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2007

Mois d'août

Les Echos du 24 août

DEBATS

Le Pr. Dialla Konaté répond aux questions sur le coton et la BHM

Dans 10 ans, nos cotonculteurs ou ce qui seront encore vivants seront devenus aussi misérables que les producteurs d'arachides l'ont été.

1. Question de Nabé Vincent Coulibaly sur la cotonculture

Mon excellent collègue Nabé Vincent m'a demandé, il y a une dizaine de jours de poursuivre quelque peu une conversation que nous avions tantôt entamée dans notre communauté au sujet de la cotonculture et aussi en prolongement d'un article que j'avais écrit dans « Les Echos » après la réunion de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) de Hong Kong à la suite de laquelle des ministres maliens concernées ont pensé et dit publiquement que nos cotonculteurs avaient remporté une "grande victoire" . A l'appréciation de notre frère Nabé Vincent, la différence apparue récemment entre certains universitaires travaillant sur le coton et Oxfam commande que nous continuons la réflexion.

Je ne connais pas les détails des différences apparues entre les points de vue défendus par Oxfam et ceux de certains universitaires maliens travaillant avec cette organisation. Cependant, je ne suis pas surpris d'apprendre l'existence d'une telle divergence. Voilà pourquoi : Oxfam fait, à mon avis, un travail excellent dont l'objectif est d'influer sur la position des autorités américaines et des cotonculteurs en mobilisant l'opinion publique de ce pays.

Oxfam y est arrivé dans une certaine mesure. Je me souviens qu'en mars ou avril 2006, Oxfam a amené un paysan malien du nom de Coulibaly parler ici à Virginia Tech après avoir rencontré les représentants des cotonculteurs au Texas. J'étais présent à cette réunion. La salle était pleine de très hauts spécialistes de l'économie y compris une poignée de conseillers du gouvernement américain en économie du développement. Le niveau du débat était tel que le pauvre Coulibaly n'y comprenait rien. Le débat en était ainsi totalement déséquilibré, mais globalement l'audience était réceptive à l'argumentaire de Oxfam qui se résumait ainsi : "des populations africaines travaillent dur, mais sont ruinées par les subventions que le gouvernement US accorde à ses paysans. Il faut donc mettre fin aux subventions payées aux cotonculteurs américains" .

Lorsque j'ai pris la parole, en premier lieu j'ai regretté que Oxfam n'ait pas mis quelques universitaires maliens dans la délégation. En second lieu, j'ai expliqué que la solution ne résidait pas de façon fondamentale dans la subvention américaine. Mon avis est que c'est dans l'autre pendant qui est ce que font les autorités politiques maliennes elles-mêmes ou résident les vraies solutions de ce problème.

Permettez-moi, au risque d'être un peu long de revenir en arrière. Dans les années 1970, des intellectuels européens ont mené un combat similaire au profit de l'arachide africaine. De même, un combat similaire a été mené dans les années 1980 par les mêmes groupes pour sauver la banane africaine. Les gouvernements africains n'avaient pas bougé. Résultat : l'arachide africaine a disparu. La banane africaine ne survit désormais que de façon marginale. Le même raisonnement permet de comprendre que le coton africain a peu de chance de survie.

Concernant l'arachide, les gouvernements européens avaient accordé quelques années de protection à l'arachide africaine avant de les abandonner dans la grande foire de la compétition face aux bananes produites industriellement par les multinationales américaines en Amérique latine. Nos gouvernements ont chaque fois pensé qu'après les années de moratoire, la terre allait tourner de la même façon qu'auparavant, notre arachide retrouverait son éclat de 1945. Nous nous sommes endormis.

Les entreprises multinationales aidées des gouvernements de leurs pays se sont mis à définir, durant ces années de moratoire, des critères biologiques permettant de définir quelle arachide serait vendue sur leurs marchés. On a remplacé les barrières financières par les barrières non tarifaires. Par des méthodes scientifiques, ces pays ont produit de l'arachide 2 à 4 fois plus grosse que l'arachide africaine, la coque de la nouvelle arachide est plus facile à enlever.

La cacahouète nouvelle, noyau de l'arachide nouvelle remplie à moins de goût mais est plus charnue et plus riche en nutriments. Selon ces critères, dorénavant, l'arachide africaine ressemble à l'arachide, mais n'est plus de l'arachide. Donc à ce titre, ce produit d'exportation par excellence, ne peut plus être vendu sur les marchés internationaux. En plus, il y a eu l'information (largement avérée) que l'arachide africaine était cancérigène. Cela a suffi pour tuer la culture de l'arachide au Mali, au Sénégal, au Ghana, etc. Certaines de nos populations comme nombre de paysans de Kita ont été précipités au tréfonds de la misère.

