Courant 2002, des citoyens ont bénéficié de parcelles à usage d'habitation dans la zone de recasement à Samé sur la route de Lassa après une mise à disposition d'un espace par le ministère des Domaines de l'Etat, des Affaires foncières et de l'Habitat. Ils se sont acquittés des frais d'édilités. En retour, la mairie de la Commune III leur a délivré un permis de concession urbaine signé d'Abdel Kader Sidibé.
Le précieux sésame en main, une longue traversée de désert commence pour les propriétaires de parcelles. Ils ont dû faire face dans un premier temps à la fin de mandat des maires en 2003 et à une longue période d'arrêt de distribution de parcelles, qui n'a été levée qu'en 2006. Une mesure salutaire prise à l'époque par le gouvernement de Mandé Sidibé en vue de mettre un frein au banditisme foncier des maires à l'approche des élections générales de 2002.
Les mesures de suspensions levées depuis dix mois environ, les bénéficiaires des parcelles de Samé ne sont pas jusque-là au bout de leur peine. Tous les moyens ont été utilisés par la mairie pour abuser de leur patience. Au moment où ils s'apprêtaient à entrer en possession de leurs terres, ils se rendent compte que leurs lots ont été détournés à d'autres fins par la mairie de la Commune III.
Pour réparer la faute à son corps défendant et essayer de se servir à satiété, la mairie n'a trouvé mieux que de se trouver les hauteurs d'une montagne. Un endroit inaccessible, sans aménagement et litigieux. Les populations autochtones qui y cultivent depuis 40 ans jurent d'abattre quiconque s'aventurerait à planter sa borne. Ils ont rasé les bornes des géomètres dont certains ont échappé de peu aux balles de fusil d'un vieillard.
La spoliation dont ils font l'objet ne souffre d'aucun doute. Selon une enquête menée à l'Institut géographique du Mali (IGM), le plan du lotissement est bel et bien situé sur la route de Lassa et nulle part ailleurs. La mairie s'est pourtant arrogée le droit de procéder à un autre lotissement en catimini pour basculer des îlots sur ces nouveaux sites.
Pour manifester leur ras-le-bol contre les frasques du maire Abdel Kader Sidibé, un collectif des victimes du lotissement de Samé est en gestation. Il compte entreprendre des actions vigoureuses pour entrer dans leur droit. Leur motivation est d'avoir leur « Samé volé » et rien d'autre. Les autorités sont averties.
GOUVERNANCE
Le règne de la camarilla au Mali
Au pays du consensus politique, il se passe qu'il s'est constitué une camarilla, ensemble de personnes qui exercent une influence souvent occulte ou néfaste sur le chef d'Etat. Au Mali, la camarilla se comporte en territoire conquis.
Des brimades à n'en plus finir, des insolences de toutes sortes, l'émergence de médiocres aux postes stratégiques, si bien que le mérite cède devant la médiocrité, érigée aujourd'hui en système de gestion. La corruption sous ce système fleurit et l'on est membre de la camarilla parce qu'on se ressemble. Comme le chante si bien Salif Kéita, « si tu me dénonces, je te dénonce » . La loi du silence au Mali est devenue un boulet pour le développement.
Les lecteurs avertis de la vie politique pouvaient prédire ce matin du 26 mars, que le Mali écrirait une nouvelle page sombre dans son histoire, quand, sorti de nulle part, un groupe hétéroclite d'officiers monta les marches de la Bourse du Travail pour rencontrer les leaders du Mouvement démocratique. Cet aréopage bizarroïde de porteurs d'épaulettes, au patriotisme douteux, était dirigé par un homme déclarant à qui voulait l'entendre : « L'armée n'a fait qu'apporter sa petite pierre à la révolution » .
De ce jour funeste, pour les patriotes sincères, dont plusieurs portent encore les stigmates de l'intervention de la soldatesque, à l'émergence en 2001, des velléités du général prenant une retraite anticipée, le peuple malien se trouve depuis, devant la plus grosse supercherie de tous les temps.
Si nous étions dans l'analyse des relations de particulier à particulier, j'aurais parlé ou d'escroquerie ou d'abus de confiance. Entre les promesses non tenues, les mystifications et la trahison du contrat moral que le candidat puis le président ont passé avec le citoyen « Bakaribana » , il y a bien inexécution de son obligation de la part du premier.
