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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 17 Decembre

 

CIMENTERIE DU MALI

Une promesse en l’air d’ATT ?

La cimenterie que le président de la République avait promise aux Maliens verra-t-elle le jour ? En la matière, la déclaration de politique générale du gouvernement devant les députés n’incite guère à l’optimisme.

Vendredi dernier, le Premier ministre a présenté aux élus de la nation, la déclaration de politique générale du gouvernement. Face aux députés, Modibo Sidibé a indiqué les grands axes de sa politique qui, sur papier, fera du Mali un Eldorado. Les Maliens n’auront rien à envier aux pays développés. Avec des chiffres, il a précisé les dates auxquelles les grands travaux seront réalisés secteur par secteur, laissant dans le flou ce qui paraît aussi capital pour de nombreux Maliens : la construction d’une cimenterie.

Au regard de la forte demande, les Maliens veulent une cimenterie. Mais le PM s’est contenté de dire que le gouvernement s’attellera à conforter les industries naissantes et devra notamment identifier, promouvoir et soutenir des projets privés portant sur la création de nouvelles unités dans les secteurs des matériaux de construction (cimenterie, briqueteries...)

On attendait mieux que ça. Dans un passé récent on se rappelle qu’une délégation de la CCIM avait rendu visite à Ousmane Thiam, alors ministre de la Promotion des petites et moyennes entreprises. A l’occasion, le président de la CCIM, qui conduisait la délégation, avait parlé de la nécessité, pour notre pays en chantier, d’avoir sa cimenterie. Il avait parlé de l’intérêt que cela revêt pour les opérateurs économiques. Et depuis, au sein de l’opinion, on avait pensé que le projet de création d’une cimenterie ne tarderait plus à se concrétiser. Malheureusement, le constat est aujourd’hui amer, l’espoir s’est transformé en chimère.

Choguel terrasse ATT

Pis, le président de la République lors de son dernier voyage à Tripoli, en août 2007, avait réaffirmé que le Mali aura sa cimenterie. Pour dire aux Maliens que ce n’était pas un vain projet, ATT avait ajouté que la Libye allait s’investir dans la mise en place d’une usine de ciment au Mali « un ciment made in Mali à des prix abordables ».

Au vu de tout ce qui a été dit et promis, la déclaration faite par le PM ne rassure guère. Le Mali est un pays en chantier. De nombreux chantiers sont ouverts tant du côté des pouvoirs publics que de celui des particuliers, citoyens et opérateurs immobiliers. Un peu partout dans le district de Bamako, voire dans certaines capitales régionales, des ouvrages sortent de terre. Le sac de ciment est cédé à 6000, voire 6500 F CFA. C’est pourquoi nous estimons que la construction d’une cimenterie ne doit pas relever de l’initiative privée. L’Etat doit en faire une de ses préoccupations.

Les Maliens ont-ils besoin de demander à ATT et à son chef du gouvernement la construction d’une cimenterie ? Contrairement aux autres pays de la sous-région qui importent la matière première pour la fabrication du ciment (le klinker) d’Espagne, le Mali dispose d'énormes réserves en la matière. Il a la particularité d'avoir sur son territoire toutes les roches nécessaires à la fabrication du ciment.

L’histoire est-elle en train de donner raison à l’ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, Choguel K. Maïga qui, après plusieurs interpellations des plus hautes autorités avait déclaré que le Mali ne pouvait pas avoir sa cimenterie en raison du coût élevé de l’électricité et des problèmes de transport ? M. Maïga n’ajoutait-il pas que toutes les données avaient démontré que la cimenterie de Diamou n’était pas rentable.

« On continue à importer du ciment en attendant que les obstacles soient levés » , avait-il tranché.

Amadou Sidibé

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IL FAUT LE DIRE

Tromperies

Un ministre sortant, qui voulait éternellement rester dans les grâces du pouvoir, a dit un jour que « l’Office du Niger a vu se réaliser de 2002 à 2006 plus d’investissements que durant toute son existence ». Même s’il s’est fait rappeler à plus de modestie, son dérapage verbal a été vite mis au compte des lapsus à oublier.

Mais en réitérant la même chose devant les députés la semaine dernière, un ministre reconduit, qui a soutenu que tous les progrès réalisés par le Mali ne l’ont quasiment été que de 2002 à 2007, voulait dire au peuple malien qu’on est quelque part en train de vouloir réécrire l’histoire de ce pays. Contre vents et marées. On est dans l’antichambre du culte de la personnalité.

