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2007

Mois d'avril

Les Echos du 20 avril 2007

APRES CINQ ANS DE POUVOIR

Les reproches d'un citoyen à ATT

Nous sommes en campagne. Cette fois, nous qui avons toujours été soucieux du respect de la loi, et qui humblement avons attendu ce moment, exprimons nos points de vue sur la gestion de ces cinq ans, où le général mal élu, s'est complu dans la confusion totale.

Je tiens à préciser à celui-ci, qui pense à toutes les contestations qu'il est injurié, qu'il préside aux destinées d'un peuple hautement poli. Le respect est une vertu cardinale ici au Mali. La contradiction est le nerf de la démocratie. Ceci dit, rappelons que depuis le 8 juin 2002, ATT est en campagne et il n'a agi que pour une réélection coûte que coûte, qu'en importe les suites.

Cinq ans durant, tout à cette pensée, il va piétiner au sens propre du terme le principe de la légalité qui, dans une République, permet au souverain de gérer et au citoyen de contrôler sa pratique à travers des institutions crédibles. Formé dans le moule du respect servile et docile, à tout accepter même l'inacceptable, le général aujourd'hui aux affaires reproduit le schéma de son évolution. Maurice Druon l'avait justement écrit : « Trop longtemps porté, le casque déforme la tête » .

Durant ces cinq années, pour citer un scientifique et homme d'église, le père Teilhard de Jardins, « et voilà que l'apparence de la vérité remplace la vérité, Et que l'apparence de la nuit remplace la nuit » . Belle image du Mali de ces cinq dernières années, où sur tous les plans, il n'y a eu que des reculs.

Les avancées notables et titanesques, se retrouvent dans la dilapidation des ressources publiques, la personnalisation du pouvoir, la confiscation des libertés et le culte de la médiocrité avec son frère jumeau, l'opportunisme. Entre le général et la loi, il y a comme la distance de la lune au soleil. Sa passion pour la violation de la loi est si prégnante, qu'avec la baraka d'une certaine classe politique aplatie et indignement bavarde, il a instauré, en violation du texte constitutionnel, en lieu et place de la démocratie, une monocratie.

Ce mot qui, au début, était un néologisme, signifie pouvoir personnel. La monocratie, évoque le double monopole, de la détention du pouvoir et de la formulation de l'idéologie, qui appartient à un seul. De ce fait, on est très loin de la démocratie, où le pouvoir est dépersonnalisé et tombe dans l'escarcelle de l'ensemble des citoyens. C'est bien le sens qu'il faut donner à l'article 25 alinéa 1 et 2 de la Constitution : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale. Son principe est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » .

Monocratie

Or, durant ces cinq années, il y a eu une personnalisation à outrance du pouvoir, au point que le président s'est permis au cours d'une émission télévisée, le doigt pointé sur sa poitrine de clamer : « L'Etat c'est qui ? L'Etat, ce n'est pas moi ? Je suis l'Etat ! » . Marcel Prélot, l'un des plus grands constitutionnalistes, disait : « … le régime démocratique est celui du pouvoir anonyme, qu'il aboutit même à une dépersonnalisation parfois proche de l'évanouissement. La monocratie incarne le pouvoir en un seul homme » . La monocratie, pour reprendre Frantz Funck-Bretano maintient « les survivances personnelles de la puissance féodale » .

En monocratie, le titulaire du pouvoir est lui-même créateur des espaces de pouvoirs. Ainsi, tout dépend de lui et c'est lui qui dispense les onctions. Argent, vice, médiocrité, opportunisme, banalisation des institutions... deviennent des espaces de pouvoirs. Le hic avec cette monocratie, c'est qu'elle précède une période de turbulence extrême si on n'y prend garde.

En effet, lors des périodes de désagrégation, elle ramène l'autorité à son expression individuelle, antérieure à l'institutionnalisation, provoquant derechef l'absorption de la notion d'Etat dans celle de puissance personnelle. Ceci ressort de l'analyse de Georges Burdeau, sur la monocratie. Au sens propre du terme, c'est un pouvoir autocratique, même s'il arrive qu'on invoque des titres extérieurs de légitimité comme l'intérêt national, les élections, trop souvent truquées, toutes choses qui constituent des moyens de renforcement de ce pouvoir et en même temps, d'accentuation du pouvoir personnel.

