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2007

Mois d'août

Les Echos du 28 août

BONNE GOUVERNANCE EN AFRIQUE

Le Mali classé 14e sur 16 Etats de la Cédéao

Selon un rapport de la Banque mondiale rendu public en juillet dernier, le Mali est loin, voire très loin de la palme d'or de la bonne gouvernance au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ( Cédéao ).

Le rapport de la Banque mondiale sur la bonne gouvernance en Afrique est le résultat d'enquêtes et de consultations menées de novembre 2006 à janvier 2007 dans 52 pays africains. Six critères de base ont été pris en compte dans cette classification : l'efficacité des pouvoirs publics, la stabilité politique, la qualité de la réglementation, la maîtrise de la corruption, l'Etat de droit, le respect des droits politiques.

Suivant ces critères, les auteurs du rapport placent le Botswana en tête (1er) et la Guinée équatoriale à la dernière place (52e) sur le plan continental.
Dans la zone de la Cédéao , qui englobe également celle de l' Uémoa , le Mali est classé 14e sur 16, loin derrière le Burkina Faso qui se situe au premier rang soit à la 7e place au plan africain devant le Sénégal (12e), la Mauritanie (13e).

Il se classe, par ailleurs, devant le Ghana (16e), la Gambie (22e), le Togo (23e), le Niger (29e), la Guinée (30e), la Sierra Leone (36e), le Bénin (37e), la Guinée-Bissau (40e), le Liberia (42e), le Nigeria (46e) et la Côte d'Ivoire (47e).

Outre les six critères cités plus haut, chaque pays a été également évalué sur « les droits de l'Homme, la probabilité des menaces violentes contre son gouvernement ou de changements violents à sa tête, la compétence de la bureaucratie et la qualité de la prestation du service public » .

Les experts de la Banque mondiale ont aussi pris en compte dans l'évaluation de la bonne gouvernance dans les 52 pays africains, « l'incidence des politiques non favorables au marché, la qualité de la mise en application des contrats, la performance de la police et des tribunaux, l'indépendance de la justice, la criminalité... »

On retiendra également de ce rapport l'idée selon laquelle l'amélioration des conditions de vie des populations est le résultat d'une meilleure gouvernance et non l'inverse. Tout comme la bonne gouvernance, toujours selon le rapport, participe grandement à la lutte contre la pauvreté.

Sidiki Y. Dembélé

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GREVE DU CENOU

L'indifférence de l'Etat

Le personnel du Centre national des œuvres universitaires ( Cenou ) ne décolère plus et n'entend pas non plus se résigner. Après l' « ignorance » de son préavis de grève qui a abouti à une grève de deux jours la semaine dernière, elle a deposé un autre préavis de grève.

Le Centre national des œuvres universitaires ( Cenou ) a observé une grève de 48 h (mardi et mercredi derniers) après un préavis, qui a longtemps dormi dans les tiroirs de la Primature, du ministère de l'Education nationale et du ministère de la Fonction publique.

Vu la non-satisfaction de ses doléances et la réticence des autorités à dialoguer avec son comité syndical, le Cenou vient de déposer un autre préavis de grève dans les services sus-cités et à la direction nationale du Cenou . « Considérant l'ignorance totale et l'absence de dialogue de la direction générale du Cenou , du ministère de l'Education nationale, du ministère de la Fonction publique, le comité syndical Snesup / Cenou décide d'observer une grève de 72 h allant du mardi 11 septembre à 1 h du matin au jeudi 13 septembre 2007 » .

Au-delà de cette grève, ce sont les conditions d'études déjà précaires des étudiants qui sont menacées. Qui parle de réussite académique parle nécessairement de bonnes conditions d'études (transport, logement, restauration, gestion des bourses, soins sanitaires…) gerées au Mali par le Cenou .

Les effets de la grève de la semaine dernière ont été fortement ressentis par les universitaires, dont certains auraient vu le ministre Cheick Oumar Sissoko pour lui faire part de leurs souffrances. « Je n'ai pas de moyen de déplacement et j'emprunte le bus du Cenou pour me rendre à la faculté. Le premier jour de la grève, je suis arrivée en retard et j'ai trouvé que notre évaluation avait commencé » , s'indigne une étudiante de la Faculté des sciences juridiques et politiques.

