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2007

Mois d'août

Les Echos du 29 août

BAMAKO BY NIGHT

« L'Université » de la débauche

Quelles sont les « marchandises » qui se vendent les mieux aujourd'hui au Mali en dehors des produits alimentaires ? Ne vous creusez pas trop les méninges. C'est le sexe et l'alcool. Un « couple » qui est en train d'avoir raison de tout ce qui nous reste comme honneur et dignité. De la petite vendeuse du coin, à la grande dame la plus respectable en passant par l'étudiante, la secrétaire…, elles sont de plus en plus nombreuses à monnayer aujourd'hui leur charme. Une promenade dans Bamako by night révèle assez sur la perversion des mœurs.

Ce samedi soir, il est presque 1 h du matin. Mais, c'est à peine si la nuit vient de commencer pour les jeunes branchés de la capitale et les vieux qui refusent de vieillir dans la tête et dans les mœurs. Après avoir regardé Casino Royal au Babemba, nos pas nous guident sur l'avenue Al-Qods ou route de Koulikoro, le royaume de tout ce qu'on peut avoir comme lieux de loisirs ou débauche à Bamako. Le taxi nous dépose devant un restaurant chic.

Tiré à quatre épingles et attablé seul, nous ne tardons pas à découvrir que nous sommes une proie convoitée à cette heure dans ce lieu pourtant apparemment respectable. A peine notre jus d'orange entamé, elles surgissent d'on ne sait où. Et de belles créatures de surcroît. L'étincelle qui brille dans leurs yeux, ne nous trompe pas sur leurs désirs. Certainement plus audacieuse que les autres, Mamy vient nous tenir compagnie en tentant évidemment sa chance.

S'engage alors le discours de séduction. La galanterie nous oblige à lui offrir à boire. Que veut-elle boire ? « Une grande bière » , sourit-elle. Provocatrice, elle ajoute, « je ne comprends pas ces jeunes qui boivent encore de la sucrerie en ce 21e siècle. Que peut-on boire aujourd'hui de mieux qu'une bière » . Nous ne relevons pas l'injure pour ne pas inutilement prolonger notre présence sur le lieu. Malgré l'insistance de Mamy de nous tenir compagnie le reste de la nuit, nous sortons du bar-restaurant comme nous nous étions entré une heure auparavant : seul !

« Princesses » prostituées

Après quelques pas, nous nous retrouvons sur l'une des rues les plus fréquentées de Bamako : la rue Princesse ! Des princesses qui ont le plus souvent la tête pleine. Comme Fatim qui nous aborde dans un français qui remplirait de fierté Victor Hugo. Une bière offerte sur son insistance nous permet d'apprendre vite qu'elle est étudiante. En plus de sa faculté, c'est une bien curieuse « université » qu'elle dit fréquenter tous les week-ends. « Les bourses ne tombent pas régulièrement et les parents ont du mal à nous prendre en charge. Il faut alors se débrouiller pour ne pas vivre dans la morosité et la précarité » , nous avoue-t-elle sans ambages.

Se débrouiller ? N'est-ce pas aujourd'hui le sport préféré des Maliens qui conduit facilement à tous les vices et à toutes les perversions ? La fille qui s'offre à plusieurs petits amis pour satisfaire ses multiples besoins de branchée, se débrouille. L'étudiant qui loue sa virilité à une dame plus âgée que sa mère se débrouille ainsi à trouver les moyens lui permettant de vivre comme ses camarades dont les parents sont nantis.

Fatim nous ramène malheureusement à cette humiliante réalité. La seconde « grande » (bière) lui délie totalement la langue. Sous l'emprise de l'alcool, elle nous révèle, « regarde toutes ses filles attablées avec des mecs de l'âge de leurs pères ou avec des touristes ! Ce sont toutes des étudiantes dans les différentes facultés, mais elles se prostituent toutes. Il y a aussi des lycéennes et mêmes des élèves du fondamental, mais elles ne sont pas nombreuses. Chacune vient tenter sa chance ici, la faculté où il suffit seulement d'être belle et audacieuse pour réussir » .

Plutôt tenter le vice, la débauche et le VIH/Sida. « Les parents et les garçons n'assument plus. Il faut alors trouver les moyens de vivre sa vie » , se justifie Poupette , une véritable allumeuse que Fatim avait invitée à nous joindre.