Cette supercherie a fait et ne cesse de faire du mal au citoyen. Entre son départ du pouvoir après une transition dont on doit se souvenir avec l'affaire du Trésor, et son retour en 2002, dans les circonstances que l'on connaît, l'homme a pris du galon dans l'infantilisation et le mépris vis-à-vis du Malien.
Il joue au naïf, avec une superbe digne d'un acteur du Kotèba, prend tout le monde au jeu du cousinage, même ceux avec lesquels il n'a pas cette affinité. Il devient vrai Touré avec les Maïga, Bobo avec les Bobos, Dogon avec les Dogons, Wassoulouké à Yanfolila, et vient de partout et de nulle part... Finalement à ce jeu, le pouvoir devient folklorique, si terre à terre que les discours, même les plus officiels, sont d'une affligeante banalité.
Il faut à ce titre se rappeler ce discours devant les Maliens de la diaspora : « Cent jours à peine après mon élection, j'ai été reçu par Jacques Chirac, alors que d'autres attendent des dizaines d'années. A croire que j'ai de bons marabouts ! » C'est là une véritable injure au peuple malien, car apprenez-le, général, c'est le peuple malien qui vous a élu et non Chirac, et votre servilité à ce président des Français ne vous engage que vous seul.
Bref, le Mali est tombé bien bas, depuis que cet homme est devenu président de la République, par la vertu des considérants de la Cour constitutionnelle.
De bout en bout, la violation de la loi permet au général de parvenir à ses fins. Quoi de plus normal, dès lors, qu'il fasse de la loi une serpillière. Quand tu as épousé une femme qui a la bouche prête à siffler, alors ne t'étonne pas de la voir emboucher une trompette, dit un adage bambara. C'est bien le cas du Mali.
Entré par effraction dans l'Histoire du pays, revenu par une série de violations de la loi, que restera-t-il à cet homme ?
En 2002, la loi électorale fait obligation de démissionner de l'armée. Le général prend sa retraite par anticipation, restant du coup pour cinq ans, à la disposition du ministre de la Défense, donc militaire. Cette première violation de la loi, la Cour constitutionnelle l'ignore superbement. D'où au second tour, la réaction normale de Soumaïla Cissé, évoquant un deal entre ATT et Alpha. Peuple du Mali, allez-y comprendre quelque chose à ce revirement de l'URD, le parti de ce même Soumaïla, tremblotant et grelottant pour supplier son adversaire d'hier de se présenter.
En fait de démocratie, le Mali est dans la plus grande imposture de tous les temps, où la posture idéale pour survivre est de se coucher devant l'homme fort de Koulouba. Ce n'est donc pas pour rien que d'un seul coup, sans que nul ne le leur ait demandé, 14 partis politiques, toute honte et toute dignité bues, se lèvent pour soutenir quelqu'un qui ne s'est pas encore déclaré candidat. C'est hallucinant, dirait mon ami.
Dioncounda Traoré en a donné les raisons. C'est ou soutenir ATT ou être persécuté. Est-ce cela la démocratie ? Malheur alors à ceux qui veulent soutenir que ce pays est un modèle de démocratie ! Si c'est cela le consensus, alors quel gâchis d'avoir en 1991 renversé Moussa Traoré, au prix de tant de sacrifices, aujourd'hui vains !
Quel parjure alors de cette nation, qui dès le préambule de la Constitution, s'est "engagé(e) à rester fidèle aux idéaux des victimes de la répression et des martyrs tombés sur le champ d'honneur pour l'avènement d'un Etat de droit et de démocratie pluraliste... »
Aujourd'hui, tant de dérives émaillent la vie publique, qui sont symptomatiques de l'incapacité du prince du jour à fournir au peuple malien, une vision de développement a fortiori conduire à ce développement. C'est ce qui explique le rang de bon avant-dernier que le Pnud a constaté. Quand dans le même groupe ou clan se retrouvent incompétence, imposture et incapacité à gérer et à gouverner, alors l'avenir est sombre.
Pour éviter les critiques, tout est muselé
La presse est ou aux ordres ou étouffée. Les quelques titres sérieux du pays savent de quoi je parle. La télévision nationale est devenue un vulgaire appendice de Koulouba, un folklorique instrument de propagande et non d'information.
Le pays est retourné aux heures les plus sombres du parti unique. Le couple présidentiel, la nébuleuse du Mouvement citoyen et les flatteurs de tout poil, usurpent le petit écran, violant - sans honte - l'intimité de très nombreux compatriotes qui, faute de moyens, n'ont pu s'abonner auprès des sociétés de rediffusion d'images.
