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2007

Mois de fevrier

Les Echos du 13 fevrier 2007

GESTION DE L'ETAT AU MALI

La faillite du système ATT

Pour bon nombre de ses supporters de 2002, l'espoir immense né du retour d'Amadou Toumani Touré au palais présidentiel s'est évanoui dans les eaux du Djoliba…

J'ai eu une conversation téléphonique très intéressante avec un Malien, fonctionnaire à la Banque mondiale. En 2002, solidement assis sur ses généreux revenus provenant de l'institution de Bretton Woods, l'homme fut un des bailleurs de fonds les plus généreux des clubs ATT aux Etats-Unis. Cinq ans après l'euphorie de 2002, l'ancien supporter ne peut contenir un soupir de découragement :  « Le Mali ne sortira jamais la tête de l'eau avec un système pareil. C'est une honte ! »

Dans un élan de générosité motivé par un désespoir certain face aux agissements des tenants du pouvoir, il se laisse aller à une énumération qui donne froid dans le dos : « Autrefois, dans les années 1990, nous pensions à la Banque mondiale que seul le Sénégal avait le monopole des chiffres tronqués. En moins de 5 ans, les Maliens sont devenus les meilleurs d'Afrique. Systématiquement, toutes les statistiques qui nous parviennent, concernant par exemple l'économie ou le commerce sont tronqués . Ils sont archi-faux ! Rien que des maquillages et des contrevérités » .

En l'absence de ces statistiques fiables, il comprend aisément la raison pour laquelle le Pnud a superbement ignoré les chiffres fournis par le gouvernement, préférant se fier à sa propre méthodologie. Cela le conduit à préciser : « Nous sommes vraiment avant-dernier au monde. Le Pnud a donné les vrais chiffres » .

En effet, selon les confidences obtenues par ce fonctionnaire international, le Pnud a, pour plusieurs pays, mis en place son propre système de renseignements au niveau des finances publiques. Il veut s'assurer de ne pas se faire berner. Visiblement, avec le Mali, les initiateurs de ce stratagème ont eu raison.

Mises en garde

Notre informateur de préciser : « Il y a une constante dans la manière de diriger qui s'est installée à Bamako : se croire plus malin que tout le monde. C'est un des traits de caractère de cette administration. Or, nous travaillons avec un système rationnel de calcul. S'ils sont si malins que ça, qu'ils inventent des technologies nouvelles ! Ce qui me fait le plus mal, c'est que ces fausses statistiques donnent l'illusion que le Mali fait des progrès immenses. Cela entraînera une diminution inévitable dans le volume de l'aide publique. Au bout du compte, ce sont encore les pauvres qui paieront » .

Notre interlocuteur se désole également de la fraude, de la corruption qui prennent chaque jour une ampleur insoupçonnée au point de pousser Transparency International à émettre une note interne recommandant une attention particulière sur le pays. Cette note précise : « Il n'y a aucune volonté manifeste du pouvoir, de la base au sommet, à punir les individus coupables de fraude, de corruption ou de détournements de deniers publics. Il semble que les délinquants financiers ont compris qu'ils ont juste à financer le Mouvement citoyen, les groupes de soutien au président de la République pour s'assurer l'impunité » .

Enfin, le fonctionnaire de la Banque mondiale nous révèle que dans une évaluation de pays demandé par Paul Wolfowitz (président de l'institution), il est écrit en synthèse sur le Mali : « Le système judiciaire ne fonctionne pas. Il n'est pas crédible. Les décisions rendues par les tribunaux sont souvent en contradiction flagrante avec la loi. Les juges obéissent plus au pouvoir de l'argent qu'à la loi qu'ils doivent appliquer. Investir au Mali comporte des risques sérieux parce que la justice n'est pas fiable en cas de litige. Il importe au président de la Banque mondiale de faire pression sur le pouvoir central afin qu'il montre plus de leadership dans l'éradication du fléau de la corruption » .

Alors, est-ce qu'il y aura encore un opéra gouvernemental devant les caméras de télévision pour répéter que le Pnud est dans l'erreur ? Ou que la corruption a disparu au Mali. Avec les discours que l'on entend sur les ondes de l'ORTM, certain que le ridicule ne tue plus.

