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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 05 Decembre

 

ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

La Coordination des syndicats en grève

En raison de l’échec de ses négociations avec le gouvernement, la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (CSES) observe une grève de 72 h du mardi 4 au jeudi 6 décembre 2007.

Les enseignants du secondaire en mettant en exécution une « grève d’avertissement » les 6 et 7 novembre derniers, voulaient montrer aux autorités leur détermination à serrer l’étau si elles ne réagissaient pas à leurs doléances.

Mardi, Tiémoko Dao, secrétaire général de la Coordination que nous avons approché, a clairement accusé le gouvernement de « négliger » leurs revendications. Et de préciser que malgré les appels à la négociation, sa coordination n’a eu droit qu’à une seule séance de travail avec une délégation gouvernementale le mercredi 28 novembre 2007. « Cette rencontre d’ailleurs s’est soldée par un échec car le gouvernement n’a pas changé d’un iota sa position sur nos doléances », a-t-il regretté.

Pour constater de visu la réalité de la grève nous avons sillonné quelques établissements de la capitale où l’absence des enseignants et des élèves se faisait bien sentir d’un établissement à l’autre. Au lycée Ba Aminata Diallo tout comme au lycée Mamadou Sarr, les enseignants ont respecté le mot d’ordre de leur syndicat. Dans ces deux établissements, seuls quelques élèves qui n’étaient pas au courant du mouvement étaient présents aux environs de 8 h.

Par contre aux lycées Prosper Kamara (LPK) et Notre Dame du Niger (LNDN), où la majorité des enseignants relèvent du Syndicat de l’enseignement catholique, la grève n’était pas ressentie.

Selon M. Dao, l’ex-Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga avait instruit la mise en place de trois commissions pour gérer les trois points principaux de revendications des enseignants. Il s’agit d’une commission chargée de la relecture de l’article 60 de la loi d’orientation sur l’éducation. Cette loi nécessite l’organisation d’un concours pour la nomination d’enseignants au poste de chef d’établissement. Elle constitue, pour les grévistes, une « insulte » au corps enseignant.

La deuxième commission était chargée d’étudier les obstacles juridiques qui empêchent les enseignants contractuels de bénéficier de promotion, de formation ou de détachement… A la dernière commission, il revenait d’analyser l’octroi d’indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire.

La CSES regrette qu’aucune de ces commissions n’ait pu faire une proposition depuis 2004. Toutes choses qui expliquent aujourd’hui le blocage des négociations.

En plus de la grève, le syndicat entend utiliser d’autres moyens de rétorsion comme la rétention des notes. Aussi se réserve-t-il le droit d’observer la non-évaluation à compter du lundi 10 décembre et le boycott de toutes les compositions.

Il faut noter que la relecture du décret n°03-324 de la loi du 6 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental, de l’éducation préscolaire et spéciale, la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire et le paiement avec rappel de l’indice financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007 sont d’autres points de revendications de la CSES.

Amadou Waïgalo

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PESTICIDES AU MALI

Plus de 12,7 milliards de produits nocifs par an

Le Mali importe par an plus de 4000 tonnes de pesticides, soit environ 12,7 milliards de F CFA en valeur et 2,6 % des importations nationales. La gestion de ces produits toxiques et nuisibles pour l’environnement et l’homme est au centre d’une rencontre entre agents de douanes, de la direction nationale du commerce et de la concurrence, sous l’égide du Programme africain sur les stocks de pesticides obsolètes.

Le pesticide se définit comme étant toute substance ou association de substances qui est destinée à repousser, détruire ou combattre les ravageurs, y compris les vecteurs de maladies humaines et animales et les espèces indésirables de plantes ou d’animaux causant des dommages. Le terme comprend les substances destinées à être utilisées comme régulateur de croissance des plantes, comme défoliant, comme agent de dessiccation, comme agent d’éclaircissage des fruits ou pour empêcher la chute prématurée des fruits, ainsi que les substances appliquées sur les cultures, avant ou après la récolte, pour protéger les produits contre la détérioration durant l’entreposage et le transport.

