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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 11 Decembre

 

FACE AUX APE

La résistance africaine se fissure

Quelque 70 chefs d'Etat et de gouvernement africains et européens ont participé au 2e sommet UE/Afrique, du 8 au 9 décembre 2007, à Lisbonne (Portugal). Comme on pouvait s’y attendre, les Accords de partenariat économique (APE) ont été au cœur des débats. Et des dirigeants africains comme Me Abdoulaye Wade et Alpha Oumar Konaré ne sont pas passés par quatre chemins pour mettre à nue les insuffisances des APE.

« L’Afrique a besoin de l’Europe comme l’Europe a besoin de l’Afrique »  ! C’est ce qu’a rappelé le président du Ghana et de l’Union africaine (UA), John Agyekum Kufuor, à la veille du sommet Afrique-Europe le week-end dernier à Lisbonne. Une vision également défendue par le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré. Et pourtant, ce principe d’égalité est foulé aux pieds lorsqu’il s’agit d’accords de partenariat.

Comme on pouvait s’y attendre, les Accords de partenariat économique (APE) étaient au cœur des débats lors de cette rencontre entre dirigeants africains et européens. Pour l’UE, les APE représentent le passage obligé pour l’insertion de l’Afrique dans l’économie mondiale. Ce qui n’est pas l’avis des Africains et de nombreux économistes de part le monde. Les APE démontrent plutôt que le nouveau partenariat équilibré « d’égal à égal », censé être inauguré au sommet de Lisbonne, est un vain mot.

Et il est heureux de voir que des dirigeants africains comme Me Abdoulaye Wade du Sénégal sont aujourd’hui conscients du péril auquel les économies africaines sont exposées avec la signature des APE. « Les relations entre l’Afrique et l’Europe doivent être basées sur le libre-échange », rappelle le président sénégalais. Se ralliant à la position de nombreux experts de par le monde, il souligne que, avec les APE, les industries africaines vont disparaître avec tout ce que cela comporte comme conséquences sociales, économiques et politiques.

« Signer les APE reviendrait à consacrer et accentuer un déséquilibre de fait et à livrer totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés » , a soutenu Me Wade. « Aucune industrie africaine ne peut supporter la concurrence des produits européens. Ce n’est pas possible », a-t-il averti. Interviewé par RFR, il a ajouté, « on parle de compensations. On ne peut jamais compenser la destruction d’un tissu industriel ».

Et le président du Sénégal ne se contente pas seulement de critiquer les APE, mais il propose aussi des solutions. Pour lui, il est nécessaire que les ministres et les experts africains se rencontrent à Accra (le Ghana préside actuellement l’Union africaine) pour discuter de cette question vitale pour le développement du continent. Il souhaite aussi que l’aide soit séparée des questions commerciales et que les négociations avec l’Europe se fassent produit par produit.

Solidarité brisée

Avocat et économiste émérite, Me Wade analyse pertinemment que les difficultés commerciales de l’Afrique tournent autour de seulement quelques produits comme le coton, le café, le cacao et l’arachide. Et c’est autour de ces matières premières exportées par le continent qu’on doit articuler tout accord de partenariat avec l’Europe.

Mieux, le partenariat entre le berceau de l’humanité et le vieux continent doit privilégier l’investissement européen en Afrique. « Si une industrie vient s’installer en Afrique pour produire les biens dont nous avons besoin, nous ferons tout pour la protéger », a indiqué Me Abdoulaye Wade.

Malheureusement, tous les dirigeants africains n’ont pas cette vision responsable du président du Sénégal. Et la résistance africaine s’est déjà fissurée, car certains pays ont déjà signé des accords intérimaires pour se mettre à l’abri des mesures de rétorsion brandies par l’Europe. En effet, le 7 décembre dernier, la Côte d’Ivoire a accepté de conclure un accord économique avec l’Europe « pour préserver ses intérêts majeurs ». Ce qui n’est pas surprenant de la part de ce pays étouffé économiquement à cause de la crise politico-militaire et qui est en train de tout faire pour revenir dans les bonnes grâces des bailleurs de fonds, dont l’Union européenne.

