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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 18 Decembre

 

DPG A L’ASSEMBLEE NATIONALE

La majorité manque à son devoir

Le Premier ministre a sacrifié, le vendredi dernier, à la traditionnelle présentation de ce qui sera l’ossature de sa politique, pour le temps de son mandat. Sa déclaration de politique générale a passé comme lettre à la poste, les députés lui ayant, les yeux fermés et le doigt dans le nez, signé un blanc-seing.

Le texte du PM avait un mérite : il était clair et limpide. Trop clair et trop limpide. Modibo Sidibé a fait un texte qui s’égrenait comme un programme d’un PDG d’entreprise, avec des délais, des « objectifs et des résultats quantifiables ».

Sur ce sujet, mis à part les atermoiements des ministres de la Santé et de la Sécurité intérieure par rapport au député bastonné par des policiers, Modibo Sidibé a été irréprochable. Mieux, il a été doctoral, devant des élus qui affichaient un béatitude mal à propos.

Au passage, il faudrait affirmer avec force la primauté du pouvoir politique, en démocratie, sur l’autorité militaire. Un concept qui a de la peine à s’encrer, même chez des officiers qui ne professent cela que du bout des lèvres, sans y croire, encore moins y adhérer…

Donc, face à un texte aussi clair, l’attitude des députés, surtout ceux de la majorité (Adéma URD) aurait été d’exiger un commentaire détaillé, du genre : « Sommes-nous sûr d’avoir bien compris ? » Cet exercice aurait eu le mérite de permettre d’ancrer dans les esprits les promesses et les engagements pris par le Premier ministre, et de deux, de faire comprendre au Premier ministre lui-même que les députés croient en ce qu’il dit, et qu’ils ne considèrent pas sa déclaration comme des vœux pieux.

Les Maliens, qui voyaient au moins une alternative à ATT qui promet sans s’y attarder, et en laissant à leurs illusions ceux qui y accordent foi, voulaient une explication de texte. Nos braves élus de la majorité ont montré un empressement, voir un zèle à « évacuer » (le mot est d’un élu de la majorité) le dossier.

ATT n’a voté que pour un député

Qu’est-ce qui peut expliquer ce refus de débat de la part des députés ? La première lecture possible et plausible est leur volonté de montrer au président qu’ils sont avec lui. En effet, la mise en place du bureau, le débat sur le député bastonné et bien d’autres sujets ont échappé à Koulouba. Les points de vue de la colline ont été très peu pris en compte Place de la République, non pas parce que ceux de la majorité voulaient le défier, mais parce que, dans leur tête et dans leur comportement (et c’est heureux), nombre de nos élus se croient vraiment indépendants.

Le débat qui n’a pas eu lieu n’était pas une défiance de plus. Adhérer, faire allégeance n’est pas un manque de loyauté. Certainement, autant qu’ils se croient redevables à ATT, autant ou plus ils sont redevables aux pauvres hères qui ont mis leur bulletin dans l’urne, leur donnant mandat de les représenter. En dehors de l’élu de la Commune III, le général n’a voté pour personne d’autre.

Modibo Sidibé est-il sûr de tenir ses engagements ? En dehors des arguments de mobilisation des finances qu’il a pris en compte dans son texte, quelles garanties donne-t-il par rapport aux autres facteurs non négligeables chez nous comme les lourdeurs administratives, la corruption, l’intrusion du politique dans les dossiers techniques et même le populisme d’en haut ? Puisque les députés ont refusé le débat, montrant par là qu’ils ont réponse à nos questions, il leur revient donc d’y répondre.

Une chose est sûre : les députés ont manqué à leur devoir. En montrant un empressement à voter le texte en l’état de Modibo Sidibé, en lui signant un blanc-seing, ils nous ont fait montre d’un complexe soit d’infériorité, soit de niveau, en tous les cas qui n’était pas de mise. Plus jamais, ils n’auront l’occasion de se racheter. A moins que, comme c’est dans l’air du temps et à l’image des élèves et étudiants, ils n’aient plus la tête aux fêtes de fin d’année.

Ils ne sont pourtant pas parmi la majorité des Maliens qui tirent le diable par la queue !

Alexis Kalambry

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DEONTOLOGIE ET ETHIQUE

Les juges se remettent en questions

Les assises pour débattre du thème déontologie et éthique de la magistrature permettront aux membres de la famille judiciaire de réfléchir sur leurs droits et obligations et méditer fort opportunément sur les défis à relever.