Selon des chiffres fournis par le Programme africain relatif aux stocks de pesticides obsolètes (PASP), le Mali importe par an plus de 4000 tonnes de pesticides, soit environ 12,7 milliards de F CFA en valeur et 2,6 % des importations nationales. Les principaux utilisateurs sont la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), l’Office de la Haute vallée du Niger, l’Office de protection des végétaux, le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin, etc. La CMDT, seule, utilise environ 2 millions de litres de pesticides par an ( 1 930 551 litres pour 2006/2007) en raison de 4560 F CFA le litre en 2007. L’OHVN consomme 400 000 litres de pesticides par an. La Côte d’Ivoire, la France, le Sénégal, Hong Kong, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande sont les principaux pays fournisseurs du Mali en pesticides.

Une préoccupation nationale

Si ces produits sont efficaces contre les ravageurs, espèces indésirables de plantes ou d’animaux, il faut reconnaître qu’ils ont des conséquences énormes sur l’homme et l’environnement. Leur gestion pose de plus en plus problèmes. « La question des pesticides est un sujet d’actualité à cause de l’accumulation de stocks obsolètes », a expliqué Ibrahima Savané de la DNCC. Et la gestion de ces stocks, a renchéri Ichiaka Tanou de la direction nationale de la douane, se pose avec acuité, d’autant plus que notre pays ne dispose pas de moyens nécessaires pour contrôler la qualité des pesticides importés.

C’est pour trouver des remèdes à cette situation que le Programme africain relatif aux stocks de pesticides obsolètes a initié, mardi au Mémorial Modibo Keita, un atelier de formation à l’intention des agents de la douane et de la direction nationale du commerce et de la concurrence sur la réglementation des pesticides au Mali. Deux jours durant, la cinquantaine de participants réfléchiront sur la réglementation au plan international, notamment les conventions de Rotterdam, Stockholm, Baule, Bamako, les procédures à l’importation et l’exportation des pesticides, le Plan national de prévention, etc.

L’objectif recherché, selon le coordinateur du PASP, Demba Sidibé, est de faire des propositions susceptibles d’améliorer les procédures et textes régissant l’importation de pesticides à l’échelle nationale.

La cérémonie d’ouverture de la rencontre était présidée par Amadou Diallo, représentant le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement. Il a invité les participants qui constituent les deux premiers maillons de la chaîne d’importation des produits, à sortir des recommandations concrètes sur la réglementation des pesticides au Mali.

Sidiki Y. Dembélé

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ACCORD DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

L’APE est-il un danger pour le Mali ?

Pour que le Mali puisse tirer un avantage de l’APE, il lui faut valoriser ses ressources humaines et donner des emplois à sa jeunesse, mettre en place des industries de transformation de produits agricoles et protéger son marché intérieur en appelant en premier lieu le Malien à consommer malien, utiliser le savoir et le savoir-faire pour accroître la compétitivité des productions maliennes à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale.

Nous allons, comme avec Socrate, cheminer au travers des dédales obscurs de derrière la scène des rapports économiques internationaux si faiblement éclairés par des textes et des discours politiques encore plus obscurs des uns et les silences complices de nous tous, qui, souvent finissons par nous en déclarer les victimes ou ayants droit des victimes. Je préviens le lecteur que mon discours n’est pas nécessairement compréhensible par lui. Il est souvent technique. En République et en démocratie, il revient aux étudiants, aux instituteurs, aux journalistes, aux animateurs des associations civiques de le rendre accessible aux citoyens à la base et au lecteur moyen.

Face au mouvement de contestation qui s’amorce en Afrique contre le nouveau cadre de coopération entre le continent et l’Union européenne (UE), afin d’analyser la situation, je vais me référer à trois documents importants. Tous les trois émanent de l’UE. En réalité il s’agit de 3 documents successifs dont chacun améliore le précédent pour corriger les aspérités, tenir compte des critiques, ajuster les positions de l’UE.

L’objectif de marketing et de stratégie politique visé consiste à mieux présenter le nouveau projet dit Accord de partenariat économique (APE) sous un jour politiquement et psychologiquement acceptable en Afrique et acceptable par des organisations civiques protestataires de pays occidentaux au-devant desquels on peut citer Oxfam. Le premier de ces trois documents que l’Europe a mis 6 ans à préparer a été diffusé le 6 novembre 2006. Le second fut publié le 12 juillet 2007 et le dernier a été rendu public le 27 septembre 2007.

Que contiennent ces documents ?

Pour parler franchement, le premier document est peu courtois dans son expression. Il est paternaliste et arrogant dans ses prétentions, dominateur et impérial dans ses perspectives. Il est très précis et très correct dans le diagnostic des maux de l’Afrique, il dresse un catalogue juste des mesures à mettre en œuvre. Malheureusement, tout ce travail technique de grande qualité est enrobé dans un langage d’une autre époque peu soucieux de la sensibilité du partenaire africain.