Mais que ceux qui feignent de l’ignorer le sachent : l’ère des rédempteurs du peuple est révolue. Ceux sur qui ces « fleurs empoisonnées » sont jetées devront aussi se convaincre une fois pour toutes que « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » et siffler la fin de la mystification du peuple. Ils doivent mépriser ceux qui tirent vanité de leur apport dans les progrès de la mère patrie à qui ils doivent tout ?

Vous prétendez que le bonheur du Mali a commencé en 2002. Et pourtant le pays a été classé 175e sur 177 pays à l’IDH 2007 du Pnud. Or, Dieu sait combien le régime que vous portez au firmament a été gâté en termes d’aides étrangères. Combien en avez-vous reçues et combien sont arrivées à destination ? Combien de personnes ont bâti leurs fortunes sur le dos du Mali de 2002 à 2007 ?

Car vous n’êtes pas sans savoir que, pour la Banque mondiale, « la corruption au Mali est systémique et pernicieuse en raison du système de clientélisme politique, qui fait que les postes officiels sont attribués à ceux qui produisent des rentes pour leur patron… » Où sont vos progrès quand 103 milliards (BVG) sont planqués impunément ? De quels progrès parlez-vous quand les Maliens n’osent même plus rêver aux trois repas quotidiens, à apprendre correctement à l’école, à se soigner ou à avoir un travail décent ?

En dehors de la liberté d’expression (maintes fois malmenée), notre pays, vous le savez pertinemment, n’en mène pas large. Les obstacles au développement et notamment la corruption sont toujours là et se portent comme un charme. La CMDT et la Sotelma seront privatisées. L’EDM bat de l’aile. La RCFM ? N’en parlons pas ! Il n’y a plus de société digne de ce nom. Des progrès ça ?

Cependant, l’US-RDA, tout en refusant de le faire, peut se vanter d’avoir créé presque ex-nihilo toutes les entreprises d’Etat, dont Air-Mali, qui ont fait la fierté du Mali. Ce régime a permis à des milliers de Maliens de travailler dignement, de fonder des foyers et d’éduquer leurs enfants. A présent, des travailleurs sont licenciés à la pelle. Quel progrès ça !

Même s’il a dilapidé bien des acquis de la Ire République, le régime CMLN/UDPM n’a pas non plus été totalement négatif quand on considère certaines de ses réalisations gigantesques comme le barrage de Sélingué, la route Sevaré-Gao, l’aéroport de Bamako-Sénou. Quant à l’Adéma, n’a-t-il pas mis le pays sur la rampe du développement des infrastructures ? N’a-t-il pas conçu et réalisé « Mali-2002 » ? N’a-t-il pas fait le Projet sectoriel des transports ? Que chacun fasse son devoir de génération sans forfanterie.

A. M. T

 

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LES CENTRES DE SANTE BOUDENT LE PEV

Les Asaco exigent leur convention collective

Exerçant depuis des années dans l’insécurité juridique, les travailleurs des centres de santé communautaire du Mali (Cscom) viennent de taper du poing sur la table, en boudant jeudi dernier la campagne intégrée de vaccination lancée par le président de la République . Le syndicat se réserve le droit d’entreprendre d’autres mouvements si sa revendication n’est pas satisfaite.

L’Etat, conformément à ses missions régaliennes, doit assurer la santé de la population. Mais avec l’avènement de la décentralisation, il a confié cette tâche à des associations de santé communautaire sans pour autant leur transférer les moyens. En témoigne : l’insécurité juridique dans laquelle se trouvent les travailleurs des centres de santé communautaire qui peuvent se retrouver à la porte du jour au lendemain, faute de textes les régissant.

Mais il semble qu’ils veulent régler cette fois-ci et pour de bon la question avec le gouvernement qui n’a jusque-là donné la moindre preuve de sa bonne foi dans l’application de la convention collective des Asaco.

Pour se faire entendre, le Syndicat national du personnel des centres de santé communautaire du Mali (Synapcscom), n’est pas passé par quatre chemins. Il a instruit aux 800 Cscom que compte le pays dont une cinquantaine à Bamako de bouder les activités de la campagne intégrée de vaccination contre la rougeole, la poliomyélite, la carence en vitamine A, les effets des vers intestinaux et le paludisme, lancée jeudi dernier par le chef de l’Etat.

