« Il y a seulement deux jours, nous avons été informés, au cours d'un de nos rapports d'après-midi qu'il y a eu plus de 27 gardes déserteurs. Nos compagnons sont en train de déserter parce que tout simplement on nous impose des reglements qui n'ont aucun rapport avec le corps de garde. Cela fait 6 mois depuis la fin du centre d'instruction (CI) que nous mangeons à l'ordinaire et l'on soustrait chaque mois plus de 3000 F CFA de nos soldes. C'est-à-dire la totalité de nos PGA. Nous ne pouvons plus supporter cette situation. Nous avons decidé de ne plus manger à la cuisine. Si la situation ne change pas, nous allons tous déserter et faire ce qu'il faut pour nous faire entendre » . Tels sont les propos du porte-parole du contingent 2005.
Le corps des gardes a été créé en 1894 sous le nom de « gardes régionaux ». Au fil du temps, il a successivement changé de nom. En 1910, « corps des gardes cercles » puis « des gardes goumiers ». En 1971, « garde républicaine et goum du Mali ». En 1994, « garde nationale du Mali ».
Avec cette dernière dénomination, l'Etat a attribué de nombreuses missions au corps des gardes. Il est aujoud'hui le corps le plus déconcentré à l'intérieur du pays. Ce qui lui donne une mission colossale à remplir. C'est à cet égard que le gouvernement a décidé de renforcer ses ressources humaines en recrutant en 2005 plus d'un millier de jeunes qui constituent aujourd'hui la moitié de l'ensemble des gardes. Ces jeunes ont actuellement beaucoup du mal à remplir leur mission. Ils veulent, comme leurs ainés , percevoir chaque mois leurs PGA.
Mais, selon le chef d'état-major de la garde nationale, le colonel Broulaye Koné, interrogé au téléphone « il y a des dispositions réglementaires qui obligent les soldats à manger à l'ordinaire pendant 5 ans. Mais, un soldat peut se marier après 3 ans de service après une autorisation de la hiérarchie. Dans ce cas, il demande à ne plus vivre à l'ordinaire. En principe, ces éléments ne doivent même pas voir leur PGA. L'objectif de l'ordinaire est d'inculquer l'esprit de corps aux jeunes et de créer la cohésion entre eux ».
Pour un adjudant major, qui a effectué plus de 30 ans de service, manger obligatoirement à la cuisine après le CI n'a jamais existé dans le corps des gardes. « En 1993, la hiérarchie avait tenté d'instaurer ce règlement, mais ça n'a pas marché. Avec le contigent 2001, on avait encore essayé, ça a encore échoué. Maintenant ils veulent coûte que coûte l'imposer afin de remplir leurs poches. J'incite les jeunes à revendiquer leur droit. Nous sommes tous derrière eux », a ajouté le manjor .
C'est dire que les jours prochains vont être difficiles à la garde nationale. Pour parer à toute éventualité, l'état-major, à notre avis, devra très rapidement multiplier les contacts et s'expliquer de long en large sur la nécessité, pour les jeunes gardes, de vivre comme une seule et même famille.
LITIGE FONCIER A LAFIABOUGOU
L'extension du cimetière oppose le maire à la population
Le cimetière de Lafiabougou, en Commune IV, vieux d'une trentaine d'années n'a plus d'espace pour accueillir les défunts. Imams et populations de la Commune font de son agrandissement leur combat. Un bras de fer les oppose à la mairie. La tension est très vive.
Les litiges fonciers au Mali et particulièrement à Bamako se suivent et se ressemblent. Les abords immédiats du cimetière de Lafiabougou sont au centre d'une guéguerre entre populations, notabilités, imams et la municipalité.
Vaste de 4,5 ha, l'actuel cimetière de Lafiabougou a commencé à accueillir ses premiers corps en 1984. Depuis une trentaine d'années, il reçoit en moyenne une douzaine de corps par jour venant des quartiers de Djicoroni-Para , Hamdallaye, ACI-2000, Lafiabougou, Sébénicoro et Taliko .
