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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 19 Decembre

 

HAMEYE FOUNE MAHALMADANE, PRESIDENT DU SYLIMA

« La justice malienne va très mal »

Pour le secrétaire général du Syndicat libre des magistrats, Hamèye Founé Mahalmadane, la justice malienne est une écurie qu’il convient de laver à grande eau si l’on veut préserver la cohésion sociale. Tout en insistant sur la nécessité, pour les magistrats, de respecter leurs éthique et déontologie, M. Mahalmadane déplore la gestion du Prodej, se prononce sur les rapports du Vérificateur général et évoque l’affaire du site de la nouvelle Cour d’appel de Bamako. Interview.

Les Echos : Le Syndicat libre de la magistrature vient d’organiser un séminaire sur le thème déontologie et éthique de la magistrature. Qu’est-ce qui justifie le choix de ce thème ?

Hamèye Founé Mahalmadane : Le Sylima a cru nécessaire de parler de déontologie et d’éthique de la magistrature à ce moment précis parce qu’il constate que jour après jour, les récriminations à l’endroit de la justice s’accroissent. A l’analyse, ces récriminations se présentent généralement sous la forme du manque à la déontologie et à l’éthique. Il faut rappelerque le Sylima s’est fixé comme objectif de réussir la saine distribution de la justice. Dans ces conditions, c’est donc naturellement qu’il s’est décidé à appeler les magistrats pour qu’ensemble nous nous disions ce qui ne va pas dans la famille judiciaire et qu’ensemble nous réfléchissions sur les solutions à cette situation d’incompréhension entre le peuple et la justice.

Les Echos : Qu’est-ce qui ne va pas réellement au sein de la justice ?

H. F. M. : Pour vous parler le langage de la vérité, la justice va mal. Elle va mal à cause de toutes les incriminations dont je parlais tantôt. Elle va mal à cause des incompréhensions existant autour d’elle. Elle va mal à cause de ses conditions de vie et de travail. Avec l’organisation du forum national sur la justice en 1999, on avait pensé que des solutions seraient trouvées à tous les problèmes de la justice. Malheureusement, le Prodej, qui en est issu, n’a pas comblé toutes les attentes. Aujourd’hui, le Prodej semble être un projet à la disposition de quelques privilégiés ou dominent des règles qui jurent avec le bon fonctionnement de la justice, l’équité et l’intérêt public. Le peu de matériels que le Prodej semble mettre à la disposition des juridictions est reparti à la tête du client et souvent avec des considérations qui n’ont rien à voir avec le service public. Par ailleurs, la magistrature estime aujourd’hui qu’elle est la grande incomprise. Elle sait qu’elle n’est pas parfaite, qu’elle n’est pas irréprochable à 100 %, mais elle pense que beaucoup de critiques trouvent leur origine dans des situations qui lui sont totalement étrangères. Enfin, elle continue à croire bien contrairement aux discours officiels que les conditions pour rendre une justice crédible ne sont pas réunies.

Les Echos : La justice est fortement mise en cause par les justiciables et même par certains magistrats. Qu’est-ce que le Sylima entend faire pour donner une bonne image des magistrats ?

H. F. M. : Comme je le disais tantôt, le Sylima s’est fixé comme objectif d’exiger des magistrats une justice de qualité. Cela veut dire que le Sylima est aujourd’hui conscient que la distribution de la justice pêche quelque part. Le Sylima a donc décidé de mettre les magistrats devant leur responsabilité. Ensuite, il est convaincu que cette responsabilisation et surtout la remise en cause qui en est attendue ne se feront qu’à la suite de formation de qualité. Il estime aussi qu’il est temps que tous les acteurs et partenaires de la justice, chacun en ce qui le concerne, assume ses responsabilités. Que le juge s’assume, que le citoyen qui s’estime lésé par des comportements peu orthodoxes des magistrats ait le courage de se plaindre, que l’Etat ne s’accommode plus de la mauvaise distribution de la justice et que le Conseil supérieur de la magistrature qui est l’organe disciplinaire occupe toute sa place.