Le chef est le seul homme susceptible d'occuper la place suprême, parce qu'il incarne l'expression de l'unité nationale, parce qu'il a ramené le calme, parce que... Lui seul peut, face aux exigences du moment, interpréter intuitivement la volonté populaire. Ainsi, seul ATT connaît ce qui est bon pour les Maliens. Lui seul peut appeler le président français Mon cher Jacques... Le pouvoir personnel entraîne malheureusement au plan de la pensée, ce que Marcel Prélot qualifie de « réduction à l'unicité de la multiplicité des conceptions individuelles concernant la vie publique » .

Ainsi, l'homme à la tête de l'Etat est le seul capable de discerner le bien de la collectivité. Sa doctrine est la seule valable, la seule bonne, donc susceptible d'être professée et propagée par tout moyen. Aussi, pendant cinq ans, il capte la télévision, réduit certains journaux à de simples tracts dédiés à sa cause, il bastonne le journaliste qui ose le critiquer, car même le vent et les oiseaux doivent porter son message. Tout propos contraire est une grave atteinte à la dignité du chef, donc un crime de lèse-majesté. Combien le Mali est tombé bien bas !

Je voudrais ici interpeller la conscience des hommes du 26 mars, notamment ceux qui restent sourds à la voix d'outre-tombe des martyrs tombés sur le champ d'honneur, pour que fleurissent, grâce à la démocratie, les principes de liberté, d'égalité, d'universalité et de majorité. Malheureusement, au lieu de cela, se sont érigés en principes des fers autocratiques comme l'autorité, l'orthodoxie et l'exclusivité.

En lisant ces mots, je voudrais que des leaders comme Me Tall, Mamadou Lamine Traoré, Dioncounda Traoré, Oumar H. Dicko, les anciens de l'US-RDA (auprès desquels nous avons fait nos premiers pas)... qui savent pour certains le contenu de ces principes d'autocratie, écoutent ce que leur conscience leur dit, en entendant, à la lecture de ces mots, les voix d'outre-tombe des martyrs. Vous êtes en train de bâtir un piédestal pour la plus ignoble dictature que ce pays a connue. Faites gaffe. Un homme averti en vaut deux, dit-on. Mais le jour où vous direz si je savais, ce sera trop tard. Regagnez alors qu'il est encore temps, le bercail des démocrates. Ella Wheeler Wilcox disait : « Pécher par le silence quand ils devraient protester, transforme les hommes en lâches » .

La pratique du général est celle d'un militaire. Sa démocratie ne se conjugue qu'au temps des ordres et des exécutions. Sa mesure est celle-ci : « La discipline étant la force principale des armées, les ordres doivent s'exécuter sans contestation ni murmure » . Une telle culture s'appelle autocratie. Pour le général et sa nébuleuse du Mouvement citoyen, je voudrais leur faire découvrir ces épines citées ci-dessus ; à savoir : les principes d'autorité , d'orthodoxie et d'exclusivité :

- Le principe d'autorité s'oppose à la majorité. Puisqu'un homme détient le pouvoir, il est le mieux placé pour décoder à la place de la masse, tiraillée entre divers points de vue. Aussi, son point de vue s'impose. Il n'y a pas à se préoccuper de l'accord du plus grand nombre, autrement que pour en surveiller et prévenir les éventuelles réactions.

- Le principe de l'orthodoxie, qui s'oppose au principe d'égalité. La conception du chef, réputée la meilleure, cesse d'être une opinion parmi d'autres pour devenir un axiome politique. Cette seule doctrine est qualifiée pour inspirer l'action gouvernementale.

- Le principe d'exclusivité, lui, va s'opposer au principe de liberté. La liberté en démocratie, vaut l'expression sans contrariété ni limites des opinions sur les affaires publiques et sur le comportement des gouvernants. Or en monocratie, ceci n'est plus tolérable. La seule doctrine du chef étant la bonne, les autres doivent s'effacer, de gré ou de force. Aussi, quand le général est critiqué dans son action, il s'énerve, et se trouve outragé dans sa dignité. Pense-t-il être le seul coq de la basse-cour ?

Dans son analyse de la monocratie, le Pr. Prélot a cette très belle image : « L'orthodoxie politique a les mêmes conséquences que l'orthodoxie religieuse. Elle n'admet pas de salut en dehors d'elle, elle a ses apostats, ses schismatiques, ses hérétiques et ses excommuniés. A la limite, la monocratie est un régime sans liberté. Certes, elle peut tolérer certaines libertés, mais la logique du système restreint ou même élimine l'autonomie individuelle. La monocratie engendre le totalitarisme » .

