Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2007

Mois de Decembre

Les Echos du 07 Decembre

 

RISQUES SANITAIRES ET PHYTOSANITAIRES DE LA FILIERE MANGUE

Burkinabé et Maliens améliorent leurs connaissances

Pour maintenir cette cadence et renforcer le partenariat d’affaires, les professionnels du secteur sont tenus de satisfaire la réglementation de l’Union européenne en matière sanitaire et phytosanitaire (SPS) et les exigences commerciales des acheteurs.

Burkinabé et Maliens renforcent leurs capacités de maîtrise des risques sanitaires et phytosanitaires et du contrôle SPS dans la filière mangue. La session de formation qui a ouvert ses portes hier à Bamako servira aussi de rampe de lancement à un système national SPS au Burkina Faso et au Mali conforme aux dispositions du règlement CE 882/2004 dans la filière mangue.

Le respect par les deux pays de l’exigence de qualité dans le processus de production et de commercialisation des fruits et légumes sur le marché international est l’une des motivations de ce séminaire co-organisé par le Programme de compétitivité et de diversification de la filière agricole (PCDA) au Mali et le Projet d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (Pafasp) du Burkina. Ils sont soutenus par leurs partenaires techniques et financiers de la Banque mondiale et du Coleacp, initiateurs de cette formation de deux jours.

La formation à laquelle prennent part des acteurs de la filière mangue du Burkina et du Mali, vise essentiellement à former une expertise en gestion de qualité des produits agricoles pour accompagner les entreprises d’exportation des fruits et légumes des deux pays.

Les exportations de fruits et légumes frais constituent une source de revenus importants pour le Mali et le Burkina Faso. Avec 4000 tonnes de fruits et légumes frais exportés en 2006 par le Mali et près de 3500 tonnes par le Burkina Faso vers l’Union européenne, le Vieux continent demeure le partenaire privilégié du secteur horticole malien et burkinabé. Pour maintenir cette cadence et renforcer le partenariat d’affaires, les professionnels du secteur sont tenus de satisfaire la réglementation de l’Union européenne en matière sanitaire et phytosanitaire (SPS) et les exigences commerciales des acheteurs.

Une autre formation du genre est prévue la semaine prochaine. Il servira au renforcement de capacité d’un groupe d’experts pour l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques dans la filière mangue au Burkina et au Mali.

Abdrahamane Dicko

 

Acceuil


VICTOIRE DE DAOU CONFIRMEE AU CMC

Les délégations de Gao et de Ségou optent pour la légalité

Dans son arrêt n°172 du 1er novembre 2007 dont copie nous a été remise, la section administrative de la Cour suprême a déclaré les appels d’Amadou Djigué irrecevables pour défaut de consignation. La consignation peut être définie comme étant le dépôt, au greffe d’une juridiction, d’une provision destinée à couvrir les frais de procédures.

Du coup, ce jugement confère au bureau d’Ousmane Babalaye Daou la légalité et la légitimité. Cet arrêt définitif de la Cour invalide le bureau conduit par Amadou Djigué.

Après les élections controversées de mars dernier, ces deux hommes revendiquaient tous les deux la victoire. L’affaire portée devant le tribunal administratif de Bamako avait été tranchée en faveur d’Ousmane Babalaye Daou par les jugements n°004 et 005 du 30 mars 2007. Amadou Djigué avait alors interjeté appel contre ces jugements. Ce sont ces requêtes d’annulation du bureau auprès de la section administrative de la Cour suprême qui viennent d’être rejeté pour défaut de consignation.

Les délégations régionales du Conseil malien des chargeurs (CMC) de Gao et de Ségou ont, à travers des communiqués, pris acte de cette décision et par conséquent, apporté leur soutien au bureau d’Ousmane Babalaye Daou, élu le 31 mars 2007. Elles ont, en outre, exhorté les autorités à diligenter les mesures à prendre pour que le CMC reprenne ses activités dans l’intérêt de tous les chargeurs du Mali.

S. Y. D.

[haut]

Acceuil


PDES

Programme de renouveau ou d’immobilisme ?