Ce boycott entrepris par les travailleurs des Cscom sur l’ensemble du territoire, résulte de la non-satisfaction de leur doléance principale qui est l’application effective de la convention collective du personnel des Cscom.

Selon Mahamane Maïga, secrétaire aux relations extérieures du Synapcscom et médecin chef du Centre de santé communautaire de Banconi (Asacoba), depuis 1989 les structures de santé communautaire existent, mais il n’y a pas eu de textes qui les régissent.

« Il n’y a aucune sécurité. Un beau matin, tu peux être mis à la porte parce qu’il n’y a pas de textes. Donc, c’est l’insécurité juridique totale » , s’indigne-t-il. A l’en croire, l’Etat a soutenu en 2006 la Fédération nationale des associations des centres de santé communautaire (Fnascom) qui, à son tour, a soutenu les travailleurs dans la mise en place un syndicat avec pour mission de défendre des intérêts moraux et matériels des travailleurs.

C’est dans cette foulée, précise-t-il, qu’une Commission mixte paritaire a été installée le 26 mai 2006 pour finaliser la convention qui a fait l’objet d’une signature le 28 août 2006 entre la Fnascom et le Syndicat des travailleurs sous la supervision de la direction nationale du travail et déposée au greffe du tribunal du travail en octobre 2006.

La zizanie d’Etat

Selon la loi, la dite convention doit entrer en application dans les 24 h qui suivent son dépôt au tribunal du travail. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Et toutes les démarches entreprises jusqu’ici ont été infructueuses.

« Des rencontres ont eu lieu entre la Fnascom, le ministère de la Santé et les travailleurs mais nous n’avons même pas pu obtenir un engagement écrit qui nous permet d’être sûr qu’après ces vaccinations des négociations seront ouvertes. Pourtant, nous sommes restés ouverts au dialogue mais à notre grande surprise, le gouvernement est passé par des contours négociés mettant en place des équipes de vaccination dans un désordre total sur nos aires de santé » , déplore Mahamane Maïga.

Il faut dire que cette campagne de vaccination intégrée prévue pour durer une semaine risque de ne pas connaître le succès retentissant des années précédentes. Avec la non-participation des Asaco, il a été constitué des équipes de façon à satisfaire le politique mais pas pour réussir dans le cadre technique d’un système de travail.

« Les personnes recrutées pour la circonstance ne sont pas suffisamment formées. Nombre d’entre elles ne disposent pas de diplôme. Ce sont des équipes fortuites qu’ils ont envoyées sur le terrain pour contourner le boycott. Pis, des équipes sont constituées de tous ceux qui leur tombent sous la main » , dénonce le secrétaire aux relations extérieures du Synapcscom.

Au deuxième jour du boycott, le constat suivant se dégageait selon le Syndicat : dans le district, seul le personnel du Cscom de la Commune II n’a pas respecté le mot d’ordre sinon le mouvement a été largement suivi dans les autres communes. Les régions qui ont les plus observé le mot d’ordre de boycott sont Kayes et Sikasso. Les régions moyennes sont Ségou, Mopti pour la simple raison, apprend-on, qu’elles n’ont pas reçu l’information à temps. Par contre, à Tombouctou, le personnel a travaillé.

Toujours est-il que le syndicat du personnel des Cscom ne veut plus lâcher prise. Il a l’intention d’appuyer sur le champignon dans les jours à venir. Autrement dit, il s’achemine vers d’autres actions vigoureuses de revendications. Toutefois le syndicat, par la voix de son secrétaire aux relations extérieures, se dit toujours disposé au dialogue.

Mohamed Daou

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COURSE A LA MOUSTIQUAIRE IMPREGNEE

Un enfant meurt de surdose de vaccin

Dans le cadre de la « foire de santé » matérialisant la journée nationale de vaccination, l’inoculation de la dose des vaccins et du comprimé de vitamine A pour éradiquer cinq maladies chez les nourrissons, les femmes allaitantes et enceintes ainsi que les enfants de mois de cinq ans, est accompagnée de la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées. Certains parents ou personnes malintentionnées font subir des calvaires aux petits-enfants, qu’ils amènent plusieurs fois aux vaccinateurs pour bénéficier de moustiquaires imprégnées. L’information du décès d’un jeune garçon à Missira, en commune II, a fait le tour de la capitale depuis samedi.