En tout cas, en décidant « d'ignorer et de minimiser » la grève du Cenou , les autorotés maliennes font douter de leur bonne foi à mettre les étudiants dans des conditions minimales de travail. Certaines personnes parlent même de cacophonie de l'Etat. Elles font ainsi référence au document signé entre l'Etat et tous les acteurs impliqués dans l'école pour une « école apaisée et performante » . « En considérant la gestion de cette affaire et en considérant le document, on se rend compte que l'Etat malien se contrédit . Visiblement, il paraphe les accords pour la simple forme ».

En ttendant , aucune réaction officielle n'a, pour l'heure lieu concernant le préavis de grève deposé il y a quelques jours.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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SEYDOU IDRISSA TRAORE, PDG OFFICE DU NIGER

« L'ON est un paradis pour les paysans »

Du mardi 14 au jeudi 23 août derniers, le PDG de l'Office du Niger a sillonné l'ensemble des zones de production du géant du riz malien. Une obligation trimestrielle qu'il s'est imposée, depuis l'année dernière, année de sa nomination à la tête de l'ON. Il tire le bilan de cette tournée dans un entretien accordé à notre correspondant à Ségou.

Les Echos : Vous aviez promis, dès votre installation, que vous serez avec les producteurs tous les trois mois. Doit-on comprendre cette tournée, dans les 6 zones de production, dans ce sens ?

Seydou Idrissa Traoré  : Il faut placer la présente tournée dans deux cadres : le suivi de la campagne agricole et la rencontre périodique avec les producteurs.

Les Echos : Dans quel sens cette tournée a-t-il été utile pour vous ?

S. I. T. : Il est toujours utile et intéressant d'échanger avec les producteurs. Au cours des débats, on apprend beaucoup d'eux. De l'autre côté, nous leur donnons le maximum d'informations, car notre constat est que la plupart des incompréhensions découlent de la sous-information. Je suis un fils de paysan qui reste attaché au terroir. Je sais que le paysan a besoin de respect et de considération. En effet, il ne suffit pas d'appliquer des textes pour réussir, il faut aussi expliquer patiemment et poliment pour aller vers des solutions durables. Vous avez sûrement constaté à quel point les relations entre l'Office et les producteurs s'améliorent. D'une rencontre à l'autre, les gens gagnent en confiance en eux-mêmes. Cela est extraordinaire.

Les Echos : Le respect du calendrier agricole et la bonne gouvernance à l'Office du Niger vous tiennent à cœur. Cadres et paysans vous suivent-ils ?

S. I. T. : Pour ce qui est des travailleurs de l'Office, nous avons fait plusieurs réunions, tant au siège que dans les zones, avec le personnel et le syndicat. De façon unanime, tous ont décidé qu'il fallait améliorer la gestion financière et la gouvernance de l'entreprise. Et que, pour les réussir, il fallait un changement de comportement de chacun à son poste. Le changement organisationnel n'est jamais facile, mais nous pouvons affirmer aujourd'hui que c'est bien amorcé. Sans tomber dans l'autosatisfaction, je peux affirmer que nous sommes sur la bonne voie.

Pour ce qui est des producteurs, toutes nos discussions ont été faites dans la franchise, la vérité et le respect, tout en situant clairement la part de responsabilité qui leur incombe. C'est-à-dire que nous n'allons pas laisser quelqu'un nous dire ce que nous avons à faire ou nous rappeler à l'ordre chaque fois que c'est nécessaire. Aujourd'hui, les paysans n'hésitent plus à fustiger le comportement des agents et vont jusqu'à nommer des personnes. Je trouve cela encourageant et positif. Les responsables paysans sont de plus en plus exigeants avec nous.

Les Echos : Certains exploitants ont déclaré que les paysans de l'Office du Niger sont les plus pauvres du Mali. Qu'en dites-vous ?

S. I. T. : Cela s'est passé à Molodo. L'intervenant se plaignait du fait que ceci a été dit au président de la République et au Premier ministre sans succès, lors de leur passage dans la zone. Je dis que les paysans qui le pensent ne connaissent pas leur pays. Des paysans de certaines régions ne peuvent pas rêver à des parcelles irriguées toute l'année. Ils ont difficilement l'eau domestique et sont en activité seulement 3 mois sur 12. S'il existe un paradis des paysans au Mali, c'est bien la zone Office du Niger où toutes les cultures réussissent et où tous les Maliens s'endettent pour aménager des terres qui sont distribuées gratuitement à quelques paysans qui font de leurs productions ce qu'ils veulent. Donc, pour ma part, il s'agit de propos qui décrédibilisent le paysan de l'Office qui doit essayer de tirer le maximum du champ dont il dispose, demander l'accès facile aux intrants et équipements, demander la transformation de sa production et l'appui à la commercialisation, payer correctement le crédit et, enfin, demander plus d'espaces aménagés. L'Office est sans conteste un pôle économique qui est le paradis des paysans. Pour finir, j'ai demandé aux uns et aux autres d'êtres objectifs dans les sollicitations pour être pris au sérieux.

