Dans un entretien qu'il nous a accordé, le candidat du Parti populaire pour le progrès (PPP/Jama Jigi) à la présidentielle du 29 avril 2007 appelle les citoyens à se mobiliser pour apporter au pays le changement dont il a besoin. Madiassa Maguiraga, c'est de lui qu'il s'agit, nous a aussi exposé son projet de société et dit viser la 3e place à l'issue du scrutin. Interview.
Si l'or ne nous sert à rien, pourquoi avoir déclaré un bénéfice qui est de l'ordre de 18 %. C'est pour cela le PPP propose que les anciens Premiers ministres et ministres des Finances ainsi que des Mines fassent des recommandations pour qu'on y voit clair avant que l'or nous échappe. Ces cadres auront pour tâche de réexaminer les contrats existants et recommander ce qu'il faut faire pour que le Mali tire de l'or le maximum possible. Ces trois points fondamentaux sont la base de notre plate-forme de campagne. Et leurs solutions nous mettrons sur la vraie voie du développement.
A PROPOS DE L'ECOLE MALIENNE
Le Parena propose réforme et fonds national
Le candidat à l'élection présidentielle du 29 avril du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé, exposait sa vision sur l'école, vendredi dernier. Aux acteurs de l'éducation, le candidat du parti du Bélier blanc a proposé une réforme du système éducatif et la création d'un fonds national pour l'école.
Malgré la signature de l'accord "pour une école apaisée et performante" , entre les acteurs de l'éducation, l'école malienne n'a pu retrouver ses lettres de noblesses. En témoignent : les crises violentes avec mort d'homme (décès de l'étudiant Papou) et les nombreuses grèves, tantôt des élèves, tantôt des enseignants pendant les cinq années écoulées.
L'école malienne représente un enjeu pour la survie même de la nation parce qu'elle prépare les générations futures appelées à conduire les destinés du pays. C'est sur ce sujet majeure que le candidat à l'élection présidentielle du 29 avril du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé, s'est entretenu avec les acteurs du système éducatif vendredi dernier.
Outre des associations d'enseignants, des élèves, des parents d'élèves, des personnalités anonymes préoccupées par les problèmes de l'éducation, ont aussi fait le déplacement. Il s'agissait, pour le candidat du Parena, d'expliquer à ses interlocuteurs sa vision sur l'école malienne et surtout la politique scolaire qu'il mettrait en œuvre si le peuple venait à lui confier le pouvoir.
"Une autre école malienne est possible et même nécessaire" , souligne le candidat Tiébilé Dramé qui a développé les défis et les exigences de l'école malienne. Selon lui, le projet de société qu'il propose met l'enseignant au centre du système éducatif malien . "L'école doit revenir aux enseignants" , a-t-il tranché. Et d'ajouter : "qu'elle doit également s'adapter aux exigences d'aujourd'hui et du futur qui sont, entre autres, la mondialisation, la globalisation et la recherche de l'excellence" .
Dans la politique scolaire qu'il entend mettre en œuvre s'il était élu président de la République, Tiébilé Dramé propose une réforme éducative dans son ensemble. Concrètement, a-t-il souligné, M. Dramé veut rompre avec la spirale d'années académiques de 4 à 5 mois en plaçant les enseignants au cœur du système éducatif tout en reconnaissant et renforçant leur l'autorité dans l'espace scolaire. Le candidat du Parena a proposé en outre la création d'un Fonds national pour l'école, dont l'objectif final est la qualité des méthodes et des programmes d'enseignement.
Dans le but de rallumer la flamme patriotique et civique des apprenants, le candidat du Parena a annoncé que l'hymne national du Mali serait entonné tous les jours en début des cours par les élèves dans toutes les classes sur l'ensemble du territoire national.