Les Echos : Le Mali dispose d’une institution de contrôle appelée Vérificateur général. En tant que magistrat, pensez-vous que le Vérificateur général peut lutter contre la corruption et la délinquance financière ?

H. F. M. : Vous savez, la lutte contre la corruption et la délinquance financière est une œuvre de longue haleine et impliquant plusieurs acteurs. Le bureau du Vérificateur général pourra certainement jouer sa partition. Je reste convaincu qu’une lutte contre la corruption et la délinquance financière qui se ferait sans la justice ne pourrait jamais aboutir. En fait, il appartient à la justice de lutter contre la corruption dans la société. Le bureau du Vérificateur général procède à une enquête administrative et établit un rapport destiné à des autorités administratives et politiques. Dans ce sens, oui il contribue à lutter contre la corruption et la délinquance financière en mettant le doigt sur les plaies constatées au cours de ses inspections et en faisant des suggestions aux autorités destinataires de ses rapports pour corriger le tir. Mais, le Vérificateur général n’est pas un officier de police judiciaire. Il contribue peu à la procédure judiciaire. Peut-être qu’il y a lieu de revoir son statut pour essayer de l’impliquer dans la procédure judiciaire. Alors, sa contribution à la lutte contre la corruption sera notable. Je voudrais avant de terminer sur ce point poser le problème de la médiatisation et de la diffusion sur Internet des rapports du Vérificateur général. Cette situation s’accommode mal avec la présomption d’innocence. Nous sommes dans un Etat de droit où la séparation des pouvoirs et des fonctions est déterminée. Il n’est pas normal qu’une autorité administrative fut-elle indépendante puisse déjà condamner des citoyens à la suite d’un contrôle administratif.

Les Echos : Quel jugement portez-vous sur les rapports du Vérificateur général ?

H. F. M. : J’ai déjà effleuré la question en vous disant que pour moi, c’est des rapports administratifs. Ces rapports sont nécessaires aux autorités administratives et politiques et leur permettent de prendre des décisions, soit de poursuivre tel fait signalé en justice, soit simplement d’apporter des correctifs dans la gestion des affaires. Ils sont donc utiles. Mais, ils ne constituent pas des jugements rendus en dernier ressort au nom du peuple malien. Et c’est ce qui m’amène à dire que le grand tintamarre qui se fait autour d’eux au moment de leur publication est une atteinte grave à la présomption d’innocence.

Les Echos : Jusqu’en 2006, date de création du Sylima, il n’y avait qu’un seul syndicat de magistrats appelé Sam. Qu’est-ce qui justifie la création d’un deuxième syndicat que vous présidez ?

H. F. M. : Nous sommes un certain nombre de magistrats qui ne se reconnaissaient plus au Sam. Le Sam avait accumulé un certain crédit au niveau de l’opinion publique nationale relativement à ses prises de position sur certaines questions concernant la justice et la nation. La direction qui s’était installée au niveau du Sam a de par son comportement dilapidé tout ce crédit de telle sorte que les magistrats ne s’y reconnaissaient plus. Mais pour nous aujourd’hui, ce débat est dépassé. Nous avons pu prouver à la face des magistrats l’utilité du pluralisme syndical. En effet, il a fallu la création du Sylima et le dépôt de son cahier de doléances pour que l’autre syndicat sorte de sa torpeur en essayant de présenter quelque chose. Nous pensons donc rien qu’en jouant ce rôle de sentinelle, le Sylima a été une bonne chose.

Les Echos : L’actuel site de la Cour d’appel à Banankabougou avait fait l’objet de litige foncier. Est-ce que les juridictions avaient été saisies au préalable par des personnes qui se réclamaient propriétaires dudit terrain ?