Selon ces informations que le commissariat du 3 e arrondissement n’a pas pu nous confirmer, le jeune homme conduit deux jours de suite (le jeudi et vendredi) pour prendre ses doses de vaccin serait décédé le samedi dernier d’une overdose. Il aurait accumulé une dose anormale de vaccin pour assouvir l’intérêt sordide de la personne, qui voudrait gagner plus de moustiquaires imprégnées.

Beaucoup de gens sont au regret de constater, que les opérations de vaccination se passent dans le désordre parfait. La moustiquaire imprégnée demeure la principale motivation de certains gens. A Niamakoro, en Commune VI, une femme d’une soixantaine d’années a été éconduite parce qu’elle n’a pas été à mesure de dire l’âge et le nom de l’enfant qu’elle portait dans les bras. Les infirmiers du CESCOM ont compris qu’elle avait un enfant pris dans la rue. Une autre dame avait menti sur l’âge de son enfant auquel elle donnait trois ans alors qu’il en a plus de cinq. Les organisateurs doivent davantage faire de sensibilisation et redoubler de vigilance pour éviter de récolter les effets contraires de la « foire de santé.

Abdrahamane Dicko

 

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AFFAIRE REMI DION-HOTEL SALAM

Ça sent la xénophobie

Le Tribunal de première instance de la Commune III du district a, au cours de son audience publique ordinaire du 22 novembre dernier, condamné l'hôtel Salam, dans l'affaire qui l'oppose à Remi Dion, à payer la somme de 12 millions de F CFA dont 2 millions de dommages et intérêts.

Le président du Tribunal Alou Maïga, tout en déboutant l'hôtel Salam de sa demande reconventionnelle, avait ordonné l'exécution provisoire de cette décision en ce qui concerne le paiement du principal à savoir 9 millions de F CFA, nonobstant toutes voies de recours.

Remi Dion, par l'organe de son conseil Me M'Bandy Yattassaye, après avoir payé la grosse a saisi un huissier, le cabinet Daru-Salam de Me Mamadou Balla Camara. Ce dernier a adressé le 5 décembre une signification de titre exécutoire avec commandement de payer à l'hôtel Salam.

Et contre toute attente, l'hôtel Salam refuse non seulement de s'exécuter mais fait appel au jugement du Tribunal de première instance de la Commune III au motif que le "jugement a été mal rendu". Dans sa plaidoirie le 14 décembre dernier devant la Cour d'appel, l'un des avocats de Salam, Me Konaté a eu l'audace de dire qu’"un étranger n'a pas droit à l'exécution provisoire sur le territoire malien".

Cette thèse "xénophobe" (parce que Remi Dion est d'origine ivoirienne), est défendue par le cabinet de défense de Salam qui s'est renforcé avec quatre avocats pour cette cause. Après avoir entendu les plaidoiries des avocats, la Cour d'appel a mis le délibéré au 28 décembre prochain.

Attendons de voir.

Sidiki Y. Dembélé

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  REVELATION DE 75 MILLIARDS DES BANQUES A DES PRIVILEGIES

Des opérateurs économiques vont bouder le PDES

Le secteur économique malien, dans sa composante majoritaire, a très mal apprécié l’octroi par des banques de la place de 75 milliards de F CFA à une poignée de commerçants, de surcroît insolvables. Mécontents d’être les dindons de la farce, ils ont décidé de s’organiser pour bouder la mise en œuvre du Programme de développement économique et social (PDES) qui est la feuille de route du président de la République pour son dernier mandat.

La révélation avait été faite la semaine dernière par notre confrère Le Républicain. La Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) vient d’adresser un rapport au président de la République concernant cinq opérateurs économiques maliens qui doivent la bagatelle de 75 milliards de F CFA à des banques de la place.

La Commission bancaire a fait le constat selon lequel cette catégorie de commerçants bénéficient depuis un certain temps de ce genre de passe-droit auprès des établissements financiers nationaux. Son courroux est d’autant plus grand que les créances sont accordées dans des conditions les plus douteuses sous le couvert du favoritisme des plus hautes autorités du pays.

Un soutien occulte qui motive les bénéficiaires des 75 milliards de F CFA à ne pas honorer les échéances prévues dans leurs engagements signés auprès des mêmes banques. D’autres opérateurs économiques se sentant victimes d’exclusion pensent que le régime en place a choisi parmi eux ses hommes, qui s’enrichissent dans l’impunité totale sur le dos du contribuable malien. Ce sont les mêmes personnes qui sont attributaires d’exonérations fantaisistes.