Nudisme

Difficile d'avoir reçu une certaine éducation et de se sentir à l'aise dans ce milieu. Pas seulement à cause de l'alcool qui coule à flot, mais surtout la tenue des nombreuses filles. On s'habille d'habitude pour mettre son intimité à l'abri des regards indiscrets et vicieux. C'est tout le contraire chez les abonnées de la rue Princesse par exemple. Celles qui déambulaient sous nos yeux ce soir-là étaient presque toutes nues pour mieux appâter les clients.

Même décor honteux et dégradant dans le night-club où Fatim a réussi à nous entraîner vers 2 h du matin. A la rue Princesse, nous sommes revenus à plusieurs pour en avoir le cœur le net sur ce que Fatim nous avait révélé. Hélas, elle était loin de nous bluffer ! Elles sont aujourd'hui nombreuses les élèves et étudiantes à s'être laissées prendre dans les toiles de cette débauche tentaculaire.

Ce glissement n'a rien des NST (notes sexuellement transmissibles) à qui beaucoup de filles doivent encore leurs succès scolaires ou académiques. Elles sont tombées dans le vice, la débauche par mimétisme parce qu'elles veulent vivre à la mode, réaliser les rêves des jeunes filles nanties et dites branchées.

Dans une telle situation, les déceptions constituent le moindre mal face à des drames. Comme celui vécu par Djény , une brillante étudiante emportée par le VIH/Sida à une année de la fin de son cycle universitaire. Selon, certains proches, elle aurait commencé à monnayer son charme depuis le second cycle. « Elle vivait en reine dans une famille éprouvée par la pauvreté » , nous dit l'une de ses ex-amies. Son premier accident de parcours : une grossesse non désirée et non reconnue puisqu'elle ne pouvait accuser personne parmi ses nombreux amants. Un enfant aujourd'hui orphelin.

« Elle a voulu m'entraîner avec elle dans la débauche. Face à ma réserve, elle m'a laissé tomber en me traitant de sauvageonne. Nous étions pourtant amies depuis notre tendre enfance. J'ai tout fait pour la ramener dans le droit chemin, mais elle me fuyait comme la peste » , déplore Maï . Aujourd'hui, elle a allègrement bouclé ses études vient d'être reçue à la Fonction publique. Et cela parce qu'elle a eu la sagesse de ne pas s'inscrire à « l'université » de la débauche dont les facultés sont les bar-restaurants , les night-clubs qui font de nos jours le décor de Bamako by night.

A part quelques prêcheurs traités d'extrémistes, personne ne bronche ! Parce que chacun y trouve son compte ?

Moussa Bolly

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ESPACES DE JEUX

Un fléau qui s'appelle insécurité

A Bamako, les espaces de jeux offrent de véritables moyens de divertissement aux enfants sans toutefois garantir leur sécurité. Et pourtant, la sécurité doit être un élément essentiel qui doit être au cœur de la gestion de ces lieux.

Aujourd'hui, les centres de jeux ne manquent plus à Bamako, car ils poussent comme des champignons. En cette période de vacances scolaires, les enfants fréquentent massivement les centres de jeux où ils ont accès à toutes sortes de jeux : les dangereux et les moins dangereux. Ce n'est pas cet embarras de choix mais plutôt l'insécurité qui plane sur les joueurs, les enfants qui est problématique. Une insécurité latente dont ils sont régulièrement victimes.

Une enquête menée dans plusieurs centres de jeu de Bamako révèle que c'est seulement le profit qui intéresse les propriétaires de ces espaces, l'important étant que les visiteurs paient. Dans ces locaux, aucun dispositif sécuritaire n'est mis en place. En effet, le visiteur paie son ticket à l'entrée et passe directement à l'acte.

Cet acte de jeu, apparemment savoureux, tourne souvent au cauchemar en cas de faux-bond ou de chute inopportune. Des jeux comme « l'auto tamponné » ou la balançoire nécessitent un suivi et une assistance de l'enfant. Un agent d'un organisme international à Bamako assure que ses enfants ne mettront plus jamais les pieds dans un centre de jeu après la chute épouvantable qui a coûté la vie à l'un d'eux.

« Autrefois, tous les week-ends, j'amenais mes enfants dans un espace de jeu. Mais, le jour où mon enfant a lamentablement chuté d'une balançoire, je me suis rendu à l'évidence qu'il n'y avait aucune mesure sécuritaire. Dès lors, j'ai décidé de ne plus les emmener dans les centres de jeu » , affirme-t-il.