« Enterrer le corps d'un parent, c'est la croix et la bannière » , témoigne un habitant de Lafiabougou. Un autre ajoute que « lors de la mise en terre de son frère décédé l'année dernière, le cortège funèbre a été obligé de déterrer des ossements humains, faute d'espace » . « Des situations de ce genre peuvent être citées à n'en pas finir » , indique de son côté, un autre intervenant.
Les nombreuses difficultés à trouver une dernière demeure pour leurs morts ont imposé aux habitants de Lafiabougou la question de l'agrandissement de leur cimetière. Le ton a été donné le 17 juillet 2001 par le président de la section IV de la ligue malienne des imams et érudits pour la solidarité islamique, Bandiougou Doucouré .
Au sortir d'une réunion mensuelle de la ligue, l'imam Doucouré a saisi sous le couvert de l'ancien maire Sidi Mohamed Haïdara , le haut-commissaire du district de Bamako pour l'octroi de l'espace contigu à l'ouest du cimetière appelé « Mangueraie ».
La « Mangueraie » a fait l'objet du titre foncier n° 492/CIV d'une superficie de 6 ha 97 a 25 ca, dévolu à la mairie de la Commune IV suivant une décision en date du 6 juin 2003 du ministre des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières, Aboubacar Sidiki Touré. La lettre du ministre Touré précisait que le titre foncier est attribué au profit des populations déguerpies de Djicoroni-Para et Lafiabougou-Bougoudani .
Une autre lettre du ministre des Domaines de l'Etat en date du 29 avril 2003 fixait la répartition de la parcelle. Ainsi, 5 ha 97 a 25 ca ont été destinés aux besoins de recasement des quartiers concernés et 1 ha pour l'extension du cimetière de Lafiabougou.
Vive tension
Le collectif a fait circuler une pétition dans les familles de Lafiabougou où il a recueilli 293 signatures en faveur de l'octroi des 6 ha de la « Mangueraie » pour l'agrandissement du cimetière. Les populations sont d'autant plus excédées qu'elles estiment, que si elles ne prennent garde, elles n'auront plus d'espace pour ensevelir leurs morts. Témoin : le projet de cimetière communal situé à Sébénikoro et qui faisait 20 ha à l'origine s'est mué en éléphant blanc. Tout a été morcelé en titres fonciers au bénéfice des particuliers et il ne reste plus que 9 ha.
Les populations ont estimé que les 5 ha prévus pour le recasement reviennent de droit au cimetière. Selon leur porte-parole, la nouvelle équipe municipale a changé la destination initiale de la « Mangueraie ». Pour preuve, explique-t-il, leur collectif doute de l'authenticité de la lettre du ministre des Domaines de l'Etat définissant les attributions du TF n°492/CIV. A vue d'œil, la lettre du 6 juin 2003 a été signée par le ministre dont elle porte le cachet. En revanche, celle du 29 avril 2003 sent une imitation de signature du ministre avec cette fois-ci le cachet du secrétaire général.
Depuis quelques semaines, la tension est montée d'un cran entre le maire Issa Guindo et les populations de Lafiabougou. Le maire, accusé d'avoir acheté le silence et la complicité de certains imams et chefs de quartiers, a entamé les travaux d'extension des murs d'enceinte du cimetière sur 1 ha. Il aurait payé les services d'un entrepreneur sur la base d'un devis estimatif d'un imam d'un montant de 11 millions de F CFA.
De jeunes fidèles de la mosquée de Lafiabougou Terminus du nom de l'imam Dramane Traoré (paix à son âme), se sont faits justice. Guidés par un des fils de l'imam, prêcheur de profession, ils ont organisé le dimanche 10 février 2007 une séance de prêche au cimetière de Lafiabougou. A l'issue de la cérémonie, ils ont cassé la partie du mur d'enceinte jouxtant la « Mangueraie ». Ce qui, selon eux, permettrait à des gens d'avoir plus d'espace pour inhumer.
