Le syndicat national de l'enseignement supérieur ( Synesup ) a, au cours d'une assemblée générale extraordinaire hier à l'ENI, décidé de suspendre son mot d'ordre de grève illimitée pour trois semaines. Mais il se donne le pouvoir de renouer avec le mouvement si le gouvernement ne respectait pas ses engagements d'ici fin février.
C'est un ouf de soulagement pour le gouvernement, les étudiants, les parents d'élèves et tous les acteurs du monde éducatif : le Synesup a décidé, hier au cours de son assemblée générale extraordinaire, de suspendre son mot d'ordre de grève illimitée enclenché il y a deux mois.
Cette suspension fait suite à la satisfaction partielle de certains points de doléances des enseignants. Il s'agit notamment de l'indemnité de logements, de l'annulation des résultats de la FSJE et de la satisfaction des points qui avaient déjà fait objet d'un protocole d'accord entre le gouvernement et le syndicat.
Sur le premier point, les deux parties sont tombées d'accord sur le montant de 50 000 F CFA par mois. En lieu et place de l'annulation des examens de la FSJE, ils ont convenu du renouvellement des organes statutaires des Facultés des sciences juridiques et de gestion. Quant aux décrets portant réglementation des tâches liées aux examens et au décret additif de la nomination des professeurs, ils devaient être signés, en principe, aujourd'hui mercredi par le conseil des ministres.
Au terme d'un débat houleux sur ces acquis, les enseignants ont décidé de reprendre le chemin de l'école dès ce matin. Toutefois, ils promettent de faire entendre leur voix si le décret portant indemnisation n'était pas signé d'ici la fin de ce mois et celui portant renouvellement des organes statutaires en fin mars 2007.
Les enseignants ont félicité le bureau pour cette première victoire, en attendant la guerre. Reste à savoir les dispositions qui seront prises pour sauver l'année universitaire 2006-2007 qui ne compte plus que quatre mois.
Le secrétaire général du Synesup Abdou Mallé a dénoncé, hier, l'attitude du trésorier général du syndicat et de son adjoint qui ont , selon lui, bloqué les fonds et pris la fuite. « J'ai été obligé de prendre des crédits pour faire les démarches » , a-t-il dit. Selon lui, cette manœuvre des deux trésoriers n'avait d'autres objectifs que de casser le mouvement de grève. L'assemblée générale a décidé, séance tenante, d'exclure les deux « traîtres ».
AFFAIRE ITEMA
La justice peine à trancher
Le dossier de l'ex- Itema est des plus sulfureux. La justice peine à vider le contentieux et tout porte à croire que le ministre de l'Industrie et du commerce Choguel Kokalla Maîga , qui est à la base de cette affaire salle, filera la patate chaude à son successeur.
Les conditions de privatisation de l'Industrie textile du Mali, ( Itema ) n'étaient pas réunies. Ou du moins, au moment de sa privatisation, la vérité des prix n'a pas été appliquée. La société se portait au plus mal. Elle traînait une dette de 8 milliards de F CFA et possédait des titres litigieux. La logique aurait voulu que l'Etat procède d'abord à un redressement avant de la vendre. Ou encore à défaut d'un redressement, on aurait dû, tout au moins, assainir le portefeuille ou la céder avec les dettes. Cette dernière éventualité reflétait la position de Bassari Touré alors ministre de l'Economie et des Finances. Cependant, ni Choguel Maïga , ministre du Commerce et de l'Industrie, ni Ousmane Thiam , son collègue des Petites et moyennes entreprises, ne l'entendaient de cette oreille, pressés qu'ils étaient de la vente de l' Itema . Résultat, l' Itéma , pour un milliard de F CFA, a été cédée à Batexci . Le franc symbolique dira-t-on.
Mais, pour autant, les contentieux ne se sont pas éteints. Les dossiers s'entassent au niveau du tribunal, qui n'a d'autres choix que de faire des renvois sur des renvois. Le dossier étant politique, il ne serait pas aisé de trancher surtout dans le contexte actuel.
