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2007

Mois d'avril

Les Echos du 17 avril 2007

FINANCEMENT OCCULTE DE LA CAMPAGNE

Les pratiques du camp présidentiel discréditent la politique

Tout le monde sait que les activités du Mouvement citoyen et des partis de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) sont financées par des détournements d'argent au détriment du Trésor public.

Comme avant chaque échéance électorale importante, le circuit de blanchiment de l'argent sale se met en marche à plein régime. Le Mali est devenu ainsi depuis l'arrivée de cette camarilla à la tête de l'Etat la destination prisée de l'argent blanchi. Il est en tous les cas parmi les principaux points de passage de l'argent sale.

Il y a quelques mois, le livre “ ATTcratie : la promotion d'un homme et de son clan ” révélait des accointances entre les proches du pouvoir et les bandits qui ont dévalisé la succursale de la BCEAO à Bouaké. Et les oreilles qui entendent tout et les langues qui se délient trouvent que les sanctions infligées à la soldatesque suite au match Togo-Mali du 27 mars 2005 sont la conséquence de cette affaire ténébreuse. La reprise des aides abondantes à notre pays y trouve sans doute un début d'explication.

De sources généralement bien informées, certaines structures fantômes sont créées pour les surfacturations d'achat de matériels agricoles et d'autres biens de grande consommation. Cela, pour alimenter le trésor de campagne du candidat-président. L'attribution des marchés publics serait un “ vaste système d'entente organisée ”.

Rien qu'à éplucher les marchés exécutés par les entreprises du bâtiment qui ont obtenu entre 2002 et 2007 des marchés pour la construction et/ou la rénovation des logements sociaux, des routes, des lycées et autres, on se rend aisément comptes que certaines ont été favorisées à tour de rôle les unes par rapport aux autres selon un tour de table préétabli par les attributaires de marchés respectifs entérinés par des commissions d'appel d'offres, soucieuses seulement d'assurer le respect de cette répartition équitable entre les entreprises “ sélectionnées ” et acquises à la cause.

En outre, ce dispositif d'entente anticoncurrentielle et de favoritisme a été mis en place et fonctionne à la faveur de pratiques corruptrices sous-jacentes. En effet, l'attribution de ces marchés est subordonnée au versement par ces entreprises de commissions au Mouvement citoyen et affidés. Ces malversations liées à l'attribution de ces marchés sont sues, mais tues.

Le président ATT est évidemment au courant de ce genre de collecte de commissions occultes auprès des entreprises, et tout son lien avec les marchés attribués aux entreprises donatrices. ATT, par amour pour le Mali et par devoir doit se prononcer sur ces dossiers ténébreux qui affectent dangereusement la gouvernance du pays. Doit-on oublier les multiples voyages payés outre atlantique en espèces pour ces “ amis ” du président.

Les marchés publics alimentent les caisses des partis inféodés au Mouvement citoyen. En cette veille d'élections générales, la suspicion entourant la coalition qui soutient le pouvoir grandit. Opaque et camouflé dans d'inextricables labyrinthes, ces prélèvements/financements occultes sont difficiles à cerner. La boulimie de pouvoir des partisans d'ATT suscite aujourd'hui maintes controverses. Il y a en effet, dans le Mali d'ATT, beaucoup de dossiers financiers, industriels, politiques sulfureux auxquels, soit en personne, soit par hommes liges interposés, ATT est mêlé.

Mise en coupe réglée

Beaucoup d'argent est utilisé pour financer la campagne électorale en cours ou à séduire des électeurs indécis sans qu'on ne sache exactement leur provenance. Au même moment, une tension de trésorerie est perceptible au trésor public. Combien sont-ils ceux qui attendent d'être payés pour des travaux exécutés, alors que le président se permet d'offrir à tour de bras des millions de F CFA en espèces à d'illustres inconnus sans motifs apparents ?