Le mur de l’incompréhension grandit de jour en jour entre le peuple et sa magistrature, entre le juge et son opinion publique. Les recettes jusqu’ici appliquées pour trouver un remède aux maux de la justice n’ont que trop montré leur limite. Et si chacun, de son côté, faisait le choix de s’appesantir sur ses devoirs, de faire l’effort de se placer du point de vue de l’autre ?

C’est à ce double exercice d’introspection et de psychanalyse que s’est livré jeudi dernier au CICB, le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), à travers l’organisation d’un atelier sur le thème « déontologie et éthique de la magistrature ».

Il s’est agi, pour les participants durant les trois jours de travaux, de se soumettre au feu de la critique et de l’autocritique tout en se tenant le langage de la vérité dans l’espoir de la restauration de la crédibilité de la justice de notre pays. Le cadre de concertation a été également un moment fort pour rappeler aux membres de la famille judiciaire leurs propres devoirs et méditer opportunément sur les défis à relever. Cette expérience aura l’avantage de traduire la volonté des parties prenantes de sortir de l’état actuel qui est préjudiciable et inquiétant non seulement pour la magistrature mais aussi et surtout pour le peuple.

« Cette initiative est une grande première qui mérite d’être saluée et encouragée. Je pense que cette méthode de s’interpeller soi-même sur ce qu’on doit faire et ce qu’on ne doit pas faire, si elle était multipliée à tous les niveaux, permettrait de créer maintes abcès et d’espérer une guérison rapide et complète de cette grande convalescente » , a fait valoir le secrétaire général du ministère de la Justice, Ousmane Diarra.

Principale animatrice de la justice, la magistrature, est très souvent tenue pour responsable de tous les maux du pays au point où, selon le président du Sylima, on lui fait endosser des responsabilités qui ne sont pas forcément les siennes. « Le juge est prêt à se remettre en cause, à répondre de ses fautes, à assumer ses responsabilités. Mais il ne répondra que de ses seules fautes et il n’assumera que de ses seules responsabilités. Il n’est pas disposé à répondre des fautes ou à assumer les responsabilités des autres », a averti Hamèye Founé Mahalmadane.

Fidèle à sa devise « une magistrature indépendante et responsable au service d’une justice de qualité », le Sylima à entendre son président, demeure persuadé que le syndicalisme « ce n’est pas que revendiquer des droits ou réclamer des avantages. Ce n’est surtout pas de se glorifier des rapports particuliers qu’on croît entretenir avec les pouvoirs publics ».

Le Sylima, dira-t-il, se soucie de la saine distribution de la justice et pour cela, il prêche la responsabilisation des magistrats au service exclusif d’une justice de qualité. Il est attendu des éclaircissements permettant de jeter les bases d’un dialogue fructueux entre l’opinion publique et la magistrature.

Mohamed Daou

 

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COMMUNE III

La rue marchande attire

Perçue comme une opportunité pour beaucoup de chefs de famille d'acheter des habits de fête pour leurs enfants à des prix abordables, la rue marchande drainait dans les années précédentes une foule considérable au moment où il se tenait sur le Boulevard de l'Indépendance. Mais, avec sa déconcentration dans la zone de l'ACI 2000 puis aux Halles de Bamako, elle semble avoir perdu de son attirance, tant pour les exposants que pour les clients .

La C III a choisi de tenir sa première édition de la rue marchande sur le parking de la mairie, du 15 décembre au 02 janvier, devant le ministère de Commerce et de l’Industrie.

Une centaine de stands offrent pêle-mêle des articles ménagers, des habits, des chaussures haut de gamme, des pâtes alimentaires…

Selon Kassim Traoré, l’un des organisateurs, « c’est le comité syndical de la mairie qui a eu l’initiative, depuis l’année dernière, d’organiser la rue marchande. Mais, nous n’avons pas pu l’organiser parce que nous étions en retard. Notre objectif est d’organiser maintenant chaque année la rue marchande ».

Il ajoute : « la rue marchande était organisée seulement par la mairie du district. Elle continue toujours à l’organiser aux Halles de Bamako. C’est pour faciliter le déplacement des habitants de la rive gauche qu’on a pris cette initiative. Quand la rue marchande a été déplacée aux Halles de Bamako beaucoup de personnes ont perdu le courage d’effectuer de déplacement ».