Et Bruxelles avait mis la pression sur la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire et grand exportateur de cacao, en évaluant à 700 millions d’euros par an, le montant des taxes qu’Abidjan aurait dû payer sur ses exportations vers l’UE à partir de l’an prochain, en l’absence d’accord. Les efforts européens ont porté leurs fruits. La signature d’un APE intérimaire séparé par la Côte d’Ivoire a logiquement suscité les critiques de ses voisins qui lui reprochent de briser la solidarité régionale. Mais, d’autres pays de la région pourraient suivre l’exemple d’Abidjan.

Déjà, quatre pays d’Afrique australe (Botswana, Lesotho, Swaziland, Mozambique) et cinq pays d’Afrique orientale (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Rwanda et Burundi) ont signé les APE. L’Afrique du Sud rechigne et le Nigeria refuse catégoriquement. Faute de pouvoir signer avec des régions entières, l’UE cherche aujourd’hui à obtenir un maximum d’accords avec des pays séparés, dans l’espoir d’un effet « boule de neige ».

C’est le cas en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale où la Cédéao et la Cémac jugent prématuré de conclure un APE cette année.

Mais, ils seront combien de pays à résister au chantage économico-financier de l’Europe avant le 31 décembre prochain, la date butoir pour signer les APE ? Les paris sont ouverts.

Alphaly

 

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TRESOR PUBLIC

Les caisses sont vides

Il existe aujourd’hui au Trésor public une crise d’argent due à des entrées de liquidité au compte-gouttes. Le Trésor parvient difficilement à encaisser 20 à 30 millions par jour alors qu’en temps normal, les entrées d’argent se font par milliard.

Le Trésor public est réputé être la banque de l’Etat. Une banque qui a pour vocation essentielle d’encaisser l’argent provenant des services de l’assiette (impôts et douanes) ou tout autre fonds destiné à l’Etat. Il est en même temps habilité à prendre en charge les dépenses courantes effectuées au nom et pour le compte de l’Etat et paye les factures des fournisseurs. La moindre panne est ressentie par tout le pays.

Imaginez un instant que les comptes d’un tel service affichent le rouge. Les conséquences sont tout simplement graves pour le citoyen moyen et pour l’Etat qui n’est plus solvable. Les difficultés de trésorerie ne font que s’accentuer au Trésor.

Depuis plusieurs mois, ses caisses sont à sec et des fournisseurs courent désespérément derrière leurs dus. Le mal pour certains ne fait que s’aggraver jour après jour et les solutions, qui passent par le renflouement des caisses, ne sont pas à portée de main. Selon des sources, il existe une crise d’argent due à des entrées de liquidité au compte-gouttes. Selon les mêmes sources, le Trésor parvient difficilement à encaisser 20 à 30 millions par jour. Or en temps normal, les entrées d’argent se font par milliard.

Ce sont plusieurs personnes munies de leur mandat de paiement, qui arpentent tous les jours les couloirs de la Paierie générale près du marché Dibida. Certaines d’entre elles peuvent rester du matin jusqu’à la fermeture des bureaux sans être appelés à la caisse. D’autres font le pied de grue toute la semaine et cela pendant six mois à un an.

Hier, l’atmosphère de désolation était à son comble à la Paierie générale. A moins d’une semaine de la fête de Tabaski, le lot des débiteurs du Trésor semble grossir. Un entrepreneur en BTP que nous avons rencontré dit avoir construit, il y a plus d’un an sur appel d’offres, un bâtiment appartenant à un service public. Il a aujourd’hui de la peine à mettre la main sur le reliquat d’environ 2 millions de F CFA.

Ce montant, selon lui, doit servir à éponger une dette qu’il avait contractée auprès d’une connaissance dans le cadre des travaux du chantier. Un autre débiteur du Trésor est le fournisseur en matériels et consommables bureautiques d’un service de l’administration publique. L’Etat lui doit six millions qu’il attend impatiemment depuis plus de sept mois. « Chaque jour, on me dit de repasser demain. Demain ressemble toujours à hier », affirme, notre interlocuteur. Les vacataires de l’éducation au niveau du district vivent le même calvaire. Ils attendent eux aussi leurs salaires.

Le Républicain dans sa parution d’hier a levé le lièvre en titrant en Une « Danger sur l’économie malienne : quatre commerçants doivent 75 milliards de F CFA aux banques ». Le confrère qui se base sur un rapport de la Commission bancaire remis au chef de l’Etat, impute le manque de liquidité au Trésor public à cette hémorragie financière dont sont victimes les banques maliennes.