Luna Parc, un exemple ?

Ce qui est grave, c'est que les parents qui conduisent leurs enfants dans les centres de jeux pour revenir les chercher plus tard sont dégoûtés par le risque couru avant leur retour, surtout que n'importe qui a accès à ces lieux même si l'usage des jouets est conditionné à la détention d'un ticket. L'aventure de ce quadragénaire est édifiante. « J'avais pris l'habitude de laisser mes enfants jouer dans un centre de la place jusqu'à ce que je termine mes courses. Cependant, quand j'ai surpris un homme venu de n'importe où en train de les aborder, j'ai eu l'impression qu'il tentait de les enlever. Désormais, ils jouent à la maison » .

A défaut d'une intervention des autorités pour réglementer le secteur et ainsi mettre fin à l'implantation anarchique des espaces de jeux, les parents sont, en tout cas, avertis et ils doivent veiller sur leurs enfants en ces lieux.

Situé sur la route de Koulikoro, Luna Parc est un des centres de jeux les plus fréquentés de la capitale. Pendant ces vacances, le parc reçoit un monde fou y compris des étrangers de 16 h à zéro heure. Certes, le centre est hyper équipé, mais ses dispositions sécuritaires y sont pour beaucoup. D'abord, certains instruments de jeux sont interdits aux moins de 12 ans. En plus d'un technicien spécialiste pour chaque jeu et d'autres techniciens chargés de suivre et d'assister les enfants au cours de leurs jeux, le centre a un gardien pour contrôler les entrées et sorties.

« Nous sommes obligés de sécuriser les lieux, car si un client se blesse, nous le prenons complètement en charge jusqu'à ce qu'il se rétablisse » , nous a confié Salah Ag Ibrahim, le gérant du centre.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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COUR D'ASSISES

Le pédophile

L'attirance sexuelle des adultes pour les enfants devient de plus en plus monnaie courante. Le comportement de Yaya Sylla qui blesse la sensibilité l'a conduit à l'audience de la Cour d'assises d'hier.

Né vers 1980 à Kadiolo et domicilié à Sikasso Sanoubougou-II , Yaya est accusé d'avoir commis un acte de pénétration sexuelle en 2004 sur la personne de Samadié Bagayoko , âgée seulement de 8 ans à l'époque. Cette dernière a été entraînée de force sans autre forme de procès dans la chambre par Yaya Sylla, le boutiquier du coin chez qui elle s'était rendue pour un achat.

Le bourreau du jour a violemment terrassé et bâillonné la fillette avec un chiffon pour contenir ses cris avant d'abuser d'elle sexuellement. L'infortunée, qui n'a pu s'échapper de son agresseur que suite à l'intervention d'un passant, est allée rapidement informer ses parents de sa mésaventure.

A la barre, comme c'est le cas le plus souvent, Yaya Sylla au départ a nié les faits en essayant de justifier son acte obscène par des esprits obscurs qui le hanteraient épisodiquement. Selon lui, chaque fois que c'est le cas, il devient incapable de contenir ses pulsions sexuelles.

Or, le dossier du médecin légiste versé au dossier indique clairement qu'il ne souffre d'aucune anomalie psychiatrique ou psychique.

Evasif dans ses réponses, le boutiquier a fini par passer aux aveux complets en reconnaissant qu'il a même introduit son doigt dans le sexe de la fille au point qu'elle a été blessée. De par ses propres déclarations, il venait d'ouvrir le boulevard au ministère public pour davantage le charger. « Yaya est un pervers. Il n'était pas du tout dans un second état comme il tentait de nous le faire croire. C'est un moyen pour lui de se disculper. Yaya, en abusant de la petite, a agi avec discernement » .

Pour le tirer des mailles de la justice, son conseil a basé sa plaidoirie sur le fait que son client a beaucoup médité depuis son incarcération en 2004. « Faites en sorte qu'il puisse à l'avenir comprendre et juger ce qu'il a fait en le condamnant avec sursis. Orphelin de père depuis sa tendre enfance, il n'a pas eu la chance d'aller à l'école de la vie » .

L'appel de Me Kéita a été entendu par la Cour qui a condamné Yaya Sidibé à 3 ans d'emprisonnement ferme. Incarcéré depuis le 23 août 2003, M. Sidibé a, à ce jour épuisé la peine.