Tout le monde est “ arrosé ” de billets de banque. Personne n'échappe à la générosité du président, même les imams pour quelques dizaines de millions de francs. Quelles que soient les explications fournies ou à fournir, ces comportements ont fini par jeter une lumière crue sur une réalité connue de tous : le financement de la campagne du président candidat est assuré par l'Etat. Certains diront que cela a longtemps fait partie intégrante de notre culture politique. Mais il faut donc savoir s'arrêter.

A l'instar des Etats reconnus mafieux, le Mouvement citoyen et ses affidés sont en train de mettre en coupe réglée les marchés publics, qui se chiffrent à des centaines de milliards de F CFA. Un pactole qui, non seulement fait le bonheur des entreprises privées, dont le carnet de commandes ne désemplit pas, mais encore sert de source intarissable pour les caisses des amis du président. Les rapports de connivence au sommet de l'Etat avec les opérateurs économiques, la mainmise du pouvoir sur l'appareil judiciaire, ont créé une culture de la compromission permanente que personne ne peut remettre en question sous peine d'être écarté du partage du gâteau.

Le culte de l'argent facile, les coûteuses inaugurations, les surfacturations, la certitude de l'impunité et un total mépris de l'éthique ont amplifié démesurément ces pratiques. Au cours de ces cinq dernières années, les pouvoirs publics ont totalement cédé à l'affairisme et sacrifié, avec un parfait cynisme, toute morale et tout projet politique alternatif sur l'autel de la “ real politik ” .

La confusion dans les discours et l'absence des programmes de gouvernement lisibles, le fossé qui s'est creusé entre le citoyen, le militant et les partis politiques transformés pour des besoins alimentaires de leurs leaders en froides machines de pouvoir, le clientélisme tentaculaire, monnaie d'échange de la fidélité de l'électorat, ont lentement mais sûrement contribué au développement d'un lourd climat de suspicion, voire à la déstructuration de l'Etat.

Ce mal-être pourra se transformer en abstention, voter blanc ou simplement en vote sanction pour un candidat anonyme. L'indifférence des populations face au destin de la cité. L'inquiétude va crescendo. Les citoyens se sentent menacés, confrontés qu'ils sont quotidiennement à la grande pauvreté et au chômage.

La coalition sortante porte une responsabilité écrasante : elle a en effet appliqué une implacable logique budgétaire qui a accru les inégalités et alimenté les phénomènes d'exclusion. Les chaleureuses félicitations adressées par les institutions de Brettons Woods ou l'autosatisfaction du Premier ministre ne nous émeuvent plus.

Monzon

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ECHOS DE CAMPAGNE

ATT rencontre le secteur privé

Dans son programme de campagne, ATT doit rencontrer certaines corporations ainsi que les forces vives de la nation. Le secteur privé a ouvert le bal de cette large consultation dans la nuit de jeudi à vendredi 12 février 2007 au CICB. Toutes les composantes du secteur privé étaient de la rencontre, y compris la CCIM en déconfiture avancée. Le très contesté président de la CCIM, Jeamille Bittar et ses partisans ont effectué le déplacement. Le groupe de la tendance Ousmane Guittèye était également présent. Feignant d'ignorer le différend dans le monde des affaires, le chef de l'Etat a évité de nommer dans ses interventions, le président de la CCIM, Jeamille Bittar. Il s'est plutôt adressé dans chacun de ses propos au président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Moussa Balla Coulibaly. Au monde des affaires malien, ATT a expliqué son programme pour son prochain mandat et a demandé leur soutien.

ATT et Tiébilé chez les Maliens du Gabon

C'est par Libreville, la capitale gabonaise et Niamey (Niger) que le candidat Amadou Toumani Toumani Touré a effectué le samedi 14 avril 2007 le lancement de sa campagne à l'extérieur du pays. Même s'il a été accueilli par ses homologues El hadj Oumar Bongo Ondimba du Gabon et Mamadou Tanja du Niger, ATT n'était pas venu en simple visite de courtoisie comme il se dit dans le jargon diplomatique. ATT, qui brigue un second mandat, était allé à la rencontre de ses compatriotes vivant dans ces deux pays. Au cours de cette visite de quelques heures, le candidat ATT a exposé aux Maliens du Gabon et du Niger son bilan des cinq dernières années et son programme pour son 2e mandat. Il leur a demandé aussitôt de lui renouveler leur confiance le 29 avril 2007. Tiébilé Dramé, est arrivé, quant à lui, le dimanche soir à Libreville. le président du Parena et candidat à la même présidentielle a tenu des conférences et meeting avec les Maliens du Gabon.