Comme jadis les colonialistes avaient justifié la colonisation par le « devoir de civilisation de l’Europe », ce document définit l’APE comme « un devoir de développement ». Il se dit être « la réponse de l’UE » au double défi de : « remettre l'Afrique sur la voie du développement durable » ; « remettre l’Afrique sur la voie devant lui permettre d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations unies ».

Dans ce document, l’UE dessine la face hideuse de l’Afrique en soulignant les traits suivants : l’existence de conflits interminables, l’Afrique foyer de « la criminalité transnationale organisée », l’Afrique comme chaînon du trafic et de la consommation de drogues, l’Afrique pièce maîtresse « de la traite d’êtres humains, de la contrebande de ressources naturelles et du trafic d’armes », l’Afrique aux sols menacés par l’érosion et dont 46 % des terres est sujette à la désertification, l’Afrique sujette à un stress hydrique et menacée de pénurie d’eau.

En Afrique, 26 pays au moins devraient connaître des crises graves d’approvisionnement en eau avant 2025, l’Afrique incapable de créer des emplois et de former des ressources humaines de qualité et lorsqu’elle en forme, elle finit par faire comme en Namibie (pays le plus inégalitaire du monde), l’élite se dépêche de créer des déséquilibres inacceptables et des injustices en sa propre faveur au détriment de sa propre population.

Comme réponse, dans ce premier document, sur la base du constat de l’incapacité de l’Afrique à s’inventer un meilleur avenir, l’UE s’octroie un véritable « droit d’ingérence humanitaire, économique et politique » dans la conduite des affaires de l’Afrique et cela a trois niveaux que sont : le niveau national, le niveau régional et le niveau continental.

D’une stratégie à un partenariat stratégique

Les deux documents suivants de l’UE reprennent et corrigent de façon impressionnante le précédent document qui, rappelons-le, tout en étant basé sur une analyse correcte et sans complaisance, a finalement peu de mérite et se prête à des critiques faciles du fait même de son langage.

Le travail correctif des rédacteurs de l’UE nous conduit au dernier des 3 documents. Dans celui-ci, l’UE se réfère aux profondes transformations subies par la coopération euro-africaine et déclare : le temps est maintenant venu de passer d’une stratégie pour l’Afrique à un partenariat stratégique avec l’Afrique. L’APE est désormais présenté comme une volonté de renforcer le dialogue politique avec l’Afrique et est une plate-forme visant à renforcer le dialogue existant sur des questions comme l’accès aux ressources énergétiques et la sécurité énergétique, à augmenter les investissements dans les infrastructures énergétiques, à utiliser une part plus importante des recettes tirées du pétrole et du gaz pour des activités de développement, à intégrer la question du changement climatique dans la coopération au développement. En plus, l’APE contient des volets spécifiques à la lutte contre la désertification et « la dissémination des technologies respectueuses de l’environnement », la migration et la mobilité de l’emploi, la gouvernance démocratique, l’architecture politique et institutionnelle des états africains.

L’UE est-elle sincère dans sa volonté d’aider l’Afrique ? Oui. Je le crois. Mais où donc est le problème ? Je vois le problème à quatre niveaux qui sont :

- Les rédacteurs de l’UE ont voulu traduire dans des textes l’exaspération des populations européennes et des autres pays développés devant le peu de progrès réalisé en presque 50 ans d’aide par les Etats africains, Cette exaspération peut se fonder par exemple sur le fait que toujours plus d’aide est sollicitée de l’Europe par le Mali alors même que les banques se déclarent sur liquides depuis au moins 15 ans pendant que l’entrepreneur ne trouve pas de financement.

Si ces banques étaient en Amérique par exemple, elles seraient traduites en justice et fermées, les banquiers seraient mis en prison pour non-application des règles fédérales et obstruction à l’activité économique. Ces accusations peuvent valoir plusieurs centaines de millions de dollars de pénalités et plus de 30 ans de prisons pour chaque banquier. Le problème, en définitive au Mali, dans ce domaine, ce ne sont ni les banques ni les banquiers mais l’Etat qui n’a pas mis en place la régulation nécessaire. Et c’est cet Etat qui, au lieu de faire appel au patriotisme et aux compétences de ses citoyens, recourt à la manne facile de l’aide extérieure.