H. F. M. : L’affaire de l’actuel site de la Cour d’appel de Bamako n’a été connue d’aucune juridiction au Mali. En fait, cette parcelle avait été distribuée à des citoyens. Quand la Cour d’appel y a été implantée, ces citoyens ont dû se plaindre au niveau du ministère des Domaines de l’Etat (Ndlr : le titulaire du poste à l’époque était Aboubacar Sidiki Touré) qui leur avait vendu la parcelle. A ce niveau, une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique avait été engagée et les intéressés ont été dédommagés par la commission administrative mise en place sans que le problème arrive en justice. Le problème aurait pu arriver en justice si les parties ne s’étaient pas entendues sur l’indemnisation préalable. Mais en l’espèce, elles se sont entendues et nous avons été surpris d’entendre encore une fois que l’Etat était condamné à payer. Je voudrais simplement dire que l’Etat soit condamné ne relève pas de l’extraordinaire dans un Etat de droit. En effet, dans un Etat de droit, l’Etat est un sujet de droit et il répond de ses actes.

Propos recueillis par

Mohamed Daou

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DECENTRALISATION AU MALI

Transférer les ressources financières ou échouer

La décentralisation, qui se présente comme une solution aux problèmes des collectivités territoriales permet aux responsables locaux d’agir légalement dans leurs localités. Mais, c’est une capacité d’action très limitée avec l’absence de moyens financiers.

L’une des questions les plus débattues pendant la Journée nationale des communes est le transfert des ressources financières aux collectivités décentralisées. Cette problématique mérite d’être discutée pour qui sait que les municipalités font face à un manque criard de ressources financières pour leur développement.

De nos jours, l’Etat leur a transféré les compétences administratives requises, mais celles-ci ne leur permettent guère d’engager de véritables chantiers de développement sans moyens matériels et logistiques. C’est pourquoi, les élus locaux n’ont pas hésité à demander au gouvernement qu’il mette les ressources financières à la disposition de leurs communes, s’il veut que le processus de décentralisation, enclenchée depuis quelques années, soit une réussite.

Même si on ne peut rien dire pour le moment du comment l’Etat procédera au déploiement de moyens financiers aux collectivités, l’Assemblée nationale lui a donné le feu vert en votant le Fonds d’appui aux collectivités.

En attendant l’arrivée de ces fonds nécessaires à l’épanouissement des communes, c’est une authentique prise de conscience à laquelle on assiste à l’intérieur du pays. « Si nous attendons que l’Etat vienne tout faire à notre place, nous n’allons point avancer et notre misère s’accroîtra. Visiblement, le gouvernement ne se focalise que sur quelques localités. Donc, mettons nous au travail nous mêmes avec nos maigres moyens », indique un jeune de Niafunké (Tombouctou).

A l’image de cet habitant engagé, les populations rurales sont résolument déterminées à prendre à bras le corps les destinées de leurs communes. C’est dans ce cadre qu’on peut les voir tisser des relations de jumelage avec certains partenaires européens ou même entreprendre eux-mêmes des projets de développement local, qui bénéficient ensuite de l’appui de certaines structures internationales.

« Nous avons débuté, il y a quelques années, un projet d’insertion professionnelle dans notre village pour faire face aux problèmes juvéniles dont l’exode rural. Par la suite, nous avons bénéficié de l’appui technique et matériel de certaines associations en France sur notre propre demande » , se félicite l’initiateur du projet.

Cependant, il convient de signaler que quel que soit leur degré d’engagement et l’appui extérieur, les collectivités décentralisées butent toujours sur des difficultés qui ne peuvent être surmontées que si l’Etat les accompagne financièrement. Surtout qu’ils ont des moyens locaux très limités et que l’aide des partenaires n’est pas éternelle.

A cet égard, elles sont appelées à prendre efficacement le relais des partenaires et cela ne peut être possible que s’ils ont l’aide financière du gouvernement.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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TRIBUNE

Redresser Sotelma-Malitel

La première visite du « citoyen français » Jacques Chirac au Mali était attendue avec une certaine curiosité. En effet, du temps de sa présidence, il avait déjà effectué deux visites confirmant du coup la qualité des relations entre la France et le Mali.

Amadou Toumani Touré, fidèle à lui-même, a réservé à l'ancien président Français, qui a encore choisi de visiter notre pays, un accueil digne d'un chef d'Etat en exercice. Cette attitude du président malien qui ne surprend aucun Malien, car conforme à nos valeurs séculaires : le Mali n'a pas que des intérêts mais a aussi des amis.