Le fils de l'imam a passé des nuits en garde-à-vue au commissariat du 5e arrondissement, sur plainte de la mairie qui aurait saisi le procureur de la République près le Tribunal de la Commune IV.
Pour les populations, la décence veut que les maisons d'habitation ne jouxtent pas le cimetière. Mais, la vérité des faits, jugent certains, est que la « Mangueraie » au lieu de recaser les populations déguerpies a fait l'objet de spéculation foncière et a été vendue à des Maliens de l'extérieur à des sommes faramineuses. Un des bénéficiaires aurait acheté une dizaine de lots à raison de 3 millions de F CFA le terrain et a payé 1 million de F CFA en plus sur chaque parcelle pour en faire un îlot.
Le maire Issa Guindo que nous avons sollicité pour avoir sa version des faits n'a plus répondu à notre appel après nous avoir promis un rendez-vous.
Abdrahamane Dicko
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SUPERVISION DES ELECTIONS
La Céni manque de délégués compétents et de sous
La Commission électorale nationale indépendante ( Céni ) est prête pour assurer ses missions de supervision et de suivi des élections. C'est ce qu'a affirmé samedi dernier son président Fodié Touré, qui animait un point de presse.
A en croire le président de la Céni , l'unique problème auquel l'institution est confrontée actuellement est le recrutement des 18000 délégués compétents et capables d'assurer pleinement les missions de supervision dans les bureaux de vote à l'intérieur du pays.
Pour M. Touré, les délégués de la Céni devront avoir un niveau intellectuel assez élevé. Or, a-t-il expliqué, de telles personnes sont parfois difficiles à dénicher dans les coins reculés de la brousse. Les délégués de la Céni sont la cheville ouvrière de cette institution le jour du scrutin. Ils assistent et suivent le déroulement du scrutin dans le bureau de vote dans lequel ils sont déployés.
Toutefois, selon M. Touré, les missions effectuées par les membres de l'organe chargé de la supervision et du suivi des élections ont permis de faire le constat que les démembrements de la Céni tant à l'intérieur qu'à l'extérieur sont fonctionnels.
Interrogé sur le manque de fonds dont souffrait la Céni fin décembre et qui risquait de paralyser ses activités, Fodié Touré a fait comprendre qu'au jour de samedi dernier la Céni n'était pas encore en possession des 2 milliards qu'elle réclamait, mais qu'elle n'était pas non plus dans une situation de dénuement total. « Ce que nous avons nous permet d'exécuter nos activités. Nous pensons que les fonds seront disponibles au fur et à mesure que nous avancerons » , a-t-il expliqué.
A propos de sa déclaration appelant les partis politiques et particulièrement notre confrère l'ORTM à respecter la loi en matière de campagne électorale, Fodié Touré a réaffirmé la détermination de la Céni à rappeler toujours à l'ordre ses partenaires partis politiques et médias d'Etat à observer les principes édictés dans la loi électorale. Aux dires de M. Touré, la Céni et la Délégation générale aux élections se rendront ensemble en France dans peu de temps pour l'impression des cartes électorales.
Denis Koné
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SOMMET AFRIQUE-FRANCE
La solidarité devient tragédie
Les chefs d'Etat d'Afrique et celui de la France viennent encore une fois de prouver l'évidence : ces types de relations sont condamnés à mort…
Le 24e Sommet France-Afrique , comme il est usuel de l'appeler, vient de s'achever dans la somptueuse cité balnéaire de Cannes, célèbre pour ses grosses vedettes de cinéma et les paillettes de son célèbre festival. Cette fois, ce n'était pas la grand-messe de l'image et du rêve, mais la rencontre entre des amis d'un genre très particulier : Jacques Chirac et ses homologues du continent. Parce que, disons-le clairement, à part les grincements de dents provoqués par les coûts financiers de la rencontre, le citoyen français s'est royalement moqué de ce sommet.
