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2007

Mois d'avril

Les Echos du 26 avril 2007

COLONEL SIAKA SANGARE, DELEGUE GENERAL AUX ELECTIONS

« Il n'y a nulle part au monde un fichier parfait »

Dans une interview qu'il nous a accordée, mardi après-midi, le Délégué général aux élections, le colonel Siaka Sangaré, donne des éclaircissements sur toutes les préoccupations des uns et des autres sur le fichier électoral. Tout en reconnaissant qu'un fichier n'est jamais parfait, il assure sur la fiabilité du fichier électoral et souligne les efforts de sa direction pour le rendre encore meilleur .

Les Echos : Quel est le rôle de la DGE dans l'organisation des élections ?

Siaka Sangaré : Le rôle de la DGE dans l'organisation des élections se résume essentiellement à deux missions. L'élaboration et la gestion du fichier électoral, la confection et l'impression des cartes d'électeur. Ces deux missions sont essentiellement liées à l'organisation des élections. Il y a une 3e mission qui a trait au financement des partis politiques. Nous avons également une 4e mission qui n'est pas systématique, c'est l'assistance à la Commission électorale nationale indépendante (CNI) à la demande de celle-ci.

Les Echos : Est-ce que vous jouez pleinement votre mission aujourd'hui ?

S. S. : Il appartient aux autres de nous apprécier. Nous pensons que nous faisons ce qui nous a été demandé dans la mesure de nos moyens. Vous savez, la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu'elle a.

Les Echos : Le Front pour la démocratie et la République dénonce d'énormes irrégularités sur le fichier électoral, des personnes décédées qui ne sont pas radiées, des doublons, la carte d'électeur d'un Sikassois qui se retrouve en France. Qu'est-ce qui explique, selon vous, ces anomalies ?

S. S. : Il n'y a jamais eu de fichier parfait, nulle part au monde. Même dans les démocraties les plus avancées, il y a des fichiers à problème. En 2004, aux USA, le décompte des voix était dû à un problème de fichier. La France a connu des problèmes de fichier lors de l'élection de 2002, etc. C'est pour dire qu'il y a des fichiers fiables, mais jamais parfaits.

Au moment où je vous parle, il y a des électeurs qui sont en train de mourir.

L'un des problèmes de notre fichier électoral est que nous avons un état-civil qui n'est pas fiable. Selon les statistiques, seulement 30 % des décès sont déclarés à la mairie, 70 % non déclarés ne pourront pas faire objet de radiation.

Les doublons s'expliquent par le système mis en place en 2001 lors du Recensement administratif à caractère électoral (Race). Le recensement a connu beaucoup de faiblesses et d'insuffisances. A l'époque, le ministre Ousmane Sy a eu le courage politique et l'honnêteté intellectuelle de parler de ces faiblesses qui se sont répercutées sur le fichier actuel.

Le recensement devait être physique. Au lieu de cela, des agents de recensement ont fait le travail sur la base des listes de membres de famille. Des membres d'une famille qui se trouvaient, par exemple dans un pays étranger, ont été inscrits. Ajouter à cela les erreurs de frappe ou de saisie des agents. C'est ce qui explique toutes ces anomalies que nous corrigeons au fur et à mesure pour rendre ce fichier meilleur. Nous avions pensé qu'à l'occasion des révisions des listes électorales, on pouvait corriger ces lacunes. Malheureusement, malgré notre bonne foi, ces insuffisances n'ont pas pu être toutes corrigées.

Les Echos : Est-il vrai que vous avez délibérément enlevé le fichier électoral du site Internet durant le week-end dernier ?

S. S. : Pas du tout. Quand j'étais en tournée dans la région de Ségou avec le Premier ministre, j'ai reçu des coups de fil de Paris selon lesquels le site de la DGE a explosé. N'étant pas à Bamako, j'avais eu peur. Mais après vérification, il n'en était rien. Effectivement, le site a eu quelques difficultés pendant quelques heures. Mais, c'était indépendant de notre volonté. Ce site est hébergé à l'extérieur du Mali, c'est pour cela que c'est le .com. Nous avons fait cela dans le souci de permettre au maximum de Maliens de pouvoir travailler en même temps sur ce site.