C'est dans ce contexte de célébration de l'amitié malianno-française que des esprits malintentionnés ont choisi pour s'attaquer aux sociétés françaises, au motif que trois d'entre elles ont résilié leur contrat d'abonnement avec Sotelma-Malitel. Il n'y a malheureusement qu'au Mali que le ridicule ne tue pas. Résumer les relations Mali-France (notre 1er partenaire) à trois contrats, c'est faire preuve de légèreté.

Dans le contexte de libre concurrence qui caractérise le monde d'aujourd'hui, pensez que les Maliens, voir les consommateurs vont garder leur contrat Sotelma-Malitel, uniquement parce qu'elle est une entreprise malienne, relève de la pure utopie.

L'étonnant dans tout cela, c'est qu'un rapport de l'Union internationale des télécommunications (UIT) traite de la concurrence dans le domaine des télécommunications. Les responsables de Sotelma-Malitel ont-ils lu ce rapport, sinon voici résumé la partie en substance : « l'expérience a montré qu'une concurrence libre et ouverte est avantageuse pour les consommateurs et la société prise dans son ensemble puisqu'elle garantit des prix plus faibles, de meilleurs produits et services d'un caractère plus novateur et un choix élargi pour le consommateur ».

En terme clair, c'est la qualité et la pertinence de l'offre qui conditionnent le choix des consommateurs et non la xénophobie, ce que devrait comprendre Sotelma-Malitel au lieu de susciter des articles dans la presse.

Dans un contexte concurrentiel, les entreprises et sociétés qui n'arrivent pas à comprendre les consommateurs et à répondre à leurs besoins risquent de perdre ces derniers et de voir rétrécir leurs marges bénéficiaires. C'est ce qui a certainement motivé CFAO, l'ambassade de France et le Sofitel à aller vers la meilleure offre de services de télécommunications.

Contrairement à ce qui semble être une conviction à Sotelma-Malitel, la concurrence ne vise rien d'autre qu'à récompenser l'esprit d'entreprise, l'adaptation et l'enthousiasme et à punir le laxisme et l'indifférence face aux besoins des clients.

Aujourd'hui avec importance sans cesse croissante du secteur des télécommunications dans notre pays, les Maliens ne peuvent plus supporter la léthargie et l'indifférence qui a caractérisé pendant longtemps ou encore plus aujourd'hui la fourniture de services et de produits par Sotelma-Malitel.

En lisant les attaques dans la presse, nous nous demandons si ceux-là qui sont chargés de gérer les destinées de notre opérateur historique sont à hauteur de mission. Sinon comment comprendre, qu'après avoir obtenu presque toutes les concessions de la part des autorités, après avoir eu main libre pour opérer les changements souhaités, ces responsables peinent à montrer les premiers bénéfices du changement.

Quatre ans après l'arrivée d'un deuxième opérateur, 2 millions de Maliens supplémentaires ont accès au téléphone, plus de 1000 localités sont couvertes par le réseau. Internet, avant un luxe, est arrivé à nos domiciles nous permettant du coup d'avoir accès au téléphone fixe à domicile, dans un temps record et à moindre coût.

Un autre aspect, pas des moindres est traité dans le même rapport, il s'agit de l'interconnexion. "Il y a quatre ans, l'opérateur historique a créé une crise de l'interconnexion en faisant fi des recommandations de l'UlT.

Ce rapport démontre à suffisance que le secteur des télécommunications est géré par des règles universelles qui s'appliquent à tous et qui profitent à tous.

Si les 300 000 abonnés de Sotelma-Malitel n'existaient pas, leur communication n'existerait pas. Il en est de même pour les 2 millions d'abonnés Orange qui, par leur existence apportent des revenus substantiels à Sotelma-Malitel. Alors est-il possible de dire que la présence d'Orange ne profite pas à Sotelma-Malitel ?

Les résiliations récentes de contrat ne doivent pas faire paniquer l'état-major de Sotelma-Malitel car d'une manière ou d’une autre elle y gagnera car ni l'ambassade de France, ni Sofitel, ni CFAO, ne peuvent empêcher leurs employés d'appeler des lignes Sotelma-Malitel.

