Les Echos du 15 fevrier 2007
INPS
Plus de 500 millions de F CFA détournés à Mopti et Koulikoro
Les directions régionales de l'Institut national de prévoyance sociale (INPS) de Mopti et de Koulikoro étaient sur la sellette de la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) en 2005. Elles sont de nouveau épinglées par la Casca dans son bulletin de 2006 pour leur gestion cahoteuse.
Si les rapports de la Casca sur le contrôle de l'administration avaient un sens et une finalité, des services étatiques comme les directions régionales de l'INPS de Koulikoro et de Mopti n'allaient pas être épinglés deux fois de suite. De toutes les directions de l'intérieur et de Bamako, ce sont ces deux qui s'illustrent dans la « délinquance financière » dans les rapports 2005 et 2006 de la Casca.
Tenez ! En 2005, les vérifications effectuées à la direction régionale de la caisse des retraites de Koulikoro avaient révélé l'existence d'un écart non justifié de 122 938 393 de F CFA entre le solde théorique et le solde physique et l'incapacité du chef de la section comptabilité à fournir des explications. Une plainte avait été déposée auprès du Tribunal de première instance de Koulikoro. La suite : le directeur s'est tout simplement engagé à rembourser le manquant. Il sera relevé et remplacé par un intérimaire en 2006.
Le bulletin 2006 souligne qu'à la passation de service, l'on a constaté un déficit de 134 331 528 millions de F CFA. Le dossier « dort » dans les bureaux du Pôle économique.
A Mopti, les irrégularités relevées à la direction régionale de l'INPS, avaient pour noms en 2005 : absence de cadre organique, cumul de fonction, gestion du magasin par le planton, non-tenue de la comptabilité-matières.
Au plan financier, l'existence d'écarts entre les montants mensuels recouvrés, le dépassement des crédits destinés aux prestations techniques pour un montant de 41 835 285 de F CFA et celui des crédits destinés à l'équipement et au fonctionnement pour un montant de 31 274 515 de F CFA, le reversement de 6 006 598 de F CFA représentant des dépenses de vieillesse de 2004 non payées, l'existence de procurations irrégulières et illisibles…
745 000 F de carte de crédit du directeur
Face à cette hémorragie économique, la Cellule avait suggéré un contrôle approfondi par le Contrôle général des services publics de la gestion de ladite direction. Peine perdue. Car, dans son bulletin de 2006, la Casca a encore mis le grappin sur la même direction pour une vingtaine d'irrégularités graves. Il s'agit, entre autres, de la non-nomination d'un chef de bureau de Bandiagara, tenu depuis 2004 par une secrétaire, l'existence de deux comptes bancaires au nom de la direction régionale de l'INPS de Mopti, le cumul par le comptable de fonctions incompatibles, l'attribution à un tâcheron en 2004 et 2005 pour 10 228 600 de F CFA et 20 001 449 de F CFA de divers travaux d'aménagement sans appel à la concurrence.
Les agissements du directeur sont également dénoncés : achat de carte de crédits pour son portable pour un montant de 745 000 F CFA, achat de verres progressifs pour un montant de 160 000 F CFA, l'exécution de travaux sans devis estimatif pour un montant de 10 356 000 de F CFA, le paiement de 16 500 000 de F CFA pour des travaux non entièrement exécutés.
Autres faits reprochés à cette direction régionale : l'absence d'actes de nomination des billeteurs, le paiement des allocations de l'IER/CCRA et du diocèse de Mopti à des personnes non mandatées, la non-disponibilité de 53 procurations pour les assurés de Mopti, de 4 pour ceux de Koro et 25 pour Djenné, la non-présentation de 21 mandataires et de deux autres au nom d'assurés décédés.
Les préjudices financiers de ces deux directions de l'INPS ne sont pas encore estimés. Mais ils dépasseraient largement le demi-milliard de nos francs. Une somme qui pourrait être doublée, voire quadruplée dans les prochaines années, si rien n'est fait pour arrêter ces fossoyeurs de l'économie nationale.
Sidiki Y. Dembélé
Acceuil
RAPPORT DE LA CASCA
Dix ambassades et consulats impliqués dans des malversations
Des propriétés immobilières, des titres fonciers, des actifs immobiliers au nom du Mali, l'augmentation continue des charges locatives, la non-tenue de la comptabilité matière : ce sont là des malversations aux que lles se livrent des ambassades et consulats du Mali dans certains pays africains.
L'inspection des domaines de l'Etat et des affaires foncières a, dans le 10e bulletin d'information de la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca), révélé des insuffisances dans la gestion de certaines ambassades du Mali.
Aux ambassades du Mali en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée, il est reproché, pêle-mêle, le dépassement des crédits budgétaires, la non-tenue de la comptabilité-matières, l'insuffisance des dotations semestrielles destinées à l'entretien et à l'équipement des bâtiments, la non-nomination de comptable-matières.
Le fait ahurissant a été relevé à l'ambassade du Mali à Conakry où 5 véhicules ont été mis à la réforme pour un montant total de 66 354 F CFA.