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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SCANDALE DU FUTUR HOPITAL DE SIKASSO

La ministre de la Santé mange dans la main des Chinois

Le président ATT avait promis aux Sikassois un hôpital digne de la ville. Mais, tout porte à croire que ce sera un éléphant blanc qui leur sera livré : les autorités, la ministre de la Santé, en tête, s'étant évertuées à octroyer le marché de construction à une entreprise chinoise qui a été recalée à toutes les étapes de la procédure.

La Banque africaine de développement (Bad) a promis de financer un hôpital pour la ville de Sikasso. En la matière, le ministère de la Santé exprime juste le besoin et délègue à l'Agence des travaux d'intérêt public pour l'emploi (Agetipe) ses pouvoirs de représentation et de maître d'ouvrage.

Au niveau de l'Agetipe, il existe une commission de dépouillement qui s'occupe des offres. Ainsi, pour l'hôpital de Sikasso, la procédure a été strictement respectée par l'Agence. Il y avait trois soumissionnaires : un groupement composé du Burkinabé Kanazoé et d'un Malien, une entreprise malienne et l'entreprise chinoise par qui le scandale est arrivé.

Tout porte à croire que Mme Zéïnab Mint Youba, la ministre de la Santé, a trouvé là une occasion de remplir ses poches. En effet, après que la commission eut écarté les Chinois, elle a saisi l'Agetipe par une lettre pour lui demander de déclarer l'appel infructueux, ce que naturellement l'Agence refusa. Devant le blocage, le Premier ministre s'implique, en élargissant la commission à d'autres services techniques de l'Etat. Là encore, les Chinois échouèrent. La ministre Mint Youba ira jusqu'à demander à l'Agetipe de demander aux Chinois de compléter leur dossier.

Selon nos sources, face à l'intransigeance de l'Agetipe de ne pas violer les procédures, la ministre est montée plus haut : elle est allée voir ATT, en lui disant que le projet est bloqué du fait de l'Agetipe. Celui-ci aurait alors tordu le bras à tout le monde pour accélérer la procédure, sans savoir certainement quel intérêt la ministre avait à ce que le marché soit attribué aux Chinois.

La solution finale trouvée est que, contre toutes les procédures, en violation des textes, le marché de la construction de l'hôpital de Sikasso a été attribué aux Chinois. L'autre conséquence, c'est que, puisque des procédures d'attribution claires n'ont pas été appliquées, l'Etat ne pouvait pas faire appel au fonds octroyé par la Banque africaine de développement. Du coup, l'hôpital de Sikasso sera financé sur budget d'Etat.

La question que l'on se pose est de savoir pourquoi la ministre a tenu à tordre le cou aux procédures pour que le marché soit attribué à des Chinois, car, selon des sources, des personnes ont été « démarchées » avec espèces sonnantes et trébuchantes. En plus, la ministre aurait eu des circonstances atténuantes si « la violation » avait été faite au profit d'une entreprise nationale, mais, tel n'est pas le cas.

Affaire à suivre.

Alexis Kalambry

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« OPERATION MILAGRO »

Ouvrir les yeux à zéro franc

C'est désormais une réalité au Mali : les personnes souffrant de la cataracte seront soignées gratuitement. Dénommée « Opération Milagro », elle vise à réduire la prévalence de la cécité au Mali, qui est présentement de 1,2 %.

Le président de la République, a lancé samedi 10 février 2007 à l'Iota « l'Opération Milagro » ouvrant ainsi les portes à la gratuité de la chirurgie de la cataracte au Mali. Selon la ministre de la Santé, l'ampleur et la gravité de la situation font qu'il urge de renforcer les actions en cours par des interventions qui accélèrent la réalisation des objectifs du programme.

A travers l'opération, il s'agit d'augmenter la couverture de la prise en charge chirurgicale de la cataracte et d'améliorer l'accessibilité géographique et financière des patients à la chirurgie de la cataracte. En un mot : d'augmenter le nombre d'interventions pour le traitement chirurgical de la cataracte afin d'en réduire la prévalence, de passer, durant la première phase de 17 000 cataractes à opérer en 2007 à 25 000 en 2008 pour atteindre 35 000 en 2010. «   La chirurgie de la cataracte sera gratuite pour le malade dans le cadre de l'Opération Milagro au niveau des structures qui seront organisées à cet effet   » , a précisé Mme la ministre.