Sadi en meeting ce dimanche à Bamako

Après le lancement de sa campagne électorale, samedi dernier à Koutiala, le directoire du parti Sadi s'est rendu à Yorosso le même jour. Dimanche, l'équipe dirigée par le candidat Oumar Mariko s'est rendue à Sikasso. Elle fera le tour de la 3e région, Kadiolo, Zégoua, Bougouni, Kolondiéba avant de regagner la capitale ce dimanche pour un grand meeting. Auparavant, elle se sera rendue à Fana, Konobougou, Ségou, Bla, Diaramana. Contrairement à d'autres partis, le président du parti Sadi, Cheick Oumar Cissoko, ne fait pas partie de l'équipe de campagne. Après le lancement de la campagne, il a regagné Bamako.

Africable donne la parole aux présidentiables

Africable, la chaîne du continent, est entrée dans le débat citoyen avec les candidats à la présidentielle du 29 avril. Cette chaîne à vocation panafricaine, a ouvert un créneau dénommé : “ A vous de convaincre ” . Ce temps d'antenne, accordé gracieusement aux 8 candidats, leur permet dans un débat ouvert mais franc, de s'exprimer sur les grands sujets de l'heure comme la santé, l'économie, l'école, l'immigration, le développement, entre autres. C'est une tribune mise à la disposition de celui qui cherche à briguer le suffrage populaire pour accéder à la magistrature suprême, de convaincre l'électorat sur ses préoccupations sur les grands sujets de la nation. L'émission enregistrée en partenariat avec Blonba, a reçu tour à tour les candidats Mme Sidibé Aminata Diallo du REDD, Mamadou Bakari Sangaré dit Blaise de la CDS/Mogotiguiya, Dr. Oumar Mariko de Sadi, Tiébbilé Dramé du Parena, Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence-2007, Ibrahim Boubacar Kéita du RPM et Dr. Madiassa Maguiraga du PPP/Jama jigui. La diffusion a commencé le dimanche 16 avril 2007 vers 22 h avec Mme Sidibé Aminata Diallo. ATT bouclera la boucle.

EDM : une coupure suspecte

Le meeting d'Oumar Mariko a été interrompu durant une quinzaine de minutes par une coupure d'électricité. Coïncidence malheureuse ou fait volontaire ? En tout cas, les spéculations allaient bon train. “ Cela ne nous surprend guère. Ça toujours été ainsi avec Sadi à Koutiala ” , grognaient certains. D'autres ont affirmé que des consignes auraient été données au directeur de l'EDM par les barons du Mouvement citoyen pour saboter le meeting de Sadi à travers une coupure. En tout cas, une partie de la foule s'est éclipsée avant le retour de l'électricité. On se rappelle que la même coupure d'électricité avait mis un terme au meeting de lancement d'IBK au Palais de la culture le 8 avril dernier. Electrique comme campagne.

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PRESIDENTIELLE 2007

La souveraineté du Mali en questions

Qu'est-ce que les huit candidats à la présidentielle du 29 avril 2007 nous proposent concrètement ? Voilà la question primordiale qui doit déterminer le choix du futur président de la République. Et cette question doit être analysée sans aucune considération partisane s'il est vrai que le devenir du Mali est notre souci commun. C'est cela le vote utile qui produira les changements escomptés dans ce pays toujours à la traîne après 46 ans d'indépendance.

“ Il y a deux vérités qu'il ne faut jamais séparer en ce monde. D'abord la souveraineté réside dans le peuple. Secundo, le peuple ne doit jamais l'exercer ” . Attribuons cette assertion à Antoine de Rivarol et revisitons Rousseau. Pour ce penseur, “ la souveraineté, qui est l'exercice de la volonté générale, ne peut jamais s'aliéner et le souverain qui n'est qu'un être collectif ne peut être représenté que par lui-même. Le pouvoir peut bien se transmettre, mais non pas la volonté ” .