En conclusion, à nos amis de Sotelma-Malitel, qui cherchent mordicus une justification à la perte d'une bonne partie de leur part de marché, nous conseillons de prendre l'exemple sur la BIM-SA. Son jeune PDG dynamique, dans un contexte fortement concurrentiel (12 banques pour certaines appartenant à de gros et puissants réseaux bancaires internationaux) a pu redresser au bout d'un an la barre sans créer d'incident diplomatique et sans tambour ni trompette.

Aly Diawara

(enseignant à la retraite Sirakoro Meguetan)

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REFLEXION SUR LA FILIERE COTON DU MALI

Le hors sujet du PDG de la CMDT

Quand le coton s’enrhume, l’économie malienne devient grippée. Cet adage n’a jamais été autant vrai. La crise de la filière coton est en partie responsable de la crise financière qui secoue le Mali depuis quelques années. Et le bout de tunnel n’est pas forcément pour demain parce que les rencontres de réflexion sur l’avenir de la filière accouchent généralement de solutions de facilité et occultent les vraies pistes de sortie de crise. Ce fut récemment le cas à Ségou où la CMDT avait rassemblé les acteurs de la filière.

Dégager des pistes de réflexion pour sauver la filière coton du Mali était l’objectif principal recherché par la CMDT à travers la rencontre organisée à Ségou les 6 et 7 décembre 2007. Une réflexion pertinente, dans la mesure où cette filière est vitale pour l’économie malienne.

Pourvoyeur important d’emplois, le coton fait vivre directement ou indirectement des millions de personnes au Mali selon la Compagnie malienne du développement des textiles (CMDT) et des statistiques de nombreux organismes internationaux. A ce titre, il contribuait également à réduire significativement l’effet de la pauvreté dans les zones de production.

Cependant, force est de reconnaître aujourd’hui que malgré toute la place qu’elle occupe dans le développement socio-économique, la filière malienne, à l’image des autres africaines, est fragilisée, voire menacée par la crise qui la secoue depuis plus d’une décennie. Et chaque année, ils sont nombreux des paysans qui se détournent de la culture de l’Or blanc pour faire autre chose.

Ce qui découle d’une prise de conscience du fait que la culture du coton, au lieu de les affranchir des affres de la pauvreté, continue à leur asservir par la faute d’un endettement exponentiel. Officiellement, on parle du retrait de 300 organisations paysannes et de 56 000 exploitations de la culture du coton. Mais, la réalité du terrain est au-dessus de ces chiffres. Dans les régions du Sud, de nombreux paysans se tournent aujourd’hui vers le coton biologique qui leur rapporte plus, mais qui échappe au contrôle de la CMDT puisque sa culture est surtout encouragée par des ONG comme Helvetas (Suisse).

Pendant deux jours chercheurs, producteurs, cadres de l’Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN, un projet de développement agricole) et de la CMDT se sont donc réunis autour de la CMDT et de son PDG, Ousmane Amion Guindo, pour examiner sans complaisance le bilan de commercialisation 2006-2007, celui de production des semences coton, la protection phytosanitaire, l’évaluation de l’application des résolutions des ateliers sur les rendements coton au champ et l’endettement des producteurs et des organisations paysannes.

Selon des confrères présents à Ségou, Ousmane Amion Guindo a souligné, en guise d’assurance, que « malgré la crise, la filière est en train de tenir parce qu’il a l’appui de l’Etat, parce que les paysans ont été compréhensifs malgré le prix de ces 3 dernières années ( 160 F CFA). Aussi, nous avons pu relever le défi de la qualité et l’ensemble du personnel de la CMDT… se déploie afin qu’on puisse préserver le maximum ». Ce que les paysans auraient aimé entendre, c’est quand la société pourrait relever à hauteur de souhait le prix d’achat du coton aux producteurs, de 160 à 250 F CFA par exemple ?