Le gouvernement de Cuba contribue au renforcement du plateau technique à travers la fourniture des équipements et du personnel spécialisé. C'est dans ce cadre qu'un premier lot d'équipement d'une valeur de plus de 350 millions de F CFA et un contingent de six spécialistes sont déjà en place pour renforcer le dispositif existant. Quant au Mali et ses partenaires, ils assureront la prise en charge des médicaments et consommables ainsi que les frais relatifs à la stratégie avancée. Les coûts prévisionnels de ces deux volets au titre de l'année 2007 dépassent 232 millions de F CFA.

La cataracte est la principale cause de cécité et de mal voyance dans le monde. Elle représente plus de la moitié des causes de cécité, soit 20 millions d'aveugles et probablement trois fois plus de malvoyants. Selon l'OMS, la cataracte est responsable de 60 % des cas de cécité dans la sous-région, soit environ 1,2 million de personnes.

Au Mali, la prévalence de la cécité est de 1,2 %, soit environ 156 000 aveugles dont la moitié est atteinte de cataracte. En 2006, près de 9669 cataractes ont été opérées dans notre pays. Ce qui correspond à un taux de 750 interventions par an pour 1 million d'habitants.

Amadou Sidibé

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ADAMA KOLY COULIBALY FACE A LA CRISE DE LA CCIM

« Je suis candidat contre Bittar si j'ai l'assentiment de mon groupe »

Adama Koly Coulibaly, élu sur la liste A de la section industrie du Groupement des commerçants du Mali à l'élection consulaire du 1er octobre dernier, décide de briguer le poste de président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM). Ses intentions, qu'il a dévoilées hier à la presse, sont toutefois conditionnées à l'accord du groupe auquel il appartient et surtout à la suite du procès pendant devant la Cour suprême.

La convocation du collège électoral pour l'élection des membres du bureau de la CCIM est une décision qui émane du ministre de l'Industrie et du Commerce. En attendant que cette décision tombe et que le contentieux soit définitivement vidé sur cette affaire, une candidature de la tendance Guittèye est en préparation contre celle de Bittar.

« Si j'ai le consentement de mon groupe, je serais candidat contre Jeamille Bittar à l'élection du bureau de la CCIM » . Cette déclaration a été faite hier à la presse par Adama Koly Coulibaly au siège de la Fédération des hôteliers dont il est le président, en présence de Cheick Oumar Sako, président du Syndicat des commerçants détaillants du Mali (Synacodem).

Cette démarche, a insisté M. Coulibaly, est loin d'être solitaire, mais elle se fera dans un esprit de groupe et après épuisement de toutes les voies de recours. Il précise, qu'il se désistera lorsqu'il n'aura pas l'assentiment de ses camarades. M. Coulibaly, à en croire ses dires, est motivé par la seule bonne marche des affaires au Mali qu'il veut voir prospérer pour lutter contre la pauvreté.

L'élection des membres consulaires de la CCIM est l'une des étapes de la mise en place du bureau devant être présidé par un de ses membres. Cette dernière étape tarde à voir le jour parce que la première est bloquée à cause d'un fiasco électoral qui n'a pas encore livré toutes ses vérités à la justice.

La décision de M. Coulibaly, selon lui-même, ne tranche pas avec la volonté de son groupe de boycotter toutes les instances de la CCIM dans les conditions actuelles. Il affirme que son groupe n'entend pas siéger au sein d'un bureau présidé par Bittar. Cette raison, explique-t-il, est à l'origine de l'échec de la médiation du Haut conseil islamique au cours de laquelle leur adversaire s'est prévalu du titre de président en attribuant la 1re vice-présidence à Guittèye. Une offre qu'ils ont rejetée, précise-t-il.

L'article 32 de la section II de la composition du bureau de la CCIM stipule que « le président est élu au scrutin secret par l'ensemble des membres de l'assemblée consulaire. La candidature est individuelle » . M. Coulibaly étant élu membre consulaire à la section industrie peut bel et bien affronter Bittar à cette échéance. Ce n'est que la continuation de la lutte à son avis.

Mais, il n'est aucunement question ni pour lui, ni pour d'autres membres de leur groupe de figurer dans un bureau présidé par Bittar.