De ce fait, toute cette camarilla : ministres, relais de la nébuleuse du Mouvement citoyen, est si envahissante, que plusieurs préfèrent se priver de la télévision. Si le directeur de l'ORTM se plaisait à faire un sondage d'opinion, il se rendrait compte que deux catégories de personnes regardent sa station ou plutôt sa "télé bidon" :
- celles qui y sont obligées, car ne pouvant faire autrement.
- les affidés du Mouvement citoyen. L'ORTM est devenue une station d'une routine si dégoûtante que son audience est nulle parmi l'intelligentsia. Ayant compris que pour régner longtemps, il faut maintenir son peuple dans l'obscurantisme, tout est fait sciemment pour créer un nouveau type de Malien, le diplômé analphabète.
Quelqu'un a dit un jour : "Les Maliens ayant choisi un président intellectuellement desséché, ne doivent guère s'étonner qu'il fasse peu cas de l'école" . L'avenir de ce pays est hypothéqué. Objectivement, en regardant le pays, il y a des constats qu'il faut faire :
- Un monstre appelé démocratie, où les partis sont muselés au profit d'associations plus portées sur l'affairisme que sur le vrai jeu politique. Sinon, comment comprendre qu'une association apolitique fasse de la politique, au point de supplanter les partis politiques ?
- Une administration infestée par le virus de la partialité et de la soumission. Il faut soit être pour ou membre de cette nébuleuse du Mouvement citoyen pour garder son poste, soit être contre et se voir éjecté ;
- Une justice corrompue et complètement asservie au pouvoir exécutif. Ceci explique la note de la Banque mondiale sur le peu de fiabilité de la justice malienne. Comment une institution, constitutionnellement indépendante, se retrouve agenouillée devant l'argent et le pouvoir politique ?
- Une corruption érigée en système de gestion des affaires publiques. En un mot, tout va de travers et malheur pour qui voit en ce Mali un modèle de bonne gouvernance et de démocratie.
Entre la Guinée de Lansana Conté et le Mali d'ATT, la différence s'amenuise de jour en jour. En effet, nul ne peut vouloir construire une démocratie en maintenant ses concitoyens dans la misère, quelle soit morale ou matérielle comme au Mali d'ATT.
Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l'Académie française, a écrit ces mots qui qualifient bien le cas du Mali : « Les gouvernements médiocres ne tolèrent qu'un entourage de flatteurs qui leur cachent leur échec et médiocrité » .
A voir ce défilé affligeant de femmes et d'hommes à longueur de journée, exigeant la candidature d'ATT pour un second mandat, la tromperie atteint son comble. De quel droit la télévision nationale est prise en otage ? Le gardien de la Constitution se tait devant tant de dérives, complaisamment, pour ses intérêts. Combien Druon a raison.
Nous évoquerons dans un prochain article, le cas de ces mercenaires de la plume, intellectuels en mal de reconnaissance, qui croient se mettre en valeur en s'essayant sur des patriotes sincères, les traitant de tous les noms d'oiseaux.
En analysant tout cela, c'est l'écho de Lamartine écrivant : « Qui peut chanter pendant que Rome brûle, s'il n'a l'âme et la lyre de Néron » . Dans une de ses adresses, le général-président déclarait fièrement que le Mali a des amis. Et pour illustrer cela, il évoquait les milliards de F CFA du Millénium et de l'Union européenne.
Décidément, il est regrettable de constater la fin du Malien fier et riche de sa dignité. Ecoutez, M. le président ces mots du vieux Peul Amadou Hampâté Bâ : « La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Elle peut frapper à tout moment » .
Comment pouvez-vous fièrement déclarer recevoir tant d'argent, alors que deux jours avant, au cours d'une sorte de grande messe, une catharsis, le gouvernement au grand complet se plaignait du rang de bon avant-dernier dans l'Indice de développement humain ?
Cet argent-là, c'est du poison, et de quel droit en faites-vous un sujet de gloire ? Ma génération est celle qui répétait avec fierté ces mots du Grand Sily, Ahmed Sékou Touré et devant le général de Gaulle : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté, à l'esclavage dans l'opulence » .
ATT, appréhendez bien ces mots de la Déclaration d'Arusha : « Le développement se réalisera à coup de travail et non d'argent » . Les Danois disent qu'il « est rare que soit rassasié celui qui est nourri par des mains étrangères » . C'est bien le « fa dén tô » . Comment peut-on en être fier ? Personne ne vous comprend. Or, sur ce chapitre du travail, l'homme a complètement échoué. Il n'en parle même plus.
