Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a procédé, dimanche à Sikasso, au lancement des travaux de construction du complexe comprenant un hôpital, une unité de maintenance et une banque de sang. Il sera bâti sur 16 000 m2 sur un terrain de 8 hectares, avec une capacité de 130 lits.
Il comportera une banque de sang pour la sécurisation des transfusions sanguines, un incinérateur et une chambre froide de 10 m3 pour la conservation des vaccins, une unité régionale de maintenance et d'entretien biomédical comprenant les locaux de stockage, les ateliers et les bureaux pour la section biomédicale et la section froid ainsi qu'une adduction d'eau.
Les travaux, confiés à l'Agence nationale de la société du Heman de Chine Checec , seront achevés en février 2009. Ils coûteront plus de 6,5 milliards de F CFA, un financement 100 % malien, a tenu à préciser Amadou T. Touré. « Il n'y a aucune confusion à faire, c'est l'argent du budget national, ça ne vient d'aucun partenaire » , a-t-il fait savoir.
Si pour le maire de Sikasso Mama Sylla, la construction de cet hôpital est un acte d'intégration sous-régionale, elle est la preuve, selon Mme la ministre de la Santé, Mme Maïga Zeïnab Mint Youba , de l'engagement personnel du chef de l'Etat à œuvrer pour l'amélioration continue du bien-être des populations laborieuses et de sa détermination à gagner le combat contre la maladie et le sous-développement.
Déjà, il prévoit cette année, en partenariat avec la Banque africaine de développement ( Bad ), la réhabilitation ou la construction ainsi que l'équipement de 9 centres de santé de référence et de 20 centres de santé communautaire. Il prévoit également la construction et l'équipement des locaux de l'Ecole des infirmiers du 1er cycle de Sikasso, des bureaux, des logements pour les directions et services du développement social et de l'économie solidaire des cercles… Tout cela pour un coût d'environ 13 milliards de F CFA.
En plus, le département de la Santé a signé avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) une convention de formation de spécialistes d'un montant de 1,502 milliard.
La cérémonie de lancement des travaux a regroupé les ministres du Développement social, de l'Habitat et de l'Urbanisme, le gouverneur de Sikasso, de nombreuses autres personnalités et une foule nombreuse.
Les petites phrases du chef de l'Etat
Le « je m'en fous » d'ATT à ses détracteurs
A Sikasso, le président de la République a profité de la pose de la première pierre de l'hôpital régional et de l'inauguration des logements sociaux pour « régler » certaines de ses comptes avec ses détracteurs. « J'ai tout entendu, on m'a tout dit. J'ai été qualifié de tout. Je m'en fous éperdument. Ce qui m'intéresse, c'est le Mali » , a déclaré ATT dans son message aux Sikassois. Et d'ajouter « si on doit m'insulter, qu'il (s) continu ( ent ). Je suis d'accord. En une année, j'ai récolté plus de 500 milliards de F CFA des USA et de l'Union européenne. Cela, grâce à la bonne gouvernance, à la démocratie du Mali » .
« Je n'ai pas de village »
Pour ceux qui suivent l'actualité au niveau international, un candidat à l'élection présidentielle d'avril 2007, avait taxé ATT de « régionaliste outrancier » dans un magazine. Le mot est certainement reste au travers de la gorge du président qui a répliqué depuis Sikasso. « J'ai peut-être un village natal, mais je n'ai pas de village à part le Mali. En 2002, je suis venu à Sikasso, malgré la réticence de Mopti, pour me confier à vous… » , a lancé ATT. La bergère se reconnaîtra certainement dans cette pique du berger.
Que de promesses… électorales !
L'heure n'est certainement pas au bilan. Mais ATT a déjà, en ce qui concerne le Kénédougou , tiré son bilan de 4 ans et 8 mois et tracé les perspectives d'avenir pour Sikasso qu'il qualifie de « ville de cœur » . Après avoir cité à la pelle les diverses réalisations dans la région (éclairage public, stades omnisports, construction de pont, etc.) ATT a promis d'autres merveilles comme la construction des routes Zégoua-Kadiolo en goudron, Bougouni-Yanfolila-frontière Guinée l'année prochaine, Zantiebougou-Kolondiéba , de certains axes majeurs de la ville de Koutiala, la couverture en électricité de tous les quartiers obscurs de Sikasso, etc.