Je signale que des experts maliens de très haut niveau comme notre frère le Dr. Pierre Sibiry Traoré de l'Icrisat ont identifié ce qui fait que notre arachide est cancérigène. Pierre Sibiry et ses collègues ont mis au point un projet scientifique pour supprimer l'aspect cancérigène de notre arachide. Modestement, lorsque Pierre Sibiry m'a fait parvenir le projet, parmi d'autres destinataires, je l'ai soutenu et j'ai demandé aux autorités de partout y compris en Afrique de le financer. Son coût est extrêmement faible. Si ma mémoire est bonne ce coût est de l'ordre de 2 millions de dollars. Les subventions contre l'arachide n'existent plus mais il n'existe plus de production arachidière africaine.

De même la banane nouvelle produite par les multinationales américaines est un produit plus gros, plus riche en certains nutri-éléments et qui a l'avantage de se conserver. Autant de propriétés qui font défaut à la banane africaine. Désormais, la banane africaine ne souffre plus de barrières matérielles. Mais, selon, les nouveaux critères, la banane africaine ressemble à la banane, mais n'est pas de la banane.

Les pays développés ont encore une fois donné 10 ans de délai pour supprimer les barrières et autres subventions en faveur de leurs cotonculteurs. De la même façon, au bout de 10 ans, le coton africain sera déclassé par les critères qui sont en train d'être fixés pour définir les qualités de la fibre de coton, l'éclat de sa blancheur, etc. Dans 10 ans, lorsque les subventions auront été supprimées, le coton africain ressemblera au coton mais ne sera plus catalogué comme coton.

Quelle est l'attitude des gouvernements africains ? Ils ont juste dit (a l'exception peut être du gouvernement du Burkina Faso) aux cotonculteurs africains, attendez 10 ans et vous serez heureux. Dans 10 ans, nos cotonculteurs ou ce qui seront encore vivants seront devenus aussi misérables que les producteurs d'arachides l'ont été.

Je ne veux pas à ce point entrer dans le débat suscité par Sarkozy en disant que les Africains pensent que l'Histoire est un recommencement sans fin et sans conséquence. Les philosophes matérialistes ont dit que l'Histoire ne se répète pas mais plutôt réalise des bonds qualitatifs.

Nos gouvernements (pas nos peuples) se montrent incapables de réaliser le bond qualitatif lorsqu'il est nécessaire. On l'a vu récemment lorsque les prix des produits de première nécessité ont grimpé au Mali. On a vu un ministre de l'Economie, presque pathétique, honnête certainement, présentant un dossier peu convaincant à la dimension des études produites par ses conseillers. Il a expliqué à la télévision que tout allait rentrer dans l'ordre après un accord de forme avec quelques bouchers de Bamako. Mais les réalités économiques sont têtues.

De même, des inondations ont eu lieu au Mali y compris à des endroits où tant d'eau n'avait pas été vue depuis 50 ans. Les responsables politiques et administratifs se contentent de dire : nettoyer les caniveaux et tout reviendra à la normale. C'est ignorer les perturbations climatiques en cours. C'est ignorer les terribles inondations qui ont lieu en Asie, en Amérique latine. C'est oublier Katrina et ses ravages à New Orléans aux Etats-Unis. Il y aura probablement des inondations majeures dans notre pays, un jour. Il n'est jamais trop tôt pour prendre des mesures sérieuses.

Il faut protéger dès maintenant les populations et leurs biens. Nous avons d'excellents ingénieurs et cadres techniques pour dire ce qu'il faut faire. De même en économie, il n'existe plus une étanchéité de l'économie nationale. Les perturbations actuelles de l'économie mondiale conduites par les crises financières et les prix du pétrole auront des conséquences à long terme sur notre économie. Rien ne reviendra à la situation ante . Un décideur doit le savoir et planifier des mesures efficaces et en profondeur.

