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2007

Mois de fevrier

Les Echos du 19 fevrier 2007

IL FAUT LE DIRE

Chagrin d'amour ?

Depuis la publication du 10e bulletin de la Casca, le Parena est sur la défensive au motif que la Commission nationale d'organisation du Sommet Afrique-France (Consaf) de décembre 2005 y est accusée. Et si c'est un autre qui est visé ? La France n'a-t-elle pas validé le bilan financier de Tiébilé et l'a décoré de la Légion d'honneur ?

Chers messieurs du Parena, malgré tout le respect que nous vous devons, souffrez que nous vous disions que la Cnosaf n'est pas le Parena ! Même si votre président en a été le 1er responsable, des cadres d'autres partis ou apolitiques ont aussi participé à sa gestion, donc comptables de ses faits et méfaits. Ils sont, nous semble-t-il, des sujets de droit qui doivent pouvoir se défendre dans un Etat de droit sans autre immixtion.

D'ailleurs quelle noblesse pour un homme, accusé à tort, de se blanchir devant la justice ! C'est la meilleure façon de clouer le bec à l'adversaire. Notre colère est d'autant plus grande que nous tenons le Parena pour l'un des rares partis dont les responsables ont la tête sur les épaules. En plus d'être humbles, ils participent efficacement aux débats en cours à travers des contributions de qualité.

D'où vient donc l'amalgame ? Et bien, à la décharge du Bélier blanc, il faut reconnaître que nous ne sommes plus tellement dans la normalité puisque des « ministres par hasard » s'en donnent à présent à cœur joie : détournant, dilapidant le denier public en toute impunité. Le montant reproché à la Cnosaf n'est que peccadille à côté de certains scandales étouffés ou en passe de l'être. Quel mérite ont-ils de plus que le chef des Béliers, 1er à rallier le chef de l'Etat au 2e tour de 2002 ? N'est-ce que le Parena a tempéré les ardeurs belliqueuses des opposants de l'Accord d'Alger, en en vantant la pertinence ? Quel autre parti ou affidé du régime a mieux expliqué la Loi d'orientation agricole ?

En contrepartie qu'est-ce que le parti a obtenu si ce n'est le limogeage spectaculaire de son jeune ministre des Sports qui eut la volonté d'assainir le milieu sportif ? Le Parena, avec le rapport de la Casca, peut effectivement avoir le sentiment qu'il est payé en monnaies de singe. Il peut se croire dans la posture de l'épouse répudiée, qui a tendance à chanter sur tous les toits son chagrin d'amour. Humainement, ça se comprend, mais dans un Etat de droit vrai, ça paraît court.

A. M. T.

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PRESIDENTIELLE D'AVRIL 2007

Tiébile Dramé investi candidat

Devant une foule de jeunes, de femmes et de sympathisants, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé a été investi hier, au CICB, candidat à l'élection présidentielle d'avril prochain.

Cérémonie d'investiture à l'américaine, le Parena a réussi un grand coup hier en mobilisant une foule de militants, sympathisants et personnalités politiques d'environ 3000 personnes. Salle ornée de ballons gonflables aux couleurs du Parena (bleu-blanc), chansons traditionnelles tirées du riche répertoire de Banzouma Sissoko et Tara Boré… ont séduit pendant plus de trois heures l'auditoire.

Les résolutions du 2e congrès extraordinaire du Parena, tenu en janvier dernier, avaient recommandé la candidature du parti aux élections générales de 2007. La candidature du président à la présidentielle de 2007 était également sollicitée. Mais ce dernier point a été laissé à l'appréciation du comité directeur qui avait le dernier mot. La déclaration officielle de la candidature de Tiébilé Dramé est apparemment le feu vert du comité directeur du Parena.

« Je suis candidat à l'élection présidentielle parce que mes camarades et moi, nous pensons que la République, la démocratie et la morale publique sont en danger… ! »

Dans un discours aux relents de diatribe, Tiébilé Dramé a invité ses camarades politiques et tous ceux qui sont déçus de l'ère ATT à s'unir pour l'alternance politique. Un appel qui n'a pas échappé aux acteurs politiques présents dans la salle comme Ibrahim Boubacar Kéita du RPM, Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence-2007, Moustaph Soumaré de l'ADJ, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise de la CDS, tous membres du Front pour la démocratie et la République (FDR) en gestation et du Dr. Oumar Mariko de la Sadi, Amadou Sidibé du RDR, entre autres.

Tiébilé Dramé a lancé une pierre dans le jardin d'ATT et tous ceux qui sont en train de l'encourager à briguer de nouveau le suffrage des Maliens .

L'ORTM au banc des accusés

Le président de la Jeunesse Parena, celle des femmes et le secrétaire général du parti se sont félicités de cette candidature « comme il se doit dans tout parti crédible et sérieux » , a déclaré Moussa Balla Diakité, président des jeunes. Ils se sont dit ne pas être surpris par le choix porté sur la personne de Tiébilé. Ils ont décrit ses forces de caractère qui font de lui « l'homme de la situation, le président dont le Mali a besoin : intelligent, droit, intègre, combatif, rigoureux, loyal » .

Le président des jeunes a dénoncé le règne de la corruption, la délinquance financière, la dilapidation des deniers publics le trafic d'influence et ce qu'il appelle « la lutte sélective » pour les combattre. Il s'en est pris à notre confrère l'ORTM.

