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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 10 Decembre

 

VIOLENCES FAITES AUX ENFANTS

Plus de 190 cas d’abus sexuels en 3 ans au Mali

Le forum sur les violences sexuelles faites aux enfants a permis aux différentes structures impliquées de dégager des pistes de lutte contre le phénomène. Au cours des trois dernières années, il a été enregistré 199 cas de violences sexuelles faites aux enfants.

Le 1er forum sur les violences faites aux enfants organisé par Enfants victimes de violences (EVI) a répondu aux attentes des participants. La centaine de délégués venus de l’intérieur et du district ont, au cours d’intenses travaux au CICB, échangé sur les causes et conséquences des violences sexuelles exercées sur les enfants mais aussi mené une réflexion sur les voies et moyens d’éradiquer le fléau.

A la lumière des discussions, le forum a recommandé l’information et la sensibilisation des populations sur le fléau, la mise en place d’un cadre de concertation entre les associations intervenant dans le domaine de la lutte en vue du partage de l’information et de la coordination des actions, l’organisation d’un atelier à l’intention des associations de jeunes, des propriétaires de bar-restaurant et les représentants des départements ministériels chargés des jeunes. Les participants conseillent de faire une étude nationale sur la prévalence de la violence sexuelle faite aux enfants en vue de dégager une stratégie nationale de lutte, l’application intégrale du code de protection de l’enfant.

Ce premier forum découle de plusieurs constats. Les violences sexuelles faites aux enfants prennent des proportions inquiétantes dans notre pays. Elles sévissent de jour comme de nuit dans les rues, les marchés, les gares routières et ferroviaires, les maisons closes, les écoles et même souvent dans les familles.

Selon la présidente de SOS « EVI », Mme Sacko Ami Kane, la pratique, orchestrée par des adultes, se fait en général sur des enfants en rupture familiale et sociale, les enfants travailleurs, les enfants en conflit avec la loi, les enfants déficients mentaux, les filles migrantes employées comme domestiques et même parfois sur des bébés.

Débauches

La commissaire divisionnaire a expliqué quelques raisons qui conduisent cette couche à la débauche. A ses dires, le faible revenu et la négligence des parents, la non-prise en compte des aspirations des enfants, conduisent la plupart d’eux à la rupture familiale et sociale, devenant ainsi des proies faciles à l’exploitation.

Les conséquences enregistrées chez les victimes sont multiples, a affirmé la présidente de « SOS » EVI. Elles vont du traumatisme au suicide en passant par des échecs scolaires, la prostitution, les IST-VIH/Sida, les grossesses non désirées. Elle a aussi souligné les cas d’infanticides, la drogue, l’alcoolisme, la rupture sociale. La commissaire divisionnaire, qui n’est pas en terrain inconnu, a affirmé que « ces violences constituent une violation fragrante des droits fondamentaux des enfants ». C’est pourquoi son association et ses partenaires se sont efforcés d’engager le débat autour de cette pratique afin d’y trouver des solutions concertées.

Cette rencontre, selon le ministre de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille, est venue à point nommé. A l’en croire, les statistiques données par Ami Kane sont effrayantes. « Elles interpellent chacun de nous à réfléchir sur la question ». Mme Maïga Sina Damba, n’a pas été tendre avec ceux qui sont chargés de réprimander les auteurs des violences sexuelles. A ses dires, le phénomène de viol d’enfants prend de l’ampleur en dépit des dispositions législatives et réglementaires en place. « Cela à cause des pesanteurs sociales ».

Mettant l’accent sur les différentes formes de violences, le ministre a dit que si la prolifération des hôtels, bars et maisons closes sont des causes apparentes de viol, le silence coupable de la société, les tabous sexuels et les agressions subies par notre culture à travers le développement des Technologies de l’information et de la communication, ébranlant des fois l’autorité parentale, en constituent les causes profondes.