Aux termes des échanges, tout en se reconnaissant dans le programme de M. Dramé pour l'école malienne, certains enseignants et élèves ont attiré l'attention du candidat sur la pléthore des étudiants, le manque d'infrastructures notamment les laboratoires et bibliothèques. Toutes choses que M. Dramé ne manquera certainement pas d'intégrer dans son projet de redressement de l'école malienne.
Denis Koné
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PRESIDENTIELLE DE 2007
Questions aux "futurs présidents du Mali"
J'ai le plaisir de vous adresser quelques questions pour les huit candidats à l'élection du président de la République du Mali. Je vous prie, ci cela n'est pas en contradiction avec vos intérêts d'organe de presse, de bien vouloir m'apporter votre concours en publiant ces questions pour nos "futurs présidents de la République du Mali".
1. Le Mali a initié des actions d'habitats sociaux depuis la Première République. Le président Alpha Oumar Konaré a, en son temps, fait les 300-Logements de Bamako. Quant au président ATT, il a fait des logements sociaux, un des axes prioritaires de sa politique de développement du Mali. Il apparaît de toutes les actions entreprises par les autorités maliennes en la matière, seules les populations des centres urbains sont visées, alors que la majorité des Maliens vit en milieu rural. A quand des opérations de logements sociaux pour le monde rural ?
2. Les logements sociaux réalisés dans les centres urbains sont à coût de dizaines de millions de F CFA tandis qu'en milieu rural avec quelques millions (entre 2,5 et 7,5 millions) par ménage ou même par "famille", l'Etat malien peut considérablement contribuer à améliorer le cadre de vie de millions de nos compatriotes ruraux à faible coût. Si une action devrait être entreprise en faveur du monde rural en matière de logements sociaux, quelle stratégie envisager madame et messieurs les candidats ? Quel taux de subvention pensez-vous acceptable pour ces braves populations vivant presque toutes dans la précarité ? Quelle comparaison avec les taux de subvention de l'Etat accordés aux actuels acquéreurs des logements sociaux ?
3. Le Mali, depuis son indépendance, a décrété une éducation gratuite pour tous. Depuis quelques années, le monde rural, dans de nombreuses contrées du pays, fait face aux charges de fonctionnement d'écoles communautaires (Ecom) suite à l'engouement pour la large et grande scolarisation des enfants. En ces moments difficiles, de nombreuses Ecom sont au bord de la faillite car les populations n'arrivent pas à réunir les quelques milliers de F CFA nécessaires pour leur fonctionnement. A quand une école réellement gratuite pour un monde rural de plus en plus pauvre ? Quelles stratégies de prise en charge envisagez-vous pour les Ecom rurales actuelles ?
4. La politique d'électrification rurale mise en œuvre par le Mali à travers l'Amader est très louable et mérite d'être soutenue et renforcée. Toutefois, le monde rural visé par cette approche est en majorité plus pauvre que la majorité des habitants des centres urbains alors que le prix de l'électricité est partout plus élevé qu'en milieu urbain. Qu'envisagez-vous pour plus de justice à l'endroit de nos compatriotes des centres ruraux quand on sait que les prix de l'eau et de l'électricité sont subventionnés pour les bénéficiaires du réseau interconnecté et des centres isolés de la société EDM-SA ?
5. Le monde est au siècle de la vitesse, de l'informatique et des Ntic, alors que nos écoles supérieures et secondaires tardent à développer la formation des futurs citoyens en informatique et aux Ntic. A quand l'introduction systématique de l'informatique et des Ntic dans nos écoles fondamentales ? Les cas du supérieur et du secondaire étant impératifs.
6. Aucun pays ne peut se développer sur la base du seul commerce, à moins qu'il ne soit une petite portion de terre. Nous savons tous que le Mali a plus d'un million de km2 de superficie. A quand une réelle politique d'industrialisation du Mali basée sur la valorisation des produits locaux et la satisfaction des besoins locaux et sous-régionaux ? Vous n'êtes pas sans savoir que nous exportons des produits bruts pour ensuite importer des produits finis faits à partir de ce que nous exportons. Ainsi, ces produits finis nous reviennent plus chers. Ainsi, le processus de pauvreté et de paupérisation du pays s'accentue énormément et éternellement. A quand la rupture de cette chaîne maudite de "dé-développement" ou d'enfoncement du pays dans la misère éternelle ?
