Beaucoup de nos concitoyens aspirent à présent à occuper de grandes responsabilités. Ambitions légitimes ou simple volonté de vivre plusieurs crans au-dessus de la moyenne sans trop se décarcasser ? Toujours est-il qu'à l'orée du remaniement qu'on annonce pour bientôt, nombreux sont ceux qui nourrissent l'espoir de s'asseoir enfin à la droite du boss. Il n'est que d'observer les carrefours, rues et ruelles de Bamako, devenus par endroits le réceptacle de sacrifices, pour se convaincre que, de ce point de vue-là, beaucoup de ceux qui espèrent sur quelque chose ne négligent aucune recette .
Mais la concurrence est rude. Ceux qui sont déjà en poste n'entendent pas demeurer en reste. En plus du « dibi-dibi », ils ont l'avantage d'être installés. A la télé, à la radio, dans la presse, chaque ministre désormais en « sursis » se donne le beau rôle : s'attribuant la paternité de telle action ou se faisant le plus apte à satisfaire les demandes du peuple à l'occasion du don d'un moulin, d'une pose de première pierre, d'une remise de chèque, « d'une maîtrise de l'insécurité » ou d'un bilan à la tête du département… De véritables plaidoyers pro domo , qui frisent le pathétique.
C'est ce qu'un de mes amis à l'humour corrosif appelle « les éliminatoires ministérielles ». A force de les entendre répéter quasiment les mêmes gestes, qui tournent en réalité autour de leurs ambitions immédiates, il se demande s'ils ne sont pas en train de se marcher sur les pieds, en tentant de gagner en un temps record plus d'estime qu'ils n'ont eu en plus de 3, 4, voire 5 ans de collaboration avec le grand chef. Comme le dit la sentence, « la nuit tous les chats sont gris ».
C'est dire qu'aujourd'hui, une place au gouvernement, ça se négocie dur. C'est une compétition qui ne fait aucune place aux enfants de chœur. Pour en sortir vainqueur, il faut avoir « l'endurance » d'un coureur de fond pour ne pas trébucher à la dernière minute. Il faut avoir la force et le désir de vaincre du lion qui bondit sur sa proie. Il faut avoir la ruse du renard pour éviter pièges, écueils et traquenards. Il faut surtout savoir utiliser les méthodes peu orthodoxes d'un « Wangrin » pour écarter, par des « attaques par derrière », des rivaux et savoir casser le sucre « cher » de ramadan sur leurs dos. Avoir le bagout ? Pourquoi pas ? C'est un atout supplémentaire. Quid donc de la compétence ? Et l'engagement patriotique ?
On le voit, entrer au gouvernement est aussi rude que les éliminatoires d'une Can. Il faut « mouiller le maillot » avant d'être convié au banquet où, pour certains, c'est l'ambroisie qui est servie. Alors, bon appétit, futurs bienheureux !
SCANDALE ENVIRONNEMENTAL A BANANKABOUGOU
Menace de poursuite sur le maire de la Commune VI
Un dépotoir nauséabond situé au mauvais endroit, entre le marché, la mosquée « Dawa » et le lycée Ibrahima Ly, voilà la raison de la colère des résidents de Banakabougou qui menacent de poursuivre le maire de leur commune et les quatre GIE pour pollution de leur cadre de vie. Responsabilité rejetée par ces parties.
« Nous sommes agressés chez nous. Aujourd'hui, nous sommes en position de légitime défense. Donc, nous n'allons pas nous laisser tuer par des ordures » , vociférait, vendredi, le président de l'Association environnement cadre de vie et citoyenneté, Ismaël Yéro Dicko. Un coup de gueule contre ce qu'il appelle le scandale environnemental à Banankabougou.
« Une situation incroyable : un dépotoir d'ordures au milieu des habitations, écoles, mosquée et marché. Il nous est aujourd'hui impossible de respirer, nos enfants sont condamnés à vivre avec le paludisme s'ils n'en meurent à cause des moustiques, des mouches déambulent dans nos maisons comme dans un WC. Nous n'en pouvons plus. Il est temps d'agir, nous n'allons plus croiser les bras » , prévient M. Dicko.
La population, sous la houlette de l'Association environnement cadre de vie et citoyenneté et l'Association pour le développement de la cité de Banankabougou, lutte depuis belle lurette contre ces ordures du siècle ? Les autorités municipales, le gouvernorat, les GIE de ramassage d'ordures ont tous été interpellés. En vain. « Le maire de la Commune VI a été incapable de répondre aux soucis de ses concitoyens » , s'indigne le président de l'Association.
