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2007

Mois d'août

Les Echos du 31 août

MECHAGE

Mutineries politiques et rébellions armées

« Je ne serai vice-président pour personne ». Tels sont les propos de Me Mountaga Tall publiés par nos confrères de L'Indépendant. Contrairement à Me Tapo qui s'est juste contenté d'annoncer sa candidature, Me Tall , lui, place la barre très haut dans la mesure où il s'inscrit dans une logique du quitte ou double. Cette position pour le moins radicale de Me Tall trahit quelque peu la fébrilité d'un homme qui sait qu'il n'a pas les moyens d'obtenir ce qu'il cherche .

C'est pour cela qu'il verse dans la surenchère pour ne pas dire le chantage. Il est vrai que c'est son droit d'être candidat, mais le démocrate et le républicain qu'il est supposé être sait qu'en démocratie et en République, on ne peut prétendre qu'à ce qu'on mérite. Et Me Tall sait très bien, malgré la belle littérature qu'il développe sur sa stature, son expérience, sa personne, qu'il ne peut pas être président de l'Assemblée nationale avec 7 députés. Mieux, en faisant le forcing tel que je l'ai compris à travers ses propos, il pourrait gêner ses soutiens.

A commencer par le président de la République qui semble se soucier de son sort. Parce qu'ATT a beau l'aimer, il ne prendrait certainement pas le risque de mécontenter le plus grand nombre en « imposant » quelqu'un qui n'a que 7 députés sur 147. Le président de la République sait les risques qu'il prendrait de voir ses opposants grossir. Mais Me Tall est coutumier des extrémismes.

En 2002, dans l'euphorie de la victoire d'Espoir-2002, il était parmi ceux qui estimaient que le fait majoritaire devait jouer à fond. Concrètement, il souhaitait que la formation du gouvernement revienne à Espoir-2002 avec lui comme Premier ministre, bien entendu. Mais il s'était trouvé des âmes plus raisonnables pour lui expliquer le B.A-.ba du fonctionnement d'un Etat en ce sens qu'on ne peut rien imposer à un président de la République surtout pas un Premier ministre.

La candidature de Me Tall est l'exemple le plus achevé de la mutinerie politique qui a saisi l'ADP. En effet, depuis que la Cour constitutionnelle a rendu son verdict, les soubresauts avaient commencé à se faire sentir au sein des amis d'ATT qui totalisent la majorité écrasante au sein de l'Assemblée nationale. Beaucoup de prétendants avaient mis en avant leur carte, mais avec finesse.

Il y en a qui se sont repliés devant l'évidence, c'est-à-dire que la course au perchoir n'est pas un jeu du hasard et qu'il ne servait à rien de casser la machine à cause d'un ego surdimensionné. C'est le cas du président de l'URD, Younoussi Touré, qui avait fait une sortie au bazooka sur RFI où il n'excluait pas une confrontation avec l' Adéma pour le perchoir mais qui, depuis, a mis ses ambitions en sourdine pour se mettre dans le cadre d'une négociation intelligente.

Seuls pour le moment les deux avocats, Me Tapo et Me Tall , sont décidés à tenter l'aventure. Et tous les deux ont décidé de monter à l'abordage à la tronçonneuse. La semaine dernière nous évoquions le cas de Me Tapo qui avait perdu jusqu'à ses références républicaines dans le développement de son plaidoyer. Et son confrère et collègue Me Tall ne fait pas mieux. La mutinerie qu'ils animent pourrait avoir des conséquences qui dépassent leur propre personne et leur propre camp.

Mais les politiciens ne sont pas les seuls à vouloir animer l'actualité. Il y a les rebelles qui se sont signalés à l'arme lourde. En deux temps trois mouvements, Bahanga et ses hommes ont cueilli des militaires à Ménaka avant d'attaquer une colonne de véhicules militaires dans la zone de Kidal entre Abeïbara et Tinzawatène . Les opérations leur ont permis d'avoir de vraies prises de guerre : des véhicules emportés, des armes, des otages, de l'argent et des vivres.

Mais cela pourrait être dérisoire à côté du coup d'éclat et de la publicité qu'ils se sont offert presque à l'œil. Le Nord, que les autorités et les responsables de l'Alliance du 23-Mai devenus des élus s'échinaient à présenter aux Maliens comme calme se réveille subitement ramenant au-devant de la scène toutes les frustrations contenues et les interrogations réprimées. Les autorités essayent de communiquer du mieux qu'elles peuvent, mais sans pouvoir ôter aux Maliens les doutes qui les assaillent.

Certains de nos compatriotes se demandent si les Accords signés à Alger sont conséquents et opérationnels et si ceux qu'on avait tôt fait de présenter comme des va-t-en-guerre n'avaient pas raison quand ils appelaient à plus de fermeté dans le cadre de la loi. Dans les différentes réactions officielles, ceux qui ont fomenté les attaques de dimanche et lundi sont présentés comme des bandits armés. Tant mieux si ce sont des bandits.

Mais le fait qu'ils soient armés leur confère une puissance qu'il ne faudrait pas négliger. Car ce n'est pas n'importe quel bandit qui peut s'attaquer à des militaires armés pour les défaire de leurs armes et de leurs bagages, pour en faire des otages. L'Alliance du 23-Mai pour le changement et la démocratie jure que cela ne remet pas en cause les engagements pris à travers les Accords d'Alger. Soit. Mais le fait est qu'en dehors des discours rassurants hors de saison, leur zone est constamment troublée par des gens qu'ils connaissent bien.