La rencontre rituelle qui fut baptisée en 1990 à La Baule le « parc Jurafrique » est le lieu de faire un constat déprimant : en France, l'Afrique n'existe plus dans le cœur des gens de qualité. L'agonie du continent n'est pas seulement économique, elle est aussi sentimentale, charnelle. Les faits le prouvent, le rejet que provoque la cause africaine l'atteste. Cette lente descente aux enfers a commencé au début des années 1980 quand l'Occident, se croyant parti pour mille ans de progrès, a vu revenir en force le chômage et la précarité. Mais que s'est-il passé ?
Au début des années 1960, au moment des indépendances, la cause africaine était certainement le nec plus ultra du monde intellectuel français. Ces peuples décolonisés, ces Etats qui venaient de prendre en mains leur souveraineté nationale bénéficiaient d'un extraordinaire vent de sympathie mené par des intellectuels. Dans les années 1960 en France, les porte-parole de la cause africaine avaient pour noms : Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux, Hubert Beuve-Marie , Marcel Péju . Ces gens constituaient la crème de l'intelligentsia française, sans distinction de couleur politique.
Que leur amour fut sincère ou non, quand ils parlaient de notre continent, c'était avec le cœur et l'âme, c'était pour délivrer des messages d'espoir. Plus tard, bien sûr, la gauche humaniste née à St-Germain-des-Près , à Nanterre ou à la Sorbonne a pris le relais, formant au combat politique et à l'espoir plusieurs de nos futurs leaders. La Feanf (Fédération des étudiants d'Afrique noire en France) avait ses entrées chez les grands esprits français. Dans le domaine de la coopération, des enseignants dévoués et bien formés ont œuvré chez nous avec une passion jamais démentie.
Mais peu à peu, découragée par l'incurie, le barbarisme et l'incompétence des présidents qui sévissaient à travers le continent, la France de qualité a commencé à se désintéresser de la cause africaine laissant la place aux tonitruants humanitaires du genre Bernard Kouchner. Puisque l'Afrique, pour paraphraser Axelle Kabou , refusait obstinément le développement, étalait la famine à la face du monde et s'entêtait à garder des vampires au pouvoir, les transporteurs de sac de farine et de riz avaient le champ libre. La génération des Sartre disparaissait tranquillement sans laisser une relève de qualité.
Aujourd'hui, à part les humanitaires omniprésents, l'Afrique en France est devenue le domaine réservé des bandits. En Afrique centrale, ce sont les marchands d'armes, les vendeurs d'illusion ou les promoteurs de casinos corses qui font fortune. En Afrique de l'Ouest, ce sont encore ces mêmes malfrats, repris de justice multirécidivistes qui veulent profiter de leur « peau blanche » afin de régner sous les tropiques, sous l'œil complice de nos dirigeants. La terre d'Afrique est devenue le terrain de repos de vieux pédophiles européens à la recherche de chair fraîche à déflorer ou à contaminer par le Sida pour 10 000 francs ou une promesse de visa à un membre de la famille.
Jacques Chirac que l'on appelle l'ami de l'Afrique est l'objet de dossiers judiciaires sulfureux qui en disent long sur son amitié naturelle avec certains chefs d'Etat africains. Il est plus qu'urgent de changer les relations franco-africaines, de coopérer et de commercer sur des bases saines afin de mettre fin à ce système honteux de compromis et de compromissions. Il est temps d'arrêter ce genre de sommet, de transformer des relations infantiles en relations matures entre adultes. Il est temps que l'Afrique comprenne que ses intérêts ne sont pas forcément ceux de la France et que dans ce marché de dupes, le plus faible en sortira toujours perdant.
C'est seulement à ce prix que l'Afrique cessera d'être un repoussoir parce que trop noire, trop pauvre. C'est ainsi que nous trouverons en France ou en Europe des intellectuels, des gens de qualité avec lesquels nous nouerons des liens mutuellement bénéfiques.