La BHM : un mauvais exemple

Le dernier exemple des mauvaises décisions prises par nos gouvernements me vient du conseil des ministres tenu à Bamako le 25 juillet 2007. En effet, ce conseil envisage de donner un « privilège général » à la BHM par la loi afin de récupérer ses créances. On veut donner à la BHM qui jusque-là n'a prouvé qu'inconséquence et inefficacité, encore plus de pouvoir. Cette banque, qui devait dans un système normal, se trouver sous contrôle judiciaire, au contraire se voit donner un pouvoir sans limites. Le problème de cette banque n'est certainement pas un manque de pouvoir mais un manque de compétence et de sérieux.

Je prends le pari que si cette mesure était adoptée par l'Assemblée nationale et confirmée par la Cour constitutionnelle, ses conséquences néfastes seront inestimables pour l'économie réelle et aggravera la corruption. Au lieu d'une telle loi, il me semble que la bonne solution serait : (1) de réviser les prix des maisons vendues car les prix ont certainement été exagérés, (2) instruire à la BHM d'avoir avec sa clientèle une politique sérieuse de communication incluant de réviser les plans de financements précédents et établir des plans nouveaux de commun accord avec les clients et en fonction des nouveaux prix, (3) de mettre cette banque sous contrôle au lieu de lui donner plus de pouvoir.

Cette banque va de renflouements en crises de liquidité, de garantie bancaire en perte de crédibilité. Le prix sera en définitive assuré par le contribuable, c'est-à-dire le paysan malien qui n'en retire aucun bénéfice. Les maisons qui seront saisies au terme de l'application du « privilège général » seront soient abandonnées aux herbes folles soient vendues à des gens qui précisément auront puisé de l'argent dans une caisse quelconque. Ce projet de loi visant à attribuer le « privilège général » à la BHM n'est ni économiquement sensé ni démocratique ni une mesure de bonne gouvernance. Je suggère aux députés de ne pas la voter et à la Cour constitutionnelle de l'invalider.

Lorsque nous avons des problèmes, nos autorités ont tendance à écouter ceux qui viennent avec de l'argent que d'écouter les cadres compétents de notre pays. Je vous rappelle que nous-même dans nos débats avons proposé une digitalisation relative de certains aspects de l'éducation afin de donner un enseignement de qualité. On n'a pas été écouté. Mais dès qu'une coopération quelconque viendra avec 3 sous et des tas d' « experts » ils auront l'autorisation de faire ce qu'ils veulent. Mais attention : ces étrangers sont en général de très bonne foi comme l'est Oxfam et les intellectuels européens et leurs ONG. La réalité est que leurs bonnes idées, culturellement et pratiquement, ne correspondent pas à nos réalités. Nous devons et en définitive seront les maîtres de notre futur si nous avons un futur. Nous travaillerons avec nos amis, mais nous devons être ceux qui produisent les idées et la stratégie.

C'est en raison de tout cela et pour répondre à Nabé Vincent que je ne suis pas surpris par les différences de point de vue entre certains universitaires créatifs et Oxfam. Vous aurez raison, mais aurez aussi la frustration de ne pas pouvoir aller plus loin dans vos idées par manque de soutien. Oxfam gardera la maîtrise de l'action, mais ses actions méritantes et coûteuses déboucheront malgré tout sur la disparition de la cotonculture africaine. Nous n'avons pas le temps ici de rentrer dans d'autres détails comme ceux que font d'autres pays concurrents comme la Chine, le Brésil, l'Argentine, la Malaisie, etc.

2e question posée par Erebweren Dyibo : Quel système économique ? Que peuvent faire les intellectuels maliens ?

A l'heure actuelle dans le système économique « global » que nous connaissons depuis, disons 2001, 2 exemples de réussites nationales sont devant nos yeux et sont : (1) le modèle chinois. Il repose sur une forte main d'œuvre bien formée, disciplinée et mal payée produisant des biens de consommation industriels essentiellement pour l'exportation. Le système chinois se caractérise par une production à une très large échelle et à faible valeur ajoutée ; (2) le modèle indien. Ce modèle repose sur l'utilisation d'une main d'œuvre hautement qualifiée ayant une production de service et de produits technologiques à très haute valeur ajoutée.

L'un et l'autre systèmes ne seront viables que si au niveau national, ils permettent une réduction intensive de la pauvreté et produisent une diffusion soutenue de richesse dans le tissu social. Leurs pérennités dépendent au niveau mondial de leur acceptation par les marchés solvables majeurs que sont ceux des Etats-Unis en particulier et des pays occidentaux en général.

