La Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca), conformément à ses missions d'étude et d'exploitation des rapports de contrôle et d'inspection transmis au président de la République, a présenté hier son 10e bulletin de 2005 et 2006. Ainsi, en 2006, ce sont au total 76 rapports qui ont été étudiés par la Casca et sur lesquels 48 transmis au procureur général de la République.
Au titre du contrôle général des services publics, on compte 28 rapports qui incriminent la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), l'Institut d'économie rurale (IER), l'ORTM, les directions administratives et financières des ministères des Affaires étrangères, des Domaines de l'Etat, les heures supplémentaires dans les établissements d'enseignement secondaire, technique et professionnel, l'IOTA, les Entrepôts maliens au Sénégal et au Ghana, la direction régionale de la police du district, la mairie de la Commune de Ségou etc…
Dans ce lot, le rapport le plus sensible est sans doute celui portant sur les fonds alloués au comité national d'organisation du 23e Sommet Afrique-France. Mais à ce sujet, le président de la Casca, Bréhima Noumoussa Diallo, a été on ne peut plus clair : « Je ne peux pas commenter un dossier pendant devant le tribunal » .
Au titre de l'inspection des services judiciaires, les rapports, au nombre de huit, concernent la Cour d'appel de Bamako, les tribunaux de première instance de la Commune IV du district, de Ségou, de Sikasso, les justices de paix à compétence étendue de Kolondiéba, Bougouni et Douentza. Les rapports de l'inspection des finances couvrent les fonds destinés à la lutte contre les criquets pèlerins, la BHM-SA, les fonds PPTE au niveau du ministère de la Santé, la DAF du ministère de l'Artisanat et du Tourisme, etc.
Au titre de l'inspection des domaines et des affaires foncières, ce sont la Commune urbaine de Gao et les faits signalés relatifs aux titres fonciers n°12917 et n°5754 en Commune II du district. Les rapports de l'intérieur épinglent notamment les faits signalés à la Commune I du district et l'Assemblée régionale de Sikasso. Le dernier rapport au titre de l'inspection des affaires sociales porte sur le Centre national d'appareillage orthopédique du Mali et de l'Association malienne des personnes handicapées physiques.
A ces structures, il est reproché, entre autres, l'inexistence ou la mauvaise tenue des documents de la comptabilité, le fractionnement des dépenses, la non sécurisation des biens de l'Etat, la non prise de sanction à l'encontre des agents défaillants, l'octroi de bons individuels, l'octroi d'avantages sans support légal, la violation des dispositions du code domanial et foncier…
Selon M. Diallo, les rapports ont été déjà transmis aux autorités judiciaires compétentes. Et pour faciliter leur travail, a-t-il assuré, le budget du procureur général a été revu à la hausse et son personnel étoffé.
Le 10e bulletin de la Casca, comme les précédents et tout comme celui du Vérificateur général, épingle un certain nombre de services de l'Etat pour leur gestion « hasardeuse » des biens publics. Mais quel sort sera-t-il réservé à ces fossoyeurs de notre économie et aux agents défaillants. A cette question, le président de la Casca charge les juridictions compétentes : « Notre mission est d'étudier et d'exploiter les rapports de contrôle et d'inspection transmis au président de la République. Nous transmettons ensuite les rapports aux autorités judiciaires compétentes qui sont chargées de faire les investigations nécessaires pour punir les fautifs » , a-t-il expliqué.
Cela fait déjà 10 rapports qui ont été remis aux autorités judiciaires. Sans suite. Aucun des services incriminés n'a été jusque-là entendu. Pis, des services sont épinglés dans trois rapports de suite et ils n'ont jamais été inquiétés. D'où les interrogations des confrères sur l'utilité d'un service comme la Casca qui engloutit, bon an mal an, des millions de F CFA pour produire des rapports destinés aux tiroirs des juridictions compétentes.
PATRONATS AFRICAINS ET LYONNAIS
Moussa Balla Coulibaly, président
Le Conseil des patronats africains et lyonnais (CPAL), créé le 12 décembre 2005 à Yaoundé au Cameroun, a tenu hier dans un hôtel de la place son assemblée générale. Les travaux, placés sous le signe des échanges, ont pris fin dans l'après-midi d'hier par la passation de témoin entre le président sortant, le Camerounais Charles Metouck, et le président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Moussa Balla Coulibaly.
La création du CPAL par les patronats africains et celui de la région Rhône-Alpes procède du souci de ses fondateurs de se doter d'une organisation patronale forte et profitable dans le contexte de la mondialisation.
