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2007

Mois de Decembre

Les Echos du 03 Decembre

IL FAUT LE DIRE

Dénoncer, mais laisser-faire

Il n’y a que le menu fretin qui boit la tasse, les gros caïmans ont encore de beaux jours devant eux. C’est la substance du discours du chef de l’Etat à la rentrée des cours et tribunaux 2007, lundis derniers. On ne sait plus quoi dire ou faire quand celui qui est chargé de nettoyer les écuries maliennes se contente de commenter et non d’agir ! Au demeurant, ce n’est pas la première fois que le boss tente de se dédouaner sur les dysfonctionnements de la justice, renvoyant la balle dans le camp des juges.

Seulement, à l’écouter, on a l’impression que la justice vit sur la planète Mars, c’est-à-dire un secteur qui évolue en marge de la société. Mais, ce n’est qu’une impression. Notre justice est simplement un reflet de notre société qui, si on ne fait pas attention, va perdre ses repères au profit de la seule quête de gains faciles. Le juge qui manque à son éthique et à sa déontologie n’est pas plus coupable que l’enseignant qui met ses notes aux enchères ; le médecin qui délaisse ses patients dans les hôpitaux publics pour ne faire les yeux doux qu’aux malades fortunés dans des cliniques privées…

Il est à blâmer au même titre que les ingénieurs qui font des routes qui ne tiennent pas… la route ; le maire qui s’empare de force des terres d’autrui ; les décideurs qui détournent les biens publics. Mais, en l’occurrence, il faut dire que le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature (où est la séparation des pouvoirs ?), est tellement fort qu’il peut, d’un simple claquement des doigts, siffler la fin de la récréation et donner le bon exemple à suivre par tous.

En tout état de cause, c’est le Conseil supérieur de la magistrature, qu’il préside, qui prononce les sanctions jusqu’à la radiation à l’encontre des juges fautifs et mute les magistrats. Y a-t-il meilleur moyen, pour un chef, que la sanction comme arme de dissuasion, de persuasion ou de pression ? Hélas ! En attendant donc que le grand patron tape du poing sur la table, ici, selon que vous soyez riche ou pauvre, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir. Les Maliens ne naissent pas libres et égaux en droits et devoirs. A ka haramu !

Oui, c’est seulement le menu fretin qui croupit dans les geôles parce qu’aucun juge n’est encore fort ou soutenu pour s’attaquer aux gros gibiers ? Eux sont couverts parce qu’ils sont les fils, les frères, les pères ou les gendres de « quelqu’un » qui les place au-dessus de la loi. Combien de fois a-t-on dénoncé des auteurs d’actes répréhensibles qui continuent pourtant d’avoir plus de responsabilités ou de narguer les citoyens ? Qui d’autre qu’un « riche » peut bénéficier de la liberté provisoire ?

Admettons donc qu’aucun pauvre n’est soupçonné d’avoir trempé dans les scandales d’exonération qui ont pullulé ces derniers temps. Aucun pauvre n’a son nom dans les rapports du Végal. Aucun n’est épinglé par la Casca ou le Contrôle d’Etat. Aucun n’a braqué son arme contre l’Etat central. Et pourtant, ils représentent, pour presque de la peccadille, dans bien des cas, le gros du contingent en milieu carcéral. Et figurez-vous qu’ils ne rêvent même pas de liberté provisoire.

A M. T.

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ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

L’Afrique doit refuser le chantage européen

Signer les Accords de partenariat économique (APE) pour des pays comme le Mali, c’est sacrifier la maigre souveraineté économique que nous avons encore. Déjà ballottées entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient, les entreprises africaines vont carrément disparaître au profit des produits manufacturés de ces régions. Il suffit d’examiner un peu les rapports commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde pour comprendre que nos dirigeants nous conduisent tout droit au suicide économique.

La capacité d’un pays à vendre des marchandises à l’étranger témoigne de la compétitivité de son économie, de son importance à l’échelle internationale et de son potentiel de croissance. De l’exportation dépend en fait le pouvoir de financer le développement économique et social. C’est avec les recettes en devises que l’on peut par exemple acheter des équipements et des technologies à l’extérieur.

En analysant les statistiques de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), un premier constat frappe l’esprit : avec 14 % de la population mondiale, l’Afrique n’assure que 2,9 % des exportations mondiales. Et les pays qui sont appelés à se soumettre aux Accords de partenariat économique (APE) sont largement en dessous de ce chiffre.