« Comment ne pas être irrité par le spectacle affligeant qu'offre aujourd'hui l'ORTM aux téléspectateurs ! L'essentiel du contenu du journal parlé est régulièrement consacré au candidat ATT et à ses partisans, à leurs moindres faits et gestes. Mêmes les traditionnelles émissions Top étoiles, Samedi Loisirs et En toutes lettres n'échappent pas à cette « ATTmania ». L'ORTM changerait aujourd'hui son fameux slogan « la passion du service public » en « la passion d'ATT » que personne n'y verrait aucune différence ! » , a-t-il martelé.

Le secrétaire général, Me Amidou Diabaté, a brossé de façon linéaire la situation chaotique que nous vivons sur le front scolaire, due à la mauvaise méthode d'enseignement synonyme de baisse de niveau du primaire au supérieur, les années scolaires tronquées, etc. La crise du secteur de l'emploi, a-t-il fait noter, constitue une autre menace majeure.

S'appuyant sur le « rapport sur la situation économique et sociale du Mali en 2005 et les perspectives pour 2006 », il fait le constat selon lequel, « la promotion de l'emploi des jeunes avec les structures mises en place et les fonds investis n'est relative qu'à des emplois précaires » . C'est un aveu d'échec du gouvernement après quatre ans de gestion, a conclu Me Diabaté.

Abdrahamane Dicko

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INVESTITURE DU CANDIDAT DU PARENA

Tiébilé conseille à ATT de ne pas se représenter

Dans son propre intérêt et pour préserver le Mali tout entier, Tiébilé Dramé, a conseillé dimanche, à l'occasion de son investiture comme candidat du Parena à la présidentielle d'avril prochain, au président de la République, « l'Homme du 26 mars 1991 », à sortir par la grande porte en ne sollicitant pas un second mandat. Ce qui risquerait, selon lui, de détruire définitivement le héros légendaire qui, a-t-il ajouté, a atteint ses limites à la tête de l'Etat. M. Dramé a d'ailleurs révélé un pacte non écrit qui veut que ATT ne reste qu'un mandat à la présidence de la République. Nous vous livrons ci-dessous son discours.

« Mesdames, Messieurs les invités,

Mesdames, Messieurs les représentants des partis politiques et des organisations démocratiques

Mesdames, Messieurs les représentants du corps diplomatique,

Mes chers camarades,

Conformément aux résolutions du 2e congrès extraordinaire, le Parti pour la renaissance nationale a tranché. La maturation aura été longue, à la mesure des enjeux et des défis du Mali d'aujourd'hui, mais aussi de la démocratie interne qui prévaut dans notre parti et qui constitue un de nos plus solides acquis. Notre décision ne souffre d'aucune ambiguïté aujourd'hui. Le Parena est candidat à tous les scrutins de 2007. Y compris l'élection présidentielle en avril prochain ! Y compris l'élection présidentielle en avril prochain ! Y compris l'élection présidentielle en avril prochain !

Camarades, comme en 2002, aujourd'hui comme en 2002, j'ai l'honneur et le privilège de porter les couleurs de notre parti à une échéance aussi capitale, dont l'enjeu, entre autres, est le salut de la République, le salut de la démocratie !

C'est un honneur et un privilège, je le répète, précisément à cause de cet enjeu, mais aussi pour votre confiance et votre considération renouvelées à l'endroit de ma modeste personne. Je mesure et j'accepte le poids de la responsabilité que vous confiez par ce choix.

Mieux, je vous dis ceci : en plus de l'honneur et du privilège, je considère qu'il s'agit d'un devoir historique. Oui un devoir historique en ces temps de fortes interrogations et de fortes interpellations sur le devenir de la nation, de la République et de la démocratie. Un devoir historique d'être de ce combat qui permettra, s'il est gagné, que nos enfants ne tombent pas malades faute d'accès à l'eau potable, que nos femmes ne meurent plus sur la table d'accouchement, que les pères et les mères puissent offrir à leurs enfants un avenir décent, que nos vieux parents ne s'éteignent pas avec la crainte que plus rien n'est possible et que leur descendance va à la perdition.

Un devoir historique pour œuvrer à une société dont la jeunesse ne préfère pas affronter les aléas de la mer et du désert. Une société qui ouvre l'avenir et qui pour cela ne peut pas offrir à ses élèves et à ses étudiants des années scolaires tronquées de trois à quatre mois. Un pays qui ne fait pas de la médiocrité et du larbinisme sa culture. Une société d'opportunités exploitées, de richesses partagées, d'avancées quotidiennes, de démocratie réelle. Un pays donc qui s'impose par son identité et ses systèmes appliqués à tous, sans passe-droit et sans sauf-conduit, mais dans le respect de l'honneur de chacun et chacune, dans le cadre d'un Etat de droit qui ne soit pas de façade.

J'accepte, camarades, de me battre, sans répit, pour une telle société, pour un tel Mali. C'est un Mali pour lequel, nous devons tous et toutes accepter de mourir. C'est pour ce Mali, camarades, que beaucoup d'entre vous et d'entre nos compatriotes ont connu les privations, la prison, les brimades et l'exclusion. C'est pour un tel Mali, que nombre de nos camarades et compagnons sont morts, fauchés dans leur élan patriotique.