Tous ces enfants qui criaient en 1991 « ATT, nous mourons pour toi » , sont ceux-là les laissés pour compte. Ils battront les pavés de nos villes et campagnes pour encore longtemps, car l'homme n'a aucun projet de développement en tête. Ce sont ces jeunes, qui en désespoir de cause, préfèrent la mort sur les dunes ou dans l'océan, en voulant rejoindre les mirages de l'Europe.
Comprenne qui pourra, quand les superficies disponibles sont inférieures à 3 hectares, on dote de tracteurs les paysans. Les autres mesures pour une agriculture intensive ne sont pas prises. Ainsi, la question des intrants est un casse-tête « bambara » . Pour les produits, il n'existe aucun circuit sérieux comme débouchés. C'est aussi le lieu d'inviter le prince du jour à plus de retenue dans les mots, car comme le disait Me Demba Diallo (paix à son âme), cette incontinence verbale qui le caractérise, est à l'antipode du devoir de réserve et de sagesse qui devrait caractériser ceux de son rang.
Le Mali d'ATT est dans l'ère du règne du Contra legem , c'est-à-dire de l'usage, de la pratique qui s'établit contrairement à la loi écrite. Or, dans ce domaine, pour paraphraser Mark Twain, le propre de tels usage et pratique est de rendre normales des choses qui ne le sont pas. En se déliant donc du respect de la légalité, le pays peu à peu se transforme en jungle.
Comment comprendre et accepter que des militaires, souvent de grades très élevés, au mépris de leur statut, se fassent les VRP des actions du président ATT, ces officiers dont les rondeurs, l'incapacité et l'incompétence justifient amplement leur adhésion servile à « l'ATTcratie » ?
Et je cite in extenso l'article 9 de la loi n°02-055 du 16 décembre 2002 portant statut général des militaires : « Il est interdit aux militaires en activité d'adhérer à des groupements ou associations à caractère politique et de présenter leurs candidatures aux élections communales, législatives et présidentielles.
Ils demeurent électeurs, toutefois pour militer dans le parti de leur choix ou pour présenter une candidature à l'une des élections ci-dessus évoquées, les militaires sont tenus de rendre au préalable leur démission, au moins 6 mois avant la date limite de dépôt des candidatures » .
Comment ne pas dès lors se rappeler que la pintade regarde la nuque de sa devancière. Et comme elle, déçus par l'imposture érigée en système de gouvernement, nous n'aurons de cesse de crier Tiécoura ! Tiécoura ! Tiécoura ! Le leader à jamais perdu.
Ce sera donc un acte de salut public d'arrêter les dérives actuelles. Cela n'est pas au-delà des forces des patriotes et des démocrates.
Docteur Panghalê
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MECHAGE
Sorcier et apprentis sorciers
Dans la sagesse africaine, il est recommandé à ceux qui attrapent un sorcier de ne le lâcher qu'après qu'il eût vomi. Sans être un sorcier attrapé, un des responsables du Mouvement citoyen qui joue depuis quelque temps aux apprentis sorciers, ancien leader de l'AEEM, a vomi à l'occasion du colloque international organisé par le Club perspectives et développement pour se pencher sur le consensus malien.
En fait de vomissures, notre bonhomme est passé à des aveux complets sans que personne ne lui demande quoi que ce soit. Revenant sur les douloureux événements d'avril 1993 quand Bamako a été mis à sac, l'Assemblée nationale incendiée, il a confirmé ce qui se susurrait déjà ; à savoir : qu'ils avaient la volonté de renverser le régime, qu'ils étaient parvenus à faire un coup d'Etat, mais que c'est le général ATT qui les a empêchés de prendre le pouvoir.
Hormis le caractère grotesque de ces propos, est-il besoin d'insister sur la gêne et l'embarras dans lesquels ce « criminel » en liberté met son mentor ? A mon avis, non parce que le moment viendra où tous ceux qui ont trempé de près ou de loin dans les vaines tentatives de déstabilisation du pays, tous ceux qui avaient promis et jurer que le président Alpha et l'Adéma ne feraient pas 6 mois au pouvoir, seront publiquement cités ; chacun à la mesure de son rôle et de ses prétentions.