- Les responsables de l’UE veulent marquer leurs responsabilités dans l’utilisation de l’impôt de leurs concitoyens face à des partenaires, à des cadres africains de moins en moins crédibles et si médiocres en capacité de résolution de problèmes. Pour illustrer ce que je veux dire, prenons un exemple au Mali. Il est connu qu’en ce moment, suite à un rapport du Vérificateur général (VG), des sommes mises à la disposition du ministère de la Santé semblent insuffisamment justifiées dans leurs emplois. Il est connu que ce ministère a voulu répondre aux interrogations en présentant des justificatifs de dépenses. Ici, je ne me prononce ni sur le crédit à accorder au rapport du VG ni sur la défense présentée par les responsables du ministère de la Santé.

Ce que je dis est que si les représentants des pays de l’UE au Mali devaient se référer à leurs propres statistiques établies à partir de l’examen de documents présentés à eux pour demander des visas qui montreraient qu’une forte proportion de ces documents semblent suspects sinon faux, alors il y aurait problème. Sur la base de ces statistiques, on peut penser de même qu’un grand nombre, des justificatifs présentés par les ministères maliens pour prouver l’emploi de fonds étrangers peuvent être suspectés sinon déclarés faux. Il y a en tout cas un problème de crédibilité.

- L’APE devrait être un dialogue démocratique entre deux continents et la question que se posent les Européens est comment continuer une telle coopération si les populations africaines ne peuvent s’exprimer et être entendues ? Cette interrogation est importante et explique largement l’impatience européenne traduite dans l’utilisation d’un langage agressif. Pour comprendre ce que je veux dire, revenons un instant à l’année 1992. Cette année-là, la Communauté économique européenne (CEE) de l’époque a voulu comprendre pourquoi ses propres activités étaient si peu comprises des populations européennes. Une étude lui permit de comprendre que la cause était aussi un déficit démocratique. Cette étude fit apparaître que tout citoyen japonais en 1992, que ce soit au sein de son entreprise ou au sein de la société s’adressant aux structures de décision, recevait une réponse en 5 jours. Ce délai était d’une semaine aux Etats-Unis alors qu’il était de 365 jours en Europe. Les Européens décidèrent de faire quelque chose pour rapprocher leurs populations et leurs superstructures. En 2007, le délai évoqué ci-dessus est de 3 jours pour un Japonais, 1 jour pour l’Américain et 3 jours pour l’Européen citoyen d’un pays membre de l’UE. Quel Africain peut-il se féliciter de ne jamais pouvoir se faire entendre de son administration ou faire entendre sa voix dans le cadre de l’APE ?

- Les Africains doivent ouvrir les yeux sur une réalité qui est que l’aide humanitaire n’est en définitive pas un service de bienfaisance publique internationale, mais un outil au service de la politique et des intérêts des Etats pourvoyeurs d’aide. Pour arriver au monde que nous connaissons, durant le 20e siècle, les pays européens ont donné à la mort plus de 100 millions de jeunes hommes et femmes (incluant des Africains) pour imposer leurs vues et défendre leurs intérêts. Croire qu’aujourd’hui ces pays, au nom d’un angélisme humanitaire décideraient d’agir désormais en totale ignorance de leurs propres intérêts est non seulement une ignorance historique mais une tragique irresponsabilité.

L’Afrique n’a rien appris et souffrira terriblement

Ce qui est curieux, c’est que la campagne de refus de l’APE en Afrique ne se réfère pas ou peu à ces points cruciaux évoqués ci-dessus. Au cœur de la discorde se trouve la défense du monde agricole africain que des ONG estiment en danger de mort de par l’application de l’accord euro-africain proposé à renouvellement. Commençons par poser une bonne question : le monde agricole africain est-il menacé de disparition ? Oui, il l’est. L’Europe en est-elle la cause ? Voyons la réalité du monde.

Cette réalité est marquée par l’émergence de la Chine, de l’Inde, du réchauffement climatique, de la confrontation entre des pouvoirs d’Etat essentiellement occidentaux et des courants de pensée essentiellement islamistes, la montée vertigineuse des prix des matières premières et du pétrole en particulier. Cette réalité sera certainement dominante au moins dans certains de ses aspects pour au moins les 20 ans à venir. Trente-cinq ans se sont écoulés depuis la première crise du pétrole du début des années 1970. A l’époque l’accroissement des prix du pétrole était contrôlé par les pays producteurs de pétrole.