Après un long déclin dans les années 1960 et 1970, la part de l’Afrique connaît une légère hausse. Mais, elle reste très inférieure à celle des autres continents. Les pays africains ont exporté pour 335 dollars par habitant en 2005, contre une moyenne mondiale de 1620 dollars (en 1995, les chiffres étaient respectivement de 158 et 911 dollars). Cette faiblesse chronique tient en un mot : 80 % des produits vendus par l’Afrique sont des matières premières agricoles, minières et énergétiques. Seuls 20 % sont issus de la machine industrielle. Certains pays, comme le Mali, sont même dépendants à plus de 90 % d’une ou de deux matières premières comme le coton et l’or.

Autre particularité, qu’expliquent l’histoire coloniale et le manque de coopération régionale, l’Afrique exporte très peu sur le continent (10 % du total en 2005). L’essentiel de ses ventes continue à prendre le chemin de l’Europe (46 %) et des Etats-Unis (20 %) à des conditions de prix peu avantageuses, car moins concurrentielles. L’Asie, qui renforce sa présence sur le continent, lui achète désormais le 1/5 de ses produits (18 %).

Dans l’ensemble, l’économie africaine demeure relativement peu ouverte sur l’extérieur : les exportations totales ne représentent que le tiers de son PIB (produit intérieur brut) alors qu’elles dépassent 50 % dans les autres régions du monde. Exceptés les pays pétroliers et enclavés, qui sont tributaires des marchés extérieurs (la part des exportations dans le PIB atteint 222 % pour la Guinée équatoriale), on compte une dizaine de pays ouverts (entre 30 % et 50 %).

En analysant ces chiffres, il est clair que des pays comme le Mali n’ont rien à gagner dans la signature des APE. Avec un tissu industriel presque inexistant, les APE vont faire de nos Etats un espace commercial totalement acquis aux produits manufacturés européens. Déboussolée dans ces derniers retranchements sur le vieux continent par la percée chinoise (et bien indienne et brésilienne), l’Europe tente désespérément de se repositionner en Afrique. L’avenir des industries européennes se joue en grande partie en Afrique. Un continent où elles ont puisé leur fondement durant la période coloniale.

S’ouvrir à d’autres marchés

Selon certains observateurs, les Africains n’ont pas le choix. Ils doivent signer les accords ou disparaître. Un argument fataliste, trop fataliste. Un discours inacceptable à l’égard d’Etats souverains. Une souveraineté qui doit être réaffirmée dans l’élaboration d’une politique commerciale nationale ou sous-régionale. L’Europe menace de réduire l’accès au marché de 76 pays du monde, parmi les plus pauvres, s’ils ne signent pas les APE d’ici la fin de ce mois.

Une date butoir car ces nouveaux accords commerciaux entreront en vigueur le 1er janvier 2008. Ils portent essentiellement sur la libéralisation réciproque du commerce et la suppression des droits de douanes entre les pays de l’Union européenne et ceux d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, en lieu et place des préférences unilatérales concédées par la partie européenne depuis le début de la Convention de Lomé.

Mais, avant de céder à cette menace, il faut analyser qu’est-ce que nous avons réellement à perdre avec cette restriction commerciale ? Hormis l’or et le pétrole, que gagnent réellement nos Etats dans la vente de leurs matières premières sur le marché européen ? Très peu de choses parce que la politique de subvention pratiquée par l’Union européenne réduit à néant leur compétitivité. Un produit comme le coton est devenu un goulot d’étranglement budgétaire pour des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Bénin… qui sont obligés, après chaque campagne, de puiser dans le Trésor public pour compenser les pertes au niveau des sociétés cotonnières et des producteurs.

Les Etats africains doivent opter par le choix fait par la Chine.« Compter sur nos propres forces pour trouver notre voie du développement » ! Tel est sans doute le secret de ce que certains appellent aujourd’hui le miracle chinois. C’est l’option que les Chinois ont prise depuis la fondation de la République populaire le 1er octobre 1949 par le grand Timonier Mao Zedong. Au lieu de se focaliser sur la menace européenne, l’Afrique doit se battre aujourd’hui pour une nouvelle recomposition des relations commerciales internationales. Un accord entre la Chine et le Mali sur la commercialisation du coton nous rapporterait mieux que ce que l’or blanc apporte aujourd’hui à l’économie malienne.

