« La Cellule d'appui aux structures de contrôle administratif (Casca) a violé les règles déontologiques de contrôle au Mali. Il y a eu deux rapports dont l'un tripatouillé et qui n'a pas été soumis à M. Dramé et remis au Pôle financier. Ce rapport est une machination et est destiné à régler des comptes politiques ».
Ainsi parlait mardi, au cours de la conférence presse tenue au siège du Parti pour la renaissance nationale (Parena), le secrétaire général du Bélier blanc, Me Amidou Diabaté, qui avait à ses côtés le secrétaire à la jeunesse, Moussa Balla Diakité, et le secrétaire à la communication, Djiguiba Kéita dit PPR.
Aux dires des conférenciers, cette rencontre était destinée à éclairer la lanterne de l'opinion publique à travers la presse sur le rapport de la Casca qui incrimine Tiébilé Dramé, président du Parena à propos de la gestion des fonds destinés à l'organisation du 23e Sommet Afrique-France, tenu à Bamako en décembre 2006.
Le SG du Parena a dit être surpris par les propos de Bréhima Noumoussa Diallo, chef de la Casca, tenus au cous d'un point de presse lors de la publication du bulletin d'information de la Casca. Pour Me Diabaté, ces propos M. Diallo incriminent clairement M. Dramé de détournement de biens publics.
Me Diabaté a réaffirmé que la Casca a produit deux rapports différents. Et pis, a-t-il dit, en prenant l'initiative de soumettre le dossier à la justice, le chef de la Casca a outrepassé ses prérogatives. Tout en citant les noms des contrôleurs ayant produit les rapports contradictoires qui sont les mêmes personnes tant pour le premier que pour le deuxième, Me Diabaté a souligné qu'il y avait là une volonté manifeste de nuire en la personne de M. Dramé. En ce sens le rapport envoyé à la justice n'a pas été communiqué à M. Dramé, ce qui, aux dires du SG du Parena, viole les règles du contrôle au Mali.
De plus, il a dénoncé la saisine de la justice est venue du chef de la Casca et donc de la présidence, ce qui ne serait pas dans ses prérogatives, a expliqué Me Diabaté qui a dit craindre un règlement de comptes politiques. A l'en croire, la Casca a, essentiellement, pour rôle de faire des recommandations et conseils au président de la République afin que celui-ci donne des orientations pour une bonne gestion des deniers publics. Selon Me Diabaté, ce rapport sur la gestion de Tiébilé Dramé est « une machination, un pur règlement de compte politique » .
Pour Me Diabaté, le montant de 643 412 896 de F CFA reproché à M. Dramé dans le rapport n'est pas impayé, mais résulte d'un dépassement de budget, ce qui n'est pas, selon l'avocat, une infraction surtout que le rapport de la Casca, a-t-il ajouté, rappelle que le budget mobilisé à été de 13 655 607 547 sur un budget de 16 345 717 000 F. Idem sur la passation de 24 marchés. Si le rapport fait état de 2 147 307 150 F qui reste à payer, Me Diabaté dans ses explications a indiqué que ces marchés ont fait l'objet de décision du conseil des ministres d'un montant de 5 604 413 261 de F CFA, dont 3 457 106 161 déjà payés et les reliquats de paiement sur les budgets 2006 et 2007.
Pour les conférenciers, la lutte contre la délinquance financière ne peut être efficace tant que la section de la Cour des comptes n'est pas érigée en cour indépendante conformément aux textes de l'Uémoa et le renforcement du Bureau du Vérificateur général. Selon le Parena, la Casca n'a pas sa raison d'être. Elle devrait être dissoute.
TUERIES EN GUINEE
L'AMDH et les Guinéens du Mali révoltés
La situation socio-politique, qui s'aggrave jour après jour en Guinée et qui s'est soldée par la mort de plus de cent manifestants, est suivie de près par le peuple malien. Les défenseurs des droits de l'Homme et certains regroupements politiques font part de leur amertume et désolation. Elles condamnent les exactions subies par le peuple frère de Guinée et appellent les chefs d'Etats à sauver la Guinée en arrêtant la soif de sang de la soldatesque du général Lansana Conté.