Aujourd’hui la situation est bien différente. Sur les 100 dollars de prix du baril de pétrole, en réalité seulement environ 30 dollars vont aux pays producteurs de pétrole et 70 vont aux pays développés. Ces 70 dollars se divisent à peu près moitié, soit 35 dollars pour les entreprises pétrolières et 35 pour les compagnies d’assurance et de transport, les spéculateurs boursiers. En 1972, les pays développés ont souffert de la crise. Ils ont appris et ont développé des stratégies d’adaptation et de domination de la situation. L’Afrique n’a rien appris et souffrira terriblement, producteurs de pétrole et non producteurs de pétrole tous ensemble. En particulier, les coûts des intrants vont augmenter et les paysans même sans concurrence extérieure supplémentaire auront du mal, par manque de solutions technologiques innovantes à surmonter la crise actuelle.

Les paysans africains soutenus par certaines ONG internationales demandent la suppression des subventions. Oui, les subventions seront démantelées ou plutôt changeront de noms. Déjà aux Etats-Unis, la « Farm Bill » qui est la loi d’orientation agricole américaine prévoit de supprimer les subventions agricoles. Mais vont apparaître 300 milliards de dollars pour soutenir le monde agricole américain. Ces 300 milliards seront appelés « subvention d’aide à l’agriculture compatible avec la sauvegarde de l’environnement ».

Les Européens avec plus de 60 milliards d’euros qui n’incluent pas les aides au niveau national, dans le budget de la Politique agricole commune (Pac), vont emboîter le pas aux Américains. Ici, je ne parle pas encore des avancées technologiques qui vont modifier les critères définissant les productions agricoles acceptables sur le marché international. En plus les Européens, à travers leurs nouvelles législations sur l’immigration vont attirer et utiliser les plus doués des enfants des paysans africains pour produire, grâce à la technologie, plus et mieux de produits qui vont mettre leurs parents en faillite.

Ainsi le contexte international de l’APE est déterminé par des données objectives et par un cadre légal qui s’appelle l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dont les règles ont été définies sur la base du capitalisme qui régente le monde et son exigence d’ouverture des marchés et l’universalisation de la concurrence. Attention : je ne dis pas que je suis d’accord ni avec le capitalisme ni avec l’OMC, je dis que ce sont les réalités incontournables dont doit partir toute politique réaliste. Chaque pays ou chaque structure multinationale essaie de défendre ses intérêts y compris en violant, un temps, les règles de la concurrence pour donner le temps à leurs forces économiques de s’organiser.

La morale n’est pas le principe dirigeant

Dans ce contexte, l’Amérique dit, « moi je suis la championne du capitalisme mais je protège mes agriculteurs avec 300 milliards de dollars car leur existence est une question de sécurité nationale et il s’agit pour moi de l’existence même de notre nation ». Les Européens disent la même chose en brandissant 60 milliards d’euros. Seule l’Afrique se soustrait de cette tâche d’autoprotection et se limite à crier des principes moraux. La morale hélas, pour l’Afrique, n’est pas le principe qui dirige le monde et les relations internationales. C’est dans ce décor que l’Europe arrive avec l’APE et dit aux Africains à peu près ceci : « voici 50 milliards d’euros à vous partager. Nous allons vous surveiller et vous obliger à travailler mieux pour vous-mêmes. Nous ne changerons pas les règles du capitalisme et nous continuerons à défendre nos intérêts vitaux y compris à votre détriment ».

Je ne crois pas qu’il existe un plan machiavélique de l’Europe contre l’Afrique qui s’appellerait APE. Je ne crois pas que l’UE avec des pays représentés au Mali par des femmes et des hommes comme l’ambassadeur de Menthon soit lancée dans une entreprise nocive à l’Afrique. L’ambassadeur de Menthon a parcouru en quelques mois de résidence plus de kilomètres à l’intérieur du Mali que moi je ne l’ai jamais fait. Il est allé dans plus de villages que moi. Qui peut douter de sa bonne foi d’accompagner le Mali dans son développement. Dire qu’il travaillerait à la mort du paysan malien n’a aucun sens.