Ousmane Sow
( journaliste , Montréal)
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GREVE DU SYNESUP ET CONSENSUS POLITIQUE
Le Pr. Dialla Konaté répond aux questions des lecteurs
Il me vient ici de répondre à quelques questions relatives à l'actualité que certains lecteurs des « Echos » ont bien voulu me faire suivre. D'abord je suis interrogé sur ce qu'il y a lieu à mon avis de faire relativement à la grève illimitée engagée par les enseignants exerçant dans le supérieur. Il y a deux points. L'un est relatif à la Faculté des sciences juridiques et de droit et le second est relatif à la nécessité de loger les enseignants.
A propos des examens à la Faculté d'économie et de droit. Je ne puis me prononcer sur les détails de la désolante péripétie des examens de la Faculté d'économie et de droit. La question globale elle-même me semble simple à résoudre même si elle a été rendue extrêmement confuse. La superposition des images très contrastées des autorités concernées faites d'hésitation et d'inaction du côté de l'autorité académique centrale ; de naïveté, d'insoumission et de populisme du côté de l'autorité académique locale a certainement été largement exploitée par certains étudiants activistes intéressés par tout sauf à aller en classe.
Il est dangereux de laisser pourrir une telle situation. Toute décision est arbitraire. La crise étant locale, l'autorité hiérarchique, le rectorat et donc le cabinet du ministre ont le devoir d'exercer leur autorité en arrêtant une décision (leur décision arbitraire) sans appel ; une décision de dernier recours. Cela s'appelle prendre ses responsabilités. Mes collègues doivent accepter qu'une décision en la matière doit être prise sans eux car à ce stade il s'agit de prendre une décision ultime. En démocratie, la décision ultime est du ressort des responsables politiques. Ce que les autres forces peuvent faire est de verser cette décision au bilan des hommes politiques concernés et le moment venu, signaler ces bilans.
A propos de la revendication portant sur le logement
Je suis totalement de cœur avec mes collègues sur cette question. Je crois même qu'il est nécessaire d'aller au-delà de la simple réclamation de primes de logement. Ces primes nécessairement modiques ne seront pas en mesure d'assurer à la plupart de mes collègues qu'ils dormiront, leurs vieux jours venus, dans leurs propres maisons. Dans le même temps, je ne crois pas qu'il soit possible pour l'Etat d'attribuer gratuitement des logements à quiconque de façon légale. Cela parce que dans un budget public il n'existe aucun chapitre intitulé « cadeaux à X ».
Référons-nous à l'expérience de certains pays. En France, les membres des différentes académies de l'Institut de France (des intellectuels de rang exceptionnel) bénéficient d'un logement à vie. Aux Etats-Unis, les professeurs de classe exceptionnelle dans la plupart des grandes universités privées (Princeton, Harvard, Caltech , etc.) bénéficient sur le campus de logements à vie. Cela suppose qu'il existe des critères pour déterminer ceux qui peuvent bénéficier de ces mesures d'exception.
Je ne crois pas que mes collègues soient dans leur raison de demander que ces avantages soient accordés à tous, à l'ancienneté. Accordées à l'ancienneté, ces mesures cesseraient d'être exceptionnelles et gratifiantes pour devenir universelles et donc un fardeau financier insoutenable. Aucun pays ne peut payer cela. Il est vrai, en cette période préélectorale, le gouvernement peut être tenté, pour assurer la paix sociale, de donner l'impression aux grévistes de céder sur ce point. Après les élections, il pourrait se trouver dans l'incapacité d'assurer par manque de moyens. Où trouver l'argent ? Il pourrait s'en suivre une détérioration de la qualité même de l'argent accordé et de la situation économique générale du fait de la pression inflationniste que ces demandes satisfaites sans création de richesses vont engendrer.
En résumé, je crois que le gouvernement doit des logements en nombre suffisant, y compris en procédant par la préemption exercée sur des maisons construites par des sociétés privées (cela se fait en France), pour loger à vie des hommes de science, des hommes de culture et de lettre s'étant distinguées par une contribution significative faite dans leurs carrières à la communauté nationale et/ou internationale. En même temps une facilité doit être accordée aux autres pour accéder à des logements décents.