Selon lui, si rien n'est fait, les deux associations se verront dans l'obligation de porter plainte contre le maire Souleymane Dagnon et les 4 GIE de ramassage d'ordures pour pollution de leur cadre de vie et non-assistance à personnes en danger.
Chantage
Approché, le maire de la Commune VI se défend et jette la responsabilité sur la mairie du district. « Cet espace est un dépôt de transit de la mairie du district qui est chargée de le vider toutes les semaines. C'est la mairie du district qui le gère, pas moi » , se défend-il.
Quant au responsable du GIE Faso Baara, Sinaly Dembélé, il est formel : « C'est la mairie qui nous a dit de verser les ordures sur cet espace. Et tant qu'on ne nous montre pas un autre site, nous n'allons quand même pas manger les ordures ? » .
A l'issue d'une rencontre jeudi dernier à 23 h, le nouveau maire du district Adama Sangaré, se serait engagé devant la population à prendre des mesures dans les prochains jours.
En attendant, la population a pris, hier dimanche au cours d'une assemblée générale, des mesures urgentes. Car, explique un résident, « la mairie est responsable. Mais nous sommes les premiers concernés. Il s'agit d'abord de notre cadre de vie et nous sommes prêts à tout, à mettre la main à la poche pour l'assainir » .
Ainsi, elle a recruté des gardiens pour empêcher les camions des GIE de déverser leurs contenus aux abords des habitations. Elle a aussi adressé des correspondances aux propriétaires des îlots transformés en dépotoir pour qu'ils aillent les occuper. « Soit, ils viennent occuper leur terrain ou nous allons les transformer en espaces verts » .
Les habitants de Banankabougou ont enfin lancé un message d'avertissement aux politiques sur leur responsabilité dans la résolution de ce problème. Lors des dernières législatives, la majorité d'entre eux avait boycotté les urnes et le jeune député Me Demba Traoré qui loge à une centaine de mètres du dépotoir. L'on avait seulement enregistré 3 % de taux de participation à Banankabougou.
Sidiki Y. Dembélé
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INSALUBRITE A KALABANCORO
La mairie indexée
Suite à notre article de mercredi dernier intitulé : « Kalabancoro les ordures de la discorde », nous avons reçu les réactions d'un responsable de GIE de ramassage d'ordures dudit quartier. Celui-ci estime que l'insalubrité qui sévit à Kalabancoro découle de l'irresponsabilité de la mairie qui ne fait pas de l'assainissement une priorité.
La gestion d'ordures est un casse-tête chinois pour les autorités municipales de la capitale. Certes, Bamako est sale et même très sale, mais elle ne dame pas le pion à Kalabancoro qui relève de la Commune de Kati. Dans l'une de nos parutions, nous évoquions l'envahissement des alentours de l'école publique, du Cscom et de la brigade de gendarmerie par des dépôts d'ordures. Ces immondices sont minimes par rapport à celles déposées à la rue 166 à Kalaban-Plateau, à quelques mètres de la résidence du ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire, Marimanthia Diarra.
Là-bas, ce que nous avons vu dépasse l'entendement. Au beau milieu des concessions occupant toute la rue, un vaste dépôt d'ordures à ciel ouvert nargue les citoyens, à commencer par le ministre apparemment indifférent à cette source de nuisance. Difficile de relier les concessions sur une moto ou en voiture à plus forte raison à pied au risque de se voir mordre par un reptile ou de se blesser. Les habitants qui sont tout au tour des résidus sont obligés de les contourner.
Sachant que les ordures vont bientôt l'envahir, le ministre Marimanthia a interpellé le GIE qui s'occupe de ramassage d'ordures. « Monsieur le ministre, il faut quand même un endroit pour déverser les ordures ramassées » , lui a-t-on répondu tout en rappelant que la mairie n'a jamais indiqué d'endroit pour déverser les ordures. Le ministre s'est alors tu, laissant la situation comme telle.
Selon le responsable du GIE, le maire et son adjoint ont été informés par ses soins. Il affirme avoir effectué une sortie avec des élus communaux pour faire le constat. « Mais la montagne a accouché d'une souri » , déplore-t-il.
Les ordures grossissent chaque jour davantage avec tout ce que cela comporte comme conséquences sanitaires sur les populations environnantes. A défaut du secours de la mairie et du ministre, il urge, pour les populations voisines, de trouver des solutions pour se débarrasser de cette source de pollution et de maladies.
Amadou Sidibé
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