Alexis Kalambry
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PROCES PERDU CONTRE LA SOADEF
Le silence coupable de la DNCC
Dans notre parution du lundi 5 février 2007, nous évoquions les conditions lamentables dans lesquelles l'Etat a perdu la bagatelle de 800 millions de F CFA dans une affaire d'importation frauduleuse de farine dont le présumé auteur est la société Amara Doucouré et frères ( Soadef ). La Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) garde le silence absolu sur ce dossier, l'un des plus gros scandales du département du Commerce et de l'Industrie.
L'affaire des 800 millions de F CFA, que la Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC) vient de perdre contre la Soadef dans un procès, est en train d'être passé sous silence. Tout a été mis en œuvre par les responsables de la DNCC, qui ont reçu l'ordre, on ne sait de qui, de ne piper mot à la presse sur ce dossier scabreux.
Dans le souci de comprendre les raisons profondes de la déroute de la DRCC au tribunal de la Commune III, nous avons voulu prendre langue avec les responsables de la DNCC lundi dernier. Le DGA que nous avons rencontré dit ne rien connaître du dossier, qui aurait été monté et piloté de bout en bout par la DRCC. Il nous a demandé alors de nous adresser à cette structure qui relève pourtant de lui.
Le DG de la DRCC à son tour s'est montré étonné que l'affaire soit à son niveau. Selon lui, nous n'avons meilleure interlocutrice que la DNCC, qui suit cette affaire de près et qui aurait même interjeté appel de la décision du tribunal de la Commune III.
Motus bouche cousue
Il est difficile de comprendre que la DNCC puisse jouer à ce jeu si réellement il n'y a pas une volonté délibérée de cacher quelque chose. De source proche de la DNCC, des instructions fermes ont été données afin qu'aucun agent ne parle de cette affaire à la presse. Le récent limogeage de Boubacar Sissoko, membre de l' Asri n'est pas seulement dû au fait qu'il s'est exprimé au cours d'une conférence-débat pour dénoncer la vie chère au Mali. Il serait aussi soupçonné par son ministre Choguel Kokalla Maïga d'avoir donné des bribes d'information à des journaux sur le contentieux avec la Soadef . Toutes choses contre lesquelles les avocats de cette société se sont plaints au cours du procès.
Nos démarches auprès du chargé de communication du ministère du Commerce et de l'Industrie sont demeurées vaines malgré la bonne foi de celui-ci, qui nous avait promis une rencontre avec le patron de la DNCC. Toutefois, au fond, le ministère du Commerce et de l'Industrie est accusé d'avoir participé à cette mascarade de procès visant à couvrir une société prise en flagrant délit de fraude par les agents de la DRCC.
Les contrôleurs de la DRCC reprochent à la Soadef d'avoir frauduleusement stocké dans ses magasins en mars 2003 et septembre 2004, 15 372,5 tonnes de farine. Convaincue qu'elle peut sortir des mailles de la justice, la société refuse de payer à l'Etat les droits et les pénalités qui s'élèvent à plus de 800 millions de nos francs. Dans leurs plaidoiries, les conseils de Soadef vont jusqu'à demander la clémence du tribunal.
Selon toute vraisemblance, même le contentieux de l'Etat qui a pour rôle de défendre les intérêts de l'Etat n'a pas été étroitement associé au procès. La DNCC n'a pas non plus recruté un avocat qui pouvait tenir la dragée haute à son confrère de la Soadef .
Abdrahamane Dicko
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CAMPAGNE PREELECTORALE
La Céni prêche dans le désert
Le constat est réel : depuis la signature de la plate-forme de l'Alliance pour la démocratique et le progrès (ADP) le 8 décembre 2006, les téléspectateurs sont témoins des déclarations et autres manifestations qui ne sont ni plus ni moins que des activités de campagne électorale. Il ne se passe un seul jour où tel ou tel parti politique ou association ou organisme de bienfaisance ne tienne des propos destinés à attirer le maximum d'électeurs pour tel ou tel candidat. Il ne se passe non plus de jour, où dans les reportages télé, on ne voit pas de responsables de l'Etat en mission de l'Etat tenir des propos électoralistes. Or la date du démarrage de la campagne électorale n'est pas encore officiellement lancée. Pis aucune candidature n'a été officiellement enregistrée, même si l'on connaît les prétendants au fauteuil de président de la République.