M. Coulibaly a-t-il les moyens de faire tomber Bittar à l'élection du bureau ? Cette certitude ne souffre d'aucune ambiguïté, à l'en croire. Selon lui, ce sont les régionaux qui font la différence or, la plupart de ceux-ci n'ont plus d'atomes crochus avec le président sortant.

Abdrahamane Dicko

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YANFOLILA

Affrontements entre scolaires et indicateurs des douanes

Très actifs dans le Wassoulou, des indicateurs y opèrent irrégulièrement. Sans mandat de la hiérarchie douanière, sans formation professionnelle, des individus, parce qu'ils ont des amis parmi les douaniers locaux se permettent d'arborer l'uniforme pour saisir des biens et procéder aux fouilles des personnes. Ils rançonnent les paisibles paysans. Plus grave, ils « giflent » parfois ceux qui refusent d'obtempérer.

Les exactions exercées sur les populations du Wassoulou par de prétendus douaniers durent depuis des mois sans que personne ne crie au scandale. Les jeunes écoliers de Niessoumala ont décidé, la semaine dernière de mettre le holà. Une interpellation forte des autorités nationales.

« Je suis à Niéssoumala. Depuis plus de dix ans et je n'ai pas assisté à une scène aussi humiliante. On nous impose un calvaire que nous ne supportons plus. On a décidé, par mesure de protestation, de marquer notre ras-le-bol. Il faut que cette situation cesse pour nous permettre de circuler librement et mener correctement nos activités. Nous avons l'impression d'être des étrangers chez nous. Nous voulons juste un peu plus de considération compte tenu de l'état de pauvreté dans laquelle nous nous trouvons   » , témoigne un ressortissant de la localité, excédé par le comportement des indicateurs de la douane.

Le village de Niéssoumala dans la Commune rurale de Gwaniaka est un grand marché à la « confluence » de la Guinée et de la Côte d'Ivoire. Ses populations sont assez dynamiques et entreprenantes, c'est pourquoi chaque jeune paysan, après la récolte, veut disposer de sa moto grosse cylindrée « Dragon » afin de se mettre à la page et surtout de voyager allègrement. C'est un moyen de déplacement assez pratique.

Mais, aujourd'hui, se déplacer sur un « Dragon » acquis au prix de mille sacrifices est devenu une gageure dans le Wassoulou profond. Pour cause, derrière chaque buisson se cache un indicateur qui guette le moindre vrombissement pour se faire la poche. Comme si acquérir une moto rendait prisonnier son propriétaire dans cette partie du Mali.

Il y a un peu plus d'une semaine, ce village a été le théâtre d'échauffourées entre écoliers et informateurs, communément appelés indicateurs pour le compte de la douane de Badogo. Cette situation malheureuse fait suite à la saisie de la moto d'un enseignant par des indics au service du poste de douane de Badogo. L'informateur serait allé jusqu'à gifler l'enseignant, s'estimant « outragé » dans l'exercice de « ses fonctions » .

Cet incident est le énième du genre. « Ces informateurs de la douane ont de l'audace ; ils s'autorisent tout, sans retenue » , s'indigne une notabilité qui avertit qu'ils doivent être punis et remis à leur place. Les populations n'entendent plus se laisser faire, car elles ne comprennent pas que des individus sans référence officielle et réputés pour leur fainéantise imposent leur loi.

Les comportements auxquels se livrent les informateurs de la douane dans le Wassoulou profond (port d'uniforme, érection de barrages, saisie de biens et leurs ventes aux enchères, etc.) n'est ni plus, ni moins qu'une usurpation de titre. Ce qui est puni par les lois en République du Mali et les auteurs poursuivis par la gendarmerie en tout premier lieu en milieu rural. Il est vrai que le Wassoulou, dans sa partie sud, connaît une forte activité de contrebande.

Indicateurs… de la retenue

La nouvelle situation, née de l'excès d'autorité des indics et de la complicité des autorités locales, ne fera que raviver l'inquiétude bien manifeste des populations vivant dans cette partie du pays, au point que l'on se demande si les villages perdus du Mali ne sont pas considérés par certains comme des no man's land. Les indics sont considérés par les douaniers comme leurs yeux et leurs oreilles ; ils leur fournissent des informations précieuses qui leur permettent de bien travailler. C'est pourquoi, dans son organisation interne, la douane prévoit une rémunération pour l'informateur, qui est calculé sur la base d'un pourcentage sur les saisies effectuées. A ce titre l'indicateur ou l'informateur doit absolument travailler dans la discrétion pour éviter les représailles des populations.