La menace de dévaluation du F CFA qui a plané un moment sur les pays de la zone franc et qui continue d’enflammer les milieux financiers de nos pays est aussi invoquée comme une cause probable à la crise d’argent. Beaucoup d’opérateurs économiques, qui veulent jouer à la prudence, ont préféré expatrier leurs fonds dans des banques étrangères.

Les menaces de contrôle du Végal constituent aussi pour certains des causes profondes du ralentissement du rythme des affaires dans notre pays. Les importations ont pratiquement régressé. Il va sans dire que le Trésor public ne peut que ressentir les dégâts collatéraux pour la simple raison que notre économie se nourrit des taxes et droits payés au cordon douanier par les importateurs.

Abdrahamane Dicko

 

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PROGRAMME NORD-MALI

Un vecteur de développement à Attara

Le village d’Attara de la Commune de Soumpi dans le cercle de Niafunké est devenu une « puissance » en matière de production de riz grâce aux périmètres irrigués réalisés sur financement de la Coopération allemande (GTZ). Ce qui a permis une autosuffisance alimentaire dans cette localité et une amélioration des revenus des populations.

Généralement, le Septentrion malien est considéré comme une région défavorable aux activités agricoles à cause du désert. Mais, ce n’est point un rêve, le village d’Attara est devenu une véritable zone de production de riz. Ceci est le résultat de l’exploitation des périmètres irrigués financés par le Programme Nord-Mali de la Coopération allemande (GTZ).

Lancé en 1994 avec d’abord la tentative de faire revenir les déplacés de la rébellion du Nord, le programme a ouvert son antenne à Attara en 1996 et les premiers aménagements dans le village ont commencé en 1998. Ils couvrent 32 périmètres irrigués divisés en 3 parties, soit 1200 hectares, les pépinières incluses. Les périmètres irrigués sont desservis par des canaux dont les bassins reçoivent l’eau du fleuve à travers des motopompes.

Cette vaste superficie produit en moyenne 6 tonnes de riz à l’hectare. La production totale dépasse donc les milliers de tonnes. Pour une bonne gestion de la production, le programme a décidé de construire des magasins dans lesquels les cultivateurs peuvent stocker leurs récoltes. Il a aussi organisé les périmètres irrigués en groupements d’intérêt économique (GIE). Ces derniers l’aident à faire fructifier davantage les périmètres.

« Garder des sacs de riz au magasin est important car il permet aux cultivateurs de s’acquitter de leurs redevances et de pouvoir facilement avoir accès aux intrants à des coûts abordables. Donc, le programme met le riz sur le marché local et dans d’autres localités si possible pour mieux rentabiliser les travaux des cultivateurs » , a affirmé Nouhou Idrissa Maïga, chargé des aménagements du Programme Mali-Nord. En effet, les paysans doivent payer des redevances au Programme pour l’exploitation des périmètres et surtout l’entretien et le changement des équipements utilisés. Et cette rétribution est plus facile et certaine avec le stockage par les paysans des sacs de riz dans les magasins du Programme.

« Les paysans qui sont incapables de s’acquitter de leurs redevances sont dépossédés de leurs périmètres et sont exclus pour le compte de la campagne suivante » , a ajouté M. Maïga. C’est dire donc qu’avant chaque période d’exploitation, le Programme, de concert avec les GIE, procède au partage des périmètres irrigués par tirage au sort.

De multiples avantages

La verdure prospère aussi à Attara, car le Programme comporte aussi un volet reboisement sans minorer les forêts classées déjà sur place. « Chaque périmètre irrigué a dans son sillage des aspects liés au repeuplement des lieux en plantes avec le concours des services de protection de l’environnement », a commenté M. Maïga. Sur ce point, le directeur de la Conservation de la nature de Tombouctou, commandant Abdoulaye Tamboura, a laissé entendre que son service ne ménage aucun effort pour améliorer le cadre de vie des populations.

En plus de l’autosuffisance alimentaire (chaque périmètre créé dans une zone correspond à une banque de céréales), le Programme a permis de fixer les bras valides d’Attara qui ne doivent plus se plier au diktat de l’exode rural.