Le cas de la Chine me semble le plus riche dans la mesure où ce pays s'est lancé dans la formation de cadres technologiques de haut niveau afin de conquérir également une part des produits à très haute valeur ajoutée. Le risque majeur du système indien est sa difficulté à garantir un partage de la richesse créée qui autorisera une réduction massive de la pauvreté.

L'enseignement provisoire est, pour réussir, il faut :

- former des cadres de haut niveau, qui connaissent les règles du jeu et aient une vue globale (sur les réalités du monde) ;

- être capable de disposer de techniciens et ouvriers bien formés acceptant au moins dans un premier temps d'être mal payés.

Il faut en tout cas savoir que le monde a changé et que nous sommes dans un monde où le succès reposera sur la formation, la discipline et la capacité d'innover.

En Chine, la réussite économique actuelle a été impulsée et est conduite par le Parti communiste. En Inde, ce travail est une œuvre cumulée que partagent plusieurs gouvernements successifs éclairés par des partis conservateurs l'œuvre de gouvernements successifs, nationalistes, des fois conservateurs (le Bharatiya Janata ou BJP) ou progressistes (le Parti du congrès).

Le problème de fond au Mali, je l'ai déjà dit, seul le parti Sadi semble avoir fait des choix d'une orientation politique. Leurs lignes restent à définir et leur projet à établir. Il faut commencer par la volonté politique de transformer la société, en faire un projet politique et obtenir l'adhésion du peuple.

Dialla Konaté

( le 12 août 2007)

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NORD-MALI

L'Accord d'Alger en panne

L'Accord d'Alger est une arête au travers de la gorge de la République. La dernière rencontre entre la délégation gouvernementale et les responsables de l'Alliance du 23-Mai pour le changement vient encore de le confirmer.

De quoi a accouché la rencontre d'Alger la semaine dernière entre la délégation gouvernementale et les responsables de l'Alliance du 23-Mai pour le changement ? Nul ne le sait ! A l'exception bien sûr des principaux négociateurs, car les médias d'Etat sont restés étrangement muets sur cette rencontre. Secrète ? Elle en a tout l'air. L'embargo de nos médias publics nationaux est, si besoin est, de nature à priver les Maliens d'une information saine.

C'est sur RFI que les Maliens ont appris quelques bribes d'information sur la rencontre d'Alger. Mais enfin que peuvent nos médias nationaux publics si nos autorités au plus haut niveau ont choisi la voix du traitement clandestin mais « abracadabratesque » de cet épineux problème du Nord ?

Pour revenir à la rencontre d'Alger de la semaine dernière, même si les personnes interviewées à la fin de la rencontre (Ahmada Ag Bibi pour l'Alliance et un membre de la délégation gouvernementale) rassurent, on peut déduire de leurs interventions que la résolution du problème du Nord n'est pas pour demain. Les divergences entre gouvernement et l'Alliance se situeraient au niveau du développement de la région de Kidal.

L'Alliance souhaite une accélération de ce processus, la construction de routes... Elle exige surtout la réinsertion socio-économique de ses ex-combattants conformément aux termes de l'Accord d'Alger.  « Ce qui reste à faire, c'est les réinsertions socio-économiques des ex-éléments de l'Alliance déjà identifiés en partie. Sans oublier le développement de la région à travers les routes et d'autres infrastructures de base… Certes, il reste beaucoup à faire, mais la confiance s'installe. C'est l'essentiel » , a déclaré M. Ag Bibi sur RFI. Toutefois, il pense que « les autorités n'ont pas tenu toutes leurs promesses » .

Pour rappel, l'Accord d'Alger a été signé le 4 juillet 2006 dans la capitale algérienne par le général Kafougouna Koné et les chefs de l'Alliance. Très décrié par une grande partie des populations maliennes, il prévoit une accélération du développement du Nord du Mali, la création d'unités spéciales de sécurité, l'allégement du dispositif sécuritaire autour de Kidal, mais aussi la remise des armes dérobées par les ex-rebelles et leur réinsertion socio-économique.

Même si les interviewées n'en ont pas fait cas, on peut s'imaginer que le point relatif à la remise des armes emportées lors de l'insurrection à Kidal et Ménaka, reste un point d'achoppement. En effet, il serait suicidaire pour l'Etat de ne pas veiller à ce que toutes les armes dérobées par les insurgés soient restituées. Or, apparemment, cette exigence semble difficile à exécuter à cause de la mauvaise volonté des ex-combattants de l'Alliance. C'est l'une des multiples raisons pour lesquelles des voix s'étaient élevées pour dénoncer l'Accord.