Il y a un grand décalage entre les ambitions affichées du PDES et les ressources aujourd’hui disponibles pour le financer, décalage d’autant plus important que le programme a été conçu en vase clos, sans tenir aucun compte de l’environnement économique extérieur : le doublement du prix du blé, du maïs et du lait, un pétrole autour de 100 US$ le baril et un dollar…

Un sigle de quatre lettres, le PDES, apparu lors de la dernière campagne présidentielle, cristallise aujourd’hui les promesses d’une vie meilleure pour les Maliens. Plate-forme électorale du candidat ATT, le Projet pour le développement économique et social (PDES) est le plan censé imprimer la marque du président réélu pour un second et dernier mandat et lui assurer sa Place dans l’histoire. Promu dès lors programme gouvernemental et invoqué régulièrement par les différents acteurs de la vie politique, il vient d’être décliné en lettre de cadrage adressée au Premier ministre et aux membres de son gouvernement.

Mais combien de Maliens ont vraiment lu de bout en bout ce programme qui ne se veut pas un plan de plus, puisqu’il s’inscrit dans le CSLP, le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté mais qui en définitive en est bien un, car il fixe des priorités et des échéances. Ils ne doivent pas être très nombreux. Et parmi ces lecteurs combien ont essayé d’analyser ce document essentiel de notre vie nationale, évalué ses forces et ses faiblesses, soupesé ses chances de réussite ? Ils le sont encore moins et particulièrement diserts dans leurs commentaires.

Ceci est d’autant plus incompréhensible que la réélection du président ATT ne constituait pas un grand suspense, et que l’on pouvait dès lors s’attendre à ce que le PDES soit mis en œuvre. Il aurait donc dû en toute logique être disséqué durant la campagne électorale. Mais cet examen qui n’a pas eu lieu, ce débat critique qui a fait défaut, tous ceux qui s’interrogent sur les orientations qui leur sont proposées, doivent aujourd’hui s’y engager sans tarder s’ils ne veulent pas voir leur silence passer pour un acquiescement tacite, voire un soutien implicite.

Les Maliens ont le droit à ce débat sur le PDES. Ils doivent savoir s’ils ont des raisons légitimes de se réjouir parce que le PDES est effectivement en mesure de faire franchir à leur pays un palier décisif dans son développement, ou au contraire, s’ils doivent se prémunir contre les faux espoirs des lendemains meilleurs qui ne feraient que rendre la désillusion encore plus cruelle, si le PDES est condamné à n’être qu’un ensemble de vœux pieux.

Nos compatriotes ont d’autant plus droit à cet éclairage que le processus que le président ATT leur annonçait dans la conclusion du PDES est, sauf erreur de ma part, passé aux oubliettes. Il écrivait en effet ceci : « Après les consultations électorales, le document enrichi sera discuté dans un cadre de concertation approprié. Un forum de validation suivra, et au cours duquel seront conviés de grands spécialistes du développement, Maliens et étrangers. A l’issue de ces échanges approfondis, le programme sera traduit en lettre de cadrage, suivie d’un plan quinquennal d’action du gouvernement ».

Ou j’ai raté ces très importantes étapes, ce que je ne crois pas, ou elles ont été purement et simplement escamotées. Et cela augure très mal la suite du programme. Mais après tout, ne dit-on pas qu’en politique, les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Le but de cet article est de contribuer à cette réflexion collective que les Maliens doivent engager sans perdre de temps, maintenant qu’ils savent que l’avenir de leur pays sera modelé au cours des cinq prochaines années, par le PDES, pour se forger leur opinion, pour savoir si c’est un programme de renouveau économique ou une simple resucée de vieux projets à l’efficacité non avérée qu’il leur faudra combattre. Certains trouveront le ton de cette contribution parfois polémique. Les analyses le sont souvent. Mais, celles-ci resteront toujours dans la mesure de la courtoisie et du respect dû à la fonction présidentielle et à la personne du chef de l’Etat qui est l’élu de la nation jusqu’en 2012. C’est son plan d’action qui est critiqué, pas sa personne.

Incohérence interne

Le PDES a visiblement été écrit à plusieurs mains, ce qui explique son manque de cohérence interne ou ses changements de style, quand ce ne sont pas ses redites et les nombreux chevauchements qui rendent sa lecture particulièrement rébarbative. C’est sans doute la raison pour laquelle bien peu parviennent à dépasser la septième page comme dans les romans de Salman Rusdie et à le lire en entier. Aussi, la seule façon d’en faire une analyse sérieuse est de rester fidèle à l’ordre chronologique des thèmes tels qu’ils ont été abordés dans le document. Mais, avant de procéder à cet examen secteur par secteur, voici en guise d’introduction, des remarques générales sur le contenu du document.