« Nous pouvons désormais exercer une activité rémunératrice dans notre village. » , a témoigné un exploitant. « Je fais venir des frères de mon village pour m’aider dans l’exploitation de mes périmètres. Au retour, ils raamènent des sacs de riz au village avec de l’argent », a reconnu M. Guindo.

Dans le but de consolider ses investissements, le Programme a créé 5 institutions de micro finance dans la zone. Dotées d’un capital de 40 millions de F CFA, ces banques rendent service à plus de 700 personnes. Le Programme a aussi construit une école de six salles de classes modernes. Les élèves de l’école sont au nombre de 208 et le taux de réussite est de 75 %, a informé le directeur de l’école, Bakary Boré.

A ces réalisations, il convient d’ajouter la construction de 60 magasins et des boucheries au marché d’Attara. Ces infrastructures ont été ensuite transférées au compte de la municipalité.

Cependant, tout n’est pas rose. Le projet est souvent confronté à des problèmes fonciers exacerbés par les pressions sociales. Etant donné que le Programme prendra fin en 2009, des inquiétudes demeurent quant à la capacité des populations et des responsables locaux à prendre efficacement le relais. Le chargé des aménagements du Programme a assuré que les locaux ont commencé à s’approprier des mécanismes de gestion et d’exploitation du périmètre.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire, envoyé spécial)

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BIODIVERSITE AU MALI

Le coup de pouce de l’UE

Convaincue que la croissance économique et le progrès social dépendent de la protection de l’environnement, l’Union européenne en a fait une de ses priorités dans sa politique de développement des pays bénéficiant de son aide. C’est ainsi que de nombreuses forêts à l’intérieur en état de dégradation ou en voie de disparition renaissent de leurs cendres.

La coopération européenne ne concerne pas seulement la Commission européenne, qui gère le Fonds européen de développement (Fed). Elle intéresse aussi les relations bilatérales entre les pays membres de l’UE et le Mali. Parmi les domaines d’intervention de l’UE et de certaines de ses nations membres au Mali, se trouvent l’environnement et spécifiquement la restauration et la régénération des forêts classées.

Des superficies d’environ 30 000 km2 et 40 000 km2 en fonction de la pluviométrie, le delta intérieur du Niger (patrimoine mondial depuis 2004 et site Ramsar) contribuent énormément à l’amélioration de la biodiversité internationale. La forêt d’Akagoun dans le cercle de Youwarou en 5e région en est une preuve éloquente.

Vaste, la forêt est gérée par un comité réunissant les membres des villages d’Aka et de Youwarou. Une gestion bien suivie parce que les villageois sont conscients de l’impact de ce « joyau » sur leurs conditions de vie. « Notre nature se reconstitue et tout est en train de revenir », s’est félicité le maire de Youwarou, Sékou Bakaye Traoré. Et de préciser que nous « pouvons aussi pratiquer le maraîchage et les poissons ne manquent pas ».

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. L’incompréhension de certaines populations et la divagation des animaux, menacent sérieusement les résultats. Face à ces menaces, les autorités locales ont promis de mettre le paquet pour pérenniser cet « acquis précieux ».

Les forêts classées de Doua et de Guema (situés sur le chemin menant à Niafunké) dont les travaux de restauration ont été financés par l’Union européenne sont tout aussi utiles. Elles contiennent des espèces comme l’eucalyptus, l’acacia, le gommier… Non seulement elles permettent de protéger le fleuve contre l’ensablement mais aussi servent aujourd’hui de bons exemples à promouvoir par les habitants qui n’ont pas hésité à aménager certains espaces avec l’appui des projets de la coopération européenne.

Une source de revenu

Les populations locales profitent des forêts restaurées et des périmètres aménagés. Si le maraîchage leur rapporte des gains conséquents, le bois reste un filon d’or et particulièrement l’eucalyptus. Cette espèce surnommée « or blanc » par certains est utilisée comme bois de chauffe, de construction, de charbon… « 98 % des maisons de Tombouctou sont construites avec le bois d’eucalyptus », a fait remarquer Soumana Fofana, responsable technique du Programme environnemental de lutte contre la désertification (PELCD). Toutes choses qui ont motivé les différentes populations à se lancer dans la commercialisation du bois avec l’appui des comités locaux de gestion du bois.