« Ce n'est pas facile d'appliquer cet accord d'un seul coup. Nous gérons le problème ici au Mali avec un rythme acceptable devant toutes les opinions, c'est une collaboration entre les deux camps, dont les cadres politiques » , a expliqué le député malien membre de la délégation gouvernementale qui reconnaît aujourd'hui la difficulté à mettre en œuvre l'Accord.

Tout porte à croire que la récente rencontre d'Alger a été un échec retentissant. Sinon comment expliquer la naissance subite de « l'Alliance Touareg Niger-Mali » (ATNM) ? Selon RFI, ce mouvement est fondé par   « plusieurs groupes de Touaregs qui ont décidé de se rapprocher de la rébellion qui sévit au nord du Niger pour demander une renégociation des Accords d'Alger » .

S'il ne s'agit pas d'une internationalisation du problème du Nord, toujours est-il que la création de ATNM est la preuve de l'incapacité de nos autorités à prendre à bras le corps la crise qui perdure depuis un an et un mois. Elle donne de plus raison à ceux qui étaient opposés, non pas à la signature de l'Accord d'Alger, mais au fait qu'il a été mal négocié par l'Etat.

Denis Koné

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MECHEAGE

Majorité silencieuse et minorités agissantes

Au moment de la campagne électorale pour la présidentielle, des esprits s'étaient mis à persifler à propos de l'ADP. Ce sigle a été décliné sous différentes définitions. Mais celle qui a recueilli l'unanimité est incontestablement l'Alliance pour la distribution des postes. Je m'en suis personnellement délecté. Et je pense que ce qui s'est passé au moment des élections mais surtout ce qui se déroule sous nos yeux actuellement confirme le fait que les hommes et les femmes venus d'horizons divers et souvent opposés pour soutenir ATT ne tiennent compte que de leurs propres intérêts.

Je n'insisterai pas sur le fait qu'au moment des législatives, on les a retrouvés sur toutes sortes de listes électorales s'étripant joyeusement dans la seule perspective d'arriver à l'hémicycle ; et dans certains cas, il y en a qui sont passés outre les dispositions de l'ADP faisant interdiction de s'allier avec ceux du camp d'en face. En attendant de faire l'évaluation critique des élections, ils ont la tête à deux priorités pour le moment. Comment bien figurer dans le bureau de l'Assemblée nationale et comment grappiller quelques strapontins dans le futur gouvernement. Les deux exercices ont comme dénominateur commun : la distribution des postes.

Pour l'Assemblée nationale, sauf à faire comme celui qui a ouvert la boîte de Pandore avec tous les malheurs engendrés, les choses sont à mon avis très claires et très simples. Il est vrai que l'ADP avec les 43 partis qui le composent a enlevé la majorité des sièges. Hormis le fait qu'il y a des partis qui n'ont eu aucun élu, au sein de l'ADP il y en a qui sont plus majoritaires que d'autres. Même si le consensus est mort, pour reprendre un acteur politique de la place, c'est sur la base du consensus que l'ADP procédera à la distribution des postes au niveau du bureau de l'Assemblée nationale.

Et à mon avis, un bon consensus est celui qui tiendra compte des rapports de forces à l'interne. Or, pour le moment, n'en déplaise à ceux qui tirent des plans sur la comète, l'Adéma et l'URD sont majoritaires dans la majorité. Mieux ou pire (c'est selon), à eux deux, ces partis ont la majorité absolue. Même si les députés sont ce qu'ils sont, mal élus et changeants au gré des tentations et des espèces sonnantes et trébuchantes, le fait est que les deux frères ennemis alignent 85 députés. Que les minorités au sein de l'ADP nourrissent l'ambition de figurer dans le bureau de l'Assemblée nationale, cela est légitime. Mais qu'elles agissent ou qu'elles s'agitent à renverser l'ordre démocratique des choses pourrait signer la mort d'un regroupement déjà éprouvé par de sérieuses difficultés de croissance.

Et puis l'Assemblée nationale a beau ressembler à un marché qui donne lieu à toutes sortes de marchandages, elle obéit à des règles et en l'espèce, dispose d'un règlement intérieur qui réserve à chacun sa juste part. Les minorités agissantes sont menées par des hommes et des femmes qui mettent en avant d'autres critères souvent situés aux antipodes de la représentativité. Ils font dire qu'ils sont des figures emblématiques, qu'ils disposent d'une incontestable expérience et surtout qu'ils ont l'oreille du président de la République (pour mieux la couper peut-être). Mais cela ne peut les soustraire en aucune façon aux règles. Même s'ils laissent sous-entendre que ne pas les prendre serait une incommensurable perte pour l'Assemblée nationale.