Par contre, il serait bon de parler de l'arrogance de ceux qui, pensant aider ATT, rivalisent de zèle et de provocations inutiles. Les uns après les autres, ils essayent de faire comprendre aux Maliens qu'avant leur arrivée au pouvoir, dans la musette du général, le pays était en jachère quand il n'existait pas tout simplement. Le consensus, c'est ATT ; les routes, c'est ATT ; les centres de santé, c'est ATT ; les logements sociaux, c'est ATT, etc.
Dans leur emportement, ils ne se rendent pas compte du mauvais service qu'ils rendent à ATT qui n'en demande pas tant. Mais surtout, ils ne se rendent pas compte qu'ils pompent l'air aux Maliens. Or, je pense que s'ils ne savent pas, ils devraient interroger les faits à défaut de leur demander d'être plus humbles, l'humilité étant de toute évidence au-dessus de leurs forces.
Le consensus tel que nous le vivons s'est imposé à tout le monde et il est tout sauf une doctrine d'ATT. Ceux qui font le plus de bruit sont hélas les moins représentatifs. Et je suis presque sûr que s'ils avaient obtenu la faveur des suffrages des Maliens en 2002, ils auraient demandé et obtenu peut-être de gérer seul. Par la même occasion, ils auraient essayé de marcher sur le nez des hommes politiques qu'ils exècrent parce qu'ils les envient.
Il est aisé, quand on a eu le beurre, l'argent du beurre sans effort et qu'on lorgne la fermière de se comporter comme ils le font, avec l'indécence et le sans-gêne qui vont avec. C'est d'eux que le Mali doit être préservé et c'est d'eux qu'ATT doit se méfier. « Un peuple va vers sa ruine quand les honnêtes gens n'ont plus qu'un courage inférieur à celui des individus malhonnêtes », disait Abraham Lincoln. On ferait mieux de nous garder de « criminels » non repentis qui jouent aux apprentis sorciers.
Mais notre indélicat du jour n'est pas le seul à vomir. Sans être des sorciers, ceux qui ont initié l'ADP sont en train de vomir tout ce qu'ils ont dans le ventre. Certains parmi eux se rendent compte qu'ils courent doublement à leur perte. Primo, celui pour qui ils se sont dissous ne leur manifeste pas les égards et la considération qu'ils auraient souhaités de sa part. Secundo, ils se rendent compte qu'ils sont pris comme dans un piège avec la nette impression qu'ils sont dans une sorte de marché de dupes. Ils risquent de tout perdre.
La mise en place des coordinations régionales a administré la preuve qu'hormis ATT qui semble être leur dénominateur commun, les anciennes rancunes et les vieilles animosités ont la vie dure. Chacun veut préserver ses intérêts avec l'intention, pour certains, d'avoir la peau de l'Adéma par exemple. En attendant que les Abeilles ne sortent de leur torpeur et reconnaissent qu'elles se trompent de ruche, il se pourrait que ce soit trop tard. Surtout que par ailleurs, le récent rapport de la Casca corrobore les déclarations de Dioncounda à propos du soutien de l'Adéma. Le président de l'Adéma avait avoué que c'était soit le soutien soit avoir aux trousses la Justice, l'Administration et la Sécurité d'Etat.
Quand on voit ceux et celles que les juges attendent, on comprend leur agitation jusqu'à la frénésie en faveur d'ATT. Je peux juste citer le cas du ministre Seydou Traoré et de la maire de la Commune I. Or il se trouve comme par hasard qu'ils sont les plus acharnés. Ils pourraient toujours continuer leurs gesticulations, mais qu'ils se disent que le juge n'est pas loin. Comme quoi, jouer au sorcier ou aux apprentis sorciers comporte souvent des risques qui ne sont couverts par aucune assurance.
El hadj TBM
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DOSSIER LEVIRAT
PRATIQUE DU LEVIRAT
Entre mesures sanitaires et protection sociale
Le lévirat est un type particulier de mariage où une veuve épouse le frère du défunt, afin de poursuivre la lignée de ce dernier. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari.
Le lévirat, souvent forcé et combiné avec la polygamie , est de plus en dénoncée comme étant une pratique rétrograde, limitant les droits des femmes et maintenant l'idée « qu'une veuve fait partie de l'héritage » .
Certaines campagnes de prévention du Sida stigmatisent la pratique du lévirat en indiquant que celle-ci favorise la propagation de la maladie. D'autres font remarquer que la pratique est la seule mesure de protection sociale dont bénéficient les veuves et qu'il n'est pas forcément bienvenu de lutter contre elle sans en remplacer l'aspect social.
