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2007

Mois d'avril

Les Echos du 24 avril 2007

PROCESSUS ELECTORAL

Les diplomates boycottent la Céni ?

Les ambassadeurs des pays amis accrédités dans notre pays étaient conviés hier par la Céni à une rencontre au CICB. L'absence des invités a fait reporter la réunion. Ce qui ne manque pas de susciter des interrogations sur une telle déconvenue que d'aucuns placent déjà sous le signe d'un boycott.

La rencontre à laquelle la presse était conviée par un communiqué radiotélévisé était prévue hier à 15 h 30 au CICB. Si les journalistes avaient effectué massivement le déplacement, les diplomates ont brillé par leur absence. Ce qui est un fait rarissime eu égard à l'intérêt de la rencontre portant sur l'élection présidentielle prévue dans cinq jours dans notre pays. Le seul à être présent était le consul du Togo, Mamadou Diakité, qui nous a dit avoir entendu l'avis à la télé.

Le président de la Céni, Fodié Touré, et ses proches collaborateurs ont attendu en vain leurs hôtes pendant une quarantaine de minutes. A 16 h, le patron de la Céni, qui n'avait plus visiblement d'espoir, s'est excusé auprès de la presse. Selon lui, les invitations qui devraient parvenir aux ambassadeurs, aux consuls, aux représentations diplomatiques et autres organisations internationales ne sont pas arrivées à destination ou ne l'ont pas été à temps.

Il a promis de remettre ça en leur faisant parvenir de nouvelles invitations dès aujourd'hui pour une autre rencontre jeudi ou vendredi. « Depuis le début du processus tout a bien marché. S'il y a un grain de sable cette fois-ci, je crois qu'il n'y a pas grande inquiétude à se faire » , a affirmé le président Touré.

Il a profité de l'occasion pour annoncer une série de rencontres jeudi avec les observateurs nationaux et internationaux au CICB. Vendredi, ce sera le tour des délégués de la Céni, qui doivent officier à Bamako. Une conférence de presse est prévue samedi.

Les diplomates commencent-ils à prendre leur distance vis-à-vis du processus électoral malien ? La question vaut son pesant d'or, si l'on sait que l'atmosphère préélectorale est de plus en plus viciée. Il ne passe pas de jour sans que la presse dénonce des cas de fraude, d'achat de conscience, d'immixtion de l'armée, des forces de l'ordre, de certains magistrats dans le processus électoral.

La découverte récente de bulletins de vote dans les circonscriptions électorales de Fourou et de Kadiolo, favorables au camp présidentiel, est une preuve de fraude anticipée.

Abdrahamane Dicko

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SBM EN CAMPAGNE EN 3e REGION

« Nous ne laisserons personne voler notre victoire »

Pour la 2e semaine de la campagne pour la présidentielle, c'est la 3e région que le candidat de Convergence 2007, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM), a choisie pour des échanges directs avec ses militants et sympathisants avec la forte conviction que « leur victoire ne leur sera pas volée » à l'issue du scrutin présidentiel du 29 avril prochain.

Après son face à face avec la société civile et les ONG opérant sur le terrain le 19 avril dernier, le porte-drapeau de Convergence-2007 à l'élection présidentielle de dimanche prochain, SBM a repris son bâton de pèlerin samedi pour aller à la rencontre de ses militants en 3e région. Bougouni et Sikasso ont été les premières étapes du périple du candidat SBM qui a eu des échanges directs et francs avec ses militants et sympathisants.

A Bougouni, malgré un soleil accablant, le candidat de Convergence-2007 a été escorté de l'entrée de la ville jusqu'à la salle Ciné-Niambélé où il a tenu un meeting devant les nombreux militants acquis à sa cause. Les échanges entre SBM et ses militants ont porté sur le mal vivre des Maliens ; à savoir : la pauvreté ambiante, le chômage des jeunes, l'accès difficile des populations à l'eau potable, à l'éducation, à la santé…  « Dans tout pays où il n'y a pas d'eau potable, l'éducation, la santé, l'emploi… l'avenir de ce pays est voué à l'échec » , a déclaré le candidat SBM.