7. Certes l'enseignement supérieur est un maillon important dans le développement de tout pays. Aussi, les agents intermédiaires sont très importants dans le processus de production national (cadres B1, B2 et C). On assiste à une prolifération de lycées à travers le pays au détriment d'écoles du type "Ecica" de Bamako. De plus, lorsque des écoles de ce genre sont créées, on ne trouve que des filières tertiaires au détriment de celles techniques et industrielles (maçonnerie, TP, bâtiment, climatisation/froid, mécanique, électricité, électronique, maintenance industrielle, maintenance informatique, etc.) A quand une amélioration de cette situation, notamment par la création de vraies "Ecica" au niveau de chaque région du pays ?
Espérant sur votre bonne coopération, je souhaite une bonne réception et une bonne lecture.
Youssouf Sanogo
( ingénieur électromécanicien)
Tél.: (223) 224 36 70
Cell.: (223) 673 38 70
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LES MURMURES DE BAMAKO
Les camps militaires obligés de voter ATT
Notre Constitution interdit à l'armée et aux forces de sécurité d'intervenir dans le champ politique. Mais chaque jour que Dieu fait, cette disposition constitutionnelle est foulée au pied. De hauts gradés de notre armée nationale battent campagne pour le général président ATT. Longtemps décrié, le directeur du service social des armées s'illustre une fois de plus par une descente la semaine dernière dans un camp militaire. Il s'est rendu à la Base aérienne 101 de Sénou pour donner le fameux « diguel » (la consigne de vote chez les Sénégalais) aux habitants de ce camp. Comme s'il était venu en mission commandée, l'officier supérieur a réuni femmes et enfants en leur demandant d'aller retirer leurs cartes électorales et de voter massivement le 29 avril prochain. « Vous devez voter pour ATT, notre candidat » , a lancé le missionnaire. Le directeur du service social des armées, qui sait de quoi il parle, a promis aux familles du camp des postes dans les différents corps à la faveur des recrutements prévus d'ici le mois de juin et des places dans la fonction publique pour des diplômés.
Des véhicules militaires dans la campagne
Le samedi 8 avril 2007, jour de lancement de la campagne électorale d'ATT, des véhicules militaires ont été aperçus au CICB avec des photos de campagne du candidat ATT. Ces véhicules ont surtout servi à transporter les épouses et enfants de militaires des camps, électeurs potentiels du général. Ce qui n'est guère une surprise quand on sait que des associations ont été créées dans les camps pour soutenir la réélection d'ATT. Paradoxalement, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga répondant à un confrère à l'occasion de la cérémonie de présentation du bilan du gouvernement de 2002 à 2007, a déclaré qu'il n'est pas au courant de l'immixtion de l'armée et de l'administration dans la politique. La question du journaliste était relative au déplacement sur Ségou de deux cars du ministère de la Justice, transportant des femmes du Mouvement citoyen, proche d'ATT et à ces officiers supérieurs de l'armée qui battent campagne pour ATT.
Un rapport sulfureux du Végal en attente
Le Vérificateur général est tenu de présenter un rapport semestriel dont la primeur est donnée au chef de l'Etat. Son dernier rapport de vérification devait tomber au mois de février 2007. Lorsqu'il est parti voir le président ATT pour le lui signifier, ce dernier lui a ordonné d'y surseoir pour le moment. Au mois de mars dernier, le Végal est revenu à la charge pour demander la publication dudit rapport. ATT a très mal pris la persistance avec laquelle le Végal demande à rendre publics les résultats de son travail, pour lequel il a prêté serment et est payé. Ce fameux rapport tombe à un très mauvais moment pour le général ATT, qui pense d'abord à sa réélection mais dont l'entourage immédiat est épinglé. Le ministère de l'Education nationale est mouillé dans une affaire de marchés douteux de livres scolaires d'un coût de 7 milliards de F CFA. L'argent de l'Etat et des partenaires est sorti à la pelle. Un seul marché dans ce ministère a fait par exemple l'objet de plusieurs paiements au bénéfice des vrais faux fournisseurs.