Loin de moi l'idée de remettre en cause leur sincérité, mais je crois qu'ils ont des problèmes qui les dépassent. Pour preuve, Fagaga , cantonné, n'en continue pas moins à chaque fois qu'il en a l'occasion d'exprimer ses appréhensions et qu'il attend la suite des événements. Si l'application des accords pose problème, il n'y a pas de honte à le reconnaître et en informer les Maliens. Sinon on continuera à sacrifier inutilement nos militaires et à exposer davantage nos frères du Nord à la suspicion, voire à la vindicte.

El hadj TBM

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NORD-MALI

Une embuscade fait des morts

Le mercredi dernier, une patrouille de l'armée malienne est tombée dans une embuscade tendue par des rebelles. Les militaires ont pu regagner, selon nos sources, leur base à Tinzawaten , mais notre source précise qu'il y a eu un mort du côté de l'armée régulière et trois véhicules détruits. Les rebelles feraient usage, toujours selon notre source, de mines antipersonnel. C'est sur une de ces mines d'ailleurs qu'un véhicule a sauté .

Côté rebelle, le nombre de mort est plus élevé. Les militaires ont également réussi à détruire trois véhicules. Le fait que l'on déplore le plus est l'utilisation, pour la première fois, de mines antipersonnel au Mali. En effet, depuis les indépendances, c'est la première fois que ce genre d'engin est signalé dans le conflit récurrent du Nord.

A. K.

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ARMEE MALIENNE

Expliquez-moi !

Je ne voudrais pas me lancer dans aucune polémique. Et je ne souhaite pas avoir affaire à des gens sans éducation, tant familial qu'académique. Je voudrais juste m'adresser aux personnes intéressantes, compétentes et lucides qui ont des idées sérieuses et qui peuvent répondre à cette question : Que se passe-t-il dans l'armée malienne ?

Je suis sidéré, complètement abasourdi, d'apprendre encore et encore qu'en deux jours, les hommes du mutin Ibrahim Ag Bahanga ont réussi, sans coup férir, le doigt dans l'œil, deux raids contre nos militaires ; qu'ils ont réussi à capturer presque 60 soldats sans tirer un seul coup ! Que se passe-t-il dans l'armée malienne ?

Le 26 mai 2006, une attaque qualifiée de « surprise » contre les camps militaires de Kidal et Ménaka a mis la nation sens dessous dessus. Le gouvernement s'est précipité d'absoudre les assaillants sous prétexte que la seule bonne guerre est celle du développement. Tous ceux qui avaient mis en doute le sérieux de cette démarche ont été démonisés et traités de tous les noms d'oiseaux. Puis, une autre attaque contre Tinzawaaten , et les deux attaques de cette semaine.

Je ne comprends pas comment des militaires, formés pour défendre le pays et se défendre peuvent être attaqués par « surprise » . Je ne comprends plus le sens du mot « négociation » quand le mutin, Ibrahim Ag Bahanga , ne veut que la confrontation. Ce Bahanga qui a clairement démontré qu'il se moquait de ses anciens amis de l'Alliance démocratique pour le changement comme de sa dernière paire de chaussures.

Je ne comprends pas cette suite de couacs dans notre armée et l'impunité totale qui s'ensuit. Je ne veux pas faire de comparaison hasardeuse, mais en 25 ans de conflit de Casamance, l'armée sénégalaise n'a jamais subi une attaque par « surprise » des rebelles casamançais.

Jusqu'à la fin de la guerre civile en Angola, les forces du MPLA n'ont jamais été attaquées par « surprise » . Même au Niger, ce vocabulaire est inconnu. Que faisaient ces militaires pour être attaqués par « surprise » . Qui sont les responsables, dans notre armée, du renseignement et de la planification des opérations ? Est-ce qu'enfin des têtes vont rouler pour sanctionner tant de laxisme ou, plus vulgairement, de je-m'en-foutisme .

De grâce, épargnez-moi les discours décousus et triviaux sur le sens de la paix. Va-t-il falloir se mettre à genoux devant Bahanga , un homme renié même par les siens, pour avoir la paix ? Jusqu'où ira ce sentiment que nous avons peur de faire la guerre ? Quel développement peut-on espérer avec ce genre d'instabilité permanente ? Qui investira un sou dans la région de Kidal quand l'armée se révèle incapable de mâter une simple bande de hors-la-loi ? Cherche-t-on vraiment à nous prouver que l'armée malienne est vraiment devenue un refuge de fils à papa dès que le concours d'entrée au Prytanée militaire est devenu une foire aux enchères ?

Je me pose seulement des questions. Je cherche des compétences plus informées pour m'éclairer : Y a-t-il encore des Abdoulaye Soumaré, Kélètigui Drabo, Minkoro Kané , Souleymane Daffé ou Mamadou Sissoko dans les rangs de notre armée ? Où sont les militaires maliens qui formaient les combattants du FLN en Algérie ou ceux de l'ANC en Tanzanie ?

Des officiers, militaires de corps et d'âme qui fendaient les dunes de sable au volant de leur Jeep ou Land-Rover ? J'ai vraiment besoin d'avoir des réponses rassurantes et non complaisantes : avons-nous, aujourd'hui, une armée opérationnelle ?

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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ELECTIONS AU MALI

Le vote du citoyen, la sanction de l'abstentionniste

Pourquoi n'arrivons-nous pas à intéresser la population ?

