Les Echos du 06 Decembre
DECES DE YOUSSOUF DEMBELE SG SADI A NIONO
Oumar Mariko dénonce une justice corrompue
La mort du secrétaire général de la section de Solidarité africaine pour la démocratie et l’intégration (Sadi) de Niono, la fermeture de la Radio Kayira de la même ville et son désamour avec le directeur de publication du journal L’Indépendant ont été les points saillants d’une conférence de presse animée mercredi par le secrétaire général de Sadi, Dr. Oumar Mariko. Pour le SG, la mort de Youssouf Dembélé n’est rien d’autre qu’un assassinat politique. Il invite l’opinion publique à la mobilisation contre l’impunité .
Oumar Mariko, secrétaire général de Sadi et député à l’Assemblée nationale, n’a pas été tendre dans ses mots à l’endroit des pouvoirs publics administratifs et judiciaires de Niono dans ce qu’il appelle désormais « l’assassinat de Youssouf Dembélé », secrétaire général de la section Sadi de Niono. Ce paysan avait été, la veille de la proclamation des résultats des dernières législatives, retrouvé mort dans son champ. Pour l’heure, c’est le fils du défunt Ousmane Dembélé qui est incarcéré. Il est soupçonné d’être l’auteur de l’assassinat. Une thèse qui ne convainc guère Oumar Mariko et de nombreux des militants Sadi du cercle de Niono.
Selon Mariko, la thèse du parricide ne tient pas la route. « Youssouf Dembélé a été victime de ses opinions politiques ». M. Mariko soupçonne une mafia locale formée de hauts cadres de l’administration et des commerçants. Pour le responsable de Sadi, le slogan lutte contre la corruption et la délinquance financière chaque jour clamé par les plus hautes autorités est un vain slogan. Et de s’interroger sur la création d’un poste du Vérificateur général lorsque au bout du rouleau ses rapports de vérification, qui ont abouti à la révélation de centaine de milliards dilapidés, sont contestés, voire ignorés ou tout simplement classés sans suite. « On ne peut pas dire au moustique d’allumer le Mosquito pour tuer des moustiques », a commenté Mariko.
De la même manière que les dossiers qui fâchent le pouvoir sont étouffés, a souligné le conférencier, les autorités veulent classer sans suite l’affaire de l’assassinat de Yousouf Dembélé comme ils en ont fait dans l’affaire de l’étudiant Papou, des victimes politiques à Massigui et bien d’autres. Pour Oumar Mariko, il faudra que la lumière soit faite et lui et ses militants y veilleront.
« Saouti se trompe de combat »
A l’en croire pour que la vérité éclate à Niono, l’arrestation d’un nommé Abdoulaye Konaté est souhaitable de même que l’audition du présumé parricide. Ce dernier, jusqu’à présent, n’a pas été auditionné, a soutenu Mariko et la justice n’est pas décidée à franchir le pas de l’arrestation de Abdoulaye Konaté pour la simple raison, a révélé Mariko, que celui-là serait un protégé du procureur. Mariko a indiqué qu’il a demandé que le juge de Niono soit dessaisi du dossier parce qu’il n’est plus compétent pour l’instruire.
Mariko le soupçonne de partialité, voire de brouiller les pistes. Selon le secrétaire général de Sadi, son parti a reçu le soutien de toute la classe politique confondue dans cette affaire de Niono. Dioncounda et d’autres responsables de partis politiques sont venus au siège de Sadi présenter leurs condoléances et condamner l’assassinat tout en exhortant les autorités et la classe politique à aider à la manifestation de la vérité. Pour Mariko notre pays, si l’on n’y prend garde, va progressivement vers les assassinats politiques.
C’est d’ailleurs cette affaire de Niono qui est à la base du désamour entre Oumar Mariko et le directeur de publication du journal « L‘Indépendant » Saouti Haïdara. L’escalade verbale entre les deux hommes a atteint un point rarement atteint. Oumar Mariko, qui a fait écouter les « insanités proférées » à son encontre par le dirpub de L’Indépendant, a juré que « plus jamais son père et sa mère ne seront insultés ». A en croire Mariko ce désamour entre lui et Saouti est intervenu lorsque l’Indépendant dans une de ses parutions sous la plume du journaliste Zao a écrit que Oumar Mariko confirme que c’est le fils Ousmane Dembélé qui a tué son père.
Le démenti d’Oumar Mariko lui aurait valu toutes ces injures. Pour Mariko, « Saouti se trompe de combat ». « J’agirai selon ma raison », a déclaré Mariko, qui a ajouté que sa mère et son père ne seraient plus insultés. La Radio Kayira, qui avait été fermée pour ses commentaires sur l’affaire, a été réouverte.
Denis Koné
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NGOLONINA
Un dépôt de chanvre indien rasé
La section recherche de la brigade des enquêtes douanières vient de démanteler un dépôt de drogue au marché de N’golonina. A l’issue de l’opération elle a saisi 650 briques de chanvre indien estimées à 1,350 tonne.
Les agents de la brigade de recherche des enquêtes douanières étaient aux trousses d’individus qui se livraient à des activités malsaines. Ils étaient sur la piste de narcotrafiquants qui déclaraient des denrées alimentaires à la place de la drogue.
L’opération a abouti le mardi 5 décembre 2007, au marché de N’golonina, à la saisie de 650 briques de 2,5 kg chacune estimées à 1,350 tonne de chanvre indien. Le butin était dissimulé dans du tamarin contenu dans des sacs de 100 kg. Un stratagème visant à tromper la vigilance des douaniers aux frontières. Le pot aux roses n’allait être découvert sans l’apport des informateurs.