Durant l' Antiquité , le lévirat était pratiqué notamment par les Egyptiens et les Phéniciens . On en trouve trace dans la Bible , en particulier dans l' histoire de Er et d'Onan .
« Je prendrais soin de toi comme mon frère l'aurait voulu ». Une cause noble, mais qui avec le temps semble s'être pervertie. En effet, de plus en plus d'hommes n'accepteraient la charge d'une nouvelle famille que pour percevoir l'héritage.
« Cette tradition est répandue dans tous les pays où il n'y a pas de système de sécurité sociale au sens large du terme. Elle permet aux familles de ne pas sombrer dans l'indigence » . Ainsi, les familles modestes résistent mieux à la disparition du père. D'abord sur le plan financier, car la veuve conserve l'héritage de son mari au travers du remariage, ce qui, selon certains, lui permet d'éviter le piège de la prostitution.
Action de solidarité
Pour ce qui est de la vie de famille, le nouveau mari doit prendre en charge la ou les femmes et les enfants de son frère ou père comme s'ils étaient les siens. Il doit donc se charger de l'alimentation, de l'éducation et de la santé pour gommer l'absence paternelle.
Une action de solidarité qui n'est pas remise en cause si l'homme est déjà marié. Cette tradition peut donc amener les femmes à vivre avec un homme qui deviendra, ou est déjà, polygame. Dans le cas où un polygame décède, ses fils seront mariés aux co-épouses de leur mère biologique.
Derrière cette forme de mariage social, il y a parfois une volonté de garder possession de la veuve pour qu'elle reste dans la communauté de son mari, à laquelle elle appartient, et, souvent, pour que les biens du frère décédé n'échappent pas aux autres.
Cependant, dans la plupart des cas, on demande à la veuve si elle accepte la présence d'un autre homme pour l'aider dans son quotidien. Si le défunt a plusieurs frères, elle peut même faire part de sa préférence. Mais il arrive que l'on fasse peu de cas de son souhait. Les préceptes islamiques qui voudraient qu'une femme ait toujours un homme qui puisse répondre d'elle au jour du Jugement dernier est également un argument de taille amenant les femmes à accepter le lévirat.
Dans tous les cas, les débats sont ouverts.
Alexis Kalambry
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CE QUE J'EN SAIS
Au nom du prétexte religieux
L'islam sert le plus souvent de prétexte à de nombreuses exactions à l'encontre des femmes. Pour avoir bonne conscience, on met tout sur le compte de la religion. C'est par exemple le cas du lévirat devenu un fonds de commerce pour beaucoup, surtout lorsqu'il s'agit de prendre une veuve fortunée ou l'épouse d'un riche frère décédé. Pourtant, le prophète Muhammad (PSL) avait, en son temps, été à l'origine d'une revalorisation du statut des femmes, condamnant le meurtre des fillettes à la naissance et abolissant le lévirat qui contraignait une veuve à épouser le frère de son mari.
Mieux, le prophète était allé jusqu'à donner aux femmes la possibilité d'hériter : du jamais vu dans la société arabe du VIIe siècle ! Ainsi, la communauté musulmane ne pourra pas éternellement se réfugier derrière la religion pour justifier son immobilisme concernant la reconnaissance des droits des femmes et imposer aux femmes le lévirat et d'autres privations de liberté.
Le lévirat est un mariage souvent imposé à la veuve par la famille du défunt mari ou la sienne. La première menace le plus souvent, c'est de lui prendre ses enfants et tout l'héritage que lui laisse son conjoint disparu si elle refuse de rester dans la famille en épousant l'un de ses beaux-frères. Quand le défunt est pauvre, la pression sociale et psychologique est moindre parce que la veuve intéresse alors peu de prédateurs d'héritages. Mais, nombreux sont ceux qui ne savent pas que le mariage forcé n'a rien à voir avec l'islam. Selon les informations dignes de foi, cette pratique aurait été une coutume de certaines tribus islamisées depuis fort longtemps et transmises de génération en génération.
Quant à l'islam, un mariage légal doit, remplir les conditions dont en priorité, les consentements de deux personnes ayant l'intention de s'unir par le mariage. Le mariage légal en islam est donc basé sur l'assentiment de chacune des deux personnes (fille et garçon), la présence du tuteur ou subrogé tuteur de la fille, deux témoins et une dot.