Pour Hawa Sy, une visiteuse, « la mairie de la commune III a bien fait de prendre cette initiative. Elle nous a permis d’être plus proche de la rue marchande. Aussi, les prix sont abordables ».

Le nombre de participants de la première édition de la rue marchande en commune III est supérieur à une centaine de commerçants. La majeure partie de ces exposants sont de jeunes commerçants détaillants. Elle offre l’opportunité aux jeunes en chômage de se lancer dans les affaires. Dans le stand « K-Sy Shop » de Salia Koné, comme dans bien d’autres, où sont exposés des habits prêt-à-porter, les ventes se font à un rythme satisfaisant. « Je n’ai pas pu continuer avec l’école et depuis je suis en chômage. Je veux me lancer dans le commerce. La rue marchande est une grande occasion de me faire connaître, car elle enregistre, chaque jour, beaucoup de visiteurs. Les clients apprécient les marchandises. Nous sommes en phase d’observation. Les clients viennent observer et aller se préparer pour les achats » expliqué M. Koné.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

 

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KALABANCORO

Le conseil communal face aux citoyens

S’inspirant de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) que notre pays organise chaque année depuis 12 ans, l’ONG Water-Aid/Mali, en collaboration avec la Commune rurale de Kalabancoro (cercle de Kati), a organisé samedi dernier à la mairie de la dite Commune une journée d’interpellation. L’objectif, selon le maire Ibrahim Bamba, est d’instaurer un cadre de dialogue entre les élus locaux et leurs mandants pour concrétiser la rédevabilité et la confiance nécessaire.

Face aux 42 questions relatives au manque d’infrastructures socio-sanitaires dans la Commune, à l’effectif pléthorique dans les salles des classes, au manque crucial d’enseignants, la gestion des écoles communautaires, au difficile accès des populations à l’eau potable et à un système d’assainissement adéquat, le maire et le conseil communal ont tenté de donner des réponses. A les en croire, loin d’être une incapacité de satisfaire les besoins, la Commune manque cruellement de ressources financières .

« Loin d’un règlement de compte, cette journée d’interpellation des 12 villages qui composent la commune de Kalabancoro tourne essentiellement autour des axes de développement dont la santé, l’éducation, l’état civil, l’hygiène, l’hydraulique et l’assainissement » , a précisé le représentant du sous-préfet qui a présidé la cérémonie d’ouverture.

Pour le maire, l’EID local, premier du genre dans sa Commune, permettra aux populations de poser avec clairvoyance un diagnostic concret du Plan de développement économique, social et culturel de la Commune et de mieux exprimer leurs préoccupations dans les domaines prioritaires. « Au maire et au conseil communal, cet exercice nous permettra de promouvoir le renforcement de la démocratie et de développer une synergie d’actions pour honorer nos engagements vers un développement durable », a dit M. Bamba.

La représentante de Wam s’est dit convaincue que l’instauration de ce cadre de dialogue et de redevabilité entre élus locaux et citoyens est un moyen sûr de promotion de développement local qui constitue l’objectif final de la décentralisation. « Wam se fera le devoir de solliciter l’accompagnement des autres partenaires pour que la Commune rurale de Kalabancoro soit au rendez-vous des OMD ».

A la fin de l’EID communal, les cinq membres du jury, présidé par Me Jacques Cissouma, ont formulé plusieurs recommandations parmi lesquelles, le paiement des taxes et impôts qui constituent les principales ressources de la Commune.

Idrissa Sako

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2 e CONSEIL NATIONAL DU SYNACODEM

Les difficultés du commerce de détail au menu

Le 2 e conseil national des commerçants du détail tenu le week-end dernier sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Economie, de l’industrie et du Commerce avait pour objectif de faire le point sur les entraves du commerce au détail. Parmi les difficultés débattues au cours des travaux par les délégués venus de Bamako et l’intérieure, figurent en bonne place, le manque d’équipements marchands modernes, l’accès au crédit, l’assainissement des marchés etc.

En présidant les travaux, le Ségal du département de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a réaffirmé la détermination du ministère à accompagner toutes les initiatives des commerçants détaillants destinées à améliorer le plein épanouissement de leurs activités.

Ce deuxième conseil national s’est tenu dans un contexte particulier marqué par la division des commerçants après les élections contestées de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali. C’est pourquoi, le président des commerçants détaillants appelle à une union sacrée des commerçants détaillants afin de dresser un front commun face à leurs difficultés qui, dit-il, dans la solidarité et l’union, auront des réponses adéquates.