Si on avait hébergé notre site à Bamako, c'est sûr et certain qu'il aurait été bloqué depuis longtemps. Sinon pour quelle raison et pour quel intérêt, nous allons fermer le site ? Nous avons des gens qui veillent 24 h sur 24 sur ce site pour que des difficultés ne se posent pas.

Les Echos : Des citoyens auraient été appréhendés avec de vrais bulletins de vote, notamment à Koutiala et à Kadiolo. Qu'est-ce qui explique cette fuite avant le jour de l'élection ?

S. S. : Je pense qu'il faut d'abord vérifier qu'il s'agit de vrais bulletins qui serviront le dimanche prochain. Donc, c'est à partir de là qu'on peut avoir des sentiments. Pour le moment, il n'y a que des rumeurs et honnêtement, je n'ai pas vu un exemplaire de ces bulletins.

Les Echos : Pourquoi avez-vous refusé l'audit du fichier ?

S. S. : Non, non (rires), je n'ai pas refusé l'audit du fichier. Pas du tout. Depuis le jour où cette question m'a été posée, j'ai dit que l'audit du fichier ne nous dérange pas du tout, mais nous voulions qu'il se fasse dans un cadre institutionnel et légal. La loi ne parle pas de l'audit du fichier et les dispositions prévues dans la loi permettent, à l'occasion des révisions, à tous les citoyens de pouvoir vérifier, contester l'inscription ou la radiation de tel électeur. Ça, ce sont des aménagements qui permettent à tous les citoyens et aux partis politiques de se rassurer de la qualité du fichier électoral. Et on en n'a pas parlé beaucoup, mais à l'occasion de la révision des listes électorales de 2006, il y avait 65 partis politiques. C'était l'occasion, à mon avis, de le faire. Nous avons accepté de mettre le fichier électoral sur l'Internet, donc, nous l'avons soumis au contrôle général de l'ensemble des citoyens du Mali. Et pour quelle raison, nous allons refuser un audit ? Nous avons dit que s'il y a audit, il relève d'une décision politique et c'est pour cela que nous nous sommes fait le devoir de transmettre la lettre de requête du FDR au gouvernement du Mali.

Les Echos : Alors, pourquoi avoir rappelé en urgence les opératrices de saisie à partir du moment où vous avez annoncé en grand fanfare le verrouillage du fichier ?

S. S. : C'est vrai que depuis quelques jours, nous avons fait appel à des agents de saisie pour la simple raison que quand nous avons mis le fichier sur Internet, dans le communiqué, il est précisé que les données de certaines juridictions diplomatiques et consulaires dont Ouagadougou, Niamey, Accra, Abuja, Libreville et Dakar le seront ultérieurement, pour la simple raison qu'il y avait des opérations de réconfiguration des bureaux de vote dans ces juridictions. Parce que les projets de configuration des bureaux de vote que nous avons reçus n'étaient pas exploitables. Nous sommes revenus là-dessus. Nous avons envoyé des missions dans ces juridictions pour les aider à réconfigurer les bureaux de vote. Cette réconfiguration s'est traduite par une nouvelle affectation des électeurs entre les bureaux de vote. C'est ce que nous avons voulu faire ces 2 jours et ça a pris fin depuis lundi dernier. Nous avons imprimé tout simplement les listes d'émargement et les extraits de listes des bureaux de vote que nous avons envoyées. Sinon, nous n'avons pas fait de rappel de troupes.

Les Echos : Il y a des personnes recensées, qui disposent de leur carte jaune, mais qui n'arrivent pas à retrouver leur nom. Comment expliquez-vous cela ?

S. S. : Nous l'avons effectivement remarqué. Mais, il faut préciser que l'opération d'inscription comporte deux phases : la phase de recensement qui, en fait, est menée par les mairies et la phase d'inscription qui est exécutée par les commissions administratives. Le plus souvent, les gens partent se faire recenser au niveau de la mairie. Mais, ils ne vont pas se faire inscrire au niveau des commissions administratives ou les agents de la mairie ne transmettent pas normalement les copies de ces recensements aux commissions administratives.