Camarades du parti, patriotes maliens, compatriotes de l'intérieur et de l'extérieur,

Il me plaît de dédier cette candidature à la victoire inéluctable de notre parti et des valeurs qu'il incarne. Une victoire dont Dieu décidera du moment, mais une victoire que nous n'aurons jamais dans l'esquive, les faux-fuyants, la peur ou l'intimidation.

Il me plaît aussi de dédier cette candidature à tous nos compagnons auxquels Dieu n'a pas permis d'être avec nous ce jour, à tous les jeunes tombés sous les balles de la répression, ici chez nous, ailleurs et plus particulièrement en ces jours de grande tristesse pour le peuple de Guinée.

Il me plaît de dédier cette candidature à toutes les femmes de notre pays qui dignement cherchent à éduquer leurs enfants au milieu de tant de repères brouillés, qui se lèvent avec les coqs pour aller vendre, dans un effort qui n'a pas de prix, quelques produits pour subvenir aux besoins de la famille.

Il me plaît de dédier cette candidature aux pères démoralisés qui luttent, pied à pied, pour la survie des leurs, dans un contexte où la famille a été pervertie, banalisée, rendue impuissante. Mais, heureusement rendue impuissante, seulement le temps de mieux réagir.

Il me plaît de dédier cette candidature à la jeunesse du Mali, à ces millions de jeunes qui avaient commencé à croire en leur pays et qui se sont remis à douter. A ces millions de jeunes inquiets de leur avenir, de l'avenir de leur pays. Notre conviction a été toujours qu'une société qui n'entend pas l'angoisse de sa jeunesse prépare mal son avenir ! Je dédie cette candidature à ces millions de jeunes qui rêvent d'un autre Mali, un Mali débout et fier qui offre à ses enfants une éducation et une formation dignes des temps modernes, qui offre à ses enfants des chances égales et des perspectives prometteuses d'avenir. Un Mali qui leur offre d'autres choix que l'exil et l'immigration.

Il me plaît de dédier cette candidature à ces millions de jeunes qui montent et qui ne baisseront plus jamais les bras. Ces millions de jeunes qui sont la raison d'être de notre combat qui représentent la force et le capital de cette vieille nation que l'on peut endormir un instant mais que l'on n'endort pas tout le temps. Cette vieille nation qui a su prouver qu'elle sait rebondir, et qui saura choisir entre les marchands d'illusions et de promesses fallacieuses et les porteurs de vrais programmes de développement et de renaissance nationale !

Le Parena est porteur d'un tel programme, et je le défendrai sans arrogance, mais de toutes mes forces, dans nos villes et dans nos campagnes. Le Mali qui a décidé de gagner et de ne plus subir est celui que le Parena propose. Nous ne le répéterons jamais assez !

Il me plaît de dédier cette candidature à mes camarades de l'UNEEM, à la jeunesse scolaire et estudiantine du Mali, à l'intérieur comme à l'extérieur : à l'AEEM, à l'AESMF, à ceux de l'AESMUS, de l'AESMD, de l'UESMY, de l'AESM Algérie, etc. !

Il me plaît de dédier cette candidature aux combattants de la clandestinité, à ceux qui dans l'anonymat ont tracé les chemins de l'avenir, esquissé les chemins de l'espérance !

Chers camarades,

Je voudrais rendre hommage aux pionniers de l'indépendance, aux combattants de la liberté, aux bâtisseurs du Mali moderne, à tous ceux qui ont œuvré depuis près de 50 ans à construire ce pays.

Ce pays, son histoire et son patrimoine est à nous tous. Pour ma part, encore une fois, je me considère humblement comme l'héritier de tous ses combattants, de tous ses bâtisseurs, de tous ses modèles de travail et de vérité.

Je rends grâce à Dieu. Je remercie le Parena et ses militants. Je me confie à Dieu et à mes compatriotes, ceux de l'intérieur et ceux de l'extérieur. Et je confirme solennellement, Dieu m'est témoin que je réponds à ton appel, cher Mali.

Pour ta prospérité, nous serons tous unis

Pour l'Afrique et pour toi, Mali, notre drapeau sera Liberté !

Pour l'Afrique et pour toi, Mali, notre combat sera Unité !

O Mali d'aujourd'hui, O Mali de demain !

Les champs fleurissent d'espérance, les cœurs vibrent de confiance !

Cher Mali, vieux pays de nos pères, Nous savons que l'heure est venue de redoubler d'effort et d'ardeur à la tâche. Nous savons que le peuple de ce pays souffre. Nous communions avec ta souffrance, avec ton angoisse, l'angoisse de ta jeunesse, l'angoisse de tes enfants….

Wele ser'anw ma ! FasoMali ka wele ser'anw ma !

Mesdames, Messieurs, les invités, chers camarades,

Je suis candidat à l'élection présidentielle parce que mes camarades et moi, nous pensons que la République, la démocratie et la morale publique sont en danger !

J'invite tous les Maliens et toutes les Maliennes qui souhaitent que le Mali soit dirigé autrement à me rejoindre pour qu'ensemble nous imposions le changement sans lequel notre pays ne saurait exploiter ses atouts de façon adéquate !

J'invite tous ceux qui sont inquiets de l'improvisation et du pilotage à vue du bateau Mali à nous rejoindre pour installer une gouvernance moderne, démocratique et prévisible !