Denis Koné

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  SUSPENSION DE CADRES AU CNID

Le parti du soleil levant à l’épreuve de la cassure

La suspension, le samedi dernier d’une dizaine de cadres, du Cnid-Fyt dont le secrétaire général et la présidente des femmes, ouvre inéluctablement la voie à une troisième cassure du parti du soleil levant.

En réunion ordinaire du bureau, le samedi 15 décembre 2007, le comité directeur du Cnid a pris la décision de suspendre le secrétaire général Ndiaye Ba non moins ministre de l’Artisanat et du Tourisme, la responsable du mouvement des femmes, Mme Tall Hawa Touré et neuf autres cadres de toute activité politique jusqu’à nouvel ordre. Ils sont accusés d’indiscipline à l’égard du parti.

Depuis les législatives de juillet 2007, un désamour s’est créé entre le président du Cnid, Me Mountaga Tall et certains cadres du parti. La suspension qui vient d’être prononcée n’est que l’exacerbation de la crise au sein du comité directeur.

La candidature controversée de Me Demba Traoré aux dernières législatives en Commune VI a créé un malaise au Cnid. Le président du parti avait plutôt jeté son dévolu sur une autre militante, Mme Raïs Aïcha Wafi comme candidate du Cnid en Comme VI. Le secrétaire général, de même que Mme Tall Hawa Touré et d’autres cadres du parti n’entendaient pas les choses de cette oreille. Ils ont soutenu Me Demba contre vents et marrées. Celui-ci, qui écopait d’une suspension à cause de sa détermination à se porter candidat, s’est finalement présenté sur la liste URD.

Me Tall a vu au soutien à Me Demba une sorte de défiance à son autorité. Sous son ordre, le comité directeur adressa une lettre d’explication à Ndiaye Ba et ses camarades. Une lettre qui n’a jamais eu de réponse. Ce qui n’a fait que durcir davantage la crise. La médiation offerte par les sages du parti s’est soldée par un échec.

Le soleil du Cnid se couche

Le fossé entre Me Tall, Ndiaye Ba et autres cadres suspendus a continué de se creuser jusqu’à la nomination du gouvernement du Premier ministre Modibo Sidibé. Là aussi, le président du parti est accusé de s’être opposé à la reconduction du secrétaire général du parti à son poste de ministre de l’Artisanat et du Tourisme.

Me Tall n’aurait pas mis le nom de Ndiaye Ba sur la liste des ministrables du parti qui a été remise au président de la République. Ce dernier aurait choisi volontiers de reconduire le ministre Ba pour qu’il continue les actions de promotion du tourisme et de l’artisanat entreprises à la tête de son département depuis cinq ans.

La suspension qui vient de tomber tel un couperet apparaît aux yeux des observateurs de la scène politique comme un règlement de comptes plus que la conséquence d’une faute. Pour certains, l’histoire ne fait que se répéter au parti du soleil levant (emblème du Cndi), qui s’achemine vers sa troisième cassure.

Il y a une dizaine d’années, les mêmes divergences de vue ont provoqué une première scission au congrès de mars 1995 ayant entraîné le départ de ce qui était appelé à l’époque « le groupe des dix » composé de Tiébilé Dramé, Pr. Yoro Diakité, Me Amidou Diabaté, Djiguiba Kéita dit PPR et de nombreux autres cadres qui ont créé le Parti pour la renaissance nationale (Parena). Six ans plus tard, en décembre 2001 est née la Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) avec le départ de Cheick Oumar Sissoko, du Dr. Oumar Mariko et autres.

Comme si le Cnid était frappé du phénomène de crise séquentielle qui revient tous les six ans, d’autres ténors frappés de sanctions depuis le 15 décembre 2007 ne manqueront pas certainement de prendre définitivement leur distance du parti dont le soleil au lieu de se lever, se couche...

Abdrahamane Dicko

 

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 TIC EN AFRIQUE

« Blogger » pour faire avancer la démocratie

L’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) vient d’organiser son 3e atelier régional sur les Technologies de l’information et de la communication (Tic) en faveur des journalistes et de certaines composantes de la société civile. C’était à Dakar (Sénégal) du 13 au 15 décembre 2007.

« Nouvelles technologies, nouveau journalisme, renforcement de la gouvernance »  !L’IPAO ne pouvait trouver un thème plus pertinent et plus engagé pour son 3e atelier régional sur les médias et les enjeux des Tics en Afrique de l’Ouest.