L'assemblée générale d'hier, la première du genre accueillie par notre capitale, n'avait pas pour but seulement de doter l'institution d'une nouvelle direction. Mais, aussi de donner l'occasion à ses membres venus de Lyon en France, du Cameroun, du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Sénégal, d'échanger, d'explorer les moyens de mise en commun de leurs efforts. Le but recherché est d'engager résolument leurs pays dans la voie du partenariat et des échanges mutuellement avantageux.
La journée d'échange a essentiellement porté sur les aspects liés aux domaines possibles de coopération pour défendre les intérêts des entreprises, promouvoir davantage le dialogue public et privé et identifier mieux les voies et moyens d'une meilleure insertion de nos économies dans la mondialisation.
La rencontre s'est tenue avec la participation des représentants de l'Uémoa, du BIT et du Réseau africain des fonds de financement de la formation professionnelle.
Abdrahamane Dicko
[haut]
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AFRIQUE-FRANCE
La France et la marginalisation du continent
La France n'a pas besoin de l'Afrique ! On entend souvent cette phrase, et de plus en plus, dans la bouche des responsables politiques français, en cette veille d'élections chez eux. Cela est-il vrai ? Que doit inspirer cette affirmation chez nous les citoyens africains et maliens ?
Ma sensibilité personnelle me pousse à me considérer comme le maître de mon destin et donc le responsable de mes échecs. De ce fait, j'ai tendance à penser que si l'Afrique et le Mali sont en difficulté, c'est d'abord et surtout par notre faute.
Celle de nos devanciers qui n'ont pas su construire des empires, nations et Etats capables de maîtriser les technologies, les capitaliser et créer les conditions d'une expansion socioéconomique. Cela nous aurait permis d'être peut être les conquérants et non ceux qu'on conquiert, qu'on asservi et qu'on exploite. Celle de nos ancêtres qui ont participé à la traite, collaboré avec le colonisateur et créer les conditions d'un enfouissement encore plus profond de nos espérances.
Celle de nos élites, dirigeants qui ont continué à suivre les ex-colonisateurs leur permettant ainsi de poursuivre notre exploitation sur un autre plan, de manière plus insidieuse, plus subtile mais plus dommageable pour nous. Ces mêmes élites qui ont continué à courber l'échine sous les diktats des institutions internationales. Celle enfin de nous tous car après tout « nous avons les dirigeants que nous méritons » .
La mise en cause de ma responsabilité dans mon malheur doit me faire prendre conscience qu'il ne faut pas compter sur l'autre pour me sortir de là, surtout qu'il a pleinement contribué à me mettre là où je suis. Je dois compter sur moi pour m'en sortir. Je souhaite que cet électrochoc positif crée une onde de choc salvatrice pour ce continent nous permettant d'arpenter avec bonheur les sentiers du progrès. Quoi que cela en coûtera et qu'importe le temps que cela prendra !
Cela étant dit, il faut néanmoins remettre gentiment à leur place ceux qui estiment que nous en faisons trop quand on leur rappelle leur rôle historique, le pillage systématique des ressources du continent, qui continue encore actuellement. Ceux-ci pourfendent « la stratégie de victimisation » des africains et soulagent ainsi leur conscience. Quand j'entends maintenant les ex-colonisateurs dire qu'ils n'ont plus besoin de nous, cela me fait sourire, un sourire amer, celui d'un citron pressé. Pour plusieurs raisons :
Personne de sérieux ne peut nier la motivation économique de la colonisation, la création des comptoirs commerciaux qui ont fait de nos économies des zones extraverties (ce qui continue d'ailleurs encore) avec exportation de matières premières et importation de biens de consommation sans aucune volonté de créer les conditions d'une industrialisation capitalisant la richesse et nous transformant en producteurs de richesses durables et maîtrisées. Quand vous vous adonnez à ce trafic, ne peut-on pas vous considérer comme des prédateurs ?
Je ne parle même pas de la traite et de ce qui s'en suit. Si la colonisation avait été le fait de citoyens et non d'Etat, l'Afrique serait au même stade de développement que les Etats-Unis ! Mais la colonisation a été une entreprise mise en œuvre par les puissances qui sont venues se servir et ont créé en partant les conditions pour que cela dure éternellement !
