En prélude à la conférence régionale panafricaine sur l'alphabétisation qui se tiendra du 10 au 12 septembre prochains à Bamako, l'Unesco organise depuis hier un atelier préparatoire. Intitulé « améliorer l'accès des communautés à l'éducation et à l'alphabétisation au moyen de la radio » , l'atelier national de deux jours regroupe les directeurs des radios CMC.
Il s'agira, pour les 23 directeurs de radios CMC et les partenaires, de voir comment les Centres multimédia communautaires (CMC) en général et les radios CMC en particulier peuvent contribuer à la vulgarisation de l'alphabétisation et à la prolongation des débats de la conférence régionale et du Forum Dakar+7, en émettant un plaidoyer puissant en vue de la création d'un mouvement avant-gardiste national durable de promotion de l'alphabétisation dans le monde.
L'atelier selon le directeur/représentant du bureau multi-pays Unesco pour le Mali, le Burkina, la Guinée et le Niger, le Pr. Juma Shabani , les journées sont de la plus haute importance pour le bureau de l'Unesco/Bamako surtout quand il s'agit d'atteindre les OMD et de remplir les engagements quant à l'EPT, la DNUA et la décennie pour le développement durable.
L'Unesco s'appuie sur la radio parce qu'elle est le médium de communication dont le ratio de couverture est le plus élevé en Afrique plus que le téléphone et l'Internet pour relever le défi de l'alphabétisation.
Le directeur général de l' Agetic , M. Haïdara , s'est félicité de la tenue de la rencontre qui sera, dira-t-il, d'une très grande importance pour les acteurs des radios CMC.
Le représentant du ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mamadou Diallo a rappelé les bienfaits des CMC comme vecteur de connaissances pour les populations les plus reculées. Il a assuré de l'accompagnement de son département afin que les populations aient accès au minimum de connaissances.
Aujourd'hui, selon les chiffres fournis par l'Unesco, 774 millions de personnes de plus de 15 ans sont analphabètes dans le monde et 98,4 % d'elles vivent dans les pays en développement. Selon l'organisme onusien, il y a une grande disparité entre les régions en matière d'alphabétisation dans le monde. Plus de 860 millions d'adultes sont analphabètes, soit une personne sur cinq âgée de 15 ans et plus, dont les deux tiers sont des femmes.
L'alphabétisation est donc un sujet de première importance en Afrique parce que sur les 35 pays prioritaires Life, 19 sont des pays d'Afrique avec un taux d'alphabétisation inférieur ou plus de 10 millions d'habitants privés de compétences de base. En avril 2000, le Forum mondial sur l'éducation, tenu à Dakar, a fixé comme objectif une augmentation de 50 % du taux d'alphabétisation des adultes d'ici à 2005.
EAU ET ELECTRICITE
CAD-Mali prône la nationalisation
La Coalition des alternatives africaines/Dette et développement (CAD-Mali) a initié, mardi au Complexe sportif de Sogoniko , une rencontre d'échanges et de concertations avec les organisations de la société civile sur la nationalisation de l'eau et de l'électricité.
A travers cette série de rencontres qui couvre les deux rives du district, CAD-Mali, aux dires de son secrétaire général, Dounantié Dao, veut interpeller les décideurs politiques sur la mauvaise gestion et répartition des services d'eau et d'électricité dans notre pays.
« Le constat est amer. Ce sont les familles riches qui disposent d'eau du robinet et d'électricité. Les familles pauvres demeurent toujours avec les lampes et les puits. L'eau et l'électricité ne doivent plus être un luxe. Elles sont nécessaires pour tous les citoyens » , a-t-il expliqué. Ce qui justifie la tenue de ces rencontres populaires aux termes desquelles des recommandations seront adressées aux autorités pour les amener à revoir la politique de distribution de l'eau et de l'électricité.
Une politique qui passe nécessairement, selon le conférencier Abdoul Wahab Diakité, par la relève d'un certain nombre d'enjeux et de défis. « L'eau est avant tout la source de vie irremplaçable, un droit humain et un bien commun pour l'humanité. L'électricité est la base de développement » , a-t-il affirmé. Se référant à une étude d'impact qu'il a réalisée sur l'accès à l'eau et à l'électricité en milieu urbain M. Diakité définit la nationalisation comme le transfert de la propriété (d'une entreprise privée) à l'Etat.
Recettes d'une nationalisation
« Elle vise historiquement à permettre le développement des secteurs jugés trop importants ou onéreux en termes d'investissement pour en laisser la propriété et la responsabilité aux intérêts privés. Ces secteurs sont également la chasse gardée des multinationales parce que très porteurs » , a-t-il expliqué. C'est pourquoi, ajoutera-t-il, le combat de la nationalisation exige l'existence d'un noyau de patriotes prêts pour le sacrifice ultime pour le pays.
Ainsi, soulignera le conférencier, les enjeux de la nationalisation se résument à la responsabilité, l'implication effective de tous les acteurs, l'élaboration des indicateurs précis et vérifiables, l'identification des potentialités du pays.