La presse harcelée par la Sécurité d'Etat
La contradiction n'est pas du tout tolérée chez ATT et ses sbires. La presse qu'il qualifiait au temps du consensus ambiant comme étant « son opposition » l'apprend à ses dépens. La Sécurité d'Etat qui avait comme méthode de bastonner les journalistes trop critiques vis-à-vis du régime (le cas de Hamidou Diarra dit Dragon de Radio Klédu, Sory Haïdara du Challenger et Oumar Sidibé du Zénith Ballé) a changé de tactique. Elle fait désormais dans l'intimidation téléphonique des journalistes dont elle juge la plume acerbe contre le régime. Dur dur pour la presse de ne s'inféoder aux princes du jour.
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EPIDEMIES
La méningite fait 19 morts à Sikasso
Alors que la méningite fait des ravages à Sikasso où 196 cas, dont 19 décès sont enregistrés, c'est le silence radio du côté des autorités qui ont la propension de tout peindre en rose. Il y a urgence.
La méningite, processus inflammatoire d'origine généralement infectieuse atteignant les méninges, c'est-à-dire l'ensemble des formations recouvrant l'encéphale et la moelle épinière, sévit depuis janvier dans notre pays. Elle a déjà causé la mort de 22 personnes sur un total de 345 cas enregistrés sur le territoire national. C'est la région de Sikasso qui est la plus touchée par cette maladie d'origine virale, propice en période de chaleur. L'on y a détecté 196 cas dont 19 décès.
Le hic est que, jusque-là, les autorités sanitaires ne semblent pas en faire une préoccupation majeure. Faudrait-il une hécatombe, à l'image de celle qui s'est passée au Burkina Faso (plus de 400 victimes de méningite entre janvier et février 2007) pour prendre des précautions.
Au Mali, les premiers cas ont été enregistrés depuis janvier 2007, mais aucune disposition n'est prise pour combattre la maladie qui ne cesse de se propager. Pas même des messages de sensibilisation à l'endroit des populations à la télévision nationale et sur les ondes des radios locales.
Black-out
Le directeur national de la santé, « soldat de terrain » , ne veut apparemment pas troubler la campagne électorale avec de si mauvaise nouvelle. Et surtout, dans un contexte, où tout est peint en rose. Pour ne pas en parler, il prétexte de réunions à n'en pas finir pendant que de pauvres citoyens victimes de méningite attendent avec impatience des vaccins et des médicaments à l'intérieur du pays.
Les signes cliniques sont les mêmes que pour les méningites bactériennes (fièvre, céphalées, vomissements, raideur de la nuque) mais avec un état général peu altéré. Une fièvre associée à des céphalées, des vomissements, une photophobie sont le plus souvent retrouvés à l'interrogatoire du grand enfant atteint de méningite bactérienne. L'examen clinique permet de retrouver une raideur plus ou moins importante à la flexion de la nuque et éventuellement un signe de Kernig positif. Par contre, chez le nourrisson, une raideur de la nuque est très rarement présente.
Mis à part les méningo-encéphalites herpétiques et néoplasiques, les méningites virales guérissent spontanément en 3 à 8 jours, ne nécessitant pas de traitement particulier. Des patients immunodéprimés peuvent éventuellement bénéficier d'un traitement antiviral.
Il urge, pour les autorités, de prendre toutes les dispositions pour arrêter les ravages de cette maladie.
Sidiki Y. Dembélé
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