La France a un PIB supérieur à celui de l'Afrique entière ; PIB dont l'essentiel est produit en France métropolitaine, on ne peut dire que sa richesse se base sur l'exploitation des ressources du continent ! Certes, mais qui peut dire que la participation des Africains à la guerre, à la construction de la France d'après guerre, à la mise en place d'infrastructures de transport…, au rayonnement culturel de la France et de la langue française, au soutien politique des initiatives françaises, à la recherche et aux technologies de pointe n'a pas contribué de manière significative à faire de ce pays la puissance qu'elle est aujourd'hui.
Le chronogramme historique se compte en décennies, en siècles et quand on prend cette lunette, ceux qui se réfèrent à la situation actuelle pour dire que la France n'a pas besoin de notre continent apparaîtront comme des nains de la conscience humaine et des aveugles dangereux !
Total qui exploite des gisements pétroliers importants (comme Shell, Exxon et d'autres) en Angola, au Congo, au Gabon, au Nigeria, en Guinée équatoriale et qui contribue pour au moins 40 % à son profit annuel de 10 milliards d'euros ne sera sans doute pas d'accord avec eux comme la plupart des grandes entreprises occidentales commerçant avec ou à partir de notre continent.
Les entreprises de bâtiment, de travaux publics, de télécommunication, d'énergie, du transport (Bouygues, Saur International, France Telekom, Veolia, Air France…) qui se battent pour produire en Afrique ne seront également pas de cet avis quand on sait que les secteurs concernés leur permettent de combler en partie le déclin économique de leur pays. Elles réalisent au moins le quart de leurs profits sur le continent.
Le dernier exemple de l'intérêt économique plus que manifeste de la France envers l'Afrique est l'Afrique du Sud où les Français viennent d'organiser plusieurs semaines d'actions de promotion afin d'obtenir quelques-uns des contrats portant sur les travaux de préparation de la Coupe du monde de football 2010. Une entreprise française doit construire et exploiter une ligne de métro pour un coût de 1,2 milliards d'euros. Le Maghreb, avec l'Algérie pour le pétrole et surtout le gaz, la Libye, la Tunisie… compte également parmi les grands partenaires économiques de l'Hexagone.
On peut estimer à au moins 20 milliards d'euros l'apport économique net du continent pour un pays comme la France, synonyme de beaucoup d'emplois, de ressources financières bienvenues pour le budget, de potentiel de développement… Ce n'est pas Proparco, le bras de prospection et de soutien aux investissements français, qui démentira ces propos.
Notre pays est marginalisé dans les relations franco-africaines car n'ayant que peu d'intérêt économique à l'exception de la distribution automobile, de médicaments, de transports aériens, du commerce et des services de manière générale (informatique, communication…) Ce ne fut pas toujours le cas car avec la fibre de coton, nous figurions parmi les premiers pourvoyeurs de ressources à la CFDT (devenu Dagris) d'alors à travers la Copaco. Chaque année au moins environ 150 millions d'euros étaient encaissés par cette société pour le compte de la CMDT avec une ristourne pour elle-même !
Convainquons nos amis que le « vivre ensemble » est plus important que l'intérêt économique qui est changeant et peut amener l'être humain à tous les dérapages et à toutes les prostitutions. Nous avons une histoire douloureuse commune, nous avons une proximité géographique qui nous condamne à avoir un avenir commun.
La richesse repartie de manière équilibrée, la justice qui impose des efforts à chacun, l'équité solidaire dans les relations entre les nations sont des valeurs à cultiver… avec en toile de fond une vision historique dépassant les analyses de court terme.
Moussa Mara
( expert-comptable )
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EN VISITE AU MALI
Mme Buffet s'aligne pour un autre monde
Après Laurent Fabius (finalement battu au Parti socialiste par Ségolène Royal) et Nicolas Sarkozy, c'est au tour de Marie-George Buffet de fouler le sol malien pour partager sa vision de l'immigration, de la coopération avec les Maliens. La candidate du Parti communiste français (PCF) veut refonder la politique de coopération de la France à l'égard de l'Afrique en prônant une autre politique à Gauche.
« Depuis vingt ans, nous sommes enfermés dans le libéralisme. Il est grand temps de faire le choix du changement par une politique anti-libérale » ! Telle est la conviction de Marie-George Buffet. La candidate de la gauche populaire et antilibérale était l'invitée de l'altermondialiste Aminata Dramane Traoré. L'objectif de ce séjour de 24 h était d'échanger avec les partis politiques, les mouvements sociaux, la presse… sur sa vision de la mondialisation, de la coopération, du codévelopement, de l'immigration…
« En France, on a besoin de mieux comprendre à la fois les richesses du Mali, qui sont en train de se développer grâce aux hommes et aux femmes de ce pays et voir comment la France et l'Europe peuvent aider utilement sans imposer des choix néocoloniaux. Il est nécessaire de construire ce pays avec les Maliens car le développement dépend avant tout de ce qu'ils veulent réaliser » , a-t-elle déclaré pour situer sa visite dans son contexte.