Aux ambassades du Mali à Accra, Abuja, Libreville, les enquêteurs ont relevé l'existence d'actifs immobiliers au nom du Mali acquis en 1977, l'inexistence de PV de réception pour les achats de matériels dont le montant est supérieur à 500 000 F CFA, l'auto-consommation des recettes de chancellerie, la hausse constante des loyers, le manque de transparence dans la gestion des fonds alloués dans le cadre de l'équipement, de la rénovation et de la construction des chancelleries et résidences, la non-nomination de comptable-matières, etc.
Les ambassades du Mali à Alger et Ouagadougou sont épinglées pour l'inexistence de documents pour la tenue de la comptabilité-matières, la lenteur des travaux de construction de la chancellerie et des appartements destinés aux conseillers à Alger, le mauvais état du parc automobile et la non-justification de la somme de 3 672 180 millions de F CFA à Ouagadougou.
Quant aux consulats du Mali à Brazzaville, Malabo, Tamanrasset et Niamey, on note la vétusté des parcs automobiles des consulats de Brazzaville et Malabo, le versement des fonds destinés aux travaux de rénovation sous le libellé « règlements de soins médicaux » à Tamanrasset, la mise à la réforme de quatre véhicules pour un montant de 1 190 000 de F CFA et la non-justification des dépenses d'un montant de 66 052 000 de F CFA à Niamey.
Tous ces dossiers sulfureux ont été transmis aux autorités judiciaires compétentes par la Casca. Reste à savoir le sort réservé aux auteurs de ces agissements qui écornent l'image de notre pays à l'extérieur.
Sidiki Y. Dembélé
Acceuil
DEFILE DE MODE
Afro-Culture met en valeur les sourds-muets
Les handicaps font partie de l'existence. Ils sont souvent liés aux accidents de la vie, et comme tel, nul ne peut se sentir à l'abri. L'intégration des déficients auditifs pourrait considérablement s'améliorer si chacun acceptait de poser sur eux un regard autre que celui qui leur est adressé aujourd'hui. La compagnie Afro-Culture est pédagogique dans son approche.
La fête de la Saint Valentin a servi de prétexte à la compagnie Afro-Culture pour attirer l'attention de la population sur la situation des handicapés auditifs. Dans le restaurant Niuma Belleza, l'association, composée de ressortissants africains, a organisé une soirée musicale avec un défilé de mode dont les mannequins n'étaient autres que des déficients auditifs mardi 13 février 2007. Une dizaine de jeunes filles, dont rien de leur physique ne laissait soupçonner leur handicap, ont réussi à mettre en valeur les coupes d'un styliste togolais sous les acclamations d'un public, certes peu nombreux, mais séduit. Pourtant les choses n'ont pas été faciles.
Selon le directeur de la compagnie Afro-Culture, M. Georges, de nombreux tailleurs stylistes de Bamako contactés pour la circonstance, ont systématiquement opposé un refus catégorique devant la proposition de faire défiler des mannequins déficients auditifs sous leurs coupes. Les raisons invoquées : « Je vais perdre ma crédibilité en faisant défiler mes modèles par des malentendants » ou « Personne ne va encore me prendre au sérieux après ce défilé » . Le seul couturier à tenter l'aventure est un Congolais exerçant sur la place. L'objectif de cette manifestation était de participer à la promotion socio-économique des déficients auditifs .
Plaidoyers
Les sourds-muets n'ont pas trop de particularités, selon M. Georges. « Ils peuvent faire tout comme nous, si on s'approche d'eux » . Ces handicapés, qui ont perdu le sens de l'ouie, ont développé d'autres sens plus accessibles à certaines valeurs, indique un organiseur. La compréhension est la première aide dont ont besoin les déficients auditifs (tous les handicapés d'ailleurs). Leur intégration serait mieux favorisée si d'aventure leurs parents et entourages étaient initiés à leur langage afin de faciliter les échanges, notamment sur les lieux publics. La création d'associations des amis de sourds-muets est une alternative, selon M. Georges.
L'absence d'infrastructures scolaires supérieures discrimine les malentendants dont beaucoup (ayant réussi au DEF) ont été éparpillés dans des domaines d'activités qu'ils n'ont pas choisis. Conséquence, ils sont nombreux les déficients auditifs qui ne perçoivent plus la nécessité des études. Le directeur d'Afro-Culture pense que les autorités peuvent obtenir la formation supérieure de ces handicapés dans des écoles spécialisées de certains pays avancés dans la prise en compte des préoccupations des sourds-muets.
Autre insuffisance dans l'intégration des déficients auditifs , c'est la traduction des journaux télévisés à leur adresse. Pour M. Georges, ces handicapés ont un grand intérêt pour l'actualité, mais ne trouvent aucun signe de compassion à leur besoin. Le directeur d'Afro-Culture en appelle à la responsabilité du directeur général de l'ORTM pour la diffusion ultérieure de deux films dont les déficients sont les principaux acteurs.
Niuma Belleza, qui compte parmi les femmes d'affaires reconnues du pays, ferait œuvre utile en appuyant les projets de promotion de ces handicapés.
Maïmouna Coulibaly
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