Si le constat de la Céni sur la propagande et la campagne en cours avant le jour J est pertinent, il reste cependant à savoir comment faire pour faire respecter ce principe de bonne conduite par les partis politiques ou les médias puisqu'il n'y a aucune mesure contraignante à la matière. Le code de bonne conduite signé par les partis politiques n'étant qu'une sorte de gentlemen agreement et l'article 69 de la loi électorale évoqué par la Céni n'est ignoré d'aucun parti politique. Les médias d'Etat, on le sait, ne sont toujours qu'au service du prince du pouvoir.
Denis Koné
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ENERGIE DU MALI
Ou les paradoxes d'un « échec retentissant »
L'expérience du dernier partenariat public privé qu'a connu Energie du Mali (EDM) entre 2000 et 2005 est généralement considérée comme un « échec retentissant » de la part des entités publiques concernées, des bailleurs de fonds, des professionnels et de l'ensemble de la population malienne. Cette recherche s'oppose à cette interprétation. Elle suggère que celle-ci est issue de lectures normatives et déformées qui occultent des processus complexes à l'oeuvre. En dépit des frictions, des incompréhensions et des oppositions entre les principaux partenaires, les évolutions observées ne sont pas nécessairement négatives. Elles génèrent un état différent de ce qui était anticipé et annoncé durant la phase initiale, et la réversibilité du processus laisse des traces que nous entendons mettre en évidence dans ce travail. Mais les péripéties autour d'EDM nous semblent avoir permis de poser, notamment parmi les décideurs, de nouvelles questions et de nouvelles façons de problématiser la fourniture de biens essentiels tels que l'eau et l'électricité ; elles laissent ainsi entrevoir un traitement plus serein, mais aussi plus complexe, de la gestion des services publics.
Deux thèses principales sont souvent mises en avant pour comprendre la rupture du contrat : l'explication électoraliste et l'explication nationaliste. Selon la première, la concession était condamnée une fois Amadou Toumani Touré élu, du fait de ses promesses considérées par certains comme populistes et de sa vision électoraliste de l'eau et de l'électricité. La seconde prétend que les difficultés issues du non paiement total des compensations au concessionnaire relevaient d'une stratégie délibérée des autorités maliennes, dont l'objectif ultime aurait été la re-nationalisation. Selon nous en revanche, la rupture du contrat a plutôt exprimé l'impasse d'autorités qui tentaient de mettre en oeuvre une nouvelle politique dans le cadre d'un contrat de concession signé sous des auspices différentes. Elle a traduit l'idée que le désengagement de l'Etat ne pouvait se faire à n'importe quel prix. Il s'est donc moins agi de nationalisme que d'intégration des logiques développementalistes et sectorielles dans la gestion des services publics. Ce renversement des relations est directement lié à une modification des priorités politiques, des visions, des politiques publiques préconisées, des conceptions du développement mises en avant.
L'équipe Amadou Toumani Touré entendait privilégier une logique sociale sur une logique de coût (adapter les prix au pouvoir d'achat) et une logique développementaliste sur une logique financière (baisser les prix pour les industries, et de façon générale pour favoriser le développement économique).
Emergent ainsi une autre conception du rôle de l'Etat et du développement, une autre conception de la rentabilité d'une entreprise de service public, une autre conception du bien public.
Ces conflits et ces oppositions entre puissances concédantes et concessionnaires ne sont pas étonnants si l'on regarde l'histoire du PPP au Mali depuis la colonisation, la banalité des difficultés de tels arrangements dans tous les pays, et particulièrement dans l'eau, les transformations de la conjoncture nationale et internationale… Ce pourquoi le cas d'EDM est peut-être plus singulier, c'est l'incapacité à négocier et à trouver un arrangement. Cette situation s'explique, à notre avis, par toute une série de facteurs. D'une part, les différences de compréhensions, d'intérêts, de niveaux d'analyse et de perception, de positionnements, de séquences et d'interprétations entre les parties ont non seulement été importantes mais permanentes. Durant cinq années, les priorités (gestion versus investissement), les logiques d'action (commerciale, financière, sociale, de rente, de préservation de réseaux…), le processus de formation des prix (prix politique, technique, comptable, marginal), le contenu de notions fondamentales (rentabilité, gouvernance, partenariat, régulation), bref, tout différenciait les partenaires maliens des concessionnaires étrangers.
