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2007

Mois de fevrier

Les Echos du 01 fevrier 2007

ALJIMIT WALAT BAREIKA DITE INNOUKA

La doyenne du Mali s'éteint à 114 ans

La personne la plus âgée du Mali, Aljimit Walat Bareika dite Innouka, vient de rendre son dernier souffle de vie à Tombouctou.

Aljimit Walat Bareika dite Innouka venait certainement en seconde position après la Canadienne Julie Winnefred Bertrand. Julie Bertrand est décédée le jeudi 18 janvier 2007 à l'âge de 115 ans à Montréal au Canada. Julie était la plus vieille personne du Canada et doyenne de l'humanité.

Aljimit Walat Bareika, dite Innouka était jusque-là considérée comme la plus vieille Malienne et vivait à Tombouctou. Innouka vit le jour en 1893, date qui coïncide avec l'occupation française de la ville de Tombouctou. Elle descend de la tribu des Immiddedaganes, les premiers Touaregs à habiter Tombouctou vers le 11e siècle.

Son nom, Innouka en langue tamashek, est donné aux personnes âgées ou à leurs homonymes. Elle est décédée le samedi 27 janvier dernier à Tombouctou. Musulmane de foi et de croyance, elle laisse derrière elle une multitude de descendants Yattara, Cissé, Dicko… inconsolables.

De l'avis de ceux qui l'ont côtoyée, Innouka est restée très vive au niveau de la mémoire. « Elle avait une constante bonne humeur, sa gentillesse et surtout son sourire généreux en faisaient la plus agréable des compagnons ; ce qui lui valu l'amitié de tous ceux qui la connaissaient » , témoigne depuis les Etats-Unis, Jean Lefe Ag Nouh, un de ses petits-fils.

Les petits-fils précisent que les condoléances sont reçues dans la famille Yattara dans le quartier de Hammabangou, à Tombouctou, chez le pasteur Nouh Ag Infa Yattara de l'Eglise évangélique baptiste de Tombouctou.

Alexis Kalambry

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RESSOURCES MINIERES

Oxfam exige des comptes clairs sur l'or malien

L'or a surpassé le coton en tant que principal produit d'exportation du Mali, mais la transparence fait défaut dans la publication des revenus miniers. Oxfam/USA se propose d'organiser aujourd'hui une conférence de presse pour prendre à témoin l'opinion sur la non transparence de la gestion des revenus tirés de l'or. Au niveau mondial, une campagne est lancée dans ce sens, avec pour slogan : « Publiez ce que vous payez ».

« Les exportations d'or au Mali ont plus que triplé au cours de la dernière décennie et pourtant les citoyens n'ont tiré que d'infimes avantages des revenus miniers » , rapporte l'organisation internationale de secours et d'aide au développement Oxfam America dans son dernier rapport.

Le lancement de ce rapport aura lieu aujourd'hui au cours d'un atelier de deux jours qu'organisent Oxfam et la Fondation pour le développement du Sahel, sur les questions de transparence des revenus miniers. L'atelier est conduit en collaboration avec la campagne mondiale : « Publiez ce que vous payez » .

Pour Mamadou Bitèye, directeur régional d'Oxfam/America, « l'or est devenu la pierre angulaire de l'économie malienne » . Dès lors, « les compagnies minières doivent être transparentes et démontrer aux citoyens comment ils bénéficieront réellement de ce boom » .

Le Mali est actuellement le 3e plus grand exportateur d'or en Afrique, derrière les plus grands exportateurs mondiaux que sont l'Afrique du Sud et le Ghana. « Les exportations d'or du Mali ont plus que triplé entre 1996 et 2002, passant de 18 % à 65,4 % » , déclare Keith Slack, conseiller politique principal d'Oxfam/America dans un communiqué qui nous est parvenu. « Pourtant, le Mali demeure en queue de peloton dans l'Indice de développement humain des Nations unies, en se plaçant au 175e rang sur 177 pays en 2006 » .

Les lois et règlements qui constituent le code minier du Mali ont créé un ensemble complexe de taxes, droits et redevances qui sont effectivement incompréhensibles pour ceux qui n'ont pas une formation technique. Le faible taux d'alphabétisation, la faiblesse des infrastructures physiques et les moyens de communication électronique inappropriés font qu'il est presque impossible aux citoyens d'avoir des informations complètes et claires sur les revenus et sur la manière dont ils sont dépensés afin d'en faire bénéficier le public.