« J’ai vendu 350 000 F CFA de bois » , a confié le président des exploitants de bois de la ville de Niafunké. Il a vite été rejoint par un jeune de la localité. « Je suis un administrateur, mais je vis aujourd’hui grâce aux ressources du bois. Le calvaire du chômage est parti. Nous souhaitons que nos partenaires renforcent davantage leurs actions », a dit le jeune Touré, diplômé de l’ex-Ecole nationale d’administration (ENA).

Mais, « exploitation oui, mais de façon contrôlée », a affirmé le directeur de la Conservation de la nature de Tombouctou, commandant Abdoulaye Tamboura, dont les troupes suivent de près la situation. A cet effet, pour pérenniser les forêts classées et les plantations de bois, l’exploitation se fait en fonction du potentiel global. Il convient aussi de signaler que vu la menace de la divagation, M. Diallo a proposé une grande rencontre pour réfléchir sur la question.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire, envoyé spécial)

 

Le Sifor, l’information au service de l’environnement

Le Système d’information forestier (Sifor) est une base de données contenant les informations sur l’environnement au Mali. Il est le résultat d’une étude de terrains et peut servir, entre autres, les planificateurs de développement, les gestionnaires publics ou privés et les chercheurs et étudiants. Le Sifor a été réalisé par la direction nationale de la conservation de la nature (DNCN) et le groupement Agefore/Sodiplan sur financement du Fonds européen de développement (Fed).

Wetlands International et l’UICN mobilisés

Wetlands International et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), des structures intervenant dans le domaine de l’environnement, sont résolument engagées dans la restauration et la conservation de la biodiversité dans la zone du delta intérieur du Niger. Le premier s’intéresse surtout à la recherche et fournit les données et statistiques au second qui s’occupe de la réalisation des projets. Deux structures donc complémentaires.

O. O.

 

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EID-2007

Des atteintes aux droits humains dénoncées

Les autorités maliennes ont sacrifié à la tradition, lundi 10 décembre, en organisant l’Espace d’interpellation démocratique (EID). Les membres du gouvernement étaient devant un jury d’honneur pour donner des réponses aux différentes interpellations des organisations, associations et des citoyens sur les atteintes aux droits individuels ou collectifs qui ont cours dans le pays.

Le 10 décembre, jour de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, est commémoré d’une façon particulière au Mali depuis 12 ans. Lundi, les membres du gouvernement malien étaient « traduits » devant un jury d’honneur, appelé Espace d’interpellation démocratique (EID), afin de répondre aux différents griefs formulés par les organisations, associations et simples citoyens.

L’EID a pour objet de faire un état critique du respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Sa finalité est de permettre aux pouvoirs et aux Maliens tout court, de se faire une idée sur les atteintes et les avancées des droits humains dans le pays et chercher les voies et moyens pour corriger les atteintes afin de construire une société véritablement démocratique.

A la 12e édition, lundi, au total 56 interpellations ont été reçues par la commission de recensement, 18 interpellations ont été « classées pour suite à donner », 10 retenues pour être lues, et 26 (soit plus du double du nombre des retenues à lire) ont été rejetées.

Onze interpellations ont été des contributions. Il s’agit toutes des contributions provenant des organisations et associations socioprofessionnelles et syndicales. Loin de faire la part belle aux gouvernants, ces couches de la société civile ont fait un véritable réquisitoire, dénonçant les atteintes graves aux libertés et aux droits individuels et collectifs en cours dans notre pays.

L’Observatoire des droits de l’enfant et de la femme (Odef), qui a eu l’honneur de monter en premier sur cette tribune d’expression, n’a pas tourné en rond. « En 1997, nous attirions l’attention des gouvernants sur le trafic d’une quarantaine d’enfants maliens âgés de 3 à 5 ans pour adoption par l’ONG Rayon du Soleil à des fins d’adoption en Europe. Dix ans plus tard, il est regrettable que ces mêmes pratiques puissent avoir cours avec l’Arche de Zoé au Tchad », a déploré l’Odef dans son intervention. Et d’égrainer les violences subies par les enfants même dans leurs familles, les sévices des maîtres sur les écoliers, les brimades sur filles adolescentes en état de grossesse dans les centres de santé, le nombre élevé d’enfants ne disposant pas encore d’acte de naissance… Pour l’Odef, il est temps qu’une loi sur l’excision soit adoptée, tout comme un code de l’enfant et de la famille, qui sauvegarderait leurs droits.