Mohamed Daou

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GOUVERNEMENT

Fin de vacances pour les ministres

Les ministres reprennent du service aujourd'hui après deux semaines de vacances gouvernementales. Une reprise qui est synonyme de rentrée des classes pour l'équipe du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga . Une rentrée qui ne sera pas de tout repos ou quiétude.

Il faut pour certains, vite évacuer les ultimes dossiers en instance dans la hantise de la nomination d'un nouveau gouvernement qui suivra certainement la rentrée parlementaire du 3 septembre 2007. Pour d'autres, il faut savoir compter sur la mansuétude du chef au prix de mille génuflexions et d'exercices occultes pour se voir reconduire dans ses missions .

Mais avant que chacun connaisse le sort que ATT lui a réservé, la session ordinaire hebdomadaire du conseil des ministres est convoquée dès ce matin autour du président de la République ATT, rentré le lundi soir d'un périple de quelques jours, qui l'a conduit en Libye et Cuba. Serait-il le dernier ou l'avant-dernier conseil des ministres du mandat de Pinochet ? On ne sait plus trop.

Abdrahamane Dicko

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LUTTE CONTRE L'INSECURITE

Pourquoi pas une prime d'encouragement

Les autorités en charge de la sécurité ont expérimenté toutes formes de stratégies pour venir à bout de l'insécurité dans notre pays. Il ne reste plus qu'à distribuer des primes aux agents de sécurité comme l'a récemment commencé un pays voisin, la Guinée.

Les forces de sécurité ont pour mission de faire régner la sécurité et la quiétude dans le pays. Mais de plus en plus, les populations ne dorment plus que d'un œil à cause de l'insécurité galopante. La plupart des solutions envisagées par l'Etat pour endiguer le fléau ont eu leur limite. Des patrouilles sectorielles aux patrouilles de grande envergure en passant par les patrouilles diurnes, tout ou presque a été expérimenté dans notre pays.

Mais le phénomène s'accentue au regard de l'insécurité dans laquelle vivent les Maliens. La 2e session ordinaire au titre de l'année 2007 de la Cour d'assises de Bamako témoigne de l'ampleur du problème. Sur les 70 affaires inscrites au rôle, les cas de vols qualifiés (16), d'assassinats (6), d'associations de malfaiteurs (8), etc. occupent la vedette. Les auteurs de ces crimes viennent de toutes les régions du pays. Il s'agit donc bel et bien d'une question nationale et même sous-régionale, qui mérite une solution nationale.

Des personnes sont tentées de dire que la police, la gendarmerie, qui ont pour vocation de traquer les délinquants primaires et les grands bandits font de leur mieux. D'autres diront que ceux-là mêmes qui sont chargés de lutter contre l'insécurité en mettant hors d'état de nuire les bandits travaillent dans des eaux troubles. Ils sont souvent accusés de pactiser avec le diable.

Primes d'encouragement

Notre voisin du Sud, la Guinée-Conakry , qui connaît les mêmes réalités que nous, vient de mettre au point une stratégie de lutte contre le banditisme. Il y a deux semaines, les autorités guinéennes ont décidé d'allouer des primes d'encouragement à des agents de sécurité qui s'illustreront dans la chasse aux bandits. Les forces de l'ordre guinéennes (police, gendarmerie, garde) sont invitées à sévir contre toute personne malintentionnée moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Cette politique de prime d'encouragement peut s'avérer coûteuse pour l'Etat malien qui a encore du mal à mettre les travailleurs dans les conditions de travail décentes et à assurer le minimum vital aux populations, mais elle paraît bonne. Dans le cadre de la lutte contre le banditisme, des primes sont payées sur le salaire à certaines unités de la police nationale. Il s'agit notamment des unités de maintien d'ordre comme le Groupement mobile de sécurité (GMS), des unités anti-criminalité comme la Brigade spéciale d'investigation (BSI), la Brigade anti-criminalité (Bac).

Mais comme il se dit couramment, la sécurité n'a pas de prix. Il nous souvient que le président ATT avait décoré une fois des officiers de police et de gendarmerie pour des actes de bravoure contre des bandits. Il avait même promis d'en faire un cas d'école afin de créer une saine émulation au sein des corps habillés. Mais on n'en a plus entendu parler. Est-ce que la décoration s'est arrêtée aux premiers agents promus ?

Gageons que l'expérience guinéenne fera des émules au Mali.