Notre pays, le Mali, fait l'unanimité en Afrique et ailleurs pour la qualité de sa démocratie. Nous sommes toujours cités parmi les cinq pays les plus démocratiques du continent, ce qui nous vaut de faire régulièrement la référence dans ce domaine. Ce classement et cette unanimité sont flatteurs et quelque part justifiés tant l'atmosphère politique et sociale de notre pays est apaisée, tant les compétitions sont ouvertes, tant le débat est dépassionné et tant les règles sont transparentes.

Comparé à d'autres pays, nous nous en sortons nettement mieux sur ces plans-là. Il reste cependant un domaine où nous avons un grand mal à performer ; c'est la participation aux compétitions électorales. Plusieurs scrutins se sont succédé dans notre pays sans que le taux de participation y soit acceptable.

Nous n'avons jamais atteint un taux de participation de 50 %. Autrement dit, aucun de nos élus ne peut se prévaloir d'avoir été choisi dans une élection où la moitié des électeurs se s'est déplacée. Ceci contraint la légitimité des décideurs. Avec des taux de participation qui frise le ridicule (autour de 15 % dans la capitale et 34 % à l'intérieur du pays), la situation est encore plus dommageable.

Cette faiblesse de notre système électoral et de notre démocratie est grave à plus d'un titre. Elle maintient intact la fracture entre les élus et les populations, fracture qui fragile les uns et démobilise les autres dans un cadre où seul l'union peut nous permettre d'espérer. Elle met davantage en exergue, voire encourage les fraudeurs et autres individus mal intentionnés qui verront leur rôle et leur impact grandir sur le résultat des votes. Elle est synonyme de pertes substantielles de ressources en raison des fournitures, matériels et autres supports électoraux non utilisés et non rentabilisés.

Du fait du faible retrait des cartes d'électeurs, l'administration est obligée pratiquement à chaque scrutin de renouveler ces documents pour éviter la fraude sur les anciennes cartes et pallier les pertes et autres désagréments causés sur les anciennes cartes. Nous assistons ainsi à la reconduction d'un système, scrutin après scrutin, avec le même résultat au niveau de la participation.

Nous avons atteint cette année un point tel qu'il est indispensable de se poser sérieusement la question de cette situation et envisager les voies et moyens susceptibles de nous aider à en sortir. Les raisons de la faible participation populaire aux élections sont à stigmatiser. Elles jetteront ainsi les bases des pistes d'amélioration à emprunter.

Le citoyen malien n'est plus que le lointain descendant du citoyen soudanais, fier et patriote. Il n'est plus que l'ombre de celui qui, à bicyclette ou à pied, faisait des kilomètres pour se rendre au bureau de vote et exprimer son opinion. Pendant la colonisation, le taux de participation aux scrutins était plus élevé que maintenant ; un comble !

Nous assistons à un recul croissant du fait citoyen, de l'attachement aux valeurs, de la promotion des convictions, de l'amour de la patrie et du respect pour la chose publique. Ceci est un secret de polichinelle mais si on n'y prend pas garde, on risque de le regretter chèrement !

La première cause de la faible participation des électeurs aux votes est à voir au niveau des électeurs eux-mêmes. Ils ne se sentent pas concernés. Ils préfèrent participer à des cérémonies festives, vaquer à leurs occupations, s'occuper de leurs activités plutôt que de chercher leurs cartes et plus tard, de voter. C'est un fait incontestable qu'il convient de traiter avec vigueur.

Le dispositif électoral ne favorise pas une bonne participation des citoyens, surtout ceux qui viennent d'être décrits. Le fichier électoral est mal conçu, le recensement n'est pas fait de manière idéale. Les nombreux acteurs impliqués sont susceptibles de commettre des erreurs dommageables à la fin. On ne compte plus les cas d'omission, de personnes triplement recensées voire plus, d'erreurs innombrables sur les noms, dates de naissance, professions…

Les changements de domicile ne sont pas suivis de manière adéquate, les décès encore moins. Quant à l'inscription automatique des jeunes ayant moins de 18 ans au moment du recensement, elle est plus qu'aléatoire. Les commissions d'actualisation mises en place chaque année pour mettre à jour le fichier souffrent de nombreux maux dont la démotivation, la perméabilité aux pressions de toutes sortes, l'inorganisation et l'incompétence ne sont pas les moindres.

Des pistes de solution

Le faible niveau de suivi de tout ce dispositif permet toutes les manœuvres et parachève un édifice passablement opérationnel. Que l'on ne s'étonne pas que notre fichier soit régulièrement décrié par les acteurs politiques car chacun y trouve un souffre-douleur idéal tant ses insuffisances sont faciles à relever. Un fichier approximatif et pléthorique engendre des cartes d'électeur imparfaites. La distribution de celles-ci relève d'une gageure innommable. Un véritable parcours du combattant est conçu pour décourager les électeurs, même de bonne foi. Il faut se déplacer sois même, il faut avoir une carte d'électeur, il faut chercher son nom sur une liste affichée parmi des milliers d'autres noms, il faut ensuite donner son numéro de carte pour qu'on la cherche et si on a la chance qu'on trouve une carte avec les mêmes indications que sa pièce d'identité, sinon c'est le retour chez soi bredouille.