Même en voulant créditer ATT de la présomption de bonne foi, sa démarche et toute sa logique le conduisent indubitablement vers le pouvoir personnel. En effet, même s'il apparaît souvent entouré d'une cohorte de ministres, de conseillers, officiels et occultes, ceux-ci ne font que de la figuration. Ils sont dénués de tout pouvoir d'analyses persuasives, l'impulsion et la décision viennent ou de lui ou de sa coterie. Ainsi, entre pouvoir personnel et passion de la violation de la loi, il n'y a qu'un pas, allègrement franchi par le général.

Au-delà de sa campagne prématurée et arrogante (excusez-moi général, ce n'est pas de l'injure), plusieurs aspects de sa pratique sont des atteintes à la légalité. La monocratie et le pouvoir personnel qui en est le pendant obligé, s'accommodent mal de la loi. Comme il est l'Etat, ATT s'autorise tout.

Echecs patents

Au Sénégal, nul ne se hasarde à en faire un thème de campagne. Ni en Côte d'Ivoire, ni au Burkina Faso. Seul au Mali, cette imposture est transformée en drapeau au grand dam de toutes celles et tous ceux qui ont une once de jugeote. En effet, cette politique, a commencé avec l'US-RDA de Mamadou Konaté et Modibo Kéita. Ceux qui s'agitent au nom de ce parti, pour le compte du général, ne sont pas dignes de cet héritage et il faut pour l'exemple distinguer. Même le général Moussa Traoré a continué, avec la Sema. Alpha Oumar également, avec les 300-Logements, les 80-Appartements, les 100-Logements de la Cité de la solidarité, la BHM.

Comment, de but en blanc, sans crier gare, en 2002, comme si le peuple tout entier est devenu amnésique, on découvre une politique de logements sociaux, et des ATTbougou qui germent de partout. Relayé en cela par une certaine presse, grassement payée en nature, et par des prétendus intellectuels qui, pour quatre murs, ont avalé dignité et honneur.

ATT a amené la corruption à un niveau industriel. L'ère de la confusion des genres, entre biens privés et biens publics a sonné. A l'époque où le Nigeria comptait parmi les pays les plus corrompus du monde, un de mes amis travaillant chez Ernest & Young m'a dit ceci : « Tous les contrôles hiérarchiques étant défaillants, la corruption devient forcément le nerf du système d'Etat » . Cette défaillance s'explique par la violation de principes simples qui constituent le fondement de l'administration, comme la récompense du mérite, le respect de l'avancement, le travail bien fait, l'égalité devant l'emploi, etc. Quand ces valeurs sont violées, quand l'appartenance à un mouvement politique et l'allégeance à un homme ou à un clan priment sur la compétence, quand ce sont là des garanties ou des clés qui ouvrent toutes les portes, alors qu'on ne s'étonne pas du pis-aller que l'on remarque au Mali.

Ce constat est patent, n'en déplaise à ces colporteurs d'illusions, qui voient dans ce pays, l'eau de rose de la bonne gouvernance. Je voudrais envoyer ceux-ci dans nos gares routières, discuter avec les chauffeurs, à propos des misères à eux faites sur les routes et pistes du Mali.

Je voudrais qu'ils aillent à la rencontre des justiciables maliens, arnaqués et avilis par une caste de magistrats, assurée de l'impunité grâce à l'onction d'un président du Conseil supérieur de la magistrature, dont tous les actes sont autant de violations de la Constitution et de la loi. Je souhaite que ces illusionnistes demandent un passeport, une carte d'identité, un lopin de terrain, etc.

Qu'on aime ou qu'on n'aime pas ATT, il faut reconnaître très honnêtement que c'est avec lui que la corruption a été élevée à la dignité d'art. Elle est partout. C'est comme si un décret l'a imposée.

Quant à l'école, ce général a porté une hypothèque sur l'avenir de ce pays. On pourra dire d'ATT, qu'il a tout fait pour rabaisser le pays au niveau intellectuel et culturel qui est le sien.