Sommet de l'UA ou Yorosso ?
A Sikasso ATT est revenu sur sa récente visite de Yorosso, région de Sikasso, qui a coïncidé avec le sommet de l'UA. Des observateurs politiques avaient dénoncé l'absence du chef de l'Etat à ce sommet. De son côté et plus d'un mois après l'événement, ATT ne décolère pas et ne voit pas la chose de la manière. « On m'a dit pourquoi tu vas à Yorosso le jour même du sommet ? Je dis : Yorosso vaut mieux qu'Addis-Abeba. Il n'y a rien d'important là-b a s. Que de bavardage » , a martelé le président de la République. Mépris de l'institution panafricaine ou désamour pour ses pairs ? Jugez-en vous-même !
11 mars 2007 : candidature d'ATT à Sikasso ?
La banderole géante du Mouvement citoyen invitant ATT à se représenter à l'élection présidentielle, n'est pas passée inaperçue. « Nous invitons ATT à venir déclarer sa candidature le 11 mars à Sikasso » , pouvait-on y lire. Le même message a été repris par le maire de la Commune urbaine Mama Sylla. La réponse d'ATT est, on ne peut plus claire : « Je ne suis pas venu vous payer car je n'ai pas ce prix. Mais, je suis venu vous remercier et vous pouvez compter sur moi partout où je serai. J'ai commencé mon mandat ici et je souhaite le finir ici » . Auparavant, ATT avait regretté de n'avoir pu réaliser tous les projets qui lui tenaient à cœur.
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PRESIDENTIELLE 2007
Déjà, la guerre des tranchées
Les positions sont déjà connues pour 2007, avec deux camps et peut-être deux inconnues.
La présidentielle 2007 apportera du nouveau sur toute la ligne. Le plus grand parti, l' Adéma , qui renonce à lui-même et va jusqu'à risquer le schisme pour soutenir un indépendant, suivi de près en cela par ses ennemis intimes de l'URD et de ce qui reste du Miria , du Cnid et du MPR.
A ce sujet, tout a été dit, et le burlesque ou le déni de soi n'ont jamais été des freins pour ceux qui ont décidé de conduire le parti sur ce chemin. La nouveauté, c'est l'exclusion des militants de la première heure, des pionniers par les ouvriers de la 25e heure, ceux qui sont venus pour la cueillette.
Le seul avantage que l'on peut tirer de la nouvelle loi électorale qui a introduit le parrainage, c'est que, même si elle donne l'impression d'être taillé sur mesure, elle permet au moins d'écarter des candidatures fantaisistes dès le départ. Elle n'écarte pas tout, mais ce premier tamis est garant d'un crédit pour ceux qui passent. Il y en aura qui vont se faire investir par leur parti, sûr qu'ils n'auront pas les signatures requises, mais juste pour pouvoir crier à la victime.
Pour 2007, (pour revenir au sujet), nous aurons donc deux positions :
Le camp ATT : c'est le plus hétéroclite qui soit, ressemblant à des guerriers en débandade, les rangs dispersés et charriant du tout : ceux qui veulent se faire la main, ceux qui, fatigués de faire du pickpocket veulent évoluer et quelques alimentaires croyant que c'est le moment de se faire voir pour avoir une place à un banquet.
Ses atouts : le camp présidentiel, réuni sous la bannière ADP, dispose certainement de moyens colossaux, des moyens de l'Etat. Il est parti à l'avance, le président lui-même ayant sacrifié le travail pour lequel il est élu à la tournée de campagne à peine déguisée, le tout sous l'œil complaisant de caméras qui auraient dû être utilisées à autres choses…
Ses faiblesses : la grande faiblesse du camp présidentiel est son surnombre. Ici le nombre est un handicap insurmontable, avec plus d'intéressés que de désinvoltes. On l'a vu avec les multiples attaques contre un président qui fait a priori l'unanimité et qui n'a eu de défenseurs que son équipe… de communication, du reste contrainte souvent à porter la cagoule. La mise sur pied de l'équipe de campagne a déjà révélé les difficultés à venir. Chacun a voulu calculer par rapport à ses gains immédiats et futurs, ce qui a donné lieu à de belles empoignades. Cela augure déjà de l'atmosphère qu'il y aura à ce niveau et des peaux de banane qui ne manqueront pas. Du coup, comme disait un observateur, ATT aura deux adversaires : « ses amis et le FDR ».