Quelqu'un ayant suivi ce processus ne le reprendra pas deux fois. En tout cas pas le citoyen qui vient d'être décrit ci-dessus ! Malgré la disponibilité du fichier sur Internet, on n'a pu que constater une relative augmentation du taux de distribution des cartes d'électeurs (environ 35 % à Bamako et autour de 65 % à l'intérieur). La disponibilité d'une carte d'électeur ne signifie pas pour autant la fin du « chemin de croix » . Il faut savoir garder sa carte, résister à la tentation de la vente et surtout disposer d'une pièce d'identité pour s'acquitter de son devoir civique le jour du vote.

Eh oui ! La carte d'électeur seule ne suffit pas (elle ne contient pas de photo d'identité), elle doit être accompagnée d'une pièce d'identité. Quand on sait que la majorité des électeurs ne dispose pas de pièce d'identité, on ne doit pas être surpris du faible taux de participation. Ce n'est pas le témoignage qui pourra changer cette donne tant il est aléatoire et difficile à organiser. Le citoyen n'est pas encore prêt à faire une pièce d'identité pour juste participer à une élection, en tout cas pas celui qui vient d'être décrit ci-dessus.

Les compétiteurs ont également leur part dans les explications de cette désaffection. Il faut reconnaître que la qualité fait souvent défaut aux candidats aux élections. Le parcours, la personne, les idées des candidats ne sont pas des plus brillants ; ce qui est de nature à ne pas susciter l'intérêt des populations. Le fossé existant entre les masses et les politiques trouve ici une de ses illustrations les plus manifestes. Les acteurs ne participent que peu à la vie citoyenne, ils sont peu présents, n'organisent pas suffisamment les électeurs et ne les soutiennent que peu vers une citoyenneté active et agissante.

Le corollaire de la situation est un désamour grandissant et un désaveu réel de la base. Quand on ajoute à cette situation les pratiques inavouables, les achats de conscience et fraudes de toutes sortes, les compatriotes viennent à penser que les acteurs politiques ne méritent pas leur déplacement et encore moins leur suffrage. Dans ce cadre, il sera difficile de convaincre les citoyens de la justesse d'une initiative, de la qualité d'un candidat, de la nécessité de leur participation. En tout cas pas celui qui vient d'être décrit ci-dessus.

La révision de notre dispositif est d'une impérieuse nécessité. Il n'est pas réaliste de compter sur le regain de citoyenneté de nos compatriotes à brève échéance. Il faudra plusieurs générations d'actions multiformes et dans une grande régularité soutenue par une forte volonté politique pour que cela s'améliore. On doit s'y engager. En attendant, on doit tout entreprendre pour mettre le citoyen électeur dans le maximum de confort afin de soutenir sa participation aux échéances électorales.

Nous devons nous fixer un objectif stratégique et un objectif tactique que sont l'élimination de toutes les barrières entravant la participation massive aux élections de 2012 et la réduction substantielle de ces barrières en vue du scrutin de 2009.

Notre pays doit se donner les moyens pour en finir avec les cartes d'électeur renouvelées à n'en plus finir et qui sont à la base de nombreuses difficultés et occasionnent au passage de nombreuses fraudes. Nous devons tendre vers des cartes d'identité nationale informatisées qui feront également figure de cartes d'électeur. Cette pièce comportera la photographie de l'électeur sous une forme numérisée.

Cet objectif affiché doit nous induire à définir les moyens pratiques pour y arriver. Les services impliqués dans le processus avec la Délégation générale comme maître d'œuvre doivent définir, au plus tard avant la fin de cette année 2007, le processus pour aboutir à l'objectif. Le système de codification à adopter, les modalités d'obtention de la pièce d'identité, l'équipement nécessaire des lieux de distribution avec une exigence d'avoir la possibilité de le faire dans chaque sous-préfecture et dans chaque commissariat de police des villes, le système d'alimentation du fichier, les modifications législatives et réglementaires à mettre en œuvre… sont des axes qu'il faut définir, évaluer et prévoir.

A compter de janvier 2008, nous devons démarrer le nouveau dispositif qui verrait ainsi chaque nouvelle pièce d'identité entraîner l'inscription de son titulaire en même temps dans le fichier électoral avec le même numéro. De janvier 2008 à janvier 2012, toutes les cartes d'identité en circulation arriveront à terme de validité et devront être remplacées. Les personnes qui n'auront pas la nouvelle pièce d'identité à compter de janvier 2012 seront invitées à s'en prémunir, ne serait-ce que pour pouvoir voter.

Ce dispositif nous permettra de disposer d'un fichier électoral qui recoupe le fichier des administrations (police et administration territoriale), vérifiable de manière décentralisée et sécurisée. Il permettra surtout de nous sortir définitivement du processus lourdement accidenté des cartes d'électeur. Les électeurs sortiront enfin de la nécessité de parcourir des obstacles pour avoir le droit de voter. Les fraudeurs de tout acabit enfin se verront priver de leur moyen privilégié de vol.

Modifier la législation

La mise en place d'un nouveau fichier adossé à l'état civil ne pourra être une réalité d'ici mi-2009, date probable des prochaines échéances municipales. Ceci explique qu'on poursuive le système actuel, mais avec des améliorations substantielles qui seront de nature à favoriser une hausse de la participation et à limiter la fraude. Nous devons instruire à la Délégation générale des élections d'assurer un audit du fichier. Ce contrôle dans un environnement post-électoral pourra être effectif et positif car dénué de toute arrière-pensée. Un toilettage du fichier devrait logiquement l'expurger de manière significative entraînant une baisse du nombre d'électeurs.