De la même manière, l’Association de la défense des droits des détenus et ex-détenus n’est pas allée avec dos de la cuillère pour évoquer les atteintes aux droits humains de prisonniers et ex-prisonniers. Le manque d’unité sanitaire, de soins et de produits pharmaceutiques pour prisonniers, la surpopulation en milieu carcéral, la corruption de membres de la commission de grâce, le manquement aux droits d’une personne réputée être un ex-prisonnier… sont autant de maux qui jurent avec les droits humains. L’Association a demandé au gouvernement de les éradiquer, surtout de créer une unité de soins pour prisonnier. Sur ce point, elle s’est réjouie de l’action du père Gaudier qui, chaque lundi, apporte des médicaments aux détenus.

Le PDHRE tout en reconnaissant que le pays a enregistré des avancées dans le domaine de la santé a recommandé la création d’un fonds national pour la prise en charge des urgences. Cette urgence se fait sentir surtout dans les cas d’accidents de la circulation, devenus nombreux sur nos routes. Rien qu’en 2006, il y a eu 17 512 accidents de circulation pour 9427 décès et 31 600 blessés, selon le FIDH.

Du haut de la tribune d’interpellation, cette association a souligné qu’il s’agissait là de la 2e cause de mortalité au Mali. Elle impute ce drame aux décideurs parce que, a-t-elle argumenté, incapables d’assurer la sécurité sur les voies, de construire des routes en bon état… et de sévir en appliquant les lois. La FIDH s’est érigée d’ailleurs contre le projet de construction de deux passerelles à Bamako et demandé de surseoir à son exécution car, à son avis, ces passerelles ne constituent nullement une réponse à l’insécurité sur nos routes.

La peine de mort, un sujet d’actualité sur lequel les attentions restent focalisées n’a pas été occulté. Le projet a le soutien du Barreau malien qui voit en la suppression de la peine de mort, le respect du caractère sacré de la vie et recommande au gouvernement de poursuivre les concertations, mais surtout de ne pas céder à la pression des religions. Pour sa part, l’Association pour la défense des droits de la femme (APDF) voit en la nomination de femmes ministres un signe positif dans le respect des droits de la femme et de l’égalité de sexe.

En ce qui concerne la Commission nationale des droits de l’Homme, son représentant recommande son institutionnalisation par une loi et son rattachement à la Primature. Cette Commission, que préside Me Amidou Diabaté, a été créée par décret du président de la République et est rattachée à la présidence. Elle n’a pas de budget de fonctionnement, ce qui explique son inefficacité .

Denis Koné

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  SUR LES CHANTIERS DE LA FSJP ET DE LA FSEG

Le ministre Amadou Touré met la « pression »

Le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou Touré, en compagnie de son collègue du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Gakou Salimata Fofana, a visité le samedi 8 décembre 2007 les chantiers de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) sur la colline de Badalabougou.

La construction de ces deux nouvelles infrastructures universitaires, confiée à l’entreprise chinoise Checel pour un coût prévisionnel de 4,5 milliards de F CFA toutes taxes comprises, accuse un retard. La réception des deux ouvrages, prévue pour le 19 décembre, ne pourrait pas être visiblement respectée.

Il s’agissait donc à travers cette visite de s’enquérir non seulement de l’état d’avancement des travaux, mais surtout d’inciter le maître d’ouvrage à doubler le rythme des travaux afin que tout soit fin prêt d’ici la prochaine rentrée universitaire.

Le chef de l’entreprise Checel a promis de tout mettre en œuvre pour remettre dans les meilleurs délais les clés des ouvrages exécutés présentement à 48 %. Ce faisant, il entend, dans les prochains jours, augmenter le nombre d’ouvriers travaillant sur les chantiers.

Les deux édifices comportent, chacun, deux bâtiments principaux, des locaux techniques, des salles de classes, des bureaux, des voies de circulation, des espaces verts, deux amphithéâtres de 550 places.