Si les industries européennes peuvent se passer des matières africaines, tant mieux ! A nous maintenant de trouver d’autres débouchés à travers le monde. Aux différentes sous-régions africaines de faire l’intégration une réalité palpable. Ce qui éviterait de se faire une concurrence inutile dans le même secteur et d’implanter des industries sous-régionales fortes dans un espace économique avec une capacité énorme de consommation.

Comme le disait le président de la Commission de l’Union africaine (UA), « la première des choses, c’est que dans le monde, on est dans un système inégal. Il faut que les règles du jeu changent. L’Afrique ne peut pas continuer à exporter simplement ses matières premières sans les transformer. Nous avons très peu de choses à dire dans la fixation de leurs prix ».

Et le président Konaré a raison d’insister sur le fait que « tant que cela ne change pas et même si par la vente des matières premières, nous avons des ressources, nous resterons dépendants pour la nourriture, nous n’arriverons pas à créer des emplois simplement parce que nos matières premières ne seront pas transformées sur place. Il n’y aura pas de création de richesses, donc la pauvreté va continuer à s’élargir… »

L’Afrique n’a donc aucune raison de paniquer face à une menace européenne. Tout comme nous n’avons aucune raison de céder à un chantage diplomatique pour signer des accords dénoncés, par les experts de presque tous les organismes internationaux, comme n’étant pas du tout en faveur d’un développement industriel, donc économique de nos Etats.

En adoptant un langage de résignation, nos dirigeants s’apprêtent à céder aux Européens le peu qui nous reste de souveraineté économique et d’espoir de développement socioéconomique. Et si nous nous taisons, nous serons leurs complices devant l’Histoire, devant les générations futures.

Alphaly

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ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

Le Snesup libère les notes et suspend sa grève

A l’issue de son assemblée extraordinaire le vendredi 30 novembre 2007 à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI), le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) a décidé de lever son mot d’ordre de rétention des notes et la suspension de son mot d’ordre de grève jusqu’au 31 décembre.

Les négociations entre le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou Touré, ont porté fruit. Effet, le gouvernement et le Snesup ont trouvé un début d’accord sur les deux points principaux de doléances du Syndicat ; à savoir : l’augmentation des frais accordés aux secrétariats des examens et la régularisation administrative de certains enseignants.

Selon le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé, le gouvernement, en réponse à leurs revendications, s’est engagé à payer à chacun des membres des trois sous-commissions du secrétariat des examens 60 000 F CFA au lieu de 150 000 F CFA initialement réclamés pour chaque membre. Aussi le ministre a-t-il demandé au Syndicat de lui faire parvenir les dossiers de tous les enseignants frappés par des erreurs administratives qui retardent leur hiérarchisation.

Ces acquis, aux dires de nombreux enseignants, sont un témoignage de la bonne volonté du gouvernement de sortir de la crise qui dure depuis bientôt sept mois. « Nous sommes fatigués, les parents d’élèves sont fatigués. A mon avis, à un moment donné de la lutte, il faut savoir s’arrêter et tirer les leçons », a expliqué un professeur, qui ajoute que les enseignants doivent reprendre rapidement les activités sans pour autant arrêter de réclamer leurs droits .

Mais déjà, certains enseignants appellent à la prudence pour éviter que l’Etat ne les « arnaque » par des promesses démagogiques. C’est pour cela que le Snesup entend maintenir la pression jusqu’au 31 décembre 2007 afin d’amener le gouvernement à se manifester concrètement.

A noter que l’application du paiement des 500 F CFA par copie corrigée entre en vigueur dès cette année. En revanche, les grévistes devront attendre l’année prochaine pour acquérir les 5000 F CFA réclamés par surveillant et par jour de surveillance.

Amadou Waïgalo

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JOURNEE MONDIALE CONTRE LE SIDA

La radio va en guerre contre la pandémie

Le Mali, à l’instar de la Communauté internationale a célébré samedi dernier au CICB la 20e Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida. La cérémonie, qui a coïncidé avec l’ouverture de la 5e édition du Festival Ondes de liberté dont le thème est « rôle de la radio de proximité dans la lutte contre le VIH/Sida, a été présidée par le chef de l’Etat.

Il y avait foule dans la salle Djéli Baba Sissoko du Centre international de conférences de Bamako samedi dernier au lancement de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida. Présidée par le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, la rencontre a enregistré la présence du Premier ministre, des membres du gouvernement, des présidents des institutions nationales et des représentants d’organismes internationaux dans notre pays.