Amadou Sidibé

Une panoplie de violences

Le premier forum sur les violences faites aux enfants a été l’occasion pour la présidente de « SOS » Evi, chef de la Brigade de la protection des mœurs et de l’enfant de dépeindre le tableau sombre des cruautés faites aux enfants.

Au cours des trois dernières années d’exercice, la Brigade de la protection des mœurs et de l’enfant du Mali a enregistré 199 cas d’abus sexuels sur les mineurs parmi lesquels 69 cas sur des enfants de 0 à 13 ans, 48 cas sur des enfants âgés de 13 à 15 ans et 2 cas d’attouchement sexuel sur des bébés de moins de 6 ans sans compter les viols simples et collectifs, les incitations à la débauche et les cas d’inceste.

A. S

 

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Dr. MODIBO SOUMARE, SECRETAIRE GENERAL

« Ça va mal au PCR »

Au cours d’un point de presse, samedi dernier à l’Espace Bouna, le secrétaire général du Parti citoyen pour le renouveau (PCR), Dr. Modibo Soumaré, a réclamé la tenue d’un congrès de clarification pour freiner la descente aux enfers d’une formation dont c’est apparemment le compte à rebours depuis qu’elle a été recalée à la formation du gouvernement du 3 octobre 2007. Au demeurant, a-t-il rappelé, le PCR n’a pas encore organisé son congrès constitutif et reste donc dirigé par un bureau provisoire.

« C’est un impératif qu’on aille au congrès pour clarifier les choses, notamment les résultats du parti aux législatives, les résolutions de la dernière instance. Beaucoup de militants aujourd’hui sont déçus » , a expliqué Dr. Modibo Soumaré.

De l’avis du secrétaire général, le climat de violence qui prévaut au sein du parti n’est pas favorable à l’adhésion de nouveaux militants à laquelle il travaille. « Le PCR est à bout de souffle. Les militants ont besoin d’informations et d’être rassurés. Ça va mal au PCR. Il y a nécessité de le refonder ». Et d’ajouter qu’il a le soutien des « doyens » et de tous ceux qui sont sincèrement engagés pour la cause du PCR.

Il faut dire que c’est deux jours après la formation du 1er gouvernement de Modibo Sidibé que les choses ont véritablement commencé à se gâter au sein de ce parti membre de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, majorité présidentielle), qui a obtenu un député élu en Commune III de Bamako sur 54 candidats présentés aux dernières élections législatives.

« Deux jours, après la formation du gouvernement, j’ai été invité à une rencontre. Ma position sur l’absence du parti ne se justifiait pas aux yeux du président. J’ai failli être agressé, mais je n’ai pas réagi. J’ai dit que je ne suis pas satisfait de notre résultat aux législatives. Je pense que notre parti méritait, avec ce résultat, de figurer ou pas dans le gouvernement comme d’autres qui sont sortis ou qui ne sont pas rentrés. On ne doit pas rougir de ne pas être au gouvernement » .

C’est cette réflexion de Dr. Soumaré qui aurait provoqué l’ire d’Ousmane Ben Fana Traoré, le président du parti. Et les altercations qui s’en sont suivies ont obligé le secrétaire général à annoncer la suspension de sa participation aux instances du parti et provoqué les démissions du 1er vice-président (Mamadou Diakité), du 3e vice-président (Dr. Sékou Kéita), du secrétaire à l’organisation (Moussa K. Sissoko) et de la secrétaire adjointe aux relations extérieures (Adam Aïché Diarrah). « Des décisions jugées de faits mineurs », a regretté Dr. Soumaré.

Pour Modibo Soumaré, en créant le PCR, lui et ses camarades voulaient faire la politique autrement. « On a certes fait de bonnes choses ensemble, mais je dis que la politique doit surtout nous permettre de garder notre honneur et notre dignité. Il faut éviter de se trahir, de médire des uns et des autres, de se réunir par petits groupes, mais accepter le débat public et contradictoire duquel éclate la vérité ».