L'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH), à travers son président Me Brahima Koné, condamne sans réserve les massacres de la population civile guinéenne qui ne fait que réclamer ses droits les plus fondamentaux. « Le peuple guinéen a assez subi les dérives du président Conté et de son clan » , explique-t-il.
Pour le président de l'AMDH, l'heure Conté est révolue, car « le signe précurseur de la fin du régime en Guinée est la révolte des jeunes, qui, au regard des expériences, est un phénomène fatal pour un pouvoir » .
A l'AMDH, on considère que les agissements regrettables du pouvoir de Conakry pouvaient être évités si le président avait appliqué à la lettre les termes de l'accord avec l'Intersyndical. « Tout ce que les Guinéens réclament aujourd'hui, c'est le changement » .
Me Koné déplore le mutisme des Etats africains qui ne font, juge-t-il, rien pour arrêter les massacres de Conté et de son clan. « Il appartient aux Etats africains de prendre leurs responsabilités et de se donner la main pour rapidement envoyer des troupes de maintien de l'ordre » , suggère-t-il.
L'exemple malien prôné
A la Convention des Guinéens vivant au Mali (CGVM), le ton est encore plus dur. Là-bas, on est déterminé à lutter pour le changement et le renversement du régime du général Lansana Conté. Lancinet Sangaré, chargé à la communication de la CGVM, considère que les événements de janvier-mars 1991, qui ont ouvert la voie de la liberté et de la démocratie au Mali, devraient inspirer les Guinéens. « Toutes les couches sociales sont mobilisées pour renverser la tendance en Guinée. Seuls les jeunes et les femmes pourront conduire cette révolution » .
De l'avis de M. Sangaré, l'état de siège décrété par le président Conté le lundi 12 février n'est que « la continuation de la folie d'un président amnésique » . Mais « le peuple de Guinée ne va pas céder à la pression et au harcèlement » , avertit-il.
M. Sangaré a salué l'initiative de l'Association démocratie et justice (ADJ), qui a organisé une marche de protestation et de soutien au peuple frère de Guinée, le samedi 10 février 2007. D'autres initiatives de la CGVM, tendant à informer l'opinion publique internationale de la crise en Guinée, sont à l'étude.
Amadou Waïgalo
Encadré
Des Bamakois réagissent
M. Touré (membre d'un parti politique) :
« Les forces politiques guinéennes sont pratiquement à l'écart du mouvement. C'est surtout cela qui pose problème car, à mon avis, les complices du régime Conté sont les Guinéens eux-mêmes et notamment les politiques. Mais, il y a combien de Conté en Afrique ? Depuis le début des événements, avez-vous entendu une seule fois une déclaration de l'Elysée ou d'un Etat africain quelconque ? C'est pour vous dire que les responsabilités relèvent d'un système mafieux qui dépasse le peuple frère de Guinée ».
Mamadou Sidibé (fonctionnaire) :
« Les Guinéens ont une fois encore l'occasion d'écrire une page de leur histoire, après que le président ait été, auparavant, arrêté et relâché pour des motifs que j'ignore. L'état de siège décrété par le général Conté est une occasion pour une armée républicaine, soucieuse de la protection des populations, de faire un coup d'Etat. J'espère, pour les Guinéens, qu'une initiative allant dans ce sens permettra de décanter la situation. Sinon, Conté est prêt à tout pour se maintenir ».
Souleymane Sylla (étudiant) :
« La situation en Guinée est regrettable, mais un régime en déclin a tout simplement besoin d'un coup de pouce pour mourir. Donc, les Guinéens ont intérêt à ne pas baisser les bras. Il est évident qu'il y aura d'autres morts et blessés, mais la liberté est au bout du tunnel. De toutes les façons, un pouvoir n'existe pas sans un peuple. Conté est plutôt digne d'un roi des siècles passés et non un chef d'Etat moderne, ouvert au dialogue et au partage du pouvoir ».