La première réaction est de sourire de référence immodeste et messianique à ces « accélérations de l’histoire » qui se produisent lors de la rencontre des nations avec « un ou plusieurs de leurs fils », au « moment où le jugement de l’histoire importe plus que la gloire ou le succès » (elle est sans doute le fait d’obséquieux thuriféraires en quête de maroquins ministériels qu’ils ont d’ailleurs parfois obtenus semble-t-il) en espérant que le président ATT n’est pas sensible à ces flagorneries, même si on ne peut pas manquer d’être troublé de voir qu’il les a non seulement lues, mais avalisées en apportant sa signature sur le PDES.

Les Maliens, les moins jeunes à qui l’ont fait entonner à l’école un refrain entraînant commençant par ces mots « Oh Mali, Oh ma patrie la voix de… » se souviennent de ce qu’est le culte de la personnalité, et savent qu’il est rarement dû à celui qui en est l’objet, mais presque toujours à ses courtisans. Il ne faut pas qu’on leur repasse subrepticement ce plat.

Cette mise en garde faite, il faut souligner que l’horizon du PDES est la fin du second mandat du président ATT. Ce n’est donc en principe qu’après son départ de la présidence que les Maliens sauront si son plan a été ou non un succès. C’est pour le moins gênant, car cette question d’échéance n’est pas anodine. En effet, ce n’est pas faire injure au président de la République que de souligner que la durée utile de son mandat en cours n’est que de 3 ans. Et après 2010, toute la classe politique ne parlera plus que de l’après-ATT, une situation rendue inéluctable par le fait que l’Assemblée nationale est dominée par des partis qui rêvent plus de voir un des leurs conquérir la présidence.

Passé ce cap, l’autorité nécessaire pour pousser les réformes ne sera plus aussi forte. C’est la raison pour laquelle les actions prioritaires doivent avoir une échéance plus rapprochée (2010), être sans doute moins nombreuses et si possible correctement évaluées, d’autant que le PDES annonce la création de mécanismes spécifiques de suivi et de contrôle.

Le second commentaire a précisément trait au monitorage du programme : si comme est dans la lettre de cadrage, « l’ambition principale du PDES est… d’ouvrir la voie à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015 », pourquoi envisager dans le PDES un autre dispositif de suivi et choisir des indicateurs différents. Dans le domaine de l’éducation par exemple, le taux de scolarisation de 100 % repris par le PDES n’est qu’un indicateur de résultat des OMD à côté d’objectifs qualitatifs comme l’achèvement d’un cycle complet au primaire et du pourcentage d’alphabétisation des 15-24 ans.

De même dans le domaine de la santé, la proximité des centres de santé de base ne suffit pas à garantir l’atteinte des OMD en matière de mortalité maternelle et infantile. Il y a quelques années, le test sur la conditionnalité de l’aide budgétaire au Burkina Faso a prouvé que l’existence des centres de santé ne suffit pas à assurer une augmentation de leur fréquentation ou un accroissement de la fourniture des soins médicaux.

La mise en veilleuse des indicateurs internationalement reconnus et contrôlés, vise peut-être à s’affranchir des mauvais classements dans l’échelle du développement qui sont hélas le lit de notre pays et qui sont occultés dans la partie introductive du PDES par une longue énumération de statistiques élogieuses pour l’action gouvernementale entre 2002 et 2006. Pourtant, malgré ces chiffres parfois abusivement gonflés (comme le pourcentage de la population ayant accès à l’eau potable).

En fait, 50 % en 2004 au lieu de 57 % en 2002, ou le pourcentage des naissances assistées par un personnel médical qualifié (42 % au lieu de 52 %), le Mali reste obstinément relégué à la 175e place sur 177 selon le classement de l’Indice du développement humain, devançant seulement le Niger et la Sierra Leone. Il n’est pas en meilleure posture pour atteindre les OMD comme le montrent les chiffres plus récents des Nations unies et il n’occupe que le 155e rang sur 174 pour la qualité de l’environnement des affaires (index du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale) ce qui augure mal des ambitions du PDES en matière de développement du secteur privé, la locomotive qui doit assurer le succès du programme.

Mais la critique principale porte sur l’absence de chiffrage du PDES. Certes nous sommes prévenus à la toute dernière page qu’il n’y aura pas « une évaluation exhaustive du coût du programme, celui-ci étant en partie une composante du CSLP, dont le financement est assurée. Pour les actions de soutien spécifique en général, leur financement est assuré par des projets en cours ou en voie de lancement tel le MCA, le 10e Fed, le PASC, le PCDA, PCEA ».