Plusieurs activités étaient inscrites au programme notamment un sketch de la troupe Niogolon sur l’importance du dépistage.

Selon le représentant résidant de l’OMS qui a présenté le rapport 2007 de l’Onusida, la prévalence mondiale du VIH s’est stabilisée, mais, a-t-il poursuivi, le Sida figure toujours parmi les principales causes de décès dans le monde et reste la première cause de décès en Afrique.

S’appuyant sur le document de l’Onusida, le Dr. Lamine Cissé Sarr a démontré que les nouvelles données et analyses épidémiologiques font état d’une amélioration et témoignent d’une meilleure compréhension de l’épidémie mondiale. A ses dires, ces nouvelles données et des avancées de la méthodologie utilisée ont donné lieu à d’importantes révisions des estimations antérieures. « Le nombre de nouvelles infections à VIH par an a atteint un pic à la fin des années 1990, à plus de 3 millions et l’on estime à 2,5 millions le nombre de nouvelles infections en 2007, soit une moyenne de plus de 6800 nouvelles infections par jour », a-t-il ajouté.

Aussi, à la lecture du rapport, il apparaît que le nombre de personnes qui décèdent de maladies liées au Sida a décliné au cours des deux dernières années, en partie du fait de l’allongement de la durée de vie grâce aux antirétroviraux. « Ces données améliorées nous donnent une image plus claire de l’épidémie de sida, qui révèle à la fois des défis et des opportunités, », a encore déclaré le représentant de l’OMS au Mali.

Un leadership fort

Le secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida et le ministre de la Santé ont, de leur côté, mis l’accent sur les efforts consentis par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers dans la lutte contre la pandémie. Une lutte, selon les orateurs, qui a permis de baisser le taux de la prévalence de 1,7 % à 1,3%. «  Au vu des résultats obtenus et des défis qui nous attendent, je demeure convaincu que c’est avec un leadership fort et la synergie dans nos actions que nous pourrons vaincre ce fléau », a dit le ministre de la Santé pour qui, ces résultats obtenus par notre pays sont le fruit de l’engagement personnel du chef de l’Etat et celui de l’ensemble des acteurs de la lutte contre le VIH/Sida. Il s’agit des acteurs de la société civile, du secteur public, du secteur privé…

En choisissant le thème « radio et lutte contre le Sida », le Festival Ondes de liberté se propose de placer les hommes de radio au cœur de la lutte contre le Sida en les amenant à jouer le rôle de leadership dans la prévention de cette pandémie. « En faisant démarrer les deux événements en même temps, notre objectif était de mettre à la disposition du HCNLS des espaces de communication appropriés », a dit Mme le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information. Et de préciser que cette 6e édition verra des panels animés par des spécialistes sur le leadership de la presse dans la lutte contre le Sida, l’implication de la jeunesse dans la lutte contre le Sida et la prise en charge des malades du Sida.

Devant le président de la République, deux organes de presse en l’occurrence le quotidien L’Indépendant et la Radio Jamana Benkan ont été distingués pour leur engagement dans la lutte contre le VIH/Sida.

Idrissa Sako

 

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UEMOA

Les ministres ont-ils boudé la rencontre ?

La réunion des ministres chargés du Commerce, des Douanes et de l’Industrie des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) sur les entraves tarifaires et non-tarifaires a été reportée à une date ultérieure. C’est là le contenu du communiqué remis à la presse par le directeur de la communication, de la documentation et des archives quelques heures après l’ouverture de la cérémonie à Bamako le 30 novembre dernier.

Le report de la réunion est consécutif à l’absence constatée des ministres à l’ouverture. Cinq ministres avaient confirmé leurs arrivées la veille. Mais le seul responsable gouvernemental qui a fait le déplacement a été le ministre sénégalais du Commerce, Amadou Habibou Ndiaye.

Quant au ministre malien de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Mme Bah Fatoumata Néné Sy, elle s’est fait représenter par sa collègue de l’Elevage et de la Pêche. Cette dernière aussi s’est éclipsée juste après la cérémonie d’ouverture. Ce qui fait qu’il n’y avait aucun ministre malien dans la salle.

Les autres Etats ont, soit dépêché des représentants mandatés (Bénin, Côte d’Ivoire, Togo) soit mandaté des experts ayant déjà participé à la réunion des experts les 28 et 29 novembre derniers. Toutes choses incomprises par les observateurs qui affirment ne pas apprécier l’attitude de ceux qui doivent entériner les travaux des experts. Certains experts fulminent déjà affirmant qu’il s’agit d’un désintéressement sur la levée des entraves tarifaires et non-tarifaires qui handicapent sérieusement la libre circulation des personnes et de leurs biens.