En contrepartie, le douanier se doit de protéger son informateur, sa source d'informations. L'informateur ou l'indicateur à la douane est différent du guide du douanier qui a pour mission d'orienter le douanier dans les zones mal connues de lui. Le travail de celui-ci se fait publiquement ; il travaille étroitement avec la douane et peut se faire recruter en cas de besoin. Certains chefs de bureau, pour pallier le manque d'effectif, prennent l'initiative d'engager des éléments d'appui. Ceux-ci peuvent être des informateurs ou des guides. En tous les cas, ils ne sont pas douaniers et doivent rester loyaux et corrects.

Au Wassoulou, paradoxalement, les indicateurs violent ces principes et opèrent au grand jour avec parfois de l'uniforme de la douane. Ils circulent sur des grosses cylindrées, pourchassent des jeunes sur lesquels de simples soupçons pèsent pour n'avoir pas dédouané leurs engins ; ils érigent des barrages. Alors qu'ils ne sont pas habilités à le faire, car les dispositions de la douane sont très claires : tout agent opérant à la douane n'est pas habilité à procéder à la saisie ; il faut être assermenté.

De ce fait, le personnel d'appui de la douane, les guides et les informateurs sont dispensés de ce travail technique et hautement spécialisé. Les informateurs sèment le désordre au Wassoulou et il faut prendre des mesures énergiques pour les ramener à leur rôle strict d'informateurs discrets de la douane. Ils se doivent d'arrêter définitivement leur comportement provocateur et illégal. Un avis qui est parfaitement partagé par beaucoup de personnes œuvrant dans le secteur. « Nous ne comprenons pas le fait que nous payons pour les fautes commises par les commerçants importateurs de Bamako. Ceux-ci ne sont jamais inquiétés et pourtant nous détenons leurs factures acquittées avec toutes les adresses. Nous voulons aussi vivre comme nos frères de génération des villes et ce sont des jeunes comme nous qui se permettent de saisir nos motos sans autorisation » .

Yaya Sangaré

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GEOSTRATEGIE

Les Américains renforcent leur présence militaire en Afrique

Les Etats-Unis viennent de décider de la création d'un commandement unifié des forces américaines en Afrique. Dénommé Africom, il va coiffer toutes les activités de défense des USA sur notre continent, sauf en Egypte. L'oncle Sam renforce ainsi sa surveillance de l'Afrique, très convoitée, sous prétexte de lutte contre le terrorisme international.

Le ministère américain de la Défense a décidé de créer un commandement unifié pour l'Afrique sous l'appellation Africom. Cette restructuration géopolitique vise à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires américaines dans l'ensemble de notre continent très convoité dans le repositionnement géopolitique en cours depuis la fin de la guerre froide.

« Ce nouveau commandement renforcera notre coopération avec l'Afrique en matière de sécurité et nous offrira de nouveaux moyens d'accroître les capacités de nos partenaires en Afrique » , affirmait le président George W. Bush le 6 février dernier. « Il nous permettra d'intensifier nos efforts en vue d'apporter la paix et la sécurité aux peuples d'Afrique et de promouvoir nos objectifs communs en matière de développement, de santé, d'éducation, de démocratie et de croissance économique en Afrique » .

L'Africom doit commencer à fonctionner le 30 septembre 2008. Il aura alors à sa tête un chef militaire de haut grade, à quatre étoiles et de même rang que les autres commandants régionaux de par le monde. L'équipe de transition pour le futur commandement a pour le moment son quartier général à Stuttgart (Allemagne), siège du Commandement européen des forces armées américaines. Le ministère de la défense souhaiterait cependant qu'il soit par la suite transféré dans un pays africain.

Jusqu'ici, les activités militaires des Etats-Unis en Afrique étaient partagées entre les commandements européen, central et pacifique, situation que le ministre de la défense, Robert Gates, a qualifiée de « dispositif désuet remontant à la guerre froide » . Maintenant que l'impérialisme l'a emporté sur le communisme, il faudra changer de stratégie.