Les Echos : Quelles sont les contraintes auxquelles l'Office du Niger doit faire face ? Comment les juguler ?

S. I. T. : Les contraintes sont multiples et de plusieurs ordres. Pour les contraintes d'ordre agricole, la plupart trouvent leurs solutions dans la concertation locale, soit au niveau du comité paritaire, soit au niveau du directeur de zone et des délégués. C'est dire qu'il existe différents organes pour faire face aux difficultés. Certaines trouvent leurs solutions dans les concertations avec la direction de l'Office du Niger ou au niveau des institutions financières. Cependant, il y a des contraintes récurrentes comme le non-payement du crédit agricole qui est accentué à l'Office. Quoique les spéculations produites soient porteuses (riz, productions maraîchères) avec des taux de rendement de 50 % et plus), nous avons des défis majeurs comme l'envahissement des canaux et falas par les plantes aquatiques ainsi que leur envasement. Cette situation est en passe de devenir un fléau pouvant compromettre l'irrigation correcte des parcelles actuelles et futures. Aujourd'hui, le nettoyage et curage du réseau hydraulique s'élèvent à plusieurs dizaines de milliards de F CFA. Malheureusement, c'est le fleuve Niger qui ravitaille nos systèmes en plantes aquatiques. Ce qui est frustrant c'est que ces plantes que sont la jacinthe et la salvinia (cette dernière est plus nocive que la première) auraient été importées par des individus à Bamako. Dans quels desseins ? Dans tous les cas, les falas de l'Office (Molodo et Bokywèrè ) sont devenus de vrais réservoirs de plantes aquatiques dont le déblayage coûte de plus en plus cher à l'Office du Niger. Tout comme à EDM au niveau du barrage des Aigrettes à Sotuba . En zone Office du Niger, la salvinia détruit la jacinthe et se transforme en îlots flottants de plusieurs dizaines de mètres de diamètre, avec toutes sortes de végétations. Aujourd'hui, il faut plus de deux semaines pour donner la côte d'irrigation à certaines parties de la zone. Ceci peut avoir de graves conséquences sur la conduite des cultures.

Les Echos : Pendant votre tournée, des paysans ont exprimé leur inquiétude quant à une future privatisation de l'Office du Niger, après la CMDT. Qu'en est-il réellement ?

S. I. T. : C'est vrai, des paysans nous ont dit avoir été approchés par certains partenaires sur la question. Pour notre part, nous n'en avons pas connaissance. Des rumeurs circulent. Dans tous les cas, nous attendons, car un adage de chez nous dit que « ce qui va se discuter chez le chef de village, le fils du chef n'a nul besoin de se précipiter pour voir par-dessus le mur » .

Les Echos : Quel appel avez-vous à l'endroit des partenaires et des paysans ?

S. I. T. : Aux partenaires financiers de l'Office du Niger, nous disons que l'Office se relève doucement de la tétanisation des cadres suite au passage du Vérificateur général qui a mis à nu beaucoup de faiblesses de gestion inhérentes à plus d'une décennie sans contrôle. D'autre part, l'Office a commandité un audit organisationnel qui est venu compléter les recommandations du Vérificateur. Des dispositions sont prises avec la Coopération néerlandaise pour moderniser la gestion financière et un plan d'action comportant l'ensemble des mesures correctives sera soumis en septembre au conseil d'administration. Nous avons besoin plus que jamais de l'accompagnement de nos partenaires techniques et financiers pour gagner le pari du changement. Nous les assurons de l'engagement de tous les travailleurs de l'Office du Niger en faveur de la bonne gestion financière et de la bonne gouvernance. Aux producteurs, nous disons que l'Office du Niger ne doit pas se contenter de fournir 53 % des besoins en riz du Mali. Ils ont la capacité de produire la totalité de ces besoins, à condition que le crédit agricole soit correctement remboursé, pour garantir leur accès aux équipements et aux intrants indispensables à la réalisation de la révolution verte du Mali en zone Office du Niger.

