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2007

Mois d'avril

Les Echos du 05 avril 2007

LE SYNDICAT DE LA DOUANE EN GREVE DE 72 H

Opération « zéro recette » à compter du 18 avril

Sortis insatisfaits de leur préavis de grève de 72 h (20-23 mars 2007), les 1500 agents de la douane veulent remettre ça avec la participation du Syntade. Un nouveau préavis de grève de 72 h, a été déposé pour compter du 18 avril 2007.

C'est en sa qualité de secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des administrations d'Etat que Siaka Diakité a pris part à la conférence de presse de la section syndicale de la douane hier à la Bourse du travail. Le patron de l'UNTM s'est montré très fâché contre le gouvernement pour la non-exécution du protocole d'entente signé avec le syndicat de la douane le 15 juillet 2006. « C'est un mépris, un manque de considération, un discrédit que ceux-là qui ont la charge de l'Etat tentent de jeter sur le mouvement syndical » , s'est indigné M. Diakité.

Selon M. Diakité, un protocole d'accord a été signé en 2003 entre l'Etat et les douaniers. Un autre protocole en 16 points a été signé le 15 juillet 2007 avec un chronogramme d'exécution qui ne sont jusque-là pas appliqués. Il accuse l'Etat de violation du statut général de la fonction publique pour la simple raison qu'il refuse d'intégrer les 300 agents contractuels de la douane, recrutés selon les dispositions générales de la fonction publique. « Si dans les 15 jours qui suivent il n'y a pas de réponse, les 15 sections du Syntade seront en grève avec la douane » , menace-t-il.

Le secrétaire général de la section syndicale de la douane, Yacouba Katilé, son camarade Youssoufi Daga et Tidiani Coulibaly, secrétaire administratif du Syntade, tous deux membres de la commission de négociation mettent en avant la mauvaise foi des gouvernants.

Trois à 5 milliards de pertes

L'une des manifestations de cette mauvaise foi est, selon M. Daga, la « renégociation » du protocole d'accord que leur a tenté d'imposer la partie gouvernementale au cours des débats. La partie d'en face, dira-t-il, a fait une « lecture partielle et tendancieuse » du même protocole en disant que les dates indiquées dans le chronogramme d'exécution ne sont données qu'a titre indicatif.

M. Daga parle en outre de « propositions confuses et légères » faites par le ministre de l'Economie et des Finances, qui a fixé au mois d'avril la date d'exécution des doléances comme la dotation en uniforme, l'alignement du traitement des agents de douane à l'étranger sur ceux des entrepôts relevant du ministère de l'Equipement et des Transports, entre autres. D'autres revendications, comme le statut autonome et le plan de carrière, l'intégration des 300 agents contractuels à la fonction publique, etc. ont été ignorées.

Si l'on en croit MM. Daga et Coulibaly, les négociations qui n'ont débuté que 48 h avant la grève se sont soldées par un échec. La grève en elle-même aurait été un succès, indique le secrétaire général, Yacouba Katilé. Ce dernier estime, que le mouvement a été suivi à 100 % avec « zéro recette » au cordon douanier se chiffrant entre 3 à 5 milliards de F CFA de perte à l'Etat. L'estimation porte sur 1 milliard de F CFA par jour de recettes douanières.

Pendant ces trois jours suivis de deux jours fériés (samedi et dimanche), 1119 camions sont restés immobilisés de Kouri à Zégoua en passant par Diboli. Les 1500 agents de la douane bénéficiant de la solidarité syndicale du Syntade sont décidés à déclencher de nouveau l'opération zéro recette du 18 au 20 avril 2007 si une suite favorable n'est pas donnée à l'ensemble de leurs revendications.

Abdrahamane Dicko

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HOPITAUX

Les internes sur pied de grève

Les internes des établissements hospitaliers iront en grève dans les prochains jours. Ils exigent la satisfaction du protocole d'accord signé le 24 novembre 2006.

L'année dernière, les internes se sont battus pour l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Pendant plus de deux semaines, leurs mouvements de grève avaient paralysé les hôpitaux de Bamako et de Kati, dans lesquels ils assurent l'essentiel de la prise en charge des malades.