Il n’est pas possible de se contenter de cette pirouette. En effet, le PDES a l’objectif déclaré de conduire au décollage économique du Mali. Il est donc indispensable de connaître l’ampleur des moyens mis au service de cette ambition. Or, à part le Millenium Challenge Account (MCA), il n’y a rien d’autre que les financements « ordinaires » que le Mali reçoit bon an mal an, et de façon prévisible de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux comme la Banque mondiale ou la Commission européenne.

Ces ressources programmes ne suffisent pas à induire un taux de croissance de 7 % l’an. D’où viendront donc les investissements massifs qui seront nécessaires pour atteindre ce taux ? Le PDES est muet là-dessus. Peut-être une hypothétique manne pétrolière qui pourrait donner droit à des avances (ou gages) sur recettes ? C’est la seule explication logique. Car même si on découvre un jour du pétrole au Mali, il faudra de longues années avant qu’il ne soit exploité et les pipelines nécessaires construits.

Sous de mauvais auspices

En tout cas, il y a un grand décalage entre les ambitions affichées du PDES et les ressources aujourd’hui disponibles pour le financer, décalage d’autant plus important que le programme a été conçu en vase clos, sans tenir aucun compte de l’environnement économique extérieur : le doublement du prix du blé, du maïs et du lait, un pétrole autour de 100 US$ le baril et un dollar (monnaie dans laquelle est exprimé le cours du coton,) qui se déprécie fortement vis-à-vis de l’euro, la monnaie de nos principales importations.

C’était une erreur de ne pas avoir abordé ces questions au moment de la formulation du PDES. Car ces phénomènes de hausse, loin d’être passagers, sont au contraire installés dans la durée, car ils sont dus à la rareté croissante du pétrole, à la concurrence que les biocarburants font aux cultures vivrières et à la demande chinoise et indienne de produits alimentaires.

C’est devenu une faute grave de ne pas les avoir traités dans la lettre de cadrage. Parce que leur conséquence est inéluctable : l’aggravation prononcée du déficit budgétaire non couvert par des dons va très vite se manifester et l’on peut craindre une reprise des mouvements sociaux à l’appui de revendications salariales qui elles-mêmes contribueront encore à creuser les déficits et à relancer l’inflation. Le PDES commence sous de biens mauvais auspices. Car on le verra rapidement, le temps n’est pas à la prodigalité, mais à l’austérité. Le peuple malien à qui l’on tient un autre langage inspiré des largesses de la campagne présidentielle n’y est pas du tout préparé.

Un dernier problème lié au financement du PDES doit être souligné, c’est la dimension éthique que comporte le recours aux seuls concours étrangers. Comment peut-on en effet appeler les Maliens au sursaut, convier notre peuple à l’effort, inciter nos compatriotes à la mobilisation pour assurer le décollage économique du pays et proclamer dans le même souffle que le programme d’action pour y parvenir sera entièrement financé par l’étranger. Ce n’est pas acceptable.

La sauvegarde de notre dignité exige que nous supportions la part principale du fardeau financier du PDES et que nous trouvions les ressources considérables qui sont nécessaires. Ou alors il ne fallait pas faire un programme aussi ambitieux. Ces ressources nationales sont à rechercher d’abord dans la réduction du train de vie de l’Etat et dans une répartition différente des ressources publiques, des questions qui ne sont pas abordées une seule fois dans le programme.

Ces questions de financement interne seront traitées de façon approfondie dans l’analyse détaillée du PDES. On peut se contenter ici de suggérer pêle-mêle certaines sources d’économie comme un moratoire sur les missions présidentielles (le record précédent de 47 missions à Tripoli sera-t-il battu ?) et ministérielles à l’étranger (le moindre billet d’avion en classe affaire pour Paris coûte des millions de francs ; que dire alors du prix du trajet Bamako-Washington ou Bamako-Tokyo multiplié par les nombreux chargés de mission ; la suppression des généreux fonds secrets de la présidence et de la Primature ; la réduction drastique du nombre d’ambassades (dont l’utilité n’est pas prouvée car les relations des bailleurs du Mali passent par leurs représentants à Bamako, pas par les diplomates maliens en poste à l’étranger).