Mes collègues doivent accepter que des questions aussi compliquées que celle-ci ayant l'ambition d'établir des règles de fonctionnement à long terme dans notre pays se règlent par la loi. En discuter uniquement avec le ministère de tutelle ne fait que rallonger les délais. Je recommanderai à mes collègues et au syndicat des enseignants de : (1) retourner au travail ; (2) mettre en place un comité d'experts composé de juristes, de financiers pour construire et présenter un dossier au gouvernement qui ait déjà la forme d'un projet de loi et de soumettre le même texte directement aux commissions adéquates de l'Assemblée nationale avec la perspective d'en faire une proposition de loi, le cas échéant. En même temps le syndicat doit rencontrer dans un climat non point de confrontation mais de dialogue, plusieurs ministres et leurs cabinets (Primature, Education, Culture, Plan, Finances, Habitat, Domaines de l'Etat, entre autres) et de toutes les autres structures de la République (Assemblée nationale, Conseil économique et social, Haut conseil des collectivités, etc.) Cela s'appelle faire du lobbying.
Pour faire adopter des mesures d'exception qui consacrent une aristocratie du mérite sur des valeurs républicaines, le lobbying est plus efficace qu'une grève illimitée. Le lobbying est de la collaboration responsable, la grève est de la confrontation. Dernier élément et non des moindres, en République, la seule aristocratie acceptable est celle du mérite et de l'excellence. Il faut donc d'abord définir les critères de cette excellence avant de les faire inscrire dans la loi par la négociation. Le problème est politique. En politique, on ne gagne pas parce qu'on a raison. Lorsqu'on fait de la politique dans une République moderne, la meilleure façon de gagner est de bien préparer ses dossiers et réussir une bonne campagne de communication. Autrement pour gagner il ne reste plus que l'usage de la force ou de la ruse. Ni l'une ni l'autre de ces deux dernières options n'assure une victoire pérenne.
Ensuite m'est venue la question : q ue penser du consensus politique ?
Je voudrais en premier lieu et pour éviter toute confusion dire que je souhaite au Mali des alliances, des fusions, des ententes politiques. Cela sert l'esprit de la démocratie comme moyen de mettre en œuvre la réelle volonté du peuple. Le consensus est le fait par lequel tous les protagonistes se déclarent en accord autour d'une proposition. La proposition qui crée le consensus en est le facteur essentiel. Dans le cas présent, au Mali, personne ne dit quelle est la proposition ou le programme de gouvernement autour duquel ce consensus a été construit. Chacun se contente de tendre un piège en disant « nous soutenons le président » .
Former un consensus autour du président devrait consister à vivifier et à bonifier le programme de ce dernier. Il est indéniable que pris sur un plan individuel certains ministres font du très bon travail. Mais lorsqu'on sonde les partis politiques, on constate qu'ils ne font aucun apport pour que l'action du président soit encore meilleure chaque jour. Chaque parti clamant son soutien s'arrête sur des déclarations de principe. Mais au fait qui au Mali serait publiquement contre la lutte contre la pauvreté ? Qui serait publiquement contre la construction d'infrastructures routières ? Qui serait publiquement contre la création d'entreprises et d'emplois ? Qui serait publiquement contre la lutte contre la corruption ? Qui serait publiquement contre la paix sociale ?
L'erreur du consensus est d'embarquer quiconque simplement sur la base d'une profession de foi ; la main sur le cœur, l'œil sur le portefeuille et la bourse ; d'accepter des principes généraux et… consensuels. En vérité, il faudrait un compromis qui, à la grande différence du consensus, exige de chaque parti de prendre un ticket d'entrée dans le club. Comment ? Chaque parti ou groupement politique voulant joindre le compromis doit écrire une contribution. Ce parti doit établir une priorité entre les actions à entreprendre et doit décrire une procédure de mise en œuvre de chaque action de façon compatible avec un projet de développement national et les objectifs du président ou tout autre acteur fédérateur. Les thèmes peuvent être : la lutte contre la pauvreté, contre la corruption, le financement de l'économie nationale, l'école malienne, l'environnement, la question du Nord, etc. Une synthèse de ces contributions lorsqu'elles sont acceptées devient un programme de gouvernement disons pour une durée de 2 ans ou même 5 ans.