Abdrahamane Dicko

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  LE MALI VU DE LOIN

Nous sommes médiocres

Le jour où ma femme m'a dit que Doussou Bagayoko a fait une chanson « Nana jolie » sur le conte « La princesse qui ne veut qu'un homme sans cicatrice », je suis au pinacle. Je souris. Je saute de joie tant ce conte et bien d'autres ont bercé mon enfance.

Aussitôt, me vois-je au village, à la lumière d'une lampe à huile, ma mère racontant à mon frère et moi cette histoire. Défilent devant moi des images de cette enfance. Alors, me suis-je mis à raconter moi aussi cette histoire à mon petit garçon, curieux, pressé de savoir les raisons de cette joie quelque peu démesurée de son papa.

A la fin de mon récit, le visage de mon enfant s'illumine comme le mien lorsque ma mère finissait de nous raconter le même conte. Plus intéressant encore c'est le premier conte africain et surtout malien que je raconte à mon petit garçon, toujours le nez fourré dans les livres de contes occidentaux comme « Dora » , « Monsieur Grincheux » , « Madame Beauté » . Que sais-je encore ? Pour le petit Malien et pour son père, vivant dans le trou du c… du monde, c'est un retour aux sources. Quel bonheur ! Je suis sûr que « Nana jolie » fait plaisir aux enfants de mon pays. Et depuis, je brûle d'envie de voir le clip.

Une semaine plus tard les yeux rivés sur la télé, je découvre le clip de Doussou . La voix suave de la jeune chanteuse m'entraîne dans ce voyage à travers mon enfance. La chanson restitue textuellement le conte. Mais à la fin du clip, ma joie démesurée diffuse un relent de dégoût. Car la mise en scène, contrairement à la chanson, est loin d'être un travail de qualité.

Je ne crache pas sur tout. Loin s'en faut ! Les tenues traditionnelles et la scène montrant Doussou entourée d'enfants sont sans commentaire. A voir aussi la ferveur des fans chaque vendredi dans la salle des spectacles Banzoumana Sissoko du Palais de la culture devant ces jeunes talents et surtout la charmante gabonaise Pamela, il y a quelque chose qui se fait de bien.

Cependant, je ne peux m'empêcher d'enfiler ma tenue de critique, de contestateur né que m'ont taillée certains. Il est clair que le chien aboie et la caravane passe. Mais moi, je ne renoncerai pas, pour autant, de me laver la figure parce que je suis aveugle. Dans ce clip, pas besoin d'avoir le compas dans l'œil pour déceler les couacs.

Regardez juste ce minuscule oiseau perché sur un fil électrique pour désigner le «  ba-la-kononifing kankala-madian  » (l'oiseau noir du fleuve au long cou). Regardez, également, ces acteurs, nonchalants, récitant leur texte comme leur leçon en classe. Un clip, c'est un film. Il est pensé, écrit et corrigé. Franchement, arrêtez de vous moquer des Maliens. Pour cette journée, ma coupe est bien pleine.

Plus tard avec l'émission « Maxi-vacances » de l'ORTM, c'est carrément le trop-plein. L'idée, même calquée sur « Questions pour un champion » , reste bonne et surtout bénéfique pour les adolescents. Mais avec un animateur somnolent et un décor digne d'un capharnaüm, je perds ma langue. « Pourtant, les ados s'y plaisent bien » , me direz-vous. C'est oublier que « celui qui n'a pas le lait de sa mère tête sa grand-mère » .

Ainsi, vois-je qu'on nous sert du poulet rôti dans une vieille assiette sale. Je pète un câble. Et je me mets à douter. A douter de moi. A douter de tout. A douter surtout de la capacité du Malien à faire du travail de qualité dans le contexte actuel de mondialisation.

Du doute, je finis par avoir peur. Car sans conteste, nous sommes médiocres. Et j'en pleure tous les jours. Ce mauvais clip et ce mauvais «  copier-coller  » ne sont qu'une goutte d'eau dans cet océan de médiocrité.

Les raisons ? Beaucoup trouvent qu'elles sont en grande partie d'ordre culturel. Parce qu'au risque de paraître méchant, un homme se garde de critiquer les autres. Mais n'ignorons pas que sans critique, ici-bas, on n'avance pas. Beurk ! Comme disent les enfants pour montrer leur dégoût.