J'invite que tous ceux qui sont en désaccord avec la mise en berne du drapeau des partis politiques , tous ceux qui refusent que le fait partisan soit dévalué à me rejoindre.

J'invite tous ceux qui sont choqués, voire révoltés de l'interférence de la famille dans les affaires de l'Etat, tous ceux qui sont victimes quotidiennement des quotas attribués au Mouvement citoyen dans les recrutements, tant dans la fonction publique que dans l'armée et les forces de sécurité, ceux qui sont victimes des quotas dans l'attribution de logements sociaux construits avec les deniers publics, tous les opérateurs économiques qui sont écartés des marchés publics parce qu'ils n'ont pas la bonne couleur ou la bonne introduction, tous les jeunes qui se battent courageusement pour monter leurs petites affaires et qui voient les marchés filer entre leurs doigts au profit des recommandés du système, j'invite tous les cadres victimes de chantage et tous ceux qui sont humiliés par les contrôles opérés sur commande par des structures aux ordres, j'invite tous les parents, tous les élèves et étudiants qui en ont assez des années scolaires tronquées, des années scolaires de quatre à cinq mois et qui souhaitent des années complètes de neuf mois d'enseignement scolaire et universitaire à nous rejoindre pour imposer l'alternance et pour mieux préparer l'avenir !

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Ma dernière invitation s'adresse au président Amadou Toumani Touré ! En 57 mois de gestion, aidé par tous, il a fait de son mieux pour le Mali. Mais aujourd'hui, force est de reconnaître qu'il a atteint ses limites. Alors, je lui demande respectueusement, pour la cause du Mali à ne pas briguer un second mandat ! Il était venu pour cinq ans pour réconcilier les Maliens et consolider la démocratie. Je supplie ceux qui incitent le président de la République sortant à solliciter un 2e mandat à ne pas détruire le héros du 26 mars 1991. Parce que nous nous demandons aujourd'hui et nous ne sommes pas seuls, nous sommes d'ailleurs nombreux à nous poser cette question : où est donc passé le héros du 26 mars et l'homme de la Transition démocratique ? Tant nous sommes perdus, tant nous ne le reconnaissons plus !

Je demande à ceux qui incitent le président à solliciter un 2e mandat à le laisser sortir par la grande porte.

Je souhaite que la campagne électorale qui commencera dans quelques semaines soit un moment de convivialité démocratique, un moment pendant lequel l'essentiel sera préservé : la paix et la stabilité du pays !

Et que le Mali sorte victorieux de la confrontation des idées et des projets ».

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ELECTIONS GENERALES DE 2007

Le RPM se mobilise contre la fraude

Dans le but de lutter contre la fraude et tout autre comportement antidémocratique susceptible d'entacher le scrutin, le Rassemblement pour le Mali (RPM) en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès a tenu un séminaire international de réflexion sur le thème « élections transparentes, sincères, organisées et pacifiées ». Objectif : aguerrir les futurs mandataires du parti à être les fantassins anti-fraude électorale.

Les samedi 17 et dimanche 18 février 2007, le Rassemblement pour le Mali (RPM) a organisé un séminaire international qui invite les démocrates africains à la réflexion sur des « élections transparentes, sincères, organisées et pacifiées » en Afrique de l'Ouest. Il n'est un secret pour personne que les conflits qui secouent l'Afrique de l'Ouest résultent, dans la plupart des cas, d'élections mal organisées, manipulées ou simplement truquées.

Sur la base d'expériences vécues dans un certain nombre de pays d'Afrique de l'Ouest (Mauritanie, Sénégal, Bénin, Mali), les militants, les délégués électoraux et responsables du RPM, ainsi que des responsables de la Fondation Jean Jaurès et des représentants de partis politiques mauritaniens et sénégalais, ont examiné et échangé avec minutie tous les contours de ce thème.

Au cours du séminaire, les participants ont échangé sur les structures juridictionnelles d'organisation et de gestion des élections, leur mode de fonctionnement, les actions des partis politiques et de la société civile. Les échanges ont également porté sur les techniques destinées à faire échec aux différentes fraudes, notamment la manipulation des fichiers électoraux, les votes multiples, le bourrage des urnes, la falsification des documents de vote ou encore des résultats et autres actions à caractère frauduleux posées par les agents de l'administration.

Le président du RPM, Ibrahim Boubacar Kéita, qui a présidé les travaux, a indiqué, à l'ouverture, qu'il était dans l'intérêt de la nation malienne d'avoir des résultats électoraux incontestables à l'issue des votes à venir. Aussi, IBK a souligné l'importance de ce séminaire de formation des délégués et autres agents électoraux du parti, mais aussi du respect des règles du jeu démocratique par tous les autres prétendants au pouvoir.

Mises en garde

Or, pour ce qui est du respect des règles démocratiques, le chef du parti du Tisserand déplore et dénonce la campagne à outrance sur l'ORTM. Ce média d'Etat, épinglé par la Commission électorale nationale indépendante en début de semaine écoulée, est accusé de diffuser des reportages et autres émissions à caractère électoraliste au profit du président de la République.

IBK, qui n'entend pas s'en laisser conter, a mis en garde contre ce qui est devenu le leitmotiv ou le refrain de certains adhérents de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) à savoir : « takokelen » , autrement dit l'élection du président ATT dès le 1er tour. « S'ils le faisaient, qu'il plaise à Dieu » , a averti IBK. A travers le discours d'IBK, il semble que ce dernier et ses militants savent presque tout ou du moins ce que l'autre d'en face serait en train de tramer derrière leur dos.

