Les Echos du 18 Decembre
DPG A L’ASSEMBLEE NATIONALE
La majorité manque à son devoir
Le Premier ministre a sacrifié, le vendredi dernier, à la traditionnelle présentation de ce qui sera l’ossature de sa politique, pour le temps de son mandat. Sa déclaration de politique générale a passé comme lettre à la poste, les députés lui ayant, les yeux fermés et le doigt dans le nez, signé un blanc-seing.
Le texte du PM avait un mérite : il était clair et limpide. Trop clair et trop limpide. Modibo Sidibé a fait un texte qui s’égrenait comme un programme d’un PDG d’entreprise, avec des délais, des « objectifs et des résultats quantifiables ».
Sur ce sujet, mis à part les atermoiements des ministres de la Santé et de la Sécurité intérieure par rapport au député bastonné par des policiers, Modibo Sidibé a été irréprochable. Mieux, il a été doctoral, devant des élus qui affichaient un béatitude mal à propos.
Au passage, il faudrait affirmer avec force la primauté du pouvoir politique, en démocratie, sur l’autorité militaire. Un concept qui a de la peine à s’encrer, même chez des officiers qui ne professent cela que du bout des lèvres, sans y croire, encore moins y adhérer…
Donc, face à un texte aussi clair, l’attitude des députés, surtout ceux de la majorité (Adéma URD) aurait été d’exiger un commentaire détaillé, du genre : « Sommes-nous sûr d’avoir bien compris ? » Cet exercice aurait eu le mérite de permettre d’ancrer dans les esprits les promesses et les engagements pris par le Premier ministre, et de deux, de faire comprendre au Premier ministre lui-même que les députés croient en ce qu’il dit, et qu’ils ne considèrent pas sa déclaration comme des vœux pieux.
Les Maliens, qui voyaient au moins une alternative à ATT qui promet sans s’y attarder, et en laissant à leurs illusions ceux qui y accordent foi, voulaient une explication de texte. Nos braves élus de la majorité ont montré un empressement, voir un zèle à « évacuer » (le mot est d’un élu de la majorité) le dossier.
ATT n’a voté que pour un député
Qu’est-ce qui peut expliquer ce refus de débat de la part des députés ? La première lecture possible et plausible est leur volonté de montrer au président qu’ils sont avec lui. En effet, la mise en place du bureau, le débat sur le député bastonné et bien d’autres sujets ont échappé à Koulouba. Les points de vue de la colline ont été très peu pris en compte Place de la République, non pas parce que ceux de la majorité voulaient le défier, mais parce que, dans leur tête et dans leur comportement (et c’est heureux), nombre de nos élus se croient vraiment indépendants.
Le débat qui n’a pas eu lieu n’était pas une défiance de plus. Adhérer, faire allégeance n’est pas un manque de loyauté. Certainement, autant qu’ils se croient redevables à ATT, autant ou plus ils sont redevables aux pauvres hères qui ont mis leur bulletin dans l’urne, leur donnant mandat de les représenter. En dehors de l’élu de la Commune III, le général n’a voté pour personne d’autre.
Modibo Sidibé est-il sûr de tenir ses engagements ? En dehors des arguments de mobilisation des finances qu’il a pris en compte dans son texte, quelles garanties donne-t-il par rapport aux autres facteurs non négligeables chez nous comme les lourdeurs administratives, la corruption, l’intrusion du politique dans les dossiers techniques et même le populisme d’en haut ? Puisque les députés ont refusé le débat, montrant par là qu’ils ont réponse à nos questions, il leur revient donc d’y répondre.
Une chose est sûre : les députés ont manqué à leur devoir. En montrant un empressement à voter le texte en l’état de Modibo Sidibé, en lui signant un blanc-seing, ils nous ont fait montre d’un complexe soit d’infériorité, soit de niveau, en tous les cas qui n’était pas de mise. Plus jamais, ils n’auront l’occasion de se racheter. A moins que, comme c’est dans l’air du temps et à l’image des élèves et étudiants, ils n’aient plus la tête aux fêtes de fin d’année.
Ils ne sont pourtant pas parmi la majorité des Maliens qui tirent le diable par la queue !
Alexis Kalambry
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DEONTOLOGIE ET ETHIQUE
Les juges se remettent en questions
Les assises pour débattre du thème déontologie et éthique de la magistrature permettront aux membres de la famille judiciaire de réfléchir sur leurs droits et obligations et méditer fort opportunément sur les défis à relever.
Le mur de l’incompréhension grandit de jour en jour entre le peuple et sa magistrature, entre le juge et son opinion publique. Les recettes jusqu’ici appliquées pour trouver un remède aux maux de la justice n’ont que trop montré leur limite. Et si chacun, de son côté, faisait le choix de s’appesantir sur ses devoirs, de faire l’effort de se placer du point de vue de l’autre ?