Ce qui est sûr, c’est que l’Etat malien ne peut pas éternellement porter la filière. C’est d’ailleurs ce qui explique le processus de privatisation en cours. Et il est aussi évident que les paysans maliens sont aujourd’hui convaincus que tous leurs maux ne viennent pas de la subvention. « Les subventions n’ont pas commencé ces dernières années, et pourtant le coton malien s’était jusqu-là bien porté. Pourquoi a-t-il subitement dégringolé ? », s’interroge un expert qui a requis l’anonymat.

« Cette filière a été toujours mal géré à l’image de la CMDT elle-même. Les revenus du coton ont servi à financer les activités politiques et à enrichir un petit groupe au détriment du développement de la filière. S’ils avaient été investis dans la modernisation des moyens de production, on aurait moins senti les subventions agricoles européennes et américaines parce qu’on aurait pu produire un coton de meilleure qualité et à moindre coût » , précise-t-il.

Surenchère sur les intrants

Plus que le PDG de la CMDT, les paysans sont de plus très critiques par rapport à la politique nationale agricole. «On nous dit que le coton malien se vend mal à l’extérieur parce que le gouvernement américain aide ses paysans en leur donnant de l’argent. Mais, pourquoi notre gouvernement ne nous aide pas aussi ? Nous n’attendons directement de l’argent à notre gouvernement. Mais, il peut chercher à subventionner l’engrais et les autres intrants », analyse Fatoma Ouattara, un paysan de Kadiolo ( 480 km au sud de Bamako).

De l’avis de ce cultivateur néoalphabète, « de nos jours, la cherté de l’engrais et des autres intrants est en partie responsable de l’endettement des paysans. Ce qui fait qu’au lieu de diminuer la pauvreté, la culture du coton l’aggrave dans les zones de production ».

«Avec le niveau actuel de l’endettement des paysans, il est utopique de sauver la filière parce ce que ceux-ci sont les principaux acteurs de son développement. De nombreux cultivateurs se sont détournés de la culture du coton ces deux dernières années parce que non seulement cela ne leur apporte absolument rien en terme de revenus, mais ils se retrouvent endettés à la fin de chaque campagne. La chute des cours mondiaux n’explique pas à elle seule ce niveau d’endettement croissant. Je pense qu’il y a aussi trop de surenchères autour du prix de l’engrais et des autres intrants. Cela ne menace pas seulement la culture du coton, mais tout le secteur agricole malien », souligne un économiste qui préfère garder l’anonymat car proche du dossier de la privatisation de la CMDT.

A son avis, «le Mali ne doit pas miser sur le relèvement du marché international sur lequel il n’a aucune influence. Il faut trouver des solutions internes. Et la baisse du prix des engrais et des autres intrants font partie. Mais, il faut aller au-delà pour avoir une vision d’avenir, je vais parler de la transformation d’au moins 50 % de la production nationale sur place. Cela est possible parce que les textiles sont importants dans l’importation au Mali ».

Présentement, moins de 5 % du coton malien est réellement transformé. Et pourtant, un soutien accru à l’artisanat et une promotion des produits artisanaux peuvent permettre au pays de consommer au moins 20 % de la production nationale de coton. Que dire des compresses, des bandes, des milliers de tee-shirts utilisés au cours des multiples campagnes (politique, sociale, culturelle, sportive…) ? Voilà autant d’opportunités de consommer le coton malien.

Elles sont sans cesse remises en relief par les discours politiques, mais jamais traduites en action concrète d’industrialisation. Aujourd’hui, quel est l’impact réel de Fitina et de Batexi sur la transformation du coton malien sur place ? C’est la question que se posent de nombreux observateurs. Cet impact est insignifiant puisque l’Or blanc du pays continue à être tributaire des cours mondiaux.

Pour sauver la filière coton, il faut une unité de production textile compétitive, c’est-à-dire pouvant fabriquer des produits (pagnes, tee-shirts…) de qualité pour concurrencer les pacotilles importées. Rien qu’avec le marché du sport malien, une unité industrielle compétitive peut tirer son épingle du jeu. On est loin d’imaginer la quantité de maillots de sports que le sport peut consommer par an, des équipes de masses à celle de l’élite.