Deux jours après, c'est un professeur de maths, « bien chiffonné » (pardon) mais très éloquent, qui expose son projet d'introduire de nouveaux jeux dans le programme de nos écoles. L'honorable devait avoir un coin du cerveau qui le brûlait à se frotter le visage indéfiniment tout au long de la durée du magazine « L'invité du jour » sur Africable . « Ainsi, soutient-il, cela permet aux enfants de comprendre facilement les maths » . L'initiative est salutaire et dénote l'ambition et la volonté de l'homme et ses collègues de contribuer au développement du Mali.

« Ô Dieu ! Encore une autre trouvaille pour abrutir davantage nos élèves déjà assez tocards » , me suis-je dis. Voyant les ravages du « tsunami Nef » (Nouvelle école fondamentale) sur notre école, je décide de décrocher mon téléphoner et demander au pape, au grand imam de La Mecque et au dalaï-lama de supplier l'honorable professeur de renoncer à son projet.

Manque de pot, mon portable attend sa recharge depuis des mois.

Comme si cela ne suffisait pas dans cette atmosphère de médiocrité, c'est le prince du jour, lui-même, qui annonce la création d'une cimenterie dans le Nord du pays. Plus rien à dire. C'est la totale ! Irrité, je ne sais plus où donner de la tête. J'ai failli me jeter dans le vide depuis le balcon de mon appart. Mais, je finis par regagner ma couchette car mon petit garçon a encore besoin d'écouter son papa lui raconter le conte de «  ba-la-kononifing kankala-madian  » et j'ai moi aussi le plaisir, serait-ce le seul, de voir ce sourire illuminer son visage face à l'océan de médiocrité qui nous entoure.

Oumar Bakary Doumbia

( depuis Paris)

 

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  LIBERATION DES SOLDATS OTAGES

Les autorités cèderont-elles au chantage ?

Les autorités vont-elles céder au chantage et au marchandage ? C'est la question qui se trouve maintenant sur toutes les lèvres après le communiqué laconique diffusé par le ministère de la Défense et des Anciens combattants suite au kidnapping par des « bandits armés » de membres des forces armées .

Le ministère de la Défense et des Anciens combatants a anoncé lundi soir, que des « dispositions sont en cours pour permettre une libération saine et sauve de nos vaillants soldats pris en otage par les supposés hommes rebelles d'Ibrahim Bahanga  ».

De son côté, le porte-parole de l'Alliance démocratique du 23-Mai pour le changement, Ahmada Ag Bibi, reafirmait l'attachement de ce mouvement à l'Accord d'Alger. Des propos qui rassurent certes, mais qui suscitent beaucoup d' intérrogations .

Sans prétention de revéler un secret de défense, il est à croire que nos vaillants soldats, qui acccompagnaient l'équipe de lutte contre le criquet pèlerin, ont été victimes de leur sous-équipement mais aussi d'une certaine naivété de l'Etat.

Mais les otages étant entre les mains de leurs ravisseurs, il reste maintenant à obtenir leur libération. Et si l'on s'en tient aux termes du communiqué du ministère, il reste sous-entendu que les autorités n'épargnent ni l'utilisation de la force, ni d'éventuelles négociations qui bien sûr se dérouleront certainement sur fond de chantage et de marchandage.

A priori, la première hypothèse c'est-à-dire, l'utilisation d'une quelconque force, paraît hors de question. En effet, le président de la République Amadou Toumani Touré s'est toujours dit opposé à l'utilisation de la force.

Reste donc l'hypothèse de la négociation. Bahanga et ses ouailles qui apparaissent en position de force (rien n'est trop pour sauver une vie humaine) ne manqueront point de surenchères. Et ce sera à la douleur du contribuable malien, à moins qu'une médiation étrangère ne vienne à convaincre Bahanga et ses hommes car il est illusoire de penser que ces derniers ont mené l'opération rien que pour amuser la galerie .

Denis Koné

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  LE DEF DE LA HONTE A YANFOLILA

Requiem pour l'école malienne ?

Après le cauchemar des candidats fictifs admis au diplôme d'études fondamentales (DEF) de la session de juin 2007 dans le Cap de Yanfolila, la gravité des faits avait poussé le département de l'Education à convoquer à Bamako les directeurs de l'Académie de Sikasso et du Cap de Yanfolila pour d'amples explications.