Ces mouvements de grève, qui ont souvent tourné en affrontements musclés entre internes et forces de l'ordre, ont été sanctionnés par la signature d'un protocole d'accord le 24 novembre 2006 entre les hôpitaux du Point G, Gabriel Touré, Kati, la direction régionale de la santé du district, le ministère de la Santé et de la Coordination nationale des internes.

Ce protocole d'accord comporte plusieurs points, entre autres, l'ouverture d'une ligne budgétaire, la vaccination des internes contre les hépatites, la gratuité des examens complémentaires, la connexion de la salle des internes à l'Internet.

C'est l'ouverture de la ligne budgétaire (point 4) du protocole qui semble poser problème. A ce niveau, il était prévu qu'une ligne budgétaire serait accordée aux internes et ceux qui ne réussiront pas au concours d'entrer à l'internat, allaient bénéficier d'une majoration de leur rétribution trimestrielle qui est de 20 000 F CFA environ. La non-satisfaction de cette doléance compromet aujourd'hui la stabilisation des établissements hospitaliers, car les internes menacent d'observer un arrêt de travail dans les prochains jours et invitent les différentes parties signataires du protocole à respecter leur engagement.

Selon le coordonnateur national des internes, Chaka Kéita, les démarches ont été entreprises depuis plus d'une semaine pour attirer l'attention des autorités à respecter la convention. « Nous avons été désagréablement surpris d'entendre les directeurs des hôpitaux dire que sans le concours de l'internat, pas question de majoration » , regrette M. Kéita. Et de poursuivre : « Et pourtant, c'est une ligne budgétaire qui devrait être votée depuis janvier 2007 et qui n'avait rien à voir avec le concours » .

Le chef des internes indique que les responsables du ministère de la Santé, sans donner une suite à leur promesse, ont rassuré, lors d'une rencontre que tout serait mis en œuvre pour la satisfaction de tous les points du protocole.

A propos du concours, M. Kéita souligne que son organisation n'a, jusque-là, pas été interpellée sur la question. « J'ai seulement entendu dans les coulisses qu'une commission serait mise en place pour organiser le concours, cela sans la présence de la Coordination des internes » .

Amadou Waïgalo

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EXPORTATIONS DES FRUITS ET LEGUMES DU MALI

Remplir les normes de qualité ou disparaître

Avec les préoccupations croissantes de qualité sanitaire en Europe, la filière de production et d'exportation des fruits et légumes au Mali fait face à un défi majeur : répondre aux exigences d'ordre réglementaire et commerciale ou disparaître.

Le secteur d'exportation horticole des pays Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) est caractérisé par un grand nombre de petites et moyennes exploitations qui font vivre plusieurs millions de ruraux. Chaque année, quelque 400 000 tonnes de fruits et légumes sont exportées vers l'Union européenne.

Cette filière d'exportation doit faire face à une évolution permanente des conditions d'accès au marché européen. Car, au cours des dernières années, les préoccupations croissantes de qualité sanitaire en Europe ont entraîné des exigences grandissantes vis-à-vis des fruits et légumes importés dans l'Union européenne. Répondre à ces exigences réglementaires et commerciales est devenu un défi majeur pour la filière fruits et légumes de nombreux pays ACP et notamment du Mali.

C'est dans ce cadre que s'inscrivait la rencontre sur la filière horticole organisée mercredi au CICB, par la Task Force horticole du Mali, le Réseau interprofessionnel pour un commerce horticole durable (COLEACP), le Programme initiative pesticides et l'Union européenne au Mali. Cette rencontre, qui regroupe une trentaine de participants de Sikasso, Ségou, Koulikoro, Bamako et de Bruxelles, présente selon le président de la Task Force horticole Mali, Bakary Kontao, un très grand intérêt.

« Il nous permettra d'étudier les différentes réglementations européennes en matière de sécurité sanitaire et leur impact sur la filière fruits et légumes d'exportation, de présenter l'analyse des risques et de faire connaître du grand public la Task Force horticole du Mali. Il nous permettra également d'échanger avec nos partenaires techniques et financiers sur l'opportunité d'établissement de partenariat » .

Le Task Force du Mali est un groupe de dialogue et de travail qui rassemble autour d'une même table des acteurs du secteur privé et du secteur public impliqués dans la filière : entreprises productrices, organisation professionnelle, laboratoire, organes législatifs et de contrôle. Il est appuyé par le Programme initiative pesticides , financé par le Fonds européen de développement à hauteur de 33,8 millions d'euro pour la période 2001-2008.