Nous devons allonger la durée du processus d'inscription sur le fichier et de distribution des cartes d'électeur. Nous devons modifier la législation pour permettre que les inscriptions durent trois mois au moins (d'octobre à décembre) même s'il faut supprimer la période réservée aux réclamations qui n'est guère utilisée.

Nous devons également prévoir une période de distribution plus longue, au moins trois mois continus avant le début du scrutin. Ces modifications doivent se traduire par une forte campagne de sensibilisation des populations avec la contribution des leaders de tous horizons. Les autorités doivent encourager la mise en place de permanents, fonctionnaires, à prendre correctement en charge afin que le travail de collecte des noms et de distribution des cartes d'électeur soit fait avec sérieux et application. Dans les zones rurales, les cartes sont retirées de manière groupée, avec l'assistance des chefs de village…

Dans ces contrées, les personnes sont facilement identifiables. Ce n'est pas le cas des villes même si dans certains quartiers, les leaders sociaux pourront être mis à contribution pour améliorer le taux de distribution des cartes d'électeur. Il est également possible d'améliorer la distribution des cartes en exonérant l'électeur de recherche. La recherche doit être faite par ceux chargés de la distribution qui pourront , partout où cela sera possible, se faire aider par les équipements informatiques connectés au site de la DGE . Cette solution serait très facile à mettre en œuvre à Bamako par exemple et sans doute dans chaque grande ville du pays. En facilitant l'accès aux lieux de distribution et l'obtention de cartes, on mettra l'électeur devant ses responsabilités.

Ces réformes feront coexister deux fichiers électoraux entre 2008 et 2009. Celui dont on dispose actuellement continuera à fonctionner jusqu'à l'issue des élections municipales de 2009. Le second en cours de constitution depuis début 2008 continuera ainsi jusqu'aux élections de 2012 où il devrait être pleinement fonctionnel.

En accompagnant ces mesures par l'interdiction du vote par procuration, on limiterait les possibilités de fraude lors des consultations. L'augmentation du taux de distribution conjugué en amont avec l'augmentation du taux d'inscription dans un cadre où le fichier serait revu devrait entraîner une hausse du taux de participation aux prochaines consultations électorales. A condition toutefois que les électeurs sortent pour aller voter. Cela dépend en grande partie des enjeux et donc des acteurs et des projets qu'ils seront susceptibles de proposer à nos concitoyens.

On ne peut qu'exhorter les aspirants aux fonctions électives à intégrer la hausse de la participation électorale comme un objectif cardinal de leur engagement. Les leaders doivent s'engager vers une plus grande proximité avec la population, une plus grande collaboration et une écoute de tous les instants des aspirations des masses. Cette disponibilité, cette proximité, cette collaboration ne sont pas forcément coûteuses financièrement mais renvoient à une qualité d'écoute et de présence sociale qui caractérisent notre pays.

Nous devons tous revenir vers ce qui fait la force du Mali, sa cohésion sociale, sa sociabilité, son intégration ethnique et culturelle. Un leader se mesure aussi à sa capacité à intégrer les vœux de ceux qu'il entend conduire, à les écouter, à agir avec eux, au quotidien. Un leader, au Mali, se mesure surtout à sa propension à faire partager par la population ses idées et à transformer cette conviction en adhésion qui se formalise dans le vote et le soutien.

Quand on sera capable d'assurer cette harmonie entre les élus et la base, nous aurons résolu le problème de la participation. Les citoyens voteront, quelles que soient les difficultés techniques et matérielles liées à l'acte. Ils iront choisir ceux qui auront su leur faire partager un idéal, au quotidien d'abord et ensuite pendant leur mandat. Pour le bonheur de notre démocratie !

Moussa Mara

 

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PLACE DE LA REPUBLIQUE

Les nouveaux députés prennent leur quartier

La plupart des nouveaux députés ont accompli hier les formalités administratives. En prélude à la grande rentrée parlementaire de lundi prochain, ils ont été édifiés sur le rôle du député et ont été dotés de documents indispensables à l'accomplissement de leurs missions.

« Bonjour, honorables députés soyez les bienvenues à l'hémicycle » . « Nous vous souhaitons de passer un bon mandat » . « N'hésitez pas à nous demander, nous sommes à votre disposition » . « N'oubliez pas d'apporter et de porter votre écharpe dans la salle des plénières » , tels sont, entre autres, les mots et autres conseils qui résonnaient hier dans la salle Mamadou Konaté de l'Assemblée nationale, chaque fois qu'un élu venait à se présenter.

En effet, l'Assemblée nationale prépare activement la rentrée parlementaire prévue pour le 3 septembre 2007. Les jardiniers taillaient le gazon, alors que du côté de la sous-commission accueil et orientation installée dans la salle Mamadou Konaté, les membres s'affairaient à initier les nouveaux aux B.A.-ba du travail parlementaire. Dans cette salle en plus de la sous-commission d'accueil et d'orientation des nouveaux élus, siègent l'huissier de justice et un photographe.

Mise en place, en mi-juillet, les membres de la sous-commission accueil et orientation ont bénéficié d'une formation grâce à l'appui technique du Pnud à travers l' Apid et le Parlement français. Présidée par Amadou Diarra Yalcouyé , elle reçoit tous les jours jusqu'au 3 septembre les députés nouvellement élus en vue de leurs formalités administratives, de la remise du kit et de la présentation des locaux de l'Assemblée.