Acquis et gâchis
En dehors de cela et malgré la présence de certaines valeurs sûres, du reste réduites à s'exercer à la brosse à reluire, le camp présidentiel a tout d'un tocard. Il lui sera difficile, n'ayant jamais été habitué à la critique et à l'autocritique, de faire face à la bourrasque des adversaires. ATT est allergique à la critique et a été habitué, tout son mandat durant, à des propos de courtisans. Il passera certainement plus de temps à vouloir répondre qu'à nous donner des raisons de lui faire encore confiance pour un second mandat.
Son bilan, jusqu'ici, il l'a réduit aux investissements. Le rôle d'un président, c'est d'impulser et d'orienter. Sinon, l'administration, dans son fonctionnement normal, retient des actions à mener. Un chef d'Etat, en fonction de sa sensibilité et peut-être de ses promesses électorales, met l'accent sur un aspect plutôt qu'un autre. Mais, tenter de faire croire que le messie nous est venu lors des 5 dernières années, qu'il a trouvé un champ en friche et que de lui dépend notre salut, c'est prendre les Maliens pour ce qu'ils ne sont pas. A l'opposée, ATT a mis en lambeaux bien des acquis : la neutralité de l'administration était presque devenue une réalité, la famille était distincte du champ politique et l'Etat républicain se construisait. De tout cela, rien ne subsiste.
L'autre faiblesse d'ATT et non des moindres, ce sont ses « ATTboys », ses seconds couteaux. En 2002, ils ont souvent séduit par leur « virginité » politique, une certaine candeur qu'une mauvaise interprétation a assimilée à de la bonne foi. Mais, à la pratique, au contact de l'administration et du pouvoir, ils ont révélé une facette jusqu'ici inconnue, surprenant plus d'un.
Le front du refus
Le FDR : tout comme l'ADP, le FDR regroupe des hommes de sensibilités souvent inconciliables, mais unis par leur volonté de changement, de donner à la République une nouvelle chance et surtout de réhabiliter la et le politique.
Ses atouts : Le FDR est constitué de vieux briscards de la politique, qui ne sauraient en aucun cas prendre les vessies pour des lanternes. Ils ont connu du tout et, déjà, « à main nue », ils ont pu créer des insomnies dans le camp des nantis. L'avantage du FDR est de rallier à sa cause une certaine légitimité populaire. Le Malien, par nature, est enclin à se déporter du côté de celui qu'il considère comme faible. Et si en plus « ce faible » se trouve opprimé, il a toute sa sympathie. Sinon, la grande surprise, qui est également un atout indéniable, est la cohésion qui caractérise ce groupe.
Ses faiblesses : Le FDR pourrait être handicapé par son manque de moyen et un certain déséquilibre des règles du jeu. On le voit déjà dans les traitements faits des éléments qui concernent les deux camps.
Les inconnues
La première inconnue est le gouvernement. S'il reste en l'état, il pourrait être hors de course, ayant en son sein des représentants de tous les camps. De plus, Pinochet a su, jusque-là, se mettre à équidistance des clans et des positions. Il s'est montré technocrate et n'a joué pour aucun des camps. Ses efforts pour maintenir le gouvernement dans sa mission de service public, neutre et froid sont réels et visibles. S'il reste aux commandes, les joutes électorales pourraient au moins compter sur la neutralité de l'administration, du moins aux niveaux où le Premier ministre commande.
Les autres inconnues sont les autres structures chargées de superviser les élections. Si la DGE a déjà une expertise en sa qualité d'administration technique, n'ayant à ce jour, pas essuyé de contestations majeures, il en va autrement de la Céni , ayant une mission plus politique. Dans tous les cas, leur neutralité serait indispensable pour des élections réussies.
Alexis Kalambry
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TRAFIC D'ETRES HUMAINS EN AFRIQUE DE L'OUEST
Gouvernements et ONG montent au créneau
Chaque année, à travers le monde, 600 à 800 000 personnes sont victimes de l'esclavage des temps modernes qu'est le trafic humain. Pour enrayer le fléau, des représentants du gouvernement et d'ONG, réunis depuis hier, ambitionnent de constituer une force de lutte.