« 80 % des Maliens continuent à vivre en dessous du seuil de pauvreté », déclare Tiémoko Sangaré, secrétaire exécutif de la Fondation pour le développement du Sahel qui est un partenaire d'Oxfam/America. « Pourtant, l'or est passé de 2,9 % du produit intérieur brut du pays en 2002, à 12,7 % en 2004. Où vont les profits ? »

Une nébuleuse

Dans son dernier rapport, Oxfam/America formule plusieurs recommandations pour accroître la transparence dans le secteur de l'exploitation aurifère au Mali. Les recommandations qui visent des entités comme la Banque mondiale et le gouvernement du Mali comprennent les points suivants :

- Les projets financés par la Banque mondiale doivent exiger la publication régulière des données concernant les revenus perçus et dépensés. De plus, la Banque mondiale doit impliquer la société civile et les organisations non gouvernementales dans le processus de révision du code minier malien qu'elle a entamé en 2005.

- Le code minier en vigueur au Mali devrait exiger du gouvernement de même que des compagnies minières qu'ils publient les flux de bénéfices. Les dispositions pour ce processus devraient être rendues publiques afin de donner aux citoyens l'occasion de participer au processus de prise de décision et de pouvoir tenir les compagnies minières ainsi que les autorités élues pour responsables de la répartition et de l'utilisation appropriées des revenus miniers.

- Le gouvernement du Mali devrait simplifier la publication de ses rapports d'information sur les revenus fiscaux perçus de l'exploitation minière et la distribution de ces revenus.

- Le gouvernement du Mali devrait engager la société civile dans la mise en œuvre de l'Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE).

La campagne « Publiez ce que vous payez » vise à aider les citoyens des pays pauvres, mais qui sont riches en ressources à tenir leurs gouvernants pour responsables de la gestion des revenus tirés du pétrole, du gaz et des industries minières.

La coalition « Publiez ce que vous payez » , forte de 300 ONG, lance un appel pour la publication obligatoire des paiements effectués par les sociétés pétrolières, de gaz et les compagnies minières, à l'ensemble des gouvernements pour l'extraction des ressources naturelles.

Alexis Kalambry

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RECHERCHE DE SOLUTION POUR LE SNESUP

Le Premier ministre siffle Mala hors-jeu

Avec des ministres tocards ou froids calculateurs, la tâche de Premier ministre au Mali est loin d'être aisée. Avec la grève générale illimitée du Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup), le chef du gouvernement, qui vient de l'apprendre à ses dépens, est obligé de mouiller doublement le maillot. Pauvre Pinochet !

Visiblement insensible face aux préoccupations du Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup), le ministre de l'Education nationale, le Pr. Mamadou Lamine Traoré, vient d'être désavoué par le Premier ministre.

Le chef du gouvernement, à l'issue d'une entrevue avec les syndicalistes mardi après-midi, a décidé de mettre en place une commission dans laquelle ne figure même pas le ministre de l'Education nationale. Cette commission devra très rapidement trouver une solution aux doléances du Snesup, qui a déclenché une grève générale illimitée dans le supérieur depuis deux mois.

En lieu et place du ministre de l'Education nationale, les chefs des départements de l'Economie et des Finances de la Fonction publique, des Domaines de l'Etat et de l'Urbanisme ont été choisis pour représenter le gouvernement au sein de la commission qui, en plus des représentants des grévistes, comprend des membres de la société civile et des religieux.

Fatigués d'être tournés en bourriques par leur ministre de tutelle, les syndicalistes du Snesup lui ont retiré leur confiance. C'est ainsi que, par correspondance, ils ont saisi le Premier ministre, sollicitant son implication dans la résolution de la crise.

Après une première rencontre les 22 et 23 janvier 2007, Pinochet s'est rendu compte que son ministre ne lui avait pas dit toute la vérité dans « l'affaire du Snesup ». Prenant le problème à bras-le-corps, le Premier ministre tente, aujourd'hui, avec ses interlocuteurs de trouver une solution aux points de revendications.

A l'analyse de la situation, l'on se rend bien compte que le ministre de l'Education nationale a été mis à la touche par le Premier ministre. C'est un cinglant désaveu dont les conséquences auraient été tirées par de nombreux décideurs sous d'autres cieux, car suite aux propositions du chef de gouvernement, les syndicalistes, par la voix de leurs responsables, ont décidé de rencontrer leur base. Ce qui est de bon augure pour une reprise normale des cours au supérieur.