La campagne pour la présidentielle du 29 avril 2007 bat son plein depuis une dizaine de jours. Ils seront huit à briguer les suffrages d'environs six millions de Maliens. Ils prétendent tous vouloir notre bien, un peuple qu'on doute qu'ils connaissent réellement. Un peuple qu'ils ne comprennent pas, un peuple qu'ils trompent tous les jours pour asseoir leur pouvoir et assouvir leurs besoins matériels et financiers.

Ils se présentent aux Maliens comme étant des messies envoyés par Allah, le Tout Puissant Miséricordieux pour guérir la paupérisation dont ils souffrent. Ils s'empressent de préciser qu'ils n'ont pas de remède miracle pour blanchir le peuple de la lèpre qu'est la pauvreté qui le ronge jusqu'à la moelle. Et pourtant, il existe des recettes pour payer aux travailleurs maliens un salaire minimum de 117 000 F CFA.

Les conditions de vie du Malien moyen ne cessent de se dégrader dans tous leurs fondements même si d'Alpha Oumar Konaré à Amadou Toumani Touré, la volonté de soulager ce peuple n'a jamais cessé d'être réaffirmée. Les conséquences de cette humiliante paupérisation, au fil du temps, sur l'humeur du pays, sur l'esprit critique, le civisme et sur la transmission des valeurs pérennes de l'honneur, apparaissent chaque jour, plus accablantes et plus déshonorantes.

Déclin de l'éthique

Des plumes bien expérimentées reconnaîtront avec nous que l'ébranlement d'un ordre politique ancien, bien avant la corruption comme sève nourricière de la mal-gouvernance, aura cisaillé l'apprentissage élémentaire du civisme. Le frémissement de la vie quotidienne, son incertitude économique et, plus encore, le chômage des jeunes auront privé les familles maliennes de tout soutien bienveillant.

A cette défaillance initiale s'est ajouté l'échec retentissant des gouvernements successifs de l'après-26 mars 1991. Le détournement et la confiscation de l'esprit de la révolution par une élite prompte à s'accaparer du moindre sou de l'Etat. Le comportement de cette classe de rusés prêts à s'enrichir au plus vite avant d'être démis, a fini d'éloigner le peuple de la chose politique. La preuve, c'est que malgré les efforts de sensibilisation, le taux de retrait des cartes électeurs n'a pas encore atteint les 10 % dans les centres urbains comme Bamako. Et le faible taux électoral (entre 19 et 30 %) témoigne éloquemment de la profondeur du fossé qui sépare gouvernants et gouvernés.

Pour quitter sagement cette impasse, il faut un homme d'Etat de la carrure de Modibo Kéita avec sa cléricature socialiste, équarrisseur de l'idéologie égalitariste. Pour que le Mali soit un Etat respectable et réellement souverain, il faut un dirigeant qui ne cède pas à la compromission et qui, au nom de l'intérêt collectif, est capable de sacrifier ses liens d'amitié ou de parenté. Mais, le malheur a voulu que, en prônant le contre-pied absolu de l'ordre ancien par l'hypocrisie d'une révolution, on ait imposé une classe de politicards saugrenus chez nous. Le renouvellement de la classe politique malienne est aujourd'hui la condition sine qua non de la bonne gouvernance, donc du développement.

Crise de confiance

Le peuple n'exerce pas le pouvoir, il le délègue à ceux qui sont habilités à l'exercer dans un Etat démocratique : la classe politique. Comment faire confiance à des politiciens médiocres voire incapables de cracher sur des miettes se trouvant à leur portée ? C'est cela aujourd'hui le propre de la classe politique malienne incapable de sursaut d'orgueil et de s'affranchir de sa cupidité pour veiller sur l'intérêt public.