Initialement programmé pour ce mois de décembre, Dr. Soumaré craint cependant que d’aucuns travaillent pour que le congrès ne se tienne pas. Il avertit : « Si je dois retourner au PCR, ce n’est pas, pour paraphraser l’autre, regarder les Sotrama passer. Je suis prêt à tous les sacrifices pour des termes nouveaux, des attitudes nouvelles, un nouveau projet de société mais pas pour les compromissions ».

Dr. Soumaré a félicité le Premier ministre pour le choix porté sur sa personne et a dit soutenir le gouvernement dont la composition reflète les résultats de l’ADP aux législatives de 2007.

A. M. Thiam

 

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FILIERE COTONNIERE AU MALI

La production en chute libre.

Pourvoyeur important d’emplois, le coton fait vivre directement ou indirectement des millions de personnes au Mali. Il contribue également à réduire significativement l’effet de la pauvreté dans les zones de production. Cependant, force est de reconnaître aujourd’hui que malgré toute la place qu’elle occupe dans le développement socio-économique, la filière malienne, à l’image des autres africaines, est fragilisée, voire menacée par une crise qui n’a que trop duré. Les acteurs de la filière se sont retrouvés à Ségou (les 6 et 7 décembre 2007) pour évaluer les difficultés et dégager des pistes de solutions.

La campagne 2006-2007, à l’image de la précédente, s’est soldée par des résultas décevants tant par le niveau de production (414 965 tonnes) le plus bas depuis une décennie, exceptée l’année du boycott, que par la productivité ( 868 ha), la plus faible depuis la création de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), il y a 32 ans.

Une situation qui découlerait des faits ayant marqué la campagne : démarrage très difficile suite à l’installation tardive des pluies, pluviométrie excessive d’août à mi-septembre, arrêt précoce et brutal des pluies, retrait de 300 organisations paysannes et de 56 000 exploitations de la culture du coton… Le très bas niveau de la productivité et de la production a conduit à une exacerbation de la situation déjà critique d’endettement des producteurs.

Convaincue qu’il est temps de se retrousser les manches pour éviter le désespoir suite aux crises répétées et consciente de l’importance de l’enjeu, la CMDT est décidée à relever le challenge. Et elle est passée à la vitesse supérieure en organisant, les 6 et 7 décembre derniers au Centre Gabriel Cissé de Ségou, la réunion statutaire de bilan critique de la campagne de commercialisation 2006-2007 et préparatoire de la campagne de commercialisation et d’égrenage 2007-2008.

Deux jours durant, chercheurs, producteurs, cadres de l’OHVN et de la CMDT se sont réunis autour du PDG de la Compagnie, Ousmane Amion Guindo, pour examiner sans complaisance le bilan de commercialisation 2006-2007, celui de production des semences coton, la protection phytosanitaire, l’évaluation de l’application des résolutions des ateliers sur les rendements coton au champ et l’endettement des producteurs et des organisations paysannes.

A la lumière des débats, les inquiétudes des uns et des autres ont porté sur la politique de subventions injustes et inéquitables des pays occidentaux. Ce qui fait, a-t-on dit, que le revenu des producteurs maliens, à l’instar d’autres pays comme le Burkina Faso et le Sénégal, s’amenuise chaque jour davantage. Et de plus en plus, des producteurs de coton sont en train d’abandonner cette activité puisqu’ils n’y trouvent plus leur compte.

La drogue en substitution ?

Les effets collatéraux sur l’économie malienne se traduiront par l’augmentation de l’exode rural, l’accroissement de l’immigration, le remplacement de la culture du coton par d’autres activités par ceux-là qui en sont exclus. « Si rien n’est fait, nous craignons de voir au Mali l’accroissement de la production et de la commercialisation de la drogue en lieu et place du coton », s’est inquiété un participant.