Entre autres revendications, le Snesup exige l'annulation des résultats à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) dont les examens ne sont pas déroulés suivant les normes académiques, l'application du décret portant hiérarchisation, l'octroi d'indemnités et l'accès aux logements sociaux… Toutes choses apparemment au-dessus des forces du ministre de l'Education nationale.

Amadou Sidibé

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YOROSSO

La corvée d'eau potable

A Yorosso, la rareté de l'eau en fait une ressource si précieuse qu'aucun gaspillage n'est toléré. « Ici, l'accès à l'eau potable est difficile. Remplir une jarre d'eau relève du parcours du combattant. Le problème d'eau se pose avec d'autant plus d'acuité que, parfois, nous n'osons même pas nous laver avec un seau d'eau, mais avec des bouilloires. L'on ne peut pas non plus se donner le plaisir de laver à tout moment nos habits » , témoigne une ménagère.

Le visiteur qui arrive pour la première fois à Yorosso se rend vite à l'évidence : l'eau est un luxe dans cette partie du Mali profond. C'est au prix de longues distances que les populations ont accès à de l'eau potable. Dans la ville, rares sont ceux qui ne disposent pas d'une charrette ou d'un vélo spécialement destiné à la corvée d'eau.

« A Yorosso, si vous n'avez pas une charrette ou un vélo, votre séjour ne sera pas de tout repos. Les vélos et les charrettes nous servent à transporter des bidons de 20 litres au niveau des quelques rares fontaines de la ville » , confie Drissa Traoré, enseignant au lycée de Yorosso.

« Nous sommes contraints de nous lever dès l'aube pour avoir de l'eau. Dès 5 h du matin, nous faisons le pied de grue devant la fontaine. Avoir un sceau d'eau avant 8 h relève du miracle » , explique Mme Bouaré Binta Coulibaly, une femme au foyer. Une telle situation est porteuse de toutes sortes de conflits.

« Il nous arrive très souvent de nous bagarrer. Je suis peinée en tant que mère de famille de me voir dans cette situation qui est occasionnée quand celles qui arrivent en dernière position veulent être les premières servies. C'est à ce moment-là qu'il y a des altercations. C'est triste, mais que faire en attendant de l'eau potable pour tous ? » se lamente Mme Bouaré.

Il faut dire que la fin de cette crise persistante d'eau potable n'est pas pour demain. Seule une borne-fontaine est fonctionnelle pour l'ensemble de la ville. Les autres sont en panne. Les puits à grand diamètre tarissent les uns après les autres. Or, dans moins de deux mois ce sera la période de forte consommation d'eau. A ce rythme, le pire est à craindre.

Mohamed Daou

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PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT

Le PEI annonce les couleurs

Promouvoir un développement soutenable qui répond aux besoins du présent sans pour autant compromettre la capacité des générations futures ! Telle était l'idée maîtresse du point de presse animé lundi dernier, dans la salle de conférence de l'hôtel Mirabeau, par les responsables du Parti écologique pour l'intégration (PEI).

Le vice-président du parti et principal orateur, Souleymane Dembélé, a rappelé que les Verts du Mali sont conscients qu'aucun développement ne peut se faire sans porter atteinte à l'environnement. Ce qui l'a certainement amené à marteler sa conviction que le rythme actuel de destruction de notre environnement peut être considérablement réduit. « Il suffit d'adopter des choix politiques qui placent l'homme d'aujourd'hui et celui de demain au centre du développement » , a-t-il expliqué.

Pour le conférencier, le PEI s'engage et continuera à défendre l'exploitation efficace des ressources naturelles en soutenant la charge supportable au plan économique. A l'entendre, le PEI a participé et participera à l'élaboration et à la réalisation d'objectifs en phase avec la politique nationale environnementale. « Le PEI ne présentera pas de candidats à l'élection présidentielle d'avril prochain. Mais, il ne restera pas en marge du débat politique » , a assuré M. Dembélé.

A noter que lors de leur dernier congrès ordinaire, les Verts ont formulé plusieurs recommandations parmi lesquelles, le changement de dénomination de l'instance dirigeante en bureau exécutif national (BEN) au lieu du secrétariat exécutif.

Idrissa Sako

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