Bougouni, par la voix du président de la sous-section des jeunes, Idrissa Ben Togola et des représentants du Front pour la démocratie et la République (FDR) en l'occurrence Moussa Samaké de la CDS ont assuré SBM de leur soutien indéfectible. « Nous sommes de cœur avec vous-même et ceux des vôtres qui n'ont pas pu faire le déplacement. Nous ne réclamons pas de droit aujourd'hui, mais notre devoir, c'est de voter pour vous le 29 avril prochain » , a indiqué M. Togola.

En route pour Sikasso, SBM a fait escale à Niéna et à N'Kourala où ses partisans étaient sortis pour l'accueillir dans l'allégresse. Le candidat n'a pas boudé son plaisir en prenant le temps de prêter une oreille attentive à leurs préoccupations.

A l'entrée de la Cité verte dans l'après-midi, le candidat SBM a été accueilli en fanfare par ses nombreux militants jusqu'au stade municipal de la ville. « Je fais partie de ceux qui ont dit non au laisser-aller et à l'affairisme. Je suis candidat au nom de tous ceux qui ont dit non à l'opportunisme. Malheureusement, nos responsables politiques ont préféré aller à la soupe que de continuer à se battre pour la survie de la démocratie pour laquelle des dizaines de personnes ont payé de leur sang » , a commenté SBM.

Le changement à portée de main

Comme à Bougouni, il a expliqué le bien-fondé de sa candidature par le fait que 70 % des Maliens sont pauvres et vivent dans une insécurité dans la mesure où, selon lui, les gouverneurs, les préfets et les magistrats se sont mis au service d'une seule personne. « N'ayez peur de rien et de personne. Je suis persuadé que le 29 avril prochain, la situation va changer » .

Pour couper court aux rumeurs de fraude planifiée par le camp présidentiel, SBM s'est voulu rassurant. « Nous ne laisserons personne voler notre victoire. Il n'y aura pas d'élection tripatouillée. Retirez vos cartes d'électeurs pour aller voter » , a-t-il instruit.

Koury et Koutiala ont été dimanche les dernières étapes de la tournée du candidat de Convergence-2007 en 3e région. En accueillant dans l'effervescence SBM à Koury sous l'arbre à palabre, les populations ont tenu à lui témoigner leur engagement et leur militantisme qui se justifie par leur confiance en l'homme. Elles ont décrié le manque d'infrastructures socio-sanitaires, le chômage des jeunes, l'insuffisance des points d'eau potable, l'analphabétisme des femmes et des jeunes filles, etc. Toutes choses qui ont fait dire au mandataire de Convergence-2007 à Koury, qu'ils voteront SBM pour aller vers « le changement constructif et novateur » .

A Koutiala, devant des militants vêtus de T-shirts frappés aux couleurs de Convergence-2007, SBM s'est engagé à assurer la souveraineté alimentaire, l'éducation aux fils du pays, l'accès des populations à l'eau potable pour une société de justice et de progrès. « Nous faisons la campagne avec beaucoup d'engagement, de conviction pendant que d'autres préparent la fraude et la manipulation » , a-t-il dit. « Nous n'avons aucune considération pour les cadres qui ont trahi leur serment et ceux qui pensent qu'ils peuvent frauder les élections doivent se détromper. Car si vous volez un tam-tam, vous n'aurez pas un endroit pour le battre. C'est exactement aussi le cas des élections » , a averti SBM.

Dans la Capitale de l'Or blanc, la jeunesse n'a qu'un seul objectif, un seul slogan « Boubèye nous sommes pour vous, Boubèye nous sommes derrière vous » .

De Bougouni à Koutiala, en passant par Sikasso et Koury, SBM a eu droit à des honneurs. A toutes ces étapes, il a invité le peuple de Convergence-2007 à plus de vigilance et de mobilisation pour exprimer son choix le jour du scrutin. En retour, ses militants lui ont promis de s'acquitter, le 29 avril prochain de leur devoir en lui accordant leur confiance. En marge des échanges avec ses militants, SBM a rendu dans chacune des localités une visite de courtoisie aux notabilités.