Le Mali sait alors qu'il est dirigé par une coalition claire dont la liste est connue, les objectifs connus et chaque participant sera jugé sur la base de ce programme. Un parti, une association ou groupe politique peut critiquer le compromis auquel il a souscrit, l'améliorer, le quitter ou en être éjecté sur des bases très claires dont les militants et les électeurs seront les témoins.
A l'opposé de ce compromis se trouve le consensus qui en fait est un arrangement douteux que chaque participant accommode à sa propre sauce selon ses intérêts et ses ambitions avouées ou cachées. En résumé, un compromis, formule emportant ma préférence est une mise en commun de volontés politiques associées à un échéancier, à des étapes de parcours prédéterminées permettant d'évaluer l'attelage pour, le cas échéant, le renforcer par l'apport de nouveaux participants ou le soulager de participants déficients.
Après les réponses à cette série de questions, je voudrais avant de terminer, appeler tous nos compatriotes à être vigilants d'ici les élections et au-delà. La paix civile doit, au-delà de tout, être préservée dans notre pays. Je vois monter les pressions politiques et déjà les partisans de chaque potentiel candidat ont tendance à vouloir célébrer la victoire de leur champion alors que les candidatures ne sont même pas déclarées. L'Afrique est en danger de violence et, je voudrais le rappeler à chacun d'entre nous. Que pourrait-il se passer si par malheur des difficultés devaient apparaître dans la paix sociale ?
Nous devons savoir que des penseurs qui guident les maîtres du monde estiment qu'il est inutile d'intervenir dans un pays en conflit interne tant que le nombre de morts ne dépasse pas 2 % de la population. Pourquoi 2 % ? Parce qu'on a l'expérience de grandes calamités naturelles ayant tué jusqu'à 2 % d'une population donnée. De ce fait, ces penseurs estiment que lorsque le risque de vie ou de mort concerne moins de 2 % d'une population donnée, il ne s'agit que d'un « facteur correctif » . Calculons : 2 % des 12 millions de Maliens cela fait 240 000 personnes. Si nous créons un conflit interne, le monde extérieur pourrait accepter la mort de 240 000 Maliens sans faire autre chose que convoquer des réunions. Soyons responsables !
Je suis un homme averti. J'ai vu la sournoise oppression exercée contre les Tutsis et les autres groupes humains minoritaires au Rwanda ou j'avais été chargé d'évaluer la Faculté des sciences et le Centre hospitalo-universitaire de ce pays situés à Butaré. J'ai vu naître et croître dans la presse et dans les rues de Brazzaville le langage outrancier annonciateur de la tragédie qui a frappé ce pays. Cela n'arrive pas que chez les autres. Je me rappelle avec gravité ces jours sombres. Nous étions en 1990. Je vivais à Paris. Le ciel s'assombrissait au-dessus de notre pays à cause du manque de dialogue découlant de la raideur et même de l'entêtement du chef de l'Etat de l'époque et de l'incapacité de ses collaborateurs de lui éclairer un chemin de sagesse menant à une sortie de crise vers l'avant, dans le sens de la marche de la société malienne de l'époque.
Le Pr. Ntji Idriss Mariko alors membre du Conseil exécutif de l'Unesco avait suggéré au général Sékou Ly , ministre de l'Education nationale de me voir à Paris dans l'espoir que je puisse être un pont avec les intellectuels à Bamako dont certains étaient soupçonnés de diriger la révolte qui grondait. Le but du Pr. Mariko, bon citoyen, amoureux de son pays, était d'éviter un drame. Sékou Ly savait aussi, grâce aux moyens dont il disposait en tant qu'officier général et ministre de l'Education, que j'avais octroyé une bourse de courte durée (3 mois) à 4 intellectuels objets de brimades afin de les soustraire, du moins momentanément, aux menaces d'arrestation qui pesaient sur eux en leur offrant un refuge parisien.