Propos recueillis par A. W.
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POUR UN LITIGE AUTOUR DE 50 HA DE TERRAIN
Le projet de port sec de Bamako tombe à l'eau
Les travaux du projet d'aménagement du port sec de Bamako ont été arrêtés. Motif : le site de 50 hectares initialement prévu sur l'axe Bamako-Sikasso est au centre d'une discorde. Et pourtant…
La construction du port sec de Bamako, annoncée avec fracas il y a trois ans, est remise aux calendes grecques. Après l'acquisition du terrain, l'agrément du ministère de la Promotion des investissements, les études de faisabilité et le transport des matériaux de construction sur le site, la Société de transport et transit Nimaga (STTN) qui s'était engagée à réaliser le projet pour de plus de 12 milliards, a été sommé de vider les lieux.
Raison invoquée : le site du site est situé dans la zone aéroportuaire et il regorge des jardins de maraîchers qui se sont plaints. Un motif qui ne tient pas debout, selon le porte-parole de la société. « Nous avions reçu l'accord de principe de la direction de l'aéroport pour commencer les travaux de clôture des parcelles qui nous sont baillées suivant la convention n°112/ADM du 2 septembre 2004. Nous avions déjà investi près de 200 millions de F CFA dans les études de faisabilité et les travaux préliminaires. On ne peut pas nous dire que c'est une zone à risque parce que sur le même site, il y a une station et un dépôt de carburant » , proteste-t-il.
Pis, aujourd'hui, c'est une entreprise chinoise qui fait des constructions sur le même site refusé à la STTN pour la réalisation du port sec de Bamako. D'où la colère des responsables de la STTN qui dénoncent ces agissements des autorités. « Le gouverneur du district nous a dit qu'il a fait le constat, tout comme nous, de ce chantier. Comment comprendre qu'on refuse le terrain à des entreprises nationales chargées de faire des travaux d'intérêt national au profit des étrangers ? » , s'interroge -t-il. Et d'ajouter que « la décision qui a fait annuler nos travaux doit empêcher l'installation d'une autre société sous le couvert du ministère de l'Agriculture. Nous sommes dans quel Etat ? » .
Désordre
Selon nos sources, c'est le Premier ministre Ousmane Issouffi Maïga qui aurait ordonné l'arrêt des travaux de construction sur plainte des maraîchers qui occupent le terrain. « De toutes les façons, les terres de l'Etat lui appartiennent et c'est lui qui avait démarché les investisseurs pour la réalisation de ce projet. Nous nous sommes engagés et nous avons reçu le financement du port avec nos partenaires à près de 90 %. Ce n'est pas, en tout cas, de l'argent perdu » , avertit un responsable de la société.
Selon lui, l'actuel bureau de la mairie centrale avait relancé le dossier tout en proposant un autre site à Niamana. Mais, la société devait, au préalable, dédommager les propriétaires de titre foncier de ces parcelles à hauteur de 300 millions.
La réalisation du port sec de Bamako était un vœu cher à nos autorités car il constitue un investissement rentable au regard des avantages induits. Il s'agit, entre autres, de la réduction des délais de livraison et de dédouanement, le décongestionnement du trafic au centre ville, l'accroissement des recettes fiscales et douanières, la création d'emplois, etc.
Le programme architectural prévoyait la construction de bâtiments pour l'administration, les douanes et contrôles, des entrepôts et magasins de douane, des centres d'affaires et sanitaires, des aménagements externes pour un coût total de 12 106 381 000 de F CFA. Un investissement majeur qui ne verra, peut-être plus le jour, à cause de la cupidité des uns et de la défense des intérêts sordides des autres.
Sidiki Y. Dembélé
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LUTTE CONTRE LE LIBERALISME ET L'INFLUENCE OCCIDENTALE
L'Amérique latine s'affranchit, l'Afrique se soumet davantage
Le 26 novembre 2006, Rafael Correa est élu président d'Equateur. Ce qui fait un de plus sur le front antilibéral que le Cubain Castro et le Vénézuelien Chávez sont en train de bâtir pour contrer les Etats-Unis dans leur reconquête du monde depuis la fin de la guerre froide. Dans le même temps, l'Afrique, par la faute de dirigeants peu clairvoyants, baye aux corneilles.