Nous avons enregistré ces cas symptomatiques en 2002, le candidat Maguiraga, en 2002 s'était fait recenser à la mairie de la Commune IV et il ne savait pas qu'il fallait se faire inscrire auprès de la commission administrative de cette commune. Il avait sa fiche jaune, mais il n'était pas inscrit. C'est ce qui arrive à beaucoup de citoyens et c'est très dommage. Ça fait très mal. Ce sont les mairies qui devraient expliquer cela aux citoyens qui vont se faire recenser.

Les Echos : Quelle explication donnez-vous à la forte disproportion entre le nombre de cartes d'électeurs 7,2 millions et la taille réelle de la population électorale ?

S. S. : C'est aussi simple et c'est une explication que nous avons toujours donnée. Et je suis étonné que cette année, le problème se pose avec beaucoup d'insistance, avec beaucoup de suspicion. En 2002, il y avait 5 746 202 électeurs et on avait commandé 6 500 000 cartes. La différence était de 753 790 cartes. Personne n'a levé le petit doigt pour protester. En 2004, le nombre de cartes d'électeurs commandées est de 6 884 524. Le nombre de cartes commandées est 7 200 000, soit une différence de 315 473. Vous voyez que l'écart en 2007 est le plus faible quand on compare les chiffres des 3 échéances électorales.

Donc, je ne comprends pas pourquoi les gens posent beaucoup plus de problème cette année et qu'il n'en a été. Cette année, nous avons imprimé les cartes d'électeurs par bureau de vote, et normalement à la fin de l'impression des cartes de chacun des bureaux de vote, il y a des cartes qui restent et qui doivent être invalidées. La dernière carte du bureau de vote peut être la première carte de la dernière page. Chaque page a huit cartes. Donc, ça veut dire qu'il y a 7 cartes qui sont invalidées. Quand vous faites le rapport en tenant compte des 20 000 bureaux de vote, ça fait au moins 150 000 cartes invalidées à cause seulement de l'impression.

Ensuite, il y a des cas malheureux. Par exemple, à Libreville, les documents ont été mouillés par la pluie, heureusement qu'on n'a pu sauver les cartes. Si celles-ci avaient été détruites, je vous assure que je n'aurai pas les moyens de reprendre les cartes d'électeurs de Libreville qui fait plus de 24 000 électeurs. A la date d'aujourd'hui, il ne me reste que 12 000 cartes d'électeurs de l'étranger. C'est pour dire que nous prenons une certaine marge de sécurité pour que nous ne tombons pas en panne dans ces domaines.

Propos recueillis par

Alexis Kalambry et

Sidiki Y. Dembélé

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PRESIDENTIELLE DE 2007

Le FDR dénonce une opération para commando

Pour une de ses plus grandes sorties médiatiques, le Front pour la démocratie et la République (FDR) a dressé des constats accablants sur le fichier électoral, le bulletin unique, l'immixtion de l'armée et de l'administration dans le processus électoral, etc. Le regroupement politique créé par le RPM, la CDS, le Parena et Convergence-2007 a réitéré l'annulation pure et simple des signaux du candidat ATT portant un slogan de campagne. Mais, le FDR se garde de tout boycott.

L'article 94 de la loi électorale interdit tout signe distinctif sur les bulletins de vote. Le modèle de bulletin unique confectionné par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales (MATCL) sur lequel figure la photo des huit candidats, semble fausser les règles du jeu, aux dires des représentants du FDR.

Hamed El Madani Diallo, Abdoulaye Traoré dit Diop, Mme Kéita Rokiatou Ndiaye, Toumani Djimé Diallo, Djiguiba Kéita dit PPR, Moussa Balla Diakité, ont affirmé au cours du point de presse de mardi 24 avril 2007 au CICB, que le MATCL « a violé la loi électorale en inscrivant sous la photo d'ATT figurant sur le bulletin de vote, le slogan de campagne de celui-ci : ATT, un Mali qui gagne » . Ils ont demandé par conséquent l'annulation dudit bulletin en vue de le faire remplacer par un autre.