« Je sais que la création du FDR (Front pour la démocratie et la République) a coupé le sommeil à certaines personnes en de hauts lieux. Mais ce regroupement sera mis bientôt sur les fonts baptismaux » . Le président du parti a encore saisi l'occasion pour égrainer les dangers qui guettent, s'ils ne sont pas déjà là s'interroge-il. Ils ont pour noms : velléité régionaliste, gestion patrimonialiste des affaires de l'Etat, règne de l'impunité…

IBK a salué le courage et le franc parler des évêques du Mali dans leur message :  « Et si nous réhabilitions la politique ? » rendu public la semaine dernière.

Nous reviendrons sur les recommandations dans nos prochaines éditions.

Denis Koné

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ATT A PARIS

Ce que l'ORTM ne peut dire ou montrer

Le 17 février, le président a poursuivi sa campagne électorale à Paris. Ce fut une soirée mémorable pour lui, car les militants du RPM, du Parena, de Convergence-2007 et de l'ADJ ont réussi une forte mobilisation. A l'initiative du RPM, des milliers de copies de la déclaration (ci-contre) ont été distribuées dans les foyers, dans la salle et autour de la salle. La Coordination des sans-papiers et autres associations anti-immigration choisie ont crié toute la soirée leur haine de la politique du général.

Dans la salle et autour de la salle, la colère était partout. L'ambassadeur Mohamed Salia Sokona a lu son message sous les cris de la salle ; quant à l'allocution du consul général, elle a été purement et simplement supprimée pour éviter une émeute. Dans sa première intervention (non prévue), le président a répondu directement à notre déclaration et aux cris de haine des associations.

Dans sa 2e intervention, il a égrené les projets réalisés et ceux en cours tout en mettant un accent sur le cercle de Yélimané dont le député Gassama de l'URD défend la cause. Cet élu est aujourd'hui un élément important pour convaincre les Sarakolés qui sont très nombreux. Il a d'ailleurs subi des revers importants dans certains foyers.

En bref, la visite du général a été un véritable chemin de croix pour son équipe. Sorti par une porte dérobée, le général devra son salut aux agents de la sécurité que la foule a violemment bousculés. Il a nié toute complicité avec Sarkozy et critiqué les hommes politiques. Quant aux partis politiques, il ne leur doit rien, a-t-il dit.

Le FDR partis se retrouvera très prochainement à l'initiative du RPM pour constituer une équipe de travail.

( correspondance particulière)

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RPM-CDS-PARENA-ADJ-CONVERGENCE 2007

Campagne pour campagne !

Les Maliens de France sont dégoûtés par la campagne outrancière du président de la République. Aussi tout en dénonçant certaines de ses accointances avec le chantre de l'immigration choisie et face à l'inertie des pouvoirs publics, des partis s'engagent à défendre leurs compatriotes humiliés quotidiennement. Ils exigent l'équité au niveau de l'ORTM et se disent déterminés à servir de rempart contre la fraude électorale.

Le 17 février 2007, les Maliens de France avaient rendez-vous avec un général en campagne pour un second mandat.

C'est l'occasion pour nous de vivre en vrai cette campagne permanente dont le peuple malien est témoin depuis plusieurs mois ; cette situation de non-respect de la loi électorale n'a d'autres supports que l'ORTM, ce service public financé par le contribuable malien. Aujourd'hui, tout est bon pour faire avaler l'amère pilule des cinq ans de pouvoir du général.

Cinq ans de régression démocratique - l'anesthésie des partis politiques

Cinq ans de mise en jachère de la République - les accords d'Alger

Cinq ans de souffrance pour les Maliens de France - expulsions, tracasseries.

A l'occasion des élections de 2007, les Maliens de France demandent le même traitement médiatique pour tous les acteurs.

Au lieu de cela, l'ORTM est devenu la tribune d'un camp au mépris de tout esprit d'équité. Alors que les événements des uns sont littéralement passés sous silence, les plus petits gestes des autres font la une de l'ORTM ; Sidiki Konaté est devenu, aux frais du contribuable malien « l'agent com » du général. L'ORTM ne doit pas se confondre avec le QG de campagne d'un candidat déclaré ou virtuel.

Sur le plan socioéconomique, l'arbre de la propagande permanente cache mal la forêt de misère qui pèse sur notre peuple. Dans un classement récent des pays sur les critères du développement humain, l'ONU plaçait le Mali 175e sur 177 pays. Ce classement apporte un démenti cinglant à l'impression de progrès que l'on tente d'imposer à travers des inaugurations quotidiennes. Plus on inaugure, plus nous sommes pauvres. A ce constat, s'ajoute une corruption systématisée dont les exemples affleurent dans la presse.

Pour les Maliens de France, le constat est poignant. Le Malien a perdu le respect qu'il avait en France. Les expulsions touchant plus les Maliens que les autres nationalités, ils ont l'impression de vivre en avant-première les affres de l'immigration choisie de M. Sarkozy.