Contrairement à ce que certains analystes politiques américains pensent, rien ne prouve que Correa va « jouer la carte de la sagesse et de la modération pour ne pas finir comme la plupart de ses prédécesseurs, renversés par la rue ou par le Parlement » . En effet, contrairement aux autres présidents d'Equateur, il peut compter sur un soutien indéfectible de la plupart de ses voisins qui, petit à petit, sont en train de redessiner la scène politique andine, entourant la Colombie et le Pérou, deux pays notoirement à droite.
Déjà Correa s'oppose au Traité de libre-échange (TLC) que les Etats-Unis s'efforcent de mettre en place avec plusieurs pays latinos. Il songe également à réintégrer l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) que l'Equateur, 5e producteur d'Amérique latine, a quitté en 1992. Certes, Correa n'est pas le typique dirigeant de gauche car, loin du militantisme juvénile, il s'est formé dans les universités.
Mais, sa lutte contre la corruption, contre la pression des organismes internationaux de crédit et contre l'influence directe des Etats-Unis dans le pays ont montré sa sensibilité aux demandes principales d'une grande partie de la société, spécialement des Equatoriens les plus pauvres et ignorés. Il est non seulement fermement opposé au TLC qu'impulse Washington et qui est fortement dénoncé par les mouvements sociaux, mais il a aussi mis en cause l'existence d'une base militaire américaine dans son pays. Il a en tout cas promis qu'il ne renouvellera pas l'accord d'établissement de cette présence militaire en 2009.
Par ses ambitions politiques, il rejoint le président bolivien Evo Morales, premier Indien à accéder à la magistrature suprême en Bolivie. Ce dernier a récemment appelé, à Paris, à la révision des contrats d'exploitation « illégaux » des ressources naturelles de son pays. Il a, en outre, plaidé « pour la culture de la feuille de coca » , combattue par les Etats-Unis, tout en fustigeant le modèle « néo-libéral » prôné par l'Occident et qui est la cause « de la misère et de la faim » dans son pays.
La victoire du sandiniste Daniel Ortega à la présidentielle au Nicaragua lui a aussi valu les chaleureuses félicitations de Fidel Castro et d'Hugo Chávez. La Maison-Blanche a réagi avec plus de prudence au retour d'Ortega au pouvoir, 16ans après l'avoir quitté. A l'époque, Ortega combattait les rebelles antimarxistes soutenus par les Etats-Unis.
Retrouvant, avec 38 % des suffrages aux élections du 5 novembre 2006, la présidence du Nicaragua qu'il avait perdue en 1990, l'ex-chef guérillero sandiniste Daniel Ortega est détesté à Washington. Même si le néo sandinisme devra donc naviguer avec prudence entre l'amitié de Fidel Castro et d'Hugo Chavez et l'aversion de George W. Bush, il est pour le moment visiblement sensible au discours anti-libéral de plus en plus répandu en Amérique latine.
Mauvaise posture
Au fil des élections générales, surtout présidentielle et législatives, convoquées les douze derniers mois dans dix pays d'Amérique latine, l'axe radical « anti-impérialiste » des présidents cubain Fidel Castro et vénézuélien Hugo Chavez a été renforcé. Il s'est consolidé avec la Bolivie, l'Equateur et le Nicaragua.
D'ailleurs, Castro et Chàvez avaient félicité ce dernier au lendemain de son écrasante victoire. « Cher Daniel, cette grande victoire sandiniste remplit notre peuple de joie et discrédite le gouvernement américain terroriste et génocidaire » , avait victorieusement écrit le leader cubain. Le président vénézuélien s'est pour sa part réjoui que « les peuples se lèvent à nouveau » . Il n'a pas caché son espoir de voir « l'union des révolutions sandiniste et bolivarienne pour construire le socialisme du 21e siècle » .