Le bulletin unique, dans sa forme, ne comporte pas, à leurs dires de garantie contre la fraude. En donnant l'exemple de la Mauritanie et de la RDC, qui sortent d'élections présidentielles les mieux organisées où le bulletin unique a été utilisé. Mais, il s'agissait de bulletins imprimés sur papiers filigranés, numérotés par carnet à souche de 50 dont la distribution se faisait dans les bureaux de vote sur la base d'une numérotation séquentielle, ont-ils affirmé.

« La confection de bulletins non numérotés sur du papier ordinaire et sur de simples feuilles volantes est un choix discrétionnaire du MATCL, sans l'avis préalable des partis et des candidats » , a tranché le Pr. Diop, selon qui cette décision unilatérale de nos autorités cache « une intention frauduleuse manifeste » .

Toumani Djimé Diallo a expliqué qu'ils ne sont d'ailleurs pas étonnés par la saisie la semaine dernière de vrais bulletins de vote à Kadiolo et Koutiala qui a fait l'objet de constat d'huissier, selon Me Harouna Kéita. A en croire Toumani Djimé Diallo, cela n'est guère une surprise pour eux que ces bulletins ont été retrouvés en zone cotonnière où le PDG de la CMDT et le président de l'Apcam ont promis chacun 300 voix d'électeurs par bureau de vote à ATT.

Parodie d'élection

Le fichier électoral, un autre objet de la colère du FDR, est qualifié par les conférenciers de « véritable capharnaüm » , ouvrant la voie à la fraude technologique et conçu pour faire « des opérations para commandos que de vraies opérations électorales » .

L'une des anomalies du fichier, constatée par le FDR, est qu'il n'est pas verrouillé. Toumani Djimé Diallo a affirmé que le vendredi 20 avril 2007, la DGE qui recevait de nombreuses plaintes des internautes s'était mise à le rectifier et a fini à le retirer du site pour éviter que le pot aux roses ne soit découvert.

Autres récriminations : « le fichier n'a pas été remis sur clé aux partis, seule la carte électorale l'a été. En plus il comporte de doubles et quadruples inscriptions » , ont plaidé les représentants du FDR. Considéré comme une véritable passoire par les conférenciers, le fichier foisonne d'erreurs portant sur les dates de naissance, adresses, orthographe de nom, etc. Il comporte des inscriptions de mineurs, de personnes décédées…

Le FDR s'indigne du refus de l'audit du fichier qu'il n'a de cesse demandé. « Le fichier a été conçu de manière à prendre en otage les élections » , juge Hamed El Madani Diallo.

A en croire Toumani Djimé Diallo, le MATCL a retiré la conception du fichier électoral à une société informatique de la place qui aurait refusé de lui remettre le code source. Ce code, dit-il, permet d'accéder facilement au fichier pour faire n'importe quel tripatouillage.

L'administration et l'armée sont épinglées pour avoir pris d'assaut le processus électoral. Le gouverneur de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, est accusé d'avoir substitué sa propre liste d'assesseurs de Dravéla au bureau de vote 157, (composée des militants du Mouvement citoyen) à celle du maire de la Commune III. Sur la liste du gouverneur Koné figure le nom de Mamadou Oury Fofana (paix à son âme) écrit Mamadou Goury Fofana, tué dans l'accident de la route du car du Mouvement citoyen en provenance de Gao après l'inauguration du pont de Wabaria.

Le projet de vote anticipé des militaires est aussi dénoncé par le FDR. Selon Djiguiba Kéita dit PPR et El Madani Diallo, « si le gouvernement a refusé l'audit du fichier électoral en arguant qu'il n'a aucune base légale, le vote anticipé des militaires n'est pas prévu par nos textes » . Selon eux, des militaires ont déjà voté dans une caserne à Ségou sans leurs assesseurs parce que le général Kafougouna Koné leur avait dit que les militaires voteraient dans les mêmes conditions que les civils.

Ils s'insurgent contre la décision du préfet de Nioro, qui avait nommé des militaires chefs de bureau de vote. Une décision annulée dans sa généralité et appliquée au nord du cercle, suite aux protestations du Parena et du RPM.

Pour le Pr. Diop, « la peur a changé de camp » , ce qui explique, selon lui, le vote anticipé des militaires, l'attitude du gouverneur Féfé Koné, la circulation de bulletins parallèles à des fins de fraude, etc.