Invités par la Commission de l’Uémoa, les ministres devaient délibérer sur les résultats des travaux des experts des 28 et 29 novembre 2007, de prendre les décisions pour une levée effective des barrières tarifaires et non-tarifaires aux échanges intracommunautaires, aux négociations commerciales internationales dont celles relatives à l’APE. Ces décisions devaient être soumises à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union lors de sa 12e session ordinaire le 16 décembre à Ouagadougou.

Même si la zone de libre-échange de l’Uémoa est une réalité, et, ce, depuis le 1er janvier 2000, il est à noter que les produits originaires de l’Union circulent assez librement. Le marché régional qui a enregistré des progrès considérables, subsiste encore dans sa mise en œuvre, quelques difficultés assimilables à des entraves.

La Commission , selon le directeur de la communication, de la documentation et des archives, Badjuibassa Babaka, prendra les dispositions nécessaires en vue de convoquer une nouvelle rencontre des ministres avant la prochaine session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du 16 décembre prochain.

Amadou Sidibé

 

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 SECURITE DANS L’ESPACE SAHELO-SAHELIEN

Le FDR au chevet du Nord-Mali et du Niger

Face à l’insécurité grandissante dans les régions du Nord-Mali, le Front pour la démocratie et la République (FDR) a initié les vendredi et samedi derniers un atelier sur la sécurité, la stabilité et le développement dans l’espace sahélo-saharien. Les participants venus du Niger, de la Mauritanie et du Mali ont dégagé des pistes de solutions en attendant la conférence régionale début 2008.

Sans sécurité, sans stabilité et sans paix, il n’y a pas de développement possible. C’est partant de ce constat que le Front pour la démocratie et la République (FDR) a tenu le week-end dernier un atelier sur la sécurité dans l’espace sahélo-saharien, une rencontre préparatoire de la conférence régionale sur le même sujet qui aura lieu courant premier trimestre 2008 .

Deux jours durant, des représentants du Niger, de la Mauritanie, de la société civile, du Haut conseil des collectivités, des parlementaires, des diplomates et partis politiques maliens ont analysé, sans complaisance, les causes, manifestations, conséquences et caractéristiques des différentes rébellions au Mali et au Niger ainsi que les nouvelles dimensions de la crise de l’espace sahélien (trans-nationalité, trafic de drogue, de cigarettes, circulation des armes et des mines).

Aux termes des deux jours de réflexions, ils ont recommandé plus d’investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé, le désenclavement des régions nord et plus de concertations avec les populations de ces régions.

En outre, le président du FDR, Tiébilé Dramé, a demandé l’implication de toutes les composantes de la société civile pour la recherche de solutions à ces crises. « Nous ne devons pas laisser aux seuls gouvernements la gestion des conflits. Partis politiques, société civile, organisations démocratiques, personne ne doit rester en marge de la recherche de solutions », a-t-il dit. M. Dramé a également proposé la création d’une cellule stratégique sur les problèmes nord et qui sera rattachée à la présidence.

Pour la conférence sous-régionale, les participants n’ont pas proposé une date fixe. Ce sera, courant premier trimestre 2008, une ultime rencontre qui tentera d’apporter des réponses démocratiques durables à ces crises qui n’ont que trop duré.

Sidiki Y. Dembélé

 

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   VIH/SIDA ET TUBERCULOSE

La menace des co-infections

Sur les 8,8 millions de personnes estimées atteintes d'une infection par la tuberculose, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) note que 1,6 million de ces sujets décéderont dans l'année. Parmi ces morts, il y aurait quelque 195 000 personnes ayant une co-infection avec le virus du Sida. Une autre menace que nos Etats doivent prendre au sérieux pour circonscrire de nouveaux drames liés à une probable résurgence de la pandémie du VIH/Sida contre laquelle la communauté internationale a consacré samedi une journée mondiale de lutte.

Accélérer la détection et la lutte contre la première cause d'infection opportuniste chez les malades du Sida sous traitement antirétroviral ! Telle était la mission assignée à une réunion de l'Agence nationale de recherches sur le Sida (ANRS) de la Fondation Gates, des National Institutes of Health et de l'OMS. Une rencontre qui s'est tenue en juillet 2007 à Sydney (Australie).