Quel que soit l'optimisme de la Maison Blanche de vite reprendre le contrôle de la situation en misant sur la déception des peuples, force est de reconnaître que les Américains sont en totale perte de vitesse dans cette région stratégiquement importante à cause des gisements importants comme ceux du pétrole. Le front antilibéral ne cesse de s'élargir en Amérique latine. Le pouvoir des leaders comme Chàvez ne cesse d'être consolidé dans leur pays. Son parlement vient de lui donner carte blanche pour mener sa révolution comme bon lui semble.
Et lors du dernier sommet des présidents du Mercosur, à Rio de Janeiro (Brésil) Hugo Chàvez à engagé son combat visant à transformer cette communauté économique sud-américaine en « un instrument politique continental de lutte contre le néo-libéralisme » . Le président vénézuélien a surtout souhaité que le Mercosur, créé en 1991 par le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay, soit « décontaminé du virus néo-libéral » .
Qu'attend l'Afrique ?
« En cette nouvelle ère s'impose le retour à la politique, à l'idéologie et non pas au marché. L'époque néo-libérale est terminée en Amérique latine. Nous ne permettrons pas qu'elle revienne » , a martelé Chàvez devant ses pairs. Même si l'entente est loin d'être parfaite entre les dirigeants de l'Amérique latine, rares sont ceux qui sont restés insensibles à ce discours conforme aux attentes de leurs peuples. « En Colombie, sous prétexte de lutte contre le trafic de drogue, les Etats-Unis ont investi des millions et des millions, mais le pays continue de connaître un déficit budgétaire et un déficit commercial » , a également dénoncé Evo Morales.
Comme on peut constater, l'Amérique latine se libère de plus en plus du joug du néo-libéralisme, donc du néo-colonialisme. Une révolution conforme aux vœux des peuples de cette région. Au même moment, l'Afrique ne cesse d'accroître sa dépendance vis-à-vis des forces impérialistes. Nos dirigeants continuent à être des marionnettes entre les mains de l'Occident.
L'Amérique ressemble aujourd'hui à l'Afrique des années d'indépendance (1960) avec les Lumumba, Nkwamé Nkrumah, Modibo Kéita, Sékou Touré… dont le crime a été de tourner le dos à l'impérialisme. Ils ont payé leur révolte de leur vie. Thomas Sankara a tenté de reprendre le flambeau dans les années 1980, ils l'ont fait taire pour de bon. Et depuis, l'avenir de l'Afrique semble hypothéqué avec des dirigeants peu soucieux du destin de leur peuple.
Et l'ardeur des leaders comme Hugo Chàvez, Evo Morales et Daniel Ortega à défendre les intérêts de leur peuple ne peut que nous faire de la peine au cœur. Ils nous prouvent chaque jour que leur région avance alors que l'Afrique… recule et s'enfonce dans la dépendance politique et économique.
Moussa Bolly
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ISSA HAYATOU, PRESIDENT DE LA CAF
« Le football véhicule une image positive de l'Afrique »
Nous avons rencontré le président de la Confédération africaine de football (Caf) après la finale de la 15e édition de la Can des juniors. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, il s'est penché sur cette compétition. Il est aussi revenu sur le cinquantenaire de la Caf célébré le 8 février 2007 et a évoqué le Mondial-2010 ainsi que son désir de se succéder à lui-même aux élections de 2009. Interview !
Les Echos : Que pensez-vous de la finale de la Can des juniors et, de façon globale, du tournoi de Brazzaville ?
Issa Hayatou : Cette finale, comme le tournoi, a tenu toutes ses promesses. Nous avons vu à l'œuvre des joueurs qui en veulent, des joueurs qui se sont battus pour faire triompher les couleurs de leurs pays. La finale entre le Congo et le Nigeria, en a été la parfaite illustration. Nous avons assisté à une très grande rencontre à la grande satisfaction des spectateurs. La qualité du football qu'on nous a montrée aujourd'hui augure de lendemains meilleurs pour cette discipline en Afrique.