Mohamed Daou

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Bougouni dénonce les logements sociaux

Lors du meeting de SBM à Bougouni, les habitants de la localité ont dénoncé avec véhémence la politique des logements sociaux et la construction de goudrons par ATT. Selon eux, contrairement à ce qu'on fait croire aux gens, ce n'est pas ATT qui donne les logements sociaux d'autant plus qu'ils ne sont pas gratuits et leurs bénéficiaires sont appelés à les rembourser. « Ce ne sont pas les logements sociaux et les goudrons qui vont nous nourrir » , a laissé entendre la population qui réclame la reprise des activités normales des usines d'égrenage et s'insurge contre la privatisation « sauvage » de la CMDT qui profile à l'horizon.

Des Sikassois en veulent au président

Au stade municipal de Sikasso samedi après-midi, des Sikassois ont clamé haut et fort qu'ils ne voteront pour rien au monde pour ATT. Certains ont même laissé entendre qu'ils préfèrent déchirer leur carte d'électeur que de voter pour ATT le 29 avril prochain pour la simple et bonne raison qu'il a mis le pays sur cale durant son mandat.

Où est passé l'argent des cotonculteurs ?

A Bougouni, Sikasso, Koury et Koutiala, les cotonculteurs ont confirmé à SBM qu'ils n'ont jusqu'à ce jour pas reçu un rotin du prix du coton de la campagne écoulée. Pourtant, disent-ils, des semences pour la prochaine leur sont parvenues. Quelle utilisation a été faite de notre argent ? Se demandent les cotonculteurs qui sont fondés à croire que c'est l'argent qui est en train d'être utilisé par le camp présidentiel pour battre campagne.

Koutiala « tè koro len fè, fo kura »

Au cours du meeting du président de Convergence-2007, des Koutialais ont fait savoir qu'ils en ont mare de l'ancien système et qu'ils veulent aujourd'hui du nouveau. Raison pour laquelle des propos du genre « an té koro len fé fo kura » , c'est-à-dire, nous ne voulons pas de l'ancien mais du nouveau, ont été distillés par la foule.

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PRESIDENTIELLE 2007

Madiassa condamné hier à 90 jours de prison

Le juge des référés du Tribunal de première instance de la Commune IV du district de Bamako a condamné lundi à 90 jours de contrainte par corps le candidat Madiassa Maguiragua, dans une affaire civile l'opposant à un débiteur.

Madiassa Maguiragua doit 4 millions de F CFA à un particulier. Il avait déclaré devant le juge son insolvabilité, mais le débiteur n'a pas compris comment il a pu débourser 10 millions de F CFA comme caution pour être candidat à la présidentielle. Il a du coup saisi le juge qui a prononcé hier son jugement et condamné le Dr. Maguiragua à 90 jours de prison.

En clair, cela veut dire que depuis hier, à tout moment, il peut faire l'objet d'un mandat de dépôt, ce qui, du coup, écourterait sa campagne et peut-être, réduirait également le nombre de candidats.

Affaire à suivre.

Alexis Kalambry

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CAMPAGNE DU RPM

IBK sous une pluie bénite à Djenné

Après le meeting du candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM) pour la présidentielle de 2007, une pluie bénite a arrosé Djenné le vendredi 20 avril 2007. Ce qui, de l'avis de Djennéké, est de bon augure pour IBK.

« Il est venu avec la pluie. Pas celle qui est provoquée mais celle bénite par Dieu » . Ce sont les propos d'une vieille femme à l'occasion de la visite du candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM) Ibrahim Boubacar Kéita à Djenné pour un grand meeting qu'il a animé le vendredi 20 avril 2007 sur la place publique.