Hier, plus d'une centaine de députés avaient déjà retiré leur kit. Celui-ci se compose de l'écharpe tricole vert-or-rouge , du guide du député, de deux macarons, de l'arrêt de la Cour constitutionnelle, du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, de la Constitution, de la loi organique sur les députés, de blocs notes et écritoires.

La plupart des députés interrogés se disent satisfaits de cette entrée en matière. En effet, dès son arrivée, le nouveau député est accueilli à la porte d'entrée de l'Assemblée par une hôtesse qui le dirige vers la salle Mamadou Konaté où il remplit les formalités administratives. Les membres de la commission apprennent ensuite au nouvel élu comment porter l'écharpe. C'est un exercice qui amuse et que beaucoup de députés vont d'ailleurs devoir répéter à la maison au risque de porter l' écharpe de travers le lundi.

Après les formalités administratives, commence la séance de photo numérique sous la supervision de l'huissier. La visite de la salle des plénières où le nouvel élu prend connaissance du siège qu'il devra occuper lundi met fin à son accueil.

Les députés sont installés selon l'ordre de préséance de l'arrêt de la Cour constitutionnelle. Mais après l'élection du président de l'Assemblée, ils seront réinstallés suivant les groupes parlementaires, a indiqué M. Yalcouyé . Des députés se disent satisfaits du travail de la commission.

Denis Koné

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  DIPLOMES SANS VALEUR

Les privés, victimes expiatoires

Des écoles supérieures privées ont été créées et contribuent à suppléer l'insuffisance de l'Université nationale en donnant des opportunités de perfectionnement aux cadres et professionnels nationaux et en offrant plus de perspectives à l'éducation, gage de tout développement. Mais, force est de regretter que les diplômes délivrés par ces grands centres de formations ne sont pas homologués par l'Etat malien.

Pour Daouda Diakité, directeur général de l'Institut supérieur de technologies appliquées ( Technolab-Ista ), certains diplômes des pays voisins se voient automatiquement octroyer une équivalence sans que l'on cherche à vérifier la valeur ou la crédibilité des institutions qui les délivrent.

« Quelle valeur accordons-nous à nous-mêmes si l'on ne fait pas confiance aux structures similaires qui sont légalement créées chez nous et que l'intégration économique régionale que l'on prône tant n'a pas de levain dans notre pays ? » s'interroge-t-il.

A l'entendre, force est de reconnaître aujourd'hui que malgré la politique prônée des autorités de la IIIe République pour préparer le pays à une intégration économique annoncée, le traitement infligé aux structures de formation suscite beaucoup d'interrogations.

Des écoles privées supérieures ont été créées légalement et elles offrent des perspectives nationales au secteur de la formation professionnelle. Selon des promoteurs d'écoles privées supérieures, un établissement d'enseignement n'est-il pas toujours dirigé dans ses objectifs vers un public cible ? « Dès lors, la reconnaissance d'utilité publique qu'exige le département de l'Education devient à notre avis un acquis de fait » , soutient M. Diakité.

Face à la murette d'incompréhension, il est urgent d'appréhender la situation du privé par une approche d'analyse saine. Selon M. Diakité, ils attendent depuis 20 mois l'organisation d'un prétendu atelier d'harmonisation des filières du secteur éducatif malien (public et privé) qui serait organisé par le ministère de l'Education nationale pour la résolution de ce problème.

En attendant, on a l'impression d'assister à une fuite en avant. Une position visant à diaboliser le privé ou en tentant de l'étouffer. Une logique qui ne s'adapte pas en réalité au contexte actuel.

Le ministère de l'Education nationale devrait se donner la latitude de contrôler les normes de fonctionnement des écoles privées, en intervenant pour suggérer et améliorer la qualité et au besoin sanctionner les promoteurs qui ne respectent pas la réglementation en la matière.

Victimes d'une situation dont elles ne sont pas responsables pour la plupart des cas, les écoles supérieures privées au Mali se débattent aujourd'hui dans un contexte difficile.

Idrissa Sako

 

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  DIPLOME D'ECOLES PRIVEES

Oumar rit, Seyba pleure !

Oumar et Seyba sont tous deux sortis de l'Institut de gestion et de langues appliquées aux métiers avec des maîtrises en communication. Le premier, étudiant professionnel, bénéficie aujourd'hui d'un avancement dans son service, le second, régulier, frappe en vain aux portes de la fonction publique. D'où des interrogations.

Oumar est âgé de 49 ans. Détenteur d'un CAP en électricité d'une école professionnelle, il travaillait comme technicien son dans un service public de communication. Sentant sa retraite proche, il décide à 45 ans de retourner sur les bancs pour approfondir ses connaissances et bénéficier d'une situation plus confortable pendant ses vieux jours.

Sa décision fait grincer des dents et plus d'un dans sa famille comme dans son service se sont tordus de rire. « Que vas-tu apprendre encore ? Tu es déjà au bord de ta tombe. Avec tous les problèmes de la vie quotidienne, te crois-tu capable d'assimiler des leçons » . Autant de questions, dit-il, qui accueillaient sa décision. Marié et père de huit enfants, l'homme avait déjà tout planifié.