A telle enseigne que le PDES (voir la partie sur le secteur privé) envisage de mettre nos ambassades à contribution pour promouvoir la destination Mali. Preuve qu’elles ne le font pas) ; une révision à la baisse des effectifs de l’armée (malgré les bruits de bottes dans le Nord) et la transparence dans la gestion des budgets militaires y compris la passation des marchés (le système des allocations familiales semble aussi obéir à d’autres critères que ceux en vigueur dans le civil) ; le suivi pénal des rapports de vérification et d’audit en vue de récupérer le bien de l’Etat ; l’instauration d’un contrôle sur l’origine du financement des opulentes villas qui poussent comme des champignon à Bamako et plus généralement la vérification de l’origine des signes extérieurs de richesse dont les rutilantes limousines allemandes (on sait tous ce que touche un fonctionnaire malien) ; la conclusion d’entraides judiciaires avec les pays voisins (Sénégal, Côte d’Ivoire) ou les pays européens pour recenser les investissements immobiliers et les comptes des Maliens (civils et militaires) aux fins de vérification de leur origine. Dans la seule France le nombre de fonctionnaires maliens possédant des propriétés a de quoi surprendre.

Certains souligneront sans doute la naïveté ou l’irresponsabilité de ces propositions sinon le degré de mansuétude avec laquelle elles seront accueillies. Mais cela fait tellement longtemps que l’Etat s’efforce en vain, de faire rentrer des dépenses prétendument incompressibles ou de souveraineté (ou les deux) dans des recettes beaucoup moins importantes, au prix d’un déficit budgétaire en perpétuelle augmentation, qu’il faudra tôt ou tard se résoudre à traiter ce problème. Et s’interroger de savoir si un pays peut conserver ne serait-ce qu’une once de sa souveraineté, en faisant financer par l’étranger ses soi-disant dépenses de souveraineté en vertu de la fongibilité des ressources publiques. Le mythe du mendiant digne et souverain a la vie dure.

Les grands absents : Chine, l’immigration et désertification

Comme autre commentaire à caractère général, il y a l’absence incompréhensible de toute mention de la Chine. Le PDES fait référence à l’aide américaine et européenne, aux concours de la Banque mondiale, à ceux des Nations unies (BIT), voire de Cuba (les soins ophtalmologiques). Mais de la Chine, il n’est point question. Or, elle occupe une place importante dans l’économie du Mali. Que ce soit dans les infrastructures ou dans les industries textile et sucrière. Il semble même qu’après la fonction publique, les entreprises chinoises, grandes utilisatrices de main d’œuvre, soient le 2e employeur du pays.

Et que son concours soit indispensable dans la mise en œuvre de plusieurs grands projets agro-industriels. En outre l’année dernière au Focac, Forum sur la coopération entre la Chine et l’Afrique, le président Hu Jintao a pris des engagements en termes de financement des projets et de crédits d’achat dont le Mali, l’ami de toujours, bénéficiera certainement. On se demande comment ceux qui ont ratissé le moindre petit programme déjà financé, pour étoffer le PDES, ont pu faire l’impasse sur les projets de la coopération chinoise ? Mystère ! Mais la Chine pourra se consoler en voyant que la France, notre 1er partenaire traditionnel, n’est pas mieux traitée.

Une autre absence remarquée, dans un tout autre domaine est la question de l’immigration. Certes une référence expéditive est faite à la lutte contre l’immigration clandestine à la fin du PDES, mais on cherchait en vain une quelconque mention de ce sujet dans la lettre de cadrage. Il reste que la détresse qui pousse nos jeunes sur les chemins d’un hypothétique exil au péril de leur vie, pose un vrai problème de société qui aurait mérité de trouver une place de choix parmi les priorités affichées de l’action présidentielle.

Idem pour la lutte contre la désertification, la plus grande menace à laquelle notre pays se trouve confronté. Elle n’a pourtant pas été retenue parmi les priorités du PDES. La seule référence indirecte est le désensablement du fleuve Niger, sujet d’une très forte préoccupation avouée, mais qui ne débouche que sur une étude. Il est vrai que les financements en cause sont faramineux. Que l’on ne vienne pas dire pour couper à toute critique que le PDES ne se substitue pas au programme du gouvernement, que celui-ci existe par ailleurs et comporte bien d’autres actions tout aussi importantes que celles contenues dans le PDES. Ce serait trop facile, car non seulement le PDES couvre tout le champ d’action gouvernementale, même les sports et la culture y figurent, mais en outre on ne voit pas ce que le gouvernement aurait le temps de faire d’autre.

Enfin, en ce qui concerne les ruptures fièrement proclamées dès les premières pages du PDES, on achève la lecture du document sans les rencontrer. On y trouve par contre une belle continuité d’approches et de projets qui remontent à 4 ou 5 ans, voire plus s’agissant du Prodec (Programme décennal de l’éducation) ou du Prodess (Programme de développement sanitaire et social). On y trouve aussi page après page, la réaffirmation d’un volontarisme à tous crins. Comme si le volontarisme seul suffisait… ou plus grave, comme si le volontarisme était une option possible.

