (6-7, 6-2, 7-6) dans un match qui aura duré près de 2 h.

Pourtant, rien au départ ne présageait un tel scénario. Il a tiré profit de la douleur dorsale de Sigué Aboubacar dès l'entame du 2e set. Après avoir dominé le premier set, le vainqueur de l'étape sénégalaise trébuchera par la suite, laissant l'initiative à Dabiré Sansan qui en profitera pour s'emparer de la cour du TCB, avec des frappes à la Boris Becker.

Au début du troisième set, les deux joueurs se sont tenus, mais Aboubacar finira par baisser pavillon et n'eût été l'intervention de Dr. Bréhima Coulibaly, la partie n'allait pas atteindre son terme. Dabiré Sansan aura une avance confortable et remportera le troisième set au tie break.

Après deux échecs en finale, le joueur burkinabé est devenu le premier tennisman de son pays à inscrire son nom au palmarès de l'étape bamakoise du Prize Money.

Ce sacre n'est que le fruit de l'effort inlassable des joueurs burkinabés qui, après avoir meublé le podium sénégalais, ont honoré à nouveau leur pays lors du circuit malien en jouant et en gagnant aussi la finale du double (6-2, 6-2) face à la paire Salif Kanté/Youssouf Berthé du Sénégal.

Parcours sans gloire des Maliens

Très attendus au TCB, les tennismen maliens eux ont prématurément quitté la compétition. Sur les 16 joueurs qui étaient en lice aucun n'a pu passer le cap des huitièmes de finale. Et c'est le champion en titre du Mali qui a inauguré la série noire. Souleymane Sangaré, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a été battu par le Togolais André Kombaté (6-2, 6-2).

« Ce n'est pas surprenant, nous nous remettrons au travail, en tirant les enseignements utiles de cet échec » , a laissé entendre Mohamed Oumar Traoré, le président de la Fédération malienne de tennis (FMT) pour expliquer la bérézina de nos Aigles.

A noter qu'au-delà de l'aspect sportif, le Prize Money est doté de prix. Le vainqueur empoche 800 dollars (environ 400 000 F CFA) contre 540 dollars, soit près de 270 000 F CFA, pour le vaincu. Les prochaines étapes du circuit auront pour cadre Accra (Ghana) et Ouaga (Burkina Faso).

Boubacar Diakité Sarr

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