Décidé qu'il était, Oumar va s'endetter auprès d'une banque pour s'inscrire dans un institut privé, Iglam , en communication en vue de l'obtention d'une maîtrise. « Ce n'était pas facile d'autant plus que c'était des cours de jour et j'étais au milieu des jeunes ayant l'âge de mes enfants. Je devais, en plus, faire face à mon programme habituel au service sans compter les autres charges. Dieu merci, j'ai pu relever le défi » , témoigne aujourd'hui l'ex-vieil étudiant.

Ce parchemin a, aujourd'hui, changé le cours de la vie d'Oumar. Fonctionnaire de l'Etat, il a bénéficié d'un reclassement au sein de son service avec, à la clé, un nouveau poste, une augmentation de salaire et un prolongement de l'âge à la retraite. « Mon objectif est atteint. Si j'avais écouté ceux qui se moquaient de moi, je n'en serais pas là de nos jours. Et beaucoup d'entre eux, d'ailleurs, sont retournés à l'école » , affirme-t-il, l'air moqueur.

Procès contre l'Etat

« De l'injustice, rien que de l'injustice, de la discrimination » , ne cessait de fulminer Seyba en apprenant cette nouvelle. En effet, Seyba est un promotionnaire d'Oumar à l'Institut. Et de surcroît, son voisin de table durant toutes les 4 années d'études. Admis au bac comme candidat libre, un de ses oncles résidant à Paris, avait financé les frais d'études de Seyba , qui jurait de ne faire que les métiers de la communication.

A 26 ans, il décroche sa maîtrise et guette avec impatience le concours d'entrée à la Fonction publique. Le concours lancé, Seyba est parmi les premiers à se présenter à la direction nationale de la fonction publique. « L'agent a pris mes dossiers et quelle ne fût ma surprise quand il m'a dit que mon diplôme n'est pas valable, car non reconnu par l'Etat. J'ai failli tomber en syncope. Près de 2 millions de frais d'études pour rien ? m'interrogeais -je » , se rappelle-t-il encore de ce jour fatidique.

« Je ne comprenais pas pourquoi le diplôme de mon voisin a été reconnu et le mien rejeté. Est-il plus Malien que moi ? Je me rendis à l'école pour demander des comptes. Le promoteur m'a dit qu'il n'a rien à voir avec ça. Il m'a montré la décision du ministère autorisant l'ouverture de son établissement et qui atteste qu'il est dans la légalité. Le reste était mon problème » , explique-t-il.

Seyba jure, toutefois, de ne pas baisser les bras. Car, pour lui, il est inconcevable que l'Etat accorde des agréments aux écoles et refuse de reconnaître les diplômes délivrés par celles-ci. « Avec des camarades de promotion, nous envisageons de contacter des avocats et d'intenter un procès contre l'Etat. Nous ne pouvons pas perdre nos sous et la Fonction publique. C'est injuste » , clame-t-il.

Sidiki Y. Dembélé

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  RECONNAISSANCES DES DIPLOMES

Deux poids, deux mesures

Incompréhensible ! C'est le sentiment général qui découle de l'accord d'établissement des écoles privées et de la non-reconnaissance par le même Etat de leurs diplômes. Cri de révolte de promoteurs et de diplômés.

Issa Kéita (diplômé) :

« On a été formé par les enseignants de l'ENA, de la Flash et d'autres facultés de l'Université de Bamako. Ce sont les mêmes professeurs. Je ne comprends pas pourquoi l'Etat refuse de reconnaître nos diplômes alors qu'il y a des universités privées dans la sous-région dont les diplômes sont acceptés pour le concours d'entrée à la Fonction publique. C'est injuste ! »

Mamadou Lamine Drabo (directeur d' Isga ) :

« Les diplômes des universités privées ne sont pas acceptés aux concours d'entrée à la Fonction publique. L'Etat c'est le tout. Il a ses raisons pour ne pas reconnaître les diplômes des écoles privées. C'est une politique gouvernementale. Il faut un temps pour voir dans quelle condition ces écoles travaillent… Les universités privées sont récentes au Mali. Elles se sont vite développées. Pour reconnaître leurs diplômes, il faut un dialogue franc entre elles et le ministère. Je pense que l'Etat donne des agréments à ces écoles pour permettre aux jeunes gens de continuer leurs études. Après leurs études, ils pourront travailler dans les structures privées ».

Oumou Diarra (diplômée)  :

« Nous payons nos études et quand nous avons nos diplômes, nous ne pouvons pas nous présenter au concours d'entrée à la Fonction publique. Seulement les diplômés des facultés de l'Université de l'Etat sont acceptés. Aussi, les diplômes parallèles, c'est-à-dire, ceux qui ont des diplômes des universités privées dans d'autres pays, sont autorisés à se présenter aux concours de la Fonction publique. L'Etat doit changer ce système. Il a tout le pouvoir de contrôler les universités privées d'ici. Il peut bien les obliger à travailler dans les normes requises. Mais, pourquoi accepte-t-on des diplômes des universités privées des autres pays alors qu'on n'a aucun pouvoir sur ces universités ? Pourquoi l'Etat donne-t-il des agréments à nos universités privées et refuse de reconnaître leurs diplômes ? Ce sont des questions que nous nous posons présentement et nous attendons des réponses claires de l'Etat ».