La déléguée générale de COLEACP, Catherine Guichard, et le conseiller de la Commission européenne, Didier Versé, ont salué la tenue de cette rencontre qui permettra, selon eux, de renforcer les capacités de l'environnement de la filière horticole et d'encourager le dialogue public/privé.

La rencontre, qui était présidée par Fousseyni Diarra, conseiller technique au ministère de l'Agriculture, débouchera ce jeudi sur un plan d'action pour une meilleure mise en œuvre des réglementations.

Sidiki Y. Dembélé

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LE CLAN ATT MET LE MALI EN PERIL

"Min tè min ye, o t'o ye"

Le général président s'en défend péniblement, mais vainement. Parce que le président-candidat, ATT, est bel et bien embourbé dans une campagne électorale précoce, prématurée et nullement soucieuse du bon usage et des normes républicaines dont sa fonction de chef de l'Etat fait de lui le premier garant. Normes démocratiques mais aussi sociales dont ils devront pouvoir se glorifier d'être le symbole. "Min tè min ye, o t'o ye". Il est vain de prétendre être ce que l'on n'est pas.

Citoyens maliens, partenaires directs et chancelleries sont unanimement perplexes face à la mobilisation et à l'exploitation des ressources matérielles, financières et humaines de l'Etat pour servir les visées du candidat ATT. En affichant, surtout, un mépris souverain pour les règles minimales d'égalité et d'équité entre les protagonistes.

L'invitation récemment lancée, à la cantonade, pour des élections propres, "que personne ne triche" n'a même pas réussi à faire rire dans le pays. De simples "paroles verbales" comme dirait l'autre parce que, pour tout le monde, cette invite ne pouvait signifier, qu'une chose : "que personne ne triche désormais plus" pour le candidat ATT, le boulot est déjà terminé, les pions sont en place, les jeux sont déjà faits et les objectifs atteints.

L'appel du président n'est donc que de la poudre aux yeux de l'opinion malienne et extérieure. Le plan stratégique que nul ne pouvait soupçonner de la part d'un démocrate et un républicain est déjà mis en œuvre. Rien d'étonnant "Min ye min ye" . On est un général, ou ne l'est pas…

Au nom d'une indéniable fringale de pouvoir et par ses excès, le clan ATT est littéralement en train de scier la branche sur laquelle il est assis. Hélas, cet arbre nous est commun, d'où notre crainte ! ATT et les siens ne peuvent pas ne pas réaliser que les pratiques et moyens condamnables utilisés pour un douteux "takokélen" sont loin de contribuer à la tenue d'élections honnêtes et transparentes. Donc apaisées. Régulièrement, les limites de l'intolérable sont davantage repoussées chaque jour plus. Qui se préoccupe de ce que serait l'effet boomerang ?

Marquer à la culotte, là est le salut

Les authentiques adversaires du candidat n'ont désormais d'autre choix que de se mobiliser et se battre pour imposer les conditions réelles pour des élections honnêtes, transparentes et véritablement apaisées. Après l'expérience du Sénégal en février 2007 de plus en plus de Maliens prennent au sérieux les risques d'une fraude massive électronique ou autres qui pèsent sur avril 2007 au Mali. Surtout que l'administration malienne nous a déjà fabriqué plus de 6 millions d'électeurs. Une aberration et une extravagance mises à nu par un minimum de regard jeté sur la pyramide des âges. Du pain béni pour tous ces hauts magistrats (sous-préfets, préfets, gouverneurs, etc.) chargé de l'organisation des élections, mais qui affichent, sans vergogne, leur appartenance ou leur sujétion au camp ATT.

Nul ne croit aujourd'hui qu'une quelconque volonté de se mettre au service de la nation malienne puisse expliquer - encore moins justifier - tous ces actes posés ou gardés en réserve pour faire gagner le président candidat. Cela ne saurait être simplement pour le Mali, mais cela est indiscutablement contre la démocratie conquise de haute lutte par nos sacrifices. Le plus grand et le premier service à rendre par le président ATT aurait été que le chef de l'Etat imposât au candidat ATT et aux siens le respect d'un minimum d'éthique politique de respect des Maliens et des dispositions fondamentales dans le pays.