Les populations de Djenné et des 12 communes environnantes sont massivement sorties pour réserver un accueil très populaire à IBK et toute sa délégation. Plus qu'en 2002 (lors de la campagne présidentielle) les populations ont massivement bravé le soleil et la chaleur torride pour venir écouter leur candidat et lui témoigner leur soutien indéfectible.

En effet, IBK et sa délégation sont arrivés aux environs de 12 h 30 sur fond de musique et de coups de feu des chasseurs de Djenné et environs. Visiblement satisfait de la mobilisation, IBK a d'entrée de jeu dépeint la situation actuelle du pays qui va dangereusement sur une pente glissante. Ainsi, dans la cité religieuse, il dira que même la religion est « malmenée. Or , affirmera-t-il, le socle de la paix repose sur la religion » .

Il a également abordé des sujets comme la corruption, qui se fait à ciel ouvert dans une impunité totale ; l'école, qui se meurt, mais aussi et surtout le récent classement du Mali (175e sur 177 pays par le Programme des Nations unies pour le développement - Pnud) dans l'indice de développement humain durable. « Ce classement, si certains ne s'en soucient pas, me coupe le sommeil » , avouera-t-il.

C'est sous les ovations du public qu'IBK a mis fin au meeting. Il s'est aussitôt rendu à la célèbre mosquée pour la prière du vendredi. Peu après, c'est une pluie abondante qui a arrosé la ville. Comme quoi, pour les Djennékés, l'avenir, avec IBK, s'annonce prometteur.

Lévy Dougnon

(Radio Jamana Djenné)

 

Embargo

Tout a été mis en œuvre pour faire échouer le passage d'IBK à Djenné. Ses adversaires de l'ADP, redoutant une forte mobilisation, ont fait embargo sur tout ce dont le RPM pouvait avoir besoin dans le cadre de sa campagne vendredi dernier. Ainsi, la sonorisation, habituellement louée à 15 000 F CFA, a été exagérément majorée. Le RPM, qui voulait l'avoir à tout prix, ne l'aura pas car les propriétaires trouveront des prétextes de dernière minute pour leur refuser les appareils. Les militants du RPM ont dû se rabattre sur Mopti pour la sono.

Provocation

De la provocation, il y en a eu lors du meeting d'IBK. Des militants du Mouvement citoyen venus de Mopti ont tout mis en œuvre pour provoquer les militants du RPM. Des véhicules du Mouvement avec des posters géants d'ATT prenaient constamment la direction du carrefour de Djenné pour être nez à nez avec le cortège du candidat du parti du Tisserand. Aussi, ils ne cessaient de traverser la foule très compacte et à vive allure ! Heureusement que personne n'a répondu à la provocation.

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PARTICIPATION MASSIVE AUX ELECTIONS

Cri-2002 sensibilise les femmes de Kati

En attendant la caravane de mobilisation citoyenne prévue à Kati, Cri-2002, à travers une conférence-débats lundi au Conseil du cercle, a poussé à la roue la mobilisation des femmes à l'occasion des élections générales de 2007.

Structure apolitique, l'initiative citoyenne Cri-2002 est implantée dans plusieurs localités du Mali. Dans le cadre de son projet intitulé « participation des femmes à la vie publique et à la prise de décisions », Cri-2002 a organisé une conférence-débats dans la ville-garnison de Kati. C'était hier au Conseil de cercle de la localité.

« Mobilisation pour une meilleure participation des femmes aux élections 2007 » était le thème de la conférence, qui a enregistré la présence du président du Conseil de cercle de Kati, du préfet et du maire de Kati, des représentantes des organisations féminines et de la société civile ainsi qu'une foule nombreuse.

Dans son intervention, Dr. Abdoulaye Sall, président de Cri-2002/Mali, s'est dit très heureux d'être à Kati et a précisé que le présent projet répond à la sollicitation des Canadiens. Il a indiqué que Cri-2002 œuvre pour la participation collective et massive de tous les Maliens aux différentes élections. Dr. Sall s'est surtout attelé à sensibiliser les femmes afin qu'elles prennent entièrement part aux différents scrutins.