Présentement, en dehors de la violation de ses droits, le lévirat expose la femme à d'autres périls. Il s'agit avant tout de donner sa veuve en héritage aux frères d'un défunt dont personne ne sait de quoi il est généralement mort. Dans de nombreux cas, c'est une femme souvent atteinte par le VIH qui épouse un autre membre de la famille. Le Mali se doit aujourd'hui de suivre l'exemple des pays comme la Tanzanie ou le Burkina Faso où les autorités tentent de mettre fin à cette pratique en multipliant les campagnes d'information et de sensibilisation.
Mais, chaque médaille ayant son revers, ce combat peut aussi exposer des jeunes veuves au célibat pour le restant de leur vie. En effet, beaucoup de veuves, jeunes en particulier, ne peuvent envisager d'autre avenir que le remariage. Si elles n'y parviennent pas là où leur statut sérologique est connu, elles n'ont d'autre solution que de chercher ailleurs un mari. En cachant bien évidemment au nouveau conjoint leur séropositivité. Ce qui nous ramène à la case départ.
Moussa Bolly
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LEVIRAT
Le témoignage de Lassine
Hériter de la femme de son défunt frère n'est pas le fort de certaines personnes. Mais, souvent, le sort en décide autrement.
Lassine Traoré vit avec sa famille à la Cité Unicef. Agé de 29 ans, il est gérant d'une boulangerie. Sa vie de couple était un modèle de réussite jusqu'à ce jour fatidique du 24 juin 2005 où son frère a été arraché à l'affection de tous.
Après le temps de veuvage de ses épouses, ses parents, venus du village, ont décidé de lui donner en mariage la première épouse du défunt, originaire elle aussi du même village, la deuxième ayant été simplement libérée.
Coup de théâtre pour un jeune homme qui ne s'attendait pas du tout à un tel bouleversement. « Ma première réaction ? Je suis resté bouche bée, je ne sais combien de temps quand le messager du village m'a fait part de la nouvelle. Mais très vite, je me suis ressaisi car je ne voulais pas frustrer les sages du village. J'ai alors accepté Nabintou avec les trois enfants » , témoigne-t-il.
A la question de savoir s'il mesurait toutes les conséquences de sa décision, le jeune homme fait comprendre qu'il n'avait pas le choix. « Chez nous, si les sages te disent igname et si tu répliques par manioc, tu vas le croquer loin. Après tout, mon frère n'est pas mort d'une maladie transmissible. Il était hypertendu et Nabintou aussi était consentante. Je craignais qu'il me donne sa 2e épouse aussi avec qui je n'ai jamais soufflé dans la même trompette » .
Monogame avec deux gosses, Lassine s'est alors retrouvé, du jour au lendemain, avec deux femmes et cinq enfants. Heureusement, pour lui, son frère avait bâti une fortune avec des entreprises dont il est devenu le gérant. « C'est lui qui m'a fait venir du village pour qu'on travaille ensemble. Et on a toujours marché ensemble. Donc, je gère ses biens pour nos enfants » , dit-il. En famille, Lassine reconnaît avoir traversé, au début, des moments difficiles avec sa première épouse. Celle-ci ne voulait pas d'une co-épouse et de surcroît une veuve. « Avec le temps et avec la sagesse, le respect, la gentillesse de Nabintou envers elle, elle a fini par comprendre qu'elle se trompait de combat. Aujourd'hui, elles sont les meilleures amies du monde » , se réjouit l'héritier.
Si ce jeune est arrivé à s'en sortir, tel n'est pas le cas pour nombre d'héritiers de femmes qui voient leurs foyers voler en éclats. C'est pourquoi d'ailleurs, la pratique tend de plus en plus à disparaître.
S. Y. D.
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MME HATOUMA S.
« La femme fait partie de l'héritage »
Ménagère domiciliée à Lafiabougou, Mme Hatouma S., après le décès de son mari avec qui, elle eut 5 enfants a été contrainte de se remarier au jeune frère de son défunt mari. Dans l'interview qui suit, elle nous livre ses sentiments sur cette pratique décriée de nos jours.
Les Echos : Pouvez-vous nous retracer le film de votre remariage ?
H. S. : C'est une longue histoire. Mon mari et moi avions passé plus de vingt ans de vie commune. Nous avons sillonné plus de quatre pays en Afrique. Mais c'est en Côte d'Ivoire qu'il est décédé en 2002. Ainsi, ses parents ont été nous chercher mes enfants et moi. Arrivés au Mali et après mon veuvage, on m'a informé que je suis proposée au jeune frère de mon mari défunt.