Quand un chef d'Etat est incapable d'assurer une année scolaire normale durant tout son mandat, quand il admet qu'avec 5 sur 20 de moyenne, des lycéens terminalistes obtiennent le baccalauréat, quand dans la Faculté de droit, avec 7,5 sur 20 de moyenne des étudiants qui n'ont suivi que deux à trois mois de cours, passent en classe supérieure ou obtiennent la maîtrise, quand un recteur est démis de ses fonctions pour avoir sanctionné un doyen de Faculté notoirement véreux, que dire sinon que cet homme ne doit rien diriger.

Il aura ainsi montré toute son inaptitude à gérer. C'est pourquoi, il faut lancer ce message aux étudiants et aux élèves en âge de voter. C'est le moment de prendre en main votre propre destinée en sanctionnant celui pour lequel il y a 16 ans vous vouiez dans une innocente contemplation votre admiration en scandant ATT, « an bi sa i no fè » (ATT, nous mourons pour toi). Il n'a rien compris de votre message. Vous l'avez pris moult fois en flagrant délit, car votre avenir est bien le dernier de ses soucis. Mieux, fous de rage d'avoir été trahis, vos aînés sont ces milliers de jeunes qui bravent la mort pour trouver en Europe et dans les Amériques cet eldorado qu'ATT encore promet à vos cadets, qu'il persiste à appeler impudiquement mes amis les enfants.

Nécessaire sursaut

Vos aînés fuient l'enfer créé pour eux par ATT. Faites-les revenir en décidant de bouter ATT hors du jeu politique, et de transformer dans l'effort et le travail ce pays, non en mendiant et en quémandant comme le fait ce général. Que chaque élève et étudiant transforme son bulletin de vote en arme fatale contre un général qui va vous réduire en loque humaine, sans espérance, dans un Mali de corruption, de médiocrité et de forfaiture de tout genre. C'est pourquoi, voter contre ATT, c'est faire acte de salubrité publique, pour le Mali et pour l'avenir, le vôtre. Je voudrais vous transmettre cette apostrophe de Démosthène « Levez-vous jeunesse du Mali et reprenez le flambeau de gloires, comme en 1960 et en 1991 » .

Que dire au paysan malien, sinon qu'ATT qui dénonce devant eux et partout la politique des subventions accordées aux paysans occidentaux est le même qui se glorifie d'avoir pris des milliards avec ces gens qui vous affament. Cette fois c'est pour asphyxier tout le monde. Comprenne qui pourra en ce discours. C'est ce que les bambaras appellent « i té djèguè fé, nka i ti ban ko da la » (tu n'aimes pas le poisson, cependant tu es toujours au bord du marigot) Quand entre le dire et le faire il y a un décalage, il faut avoir peur.

Paysan, prenez votre destinée en main. Il semble que les riziculteurs de l'Office du Niger sont décidés à ne plus se laisser faire et à dire par les urnes au général qu'ils ont compris que la cause de leur malheur vient de lui et de lui seul. Bravo à ces citoyens responsables, qui ont compris qu'un président de la République, dans une démocratie, n'est président que grâce aux suffrages de l'ensemble des femmes et des hommes de la cité.

Chaque bulletin de vote est un mandat, une parcelle du pouvoir qui est délégué à celui qui entend présider aux destinées du pays. Ce ne sont pas les T-shirts, les pagnes, le thé ou le sucre, l'argent facilement distribué... Ce sont là des signes de mépris, et celui qui méprise autant son peuple pour croire que la valeur d'un citoyen, un honorable électeur équivaut à un paquet de thé ou à un kilogramme de sucre, franchement, celui-là ne mérite pas de diriger le pays. Or, cette campagne présidentielle commence avec une telle débauche d'argent de la part du candidat ATT, qu'en toute logique il faut dire qu'il est riche, immensément riche. Comment l'est-il devenu ?

Docteur Panghalê

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MECONTENTEMENT DANS LA MEDECINE

Les professeurs lancent un ultimatum

Les secteurs mécontents sont de plus en plus nombreux. Au lot s'ajoutent désormais les professeurs qui officient à la fois dans les hôpitaux, dispensent des cours dans les facultés ou mènent des travaux de recherche.

Sur la base des différents textes adoptés par le gouvernement, les professeurs de médecine devraient bien se porter. En effet, la loi 98/067 du 30 décembre 1998, en son article 63 dit que « le personnel enseignant des CHU en activité conserve les avantages liés à l'exercice de ses activités hospitalières » .