Pour s’en convaincre et avant de passer à l’examen détaillé du PDES, secteur par secteur, il suffit de lire en guise de conclusion de cette première partie, ce passage de la chronique « L’Avenir politique au Mali : la méthode et le tempo parue dans l’Essor n°1673 du 13 novembre 2007 » : « Les contraintes de la conjoncture mondiale et les ressources limitées du pays rendent aléatoire l’application d’une démarche volontariste dans le domaine économique. Notre pays doit d’abord s’adapter aux conséquences pénalisantes pour ses population de phénomènes externes qui vont de la montée continue du prix des hydrocarbures à l’explosion du coût de certaines denrées de première nécessité. Ces tendances s’installent de manière durable et la question la plus pressante pour l’Etat sera de savoir comment les endurer tout en préservant la paix sociale. Car, même la manne attendue des ressources pétrolières n’amènera pas un ballon d’oxygène immédiat et significatif, ainsi que le démontre tout près de nous le cas d’un pays ami ».

Cette analyse on ne peut plus limpide et que je partage entièrement, sonnerait-elle déjà le glas du PDES ? Pas nécessairement. En tout cas, on est là très loin des proclamations dithyrambiques et de la méthode Coué du Programme pour le développement économique et social.

Sambou Doucouré

[haut]

Acceuil


ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

Le partenariat au service du développement

Tribune du secrétaire d'Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel, dans le quotidien " la Tribune".

Le débat engagé aujourd'hui sur la question des accords de partenariat économique (APE), et dont témoignent en particulier les dernières tribunes de Jean Ziegler et du président Wade, est salutaire. Les constats de M. Ziegler sont justes : les capacités théoriques de production agricole mondiale pourraient nourrir 12 milliards d'individus, néanmoins 854 millions de personnes à travers le monde souffrent de la faim. Cette situation préexiste aux APE, puisqu'ils ne sont pas encore signés...

Pour combattre ces phénomènes inacceptables, 191 pays ont adopté le 8 septembre 2000 la Déclaration du Millénaire et les huit objectifs correspondants (OMD). Figure au premier rang la réduction d'ici à 2015 de la proportion de la population qui souffre de la faim.

Pour gagner ce combat de manière pérenne, un ensemble d'actions simultanées et de long terme est à mettre en œuvre : santé, planning familial, éducation et formation professionnelle, facilitation des migrations saisonnières ou définitives vers des zones plus productives, désenclavement, stabilisation des prix des produits agricoles, adaptation des conditions de crédit (taux, durée,...), banques de céréales, stockage et utilisation de l'eau, restauration des sols, intensification et diversification de l'agriculture et de l'économie, sécurisation foncière, etc.

Malgré les accords commerciaux précédents, nombre de pays en développement n'ont pu profiter des ouvertures privilégiées qui leur étaient offertes, notamment pour des raisons structurelles, que le président Wade a évoquées : infrastructures défaillantes, crédit aux entreprises absent ou très cher, capacités humaines insuffisantes en quantité et en qualification, technologies anciennes et peu performantes. Alors, que peuvent apporter les accords de partenariat économique?

Rappelons que ces accords ne seront pas seulement adossés à un volet commercial, mais devront comporter un volet "accompagnement" qui permette un investissement massif dans l'environnement technique et financier des petites et moyennes entreprises et des exploitations agricoles. Cet investissement sera complémentaire de celui que les pays d'Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) réaliseront, notamment les pays africains qui ont pris dans le cadre de l'Union africaine l'engagement d'affecter au minimum 10 % du budget de l'Etat à leur secteur agricole. Ce dernier investissement ne sera rendu possible que si, simultanément, une plus grande cohérence est assurée dans les pays ACP entre politique macroéconomique et politique sectorielles.

Soulignons ensuite que les processus de libéralisation, contenus dans le volet commercial des APE, prennent en compte les inégalités des termes de l'échange et intègrent à ce titre de multiples dérogations. Concrètement, la négociation doit permettre aux pays ACP d'obtenir la protection de nombreux produits sensibles (céréales, lait, produits de l'élevage et de maraîchage...), de longues périodes de transition pour le démantèlement et des appuis renouvelés à leurs secteurs d'exportation.

