Les Echos du 04 Decembre
POUR DONNER SUITE AUX ATTEINTES GRAVES
Vérificateurs et juges se mettent en synergie
Agents des structures de contrôle et de la justice sont convaincus qu’il doit y avoir entre leurs corps une réelle complémentarité, plutôt qu’une concurrence qui nuise à l’efficacité d’ensemble. D’où l’atélier de recherche de synergies qui les unit depuis hier.
Entre les services de contrôle, notamment le Vérificateur général et la justice, c’est très souvent « je t’aime, moi non plus ». Beaucoup de malentendus, beaucoup de difficultés qu’ils cherchent constamment à surmonter. C’est pour éviter ces genres de problèmes que des répresentants des deux corps sont réunis dans un hôtel de la place depuis hier pour passer leur collaboration au crible de la critique et de l’autocritique.
Cette rencontre qui se veut un cadre de concertation est, selon le ministre de la Justice, Maharafa Traoré, la réponse à la réussite des missions que l’Etat a confiée à l’ensemble des services de contrôle. « Dans l’opinion publique, il est fréquent de relever la frustration souvent grande de voir des atteintes graves portées aux ressources publiques et sans suite réservé au travail combien laborieux et difficile des sezrvices de contrôle », a relevé le ministre ministre Traoré.
Cette situation, a-t-il poursuivi, peut s’expliquer par le fait que « la justice, au nom de l’obligation de réserve et de certains principes cardinaux qui fondent sa grandeur au nombre desquels la presomption d’innocence, le respect des droits de la défense, travaille dans l’ombre, dans la sérénité totale pour faire la lumière ».
La culture de contrôle
En tout cas, loin d’une concurrence nuisible, la nécessité de complémentarité s’impose à bien des égards : les efforts des structures de contrôle pour détecter les mécanismes de déprédation des ressources publiques ne seront pas vains. De l’autre côté, la justice à laquelle revient un rôle prééminent dans cette lutte doit pouvoir bénéficer de leurs expertises pour éclairer sa lanterne.
Ce qui fera dire au Vérificateur général, Sidi Sosso Diarra, que cet « exercice, au-delà d’une simple revue des forces et des faiblesses de la collaboration actuelle, a la possibilité d’explorer les nouvelles opportunités qui s’offrent au corps judiciaire et au corps de contrôle pour, qu’ensemble, ils puissent promouvoir une culture de contrôle dans notre pays ». Une culture qui permettra, à ses dires, de réaliser ce qui manque actuellement dans notre pays à savoir, « pour chaque responsable de se soumettre à l’obligation de rendre compte non pas avec plaisir car il n’est jamais agréable d’être contrôlé, mais sans faux-fuyants ».
Le corps judiciaire et celui du contrôle peuvent affermir leurs liens dans la confiance et le respect mutuels, sans verser dans la complicité, sinon les citoyens n’auraient pas de garde-fou. Parce qu’en démocratie, il faut que la justice reste le dernier rempart du citoyen.
Tout en réaffirmant son entière disposition à collaboer avec la justice, M. Diarra a souhaité l’institutionnalisation de cette rencontre en vue de surmonter les difficultés et les malentendus entre les deux corps.
La rencontre, première du genre, prendra fin aujourd’hui avec des recommandations pour une meilleure synergie entre les agents de contrôle et leurs « amis » de la justice.
Sidiki Y. Dembélé
Acceuil
BANQUE MONDIALE/MALI
Plus 359 millions de dollars US à décaisser d’ici 2012
Pour le financement des projets et programmes de développement, la Banque mondiale a mis à la disposition de notre pays, un portefeuille de 359,4 millions de dollars. La revue de l’opération est au centre d’une concertation de deux jours, qui a débuté hier entre la représentation de la Banque et les services techniques nationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers et les représentants de la société civile .
L’exercice n’est pas nouveau dans notre pays. Depuis 1998, la Banque mondiale a initié avec les autorités la revue de l’ensemble des opérations qu’elle finance. L’exercice s’appelle aussi revue du portefeuille en ce sens qu’elle est focalisée sur l’analyse d’un budget. Le portefeuille de projets et programmes actifs financés par l’IDA au Mali s’élève à 359,4 millions de dollars US à la date du 31 octobre 2007 et qui doit être décaissé d’ici 2012.
L’engagement total est estimé à 667 millions de dollars US et comporte 14 opérations. Les engagements de l’IDA au Mali sont répartis entre les secteurs du développement rural et l’environnement, l’énergie et les transports, le développement humain, l’appui budgétaire, le secteur privé et financier, etc.
La revue est l’occasion, pour les représentants de l’administration centrale, des collectivités territoriales, de la société civile, du secteur privé au niveau de Bamako d'échanger avec les partenaires techniques et financiers ainsi que les responsables des structures d'exécution et de coordination des projets et programmes et le personnel de la Banque.