Les Echos : La Caf a célébré son cinquantenaire le 8 février 2007 au Caire, Egypte (l'interview a eu lieu le 3 février 2007). En tant que président, qu'est-ce que cela représente pour vous ?
I. H. : Cinquante ans, c'est petit pour une organisation comme la nôtre. Mais, beaucoup aussi. Quand une organisation ou tout simplement un être humain fête ses 50 ans, ça veut dire qu'il a un long passé derrière lui. Ce passé que nous avons connu a donné des moments de joies et de victoires à notre continent, à notre football. C'est pour ça que je me réjouis d'être à la tête de la Caf, à ce moment délicat de notre histoire. Grâce à l'apport de tout un chacun, je pense que le football africain va encore vivre des moments intenses. Et je prie Dieu, le Tout Puissant, de nous accorder la force de montrer aux yeux du monde les qualités et la volonté de la jeunesse africaine. Toutes les générations confondues se sont battues pour hisser notre football là où il se trouve aujourd'hui. Il revient à nous tous aujourd'hui, fils de ce continent, de faire en sorte que notre football soit crédible et compétitif… Tous les amis de l'Afrique peuvent apprécier le long chemin que nous avons parcouru pour nous hisser dans le gotha mondial…
Les Echos : Que comptez-vous faire pour améliorer l'image du football africain dans les médias occidentaux ?
I. H. : Je ne suis pas parfait et les actes que je pose ne sont pas sans reproche. C'est tout à fait normal. Mais, de manière générale, ceux qui critiquent ne nous connaissent pas comme ils le prétendent et ne possèdent pas tous les atouts, tous les éléments. L'essentiel, pour moi, est que nous puissions hisser le football africain très haut. Vous savez aussi bien que moi que la presse internationale véhicule rarement l'image positive de l'Afrique. Vos confrères ont toujours illustré notre continent par le VIH/Sida, la misère, les guerres fratricides, le choléra, le paludisme, la famine... Mais, l'Afrique n'a pas que cela à apporter à l'humanité.
Je suis convaincu que dans tous les secteurs de la vie sociale de notre continent, nous pouvons réussir à atteindre un niveau semblable à celui que nous avons aujourd'hui dans le domaine du football. Ceux qui parlent négativement de l'Afrique ont peut être raison de le faire. Mais, le football africain est en train de montrer aux yeux du monde que la jeunesse du continent peut réussir à faire des victoires, à faire du continent africain un espace qui peut permettre à tout un chacun d'avoir la joie de vivre. Mais, c'est à nous de nous battre pour défendre les atouts de notre continent afin que, à l'instar des autres, il puisse apporter sa contribution au progrès de l'humanité.
Les Echos : La Caf et l'Union africaine ont déclaré 2007 l'Année du football africain. Qu'est-ce que cela va changer ?
I. H. : A l'occasion du dernier sommet de l'Union africaine, tous les chefs d'Etat d'Afrique ont décidé, à l'unanimité, de décréter 2007 l'Année du football africain. C'est un grand atout pour la jeunesse du continent, pour la Caf et pour notre continent. Il revient à nous autres de mériter cette confiance. Je suis particulièrement convaincu que cela va changer beaucoup de choses parce que, en Afrique ce sont nos chefs d'Etat et de gouvernement, qui financent le développement du sport, notamment du football. Je suis sûr que cette volonté unanime qui les ont animé pour décréter 2007 l'Année du football africain fera en sorte que le football africain connaisse des lendemains meilleurs. Ce n'est pas surprenant parce que la Commission de l'UA est aujourd'hui dirigée par un ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et un grand passionné de football. Je parle d'Alpha Oumar Konaré.
Les Echos : En 2010, l'Afrique du Sud organisera la Coupe du monde. Quels sont les moyens que la Caf va mettre en place pour la réussite de l'événement ?