Mais, il est premièrement et fondamentalement un Européen. Cela veut dire qu’il n’est pas en première ligne la personne responsable des maux des Maliens. Cela veut dire que ce dont il répond c’est la sauvegarde des intérêts de la France et de l’Europe. Ce sont les autorités maliennes qui sont comptables du bien-être des Maliens et non les représentants de l’UE. Je crois qu’il existe une loi immuable de l’homme et des groupes humains homogénéisés depuis l’hominisation qui est de vouloir dominer la nature et mettre en avant ses intérêts vitaux. Le monde moderne nous offre l’avantage que cette règle est moins tranchante du fait même que la civilisation de l’ère technologique permet d’unifier l’Humanité entière.

Mais chaque groupe humain doit venir au grand rendez-vous de l’universel avec de quoi subvenir à son propre voyage et de quoi garnir la calebasse commune des biens de l’Humanité. Par exemple pour que le Mali puisse tirer un avantage de l’APE, il lui faut : valoriser ses ressources humaines et donner des emplois à sa jeunesse, mettre en place des industries de transformation de produits agricoles et protéger son marché intérieur en appelant en premier lieu le Malien à consommer malien, utiliser le savoir et le savoir-faire pour accroître la compétitivité des productions maliennes à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale.

Puisque l’APE n’empêche pas le Malien d’accomplir ces réalisations alors je ne crois pas que l’APE soit en première ligne la source des maux des paysans maliens et du Mali. En même temps les ONG et autres organisations civiques ont-elles raison de porter la contradiction à l’APE ? Oui, elles ont raison de le faire. On en voit la trace : l’évolution qualitative des documents de l’UE de novembre 2006 à septembre 2007.

Ces associations peuvent pointer un doigt infatigable sur des points précis, mais leur tâche n’est pas de mettre en œuvre une politique nationale ou régionale de développement de l’Afrique. Cette tâche appartient aux gouvernements. Nous pouvons critiquer les propositions et les projets de l’UE puisqu’ils existent et sont rendus publics. Mais où sont donc les projets et propositions des gouvernements africains ?

- Par Dialla Konaté -

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URTEL

« Un bilan élogieux »

Les rapports d’activités et financiers du bureau sortant de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (Urtel) de 2004 à 2007 ont été jugés élogieux par le conseil d’administration de l’Union. C’était à l’issue de son 6e congrès ordinaire, tenu les 29 et 30 novembre derniers au CICB.

Dans ses rapports, le président sortant Yaya Sangaré, résume les activités menées dans le cadre de son programme d’activités d’octobre 2004 à octobre 2007, les difficultés rencontrées et trace des orientations pour le nouveau bureau.

Au nombre des activités réalisées, on note seize sessions de formation qui ont concerné 342 agents, treize campagnes radiophoniques, l’équipement de radios, les attributions de fréquence, le renforcement de la cohésion des membres, etc.

Ces acquis ne cachent pas cependant les nombreuses difficultés qui ont pour noms : la gestion des droits d’auteur, le défaut d’exonération d’impôts, le peu d’écoute auprès des décideurs pour indexer l’aide à la presse sur le budget de l’Etat…

Quant à l’analyse de la situation générale de la trésorerie, elle dégage un solde positif entre soldes de début et de fin. La solde de début à la date du 30 septembre 2004 était de 3 516 583 F CFA contre 13 084 937 F CFA de solde de fin au 31 octobre 2007. Un rapport audité par l’Association conseil pour l’action (ACA-Mali).

Dans les suggestions au nouveau bureau, Yaya Sangaré demande d’assurer la continuité des actions entreprises dans le cadre du mandat finissant. Dans le cadre des nouveaux programmes, le président Daouda Mariko devra s’atteler à faire passer les radios de l’analogique au numérique, à la connexion Intranet des radios à travers l’Urtel par l’installation d’un Provider, à l’élargissement de la dotation des radios en équipements informatiques, à la réhabilitation du studio de production du siège de l’Urtel par l’acquisition de nouveaux matériels, etc.

Le président du conseil d’administration, Yaya Sangaré, a remercié tous les partenaires de l’Urtel notamment le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, l’Unicef (qui a fait don d’un véhicule 4x4 à l’Urtel), l’Unesco (une unité de maintenance et de réparation) et l’USAID.

Sidiki Y. Dembélé

 

Le directeur de Radio Kéné prend le relais

Son nom est Daouda Mariko, 47 ans, natif de Zambala dans le cercle de Bougouni et directeur de la Radio Kéné de Sikasso. C’est lui qui a en mains les rênes de l’Urtel pour les trois prochaines années. M. Mariko était jusqu’à son élection, vendredi dernier, le président de la coordination régionale de l’Urtel de Sikasso. Il a également été secrétaire au développement de l’Urtel chargé de la formation et du développement institutionnel de 1996 à 2001. Daouda Mariko remplace Yaya Sangaré, élu député à l’Assemblée nationale dans la circonscription de Yanfolila.