L'exercice consiste à passer en revue le mécanisme institutionnel de suivi et d'évaluation ainsi que le mode opératoire de chaque projet ou programme afin d'en évaluer la pertinence et le degré d'orientation vers les résultats et de formuler un plan d'action visant à assurer la transition vers un système entièrement axé sur les résultats.
Les travaux de deux jours, qui se déroulent en plénières et en groupes, sont axés sur une méthodologie d’approche visant à mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs de développement des opérations en cours d’exécution. Les participants devront s’assurer que les opérations de développement financées par la Banque mondiale au Mali portant sur les accords et crédits et/ou de dons liant les deux parties se déroulent dans des conditions capables de garantir l’atteinte des objectifs de développement définis entre l’institution de Bretton woods et le Mali. Il s’agira de mettre en exergue le suivi, l’évaluation et la gestion basée sur l’atteinte des résultats.
La revue se fixe trois priorités qui concourent à la culture des résultats. Il s’agit de la mise en œuvre d’une stratégie concertée visant à mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs de développement des différents projets et programmes du portefeuille de la Banque au Mali ainsi que leur contribution à la réalisation des objectifs du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté ; l’esquisse d’un dispositif institutionnel type, la formation de propositions à même de rendre plus dynamique le suivi de la mise en œuvre des recommandations de la revue intégrant les fonctions de veille et d’alerte.
Abdrahamane Dicko
Acceuil
FEBAK-2007
Les produits locaux plus abordables
Plus de 400 exposants (commerçants, industriels et prestataires de services) du Mali et de plusieurs pays d'Afrique, d'Europe et d'Asie prennent part à la 8e édition de la Foire exposition de Bamako (Febak) du 30 novembre au 15 décembre 2007 au Parc des expositions de Bamako. Comparés aux articles étrangers qui ont, dans certains cas, triplé de prix, les produits du cru s’avèrent plus abordables.
Le matin, à la Febak, installée au Parc des expositions sur la route de l'aéroport de Bamako-Sénou, l’affluence est très faible. Aux dires de nombreux exposants, c’est dans l’après-midi que beaucoup de visiteurs se rendent sur les lieux. « Comme c’est le matin, les visiteurs ne sont pas nombreux. C’est à partir de 16 h que l’affluence est grande. Il y a des articles qui coûtent cher. Mais on y trouve aussi des produits moins abordables », explique Fatim Diakité, exposante de produits alimentaires comme le chocolat.
Se trouvant des talents de statisticienne, elle prévoit que la Foire accueillira pendant 15 jours quelque 150 000 visiteurs.
Toujours est-il que la Febak offre l'opportunité à différents secteurs économiques de révéler leurs atouts. La Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), en initiant la manifestation, crée non seulement un espace d'échanges, de ventes, mais aussi d’aide pour les professionnels du commerce, de l'industrie, de l'artisanat et des services.
« Nos produits viennent directement d’Italie. On a notre usine à Bamako. C’est l’Industrie malienne d’aluminium et de verre (Imav). Notre usine en Italie nous envoie des profils et des accessoires et l’on fait le montage ici au Mali. Nous ne sommes pas venus pour vendre. Nous sommes venus seulement exposer nos produits. S’il y a des gens qui désirent acheter, on les oriente à l’Imav. La Febak est une très bonne chose. Elle intéresse beaucoup les gens. Il y a des visiteurs qui achètent beaucoup de produits. Ils sont nombreux le soir » , a dit Hamid Boulahia.
Pour Dr. Esaï Diarra, visiteur, « les articles sont très abordables surtout les articles fabriqués localement. Mais ceux qui viennent d’ailleurs sont très chers. Je cherchais un habit burkinabé. Lors d’un sommet au Burkina Faso, j’ai acheté cet habit à 3000 F CFA. Ils sont en train de vendre le même modèle d’habit à 15 000 F CFA. Je suis parti à Batexci et à la Comatex où les prix sont plus abordables. C’est à la portée de tout le monde. Là-bas, on peut acheter les 3 pagnes à 2000 F CFA ».
La Febak est un lieu privilégié en termes de vente, d'échanges et de promotion des immenses potentialités de notre pays et d’ailleurs . Sa 8e édition, qui s'est ouverte vendredi dernier, regroupe plus de 400 exposants (commerçants, industriels et prestataires de services) du Mali et de plusieurs pays d'Afrique, d'Europe et d'Asie. Il s’agit, entre autres, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, de la Guinée, du Burkina Faso, du Bénin, de la Syrie, de la Chine, du Canada…
Sidiki Doumbia
(stagiaire)
Acceuil