Quoi qu’il en soit, le forum de Ségou a eu le mérite de discuter de toutes les conditions de relance du coton. Et le principal enseignement qu’on peut en tirer, c’est que malgré la crise, il y a une volonté manifeste de part et d’autre de repartir de bons pieds pour tenir le coup. Cela en ramassant à temps surtout à faible coût le peu de coton qui reste. Au-delà de l’examen des problèmes, la réunion a proposé des solutions à travers la maîtrise de l’endettement, l’amélioration des rendements, etc.

Sans occulter les difficultés qui assaillent le secteur, le PDG de la CMDT reste optimiste. « Malgré la crise, la filière est en train de tenir parce qu’il a l’appui de l’Etat, parce que les paysans ont été compréhensifs malgré le prix de ces 3 dernières années ( 160 F CFA). Aussi, nous avons pu relever le défi de la qualité et l’ensemble du personnel de la CMDT… se déploie afin qu’on puisse préserver le maximum », a-t-il indiqué.

A en croire Ousmane Amion Guindo, la baisse de production, due aux facteurs conjoncturels, le découragement des producteurs dû à la baisse du prix d’achat du coton et leur surendettement, n’est pas une situation propre au Mali. « Ce n’est pas une situation qui relève de nous. Ce sont des facteurs exogènes qui nous retombent sur la tête. La production de coton va baisser cette année d’au moins 50 %. Cependant, il faut laisser la place à l’espoir pour la campagne 2008-2009 » a-t-il assuré.

Gageons que les mesures prises à Ségou rencontrent une amélioration des cours faisant oublier aux producteurs les trois années de galère !

Mohamed Daou

(envoyé spécial)

Des cotonculteurs récompensés

Pour la 3e année consécutive, la CMDT a sacrifié à la tradition en organisant en marge de la réunion statutaire de bilan critique de la campagne de commercialisation 2006-2007, la cérémonie de remise de trophées aux cotonculteurs qui se sont distingués par la production de coton de meilleure qualité pour la campagne 2006-2007.

La cérémonie, qui s’est déroulée au petit soir du 7 décembre au Miéruba, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, a vu 21 exploitations recevoir la prime de qualité sur un total de 129 267 et 7 organisations paysannes sur 7448 en zone CMDT et OHVN.

Les récipiendaires bénéficieront à titre gratuit des intrants dont le montant est estimé à plus de 23 millions de F CFA. L’objectif recherché à travers cette remise de trophées et d’attestations est de créer une saine émulation au sein des cotonculteurs. « Ce n’est pas le montant qui importe, mais plutôt la signification et l’objectif qui priment », a fait valoir le PDG de la CMDT.

M. D.

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BANQUE INTERNATIONALE POUR LE MALI

Un résultat d’exploitation jamais égalé, selon son PCA

Un total bilan de 166,6 milliards de F CFA et un résultat d’exploitation après provisions de 6,2 milliards de F CFA : voilà les performances remarquables réalisées par la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA) qui a tenu son conseil d’administration samedi dernier.

Les administrateurs de la Banque internationale pour le Mali (BIM-SA) étaient réunis, samedi au siège de l’établissement, pour faire le point de l’exercice écoulé et bâtir des hypothèses pour le futur. Déjà, si l’on en croit le président du conseil d’administration, Mamadou Igor Diarra, la BIM peut être fière de vivre son renouveau. Car, dira-t-il aux administrateurs, « la thérapie que vous avez prescrite et le traitement que nous avons administré au cours de ces deux derniers exercices ont permis à notre établissement de se rétablir afin d’envisager enfin, pour l’Etat actionnaire de se désengager progressivement du capital de la banque au rythme et modalités à convenir par lui-même avec l’appui de ses partenaires traditionnels ».