Le gouvernement du Mali, faut-il le rappeler, a créé en novembre 1996 l’Université de Bamako sur les infrastructures héritées des grandes écoles. Depuis lors, sa consolidation se fait par la construction d’infrastructures complémentaires. L’objectif est d’améliorer le cadre de vie et d’études des étudiants.

Amadou Waïgalo

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  ESPACE UEMOA

Un comité vétérinaire en vue

La création du Comité vétérinaire, qui est au centre d’une rencontre au Grand hôtel, répond à la nécessité d’une approche régionale pour examiner de façon concertée les problématiques liées à la promotion de l’élevage dans la zone Uémoa.

Dans le cadre de la réforme que la Commission de l’Uémoa a engagée sur l’harmonisation des législations pharmaceutiques vétérinaires dans l’espace de l’Union, un ensemble de textes communautaires a été adopté par le conseil des ministres statutaire, le 23 mars 2006 à Abidjan. Parmi ces textes, figure un règlement portant création et modalités de fonctionnement d’un Comité vétérinaire (CV) au sein de l’Uémoa.

Après la première réunion du Comité, tenue à Ouagadougou, les responsables de services vétérinaires et autres intervenants du secteur (Confédération des fédérations nationales de la filière bétail/viande des Etats membres, Centre international de recherche-développement sur l’élevage en zone sub-humide, Centre régional de santé animale, Ecole inter-Etats des sciences et médecine vétérinaires, Organisation mondiale de la santé animale) sont de nouveau réunis à Bamako, depuis hier, pour passer en revue l’état d’exécution des recommandations de la première réunion.

Ils auront ensuite à examiner un ensemble de projets de textes juridiques communautaires, parmi lesquels l’avant-projet de directive relative à la libre circulation et au droit d'établissement des docteurs vétérinaires au sein de l'espace Uémoa et des avant-projets de règlement d’exécution portant listes des maladies à déclaration obligatoire et mesures spéciales applicables à ces maladies.

Cet avant-projet de directive s’inscrit, selon le commissaire chargé du Département du développement rural, des ressources naturelles et de l’environnement de la Commission de l’Uémoa,  dans le cadre de la réalisation d’un des objectifs majeurs de l’Union, énoncé dans l’article 4 du Traité de l’Uémoa à savoir, « créer entre les Etats membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux et le droit d’établissement des personnes exerçant une activité indépendante ou salariée, ainsi qu’un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ».

Un pas décisif

Sera également présentée au comité vétérinaire une série de textes d’application des législations pharmaceutiques vétérinaires adoptées par le conseil des ministres, le 23 mars 2006 à Abidjan.

Pour le ministre de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madeleine Bah, « l’institution au sein de l’Uémoa d’un comité vétérinaire constitue un pas décisif dans la coordination des interventions des Etats membres en matière vétérinaire, zoo sanitaire et de sécurité sanitaire des aliments d’origine animale. Elle contribuera également, grâce à l’harmonisation des législations zoo sanitaires à la facilitation des échanges des produits animaux, et à l’approfondissement du marché unique de l’Union dans le domaine de l’élevage ».

Le Comité vétérinaire est chargé de formuler des avis et des recommandations à la Commission de l’Uémoa, sur des questions et mesures d’intérêt communautaire dans les domaines de la santé animale, des zoonoses, de la bien traitance des animaux, de la sécurité sanitaire des aliments d’origine animale, de la pharmacie vétérinaire, de la profession vétérinaire, etc. Il jouera notamment un rôle de premier plan dans l’évaluation et la gestion des événements sanitaires graves. Il est composé des directeurs des services vétérinaires des Etats membres et d’observateurs désignés par la Commission de l’Uémoa.

Les travaux de cette réunion, qui sera sanctionnée par un rapport général, sont présidés par le directeur des services vétérinaires du Burkina Faso, président du Comité vétérinaire. Il est assisté par les directeurs des services vétérinaires de la Côte d’Ivoire et de la Guinée-Bissau, rapporteurs du Comité.

Durant les travaux de 4 jours, le Comité vétérinaire visitera le Centre régional de santé animale, symbole de la coopération tripartite Organisation mondiale de la santé animale (OIE), Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (BIRA/UA et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Sidiki Y. Dembélé

 

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