I. H. : En rapport avec l'Union africaine, nous avons pris des décisions pour pouvoir soutenir le football africain. Le continent doit organiser la Coupe du monde, notre rêve, comme vous l'avez dit, consiste à faire en sorte qu'une sélection africaine remporte cette Coupe. Faute de pouvoir la gagner, il faudrait que l'Afrique aille le plus loin possible. Et je crois que la volonté politique qui anime les uns et les autres ainsi que la valeur des footballeurs africains feront en sorte que ce continent puisse montrer aux yeux du monde ce dont il est capable de réaliser. Je peux vous assurer qu'au niveau de la Caf, l'Union africaine et de l'Afrique du Sud, une série de rencontres a été programmée pour que les représentants de l'Afrique puissent bénéficier de l'apport de tout un chacun (soutien financier et matériel, expertise sur le plan technique et tactique…) pour que cette Coupe du monde puisse apporter une fois de plus des moments de joies au peuple africain.
Les Echos : En 2009 vous serez en fin de mandat. Comment pensez-vous concilier vos projets et cette échéance électorale ?
I. H. : La Caf, compte tenu des changements que nous avons apportés dans nos statuts et règlements, renouera avec les élections. Il n'y aura aucune élection d'ici 2009 car nous avons eu à changer la périodicité du renouvellement des instances de notre organisation. Il se peut que, à partir de 2009, je fasse partie de ceux qui verront leur mandat prendre fin. Mais, je compte me représenter dans la mesure où le continent africain aura à organiser la Coupe du monde 2010. Je suis obligé de me présenter pour conduire cette Afrique au niveau de la phase finale de ce Mondial. Je ne peux pas abandonner l'Afrique à la veille de cet événement important. Nous nous sommes longtemps battus pour avoir l'organisation d'un Mondial.
La rotation que nous avons obtenue est un élément très positif pour le football africain. Nous avons attendu un siècle pour avoir une Coupe du monde. Maintenant, nous pouvons organiser cette compétition tous les 24 ans. L'Afrique du Sud va inaugurer la rotation pour l'Afrique en 2010. Je ne sais pas qui l'aura dans 24 ans. Les Africains, particulièrement les Sud Africains, sont en train de tout faire pour prouver au reste du monde qu'il était dans l'erreur en restant longtemps sceptique sur les capacités organisationnelles de notre continent. Avec l'Union africaine, nous ne ménagerons aucun effort pour aider l'Afrique du Sud à relever ce défi et mettre nos six représentants, une première, dans les meilleures conditions de défendre les couleurs de notre continent. Je pense que cet élément nouveau apportera également de nouveau circuit de réalisation de nos objectifs en 2010.
Propos recueillis , à Brazzaville , par
Boubacar Diakité Sarr
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BASKET
ATT honore les reines d'Afrique
Quelques mois après leur sacre continental au Mozambique, l'équipe nationale Espoirs filles a été reçue lundi dernier par le président ATT. Le chef de l'Etat leur a remis un chèque de 25 millions de F CFA, au cours d'une réception solennelle dans le jardin du palais de Koulouba.
« ATT, premier basketteur du Mali » : c'est en ces termes que la capitaine des espoirs, Aïssata Boré a planté le décor de la cérémonie. Une cérémonie qui est désormais une tradition instituée par Koulouba pour manifester la reconnaissance de la nation aux sportifs qui parviennent à se hisser sur la plus haute marche du podium.
Le président ATT qui a profité de la rencontre pour les féliciter au nom de la nation et leur remettre un chèque de 25 millions de F CFA.
Aïssata Boré dite Dicko a remercié le chef de l'Etat. Elle a souhaité, au nom de ses camarades que l'équipe soit mise dans toutes les conditions pour leur permettre d'honorer le Mali et l'Afrique au Mondial de la catégorie.
Le président la Fédération malienne de basket, Hamane Niang, a mis l'accent sur la préparation de nos mondialistes avant d'évoquer la question de la future salle dont la maquette a été présentée officiellement aux autorités politiques.
Les arbitres étaient également à l'honneur à Koulouba. En effet, notre arbitre international, Moussa Touré, était venu présenter son trophée du Meilleur sifflet d'Afrique 2006 . Notre compatriote, qui a récemment représenté le continent au dernier Championnat du monde féminin au Brésil, a reçu cette distinction au cours d'une cérémonie officielle organisée à Dakar par le Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA).