Tout cela est hélas aujourd’hui importé sans que l’économie nationale en tire quelque chose de consistant pour booster la croissance. Les besoins nationaux sont énormes. Mais, c’est surtout le coût qui handicape les industries nationales. Ce qui pose un problème de fiscalité, d’approvisionnement en électricité… Voilà des pistes de réflexion dont l’approfondissement permettra, à court ou moyen terme, à la filière cotonnière du Mali de surmonter sa crise.

Alphaly

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REDUCTION DE LA PAUVRETE A MOPTI

Le PRPM veut consolider ses acquis

Le Projet de réduction de la pauvreté dans la région de Mopti (PRPM) a tenu jeudi 13 décembre la 5e session de son conseil d’administration. Au cours des travaux, les membres du conseil d’administration ont adopté les documents corrigés de la 4e session et discuté du rapport d’exécution technique et financière 2007. Les administrateurs ont également pris connaissance et discuté du projet programme d’activités et du budget prévisionnel budget 2008 qui s’élève à 1,4 milliard de F CFA.

Le PRPM a démarré en 2005 et a pour finalité la réduction de la pauvreté en 5e région, en donnant des réponses appropriées aux besoins des populations. Durant les trois dernières années, le Projet a réalisé des activités de renforcement des capacités des acteurs à travers leur formation et information, de soutien aux activités génératrices de revenus et de réalisations d'infrastructures sociales de base.

Toutes choses qui, selon le président du conseil d'administration « ont permis d’amorcer le développement local durable dans les cercles de Mopti, Ténenkou Djenné ». En effet, le Projet a permis d’offrir à une centaine de jeunes diplômés des emplois fixes et un travail temporaire à près de 4000 femmes et un millier de jeunes permettant ainsi la couverture des cercles de Ténenkou et Mopti en riz, sans compter l’allègement des travaux ménagers à travers la dotation en moulins d’associations féminines, l’amélioration de la filière bétail etc.

Le Projet entend consolider toutes ces actions en 2008, d’où l’appel du président du conseil d’administration aux administrateurs à tout mettre en œuvre pour la mobilisation des fonds.

Denis Koné

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  RECHERCHE CLINIQUE EN AFRIQUE

La santé des enfants et des femmes enceintes en questions

A l’initiative du département NIH, un institut de recherche clinique américaine, et l’équipe du MRCT du Pr. Ogobara Doumbo, plusieurs membres du comité d’éthique de la Faculté de médecine et des chercheurs venus de plus de dix pays ont, à la faveur d’un atelier du 13 au 15 décembre 2007 réfléchi sur « L’éthique en matière de recherche clinique dans les pays en développement ».

Durant trois jours, les chercheurs venus de Suisse, des Etats-Unis, du Cameroun, du Ghana, de la Tanzanie, du Burkina Faso et du Mali ont analysé des directives au niveau international destinées à être adaptées au contexte africain. En effet, il s’agissait concrètement d’une formation certificative dans le domaine de la recherche clinique pédiatrique.

Pour le chef de cabinet du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, la rencontre est dédiée à la formation du deuxième niveau plus spécialisé sur les aspects éthiques de la recherche clinique impliquant les enfants et les femmes enceintes de la région africaine.

M. Coulibaly a nourri l’espoir de voir les travaux de l’atelier déboucher sur des réseaux efficaces de recherche partagée non seulement entre pays africains, mais également entre l’Afrique et le reste du monde.

A l’issue de l’atelier, des recommandations pertinentes ont été faites. Elles visent à trouver une réponse claire aux questions relatives à la sécurité de la recherche clinique en Afrique notamment comment assurer l’autonomie de rechercher en Afrique.

Amadou Waïgalo

 

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 BA CISSOKO AU CCF

Un beau cadeau de fin d’année

Cette fin d’année 2007 promet de beaux spectacles, notamment au Centre culturel français (CCF) de Bamako qui offre à ses habitués Ba Cissoko comme cadeau de nouvel an. En effet, ce prince des cordes va s’y produire le samedi 22 décembre 2007. Une prestation très attendue par les mélomanes.