Ces hommes n'ont pas encore compris que “ la politique, c'est résoudre les problèmes ” du peuple et non se faire les poches constamment. Ce qui fait que nous sommes le plus souvent contraints de choisir entre la peste et le choléra en priant Allah de nous mettre à l'abri de ses agissements. Difficile alors de se mobiliser pour les urnes. Ce sont ces sangsues qui prennent, depuis deux décennies, nos dirigeants en otage. Pendant près de dix ans, ils ont empêché le président Alpha Oumar Konaré de se consacrer à la concrétisation de son ambitieux projet de la société. Son tort, sa conviction qu'une démocratie ne peut être consolidée sans une opposition responsable qui assume sa partition dans le développement du pays.

Aujourd'hui, ce sont les mêmes hommes qui ont profité de l'esprit d'ouverture d'Amadou Toumani Touré pour assouvir leur cupidité. Le consensus politique n'est pas mauvais en soi, mais il a été galvaudé par le fait que la plupart de ceux qui ont accepté de composer avec ATT ont abusé de sa confiance pour se servir aux dépens du Trésor public. Loin d'être des exemples pour les autres, les responsables politiques présents dans le gouvernement ont trempé dans tous les scandales financiers de ces cinq dernières années. On comprend alors que leur acharnement à saboter les actions d'Alpha Oumar Konaré s'expliquait seulement par le fait qu'il leur avait refusé l'opportunité de combler leur retard social.

Quel que soit le vainqueur de la prochaine présidentielle, il aura du mal à tenir ses promesses et à combler les attentes du peuple s'il accepte le compromis avec une certaine composante de la classe politique actuelle. Des gens pour qui le Mali n'est qu'une orange qu'ils doivent se partager par tranche. Malheureusement, ces vautours sont présents aujourd'hui dans tous les états-majors de campagne sans exception.

Moussa Bolly

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Dr. OUMAR MARIKO, PRESIDENT DE SADI

“ A Koulouba, je ferais l'audit du pays ”

Le candidat de Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) Oumar Mariko a profité du lancement de sa campagne, samedi à Koutiala, pour dévoiler ses ambitions pour le Mali. Reconstruction du tissu économique national, audit du pays, l'annulation des privatisations des sociétés et entreprises nationales, etc sont au programme de Dr. Mariko. Pour lui, Sadi, un parti de patriotes et non de T-shirts, sera présent au 2e tour.

Les Echos : Pourquoi le choix de Koutiala pour lancer votre campagne ?

Oumar Mariko : C'est simple. C'est à Koutiala que les paysans nous ont demandé de transformer le mouvement Sadi en parti politique. Aussi, ce choix répond à notre ambition de pouvoir reconstituer le tissu économique de notre pays. Koutiala est un des poumons de notre pays en matière d'agriculture. Enfin, Koutiala est un carrefour qui a été indexé comme étant une zone à risque en matière de VIH/Sida. Je pense qu'il est nécessaire de revoir toute la politique sanitaire de notre pays à partir de cette question fondamentale du VIH/Sida. Voilà les trois raisons fondamentales qui nous ont poussés à choisir la capitale du coton.

Les Echos : Koutiala est considéré comme votre fief. Qu'est-ce qui fait votre force dans la Capitale de l'Or blanc ?

O. M. : Nous avons beaucoup travaillé à Koutiala parce que c'est un cercle où les gens sont de gros travailleurs. Mais, ils sont exposés à toutes formes de répressions de la part de l'Etat central et de l'Etat périphérique. Les paysans de Koutiala sont soumis à une exploitation féroce de la part des autorités locales. Quand nous arrivions à Koutiala, on dédouanait même les poulets entre les marchés, les cartes d'identité n'avaient pas de prix, de 3500 à 15 000 F CFA, en fonction de la tête du client. Il y a eu une certaine forme d'administration qui avait travaillé à pressurer les populations. Et nous nous sommes fait justicier à Koutiala. C'est pour cette raison que c'est notre fief. Koutiala a su nous rendre la monnaie parce que c'est à Koutiala que les gens ont pris l'engagement de doter le parti d'une force importante. C'est ce qui fait que nous avons pu avoir les six députés en 2002. Et nous aussi avons rendu à cette population le fait de faire entrer à l'Assemblée nationale les classes populaires notamment les paysans.