Les personnes qui font l'objet de trafic dans le monde sont estimées entre 600 et 800 000 chaque année. Elles sont attirées par les sirènes des fausses promesses de recruteurs et transportées au-delà des frontières. Les souffrances vécues sont difficilement supportables. Ils sont exposés à des exploitations économiques, sexuelles… Pourtant, la traite des personnes constitue une des plus graves violations des droits humains.
C'est pour venir à bout de ce fléau que le deuxième volet de l'atelier de formation régionale sur la traite des personnes en Afrique de l'Ouest s'est ouvert hier à Bamako sous la présidence du conseiller technique du ministre de la Promotion de la femme, de l'Enfant et de la Famille, Bakary Traoré.
Durant 3 jours, il s'agira, pour les participants venus de la Guinée-Conakry , de la Guinée-Bissau, du Mali, du Burkina Faso, de la Gambie, du Sénégal et des représentants du BIT/Mali et de l'Unicef, de renforcer et d'enrichir leur capacité en vue de maximiser leur contribution dans l'éradication de la traite dans leurs pays.
Organisée par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec l'appui financier des Etats-Unis, la rencontre de Bamako fait suite à celle de Ouagadougou (les 17, 18 et 19 janvier 2007), qui, selon la première conseillère de l'ambassade des Etats-Unis, Mme Mery Beth Léonerd , a cherché à développer un partenariat solide entre les participants, en particulier dans la perspective d'une mise en œuvre efficace du programme régional de l'OIM d'assistance au retour et la réintégration des enfants victimes de la traite dans la région de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ( Cedéao ).
La formation sera consacrée aux méthodes d'identification des victimes de la traite, aux techniques d'entretien ainsi qu'aux mesures de suivi et de réintégration socio-économique des victimes de la traite dans leurs communautés d'origine.
Elle cherchera également à développer un partenariat solide entre les participants dans la perspective d'une mise en œuvre efficace du Programme régional de l'OIM d'assistance au retour et la réintégration des enfants victimes de la traite dans leur communauté d'origine.
Cependant, l'absence de cadres juridiques nationaux appropriés, l'insuffisance de données statistiques, la méconnaissance de la problématique de la traite, les difficultés de lutte contre les réseaux criminels organisés et la complexité du phénomène sont autant de facteurs qui pèsent lourdement sur les actions contre la traite.
« Pour gagner la bataille, des actions délibérées et concrètes doivent être menées, mais aussi les agents de terrain doivent toujours rester en contact avec les frontières dans le but de suivre et dénoncer les trafiquants. Pour cela, l'action gouvernementale est fondamentale pour vaincre le phénomène » , ont préconisé le conseiller technique Bakary Traoré et la représentante de l'OIM à Dakar. Mme Viviane Van Hoeck a annoncé que les Etats-Unis disposent de 266 projets à travers le monde pour freiner le trafic des personnes.
Aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest et du Centre, il est établi que les champs agricoles, les mines d'or et de diamant, les carrières de pierre, le secteur informel et le travail domestique sont des activités à forte utilisation de main d'œuvre enfantine, où les conditions de travail frisent l'exploitation.
Mohamed Daou
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FRATERNITE RETROUVEE
Les Diarra de l'extérieur et de l'intérieur à Ségou
L'intégration n'est pas seulement qu'économique ; elle est aussi, et peut être beaucoup plus, culturelle. Pour la première fois à Ségou, les Diarra de divers horizons, d'espaces géographiques se donnent rendez-vous dans la Capitale des Balanzans . Pour s'abreuver ensemble à la même source bambara .
Après le Festival sur le Niger, la cité royale des Coulibaly et des Diarra vit au rythme des retrouvailles, pour accueillir les Diarra du Bénin, du Ghana, du Togo, du Nigeria, du Tchad et du Burkina Faso. On s'est mobilisé, le vendredi 23 février 2007, d'abord dans la famille de feu Bah Gaoussou Diarra à Sokalakono qui désemplissait rarement. Mais il a fallu attendre l'après-midi pour baigner dans l'ambiance des retrouvailles fraternelles. On est alors à la sortie de la ville, à Péléngana où l'animation attirait de plus en plus, curieux et intéressés.
Chant et danses bambaras étaient à l'honneur. Des instruments de musique traditionnels : « kounanfo », « bankolo », « bradin » et « sokou » étaient mariés avec habileté et dextérité par des joueurs expérimentés. Des pas inconnus ou presque en voie de disparition aiguisaient la curiosité. Des danseurs (hommes et femmes) tenant des instruments de musique en forme de cymbale et grelots se donnaient en spectacle, soit ensemble, soit seul. Les chants ! Des chants populaires du vieux pays bambara, c'était un hommage rendu aux vieilles personnes dont la disparition crée un vide difficile à combler.