De plus en plus, il apparaît que la tuberculose est également la première cause de mort chez les patients infectés par le VIH. Plus de 50 % des nouveaux cas de tuberculose observés en Afrique de l'Ouest et de l'Est sont désormais aussi des malades du Sida. Une épidémie particulière de tuberculose ultra résistante (TBUR) à quatre des antibiotiques antituberculeux majeurs fait aujourd'hui irruption sur le continent africain.

Ainsi, une bouffée épidémique à l'hôpital de Tugela Ferry au Kwazulu-Natal (Afrique du Sud), en 2006, a touché 53 malades, dont 52 sont morts. Tous étaient infectés par le VIH et tous avaient un bacille tuberculeux résistant à six antituberculeux majeurs. « La moitié des malades à Tugela Ferry n'avait jamais pris de traitements contre la tuberculose auparavant. Un tiers n'avait même jamais été hospitalisé. Ils ont donc été contaminés dans leur communauté par une personne déjà infectée, qui a toussé ou respiré près d'eux dans un lieu confiné », explique Pr. Willem Sturm de la Faculté de médecine de l'Université du Kwazulu-Natal.

Par la suite, la souche ultra résistante a été détectée dans 28 des 50 hôpitaux et cliniques du Kwazulu-Natal. Depuis, on a comptabilisé 450 cas de tuberculose multi résistante à Tugela Ferry, dont 55 % (une proportion énorme selon les spécialistes) ont une variété ultra résistante.

Lors de la réunion de Sydney, l'exemple de Western Cape Town (Afrique du Sud) a été donné. Entre 1996 et 2004, dans ce ghetto de 13   000 habitants, le dispensaire local a vu multiplier par six le nombre de cas de tuberculoses annuelles, particulièrement difficiles à diagnostiquer.

Plus de la moitié des malades ont une tuberculose extra pulmonaire. Ce ne sont pas des « cracheurs de bacille de Koch », assurent les spécialistes. Or, dans les pays démunis comme le nôtre, c'est surtout l'examen direct au microscope des crachats qui permet de diagnostiquer la présence du bacille tuberculeux.

L’œil du cyclone

La proportion de malades obligés de suivre un second traitement (après l'échec du premier) a également augmenté de 3 à 24 %. Il faut dire que les traitements antituberculeux sont longs (24 mois au minimum). Sans compter qu’ils comportent souvent 13 comprimés, un sachet, une injection tous les jours. Les arrêts, abandons, les traitements mal prescrits, sous-dosés, les ruptures de stock… sont légion.

Les industriels renâclent aussi à fournir des marchés réduits à des pays à faibles revenus, donc peu attractifs. Parfois, un seul laboratoire est en situation de monopole pour ces médicaments antituberculeux qui ont jusqu'à 40, voire 50 ans ! Et les « génériqueurs » n'ont pas non plus envahi le marché. Néanmoins, il faut préciser qu’au Mali, la prise en charge des tuberculeux est gratuite. Mais, cela ne semble pas encore motiver les populations.

Pour le Forum for Collaborative HIV Research, un partenariat indépendant entre fondations privées et agences officielles, « cette co-épidémie galopante est favorisée dans cette partie de l'Afrique par un manque de connaissances, de recherches, de données, de ressources financières et des systèmes de santé défaillants ».

La difficulté de traiter conjointement les deux maladies est immense dans ce type d'environnement où « la moitié des patients, recevant au dispensaire local un traitement antirétroviral contre le VIH, avait déjà reçu au moins un traitement antituberculeux. Mais, l'échec est patent, puisqu'un quart de ces malades avaient toujours une maladie tuberculeuse active. Et l'épidémie continue à flamber : un malade sur dix a été contaminé par le bacille de Koch pendant sa première année de traitement anti-VIH ».

« L'œil du cyclone se trouve actuellement en Afrique subsaharienne où la moitié des nouveaux cas de tuberculose est co-infectée par le VIH, et où une forme de la maladie résistante aux médicaments se propage insidieusement » , estime Veronica Miller, coauteur du rapport et directrice du Forum for Collaborative HIV Research. Pour elle, contrairement à la grippe aviaire, « la menace VIH-tuberculose au niveau mondial n'est nullement hypothétique. Elle existe, elle est là. Mais la science et la coordination nécessaires pour l'arrêter sont largement insuffisantes ».

Alphaly

 

 

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