Des débats, il est ressorti que ce sont, en général, la mauvaise gestion qui conduit à la privatisation. A ce titre, les critères pour réussir une nationalisation sont nombreux : la confiance, la démocratisation de toute politique initiée dans le secteur, l'efficacité du contrôle collectif, la mobilisation des ressources, etc.
Ces enjeux et critères doivent acquérir l'adhésion des forces de la nation. Car, chaque acteur, a relevé le conférencier, a un rôle très important à jouer. L'Etat doit utiliser toutes les potentialités du pays (électricité, énergie solaire, éolienne), investir pour assurer un approvisionnement en eau potable des populations y compris les plus démunies. La société civile doit veiller à ce que l'eau ne devienne pas une marchandise et que l'électricité ne demeure pas un luxe pour le citoyen malien et soit accessible à tous.
Sidiki Y. Dembélé
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AVANT LA RENTREE PARLEMENTAIRE
Des confidences de nouvelles députées
« Dure », « serrée », « pas du tout facile » : les qualificatifs, pour les nouvelles honorables, ne manquent pas pour décrire la campagne électorale des législatives de juillet dernier. Dix d'entre elles, ont livré leurs premières impressions, hier, au cours d'une journée de prise de contact organisée par la Cafo , le GP/DCF et le NDI, sur financement de l'ambassade royale du Danemark au Mali.
A cinq jours de la rentrée parlementaire, les femmes élues à l'Assemblée nationale ont fait, hier, une première prise de contact pour se côtoyer, échanger entre elles et peaufiner les stratégies à mettre en œuvre pour bien défendre les causes de leurs sœurs au cours de la prochaine législature. C'était à la faveur d'une rencontre initiée par la Coordination des associations et ONG féminines ( Cafo ), le Groupe pivot/Droit et citoyenneté des femmes (GP/DCF) avec l'appui technique du National Democratic Institute (NDI).
L'objectif principal de cette journée, présidée par Mme Kadidia Diarra, représentante du ministre de la Promotion de la femme, était d'informer ces nouvelles honorables sur des questions pratiques comme la composition du bureau de l'Assemblée nationale, le mode de désignation de ses membres, la composition et le rôle des commissions, le règlement intérieur, les conditions de formation, l'organisation et les rôles des groupes parlementaires.
« Votre élection est loin d'être un fait banal car vous constituez une force spéciale sur les 147 élus à l'AN. Vous avez un rôle et une responsabilité énormes car vous devez porter à l'hémicycle les préoccupations des femmes » , s'est adressée le premier conseiller de l'ambassade du Danemark Tine Anbok aux élues.
Abondant dans le même sens, Mme Oumou Touré de la Cafo les a exhortées à s'unir pour une solidarité agissante. « Amazones aux mains nues, espoir des 51 % de la population du Mali, vous devez vous battre pour la défense de vos droits » , a-t-elle lancé. Et d'ajouter que cet exercice est le début d'un long processus devant aboutir à une réelle promotion féminine et à la « féminisation » du visage de notre démocratie.
Paroles d'honorables
Tour à tour, les élues présentes, 10 sur 15, ont livré leurs premières impressions sur le déroulement de la campagne et sur les perspectives. Beaucoup d'elles ne sont prêtes, en tout cas, à oublier les longues nuits blanches de campagne électorale. « Ça n'a pas été du tout facile. Nous avons eu une lutte acharnée avec les hommes. Ils n'ont surtout pas été indulgents avec les femmes » , a déclaré Dicko Fatoumata Dicko , agent comptable de EDM, élue à Douentza .
Même cri de cœur pour les doyennes Sissoko Fanta Mantjini Diarra et Coulibaly Kadiatou Samaké qui vont entamer leur deuxième mandat en Commune V. « La lutte a été très dure. Notre liste était confrontée à celle d'un opérateur économique riche. Mais, c'est l'expérience et le savoir-faire qui nous ont différenciés » , a souligné la vice-présidente de l'URD Kadiatou Samaké pour qui, « on ne se lève pas à la dernière minute pour être candidat. Il faut apprendre à fréquenter tes concitoyens et à connaître ta circonscription » .
Pour sa colistière, du Cnid , Fanta Mantjini , « n'eut été les stratégies dégagées, on n'allait pas passer. C'était un véritable combat. Ce qui m'a marqué, ce sont les femmes qui ont défilé à côté de l'argent pour voter pour nous » .
Les honorables Saran Sinaté (URD, Sikasso), Diakité Djénebou Maguiraga , ( Adéma /PASJ) qui se définit comme la paysanne de la CMDT, élue à San , Djiré Penda Traoré de Ségou, Diakité Minata Sidibé de Dioïla , Dembélé Mariam Diassana de Tominian, Touré Kadiatou Maïga de Kati soutiennent qu'elles doivent leur élection, surtout, aux femmes rurales. Ce qui n'a pas été le cas pour Camara Saoudatou Dembélé, élue MPR en Commune VI pour qui, « les femmes n'ont pas soutenu les candidatures féminines » .
Une certitude cependant : toutes sont animées d'une seule volonté, c'est-à-dire faire un bloc malgré leur minorité pour tenir tête aux hommes et défendre les causes de la gent féminine.
Sidiki Y. Dembélé
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