Les échanges avec les partis et les mouvements sociaux ont eu lieu dans l'après-midi de mardi dans la salle de conférence du Djenné (Missira). En plus des altermondialistes et de nombreux confrères, on notait la présence des personnalités politiques comme Dr. Aly N. Diallo (Adéma), Mme Kéita Rokiatou Ndiaye (RPM), Pr. Younouss Hamèye Dicko (RDS), Souleymane Koné (Mouvement citoyen)… Comme on pouvait s'y attendre, les débats ont essentiellement porté sur la coopération Nord-Sud, les accords de réadmission des immigrés, la dette, les politiques d'ajustement structurel, le chômage des jeunes…
Sur l'ensemble de ces questions, Mme Buffet est sur la même longueur d'onde que ses interlocuteurs maliens. Elle souhaite ainsi que soit repensée la coopération entre le Mali et la France, entre l'Europe et l'Afrique.
Dans le programme de la candidate du PCF et ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, on retrouve quasiment toutes les préoccupations des Africains. Par rapport à l'immigration par exemple, elle envisage d'abroger la loi Ceseda qui institue « l'immigration choisie » et qui renie le droit d'asile. Elle souhaite aussi développer des partenariats avec des pays d'émigration comme le Mali afin de mettre fin à l'exode et à la misère et assurer la liberté de circulation et la régularité du séjour des migrants. Mieux, Mme Buffet veut réduire la clandestinité en imposant le respect du droit d'asile, la régularisation avec un titre de 10 ans de tous les sans-papiers, la facilitation de l'accès à la nationalité, la suppression des visas de court séjour…
Prônant un partenariat d'égal à égal, la communiste souligne qu'il faut aujourd'hui « donner les papiers aux hommes et femmes qui vivent en France afin qu'ils puissent travailler et vivre dignement. Il faut leur permettre d'avoir des papiers sur le long terme pour se construire un avenir » . Pour elle « l'Europe ne peut pas se développer aujourd'hui sans l'Afrique. Et, malgré les richesses dont il dispose, le continent africain ne peut pas se développer sans un processus de progrès social en Europe » .
Lors de cette rencontre, l'hôte du Mali a attiré l'attention de l'assistance sur le fait que « des espaces nouveaux s'ouvrent à toutes les forces qui agissent pour un autre type de relation internationale, pour des alternatives à un libre-échange sans rivage. Le monde change comme on le voit en Amérique latine. Et la politique étrangère de la France devra être un pilier de cette construction d'un monde plus juste » .
Le porte-drapeau des communistes à la prochaine présidentielle française n'a pas manqué de souligner sa détermination de défendre le droit des pays du Sud à protéger leurs économies, notamment leur agriculture. Elle est déterminée à combattre « la politique des brevets » qui met nos pays sous la coupe des multinationales.
En plus de l'annulation de la dette et l'imposition d'une taxe sur les mouvements des capitaux, Marie-George Buffet veut pousser l'Europe à développer « une politique de coopération aidant les pays du Sud à tourner leurs activités vers la satisfaction de leurs propres besoins, notamment en matière d'eau, de santé, d'éducation, de transports collectifs, d'habitat… »
Un programme assez attrayant et favorable à l'autre monde pour lequel se battent les altermondialistes et de nombreuses composantes de nos sociétés civiles. Et si les Maliens et les Africains avaient le choix, Marie-George Buffet pouvait être assurée de succéder à Jacques Chirac ! N'empêche que, comme l'a souligné une dame dans la salle, les bénédictions de l'Afrique d'en bas l'accompagnent.
Moussa Bolly
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APPROVISIONNEMENT EN INTRANTS
Bakary Togola, le faux frère des paysans
Dans l'affaire des intrants agricoles en zones CMDT, un paysan accuse clairement le président de l'Apcam, qui a, dit-il, trahi ses pairs et mérite pour cela d'être jugé.
L'approvisionnement en intrants non-stratégiques (intrants céréales) devient d'année en année, très préoccupant tant pour la filière coton que pour les cotonculteurs. De ce constat d'affairisme que connaît la sous-filière intrant céréale, on retient que cela n'est pas dû à la méconnaissance des procédures d'appel d'offres, mais plutôt à la moralité des leaders chargés d'animer cette activité.