Battre ouvertement campagne, sans mesure ni retenue et prétendre convaincre les citoyens et l'opinion internationale du contraire n'est pas conforme à nos attentes en matière de comportement d'un premier magistrat. Le clan gagnerait à méditer sur tous ces attributs et épithètes qualifiant ses inconduites notoires. Le Mali aussi mais surtout cette paix sociale dont la volonté de préservation n'est plus qu'un slogan publicitaire creux et pure poudre aux yeux.

Une bombe juste retardée…

Pour le clan du candidat ATT, l'inverse du pouvoir autocratique conduit à ne reculer devant aucun moyen. La perversion et l'assujettissement des ressources du service public ne connaissent désormais plus aucune limite. C'est dans ce cadre d'ailleurs qu'une véritable bombe de déshonneur a été enclenchée et déposée dans un building bien connu de l'ACI-2000. Tous les présentateurs en langues nationales de l'ORTM ont été réquisitionnés et commis pour la production d'un nouveau support de campagne électorale pour "vendre" le candidat président.

Mis au frais, et classé "top secret" en attendant, ce scandale de bombe pourrait très bien péter à la figure de ses commanditaires et concepteurs. "Min ye min ye" . Comment s'imaginer que demain, éventuellement, tous ces regroupements de la société civile qui ont trahi leurs missions historiques pourront encore prétendre jouer les médiateurs et intercesseurs ?

Le clan ATT les a définitivement coulés en pervertissant leurs vocations et leurs fonctions. Une perte inestimable pour quiconque n'a pas la vue courte. C'est vrai, il faut le dire "min ye, min ye" .

K. S.

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LE MALI SOUS ATT

L'autorité se fonde sur la raison et non sur l'imposture

José Marti déclarait : « Aucun martyr ne meurt vain, et aucune idée ne se perd dans l'ondulation et le tourbillonnement des vents ». Fort de cette conviction que le pouvoir appartient au peuple, le nôtre, reviendra au peuple de gré ou de force, plaise à Dieu, et par la volonté populaire.

Avec plaisir, j'ai refoulé cette vieille terre du Mali, retrouvant avec nostalgie mes amis, après un périple de quelques semaines sous d'autres cieux, où le citoyen vit sa citoyenneté, pleinement, sans agression de l'Etat, où le président de la République sait qu'il devra rendre compte, et où les institutions sont réellement au service de tous.

J'ai eu l'occasion de mesurer avec étonnement, combien l'image du pays est dégradée, depuis quelques années. Le Mali ne se vend plus, il inquiète. Un de mes interlocuteurs, un ancien diplomate d'un pays ami, m'a pris en aparté pour me dire ceci : « Votre président manque de lisibilité. Il manque totalement de vision. Seuls des vendeurs d'illusions, vantent des supposés mérites de votre modèle démocratique » .

Bref, ces quelques jours, la question qui a nourri la réflexion du microcosme des universitaires, est la situation de la pratique démocratique en Afrique, notamment au sud du Sahara. La grande déception est venue du Sénégal, où le Vieux chauve s'est permis une réélection au 1er tour. Ce pays, qui fut à la pointe des exemples démocratiques, s'empare du trophée de l'incurie.

Il infantilise de ce fait tout un peuple, en agenouillement devant un homme autoproclamé providentiel. La dangereuse carrure d'un homme qui méprise tout le peuple sénégalais et qui pour terminer le tout s'autorise à vouloir fourguer au Sénégalais un dauphin. « Idrissa Seck est hors course, il n'est plus sur la liste de ceux qui me succéderont » . Qui est Wade pour s'arroger le suffrage de son peuple ? Ce qui s'est passé dans ce pays est le prélude à ce qui est en train de se fomenter au Mali.

En effet, tout est fait pour créer l'illusion que le Mali est né avec ATT et que son histoire se conjugue au temps d'ATT. Au cours de longues discussions avec certains cadres de ce pays, le sentiment général qui se dégage est que les jeux sont faits et que l'élection présidentielle n'a plus de sens.

Dans les campagnes, c'est le sentiment dominant. En clair, les Maliens, devant tant de débauche, notamment d'argent et d'images en sont venus à nourrir une vraie frustration et c'est blasé qu'ils déclarent, « les élections n'ont plus aucun sens » . C'est cela qu'ATT et ses affidés voulaient, amener les Maliens au stade de zombies, incapables de réactions. Une fois ce but atteint, il leur est loisible de se comporter en terrain conquis et de faire tout ce qui leur viendra à l'esprit.