Par ailleurs, en France et en Espagne, les Maliens perdent des milliers de journées de travail du fait des insuffisances de notre administration (un seul consulat pour presque le million de Maliens). Alors qu'ils déversent plus de 250 000 000 d'euros par an dans l'économie malienne, les Maliens de France se sentent abandonnés. Dans certaines contrées, ce sont les immigrés qui remplissent les missions régaliennes de l'Etat (école, santé, assainissement, etc.)

C'est pourquoi les Maliens de France méritent plus de considération et d'engagement pour la défense de leur dignité.

Des élections libres et transparentes en 2007, voilà une exigence qui s'impose à tous les démocrates du Mali.

Paris le 17 février 2007

Ont signé :

- CDS (06 13 84 50 80)

- RPM (06 10 65 63 39)

- Parena (06 03 68 85 99)

- ADJ (06 50 38 77 20)

- Convergence-2007 (06 16 24 20 95)

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ATT mélange-t-il les pédales ?

A Montreuil, le président de la République n'a pas manqué de gymnastique pour démontrer aux Maliens de France qu'il est candidat à sa propre succession et qu'il sollicite leurs voix pour la présidentielle d'avril. Au cours de la cérémonie, ATT est allé, à la surprise générale de tous, jusqu'à entonner l'hymne national et à gesticuler à la fin de celui-ci. Il ne restait plus qu'à éteindre la sono au profit de sa seule voix. Un comportement qualifié d'« exagéré » par certains qui n'en revenaient pas. Est-ce le bon agissement de celui qui incarne la première institution de la République ? Si c'était en période de campagne électorale, l'on pouvait comprendre. Mais, le président était à Paris en tant qu'institution et non pas en candidat à la présidentielle. Précision de taille.

Sidiki Konaté DG de l'ORTM aussi…

Comme on a l'habitude de le dire, la pintade regarde toujours son devancier. Tel semble être le cas entre ATT et le directeur de sa télévision publique, pardon de l'ORTM. Il faut reconnaître que depuis un certain temps, cette télévision a effacé de son vocabulaire le mot « impartialité ». Et, elle est l'image de son premier responsable Sidiki Nfa Konaté. Comment comprendre qu'un directeur de télévision national puisse se permettre de jouer le rôle de maître de cérémonie, de se muer en journaliste reporter au cours de cette visite du président de la République en présence de ses subalternes ? Un zèle de M. Konaté ou manque de journaliste reporter compétent à l'ORTM rompu à de telles tâches ? Allez-y comprendre !

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LANCEMENT DE L'ORTM PAR SATELLITE EN FRANCE

ATT assène ses "vérités" aux Maliens de France

En marge du 24e Sommet Afrique-France, le président ATT a fait un détour à Montreuil le samedi 17 février pour procéder à la cérémonie officielle de lancement de la radio et de la télévis i on publique s ORTM en mode de réception directe par satellite. Il a profité pour asséner quelques "vérités" aux Maliens de France.

La salle des fêtes de la ville de Montreuil n'a pu contenir tout le public venu à la rencontre du président Amadou Toumani Touré. Dehors, beaucoup ont décidé d'attendre le chef de l'Etat pour se faire entendre, lui faire part de leurs préoccupations. ATT s'est arrêté pour écouter et une fois dans la salle a répondu.

"A qui, nous dit sa vérité, nous lui disons aussi notre vérité" , a déclaré le président ATT. "Aucun Malien ne m'a demandé la permission de venir en France, je n'ai payé le billet de personne, alors je ne demanderai à personne de rentrer au Mali" . Le ton était vif, tranchant, clair et net. Des murmures dans la salle se sont levés pour dire : "C'est la réponse à Sarkozy" .

Porté par son élan, ATT a ajouté : "Ceux qui sont là ne sont pas pauvres. Ce sont les fils de l'Empire du Wagadu, là où la richesse c'est d'abord la dignité, le partage avec les autres. Nous ne sommes pas venus en France pour faire la manche, pour mendier, nous sommes venus pour travailler" . Les autorités maliennes, ont refusé la signature d'un engagement de réadmission des Maliens sans papier.

Le bruit de la salle submergeant la sono, ATT chantait à haute voix l'hymne national sur un accompagnement instrumental. A ce moment précis, on pouvait l'entendre entonner le refrain final "Les champs fleurissent d'espérance, nos cœurs vibrent de confiance" . "Il n'y a pas meilleure réponse" , dira-t-il au maire de Montreuil M. Brard qui s'était lancé lui aussi dans une critique de la politique de l'immigration choisie prônée par le candidat Sarkozy.

Toute cette bonne ambiance était retransmise en direct par l'ORTM dont le directeur général Sidiki Konaté a retrouvé ses années de reporter en tant que animateur-maître de cérémonie de l'événement. Pour montrer aux Maliens de France le respect et la considération qu'il a pour eux, ATT leur offrira une dizaine de matériels de réception de l'ORTM sur le satellite Eutelsat qui couvre toute l'Europe. Une nouvelle ère s'ouvre.

Mais certains jeunes Maliens étaient décidés à montrer leur mécontentement contre les autorités consulaires qu'ils huaient à chaque fois qu'allusion leur était faite. L'annonce d'un nouveau passeport sécurisé, du Centre d'information et de gestion des migrations comme réponse aux difficultés et déboires des ressortissants maliens n'en fit rien.