A l’examen de la situation au 30 septembre 2007, la banque, a soutenu M. Diarra, ne cesse de surprendre favorablement au regard des performances enregistrées. Ainsi, le total bilan s’affiche à 166,6 milliards contre 131,1 milliards au 31 décembre 2006. Les ressources et les emplois se situent respectivement à 149,1 milliards et 144 milliards contre 120,2 milliards et 111,8 milliards au 31 décembre 2006. Le résultat d’exploitation après provisions se situe à 6,2 milliards présageant un résultat en fin d’exercice de l’ordre de 7 milliards de F CFA.

« En somme , ajoutera-t-il, la banque aurait en deux années, gagné plus de deux fois son capital initial restaurant ses fonds qui étaient négatifs il y a juste 18 mois et respectant les ratios les plus pertinents de la réglementation prudentielle qui nous gouverne ». Et de poursuivre que le personnel du siège et des agences de la BIM-SA vient d’écrire une page nouvelle de l’histoire bancaire de notre pays en réalisant le résultat d’exploitation jamais égalé de notre place bancaire.

La modernisation du système d’information, la sécurisation de l’espace de travail ainsi que du réseau d’agences, le renforcement des effectifs, l’assainissement financier sont autant de facteurs qui expliquent ces résultats.

Satisfaction et craintes du personnel

L’exercice 2008, a souligné M. Diarra, sera fortement tributaire de l’environnement économique global et de la situation conjoncturelle qui le caractérisera. Il devra permettre, entre autres, la consolidation des acquis, la poursuite de la mise à niveau technologique sur l’ensemble des lignes de métiers et notamment le développement des services à valeur ajoutée (le e-banking et la monétique), l’accompagnement, sans perturbation et dans l’intérêt des actionnaires, du personnel et des clients du processus de mutation graduelle de la structure du capital consécutif à la sortie envisagée de l’Etat.

Le comité syndical, par la voix de Baba Sidibé a réitéré sa disponibilité pour le futur, tout en émettant, cependant, des inquiétudes quant au processus de désengagement de l’Etat. M. Sidibé n’a pas manqué de souligner la prise en compte au cours des derniers exercices, des préoccupations du personnel. Il s’agit notamment de la souscription à une police d’assurance-maladie pour l’ensemble du personnel, l’application de la convention collective des banques, la mise en place d’un accord d’établissement, la responsabilisation, la formation et la valorisation du personnel. D’autres, a-t-il dit, notamment l’accès au logement, le départ volontaire à la retraite sont en cours.

Ousseyni Dicko a, au nom des administrateurs, félicité la direction et le personnel pour le travail accompli. « Si nous continuons dans ce sens, le désengagement de l’Etat se fera dans de meilleures conditions », a-t-il assuré.

Sidiki Y. Dembélé

 

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ARRETES POUR AVOIR PUBLIE LA « MAITRESSE DU PRESIDENT »

« Le prix de la libre expression » attribué à 5 journalistes maliens

En marge des 30e assises de la presse francophone qui se sont déroulées à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), la presse malienne a été honorée. Le prix « de la libre expression » a été décerné à nos confrères Sambi Touré d’Info Matin, Mahamane Hamèye Cissé du Scorpion, Alexis Kalambry des Echos, Birama Fall du Républicain et Seydina Oumar Diarra d’Info Matin. Ils avaient été arrêtés et jugés après la publication de « La maîtresse du président » dans leurs colonnes.

Ce prix, qui est une prime à la liberté d’expression, est généralement attribué à des hommes et des femmes de médias victimes d’intolérance en tout genre, d’entrave à la liberté d’expression, de harcèlement politique, etc. Les journalistes maliens, honorés par leurs pairs de plus de 130 pays, sont ceux-là mêmes qui avaient été embastillés au mois de juin 2007 dans l’affaire dite « La maîtresse du président de la République ».

Le ministre ivoirien de la Communication, Ibrahim Sy Savané, qui leur a remis le prix le jeudi, 6 décembre 2007, a affirmé que « cette distinction qui récompense des journalistes doit faire savoir à tout le monde que la liberté d’expression est précieuse et à sauvegarder » .