La loi hospitalière n°050 du 22 juillet 2002, en son article 84, est encore plus explicite. Elle dit que « les médecins, pharmaciens et chirurgiens dentistes appartenant à des établissements relevant des CHU qui exercent en plus de leurs temps hospitaliers, des responsabilités universitaires » bénéficient « d'une indemnité spéciale versée par leur établissement, qui correspond au paiement de leurs activités hospitalières » .

Mieux, le décret n°03-346/PRM du 7 août 2003, fixant les modalités de mise en œuvre de la convention hospitalo-universitaire précise que « en dehors de la rémunération universitaire payée par le ministère chargé de l'Enseignement supérieur, le personnel hospitalo-universitaire en activité perçoit une rémunération hospitalière due au titre des activités exercées pour le compte de l'établissement public qui en assure la charge » .

Pour les professeurs, depuis la signature de ces décrets, aucun début d'application n'a eu lieu à ce jour, ce qui justifie leur courroux. Dans une correspondance adressée au ministre de la Santé, ils écrivent que « si d'ici au 26 avril 2007, les dispositions ne sont pas prises pour la mise en application des textes hospitalo-universitaires et notamment l'article 30 du décret n°03-346/PRM du 7 août 2003, nous cesserons toutes les activités hospitalières pour nous consacrer uniquement à nos tâches d'enseignant » .

Aux termes de la loi 98/067 du 30 décembre 1998, il s'agit des professeurs titulaires, des maîtres de conférences agrégés ou non de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie (FMPOS), des maîtres-assistants, des internes et des chefs de cliniques des centres hospitalo-universitaires (CHU).

Encore un pavé dans la mare ATT.

Alexis Kalambry

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MILIEUX RURAUX MALIENS

L'éternelle lutte pour la survie

Pour connaître les vraies réalités socio-économiques du pays, il est indispensable de sillonner l'intérieur du pays où le milieu rural, abandonné, croule sous le poids de la pauvreté.

"L'intérieur du pays souffre" , me dit mon compagnon de voyage lorsque notre convoi s'est arrêté dans un village en quatrième région. Comme lui, nous avons aussi fait le même constat après la visite de beaucoup d'autres villages et entendu la complainte des paysans.

A chaque arrêt, ils venaient à notre rencontre sourire aux lèvres et joyeux. De l'avis général des populations de ces contrées, peu de chose a changé dans leur vie ces dernières années et la situation va de mal en pis. Des enfants sont vêtus en loques et des femmes marchent des dizaines de kilomètres, bébés sur le dos et panier en équilibre sur la tête pour aller à la foire acheter les condiments pour toute la semaine.

Les routes ou pistes dans leur ensemble sont dégradées au point que les usagers arrivent à destination avec des courbatures le lendemain, quel que soit le moyen de locomotion. Telle est la triste réalité de nos villages et campagnes en troisième et quatrième régions...

Au manque d'eau potable s'est greffée la cherté des intrants agricoles. Or, "nous tirons l'essentiel de nos revenus de l'agriculture principalement de la culture du riz ou du coton" , confie un paysan de Macina, qui ajoute que des familles n'ont pas les trois repas quotidiens chaque jour.

Là-bas, le riz, qui constitue la principale source de revenu, se vend au même prix que celui de l'engrais, soit 15 000 F CFA. Cette parité de prix entre sac d'engrais et sac de riz inquiète à plus d'un titre les riziculteurs qui se demandent maintenant l'utilité d'aménager des hectares et de cultiver du riz.

A Dioïla, faute de débouchés et d'usine de transformation des produits maraîchers, les femmes sont obligées de brader leurs productions de tomate ou de la laisser pourrir. Même si dans les capitales régionales (Ségou et Sikasso), la situation est meilleure, la pauvreté touche néanmoins la grande majorité des populations.

Autant dire que le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui classe notre pays au 175e rang sur 177, n'est pas totalement erroné. Dans le Mali profond, l'heure est plus que jamais à la lutte pour la survie.

Denis Koné

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CAMPAGNE PRESIDENTIELLE

Mme Sidibé dans le pays profond

Près de deux semaines après l'ouverture de la campagne présidentielle, Mme Sidibé Aminata Diallo, l'unique femme à briguer la magistrature suprême du Mali a sillonné en début de semaine la zone Office du Niger. Objectif : mobiliser les femmes et les hommes à voter pour elle le 29 avril prochain.