D'autre part, les comportements furent, sur cette période, instables et mouvants selon des temporalités différentes entre les partenaires : les critères d'évaluation des entreprises changèrent dans le temps tout comme la position des bailleurs de fonds vis-à-vis de la meilleure forme de gestion d'un service public. De ce fait, les partenaires adoptèrent des interprétations différentes de certaines décisions (distribution de dividendes, modification de la hiérarchie
salariale , versement ou non des compensations) ou de certaines évaluations (à commencer par les charges de l'entreprise), autrement dit de la réalité économique et
sociale . Ces divergences ne cessèrent d'être alimentées par l'intervention des bailleurs de fonds et l'usage intensif des experts.
En outre, et cela est peut-être le plus important, l'arrivée d'un partenaire privé a fait apparaître des divergences entre les acteurs maliens, plus profondes que celles explicitées lors des débats sur le choix et la conception du partenariat.
Sur l'avenir d'EDM, sur sa forme institutionnelle, sur le rôle du régulateur et du maître d'ouvrage, sur les objectifs du contrat, sur le comportement à tenir vis-à-vis du partenaire, sur l'interprétation des comptes… sur tous ces points, les Maliens furent incapables de s'accorder. Dans un système politique caractérisé par le chevauchement des positions de pouvoir et des positions d'accumulation et par le fonctionnement rhizomatique de l'Etat, le président de la République malienne n'a pu trouver les moyens d'exercer un arbitrage ; c'est cette impossibilité d'exprimer un choix qui explique qu'aucune décision n'ait été prise pour « sauver » le contrat. L'entrelacs de réseaux concurrents et complémentaires qui structurent les rapports de force étatiques est d'autant plus obscur que « les acteurs avancent de façon oblique, ‘à pas de caméléon' », comme on le dit au Mali.
Les conflits et les intérêts divergents autour d'EDM doivent être compris dans un contexte où les techniques de l'esquive et du faux-semblant caractérisent le jeu politique. Dans ce système polycentrique caractéristique de l'Etat rhizome, il est particulièrement difficile de déceler les orientations et la volonté de l'« Etat malien » du fait des nombreux cercles d'influence et de la prolifération de réseaux aux positions difficilement déchiffrables, car instables. Dans ces conditions, il était extrêmement difficile, pour le concessionnaire, de travailler.
L'impuissance à arbitrer dans le conflit ou à mieux négocier ex ante le partenariat tient peut-être au fait que l'Etat hybride privilégie la compatibilité interne de ses tensions plutôt qu'une cohérence externe, quelle que soit la puissance des pressions des bailleurs de fonds. In fine, on peut penser que les négociations autour de solutions alternatives, notamment autour de l'affermage, furent largement fictives et qu'elles cachaient la réalité de la discussion, à savoir le départ du partenaire privé dans les meilleures conditions possibles pour Bouygues et pour l'Etat malien.
La force des réseaux sociaux n'est cependant pas synonyme d'absence de toute modification de l'espace public et de transformation de la réalité. Notre recherche montre que l'épisode d'EDM a modifié les conceptions du « public », permettant notamment le réveil d'une exigence de service public. Les acteurs étatiques ont sensiblement modifié leurs comportements. Ils sont désormais obligés de se poser un certain nombre de questions qui pouvaient être auparavant occultées, à l'instar de leurs devoirs financiers, de la nécessité de respecter les règles que l'Etat s'était lui-même fixé, de l'urgence des investissements, du besoin de réflexion sur l'avenir d'un secteur plus que d'une entreprise. Il nous semble que ce détour par le PPP a permis que la problématique de l'accès à l'eau et à l'électricité soit enfin élargie et qu'elle prenne véritablement en compte l'ensemble de la population malienne.