Abdrahamane Dicko

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LE DIAFOUNOU OPTE POUR TIEBILE DRAME

Le député Gassama déclare la guerre à son terroir

Une réunion de réconciliation entre Mamadou Hawa Gassama, qui soutient ATT, et Tiébilé Dramé, candidat à la présidentielle, s'est terminée en queue de poisson mardi dernier. Les notabilités du Diafounou ont refusé d'accorder leurs voix au président sortant et opté pour l'enfant de Nioro du Sahel, candidat du Parena.

Coup dur pour le candidat Amadou Toumani Touré. Les populations des villages du Diafounou dans le cercle de Yélimané ont décidé de boycotter les consignes de vote de Mamadou Hawa Gassama, un des éléments les plus influents de son équipe de campagne. Rien ne va plus entre l'honorable Mamadou Hawa Gassama, élu URD, et ceux dont les voix ont contribué à l'envoyer à l'hémicycle.

Mardi 24 avril 2007. Les notabilités du célèbre village de Koméoulou, lors d'une réunion à laquelle ont pris part le député , ont signifié leur volonté de soutenir le candidat Tiébilé Dramé du Parena au détriment d'ATT. Bien qu'étant natif du village, M. Gassama n'a pas eu la bénédiction de ses pères qu'il cherchait tant.

De Koméoulou à Tambacara en passant par Sambaga, Yaguiné, Sambacanou, Yélimané… c'est une marée humaine qui a réservé un accueil mémorable au candidat du Parena. Selon les notabilités, Tiébilé est celui qui leur a le plus prouvé qu'il est l'un des leurs. « Il ne cesse de faire des préoccupations de ses frères les siennes propres » . L'appel des notabilités des différentes contrées est sans nul doute un atout pour Tiébilé. Autres raisons du choix de Tiébilé : ils voient en Gassama, un opportuniste en politique.

En effet, au cours de la réunion présidée par le chef de village de Koméoulou à laquelle ont participé l'honorable Kaourou Doucouré, Tiébilé Dramé, le député URD a affirmé qu'il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. En un mot qu'il est un « commerçant » politique. « L'honneur et la dignité que nous ont légués nos aïeux ne nous permettent pas d'être des opportunistes à ce point » , ont alors rétorqué les vieilles personnes.

Avant de prendre fait et cause pour Tiébilé, M. Gassama avait été convié par ses pères pour connaître les raisons du choix de son candidat. Pertinemment conscient qu'ATT et ses partis acolytes ne sont implantés, M. Gassama dans un premier temps n'avait pas exclu une possible adhésion au Parena et sa ferme volonté d'appeler ses quelques militants à voter pour Tiébilé. « Moi Gassama je peux dire aux gens de voter contre ATT qu'ils le veuillent ou pas. Ça m'engage ».

Connaissant son ex-allié, le député Kaourou Doucouré lui a alors demandé de prendre devant ses pères l'engagement qu'il ne va pas appeler à voter pour ATT mais aussi de se retirer du Diafounou. Cette démarche de l'honorable Kaourou a été une humiliation pour M. Gassama qui a dit « ce que vous voulez que je dise, je ne peux le faire » . Cette déclaration a été comprise par les réconciliateurs comme un double langage de la part de quelqu'un qu'ils prenaient pour un homme de parole.

A la fin des débats chacune des notabilités a tiré une conclusion. « Gassama, tu es notre fils, notre frère... mais nous n'allons pas te suivre pour la présidentielle » . Frustré, M. Gassama, approché par les journalistes au sortir de la rencontre, a déclaré la guerre aux Diafounouka. « Même si tout Koméoulou et autres votent Tiébilé, ATT va gagner à Yélimané et à Kayes. Prenez-le comme la parole du Saint Coran  ».

Amadou Sidibé

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CONDAMNE DANS UNE AFFAIRE DE DETTE CIVILE

Le candidat Maguiraga se dit serein et confiant

Tout en reconnaissant son tort dans l'affaire de dette pour laquelle il vient d'être condamné à 90 jours de prison de contrainte par corps, le candidat du Parti populaire pour le progrès (PPP/Jama jigui) à la présidentielle, trouve que la justice malienne est pourrie et mérite d'être nettoyée à grande eau.