Il a fallu attendre la causerie entre le président et le public pour que les ardeurs se calment. La politique, certains diront la démagogie, a pris ses droits. La campagne n'est pas encore annoncée, mais c'était comme si ATT venait dire aux Maliens de France "Votez pour moi" .

Oussouf Diagola

( correspondant en France)

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RAPPORT DE LA CASCA

Indiscipline budgétaire aux ADM, à l'Autorité routière et à la CRM

Mauvaise tenue des documents comptables, non-respect de la grille des salaires et de la séparation des exercices comptables, mauvaise imputation des primes de rendement, des retards de paiement au niveau des subventions des exercices de 2004 et 2005, des restes à recouvrer : ce sont des cas « d'indiscipline budgétaire » que la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) reproche à ces services dans son dernier rapport.

Dans son 10e bulletin, paru il y a deux semaines, la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) consacre cinq pages à la direction des Aéroports du Mali (ADM), à l'Autorité routière et à la Caisse des retraites du Mali (CRM) qu'elle accuse d'indiscipline budgétaire. Les vérifications effectuées dans ces trois services ont, en effet, révélé les cas d'insuffisance et des faiblesses notoires dans leurs travaux quotidiens.

A la direction des ADM, trois faits majeurs attirent l'attention de tout averti car ils font appel à la magouille et à la corruption. Il s'agit de la non-nomination d'un contrôleur financier et ce, en violation des dispositions de l'article 141 du décret n°97-192 du 9 juin 97, la non-nomination d'un auditeur interne prévu dans l'organigramme, l'émission et la signature par le seul directeur commercial des factures clients.

Et pour corroborer tout cela, le rapport dénote la mauvaise tenue des documents comptables et le mauvais archivage des carnets de recettes. Il est reproché à la PDG des ADM le non-enregistrement aux services des impôts de certains contrats de prestation et de marchés passés par elle, l'inexistence de consultation pour les achats, l'absence de contrat de travail pour les agents engagés sur une période déterminée, etc.

Les faits reprochés à l'Autorité routière ont pour noms : non-tenue de la comptabilité générale et de la comptabilité-matières en violation des dispositions en la matière, achat pour plus de 15 millions de F CFA de pièces détachées pour des véhicules dont les immatriculations ne sont pas mentionnées sur les bons de commande, non-suivi des relevés de consommations d'eau et d'électricité, non-respect de la grille des salaires des chauffeurs approuvée par le conseil d'administration, utilisation par la direction nationale des transports des fonds de la sécurité routière pour le financement de la semaine de la sécurité routière en 2003,2004 et 2005…

Quant à la Caisse des retraites du Mali, elle serait spécialisée dans la violation des textes portant principes fondamentaux de création, organisation et fonctionnement des établissements publics à caractère administratif, des procédures de règlement des droits à pension de retraite de l'Etat.

En outre, la Casca révèle l'existence d'un écart de plus de 4 millions de F CFA entre le solde du compte bancaire ouvert à la BMS et le solde du registre de banque. Cette différence représente des recettes non enregistrées dans le registre de la banque, l'existence de restes à recouvrer de plus de 182 millions de F CFA, des retards de paiements de subventions des exercices 2004 et 2005, la non-transmission des inventaires et des états récapitulatifs trimestriels à la section des comptes de la Cour suprême, la mauvaise tenue de la comptabilité-matières, etc.

Ces dossiers sont entre les mains des autorités judiciaires compétentes depuis trois semaines. Mais, à l'orée de la présidentielle de 2007 quel juge est assez courageux pour ouvrir cette boîte de Pandore et aliéner bien des sympathies à celui qui, apparemment, veut se succéder à lui-même ? Allez savoir !

Sidiki Y. Dembélé

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PROTECTION DES BIENS CULTURELS

Musée national, prix Prince Claus 2006

Le directeur du Musée national du Mali, Samuel Sidibé a reçu le samedi 17 février le prix Prince Claus des mains de Son Altesse royale prince Constantijn des Pays-Bas. D'une valeur de 25 000 euros (16 000 000 de F CFA), le prix rend hommage au travail du Musée national du Mali et souligne l'importance de la prévention en matière de pillage et de trafic des biens culturels.

Après Cheick Oumar Sissoko, actuel ministre de la Culture, distingué en 1999, et Aminata Dramane Traoré en 2004, notre pays, à travers le Musée national, vient d'être honoré par la Fondation Prince Claus pour ses efforts dans le domaine du patrimoine culturel et de l'éducation. SAR le prince Constantijn des Pays-Bas, président d'honneur de la Fondation, a remis au directeur du Musée national le prix Prince Claus 2006. D'une valeur de 25 000 euros (16 millions de F CFA) le prix est une reconnaissance du Musée national dans la prévention en matière de pillage et de trafic des biens culturels.

« Ce prix rend hommage au travail du Musée national du Mali, attire l'attention sur le rôle des musées dans le domaine de la culture et du développement et souligne l'importance de la prévention en matière de pillage et de trafic des biens culturels » , a dit le Prince. Des membres de la famille Royale : Lilion Goncalves, président de la Fondation, le prince Friso, président d'honneur de la Fondation, les princesses Laurentien et Mabel, aux côtés du ministre de la Culture, de celui des Investissements, de l'ambassadeur des Pays-Bas au Mali, ont tenu à être témoins de l'événement.