L'expérience du dernier partenariat public privé (PPP) qu'a connu EDM S.A.1 entre 2000 et 2005 est généralement considérée comme un « échec retentissant » de la part des entités publiques concernées, des bailleurs de fonds, des professionnels et de l'ensemble de la population malienne. Cette recherche s'oppose à cette interprétation. Elle suggère que celle-ci est issue de lectures normatives et déformées qui occultent des processus complexes à l'oeuvre. En dépit des frictions, des incompréhensions et des oppositions entre les principaux partenaires, les évolutions observées ne sont pas nécessairement négatives.
Elles génèrent un état différent de ce qui était anticipé et annoncé durant la phase initiale, et la réversibilité du processus laisse des traces que nous entendons mettre en évidence dans ce travail. Mais les péripéties autour d'EDM nous semblent avoir permis de poser, notamment parmi les décideurs, de nouvelles questions et de nouvelles façons de problématiser la fourniture de biens essentiels tels que l'eau et l'électricité ; elles laissent ainsi entrevoir un traitement plus serein, mais aussi plus complexe, de la gestion des services publics.
Pour étayer cette appréciation, nous procéderons en trois temps. Nous montrerons tout d'abord que l'appréciation négative qui prévaut actuellement est directement issue de glissements, de biais et de déformations des perceptions dans le temps. Nous mettrons ensuite en évidence l'ampleur des différences entre acteurs, dans les compréhensions, l'intérêt, les niveaux, les positionnements, les séquences et les interprétations de ce qu'est un « bon » partenariat. Nous soulignerons enfin l'hétérogénéité et les ambivalences des positionnements des acteurs maliens, qui contribuent à expliquer la rupture du contrat.
Etude réalisée par :
Béatrice Hibou (CNRS - CERI), Olivier Vallée (Consultant)
Dans le cadre du programme de recherche " Partenariat public privé "
Dirigé par Aymeric Blanc
Tiré du site : www.afd.fr
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CAN JUNIORS CONGO 2007
Le Mali, le grand absent
En dehors de la réalité du terrain, toutes les conditions étaient réunies pour faire de la Can des juniors « Congo 2007 », une fête malienne. D'après ce que nous avons appris, des semaines maliennes étaient inscrites au programme de l'évènement car personne ne pouvait imaginer la Can juniors sans notre pays.
Très attendus à l'édition 2007 de la Can des juniors, les Maliens n'étaient pas au rendez-vous. Les Gambiens ont brisé le rêve des Aiglons. Et l'absence du Mali à cette fête de la jeunesse africaine a été mal accueillie, car les Congolais gardent à coeur le souvenir du pays de Salif Kéita « Domingo » .
La remarque est venue d'abord du ministre congolais des Sports et du Redéploiement de la jeunesse, Marcel M' bani . Lors d'un débat télévisé sur la chaîne congolaise « Télé Congo 24 heures », il a souligné que « le Mali nous manquera beaucoup à cette Can. Pourtant, c'est l'une des équipes les plus habituées à l'épreuve » . C'était avant le début de la compétition. « Ils devraient être là les juniors maliens » , a déploré le ministre avec beaucoup d'amertume.
Comme lui, force est de reconnaître que la forte colonie malienne de Congo-Brazzaville avait pris des dispositions depuis l'annonce de la candidature du pays de Sassou N' guesso pour abriter l'événement. Malheureusement, cette Can s'est disputée sans les Aiglons, pourtant des habitués de la compétition. En effet, depuis 1995 le Mali n'avait raté aucune phase finale.
Dans l'ensemble, les ressortissants maliens du Congo voulaient mettre à profit cette Can pour communier avec le reste de la nation. Leur programme de préparation en dit long sur leur ambition. Les moyens avaient été mis à leur disposition pour qu'ils aident les Aiglons à se hisser sur la plus haute marche du podium, le soir de la finale.
« La balle était dans le camp de Bamako » , affirme Diaby , un commerçant. De l'aéroport de Maya Maya au centre ville en passant par les marchés, l'absence du Mali n'a échappé à personne. Et après la victoire des Congolais sur la Côte d'Ivoire, plusieurs radios de proximité ont vibré au rythme des chansons dédiées aux Aigles par des artistes comme Hadja Soumano , Askia Modibo, Sory Bamba. Et cela à la demande des Maliens. Une manière pour eux de se consoler de l'absence de leurs Aiglons.
Boubacar Diakité Sarr
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