Face à l'échec partiel des accords commerciaux UE-ACP sous leur forme actuelle, ces accords doivent favoriser investissements et croissance partagée dans les économies du Sud. L'intégration régionale, nécessaire étape vers une meilleure intégration au marché mondial, est aujourd'hui le vrai défi et la vraie chance des pays ACP. Le succès des APE dépendra également de l'association des milieux professionnels à leur élaboration et leur mise en oeuvre, ce qui suppose inévitablement des délais supplémentaires de négociation dans plusieurs régions.

En toute hypothèse, dans l'attente de ces APE complets, et conformément aux accords de Cotonou, le régime commercial proposé aux pays ACP à partir du 1er janvier 2008 ne saurait être moins favorable que l'actuel. Loin des logiques de charité et d'assistance, les APE doivent contribuer, par petits pas, à faire des pays aujourd'hui les moins avancés des acteurs économiques de plein exercice.

Au-delà des oppositions idéologiques, reconnaissons que, sans en être le facteur principal, le commerce, en incitant à l'activité et en permettant à chacun d'avoir les moyens d'être debout, constitue bien l'un des moteurs du développement.

(Paris, 29 novembre 2007)

 

[haut]

Acceuil


MALADIES EMERGENTES

C’est quoi ?

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) définit la maladie émergente comme celle qui apparaît dans une région antérieurement indemne. Une maladie quasi-disparue ou due à un retour d’un variant disparu depuis longtemps peut-être ré-émergente comme la fièvre de la Vallée du Rift.

Elle peut être aussi comprise comme un mal qui peut se produire lorsque le système immunitaire ne peut plus réagir comme il le faut. Une maladie peut-être à la fois ancienne, permanente et émergente pour des variants de pathogène en question. La grippe aviaire bien qu’étant une maladie ancienne est celle introduite par le virus du H5N1-HP, une maladie émergente.

Ces maladies concernent à la fois l’homme aussi bien que l’animal. L’OIE classe la fièvre catarrhale du mouton comme maladie émergente pour la raison qu’elle est apparue en août 2006 en Europe du Nord alors qu’on la croyait éradiquée.

Parmi les maladies émergentes jugées préoccupantes à cause de leur gravité ou leur impact socioéconomique il y a le Chikungunya, l’Ebola, la fièvre catarrhale du mouton, la fièvre de la Vallée du Rift (virus), la grippe (virus) la maladie de la langue bleue qui s’attaque aux bovins et caprins, la maladie de Newcastle (virus), maladie de Lyme (parasites), peste des petits ruminants, peste porcine africaine (virus), entre autres.

Les maladies émergentes sont le plus souvent causées par la promiscuité ou dues à un contexte d’instabilité écologique paysagère, environnementale ou sociale (guerre, déplacement de réfugiés, appauvrissement de population) ou l’apparition d’autres maladies comme le Sida.

Abdrahamane Dicko

[haut]

Acceuil


   EPILOGUE

Les maladies émergentes

Le monde est ainsi fait que là où il y a vie, il y a mort, que la santé chemine avec la maladie, de même que la joie et la tristesse. Très tôt, les groupes humains ont été confrontés à la dure réalité des maladies et épidémies et ont sur le sujet des approches différentes, mais les thérapies plus ou moins similaires, car à base de plantes plus généralement.

Dans beaucoup de pays africains, la maladie, surtout lorsqu’elle est grave, est considérée tantôt comme une manifestation de la colère des méchants esprits (ou génies) ou des mânes des ancêtres, tantôt une simple perturbation du fonctionnement normal de l’organisme qu’il faut corriger avec les plantes.

La médecine traditionnelle africaine, dès l’origine comme du reste celle de l’Occident avant les XVIIIe XIXe siècles, fut essentiellement basée sur l’utilisation et l’exploitation des plantes naturelles (feuilles, écorces principalement) en plus, dans certains cas, d’autres recettes mystérieuses comme la fumigation et l’emploi des formules incantatoires.

Mais, même si les Africains ont compris que les maladies étaient guérissables à partir des plantes, ils ont ignoré que les pathologies étaient données et transmises par des microbes, des virus ou des bactéries. C’est la médecine occidentale qui a fait un savoir africain ancien cette découverte à la fin des XIXe siècle au début du XXe siècle par le truchement de la colonisation.

La médecine traditionnelle proposait des thérapies lentes et patientes aux maladies d’origine microbienne comme le paludisme, la tuberculose ou la méningite. Son mode de traitement était empirique et lent, ce qui permettait aux maladies de progresser et de se propager ou bien qu’elles soient brutalement ou rapidement arrêtées.