Pour illustrer cette hypothèse, deux exemples sont largement édifiants parmi tant d'autres.
- En 2005, la filière coton a connu et traité un dossier intrants céréales qu'elle a certes géré avec modestie et sans interpellation se soldant par un déficit très important pour le compte de la sous-filière intrant agricole (soit environ 2 milliards de F CFA).
- Comme si cela ne suffisait pas, encore en 2006, les producteurs sont pénalisés par une surfacturation du produit herbicide kalach de 3000 à 10 500 F CFA, puis le Sicomet de 4900 à 12000 F CFA/l.
La grogne de l'ensemble des producteurs s'est fait entendre par la direction générale de la CMDT qui est leur partenaire privilégié. Pour ainsi aplanir ce différend qui opposait le GSCVM à sa base, la CMDT a été obligée de s'impliquer en qualité de médiateur tout en invitant les producteurs à accepter un nouveau prix révisé à la baisse et cette fois-ci indexé sur le coût hectare des autres produits similaires. Cette légère baisse du prix n'est pas unanimement acceptée par tous, car elle ne résout pas totalement la préoccupation des producteurs lorsqu'on sait que même là le prix n'est pas conforme aux produits.
Suite aux remous des producteurs, le GSCVM s'est vu très vite interpellé par les producteurs de Massigui et Dioïla pour le paiement intégral de la différence de prix de 9900 à 4900 F CFA environ.
Tenez-vous bien ce même produit avait été initialement surfacturé à 12 000 F CFA. Le président du GSCVM, M. Bakary Togola, acculé jusqu'au dernier retranchement, était obligé de réviser à la baisse, soit 4900 F CFA malgré qu'il ait signé le contrat fournisseur sur la base de 12 000 F CFA. Le manque à gagner s'élève à environ à plus d'un milliard de F CFA.
Tout cela, sans compter une première saisine des comptes CMDT à cause d'une différence de prix du produit kalach de 3000 F à 10 500 F. Cette différence de prix s'élevait à l'époque à environ 600 millions de F CFA.
En raison de tout ce qui précédent, qu'il me soit permis de m'interroger où sont les cadres honnêtes de la CMDT ? Où est la section syndicale de la filière-coton qui, à mon avis, devrait être le premier à dénoncer cette pratique ? Car toutes ces malversations se font au détriment de la filière-coton à qui sont liés tous les acteurs y compris les travailleurs de la CMDT, l'Etat et les producteurs.
Si la direction de la CMDT résiste à payer la différence de prix aux fournisseurs jusqu'où ira cette résistance, car le dossier intrants céréales, s'il est dénoué n'a pas fait l'objet d'information. Il reste à vérifier si la sous-filière intrant n'a pas supporté le déficit occasionné.
Pourtant le présumé intouchable Bakary Togola n'a pas dit son dernier mot, car il ambitionne devenir le président de la Faîtière nationale sachant que les appels d'offres relèveront de cette structure à la faveur de la réforme du secteur coton, toute chose pour continuer à sucer les acteurs de la filière.
Son comportement de facilitation pour le retour de la filière coton aux mécanismes de fixation du prix plancher du coton graine aux producteurs à l'époque lui a donné l'occasion de piéger l'Etat et la CMDT.
Au lendemain de cet événement, les autorités en son temps lui ont porté toute leur confiance espérant qu'en le propulsant davantage à une haute responsabilité, il serait à hauteur de mission. Cette marque de confiance M. Togola s'en est servi pour piller ses pairs à la faveur des appels d'offre organisés par le groupement des syndicats qu'il préside.
Maintenant qu'il a montré ses limites et que des voix sont en train de se lever pour dénoncer une malversation qui n'a que trop duré, va-t-il continuer à duper les autorités ? Quand est-ce qu'il va répondre de ses actes ?
Aujourd'hui, prononcer le nom de Bakary Togola dans un débat en milieu paysan équivaut à un échec de situation, car les cotonculteurs sont en réalité au bord de l'explosion contre ce président de toutes les organisations et institution (Sycov, UCPC, Apcam, Faîtière, etc.)
Cela n'est guère étonnant, car il se fait élire par l'argent sachant qu'il en aura suffisamment après et sans efforts. Si la sous-filière intrants doit toujours supporter les déficits délibérément occasionnés par Bakary Togola, alors on s'accordera à croire effectivement qu'il est le seul enfant béni du monde rural comme il se plaît à le dire souvent.