Les journalistes francophones présents aux assises de Yamoussoukro ont ainsi motivé leur démarche. « Il s’agit d’abord et avant tout, pour vous confrères, seuls juges, de vous reconnaître le professionnalisme dont vous avez fait montre dans ce travail ». La presse francophone avec un œil de professionnel porté sur l’épisode n’a pas tari de dénonciations tout en brocardant l’attitude de certains dirigeants à ne pas supporter la critique.

Le prix de la libre expression a déjà été attribué au directeur du journal camerounais, Le Messager, Pius Njawé et à la presse privée algérienne dont plus de 100 journalistes sont morts sous les balles de l’intolérance religieuse.

Le thème de la rencontre de Yamoussoukro portant sur « Médias, démocratie et paix » a été une tribune pour les participants de discuter des entraves à la libre expression. Ils ont déploré les atteintes graves à la liberté qui se multiplient sur le continent.

Les lauréats maliens se sont montrés fiers d’être jugés sans complaisance par leurs pairs. Ils ont apprécié le soutien de la grande famille de la presse francophone au moment où l’affaire de « La maîtresse du président de la République » est encore pendante devant la Cour d’appel.

Abdrahamane Dicko

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  EDUCATION NON FORMELLE

Des pistes balisées

Alphabétiser au moins 50 % de la population communale d’ici 2012, initier des campagnes d’alphabétisation de masse et rendre l’alphabétisation obligatoire à tous les niveaux… sont quelques mesures du séminaire atelier de bilan programmation et d’organisation du partenariat autour de l’Education non formelle (ENF) dont les travaux se sont achevés le samedi dernier au CICB.

« Dans le nouvel environnement, l’éducation non formelle doit aujourd’hui se départir de son schéma classique vertical pour établir un cadre novateur dans le sens d’un partenariat plus performant, en considérant les nouveaux enjeux du développement national… » .

Ces mots du directeur national du CNR-ENF à la clôture des travaux vont-ils se matérialiser ? Au regard de l’issue de la rencontre du séminaire atelier de bilan programmation et d’organisation du partenariat autour de l’Education non formelle, l’on peut dire qu’une certaine volonté est en train de voir le jour dans la recherche de solutions idoines à la question.

Réunis du 3 au 9 décembre derniers au CICB, 400 acteurs du Mali et de l’étranger, impliqués en faveur de l’éducation non formelle, ont diagnostiqué les maux qui retardent le développement de l’éducation non formelle. Une semaine durant, l’atelier a identifié tous les problèmes, les difficultés, les contraintes à la non-avancée de l’ENF.

Afin que ENF puisse répondre aux attentes, il a été décidé d’alphabétiser au moins 50 % de la population communale (enfants et adultes) d’ici 2012, initier des campagnes d’alphabétisation de masse et rendre l’alphabétisation obligatoire à tous les niveaux, ériger le CNR-ENF en une direction nationale de l’alphabétisation et des langues nationales, créer des structures déconcentrées de l’éducation non formelle (niveau régional, niveau local).

Il s’agira aussi de relire tous les documents d’alphabétisation et de post-alphabétisation (livrets, brochures, guides, manuels de procédures, etc.), instrumenter les langues nationales (lexiques, vocabulaires, dictionnaires) et traduire la promotion des langues nationales par leur utilisation dans tous les domaines (administration, justice, enseignement)…

Pour lier l’acte à la parole, le ministre de l’Education de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo, après son discours de clôture en français a aussi lancé un fort message en bamanakan. Comme pour signifier que dorénavant, le français ne sera plus la seule langue parlée dans l’administration malienne.

Amadou Sidibé

 

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  CREATION AUDIOVISUELLE FEMININ

Les femmes à l’assaut de l’image

C’est désormais chose faite. « Image au féminin » a été officiellement lancée vendredi soir au Centre Aoua Kéita.