« C'est une dette qui date de 1996 avec l'affaire du fichier électoral. Mais je reste serein et je vais régler avec eux » , promet le candidat du PPP/Jama-jigui que nous avons rencontré au lendemain de sa condamnation par le juge des référées du Tribunal de première instance de la Commune IV de Bamako.

Lundi 23 avril 2007, Dr. Madiassa Maguiraga, candidat à l'élection présidentielle du 29 avril a été condamné à 90 jours de prison au motif qu'il doit un peu plus de 2 millions de F CFA à un ingénieur du nom de Bakary Koné, présentement en service Westland International à Sevaré.

Le candidat du PPP/Jama jigui reconnaît devoir à M. Koné ce montant. Le candidat devait honorer sa dette envers M. Koné, auquel il avait promis un règlement par tranche de 500 000 mensuels, ce qui n'a pas été du goût de M. Koné.

« C'est une dette qui date de 1996, depuis le fichier électoral » , explique Madiassa, qui ne comprend pas l'attitude du débiteur avec qui il avait longtemps travaillé aux USA. « Je ne sais pas ce qui le pousse comme ça » . Et d'ajouter qu'il avait prêté l'argent à M. Koné, mais qu'il l'avait perdu de vue sans pour autant le chanter sur tous les toits. Il soutient avoir établi avec lui un principe de payement par tranche de 500 000 F CFA mensuels, mais Koné, ajoute-t-il, a refusé cette proposition et voulait la totalité de son argent.

Malgré le verdict du tribunal qui le condamne à 90 jours de prison, le président du PPP/Jama jigi se dit serein et imperturbable. « Ce n'est pas un problème. C'est au procureur de signer, sinon j'ai été en prison à deux reprises » , déclare-t-il.

Selon Dr. Maguiraga ce sera pour lui une occasion en tant que candidat à la présidentielle de parler de justice. « Le système judiciaire est pourri » , juge-t-il, avant de poursuivre que ses détracteurs se sont basés sur du faux pour le condamner à la contrainte par corps. « C'est une expression utilisée pour embêter le citoyen » , fait-il remarquer Dr. Maguiraga qui estime que ses détracteurs font plutôt un constat de carence.

Il se dit surpris et affirme ignorer leur motivation. « Chacun croit qu'il va gagner quelque chose » .

Il s'apprête à rencontrer le procureur en compagnie de son avocat. Pour lui, seul le ministère public peut signer une décision. En attendant, il implore les autorités judiciaires de suspendre la procédure pour au moins 20 jours. Heureusement qu'il n'est affilié à aucun regroupement politique, sinon Dr. Maguiraga aurait pu qualifier l'acte de règlement de comptes politiques.

Boubacar Diakité Sarr

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ENTRE SOFARA ET KOUAKROU (MOPTI)

Un jeune Dogon sauvagement assassiné

Que s'est-il réellement passé entre Seydou Samouka et ses assassins ? Personne n'est encore en mesure de répondre à cette question. En effet, Seydou Samouka un jeune Dogon de 35 ans originaire d'un village de Timissa dans le cercle de Tominian. Il a été sauvagement égorgé par ses bourreaux la semaine dernière entre Sofara et Kouakrou dans le cercle de Djenné. Charretier de son état, ce jour-là Seydou Samouka transportait de l'aliment bétail de Sofara pour Kouakrou. Il avait transporté également un jeune Peul qui se rendait également à Kouakrou.

C'est justement entre les 2 villages, aux environs de 19 h, que 6 jeunes sur 3 motos sont arrivés à leur rencontre pour les attaquer. Le jeune Peul a pu s'échapper en laissant entre les mains d'un des agresseurs, qui voulait le neutraliser, son boubou.

Quant à Seydou Samouka, il avait également fuit dans la nature. Mais peu après il était revenu récupérer sa charrette chargée d'aliments bétail appartenant à un habitant de Kouakrou. C'est à ce moment qu'il a été maîtrisé par ses assassins. Ils lui ont attaché mains et pieds avant de l'égorger littéralement. Aussi ils lui ont coupé la peau des fesses. L'image était horrible.