Conscient des défis qui l’attendent, le nouveau président de l’Urtel s’est engagé à rendre opérationnel dans les meilleurs délais le Comité d’appui à la radio pour le développement (CARD), qui constitue, selon lui, un véritable cadre de communication autour des questions de développement de la radio libre au Mali. Il s’est aussi engagé à initier des actions en direction des autorités et des partenaires techniques en faveur de l’épanouissement des radios membres de l’Union.

Rappelons que Aliou Djim de la Radio Benkan occupe le poste de secrétaire général et Mohamed Lamine Sylla, responsable de la Radio Jamana de Nioro, est secrétaire au développement.

S. Y. D.

 

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FORMATION, LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

L’éducation non formelle fait son bilan

Identifier les problèmes, les difficultés, les contraintes et proposer des solutions pour une éducation non formelle rénovée et performante tels sont, entre autres objectifs, de l’atelier de bilan programme et d’organisation du partenariat autour de l’éducation non formelle ouvert lundi au CICB.

Le système éducatif non formel malien est confronté, entre autres difficultés, à la problématique de l’organisation de son espace entre différents partenaires que sont l’Etat, les collectivités, les ONG et associations à travers les projets et programmes de développement.

On note également des insuffisances aux plans de la gestion, de la formation et du financement des activités de l’éducation non formelle. Il s’agit de la non-identification de tous les partenaires évoluant dans le secteur, le manque de coordination entre les actions des différents intervenants avec comme corollaire l’absence de statistiques fiables et la duplication des interventions sur le terrain.

Ces maux identifiés par le ministère de l’Education de base sont en passe de devenir un mauvais souvenir. L’atelier de bilan programme et d’organisation du partenariat autour de l’éducation non formelle organisé par le Centre national des ressources de l’éducation non formelle (CNR-ENF) planche depuis lundi 3 décembre sur ces maux.

Les participants au cours des travaux vont faire une synthèse des acquis pour mieux les consolider, sans occulter les faiblesses. Ils auront surtout à proposer des solutions aux lenteurs constatées dans le sous-secteur de l’éducation non formelle. Au sortir de l’atelier, les participants devront définir de nouvelles programmations pour le développement de l’éducation non formelle et élaborer une convention de partenariat consensuelle pour tous les acteurs de l’éducation.

Le séminaire intervient après la Conférence régionale africaine sur l’alphabétisation, tenue à Bamako du 10 au 12 septembre dernier et qui a regroupé les premières Dames d’Afrique. Le constat, selon la ministre de l’Education de base, Mme Sidibé Aminata Diallo, est clair : « les Africains ont une obligation, un devoir de s’engager pour faire de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle une réalité en termes de droit humain fondamental exercé par tous ». Pour elle, notre pays est mal classé dans l’Indice de développement humain (IDH).

A ses dires, la solution est d’intégrer le non formel dans l’indice éducation. « Il faut lever les lourdeurs sur l’éducation non formelle en rendant fiables les données statistiques, en réactualisant les manuels des centres d’alphabétisation, en responsabilisant la société civile dans les actions en faveur de l’ENF, en ouvrant dans les communes du Mali des salles de classes pour les femmes et les hommes adultes… »

Le directeur du CNR-ENF, Nouhoum Diakité, a insisté sur la nécessité de trouver une solution aux maux qui minent l’éducation non formelle. « L’éducation non formelle doit aujourd’hui se départir de son schéma classique vertical pour établir un cadre novateur dans le sens d’un partenariat plus performant, en considérant les nouveaux enjeux du développement national ».

Pour M. Diakité, elle doit œuvrer dans le sens de l’appui à la décentralisation pour satisfaire la forte demande de formation des ressources humaines dans les collectivités territoriales et doit s’insérer en même temps dans le programmes nationaux de lutte contre la pauvreté, de l’emploi des jeunes, en présentant des offres de services qui répondent aux aspirations et aux préoccupations des communes rurales et urbaines.