Vu leur très faible représentation dans les instances de décision alors qu'elles représentent 52 % de la population malienne, les femmes doivent se mobiliser pour retirer leurs cartes et voter pour le candidat qui défend le mieux leur cause, comme l'atteste l'exemple de l'honorable Aoua Kéita, première femme député au Mali. Le président a enfin ajouté que Cri-2002 envisage un autre projet intitulé « Cap sur l'horizon 2009 », qui vise à préparer les femmes aux élections communales de la même année.

Le préfet de Kati, Ibrahima Mamadou Sylla, a d'abord, au nom de la population, remercié Cri-2002 pour cette importante action avant de signaler que sa localité est à 70 % de retrait des cartes d'électeurs grâce aux femmes. Ces dernières doivent cependant avoir plus confiance en elles pour pleinement participer aux élections.

Le président du Conseil de cercle de Kati, Mamadou Traoré, qui est également président de Cri-2002/Kati, le maire de Kati, Yoro Ouologuem, et les représentantes des organisations féminines ont souhaité la mobilisation et la participation des femmes aux élections futures, d'où l'organisation d'une caravane pour mobiliser les citoyens de Kati.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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Histoire…

… de quinquagénaires qui se battent pour des affiches

Les spectacles de campagne ne finissent pas. Tant du côté des candidats à la présidentielle que de celui des électeurs. Si les premiers se battent par tous les moyens pour gagner la confiance des électeurs, ceux-ci également ne manquent pas d'occasion pour démontrer leur attirance pour tel ou tel candidat. Comme l'atteste cette histoire d'affiches qui a tourné en pugilat entre trois chefs de familles, tous des quinquagénaires.

Moriba et Bamba sont des colocataires d'un immeuble de Faladié, non loin de l'IJA. Le premier est un partisan du candidat Ibrahim Boubacar Kéita et le second, qui se dit être un cousin d'ATT, ne jure que par le nom de ce dernier. Les positions de l'un et de l'autre étant affichées au grand jour, un climat de méfiance s'est établi entre les membres des deux familles ibékiste et attétiste.

Une atmosphère qui s'est pourrie avec l'ouverture de la campagne électorale, car ce qui ne devait pas arriver arriva. Un soir, Moriba débarque avec une pile d'affiches d'IBK et une bouteille de colle. Il donne une nouvelle couleur à l'immeuble, rien qu'avec les seules affiches de son idole. Bamba qui n'a pas apprécié cette situation a interpellé son colocataire en lui demandant d'épargner les murs de sa concession. Il n'y fit rien. Et comme la réponse du berger à la bergère, Bamba réplique en affichant des photos d'ATT sur celles d'IBK.

La tension monte au réveil quand Moriba découvre la nouvelle peinture. Il va taper à la porte de son voisin pour l'inviter au combat. « ATT ne battra jamais IBK et toi aussi, tu ne pourras jamais me terrasser » , lance-t-il. Et sans autre forme de procès, les deux chefs de familles se sont débarrassés de leurs boubous pour se lancer dans des kata (démonstrations de karaté). Il n'y a pas eu de vainqueur car les cris des femmes et des enfants ont vite alerté les voisins qui se sont opposés entre les deux protagonistes.

De bouche à oreille, cette nouvelle arrive chez le propriétaire de la maison, un Soninké résident à Badalabougou. Celui-ci, tout en déplorant l'attitude de ces vieux, fait repeindre son immeuble et à la surprise de tous affiche des photos de Tiebilé le long des murs. Il regroupe ensuite tous les locataires pour leur dire que celui qui ne veut pas voir la tête de Tiébilé Dramé sur son immeuble peut déguerpir.

Moriba, l'ibékiste n'a pas digéré cet « affront » et cherche depuis ce jour une nouvelle maison pour aménager. Quant à Bamba, qui totalise deux mois d'arriérés de loyers, il préfère se recroqueviller sur lui-même, histoire de ne pas essuyer les foudres du maître des lieux devant le public.

S. Y. D.

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