L'évidence de cette assertion est là. ATT est devenu l'étoile polaire du Mali, le référentiel unique. L'ORTM à ses ordres, l'administration à sa solde, la justice catapultée dans sa zone d'influence par la baraka d'un certain syndicat, reconverti par sa direction actuelle en militant zélé et obscur de la théorie ATT. N'est-ce pas contre ce musellement de l'institution judiciaire et la glorification de sa vénalité, qu'un autre syndicat est né ?

Avertissements

Mais encore un autre avertissement à ATT. L'abbé Pierre, cet homme d'église, homme de Dieu, charitable parmi les charitables, déclarait : « Vous n'entendez pas ceux qui souffrent ? C'est qu'ils n'ont plus la force de se battre, et même pas la force de dire leur souffrance... mais craignez l'avenir si vous ne les entendez pas » . ATT, comme l'oiseau au destin scellé, n'entend ni n'écoute les avertissements. Alors, tant pour lui que pour ces affidés, le réveil risque d'être brutal.

Au Mali, dans le système d'ATT, on a vite fait d'oublier que la République est stable, parce que les privilèges sont abolis et que tous sont égaux en droit. La souveraineté appartient au peuple tout entier et les droits du citoyen sont des priorités. C'est cela que le peuple du 26 mars a exigé. Ce même peuple, pourra être certainement dans la rue demain, si l'on n'a rien compris de l'histoire du Mali.

Assurément, la soldatesque venue en ce funeste matin du 26 mars 1991 à la Bourse du travail a trahi la cause du peuple. Je ne reviendrai plus dessus, l'ayant évoqué dans un précédent article. Le chef de bande se nommait ATT, et depuis l'homme a pris tellement de galon, qu'il méprise tout, dédaigne tout et fait de la République, sa chose.

« Peuple, souviens-toi que si, dans la République, la justice ne règne pas avec un empire absolu, et si ce mot ne signifie pas l'amour de l'égalité et de la patrie, la liberté n'est qu'un vain nom. Peuple, toi que l'on craint, que l'on flatte et que l'on méprise ; toi, souverain reconnu qu'on traite en esclave, souviens-toi que partout où la justice ne règne pas, ce sont les passions des magistrats, et que le peuple a changé de chaînes et non de destinées.

Souviens-toi qu'il existe dans ton sein une ligue de fripons qui lutte contre la vertu publique, qui a plus d'influence que toi-même sur tes propres affaires, qui te redoute et te flatte en masse, mais te proscrit en détail dans la personne de tous les bons citoyens.

Rappelle-toi que, loin de sacrifier cette poignée de fripons à ton bonheur, tes ennemis veulent te sacrifier à cette poignée de fripons, auteurs de tous nos maux, et seuls obstacles à la prospérité publique » . Ces vérités ont été prononcées le 26 juillet 1794 par Robespierre.

En les renouvelant 213 ans après, j'ai voulu signifier au peuple souverain du Mali, que la vérité est toujours une et indivisible, immuable et certaine. Jamais pays n'a connu une systématisation aussi rapide du laisser-aller au niveau des finances publiques que durant ces cinq dernières années.

Curieusement, ATT a terminé son règne en 1992 avec l'affaire du Trésor. Il a débuté son mandat en 2002 avec l'affaire des exonérations et tous les crimes de corruption dénoncés par sa Casca, et plus tard par son Vérificateur général.

En 2006, ce dernier, sur 6 structures contrôlées, épinglait le système pour une évasion de plus de 15 milliards. Lui répondant, ATT avec courage déclara : « Nul n'est accusé, nul n'est au-dessus de la loi, nul n'est au-dessous de la loi » . Une façon adroite de dire : « Très bien, allez vous faire voir » . Depuis, en lieu et place de sanctions, c'est bien des récompenses qui ont plu. Quand un phénomène se répète si semblablement, il y a fort à parier qu'il s'agit d'habitude. Ce n'est plus le hasard.