Daouda Diakité (promoteur de Technolab-Ista ) :

« La reconnaissance des diplômes que nous délivrons aux étudiants est un problème qui nous préoccupe beaucoup. Notre souhait est que les autorités acceptent ces diplômes comme ils ont accepté de nous donner les agréments. Cela nous permettra de jouer un grand rôle dans l'intégration africaine ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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  DJIBRIL S. NDIAYE, PRESIDENT DE L'AEPES

« L'harmonisation des diplômes est en cours »

Depuis dix ans, les écoles supérieures affleurent dans notre pays et sont même agréées par l'Etat, mais leurs diplômes ne le sont pas dans la plupart des cas. Cette lacune va bientôt être corrigée, selon Djibril Souleymane Ndiaye, président de l'Association des établissements privés d'enseignement supérieur (AEPES) et président des groupes ESTM et scolaire universitaire du Progrès.

La reconnaissance des diplômes des écoles privées supérieures est le combat que mènent leurs acteurs depuis trois ans. Les promoteurs ont créé à cet effet l' AEPES qui, selon son président, Djibril S. Ndiaye a travaillé pendant trois mois sur la question avec le ministère de l'Education nationale. Pour M. Ndiaye, le ministre Mamadou Lamine Nd'iaye (paix à son âme) s'est personnellement battu à leurs côtés pour convenir d'une solution.

Le combat de l'AEPS a été couronné de succès, aux dires de son président. En 2006, le conseil des ministres a pris le décret n°395-PRM du 19 septembre 2006 permettant aux écoles privées supérieures d'être éligibles aux diplômes nationaux.

Ce décret ne sera pas un fourre-tout, commente M. Ndiaye. Leur association, en tandem avec le département de l'Education, a fini d'élaborer le projet de l'arrêté d'application du décret n°395-PRM. Ce qui, à l'en croire, va fixer les conditions et critères des établissements qui auront droit au sésame dans des filières déterminées.

La délocalisation des diplômes

L'AEPES, par la voix de son président, nourrit l'espoir de voir signer l'arrêté d'application du décret sus-mentionné avant la fin de l'année scolaire 2007-2008. Ce serait, pour eux, le bout du tunnel, les écoles privées supérieures connaissant un système de deux poids deux mesures. Au moment où des étudiants réguliers n'avaient aucun droit de postuler au concours de la Fonction publique, des fonctionnaires qui y prenaient les mêmes cours étaient reclassés à la fin de leurs études. « L'harmonisation de nos diplômes est en cours. Elle a pour but de corriger toutes ces discriminations » , confie le président de L'AEPES.

Une des écoles, l'Institut supérieur des sciences politiques, des relations internationales et de la communication ( Ispric ) a même intenté un procès contre l'Etat qu'elle a gagné. Mais la grosse de l'arrêt de la Cour suprême n'a pas permis jusque-là à ses étudiants de postuler aux concours de la Fonction publique.

Par ailleurs, des écoles dont les diplômes dans certaines filières sont reconnus par l'Etat, sont celles qui sont co-parrainées ou associées à des écoles supérieures de pays étrangers comme la Belgique, le Canada, la France ou le Maroc comme c'est le cas de l'ESTM, de l'IHEM, de Technolab-Ista ou de l'ISHM. Ce système qui consiste à dispenser des cours sur place sur le programme des universités étrangères avec le concours de leurs professeurs est appelé dans le milieu des écoles privées supérieures maliennes « la délocalisation des diplômes » ou « la co- diplômation  » .

Cette formule qui est celle en cours avait pour objet de pallier l'absence d'une reconnaissance nationale. Une formule qui a ses limites et qui ne plaît plus aux promoteurs des établissements privés supérieurs.

Abdrahamane Dicko

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  EPILOGUE

Des chiffons de papier

La réforme de septembre 1962 a créé au Mali un enseignement de masse et de qualité avec toutefois une petite place réservée à l'enseignement privé dans des structures relevant du domaine religieux (enseignement privé catholique par exemple) et des représentations diplomatiques .

De 1962 aux années 1980, l'essentiel de l'enseignement fut assuré par le secteur public dont les diplômés, à leur sortie, étaient automatiquement absorbés par l'administration publique, le principal employeur de la nation pendant de nombreuses années, et par les quelques entreprises qui existaient.

Mais même pendant ces années où l'enseignement public était la règle générale, quelques écoles privées de niveau difficile à préciser parce que reprenant des recalés du DEF et même des élèves du niveau de la 8e, formaient déjà des aide-comptables , des comptables et des secrétaires qui étaient pris soit par des commerçants, soit des entrepreneurs du secteur privé.

Il faut aussi signaler que vers 1975-1976, des dignitaires de l'ancien régime où leurs protégés ont ouvert presque frauduleusement et sans autorisation des établissements d'enseignement technique et professionnel à Bamako et dans quelques capitales régionales et ceux-ci furent rejoints par d'autres vers 1980-1981.

Mais fondamentalement, ce fut à partir de 1991, après les événements de mars 1991 que l'école privée malienne a pris son envol. Jusque-là régie par des textes approximatifs, elle le sera, après la libéralisation de toutes les activités économiques et commerciales dans les années qui suivirent la révolution démocratique, par des lois spécifiques qui en détermineront les conditions de création, de recrutement des élèves et étudiants et finalement de fonctionnement.

Par ces lois, l'Etat venait de reconnaître son incapacité à assurer la pérennité de l'enseignement public et, l'ayant aussi fait de façon officielle, le privé prit le relais. Bientôt, tous les ordres d'enseignement furent saturés d'établissements dont la plupart furent créés dans des conditions douteuses et fonctionnèrent longtemps sur des bases bancales.

Pendant ce temps, le Programme d'ajustement s