Les Echos : Quels sont vos messages forts de cette campagne ?

O. M. : Je dis d'abord non à la privatisation de la CMDT, non à la privatisation de Huicoma. Et à partir de cette question de privatisation, je dis que nous avons besoin aujourd'hui d'un Etat national, démocratique et populaire. C'est avec cet Etat que nous allons rationaliser les sociétés et entreprises d'Etat qui ont été bradées et nous allons poser la problématique de nos mines d'or et de développement du monde paysan et du monde ouvrier. Reconstituer le tissu économique national de notre pays : c'est le gage de la lutte contre le chômage, l'état de santé désastreux de notre population et pour une école au service de tout le peuple malien.

Les Echos : Qu'est-ce que vous avez vu ici et qui vous réconforte ?

O. M. : C'est cette foule qui ne me surprend pas du tout. C'est pourquoi, je suis très serein. Chaque fois que je viens à Koutiala, c'est ainsi. Il n'y a pas un seul parti politique en République du Mali capable de faire autant de mobilisation sans débourser un franc. Et tenez-vous bien, nous n'avons pas déboursé un franc. Les T-shirts que vous voyez sont faites par les populations elles-mêmes. Nous ne sommes pas un parti de T-shirts, un parti de pagnes, un parti qui fait du tape-à-l'œil.

Les Echos : A Koulouba, quelle sera votre première mesure ?

O. M. : Alors, ne me faites pas parler de façon démagogique. Je pense simplement que j'ai besoin de faire l'audit du pays avant de prendre des mesures. C'est clair que le jour où nous allons être proclamé président de la République, les privatiseurs vont commencer à ramper parce que nous allons croiser le fer avec cette situation.

Les Echos : Au cas où vous ne serez pas au 2e tour, allez-vous appelé à voter pour le FDR ou l'ADP ?

O. M. : En cas de 2e tour sans nous, ils nous feront appel. Nous n'avons pas besoin d'être avec le FDR ni avec l'ADP, nous sommes un élément, un singleton. Nos convictions sont établies dans notre document d'orientation et dans notre plate-forme d'alliance qui est notre guide. Mais, c'est nous qui serons au 2e tour.

Les Echos : Vous n'excluez cependant pas les alliances ?

O. M. : Nous irons en alliance avec les gens qui accepteront de composer avec notre plate-forme. Je ne vois pas sur l'échiquier politique un regroupement de partis politiques qui refuserait l'alliance avec Sadi, tant il est constitué de patriotes. C'est Sadi qui peut refuser des alliances. Ceux qui veulent du pouvoir, nous saurons les en donner, mais en même temps, nous saurons les faire travailler pour le besoin de notre pays.

Les Echos : ATT par exemple, ou IBK ?

O. M.  : ATT ou IBK, qu'est-ce qu'ils représentent en fait au fond. Ce sont leurs militants qu'il faut aller chercher et ce sont ces militants qui viendront à nous certainement. Parce qu'en réalité, ils ont plus d'électeurs que de militants. Sadi a des militants et nous sommes à la tête des électeurs.

Propos recueillis, à Koutiala,

par Sidiki Y. Dembélé

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CHAMPIONNAT NATIONAL DE FOOTBALL

La 13e journée profite aux Olympiens

Le leader qui trébuche à nouveau, victoire méritée pour le COB et un succès salutaire pour le Djoliba : ce sont, entre autres, les enseignements de la 13e journée du championnat national qui a pris fin dimanche.

Le grand vainqueur de la 13e journée du championnat national de football est incontestablement le Club Olympique de Bamako (COB). Pourquoi spécialement ce club ? Tout simplement parce qu'avec deux matches en retard, les Olympiens ont toutes les chances de reprendre les commandes en cette fin de phase aller de la compétition. Cela passera forcément par un bon résultat lors de ces deux matches en retard que les protégés du président Moussa Konaté doivent livrer respectivement face au Stade malien de Bamako (mercredi) et le Djoliba (dimanche). Deux sérieux prétendants au titre qui ne se laisseront pas faire.