Peuple souverain du Mali, écoute en écho Robespierre : « Rappelle-toi que, loin de sacrifier cette poignée de fripons à ton bonheur, tes ennemis veulent te sacrifier à cette poignée de fripons, auteurs de tous nos maux, et seuls obstacles à la prospérité publique » . Désormais, au Mali « tous les principes sont affaiblis, il ne reste que des bonnets rouges portés par l'intrigue » , pour citer Saint-Just.

Je mets au défi qui que ce soit, autour du chef de l'Etat, de démentir ces propos, après ses cinq ans de gestion calamiteuse et clanique. Je mets ses affidés de la nébuleuse du Mouvement citoyen, au défi de dire en quoi la République a gagné, tant les reculs démocratiques, économiques et sociaux sont patents. Les preuves les plus palpables de ces intrigues et de ces violations de la loi s'affichent chaque jour insolemment à la vue de tout le monde.

En effet, à quelques encablures des élections générales, le président de la République est en grande tournée aux frais de l'Etat. Et là, toute honte bue, il pose partout des actes à caractère électoraliste, infantilise par la monopolisation de la télévision nationale les cadres de cette structure. Quelqu'un a dit, le directeur général de l'ORTM est devenu le conseiller en communication de « ATT-crature » .

Banalisation

Au Mali, on n'avait jamais atteint un tel sommet en terme de banalisation de l'image d'un président de la République. A force de paraître partout en toute occasion, il est devenu moins qu'un citoyen ordinaire. Un président de la République mérite plus de respect, si ce n'est à cause de sa personne, qu'il se fasse respecter au moins à cause des hautes fonctions qu'il incarne. Entre démystifier le pouvoir, comme Sankara, à qui notre « chef de chantier alias Pierre 1er » a eu l'outrecuidance de se comparer, et se banaliser comme ATT, il y a un océan de différence.

Même aux pires moments de la dictature du général Moussa Traoré, le culte de la personnalité n'avait nullement atteint une telle proportion. Finalement, il s'agit d'une standardisation d'ATT, et il n'en a cure. Sa tactique se résume en cette position : « Je fais ce que je veux, tout m'est assujetti : les partis politiques, les hommes et les femmes, les enfants, les animaux, le vent, la pluie... La loi, je m'en moque, la Constitution, une grosse aberration et je la foule au pied » .

J'en suis venu à croire que Maurice Druon a spécialement écrit ceci pour ATT : « La carrière militaire offre à bien des hommes un compromis acceptable entre leur désir de commandement et leur besoin d'être dirigés. Ceux qui l'embrassent, exercent une autorité sans en avoir à en définir la doctrine et étant déjà couverts par une autorité supérieure. Et les plus purs sont prêts vraiment à payer du sacrifice de leur vie, à la mère patrie, au père souverain, cette solution à leurs débats internes. Ainsi, l'armée contrairement à ce qu'on croit, n'est pas une école du pouvoir ; c'est bien davantage un refuge des enfances inachevées. Il n'en sort que par rarissime exception, un homme d'Etat » .

En fait d'homme d'Etat, ATT ne se soucie même pas du coût de ses déplacements : carburant, per diem, restauration, mobilisation des populations qui ce jour ne travaillent pas.

Et dire que parfois c'est pour inaugurer un point d'eau, une hutte, etc. Il me rappelle cet adage bambara, « wolo tora a dogui sara la » , le coût du tannage est plus élevé que la valeur du cuir. Comment décemment un chef d'Etat peut être à ce point peu insouciant de l'efficacité et de l'efficience de ses actes ? Sérieusement, quand l'esprit va chercher du bois mort, il ramène le fagot qui lui plait. Et quand cet esprit est léger ou lourd, le fagot sera du même poids.

Ce pays, après les lumières d'un Alpha Oumar Konaré, a-t-il subi cinq ans durant la « noire » obscurité d'ATT. Il faut en finir. C'est un acte de salut public. Mon ami le philosophe m'a même dit, non, c'est un geste de salubrité publique et patriotique.

Comment assurer l'éthique et la morale dans ce pays où honneur et dignité vont de pair ? La parole d'un chef est normalement sacrée. L'histoire de la communauté chrétienne est là pour dire que ce général, n'a aucune parole qui tienne. En permettant que soit porté atteinte au symbole de la cohésion paisible des religions, en permettant qu'un aventurier, qui compte parmi son cercle, vienne profaner la maison de Dieu, ATT a démontré qu'entre son dire et son faire, il y a des années lumières.