Propos recueillis, à Ségou, par

Daouda Coulibaly

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ELU DEPUTE A YANFOLILA

Le combat de Yaya Sangaré

Le nouveau député de Yanfolila, Yaya Sangaré, nourrit beaucoup d'ambitions pour sa cité et ses concitoyens. Ambitions et projets qu'il dévoile dans un cahier intitulé : « Mon combat a l'Assemblée nationale ».

Animé par le désir du changement et face aux nombreux défis auxquels sont confrontés ses concitoyens (accès à l'eau potable, transformation et écoulement des produits agricoles, infrastructures routières…) Yaya Sangaré s'est senti interpellé. Et il a gagné la confiance de ses parents wassoulounkés pour porter le drapeau du changement. Le néo-élu à l'Assemblée nationale en a bien conscience.

« Je veux y répondre en réformant profondément la façon de faire du député, en étant véritablement l'interface des citoyens avec les pouvoirs publics, les partenaires et en rassemblant largement, au-delà du parti Adéma /PASJ et des alliances qui se sont construites autour de notre personne pendant ces élections » . Il se veut ainsi un point de jonction entre « tous ceux qui veulent un cercle de Yanfolila plus fraternel, plus visible, capable de relever les défis, fort d'une confiance retrouvée en ses députés » .

Pour le nouvel élu, le temps du discours est révolu, car il y a péril en la demeure. « Trop de temps perdu, trop d'occasions ratées, trop d'inégalités creusées, trop d'inefficacité économique, sociale, culturelle… Il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilités et de s'impliquer, se mouiller pour le cercle de Yanfolila, notre cercle à tous » , plaide-t-il.

Imprimer une nouvelle marque à la fonction de député est l'une des innovations que le président de l' Urtel compte apporter au cours de son mandat de 5 ans. Car, dit-il, « je promets un cercle fort et respecté avec lequel il faudra compter, car je n'entends pas faire de la figuration à l'Assemblée nationale. Je revendiquerais tout ce à quoi ma circonscription à droit, dans la courtoisie, l'élégance, mais avec fermeté » .

Ainsi, d'un Wassoulou complexé en proie au doute, tenté par le repli, s'abandonnant à la peur, affaibli par des préjugés ou des stéréotypes et impuissant à maîtriser son destin, Yaya veut rendre sa cité plus visible, plus soudée. Il veut réveiller le Wassoulou pour que la région reprenne son destin en mains en faisant confiance à ses fils. Son rêve, c'est aussi un Wassoulou capable de changer sans perdre ses valeurs cardinales. Et cela avec la bénédiction de ses parents et de son parti.

Pour le nouvel élu et son colistier de Wassoulou , trois défis majeurs sont à relever à travers l'initiation et le vote de lois ainsi qu'un contrôle strict de l'action gouvernementale. Il s'agit, entre autres, de la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la citoyenneté au niveau du cercle et l'émergence d'un secteur agricole dynamique et autonome.

Yaya Sangaré est né le 2 juillet 1964 à Bouaké en République de Côte d'Ivoire. Il a passé toute son enfance et sa jeunesse à Filamana , chef-lieu de la Commune rurale de Koussan , dans le cercle de Yanfolila. Il est resté profondément wassolonké de par son mode de vie, son attachement au terroir, ses fréquentations.

Ce diplômé de l'Ecole normale supérieure est militant du parti Adéma /PASJ depuis sa création a inscrit toutes ses actions dans la discrétion et dans le cadre de la concrétisation des valeurs qui fondent le parti : travail, solidarité et justice.

Yaya a également conduit, en tant que secrétaire général, les premiers pas de l'Association pour le développement de l'arrondissement de Filamana ( Adafi ). L'une des toutes premières associations des ressortissants du cercle des années 90 qui ont eu à distribuer du matériel didactique et éducatif aux populations et contribuer à la construction d'écoles et de centres de santé. Il est marié et père de six enfants, dont trois filles. Un cadre qui a profondément le sens de la responsabilité.

Sidiki Y. Dembélé

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COUR D'ASSISES

Peine de mort pour le père sacrificateur de son enfant

Devant l'atrocité des faits, l'on se demande si Victor Kéita puisque c'est de lui qu'il s'agit éprouve réellement le désir d'être le père d'un enfant ? Car, même à la barre où il a comparu hier, il n'a pas affiché le moindre remords. Accusé d'assassinat, Victor Kéita a été longuement entendu par les jurés de la Cour afin de retracer le film de l'homicide volontaire qu'il a commis sur sa propre fille âgée de 3 ans en juin 2006 dans la ville de Sikasso.