Les Echos : Quelle a été votre réaction ?
H. S. : Naturellement, j'ai décliné l'offre.
Les Echos : Pourquoi ?
H. S. : Parce que tout simplement, après 20 ans de mariage, se retrouver avec le frère de lait de son mari était dur à supporter pour moi. Je voulais oublier tout ça et refaire ma vie. Et puis personne ne sait de quoi il est mort. Donc, pour moi, il était insensé de contracter un mariage avec le frère de celui avec qui, on a tout partagé (joies et peines). C'est de la folie, ça n'a pas de sens à mon avis.
Les Echos : Mais vous n'avez pas été écoutée ?
H. S. : M'écouter ? Est-ce que mon avis compte ? Même mes parents qui, à mon avis, devaient m'aider, étaient consentants. J'ai compris alors que chez nous la femme, tout comme les objets, fait aussi partie de l'héritage. Ils disent avoir agi au nom de la solidarité, de la pitié ou je ne sais quoi encore.
Les Echos : Vous n'avez pas contacté des associations de femmes ou des associations de défense des droits…
H. S. : Non ! Ça n'aurait rien changé, car la décision était prise et bizarrement le prétendant était pressé.
Les Echos : Quels sentiments vous animent à présent ?
H. S. : Si je n'acceptais pas, je serais isolée et rejetée par ma propre famille, donc, je n'avais pas le choix. Mais mon sentiment est que je me rends compte que la femme, dans nos sociétés est comme une marchandise. Or, je pense que cette pratique est d'une autre époque. Les hommes doivent comprendre cela et refuser de se lancer dans des aventures sans issues. Il est temps qu'on accorde un peu de liberté aux femmes.
Propos recueillis par
Idrissa Sako
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LIGUE AFRICAINE DES CHAMPIONS
Le Stade qualifié sur tapis vert
Après sa victoire sur tapis vert sur l'AS Douane du Sénégal, le Stade malien de Bamako, qui affrontera le WAC de Casablanca (Maroc) au prochain tour de la 11e édition de la Ligue africaine des champions, n'a plus droit à l'erreur sur le gazon.
Eliminés sur la pelouse par l'AS Douane (1-2 et 0-2), le Stade malien vient d'être remis en selle par la Commission des compétitions interclubs de la Confédération africaine de football (Caf). En effet, la réserve faite par les Blancs sur le joueur Mamadou Aliou Diallo de l'AS Douane a été tranchée en faveur des Maliens. Il s'est avéré que le joueur incriminé était régulièrement qualifié au Club olympique de Bamako (COB) pour la saison 2004-2005.
Le certificat de transfert demandé par la Fédération sénégalaise de football (FSF) au compte de l'AS Douane a été refusé par Malifoot après avoir consulté les Verts de Bamako. Mieux la Fédération malienne de football a fourni la copie d'un contrat signé par le joueur et l'engageant jusqu'en fin 2007 avec le COB.
Conformément au règlement en vigueur, la Commission de la Caf a donné raison au Stade malien en disqualifiant de l'AS Douanes de la 11e édition de la prestigieuse Ligue africaine des champions. Les Douaniers ont perdu sur tapis vert le match gagné à Bamako par 2-1.
Ce dénouement heureux en faveur des Blancs de Bamako est le fruit de la sincère collaboration des responsables du COB, à commencer par le président Moussa Konaté, et ceux de Malifoot. Le président du Stade, Mahamadou Samaké, n'a d'ailleurs pas manqué l'occasion de les remercier pour leur collaboration. Il a par ailleurs appelé les joueurs à plus de sérieux et d'abnégation pour affronter le WAC de Casablanca (Maroc) au prochain tour et permettre à leur club d'atteindre son objectif principal cette saison 2006-2007 : disputer la phase finale de la Ligue africaine des champions.
« On va revoir les choses » , a promis Sam, visiblement satisfait de l'issue heureuse de cette affaire. Quant au coach Mohamed Magassouba, que nous avons joint au téléphone hier, il assure que le WAC n'est un inconnu pour lui. Mais, ajoutera-t-il, il appartient à la grande famille du Stade de motiver davantage les joueurs . « Face à l'environnement qui prévaut, l'AS Douane a été un test sérieux. Il faut maintenant se remettre au travail » , a-t-il souligné. En tout cas après cette victoire sur tapis vert, le Stade n'a plus droit à l'erreur sur la pelouse.
Boubacar Diakité Sarr
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