Les événements prouveront que ces 4 personnes avaient un rôle clandestin actif. Deux au moins d'entre elles ont été appelées à jouer des rôles très importants de 1992 à 2002. Je n'ai jamais pu en discuter avec elles car depuis 1992, je les ai perdues de vue. J'ai rencontré Sékou Ly à l'hôtel PLM de la Rue de la Glacière à Paris. Je suis ensuite venu à Bamako. J'ai rencontré chez lui un général Sékou Ly effondré par la peine des événements. A mon arrivée, Mme la présidente était présente, à la suite d'un baptême auquel elle avait pris part. J'ai rencontré le soir même à l'état-major en compagnie de Me Mamadou Gakou, le général Danfaga , fiévreux. Le général parla 2 heures durant. Ces deux hommes m'avaient donné leur parole d'honneur et d'officiers de ne pas donner ordre à l'armée de tirer sur la population. Ni les interventions des sages, ni les actions patriotiques isolées comme la mienne n'ont pu éviter le drame du 26 mars. Ces faits douloureux ne doivent pas se reproduire dans notre pays. Je ne veux réveiller aucune plaie ni apporter aucun témoignage. Il faudra beaucoup de temps après que les passions aient disparu pour que puisse arriver le temps de témoignages sereins à valeur historique.
La politique est utile et nécessaire pour toute communauté humaine. Sa manifestation la plus importante dans notre pays est le processus par lequel nous désignons ceux qui dirigent notre pays par périodes de 5 ans. Nous devrons juger nos hommes politiques non seulement à leur aisance à parler devant l'Assemblée générale des Nations unies mais aussi par leurs capacités à mobiliser les citoyens pour curer les caniveaux ou payer l'impôt. Utilisons la politique pour construire notre pays plutôt que d'en faire un outil de division ou même d'enrichissement personnel. Pour moi, lecteur positif et assidu de Max Weber, la politique est avant tout un acte moral et un acte de foi en faveur de son pays.
Sauf circonstance exceptionnelle, ceci est mon dernier article et je ne devrais revenir dans le débat public qu'après la période électorale. Pendant cette période, ensemble soyons vigilants, actifs et unis autour de notre pays en dépit de nos possibles divergences politiques.
Dialla Konaté
Blacksburg , 20 décembre 2006
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LIGUE DE FOOTBALL DE BAMAKO
Le président dévoile son programme
Au cours d'un point de presse lundi, le président de la ligue de football du district de Bamako a annoncé, entre autres décisions, la reprise le week-end prochain du championnat national de foot de 2e division qui a accusé du retard en raison du non-paiement des frais d'engagement (175 000 F CFA) par les protagonistes.
Depuis sa prise de fonction à la tête de la ligue de football du district de Bamako, le président BMT a entrepris une série de rencontres avec les responsables des clubs et du district.
La rencontre du président de la ligue de football du district, Boubacar Monzon Traoré avec la presse hier au siège de sa structure s'inscrivait dans le cadre de cette dynamique. Au cours du point de presse, M. Traoré a exposé son programme d'actions, en mettant un accent particulier sur celles déjà entreprises depuis 4 mois.
M. Traoré a également parlé des compétitions de jeunes (cadets, juniors), de la compétition des filles qui a repris ses droits le week-end dernier, sans oublier le championnat de 2e division qui reprend aussi ses droits en fin de semaine. Cette compétition qui reste l'activité phare de la ligue a tardé à cause du retard pris dans le paiement des frais d'engagement, qui s'élèvent à 175 000 F CFA.
L'annonce des nouveaux sponsors, du début d'une nouvelle compétition destinée aux espoirs en attendant l'aval de Malifoot et l'informatisation dans les jours à venir de la ligue, ont été des motifs de satisfaction pour les interlocuteurs du président BMT qui était entouré pour la circonstance de ses proches collaborateurs.
Boubacar Diakité Sarr
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