Cela est d’autant compréhensible que Ba Cissoko est parvenu à se faire une place respectée au soleil du show-biz international. D’habitude, quand on est Cissoko, on est chanteur ou virtuose d’un instrument traditionnel. Ce jeune talent a jeté son dévolu sur la kora, un instrument familial. En effet, dernier né d’une longue lignée de griots, le Guinéen s’inscrit dans les sillons d’une histoire centenaire. Et son ambition n’a pas été seulement de perpétuer cet héritage séculaire, mais aussi de l’innover et de l’ouvrir au reste du monde. Ce qui fait souvent dire à certains critiques que sa musique « est un mélange fulgurant de Jimmy Hendrix, de musique mandingue… ».

Si Ba Cissoko a commencé la musique dès son plus jeune âge, sa maturité artistique est arrivée sur le tard. Il a longtemps cherché les origines du griotisme en multipliant les voyages à la rencontre des grands maîtres d’Afrique de l’Ouest. Ses voyages ont fini par le mener à Marseille où il a multiplié les rencontres et les expériences avec des monstres sacrés de la musique planétaire comme Ray Lema, Dj Yvi Slan, etc.

En 2006, Ba Cissoko réalise son premier disque sous le titre de « Electric Griot Land ». Une sublime œuvre de synthèse de ses expériences musicales qui se réfère sans doute au mythique guitariste américain Jimmy Hendrix. Ce coup d’essai a eu un succès retentissant car « Electric Lady Land » reste à ce jour un des albums du genre les mieux vendus.

Le mérite de l’artiste, c’est qu’il n’a pas totalement succombé au charme du World Music. Dans ses prestations, il continue de s’inspirer des maîtres mandingues, tout en faisant un clin d’œil au jeu tout en fulgurance, improvisée et riche en énergie créatrice du guitariste américain. Comme le disait un critique occidental, « Ba Cissoko, dans son œuvre, propose ainsi une véritable révolution à la musique d’Afrique de l’Ouest. Il brise allégrement les références et les codes d’une culture millénaire et la transgresse pour vraiment l’honorer ».

Dans « Electric Griot Land », la kora de Ba Cissoko s’accompagne de pédales wa-wa et d’effets saturés, son groupe distille un groove bien lourd comme on en retrouve plutôt dans le funk afro-américain et les calebasses traditionnelles se transforment en platines DJ qui envoient des infra-basses diablement entraînantes.

Et ce sont des larges plages de cet album ainsi que de nombreux titres inédits qui seront présentés ce samedi au public privilégié du CCF. En perspective un beau spectacle pour finir l’année en beauté et commencer 2008 sur le meilleur tempo !

Alphaly

 

Habib Koité dédicace « Afriki »

Bamako, la capitale sera en ébullition musicale en cette fin d’année 2007. Parmi les nombreux spectacles annoncés par les promoteurs de spectacles une date est à retenir : le 22 décembre 2007. C’est ce jour que le prince du Dansa doson, Habib Koité, a décidé de faire le concert dédicace de son nouvel album « Afriki ».

Ce sera à l’hôtel Salam de Bamako parmi une pléiade de stars maliennes et un public pour qui chaque prestation d’Habib est une fête inédite. Et « Afriki » à de quoi plaire car, comme le disait récemment un critique français, « les cascades de guitares rebondissant sur le talking drum ont fait place à une station lacustre dénommée Afriki, où les chœurs de l'Ouest enlacent un orchestre apaisé dans une valse élégante. Habib prend de la bouteille. Ses nouvelles rondeurs lui vont bien ».

« Je me disais, ça fait près de 15 ans que je joue avec les mêmes musiciens. C’est un groupe qu’on a trop vu, et moi avec ! Donc il faut faire des efforts pour continuer à étonner. Cela n’est jamais facile. C’est mon challenge. En même temps, je pense beaucoup à ce que chacun va devoir jouer et je dois garder un temps de recul, ce qui n’est pas toujours facile. Pour cet album, cette fois, je me suis vraiment senti auteur-compositeur-interprète » , expliquait récemment la star par rapport aux changements qui se font sentir sur ce nouvel album. Des changements qui, loin de le dénaturer, apportent plus de gaieté et de profondeur au Dansa doson.

Alphaly

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

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