Les hommes sont les mêmes ; c'est le savoir qui fait la différence entre eux : un autre chant certainement l'évocation de la royauté bambara ou la ruse, l'audace vient à bout de l'adversaire et de l'adversité. En fait c'était le chant pour entrer dans l'aire et l'ère de l'humanité ; par la patience, seul moyen de réfuter efficacement l'ennemi, habile à fabriquer du mensonge dans le seul but de nuire.
Cérémonie d'accueil princière
Le maire de Péléngana , Yamoussa Coulibaly, assistait à cette résurrection des faits passés, avec à ses côtés le griot Yaya Bambera et des femmes Traoré tenant des calebasses de haricots. Les hôtes arrivèrent à 17 h 5 mn . Ils étaient au nombre de 70 Diarra dont certains foulaient le sol ségovien pour la première fois. Le maire les a reçus sous le signe de la connaissance de soi ( yeredon ). L'accueil fut enthousiaste mais tumultueux à cause des yeux de corde des Diarra et des Traoré. Sous escorte de chevaux et de véhicules, les hôtes se dirigèrent vers la famille de feu Ba Gaoussou Diarra.
Adama Coulibaly
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VISITES TOURISTIQUES
La diaspora Diarra sur les traces des ancêtres
La rencontre des Diarra d'ici et d'ailleurs n'a pas un caractère sectaire, mais bien patriotique. Elle répond à ce que nous devons nous interroger : où allons nous ?
Telle est la substance introductive du mot d'accueil du gouverneur Abou Sow devant la diaspora ce samedi 24 février dans la matinée. En suivant un programme établi, la deuxième journée de la rencontre fut matériellement consacrée aux visites touristiques, aux notabilités administratives et religieuses. Il ne s'agit pas de se regrouper, mais encore faut-il jeter un regard sur nos populations rurales qui souffrent de la faim, du manque d'eau potable et d'autres fléaux sociaux et naturels, a poursuivi le gouverneur de Ségou avant d'offrir aux Diarra venus d'ailleurs un taureau. Un cadeau digne d'un Peul. Ségou, selon le maire Bréhima Thiéro , est une ville de tradition d'hospitalité. Le rayonnement culturel incarné par Dah Monzon , est chose établie universellement. Les frères Diarra, en foulant le sol des ancêtres, pourront en témoigner à leur retour.
Vers 13 h, la visite touristique a commencé par Banankoro à une dizaine de kilomètres de Ségou, autour de la tombe de Dah Monzon . Un écriteau au bord de la voie goudronnée indique facilement l'emplacement. Déjà, la population était sortie pour l'accueil traditionnel avec accompagnement de tam-tam, de danse et d'étalage du savoir-faire des temps jadis. C'était le « bara », essentiellement et autres formes de danses. Au milieu du cercle, on pouvait voir, assise à même le sol, une vielle femme filer et carder. La quenouille à la main, elle rappelait les mères du village, avant l'introduction ou l'invasion du mode de consommation occidentale. Un canari sur la tête, exhibant « sonkala » et « mounounan » et autres objets de cuisine, une femme n'arrête pas de danser.
La tombe de Dah Monzon , à 300 m du bitume, est vraiment objet d'adoration. Puisque beaucoup de personnes cherchaient à toucher de la main la dernière demeure cimentée. En tout cas les gens se prenaient, se bousculaient autour de la tombe sur laquelle était posée une calebasse. Un homme habillé en tenue traditionnelle bambara tenait un bâton enroulé de corde. Bafin Diarra est le gardien de la tombe. Dah Monzon est sans conteste le plus prestigieux des rois bambaras, vénéré des années après sa mort. Avant l'introduction de l'islam, Bina Ali Diarra, un homme de 63 ans de Banankoro offrait sur sa tombe un coq blanc, du cola blanc et du « sènguèrè » un aliment à base de mil pour implorer sa grâce pour une bonne saison.
A côté du tumulte, un vieux Traoré du nom de Drissa relatait une histoire de rivalité entre les marabouts et les bambaras doués de sciences. Et Dah aurait récompensé les marabouts qui ont triomphé. Donc il fut un roi juste. Cinq générations de Diarra ont vécu à Banankoro de Dah à nos jours.