« La création de l'Africom nous assurera une approche plus efficace et plus intégrée que ne le fait la division actuelle de l'Afrique entre les différents commandements » , a déclaré M. Gates, le 6 février, à la commission sénatoriale des forces armées. En réalité, il s'agit de mieux contrôler l'Afrique. Il n'est un secret pour personne que l'Afrique, surtout le traditionnel « pré-carré français » , est très convoitée par la Maison Blanche. Ils s'attaquent ainsi aux zones d'influence française car conscients que les Etats-Unis ne peuvent plus compter sur l'Hexagone dans leur belliqueuse et expansionniste politique. Les Américains ont encore en travers de la gorge, l'opposition de la France à l'envahissement de l'Irak même si la suite a donné raison aux Français.

Les Etats-Unis veulent également contrôler l'Afrique pour mieux contrer des groupes terroristes comme les Salafistes du GSPC d'Algérie. Il s'agit aussi de se positionner par rapport à l'avancée vertigineuse sur le continent africain d'une puissance concurrente comme la Chine. Ce pays qui s'éveille fait autant peur aux Européens qu'aux Américains. Et une présence américaine mieux coordonnée est toujours un atout précieux pour se préserver des parts de marchés. Surtout que les Chinois s'attaquent à des bastions comme l'Angola où les Américains étaient très influents du temps de la guerre froide.

Embourbés en Irak, détestés à Beyrouth (Liban) et à Damas (Syrie), de moins en moins tolérés en Arabie Saoudite… les sources d'approvisionnement des Etats-Unis en pétrole commencent à se faire rares. Surtout qu'ils ne peuvent plus se tourner vers l'Amérique latine dont les pays sont en train de basculer un à un dans l'antilibéralisme.

Abandonner l'Afrique et ses gisements de pétroles prometteurs aux Chinois serait une erreur géostratégique qui peut coûter cher à l'avenir. Il faut rappeler à ceux qui doutent encore de vrais enjeux de la restructuration géostratégique, que ces commandements régionaux unifiés servent à coordonner les intérêts militaires des Etats-Unis dans le monde. Leurs chefs font office de diplomates et, si cela s'avère nécessaire, ils prennent le commandement d'opérations militaires régionales.

« Les Etats-Unis vont solliciter l'avis des dirigeants africains quant à la manière dont le commandement pour l'Afrique pourra réagir aux défis. Nous collaborerons étroitement avec nos partenaires africains en vue de déterminer un lieu approprié pour ce nouveau commandement » , a promis George Bush.

Comme on le voit, on ne demande pas l'avis des dirigeants africains sur la nécessité de la création de ce commandement sur leur continent, mais sur son lieu d'implantation. Ce qui n'est pas d'ailleurs surprenant parce que nos pays sont de plus en plus trop dépendants de l'aide financière américaine pour refuser quoi que ce soit à la Maison Blanche. Seule certitude cependant : les Africains n'ont pas dénoncé les bases militaires françaises pour tomber sous le joug d'un commandement militaire américain.

Moussa Bolly

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RESERVE DU STADE MALIEN SUR l'AS DOUANE DE DAKAR

Le feuilleton Mamadou Aliou Diallo se poursuit

« Toutes les démarches ont été effectuées au niveau de la Confédération africaine de football (Caf) » . C'est par ces propos que, le président de la section football du Stade malien, Banta Diabaté, a confirmé la réserve déposée par le Stade contre l'AS Douanes sur le cas du joueur Mamadou Aliou Diallo, qui a évolué avec le Club olympique de Bamako (COB).

Aux dires des dirigeants clubistes, Mamadou Aliou Diallo n'a pas été libéré officiellement. Et il est parti sans une lettre de sortie du club de départ. « Nous connaissons toutes les règles de transfert d'un joueur en matière de football » , a précisé Banta. Il s'exprimait ainsi samedi dernier au Stade Demba Diop, à l'issue du match retour comptant pour le tour préliminaire de la Ligue africaine des champions entre le Stade malien et l'AS Douanes (0-2).

Le Stade malien accuse l'AS Douanes d'avoir aligné dans son effectif, lors du match aller à Bamako, Mamadou Aliou Diallo, un joueur que le club présente comme étant encore pensionnaire du Club olympique de Bamako. Pour le match retour à Dakar, samedi, le staff douanier n'a pas utilisé le joueur en question.

Boubacar Diakité Sarr

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