Pour eux, « en créant cette discrimination, l’Etat a en même temps créé les conditions de la division au sein du secteur privé. D’un côté, il y a ceux qui triment à la sueur de leur front pour joindre les deux bouts et de l’autre, il y a ceux qui ont tout à l’œil. Comment le président qui dit vouloir faire du secteur privé la locomotive du développement peut accepter une telle situation ? Comment peut-il mettre en œuvre son PDES avec un secteur privé lamentablement déchiré pour les beaux yeux d’une minorité insignifiante ? ».

Dans ces conditions, puis que la division est savamment entretenue au sommet de l’Etat, qui semble faire sien le slogan « à chacun son opérateur économique », il n’est pas question, à leurs yeux, de participer à la réalisation du PDES. Il faut rappeler que le secteur privé participe pour l'essentiel dans la réalisation du PDES tel que formuler par le président ATT.

Des opérateurs économiques, imports-exports aussi bien que des commerçants détaillants, qui n'entendent plus être les dindons de la farce, ont décidé dorénavant de prendre leurs responsabilités pour ne plus cautionner cette situation. Ils décident de boycotter le PDES, même si cela passe par leur « auto-exclusion ».

Abdrahamane Dicko

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 DPG A L’ASSEMBLEE NATIONALE

Modibo Sidibé engage son gouvernement .

C’est d’une oreille attentive que les députés ont écouté vendredi la déclaration de politique générale du Premier ministre Modibo Sidibé. Par ce geste, le PM a engagé la responsabilité de son gouvernement devant l’Assemblée qui, pourrait le faire démettre de ses fonctions .

Conformément aux articles 78 et 79 de la Constitution, le Premier ministre Modibo Sidibé était vendredi à l’Assemblée nationale, où il a exposé la politique générale qu’il entend mener au cours des cinq prochaines années et des réalisations qu’il compte faire.

Des députés de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, la mouvance présidentielle), se disent déjà satisfaits des intentions émises par le chef du gouvernement dans son discours. Ces députés trouvent le discours « sobre, conciliateur, engagé, optimiste » et les projets égrainés tout au long de la déclaration « concrets et réalisables ».

« Il a avancé des dates précises pour le début de nombre de projets et d’infrastructures dans presque tous les domaines. A priori, sa déclaration m’a séduit. Mais, je prendrai le temps ce week-end pour l’étudier encore de façon plus approfondie. J’espère que les débats qui commencent lundi renforceront ma conviction » , nous a indiqué un député élu à Ségou.

Ce dernier se réjouit de voir dans le programme que le Premier ministre entend mettre en œuvre la prise en compte de beaucoup de préoccupations des Maliens notamment le développement de l’agriculture, de la sécurité sur les routes, de l’eau potable, de la santé… Même son de cloche pour le député qui trouve pertinentes les réformes que le Premier ministre entend apporter dans le domaine de la justice et la corruption. Sur ce point précis, le Premier ministre a indiqué qu’il allait organiser des états généraux sur la lutte contre la corruption dès le 1er semestre 2008 et procéder à la relecture de la carte judiciaire du pays.

« Le Premier ministre a fait une déclaration de politique générale qui, à première vue, paraît assez claire parce qu’il a défini clairement les projets et les chantiers sur lesquels il va intervenir. Il a donné des dates de démarrage pour les uns, fixé des échéances et même avancé des chiffres ronds pour d’autres. Mais il n’a pas encore dit comment et d’où il va tirer toutes les ressources financières pour réaliser ce programme que je trouve très ambitieux » , réagit pour sa part un député de l’opposition.

Pour ce dernier, le camp auquel il appartient se donnera la peine d’éplucher le document à eux soumis et faire les remarques et suggestions pertinentes. C’est dire que les débats qui s’ouvrent ce matin seront sinon houleux, du moins constructifs. C’est d’ailleurs pourquoi, le Premier ministre, tout en rendant hommage à l’ADP, a salué la naissance d’une nouvelle opposition à l’AN.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le discours sur la politique générale du gouvernement a été religieusement écouté par les députés. Les débats sur cette DPG commencent ce lundi et le Premier ministre pourrait être démis de son poste si les honorables en arrivaient à la conclusion que cette politique ne répond pas à l’attente des populations et du pays tout entier.

En attendant, des députés de la mouvance présidentielle (ADP) interrogés par nos soins estiment que le Premier ministre a de bonnes intentions et des projets concrets pour le développement du pays dans les cinq années prochaines.

Denis Koné

 

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