Amadou Sidibé

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   4es UNIVERSITES AFRICAINES DE LA COMMUNICATION

Les entreprises de presse africaine au crible

Le Burkina a abrité les 29 et 30 novembre 2007, les 4es universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) sur le thème : « entreprises de presse africaine privée et publique, problématique des sources de financement, enjeux et perspectives ». Une rencontre qui a permis de faire l’Etat des lieux des entreprises de presse africaine et de faire des ébauches de solutions aux multiples difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Placées sous la présidence de S. E. Tertius Zongo, Premier ministre du Faso, les 4es universités de l’UACO ont enregistré la participation record de sommités des médias africains, européens ainsi que des professionnels, universitaires et étudiants. Pendant deux jours, les discussions et les échanges ont porté sur des sous-thèmes très variés comme : « la problématique de la presse en langues africaines dans un contexte de démocratisation et décentralisation »

Autre thème sur lequel les participants ont porté un vif intérêt a été « la place de l’entreprise de presse africaine dans la perspective des sociétés de l’information et des savoirs », présenté par Hamidou Konaté, directeur de la Coopérative culturelle multimédia Jamana (Mali). Dans sa communication, M. Konaté a partagé avec les participants l'expérience de Jamana en tant qu'entreprise de presse et le combat de Jamana pour une visibilité des langues nationales même sur l’Internet .

En faisant l'historique de la Coopérative Jamana, il a insisté sur la part du bénévolat, de l'engagement du personnel de l’entreprise qui, à ses dires, est très important et constitue une loi fondamentale de la philosophie de Jamana. Toutes choses qui ont permis, a-t-il révélé à l’assistance, de lancer plusieurs autres activités. L’état de précarité de la presse malienne n’a pas été en reste dans les échanges. Le directeur de Jamana a expliqué cette situation par un environnement économique de plus en plus difficile, une moins bonne qualité du produit et surtout une immixtion du politique et une méprise de l'administration.

Pour M. Konaté, les perspectives économiques des entreprises de presse ne sont pas sombres. « Nous devons aller vers la diversification et le regroupement. Diversification pour tenir compte des aspirations de diverses couches socio-économiques et fusion pour ne pas multiplier inutilement les titres. Pour cela, il faut obligatoirement que les éditeurs de presse élaborent et appliquent des conventions collectives, que l'Etat mette en place des fonds de soutien au développement de la presse, en facilitant l'accès à des crédits bancaires. La création d'une centrale d'achat pour les intrants, la mise en place d'une messagerie, l'adoption d'une convention collective ».

Ces différentes actions sont urgentes à mettre en œuvre afin de permettre à la presse privée malienne, de mieux assurer sa mission de service public et d'être économiquement rentable, a souligné M. Konaté. A l'instar de M. Konaté, les autres conférenciers ont aussi brillé par la pertinence de leurs exposés.

Les contributions ont porté sur les problématiques relatives aux missions de la presse dans le contexte africain marqué par l'analphabétisme, la faiblesse du tissu économique, les pesanteurs socio-culturelles qui ne favorisent pas l'émergence d'une véritable entreprise de presse ainsi que la désorganisation du secteur de la publicité…

Dès lors, il est apparu, au cours des 4es universités de la communication, nécessaire de trouver une formule qui maintienne un équilibre entre les missions de service public et les besoins en ressources d’une part et d’autre part le renforcement des capacités managériales de beaucoup de responsables des entreprises de presse africaine qui manquent de transparence et de vision stratégique dans leur gestion.

En ce qui concerne la subvention de l'Etat à la presse, il a été émis l'idée que celle-ci s'inscrive dans la perspective d'une disparition à terme. Cependant, son maintien à l'heure actuelle s'impose au regard des réalités des pays africains. Toutefois, elle nécessite une réorientation de la philosophie de sa gestion.

A cet égard, l'aide devra contribuer à créer un espace juridique adéquat, favoriser l'accès aux sources et à la création des fonds de garantie pour assurer l'accès au crédit par les entreprises de presse. Au demeurant, il faut allier l'aide directe de l'Etat à des mécanismes palliatifs comme la défiscalisation, l'exonération des taxes sur les intrants.

Les débats ont abouti à des recommandations dont la mise en œuvre, selon les organisateurs, doit permettre la prise en charge des questions liées à l'épanouissement de l'entreprise de presse en Afrique. L'ensemble de ces recommandations porte essentiellement sur la formation professionnelle et en management des entrepreneurs de presse. Sur ce point, les participants aux 4es UACO, recommandent que l'Etat contribue à asseoir des fondements juridiques sains pour l'exercice idéal de la profession.

Amadou Baba Wague

(correspondance particulière)

 

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