Ségou, Markala, Niono, Kolongotomo, Kokry et plusieurs autres localités de la zone Office du Niger ont accueilli lundi dernier la candidate du Rassemblement pour l'éducation à l'environnement et le développement durable (REDD). Partout où elle est passée, un accueil triomphal lui a été réservé. Confiante, Mme Sidibé n'a pas varié dans son message : mettre le pays au travail, lutter contre le chômage des jeunes, promouvoir la femme et la santé, protéger l'environnement…

Dans la capitale du Royaume bambara, Mme Sidibé a rappelé aux populations que le développement ne se décrète pas, mais se décide. Pour la candidate du REDD, Ségou, qui abrite la zone Office du Niger, est et demeure la mamelle nourricière de notre pays. Elle a insisté sur l'unité et la solidarité pour que notre pays sorte de cette pauvreté ambiante qu'il ne mérite pas.

A Markala et à Niono où les femmes sont sorties massivement, Mme Sidibé a exhorté les populations à retirer les cartes d'électeur, condition sine qua non du vote. « Les femmes ne doivent plus rester en marge des affaires publiques. Nous avons un rôle important à jouer. Donc, ayons confiance en nos capacités et jouons notre rôle » , a-t-elle dit aux habitants de Kolongotomo qui ont promis de voter pour elle.

La candidate a apparemment convaincu son auditoire par son programme qui consiste à mettre en confiance toutes les femmes du Mali, à favoriser la création des emplois ruraux par le développement de l'agriculture et la pêche, principales activités de la zone Office du Niger.

« Si je suis élue, je m'attacherais à développer le secteur de l'agriculture qui doit rompre avec l'amateurisme et qui doit sortir de l'informel. Je veillerai à ce qu'une bonne partie des produits de la pêche soit transformée pour créer de la valeur ajoutée ».

Le Mali, dira-t-elle, est un vaste chantier auquel doivent contribuer tous les Maliens. En tout cas, cette descente dans le pays profond a permis à Mme Sidibé Aminata Diallo de s'imprégner et de comprendre les problèmes auxquels les femmes sont confrontées.

Idrissa Sako

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CAMPAGNE POUR LA PRESIDENTIELLE

« La marche montante » de la Jeunesse Parena

Dans le cadre de la campagne électorale, la Jeunesse du parti pour la renaissance nationale (Parena) organise une caravane dénommée « la marche montante ». Le choix de cette expression n'est pas fortuit car elle désigne la marche vers Koulouba, où les jeunes du Parena espèrent que leur candidat dormira la nuit du 8 juin prochain.

Cette caravane, dont le lancement a eu lieu mercredi après-midi devant la Bourse du travail, durera jusqu'à la veille de la clôture de la campagne présidentielle. Ainsi, les jeunes du parti du Bélier blanc feront le périple de toutes les cinq communes du district de Bamako et ses environs.

Sortis massivement et arborant les T-shirts sur lesquels on pouvait lire le slogan de campagne du Parena : « Avec Tiébilé, un autre Mali est possible » , les jeunes militants du Parena ont sillonné mercredi après-midi les communes I et II du district de Bamako au son de la musique et des messages enregistrés sur cassette de leur candidat favori : Tiébilé Dramé.

Selon Boubacar Gaye, un des organisateurs de la caravane, l'objectif recherché est de sensibiliser et mobiliser le peuple malien, notamment les jeunes, derrière le natif de Nioro du Sahel afin de permettre à celui-ci d'accéder à la magistrature suprême.

M. Gaye demeure convaincu que la jeunesse malienne soutient Tiébilé Dramé parce que « beaucoup de jeunes sont venus me voir pour me signifier leur adhésion aux idéaux de Tiébilé car ils ne pouvaient pas imaginer qu'un candidat pouvait tenir de tels discours » .

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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ASSEMBLEE GENERALE DU CNOSM

Les textes adaptés à la Charte olympique

En se dotant des textes conformes à la Charte olympique, le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) comble un grand vide qui le handicapait depuis sa création en 1962.

Le comité exécutif du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) s'est réuni en assemblée générale extraordinaire le mercredi dernier. Présidée par Habib Sissoko, elle avait à son ordre du jour l'adoption des statuts et règlement intérieur revus en fonction des recommandations du Comité international olympique (CIO).

Ces textes avaient été déjà adoptés par l'assemblée générale quadriennale de février 2004. Mais, en fonction de certains amendements au niveau de la Charte olympique, il fallait les réviser pour les adapter aux normes exigées par le CIO. Ce qui a été fait.