Le président ATT, qui s'est dit fier et comblé par les résultats du basket malien, a fait un clin d'œil aux anciens de la balle au panier, dont Soumeylou Boubèye Maïga invité pour la circonstance. Il a exprimé la reconnaissance du pays aux arbitres, à travers Moussa Touré, pour avoir honoré la nation.
Boubacar Diakité Sarr
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FESTIVAL DES ARTS ET CULTURES SONGHOY
Un facteur d'épanouissement de la région de Gao
Gao a célébré, du 9 au 12 février 2007, la 7e édition du Festival international des arts et culture songhoy. C'est dans l'optique du développement économique, social et culturel de la région que l'Association pour la réhabilitation et la promotion de la culture songhoy (ARPCS) organise chaque année ce festival.
L'ouverture officielle de la 7e édition a eu lieu samedi dernier sur la place publique du Deuxième quartier de Gao, près du Tombeau des Askia en présence des autorités politiques et administratives ainsi que de nombreux invités de marque. En effet, des délégations étaient venues de la France, d'Amérique, du Bénin, du Niger, du Burkina Faso et de toutes les régions du Mali, pour prendre part à cette célébration des arts et de la culture songhoy. La forte présence de la presse nationale et internationale a encore donné une grande dimension à l'évènement.
Des fora, des visites guidées, des manifestations et soirées culturelles, des expositions des produits artistiques, des courses de chevaux ont été, entre autres, les grandes attractions de ce festival qui gagne en notoriété au fil des éditions. Et celle que nous venons de vivre a été un véritable printemps historique de la culture songhay.
L'objectif recherché par l'ARPCS, à travers l'organisation de ce festival, est d'enrichir et de conserver ce qui fait l'originalité du patrimoine culturel songhoy à travers l'Afrique et le monde. « La promotion et la réhabilitation de la culture songhoy se comprennent comme une construction des arts culturels songhoy à la grande symphonie culturelle nationale. Le festival songhoy, à travers la diversité de ses manifestations, participe à la grande quête d'identité nationale et africaine de ses acteurs. L'identification et la collecte minutieuse des éléments culturels songhoy contribueront à la consolidation de notre sens actuel de l'humanité » , a expliqué Ario Issoufa Maïga, le président de l'ARPCS.
Mosaïque de peuplements
Le Tombeau des Askia, construit en 1495 par Askia Mohamed, atteste de la richesse et de la puissance de l'Empire songhoy aux 15e et 16e siècles. Un empire connu par la diversité de sa culture. « Dans notre espace vital, nos communautés ont toujours vécu en symbiose dans la compréhension et la convivialité. Gao montre non seulement un espace d'amour, mais aussi un espace de cette culture songhoy porteuse de valeur universelle » , a déclaré le chef songhoy, Pour lui, la culture songhoy est « un gage de développement économique et social » .
« Le festival a été l'occasion pour la population de vendre et de faire connaître leurs produits artisanaux, de l'élevage, de l'agriculture et de tout ce qui constitue leur activité de tous les jours. C'est un facteur de développement de notre région » , a dit, le chef de cabinet du gouverneur de Gao, représentant le chef de l'exécutif régional.
L'espace songhoy est très vaste. Les communautés songhoy se trouvent au Nord du Bénin, au Burkina Faso et au Niger. Toutes ces communautés étaient représentées au festival qui a contribué à consolider l'unité de Gao et de son important diaspora.
Pour Dr. Mamoudou Djibo, enseignant chercheur à Niamey (Niger) et ancien ministre nigérien de l'Education, ce festival est « une aide culturelle qui regroupe autant de peuples et autant de communautés songhoy de l'Atlantique jusqu'au Sahara » .
« Le festival nous a beaucoup enseigné en ce qui concerne la culture songhoy. Je viens de Gorom-Gorom qui est une ville composée de Songhoy venus du Mali et de Jaman venus du Niger », a expliqué le représentant du Burkina.
Sidiki Doumbia
( envoyé spécial)
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