C’est à ce double exercice d’introspection et de psychanalyse que s’est livré jeudi dernier au CICB, le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), à travers l’organisation d’un atelier sur le thème « déontologie et éthique de la magistrature ».
Il s’est agi, pour les participants durant les trois jours de travaux, de se soumettre au feu de la critique et de l’autocritique tout en se tenant le langage de la vérité dans l’espoir de la restauration de la crédibilité de la justice de notre pays. Le cadre de concertation a été également un moment fort pour rappeler aux membres de la famille judiciaire leurs propres devoirs et méditer opportunément sur les défis à relever. Cette expérience aura l’avantage de traduire la volonté des parties prenantes de sortir de l’état actuel qui est préjudiciable et inquiétant non seulement pour la magistrature mais aussi et surtout pour le peuple.
« Cette initiative est une grande première qui mérite d’être saluée et encouragée. Je pense que cette méthode de s’interpeller soi-même sur ce qu’on doit faire et ce qu’on ne doit pas faire, si elle était multipliée à tous les niveaux, permettrait de créer maintes abcès et d’espérer une guérison rapide et complète de cette grande convalescente » , a fait valoir le secrétaire général du ministère de la Justice, Ousmane Diarra.
Principale animatrice de la justice, la magistrature, est très souvent tenue pour responsable de tous les maux du pays au point où, selon le président du Sylima, on lui fait endosser des responsabilités qui ne sont pas forcément les siennes. « Le juge est prêt à se remettre en cause, à répondre de ses fautes, à assumer ses responsabilités. Mais il ne répondra que de ses seules fautes et il n’assumera que de ses seules responsabilités. Il n’est pas disposé à répondre des fautes ou à assumer les responsabilités des autres », a averti Hamèye Founé Mahalmadane.
Fidèle à sa devise « une magistrature indépendante et responsable au service d’une justice de qualité », le Sylima à entendre son président, demeure persuadé que le syndicalisme « ce n’est pas que revendiquer des droits ou réclamer des avantages. Ce n’est surtout pas de se glorifier des rapports particuliers qu’on croît entretenir avec les pouvoirs publics ».
Le Sylima, dira-t-il, se soucie de la saine distribution de la justice et pour cela, il prêche la responsabilisation des magistrats au service exclusif d’une justice de qualité. Il est attendu des éclaircissements permettant de jeter les bases d’un dialogue fructueux entre l’opinion publique et la magistrature.
Mohamed Daou
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COMMUNE III
La rue marchande attire
Perçue comme une opportunité pour beaucoup de chefs de famille d'acheter des habits de fête pour leurs enfants à des prix abordables, la rue marchande drainait dans les années précédentes une foule considérable au moment où il se tenait sur le Boulevard de l'Indépendance. Mais, avec sa déconcentration dans la zone de l'ACI 2000 puis aux Halles de Bamako, elle semble avoir perdu de son attirance, tant pour les exposants que pour les clients .
La C III a choisi de tenir sa première édition de la rue marchande sur le parking de la mairie, du 15 décembre au 02 janvier, devant le ministère de Commerce et de l’Industrie.
Une centaine de stands offrent pêle-mêle des articles ménagers, des habits, des chaussures haut de gamme, des pâtes alimentaires…
Selon Kassim Traoré, l’un des organisateurs, « c’est le comité syndical de la mairie qui a eu l’initiative, depuis l’année dernière, d’organiser la rue marchande. Mais, nous n’avons pas pu l’organiser parce que nous étions en retard. Notre objectif est d’organiser maintenant chaque année la rue marchande ».
Il ajoute : « la rue marchande était organisée seulement par la mairie du district. Elle continue toujours à l’organiser aux Halles de Bamako. C’est pour faciliter le déplacement des habitants de la rive gauche qu’on a pris cette initiative. Quand la rue marchande a été déplacée aux Halles de Bamako beaucoup de personnes ont perdu le courage d’effectuer de déplacement ».
Pour Hawa Sy, une visiteuse, « la mairie de la commune III a bien fait de prendre cette initiative. Elle nous a permis d’être plus proche de la rue marchande. Aussi, les prix sont abordables ».
Le nombre de participants de la première édition de la rue marchande en commune III est supérieur à une centaine de commerçants. La majeure partie de ces exposants sont de jeunes commerçants détaillants. Elle offre l’opportunité aux jeunes en chômage de se lancer dans les affaires. Dans le stand « K-Sy Shop » de Salia Koné, comme dans bien d’autres, où sont exposés des habits prêt-à-porter, les ventes se font à un rythme satisfaisant. « Je n’ai pas pu continuer avec l’école et depuis je suis en chômage. Je veux me lancer dans le commerce. La rue marchande est une grande occasion de me faire connaître, car elle enregistre, chaque jour, beaucoup de visiteurs. Les clients apprécient les marchandises. Nous sommes en phase d’observation. Les clients viennent observer et aller se préparer pour les achats » expliqué M. Koné.
Sidiki Doumbia
(stagiaire)
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