Le chef de village de Banankoro , Soumana Coulibaly, a souhaité la bienvenue à la diaspora. Il a rappelé avec insistance la vertu patriotique des Diarra. Et il a offert aux frères du haricot, du tiapalo (bière à base de mil) et un chien.
Bambougou , situé à 30 km de Ségou, fut l'étape suivante. Là repose N' tji le thaumaturge bien connu, l'ouvrier d'un canal qui fait la fierté de Ségou. Sa tombe évidemment attire des visiteurs. Un arbre, le néré, est à l'entrée de la dernière demeure, bien entourée par une murette en ciment. N' tji repose à l'intérieur, loin des yeux. Seulement on pouvait voir devant la porte sa lampe à huile, la selle et l'étrier de son cheval, son sac et à côté un canari rempli. N' tji est un personnage de légende et de culte en milieu bambara. Là on a rappelé à la diaspora le départ de leurs ancêtres, il y a de cela trois siècles environs, et louer la signification de leur volonté de se ressourcer… Cette volonté de se ressourcer a été maintes fois soulignée par une vieille Diarra du Bénin souvent portée par les autres.
Après Bambougou , les Diarra ont continué sur une face de la modernité, le barrage de Markala .
Adama Coulibaly
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8e JOURNEE CHAMPIONNAT NATIONAL
Le Stade et le Djoliba se tiennent en échec
La 8e journée du championnat national a pris fin dimanche dernier. Elle a été marquée par le nul (1-1) entre le Djoliba et le Stade malien de Bamako. La bonne opération est à mettre à l'actif de l' Asko , vainqueur du Sigui (1-0).
En résistant au Stade malien de Bamako (1-1) dimanche dernier au Stade Modibo Kéita, le Djoliba, malgré ses déboires du moment, se refait une santé morale et rassure ses supporters.
Un but partout, c'est le score au coup de sifflet final, pour ce match qui aura tenu toutes ses promesses, car bien rythmé entre les deux clubs rivaux du pays. Après une première mi-temps plus ou moins équilibrée, les deux formations, à la reprise, ont fait preuve d'un peu plus de réalisme dans l' entre-jeu .
La bonne prestation du défenseur Alfousseyni Kouma a donné du répondant au jeu des joueurs de Hérémakono . Bien en jambe, il sera à l'origine de l'action qui a permis à Ousmane Bagayoko d'inscrire le but du Djoliba à la 58e.
Fouettés dans leur orgueil, les Stadistes vont dès lors se surpasser. Mais leur maladresse devant le but adverse retardera leur délivrance. Il a fallu attendre la 85e pour voir le Stade revenir au score par Boucader Diallo qui d'un tir a surpris Almamy Sogoba , le portier du Djoliba.
Les Blancs, qui ont bien entamé cette compétition, ont été tenus en échec pour la deuxième fois. Après un nul et une victoire, les Rouges pourront quant à eux pousser un ouf de soulagement pour ce petit point. Malheureusement, ils ne sont pas encore sortis de l'ornière, eux qui continuent de critiquer les choix tactiques du technicien Fagnéry Diarra.
Une journée de nuls
Le duel CSK-COB s'est soldé également par un nul (1-1) avec un super but de l'avant-centre clubiste Amadou Diamouténé . Les Verts montent en puissance au fil des journées.
L'AS Bakaridian s'est refait une santé à Bamako en tenant l' Usfas en échec (1-1). Le duel entre l'ASB et la Commune II a tourné à l'avantage de la seconde équipe.
L' Asko s'est refait une santé à Kayes en battant le Sigui (1-0). Quant à l'AS Réal, il a tenu en échec le Nianan dans le duel du Méguétan (0-0). C'est dire que les Scorpions parviennent depuis deux journées à tirer leur épingle du jeu. Le match opposant le Stade malien de Sikasso au CS Duguwolofila est reporté à une date ultérieure.
Le Stade malien de Bamako après huit journées est toujours leader avec 20 points. Les poulains de Mohamed Magassouba laissent derrière eux le COB et l' Asko . Les deux formations ont chacune 16 points. Au bas du tableau le Sigui (4 points) et le Stade malien de Sikasso (3 points).
Boubacar Diakité Sarr
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