Actuellement, le COB est le club le plus performant de la première division depuis quelques journées. En témoigne sa dernière victoire, samedi dernier contre l'AS Réal de Bamako (2-0). Un succès qui lui vaut trois points précieux et qui lui permet d'accéder à la seconde place à un point du leader, le Stade malien de Bamako. Tout comme les Verts, les Rouges (Djoliba) ont récolté trois points de la plus haute importance en s'imposant face à l'ASB par 3-1. Une victoire qui leur permet de se positionner à la 5e place.

Pour sa part, le CSK n'a pas tardé à mettre fin aux illusions de l'AS Commune II, humiliée par le se score sans appel de 7-0. C'est le plus gros score de la journée et du championnat national cette saison. Ce large succès des Domingo Boys leur permet, grâce à une meilleure différence de buts, de prendre la 3e place aux dépens de l'Association sportive de Korofina (Asko) désormais 4e.

Le Stade malien de Bamako, qui a encore trébuché en concédant le nul (1-1) face à l'Usfas, reste toujours en tête. Le Nianan reprend des couleurs grâce à son succès (2-1) sur l'AS Bakaridjan et reste toujours 6e alors que les protégés d'Amadou Baïba Kouma s'enfoncent davantage dans la zone rouge, tout comme le Réal, ces deux clubs semblent éprouver des difficultés à s'en sortir.

A Kayes, l'équipe des “ Sept Villages ” a poursuivi sa chute. Le nul (1-1) avec le Sigui local ne lui permet pas de bouger de la 14e place. Le Sigui et l'Usfas se hissent au milieu du tableau tout en sachant qu'il leur faudra encore rester sur leurs gardes. Le Stade malien de Sikasso reste 11e grâce au nul (1-1), face à l'Asko lors du match inaugural de cette 13e journée.

Mais, les matches en retard pourront bouleverser toutes les données. Il y a, en effet, de grandes explications en vue comme Stade malien de Bamako-COB, Djoliba-Usfas, avant le grand choc COB-DAC du dimanche. Des duels explosifs qui doivent déterminer le leadership à la fin de cette première phase du championnat.

Boubacar Diakité Sarr

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“ CLOS TAUREAU ”/TAEKWONDO

Le Mali gagne 5 médailles d'or à Nantes

Le taekwondo est véritablement la discipline sportive la plus en vue dans notre pays ces derniers temps. Après avoir gagné des médailles au récent Mondial francophone de taekwondo en Tunisie, le Mali vient d'obtenir 5 médailles d'or au tournoi “ Clos Taureau ” qui s'est tenu du 8 au 10 avril 2007 à Nantes en France.

La compétition a vu la participation de 24 équipes de la France, de la Belgique et du Mali, seul représentant du continent. L'invitation du Mali à ce tournoi est motivée par le fait que “ notre taekwondo jouit d'une bonne image à l'extérieur et beaucoup d'équipes souhaitent se frotter aux Maliens pour bien préparer les joutes continentales ” , croit savoir Gaoussou Soumaré dit Mafa, entraîneur national de taekwondo.

Composée de 6 combattants, l'équipe malienne est sortie haut la main avec 5 médailles d'or. Les heureux gagnants sont Alhassane Fofana dans la catégorie (-67 kg), Mamadou Bâ (-72 kg), Aminata Doumbia (-72 kg), Diahara Touré (-55 kg) et Aminata M. Traoré (-49 kg). Cette dernière, championne de la zone 2 de sa catégorie, a obtenu le “ trophée de meilleure des meilleures combattantes ” , d'où toute sa satisfaction :  “ Je suis ravie d'avoir été désignée meilleure des meilleures combattantes et je compte travailler dur pour obtenir d'autres distinctions ” .

L'équipe malienne, qui se prépare pour le Mondial de taekwondo (mai 2007 en Chine) et les Jeux africains (juillet 2007 en Algérie), était conduite par Mohamed Touré. Les autorités sportives devront multiplier les efforts pour que cette brillante équipe bénéficie de conditions idoines de préparation pour les compétitions futures.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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