Rêvant de devenir un riche de renom, Victor a pris attache avec un marabout du nom d'Issa Kéita qui lui a conseillé de lui apporter une langue humaine. Mettant à exécution son dessein illusoire, il a porté son choix macabre sur sa fille de 3 ans dans la nuit du 2 au 3 juin 2006 qu'il a égorgée dans un champ. Comme si cela ne suffisait pas, il a fendu la bouche de cette dernière en enlevant sa langue pour des besoins personnels avant de jeter son corps dans un puits désaffecté.

N'eut été l'insistance de sa femme, Victor allait réussir son coup comme si de rien n'était. « Bien vrai que cet enfant soit de Victor, je ne peux pas lui pardonner cela et je porterais plainte contre lui à la justice. Lorsque j'ai constaté le lendemain la disparition de l'enfant, j'ai fait la remarque à Victor qui m'a dit qu'elle est à l'intérieur. Après vérification, rien. Il s'est joint à moi pour les recherches. A ce que je sache, la nuit de la commission des faits, il m'a réveillé pour rentrer avec les enfants prétextant qu'il fait froid. Et le matin, je l'ai trouvé seul en train de dormir dans la charrette en plein air. Mieux, j'ai constaté des traces de sang sur ses habits » , a déclaré sa femme lors de sa déposition.

A l'instruction définitive lundi, l'accusé a reconnu sans détours les faits. « J'ai pris ma fille pendant qu'elle dormait. J'ai fendu sa bouche, enlevé sa langue pour la mettre dans un sachet plastique. Pour le reste de la nuit, je n'ai pas pu dormir » , a avoué le criminel. Si le sachet noir dans lequel il avait emballé la langue a été retrouvé, l'organe en question ne l'a pas été.

Devant la constance des faits, le ministère public par la voix de Mme Berthé Coumba Mafing Diallo a sollicité de retenir l'accusé dans les liens de l'accusation. « Malgré l'air affiché par l'accusé, vous avez en face un démon, un monstre. Il ne mérite aucune circonstance atténuante. Il doit être banni de notre société. Il n'a pas regretté son acte, sa seule crainte était de ne pas être arrêté par les forces de sécurité » .

Selon elle, les circonstances de préméditation de ce crime odieux perpétré par Victor ont été préparées soigneusement à partir du moment où il est parvenu à repérer un lieu et un moment pour sa sale besogne.

Sachant que les carottes de son client sont cuites, Me Bamody Fofana a reconnu que cette affaire ne met personne à l'aise. « Quand j'ai été saisi par mon bâtonnier du dossier, j'avoue que j'ai été paniqué. Mais puisque que je suis avocat, j'ai accepté la commission d'office même si cela ne me met pas à l'aise » .

Faisant l'économie des faits, Me Fofana , contrairement à la position du parquet a estimé humblement que son client mérite des circonstances atténuantes pour trois raisons : son jeune âge (23 ans) au moment des faits, son état de délinquant primaire et son ignorance qui ne lui ont pas permis de savoir que rien au monde ne vaut la vie humaine.

A la lumière des débats, la Cour dirigée par N' pèrè Diarra a retenu de charges suffisantes contre Victor Kéita et prononcé à son encontre la peine de mort.

Mohamed Daou

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 CHAMPIONNAT NATIONAL DE D1

Le Stade malien de Bamako couronné

Le Stade malien de Bamako, grâce à deux buts de Lassana Diallo, a remporté pour la troisième année consécutive le titre de champion national de football de première division. Au Stade Abdoulaye Macoro Sissoko de Kayes, dimanche dernier, les Blancs de Bamako ont battu (2-0) le Sigui de Kayes dans le cadre de l'avant-dernière journée de la compétition.

« Les jeunes nous ont fait confiance et le Stade n'avait pas droit à une année blanche » , ont été les quelques propos du technicien des Blancs de Bamako, Cheick F. Diallo à la fin de la rencontre.

Le Stade représentera le Mali à la Ligue africaine des clubs champions l'année prochaine. Si les Blancs ont assuré leur titre à une journée de la fin de l'épreuve, par contre il faudrait attendre la dernière journée pour connaître le nom de la deuxième équipe qui accompagnera le Sigui en deuxième division.

Qui de l'AS Commune II (22 points) ou du Stade malien de Sikasso (20 points) ira en deuxième division ? Nous le saurons à l'issue de la 26e et dernière journée prévue ce week-end où l'AS Commune II affrontera le CSK au moment où le Stade malien de Sikasso croisera le fer avec l' Asko .

B. D. S.

 

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