Ce dernier qui ne voulait pas être le seul à boire le calice jusqu'à la lie a, à son tour, fait venir le personnel local impliqué dans l'organisation de l'examen. La rencontre a eu lieu, les faits avérés. Pis, il a été démontré que ce qui a été révélé par la presse n'est que la partie visible de l'iceberg. Des candidats fictifs ont été effectivement admis sans pour autant composer. Mais quelle ne fut la surprise de nombreux Maliens de voir les fautifs se tirer d'affaire !

Selon nos sources, l'Académie de Sikasso, qui voulait se racheter en proclamant un autre résultat, a finalement renoncé au motif que l'opinion va s'en prendre au département mais aussi de peur que la presse qui ne se saisisse de la sale affaire. Encore nos autorités ont failli à leur devoir. Ce sont ces genres de faits qui méritent une sanction à la hauteur de la faute pour que ceux qui ont l'intention de récidiver renoncent. Encore une fois c'est le laxisme des autorités qui encourage cette débâcle du primaire à l'Université.

L'école malienne, à n'en point douter a échoué par la faute des autorités. Cette dédicace à la médiocrité a, il est vrai, commencé avant 1991. Mais, ce qui se passe présentement est tout simplement suicidaire pour le pays. Des diplômés qui circulent sans avoir terminé leur cycle. Des admis fictifs, des erreurs dans la proclamation du bac, des enseignants commerçants de notes de classe.

Il est grand temps que nos autorités comprennent qu'un pays ne peut prospérer sans une politique éducative de qualité. Ce qui a fait dire à Ousmane Sow , journaliste et auteur du livre « Un para à Koulouba » que : « L'école est la base de la prospérité économique et sociale d'une nation » .

Pour lui, notre école mérite une politique cohérente et ambitieuse, une révision complète des normes. La solution qu'il prône est de mettre fin au trafic de notes, aux relations illicites entre enseignants et enseignés en punissant sévèrement les coupables… Est-ce la mer à boire ?

Amadou Sidibé

 

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  LUTTE POUR L'ABANDON DE L'EXCISION

Les communicateurs de la sous-région en première ligne

Les communicateurs traditionnels du Mali, de la Guinée, du Sénégal et du Burkina Faso vont intensifier leur mission de sensibilisation pour l'abandon de la pratique de l'excision.

« La participation des communicateurs traditionnels d'Afrique de l'Ouest à la lutte contre la pratique de l' excisison  » est le thème d'un atelier de réflexion sous-régional ouvert lundi au Centre Aoua Kéita. L'atelier regroupe des communicateurs traditionnels et modernes venus de la Guinée, du Sénégal, du Burkina Faso et du Mali.

Au cours des cinq jours de travaux, ces communicateurs « qui se sentent interpellés sur les pratiques néfastes à la santé de la femme et de la petite fille, l'excision en particulier » , vont échanger leurs expériences et difficultés dans la sensibilisation sur l'abandon de la pratique, selon le président du Recotrade-Afrique , Mamadou Ben Chérif Diabaté.

Aux termes de l'atelier, les communicateurs élaboreront un projet commun aux quatre pays. Il s'agira d'un outil qui servira à appuyer et à encadrer les communicateurs traditionnels dans leurs missions de sensibilisation auprès des populations afin qu'elles abandonnent l'excision. Ainsi, l'atelier de Bamako sera mis à profit pour construire les termes de référence du projet.

Le secrétaire général du ministère de la Promotion de la femme, de l'Enfant et de la Famille, Youssouf Sangaré qui a présidé la cérémonie d'ouverture, a affirmé que l'abandon de l'excision au Mali est l'une des préoccupations des hautes autorités, en témoigne la création du Programme national de lutte contre la pratique de l' excsion (PNLE).

Le PNLE est chargé de développer une stratégie d'information, d'éducation et de communication à l'endroit des populations en vue de leur adhésion à la politique nationale de lutte pour l'abandon de l'excision.

Sur 28 pays africains où se pratique l'excision, 16 appartiennent à l'espace francophone. Aussi, la resposable de l'Unité de l'égalité des genres pour le développement à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Fadia Nassif , tout en indiquant l'adhésion de l'OIF au futur projet, s'est dit convaincue qu'avec une plus forte implication des communicateurs traditionnels, les pratiques néfastes à la santé de la femme et de la fille vont diminuer.

Faut-il noter que les communicateurs traditionnels se sont engagés en 2004, à l'issue d'un forum à Ouagadougou, à abandonner la pratique de l'excision dans leur prropre famille.