Pertinent parce que nous avons aujourd’hui l’impression que, dans la plupart de nos Etats, les enjeux des Tic échappent aux médias. Beaucoup plus aux éditeurs qu’aux journalistes qui prennent de plus en plus goût aux facilités et commodités technologiques leur permettant d’assouvir leur passion du journalisme.

A notre avis, le premier enjeu des Tic, pour un journaliste, c’est la reconquête de la liberté d’expression. Cela est fondamental dans une sous-région ouest-africaine où la démocratie est en recul, où la liberté d’expression est de plus en factice avec l’agression et l’embastillement des journalistes dans des pays jusque-là considérés comme des modèles. Il s’agit notamment du Sénégal, du Mali et, dans une moindre mesure démocratique, du Niger.

De nos jours, le blog semble être le meilleur outil pouvant permettre à un journaliste d’exprimer ses opinions, de défendre ses convictions politiques, socioreligieuses, économiques… sans être pour autant inquiété. Aujourd’hui, tous les journalistes peuvent facilement avoir leurs blogs pour « blogger » (lire bloguer) pour faire avancer la liberté d’expression, la démocratie et booster le développement en Afrique.

Sans compter qu’avec la globalisation, les besoins d’information sont énormes dans nos pays du Sud et nos consommateurs sont de plus en plus exigeants car ils veulent être informés au même rythme que le reste du monde. Il va de soi que la diffusion de l’information par les canaux traditionnels (télévision et radios analogiques, presse écrite…) ne suffisent plus à faire la différence et à faire face à la concurrence.

L’autre enjeu, c’est élargissement du public récepteur d’informations grâce à ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le Web 2.0 (Utube, flickr, Skip, Wiki…) De nouvelles technologies offrent aux médias d’ouvrir des débats interactifs touchant le maximum de personnes (à une vitesse de croisière) à travers le monde. Une opportunité d’éveiller les consciences, de bousculer les mauvaises pratiques sociopolitiques, d’attirer les regards sur les insuffisances de nos systèmes de gouvernance, mais aussi de promouvoir les expériences africaines positives et les immenses potentialités dont regorge l’Afrique.

Le Web 2.0 n’est pas seulement qu’opportunité. Ces technologies amènent les journalistes dits « traditionnels » à faire face à de nouveaux concurrents que sont les « journalistes-citoyens » qui ont envahi le web pour faire circuler une large gamme de nouvelles. Ce qui doit susciter une nécessaire remise en question au sein de la profession qui, même si elle n’est nullement menacée par ce nouveau journalisme, doit s’adapter à ce fléau en revoyant surtout le contenu proposé aux consommateurs d’information.

La gouvernance des Tic et l’intégration de nos langues nationales dans nos politiques en la matière représentent d’autres enjeux non moins importants. Aujourd’hui, le développement des Tic passe par une meilleure gestion et réglementation de cet immense espace afin de déterminer les droits et responsabilités de tous les acteurs. La gouvernance du Tic a aussi un enjeu sécuritaire parce que l’Afrique ne sera pas épargnée par la cybercriminalité, et le Web est aujourd’hui un espace privilégié par les réseaux de pornographies et de trafics de toutes sortes pour appâter les enfants.

Le continent ne peut donc pas se permettre de prendre le train de la réglementation en marche. Il doit agir maintenant pour sa stabilité, pour sa sécurité et pour la protection de ses enfants et de sa jeunesse. Et il est aussi utopique de combler fossé numérique qui sépare l’Afrique de l’Occident en occultant les langues nationales. C’est en la matière que les outils du Web 2.0 sont précieux dans le sens qu’ils facilitent le transfert de l’image et du son. Ce qui permet facilement les échanges d’expériences, entre les paysans par exemple. Il s’agit maintenant de mieux outiller les communautés afin qu’elles maîtrisent ses nouvelles technologies et se les approprient.

A la sortie de ce 3e atelier de l’IPAO, les participants ont été suffisamment outillés pour faire le plaidoyer pour susciter nécessaire pour relever ces défis et jouer leur partition. Ils ont été également mieux armés pour mener la réflexion et engager les reformes requises dans les médias. En plus de leurs traditionnels outils, cet atelier a sans doute offert l’opportunité aux nombreux participants de, par exemple, blogger désormais pour échapper à la censure des éditeurs et des Etats pour faire avancer l’Afrique !

Alphaly

(envoyé spécial)

 

 

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Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
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