La qualité du travail des lauréats est une condition sine qua non pour recevoir un prix Prince Claus. Cette qualité, le Musée national l'a accomplie. Pour le donateur le prince Friso, depuis sa réouverture en 1981 et sa rénovation en 2002-2003, le Musée est devenu une institution culturelle de premier plan et très dynamique. Il n'a jamais cessé d'empêcher le pillage et le trafic illicite des objets culturels à la fois au Mali et dans le reste du monde.

Collectionneur de plus de 7000 objets, le prince Constantijn a rendu un hommage mérité au directeur Samuel Sidibé pour les sacrifices consentis. Très ému, celui-ci, au nom de tout le personnel n'a pas caché sa satisfaction. A ses dires la reconnaissance faite au musée n'est pas que celle des travailleurs mais des différents ministres qui se sont succédé depuis 20 ans. « Ce prix est le point de départ d'une nouvelle dynamique de l'ascension du Musée national » , a-t-il affirmé.

Neuf autres lauréats de différents pays recevront leur prix d'une valeur de 25 000 euros. Le grand prix Prince Claus 2006 de 100 000 euros est allé à l'Iranien Reza Abedini, professeur de culture visuelle à l'Université de Téhéran.

Depuis sa fondation en 1996, les prix Claus sont décernés à des artistes et intellectuels pour des réalisations exceptionnelles dans le domaine de la culture et du développement. Ces prix sont attribués à des personnes, des groupes et des organisations partout dans le monde, mais plus particulièrement en Afrique, Asie, Amérique latine et dans les Caraïbes.

Son objectif est de soutenir les expériences, de reconnaître l'audace et la ténacité, de légitimer le travail accompli, d'en accroître les percussions et de permettre aux lauréats d'être une source d'inspiration pour d'autres.

Amadou Sidibé

 

Encadré

Patrimoine national à dimension mondiale

Créé sur initiative de l'ancien président Alpha Oumar Konaré, soutenu par une législation d'Etat et activement mis en place par le directeur Samuel Sidibé, le Musée possède une magnifique collection de 7000 objets. Il abrite une vaste collection consacrée au patrimoine musical malien et comprenant 150 instruments et accessoires, 274 cassettes audio et 121 heures d'enregistrements vidéo. Le Musée possède aussi d'importantes collections de céramiques et de tissus. Il favorise les échanges entre professionnels pour la restauration des étoffes anciennes et des sites architecturaux…

A. S.

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NOUVELLE PAGE D'HISTOIRE

Retour aux sources des Diarra africains à Ségou

Ils sont au total plus de 200 Diarra du Bénin, du Togo, du Nigeria, du Tchad et du Ghana qui ont décidé de rejoindre leurs frères à Ségou, du 23 au 28 février 2007, pour découvrir leur origine, d'où sont partis leurs ancêtres d'il y à 300 à 400 ans.

C'est peut-être une nouvelle page de l'histoire du Royaume bambara de Ségou qui va s'écrire la semaine prochaine avec l'arrivée dans cette cité historique des Diarra de la sous-région. Convaincus qu'ils ont en commun les mêmes ancêtres, les mêmes origines, les Diarra du Bénin, du Togo, du Ghana, du Nigeria, du Tchad et du Mali vont se réunir, la semaine prochaine, à Ségou pour se découvrir, découvrir leur ville commune et parler histoire, géographie, culture et économie.

Une visite unique qui restera, certainement à jamais, graver dans les annales de la Cité des Balanzans. En effet, le comité d'organisation, présidé par Moussa Diarra, ancien député élu à Ségou, est en train de tout mettre en œuvre pour assurer un succès éclatant à cette première malienne.

Face à la presse, vendredi, il a fait le point des préparatifs de l'événement qui nécessitera une enveloppe financière de plus de 30 millions de F CFA. Un budget pris en charge par les Diarra du Mali et de l'extérieur, des opérateurs économiques, les autorités, etc.

Au programme de ces quatre jours, des conférences-débats sur des thèmes riches et variés comme le mouvement migratoire des Diarra à partir de Ngolo Diarra, premier fondateur du royaume de Ségou, l'histoire contemporaine : des origines à nos jours. Des conférences qui seront animées par le Pr. Bakary Kamian, Dr. Mamadou Fanta Simaga, Youssouf Tata Cissé, Richard Toé, Samba Traoré…

Il y aura également des expositions d'objets anciens (poterie, métallurgie, idéogramme), des nuits de tariq, la visite des sites historiques notamment la tombe de Biton à Sekoro, la mosquée et le puits sacré de Dougouba, le site résidence de Monzon à M'Béba, la tombe de Dah Monzon à Babougou, le barrage de Markala, un grand défilé des délégations au Stade municipal de Ségou sous la présidence du ministre des Maliens de l'extérieur, des manifestations folkloriques, des soirées de conte, proverbes et théâtres.

Ils visiteront également le marché de Ségou « Ndènè », les masques et marionnettes de Markala. Le voyage sera bouclé par une escale à Nyola, village natal de Ngolo Diarra et la visite de courtoisie aux hautes autorités maliennes à Bamako.

Le président du comité d'organisation de la visite des Diarra de la diaspora au Mali a invité toute la population malienne et plus particulièrement la famille Diarra à s'impliquer activement pour la réussite de cet événement régional.

Rappelons que cette visite est placée sous la haute présidence des Dembélé et des Traoré.

Sidiki Y. Dembélé

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