Denis Koné

 

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  TOGO-MALI

Jodar révèle son plan de bataille

Le sélectionneur national des Aigles, Jean-François Jodar a animé mardi 28 août son ultime conférence de presse de la phase qualificative des éliminatoires de la Can « Ghana-2008 ». Au cours de ce point de presse, il est revenu sur le match amical Mali-Burkina (3-2) de Paris, avant de communiquer la liste des joueurs pour le match Togo-Mali . Une rencontre capitale prévue le 8 septembre prochain au Stade Kegué de Lomé.

« Nous avons fait un rassemblement important et j'ai eu des satisfactions pour ce match contre le Burkina » , a d'entrée de jeu expliqué Jodar . Cette rencontre lui a permis de tester une vingtaine de joueurs. Le coach français des Aigles a avoué que ce fut un match anecdotique. « Nous avons fait le point avec les joueurs sur leur début de saison » , a-t-il déclaré. Il a ajouté, « j'ai aussi posé des questions s'ils sont prêts pour le match » . Et d'après ce qu'il a dit à la presse, sa troupe serait prête pour cette bataille décisive.

Pour le choix des joueurs convoqués pour ce match contre les Eperviers du Togo, Jodar a avancé la régularité des joueurs comme premier critère. « Certains n'ont pas encore repris les compétitions, notamment au Maghreb » , a-t-il dit. Il a aussi fait cas de certains expatriés qui ne jouent presque pas ou ne sont pas titulaires. C'est le cas de Alphousseiny Kéita (Le Mans) ou de Drissa Diakité (Nice). Pour Jodar , le premier doit s'adapter cinq à six mois et le second doit faire face à une rude concurrence.

Le match de Lomé est considéré comme la finale au sein du groupe 9. « On va jouer la finale au Togo. Et j'avais prévu ce scénario dès le départ » , s'est amusé Jodar . Toutefois, il ne doute pas de la capacité de ses joueurs à relever le défi du 8 septembre prochain à Lomé.  « Nous avons des joueurs plus expérimentés qui jouent dans les meilleurs championnats et le groupe est confiant pour remporter le gain du match » , a-t-il assuré.

Pour préparer ce match, Jodar dispose d'une stratégie et il dit avoir idée de son adversaire.  « Nous avons les cassettes des matches du Togo » , a affirmé le technicien français. Il précise que « le match sera difficile, surtout avec la récupération des cadres de l'équipe, car ils veulent aussi la qualification malgré l'imbroglio qui mine leur Fédération » .

Interrogé sur le cas des joueurs de l'équipe olympique, Jodar a répondu que « l'équipe A est prioritaire. J'avais besoin de tous les joueurs susceptibles d'être présents à Lomé » . Peu importe donc l'intérêt national. L'essentiel est qu'il ait les joueurs qu'ils souhaitent quel que soit le prix à payer pour les autres sélections nationales.

Il a aussi évoqué le cas des joueurs recherchés par la Fédération malienne de football ( Malifoot ) pour porter le maillot national. C'était le cas de Lassana Diarra et d'un certain Sacko , un junior qui évolue à Châteauroux. Si le premier a préféré la France et le second doute encore à s'engager sous les couleurs du Mali.

Le coach des Aigles a aussi rappelé que le regroupement se fera en deux phases en fonction du calendrier des championnats européens.

Boubacar Diakité Sarr

 

Liste des Aigles convoqués

Mahamadou Sidibe ( Pasginnia , Grèce), Soumaïla Diakité, (Stade malien, Mali), Souleymane Diamouténé (Lecce, Italie), Adama Coulibaly (Lens, France), Cédric Kanté (Nice, France), Adama Tamboura (Helsingborg, Suède), Boubacar Koné (Fès, Maroc) Eric Chelles (Valenciennes, France), Djibril Sidibé (Châteauroux France), Mahamadou Diarra, (Réal Madrid, Espagne), Seydou Kéita (FC Séville, Espagne), Mohamed Lamine Sissoko, (Liverpool, Angleterre), Bassala Touré ( Levadiaskos , Grèce), Souleymane Dembélé ( Djoliba , Mali), Frédéric Oumar Kanouté (FC Séville, Espagne), Dramane Traoré, (Locomotive, Moscou), Mamadi Sidibé ( Stoke City, Angleterre) et Mamadou Diallo (FC Qatar).

Entraîneur : Jean-François Jodar

Adjoint : Amadou Pathé Diallo

 

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