Après discussion et quelques éclaircissements, les deux textes ont été adoptés à l'unanimité par acclamation des délégués massivement présents. Mieux, les participants à cette assemblée générale, c'est-à-dire les responsables des différentes fédérations et organisations sportives membres, ont adopté une résolution félicitant le comité exécutif de l'excellent travail accompli en un temps record.

Il faut souligner que de sa création (en 1962) à 2000, le Cnosm n'était pas parvenu à se doter de textes conformes aux exigences du CIO. Une tâche à laquelle Habib Sissoko s'est attelé pendant son 1er mandat : en misant sur l'expérience de son secrétaire exécutif, Oumarou Tamboura. Les projets de statuts et règlement intérieur avaient été adoptés par l'assemblée générale quadriennale de février 2004. Mais, le CIO avait émis quelques réserves en fonction de certains amendements portés à ses propres textes.

Avec les statuts et règlement adoptés ce 18 avril 2007, le Cnosm entre de plain-pied dans le cercle restreint des comités nationaux africains dont les textes sont adoptés par le CIO. Ce qui permet ainsi au mouvement olympique malien de faire un pas historique dans cette grande famille.

Le comité exécutif a profité de l'occasion pour procéder à la remise symbolique des équipements négociés avec Airness de l'équipementier Malamine Koné. Cet important lot est composé de survêtements, de T-shirts, de gants de boxe et autres équipements de pratique d'arts martiaux.

Si les disciplines (basket-ball, tennis, taekwondo, athlétisme, boxe, judo, karaté, l'escrime…) qui doivent participer aux prochains Jeux africains d'Alger (Algérie) ont été privilégiées, aucune des fédérations affiliées au Cnosm n'a été oubliée.

Le président du Cnosm, Habib Sissoko, n'a pas manqué l'occasion de rappeler que « les équipements sont exclusivement destinés aux sportifs et à leurs encadrements techniques » . Une mise en garde bien comprise par les récipiendaires qui n'ont pas caché leur satisfaction du dévouement du président Sissoko et de son équipe à les soutenir dans la résolution des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans le développement de leurs disciplines.

Moussa Bolly

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ELIMINATOIRES DES JO/PEKIN-2008

Les Aigles Espoirs dans le groupe B

Pour jouer la phase finale du tournoi de football des prochains Jeux olympiques (Pékin-2008), les Aigles Espoirs devront se débarrasser de leurs homologues sénégalais, ivoiriens et zambiens. Le défi est de taille, mais pas insurmontable pour les protégés de Mory Goïta.

A l'issue du tirage au sort de la poule qualificative pour la phase finale de football des Jeux olympiques Pékin 2008, les douze pays connaissent leurs adversaires. Certains souffrent, d'autres pas, mais chacun souhaite se qualifier pour Pékin.

Le tirage au sort effectué mardi soir présente des groupes intéressants et passionnants. Le Mali se retrouve dans le groupe B en compagnie de la Côte d'Ivoire, de la Zambie et du Sénégal. Ce groupe semble bien équilibré et la qualification y sera âprement disputée. Les poulains de Mory Goïta auront fort à faire avec le Sénégal, une vielle connaissance, la Côte d'Ivoire, revancharde, après son élimination par les Aigles Espoirs aux JO d'Athènes-2004.

Pour cette confrontation, l'histoire doit se répéter, et beaucoup de Maliens voudraient croire que les Aigles Espoirs ne seront pas ridicules face aux Eléphanteaux et surtout face à la Zambie. Ce dernier pays a un football en pleine mutation notamment avec la qualification de son équipe des moins de 20 ans pour le prochain Mondial de la catégorie au Canada et surtout avec l'arrivée de la star Kalusha Bwalya comme vice-président de la Fédération.

Au regard des différentes confrontations en perspective entre ces équipes, il faut simplement reconnaître que la bataille sera rude. A noter que les Aigles Espoirs livreront leur premier match début juin à Dakar face aux Lionceaux du Sénégal.

Le groupe A est composé du Ghana, du Nigeria, de l'Afrique du Sud et de l'Ethiopie. Dans le groupe C le Maroc, le Cameroun, la Guinée-Conakry et le Botswana vont en découdre.

Boubacar Diakité Sarr

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Faantankin la cité des pauvres

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Les pièges du destin 4000f cfa

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