Règlement de comptes ? Crime rituel ? On affirme qu'il n'avait aucun problème avec les autres. Mieux il était jugé gros travailleur et le soutien de sa famille bien qu'il avait des frères. Certaines personnes disent que ses assassins pensaient avoir de l'argent sur lui, car quelqu'un lui aurait confié une importante somme d'argent. Dans tous les cas les enquêtes se poursuivent. Un des assassins aurait été arrêté.

Lévy Dougnon

(Radio Jamana Djenné)

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WAATI SERA D'AMKOULLEL

Le rap pour sonner le réveil de l'Afrique

Waati Sera ( il est temps en bambara) ! L'alerte est de l'un des talentueux rappeurs du hip hop malien : Issiaka Bâ alias Amkoullel. Waati Sera est le titre générique de son 3e opus dans les bacs depuis le 22 mars 2007. Une révolte contre les maux qui minent l'Afrique comme l'oisiveté des jeunes, la corruption…

« Il est temps de se mettre au travail pour surmonter les handicaps du développement et assurer une vraie souveraineté. Il est temps que le Mali marche fièrement à l'allure de ses empereurs légendaires comme Soundiata » , chante Amkoullel.

On a beau élaborer les programmes ambitieux, l'Afrique ne décollera pas tant que ses dirigeants n'auront pas le courage politique et l'intégrité morale des leaders comme Modibo Kéita, Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Nelson Mandela… C'est dire que ce 3e album n'a rien à envier aux deux précédents, In Faculté (crise scolaire) et Surafin (pot-de-vin), sur le plan de l'engagement.

Le titre de l'album est inspiré d'un des chefs-d'œuvre de Souleymane Cissé, Waati . « Arrêtons de tchatcher. Les beaux discours ne nous conduisent nulle part. Il est temps que l'Afrique se réveille pour assumer sa souveraineté. Nous avons tout pour nous développer, surtout les matières premières et la matière grise. Mais, nous continuons à penser que notre bonheur est ailleurs, entre les mains de ceux qui n'ont aucun intérêt de nous voir nous développer » , s'offusque le beau gosse du rap malien.

Dans cette splendide œuvre, l'heure n'est pas seulement à la révolte, mais aussi à l'amour. L'amour de la personne adorée, mais aussi l'amour de ce qu'on fait. « C'est par amour que l'on s'engage. C'est la passion qui nous permet de maintenir ce cap suicidaire dans l'engagement » .

Ce rappeur, très respecté et adulé dans le milieu hip hop malien et français, pousse l'engagement jusqu'à s'auto-produire. « Rares sont les producteurs qui investissent dans le rap. Il ne rapporte pas grand-chose parce que c'est une musique appréciée par les 15-20 ans. Une couche dont le pouvoir d'achat est très maigre » , indique Issiaka Bâ.

Malgré la maigreur de ses moyens, l'artiste a la satisfaction de se rapprocher, au fil des albums, du style qu'il veut imposer. « Mon souhait, c'est d'utiliser plus d'instruments traditionnels pour faire le rap. Mais, cela est très cher parce que l'enregistrement en live est très coûteux » , nous explique le jeune prodige.

Dans Waati Sera , Amkoullel a recours au ngoni et au tamani pour donner un tempo original à ses mélodies. Tout comme la présence de Cheick Tidiane Seck (arrangement de certains titres) de Dudu Masta (un rappeur franco-malien) et Ami D (chœur) apporte un cachet tout particulier à cet opus de 15 titres.

Amkoullel n'est pas encore arrivé à ce qu'il ambitionne comme musique. Mais, comme il le dit dans Au revoir , « non jamais je ne baisserais les bras. Et pour cela tu peux compter sur moi » . Et du début de sa carrière à nos jours, il n'a jamais déçu ses fans ! A eux maintenant de le lui reconnaître et de l'encourager en achetant massivement les exemplaires légaux de sa nouvelle galette.

Il est temps aussi que les mélomanes comprennent que chanter est un métier et que pour que leurs idoles vivent de ce travail, ils doivent acheter leurs œuvres. Des œuvres non piratées bien sûr.

Moussa Bolly

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Pour un Mali meilleur

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Dans ce site web vous trouverez :
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