Les nombreuses épidémies signalées avant la pénétration coloniale viennent de ce cadre et selon des pays, elles ont fait des ravages considérables, décimé presque certaines zones. Avant la pénétration coloniale (et même pendant), les épidémies les plus répandues étaient celles qui sont véhiculées par des microbes : paludisme, méningite, rougeole, etc.

Ces épidémies ont été difficilement enrayées par la médecine traditionnelle parce que d’une part celle-ci ne s’expliquait pas clairement leur nature véritable, d’autre part, elles étaient véhiculées par des éléments naturels comme le vent (méningite) ou l’eau (le choléra). La lutte contre les maladies d’origine microbienne fut dans bien des cas inefficace et les résultats en deçà des attentes.

En revanche, paradoxalement, celle contre les maladies d’origine virale (hépatite et fièvre typhoïde) connut un peu de succès. Mais, même là, il ne faut rien exagérer parce que globalement les résultats apparaissent plutôt mitigés, le savoir africain, surtout dans le domaine de la médecine, se gardant dans la famille mais ne se transmettant pas.

L’industrialisation excessive de l’Occident au début du XXe siècle a entraîné de nouvelles formes de maladies, à la fois microbiennes et virales, autant sinon plus redoutables que celles déjà connues (les précédentes). Jusqu’à une certaine date (vers 1950), des maladies comme la lèpre, la peste et la tuberculose étaient considérées comme les plus dangereuses parce que réputées incurables. Mais les progrès de la biologie et de la médecine ont permis de les vaincre au fil des ans et, au jour d’aujourd’hui, elles ne constituent plus un grand problème de santé publique.

En revanche les pathologies nouvelles, celles qui sont occasionnées par l’évolution de la société, de la science et de la technique, même si elles ne tuent pas massivement, demeurent un sujet de préoccupation constant pour les peuples et leurs dirigeants. Ainsi le cancer découvert à la fin des XXe siècle, est toujours une menace pour l’Occident et les pays de Tiers-monde parce que les scientifiques se sont montrés incapables de leur trouver le remède radical. Même le paludisme découvert à la fin des XVIIIe siècle, continue encore de défier la médecine moderne parce qu’il n’y a pas, à ce jour, de vaccin contre ce fléau qu’on dit tropical.

La médecine traditionnelle paraît même plus efficace contre cette maladie que la médecine moderne, qui pourtant utilise les moyens financiers énormes pour faire des recherches dans ce domaine. En raison même de l’impuissance de la science contre le paludisme, beaucoup se tournent vers la médecine traditionnelle et ses plantes médicinales.

Le Sida, découvert vers 1982, est venu s’ajouter à la liste des maladies nouvelles liées au développement du genre humain. D’origine virale et de progression très rapide, il n’a pas pour l’instant de remède et sévit sur tous les continents et dans tous les pays. Les Occidentaux lui trouvent une origine africaine, mais rien n’est moins sûr car dans le même temps des scientifiques (Américains ou Européens) ont montré que son origine se trouve dans des comportements sexuels anormaux comme l’homosexualité masculine largement répandue en Occident.

Les maladies cardio-vasculaires, liées à une forte consommation d’excitants (alcool, cigarettes, drogue, etc.) et probablement à d’autres facteurs aussi ont été longtemps considérées comme des pathologies propres aux pays industrialisés. Maintenant elles déferlent sur les pays d’Afrique et d’Asie qui sont moins préparés que ceux d’Europe à les recevoir.

On a aussi enregistré en Afrique centrale des formes de maladies bizarres dues à la consommation de la viande de certaines races de singes (ou de gorilles). Connues sous le nom de fièvre hémorragique Ebola (nom du virus), ces maladies ont causé beaucoup de morts dans les pays d’Afrique centrale ou prolifèrent ces primates (Congo, Gabon, Cameroun).

Tout comme la plupart des maladies d’origine virale, les fièvres hémorragiques d’Ebola n’a pas elle aussi de remède. La grippe aviaire, occasionnée par la consommation de la volaille contaminée a longtemps sévi en Europe (Angleterre, France) avant de s’étendre aux pays africains (Nigeria, Togo) et asiatiques (Chine).

L’islam, hostile aux conclusions scientifiques sur les maladies, décrit ces nouvelles maladies comme celles de la fin du monde parce que, semble-t-il dans certains hadith, il est indiqué qu’à la fin du monde, se développeront des maladies bizarres qui engloutiront toute l’humanité. Naturellement, il n’en est rien puisqu’il s’agit tout simplement de pathologies dont l’existence est liée aux transformations profondes que subissent les sociétés humaines.

Facoh Donki Diarra

 

[haut]

Acceuil


Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org