La cérémonie de lancement d’« Image au féminin » le 7 décembre 2007, a ressemblé un parterre de personnalités du monde associatif féminin, des femmes leaders d’opinion, des femmes politiques, des partenaires institutionnels et financiers, des professionnels de l’image et de la communication. Elle était présidée par le ministre de l’Education de base qui avait à ses cotés le Médiateur de la République, l’ambassadeur du Canada, du Danemark, des représentants des représentations diplomatiques…

S’adressant aux invités, la présidente de « Image au féminin », Mme Dramé Kadiatou Konaré, a remercié tous ceux qui, de loin ou de près, ont contribué à la concrétisation du projet, notamment, l’ambassade du Canada à qui elle a rendu un hommage particulier. « Image au féminin », selon Mme Dramé est pour toutes les femmes du Mali illettrées comme scolarisées, diplômées ou non qualifiées, issues d’associations, coopératives, tontines, cybercafés, centres culturels, universités ou grandes écoles à travers le pays qui désirent se former à l’image, principal outil de notre époque pour diffuser une expression féminine dans les médias.

Rappelant l’objectif de sa structure, qui est de favoriser et promouvoir l’émergence d’une expression des femmes par l’image, la directrice de Cauris Edition a affirmé que « c’est parce que très peu de femmes sont impliquées dans le domaine de l’image à de rares exceptions près, notamment Kadiatou Konaté, Fatoumata Coulibaly, réalisatrices, l’expression par l’image semble réservée aux seuls hommes tels les cinéastes Souleymane Cissé, Cheick Oumar Sissoko, Abderrahamane Sissako. C’est parce que les femmes du Mali sont talentueuses, entreprenantes, et d’envergure qu’Image au féminin désire les sensibiliser et les former dans le domaine de l’expression audiovisuelle afin qu’elles puissent exploiter leur génie créateur et porter à la face du monde leur réalité. Nous voulons les aider à mieux s’affirmer », a-t-elle souligné.

« Image au féminin » c’est aussi la formation des stagiaires. Au nombre de 5 à 10, la formation se fera dans 4 ateliers qui sont créés à Bamako, Kayes, Sikasso et Gao pour la première année (2008 2009). Les formations dispensées sont : la formation aux métiers de l’image, à l’outil informatique, Internet et multimédia, la production vidéo numérique semi et professionnelle, la diffusion. Chacun des ateliers est équipé du matériel nécessaire à son fonctionnement et à la réalisation des documentaires et éléments filmés.

« Image au féminin » est aussi une structure de production et de distribution et documentaires de fictions, portant sur les créations qui militent pour la promotion et l’émancipation des femmes.

Selon la ministre Mme Sidibé Aminata Diallo, Image au féminin vient combler un vide qui n’a que trop duré.

L’ambassadeur du Canada, qui a financé le projet, a affirmé qu’ils n’ont pas réfléchi par deux fois pour adhérer au projet. « L’accès des femmes aux métiers de l’image, aux postes de responsabilités est l’une des missions de l’ambassade », a-t-elle rappelé.

La projection du film de 26 minutes « Le Mali, un pays au féminin », une réalisation en coproduction avec le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) a suivi la présentation de Mme Dramé.

Le réalisateur du documentaire, Sidi Diabaté du CNCM a apprécié l’initiative de Kadiatou « On avait besoin de ce film pour qu’enfin on ait des femmes réalisatrices ». Ce film qui sera projeté largement diffusé au Mali rend hommage à certaines héroïnes et pionnières du Mali (Sira Diop, éducatrice, Manassa Danioko, magistrat, Sy Kadiatou Sow). Ces vaillantes et braves femmes n’ont cessé à un moment de leur vie de clamer les justes causes. Elles ont été à l’avant-garde du combat pour la souveraineté nationale et les libertés démocratiques.

Amadou Sidibé

 

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