Les chrétiens du Mali et tous ceux qui vivent leur foi, depuis l'affaire de Samaya et autres, sauront apprécier. Tout se paie et doit se payer en politique. Sous peu, les élections auront lieu. La grosse artillerie de la fraude peut tonner. Il faut une vigilance accrue afin d'éviter de tels errements à ce peuple.

En faisant de certains officiers, sans envergure aucune des membres de son état-major de campagne, ATT met le pied dans une fourmilière. Les bus de l'armée ont servi au transport de ses militants, des militaires sont mobilisés. En s'inféodant des administrateurs sans conscience et qui sont prêts à violer la loi comme le gouverneur du district de Bamako, il veut s'imposer.

En mettant à contribution, pour son seul profit, ceux qui légalement sont neutres, il déroule le tapis rouge du vice. Il ne reste qu'à assurer le transport des électeurs, par cars et bus entier. Il a des transporteurs à sa solde. La boucle sera bouclée. Ce ne sera donc plus une élection libre et démocratique. Quand on s'assure l'appareil électoral, quand on parque comme du bétail les citoyens pour le vote, où se trouve la liberté, où se trouve l'expression démocratique ?

Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non des maîtres. Il n'obéit qu'aux lois et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes. ATT n'est ni légaliste ni démocrate. Pur produit de la nomenklatura militaire du 19 novembre 1968, il ne peut être qu'à l'image de son ancien maître… Ceci est un autre débat, que nous ouvrirons en évoquant notamment dans une prochaine livraison, sa responsabilité directe ou indirecte, dans la bastonnade des démocrates sincères, comme Victor Sy, feu Kary Dembélé et même Abdoul Karim Camara.

Docteur Panghalê

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FINALES DU TOURNOI DE VOLLEY

Les militaires en quête de revanche sur les Communards

Le tournoi d'ouverture de la saison 2006-2007 de la ligue de volley-ball du district de Bamako a commencé depuis le 17 mars dernier. Il connaîtra son apothéose dimanche prochain dans le Pavillon des sports du Stade Modibo Kéita à partir de 16 h.

Cette finale sera une double confrontation entre l'Usfas et la Commune V en dames et messieurs. Un tableau qui ne surprend personne puisque ces deux équipes étaient annoncées comme les favorites de ce tournoi. Lors du tour préliminaire, l'équipe féminine de l'Usfas a battu son homologue de la Commune IV par 3 sets à 0. Du coup, elle a terminé 1re devant l'équipe de la Commune V. Autant dire cette finale sera âprement disputée entre deux formations qui veulent monter sur la plus haute marche du podium.

C'est en tout cas une grande opportunité pour les militaires filles de laver l'affront de la défaite par deux sets à un du championnat 2005 contre les mêmes adversaires. Un affront que l'équipe masculine de l'Usfas aura aussi à cœur de laver face à son homologue de la Commune V. On se rappelle que lors de la finale du championnat 2004-2005 qui opposait la Commune V à l'Usfas, les Communards avaient été les plus forts. Ils avaient fait d'une bouchée l'équipe militaire par (3 sets à zéro). Et tout laisse croire que les Communards sont décidés à réaliser un autre exploit.

Pour sa part, la Fédération malienne de volley-ball se félicite d'avoir une ligue dynamique à ses cotés. « Je remercie et encourage les hommes et femmes qui animent cette ligue du district » , indique Bakary Camara, président du bureau fédéral de volley. En dépit des problèmes que rencontre cette discipline au Mali, le nouveau bureau de la ligue de Bamako est prêt à relever les nombreux défis sous la conduite du colonel Sirakoro Sangaré. «  Nous sommes conscients de la tâche, mais nous ferons tout pour la relance définitive de notre sport favori » , déclare le colonel Sangaré.

L'un des parents pauvres du sport malien, le volley-ball, est aujourd'hui handicapé dans son développement par l'indifférence des autorités sportives. N'empêche, ses dirigeants se battent pour se faire une place au soleil. Et ils ne manquent pas d'initiatives pour se maintenir au-devant de la scène sportive nationale comme ce tournoi d'ouverture entièrement financé par les membres de la ligue.

Boubacar Diakité Sarr

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