Pour conclure, est-il intéressant de savoir qui payera la différence de prix aux fournisseurs ? Pas en tout cas la CMDT, car elle est blanche comme neige dans cette affaire.
C'est le lieu de faciliter et de soutenir la direction générale de la CMDT pour sa vigilance, son patriotisme et surtout pour son sens aigu de responsabilité à défendre les producteurs coton qui sont laissés pour compte par leur groupement des syndicats.
Almamy B. Ouattara
( notable à Flasso Sikasso)
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MATCH AMICAL MALI-LITUANIE : 3-1
Les Aigles étalent une séduisante aisance technique
Face à la Lituanie, mardi à la Courneuve, les Aigles du Mali, vainqueurs (3-1) ont fait preuve d'une grande capacité de réaction et de gestion de match. Ils ont emballé la partie ou cassé le rythme à leur guise. De bon augure pour la suite des éliminatoires de la Can-2008.
Les Aigles n'ont pas eu à forcer leur talent pour venir à bout d'une sélection lituanienne enthousiaste, mais pas assez percutante. Les protégés de Jean-François ont gagné (3-1) cette rencontre amicale internationale disputée mardi dernier à Courneuve, dans la banlieue parisienne. Et, ce, malgré l'absence de joueurs comme Frédéric Oumar Kanouté, Drissa Diakité et Mamadi Sidibé.
Djilla et ses poulains sont pourtant entrés timidement dans la partie en bouclant les 20 premières minutes sans une seule action d'éclat. C'est après la demi-heure de jeu qu'ils trouvent l'ouverture du score avec Seydoublen, très opportuniste, à la réception d'un bon centre d'Adama Tamboura. Malheureusement, les Lituaniens remettent les pendules à l'heure profitant de la passivité de la défense malienne, restée statique. Le portier Maha est surtout beaucoup à reprocher sur cette égalisation parce qu'il est resté figé en croyant certainement que la balle allait sortir.
On craignait alors que les Aigles ne retombent dans leurs travers. Loin de là, peu de temps après avoir pris ce but, Mamadou Diallo déboule sur le flanc gauche et centre pour Djilla qui catapulte la balle au fond des filets adverses. Le plus beau était à venir. Juste avant la pause, Souleymane Diamouténé récupère le cuir et adresse une longue et précise passe à Mad Diallo. D'une pittoresque aile de pigeon, l'attaquant nantais met le ballon dans sa course, évite la sortie rageuse du portier lituanien et marque dans le but vide.
Talon d'Achille
La seconde mi-temps commence sur des chapeaux de roue avec Dramane Traoré « Rivaldo » , rentré à la place de Bassala Touré, qui a été à deux doigts de saler l'addition. Malgré la rentrée de Cheick Murtala Diakité et du revenant Vincent Doukantié, notre équipe nationale ne réussira pas à corser l'addition. Il faut aussi reconnaître que face à des adversaires résignés sur leur sort, l'envie n'était plus là.
Ce match amical a en tout cas permis à l'encadrement technique de réunir presque toute son équipe. La revue de troupe, avant l'important Mali-Bénin du 25 mars à Bamako, a comblé les attentes sur le plan du jeu. Les Aigles ont fait montre d'une insolente aisance technique, d'une grande solidarité, voire complémentarité. Ils ont aussi fait preuve d'une grande capacité de réaction et de gestion de match. Ils ont emballé la partie ou cassé le rythme à leur guise.
Toutefois, si l'attaque et le milieu rassurent par leur sérénité, la défense n'a pas encore une assise solide. Elle donne souvent des sueurs froides. Curieusement, le coach n'a pas fait de remplacement dans ce secteur. N'empêche que les Aigles ont beaucoup séduit lors de cette rencontre amicale. Et toute la nation prie qu'il en soit de même le 25 mars prochain contre les Ecureuils du Bénin.
Moussa Bolly
Composition des Aigles du Mali :
Gardien : Mahamadou Sidibé
Défenseurs : Adama Coulibaly, Cédric Kanté, Souleymane Diamouténé et Adama Tamboura
Milieux : Mahamadou Diarra, Seydou Kéita (puis Vincent Doukantié), Soumaïla Coulibaly (puis Cheick Murtala Diakité) et Djibril Sidibé.
Attaquants : Mamadou Diallo et Bassala Touré (puis Dramane Traoré)
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