Mais, pour l’heure, seul un suspect a été appréhendé qui refuse de donner des informations sur sa filière d’importation qui aurait des ramifications dans des pays voisins. Les enquêtes suivent leur cours et pourraient déboucher à la découverte d’autres dépôts dans le district et qui sont le travail de véritables professionnels.
Il y a un mois, le 3 novembre 2007, la brigade des enquêtes douanières avait saisi 2 kg de cocaïne à Bamako. Il lui restait à mettre la main sur le principal dépôt et ses fournisseurs. Le bureau des douanes de Kourémalé à la frontière guinéenne a lui aussi mis le grappin sur des trafiquants qui avaient enfoui 37 kg de cocaïne dans les portières, les capots et coffre d’un véhicule banalisé.
De source policière, c’est la première fois qu’une quantité aussi importante de drogue est saisie par la douane malienne. Les prises n’avaient pas encore atteint les 100 kg.
Le Mali et la quasi-totalité de la sous-région sont devenus ces quelques années des passoires pour les narcotrafiquants en provenance des pays d’Amérique latine. Il est encore temps de renforcer le contrôle aux frontières et d’inviter les citoyens à dénoncer aux forces de sécurité et à la douane des commerçants ou tout citoyen aux comportements douteux.
Abdrahamane Dicko
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ACCUSEE DE TOUS LES NOMS D’OISEAUX
Oumou « Cafo » se défend, ses adversaires l’insultent
La secrétaire exécutive de la Coordination des associations et ONG féminines (Cafo), Mme Oumou Touré a, au cours d’une assemblée générale, apporté des éléments de réponse aux « accusations » dont elle est victime de la part de certaines femmes, membres du comité exécutif.
Le torchon brûle depuis des semaines entre la secrétaire exécutive de la Cafo, Oumou Touré et quelques membres de son bureau exécutif. Ces dernières, à travers une vaste campagne médiatique, des affiches et des tracts reprochent à la secrétaire exécutive « une gestion personnelle » de l’organisation et « son refus » d’organiser le congrès ordinaire en septembre dernier.
Face à ces accusations, la n°1 de la Cafo a rompu le silence, mercredi, en animant à la demande des présidentes des coordinations du district, une assemblée générale d’information. Un exercice démocratique pour rendre compte de certaines situations qui risqueraient, selon elle, de troubler l’ordre public.
D’abord, sur la gestion de la Cafo, Oumou a tenu à préciser que l’organisation est régie par des statuts et règlements qui définissent les missions et responsabilités de toutes les associations et ONG membres et sur la base desquels elle travaille. « La Cafo n’est pas une association d’utilité publique qui reçoit des fonds de l’Etat pour ses activités. Elle travaille avec les cotisations de ses membres, les dons, legs et autres », a-t-elle dit.
Pour ce qui est du véhicule offert à la Cafo par Oxfam Novibe et que les dissidentes accusent la secrétaire exécutive d’avoir détourné, Oumou a été, on ne peut plus claire. « Le véhicule est là pour toutes les femmes de la Cafo. Celles qui veulent aller en mission disposent de la clé ».
Elle est revenue sur l’épineuse question du report du congrès, un autre point de discorde. A l’en croire, le report du congrès, qui devait se tenir en septembre, a été demandé par les cellules de base qui n’avaient pas encore procédé au renouvellement de leurs bureaux. En outre, le secrétariat exécutif ne disposait pas des fonds nécessaires à l’organisation du congrès.
Au ras des pâquerettes
C’est pourquoi, a expliqué Diabaté Nana Sy, « nous avons décidé de dépêcher des missions d’information auprès des coordinations régionales. Nous avons déjà fait deux régions, Sikasso et Koulikoro. Avec le véhicule que nous a offert Oxfam, nous comptions parcourir les autres régions pour inviter les femmes à renouveler leurs bureaux et à payer leurs cotisations pour la tenue du congrès ». Et Oumou d’ajouter : « même si demain, nous réunissons les fonds, nous allons tenir le congrès ».
Ces réponses n’ont pas été du goût de certaines dissidentes, notamment leur chef de fil, Mme Dembélé Ouleymatou Sow. Prenant la parole, elle a dit être restée sur sa faim avant de mettre les pieds dans les plats. « Le bureau actuel est illégal… Oumou fait comme si la Cafo est venue dans son trousseau de mariage ».
Protestations et indignations au sein de l’assemblée, chacune grognant de son côté. Les interventions de deux autres dissidentes Djénéba Sow et Nana Coulibaly qui reprochent à la secrétaire exécutive des « on dit » vont enflammer davantage l’assistance.
Heureusement que des éléments de la police nationale, des représentants des communicateurs traditionnels, du ministère de la Promotion féminine, du maire de la Commune III, des chasseurs, de l’Union nationale des femmes musulmanes, des chefs de quartier étaient là pour appeler les unes et les autres à la retenue, au bon sens et à l’union sacrée. L’assemblée a pris fin par un appel d’Oumou Touré à une autre rencontre, entre membres du bureau exécutif, en vue de laver le linge sale en famille.
Créée le 20 octobre 1991 par quatre associations féminines, la Cafo est une structure non gouvernementale qui a pour vocation de promouvoir le bien-être de la femme, de l’enfant et de la famille. Représentée dans toutes les régions, elle compte plus de 2200 associations et ONG membres.
Un bel exemple d’union qui attire beaucoup de pays de la sous-région, mais qui se dévalorise à cause de la défense d’intérêts sordides de certaines de ses membres.
Sidiki Y. Dembélé
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