Pareil pour le gouvernement où là également, l'Alliance pour la distribution des postes joue gros. Sauf qu'à la différence de l'Assemblée nationale où l'ADP peut discuter et procéder à un partage, le gouvernement est du ressort du président de la République. Je ne résiste pas à la tentation de dire que le pauvre ATT doit être bien « emmerdé » par la composition de la prochaine équipe gouvernementale.

Il doit tenir compte de ses propres intérêts, des intérêts de ses amis, des intérêts de ses opposants, des intérêts de la société civile plus politique que les partis politiques, des intérêts de Maliens. J'avoue que cela fait beaucoup et il doit se livrer à une sorte de jeu d'équilibrisme qui consistera à contenter tout le monde sans fâcher personne. Je lui souhaite bien du plaisir.

Au moment où les acteurs politiques jouent leur cirque, les Maliens observent un silence qui est tellement assourdissant qu'il doit être perçu comme un avertissement. Les acteurs politiques qui s'agitent ne sont qu'une infime minorité, presque une secte avec ses initiations et ses rites, profitant indûment des avantages de la démocratie. La majorité silencieuse les regarde sinon avec dédain du moins avec défiance. La preuve, elle a refusé de voter pour eux ; la preuve, elle a refusé de manifester sa joie ; la preuve, elle vaque à ses occupations comme si les élections n'étaient qu'une grande farce dont les parenthèses ont été refermées pour s'occuper des choses sérieuses. Or celles-ci ne manquent pas.

Il n'y a qu'à voir cette rocambolesque histoire de pain. Les boulangers et le gouvernement s'entendent sur le dos du consommateur pour mieux le rouler dans la farine et n'en faire qu'une bouchée. Parce que nous sommes bien en face d'une tromperie sur la marchandise. Et personne ne dit rien. Que les associations de consommateurs se taisent comme à leur habitude, cela peut se comprendre, mais qu'on n'entende aucun représentant du peuple semble bien être la preuve que le peuple est bien seul, abandonné qu'il est depuis fort longtemps. Parce que le gouvernement se sent tellement faible pour tenir la dragée haute aux boulangers, qu'il joue à « l'enfarineur » pour mieux livrer le consommateur.

Tout porte à croire que cette nouvelle stratégie pourrait resservir dans les jours à venir. Nous sommes à quelques jours de ramadan, je serai bien curieux de voir comment le gouvernement fera face aux augmentations traditionnelles liées à ce mois. Conseillera-t-il comme il l'a fait pour le pain de diminuer le poids des marchandises pour mieux les fourguer ? Face à la rentrée des classes, conseillera-t-il de soulager les cahiers de quelques pages ?

La politique de l'autruche n'a jamais payé parce qu'on remet à demain les problèmes qu'on veut fuir aujourd'hui. Or une accumulation de problèmes avec en toile de fond une grande frustration sociale n'est jamais souhaitable pour la stabilité sociale. La grande majorité souffre et elle gémit sans que personne ne lui prête attention. Le jour où elle décidera vraiment de se faire entendre, cela pourrait faire beaucoup de bruit.

El hadj TBM

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COOPERATION ENTRE SYNDICATS

Fen et Synter du Burkina pour un même combat

A l'issue de la visite de travail qu'elle a effectuée au Mali du 16 au 23 août, le Synter du Burkina Faso et la Fen, des syndicats d'enseignants, ont décidé de formaliser leur coopération à travers une convention.

Les échanges entre les deux syndicats ont porté sur des thèmes variés comme la contractualisation dans l'éducation, l'état de la syndicalisation dans le systèmes éducatifs malien et burkinabé, les réformes mises en œuvre, l'unité dans l'action... Les deux syndicats ont touché du doigt les problèmes sociaux et professionnels des enseignants liés à l'application des Pas qui, d'après eux, se sont mués en CSLP.

La lutte syndicale contre la contractualisation et surtout la nécessité de l'amplifier au niveau national et au-delà eu égard à la nature commune des problèmes que vivent les travailleurs des deux pays a figuré en bonne place des échanges, tout comme les libertés démocratiques.

Sur ce dernier point, la Fen et Synter dénoncent l'incarcération de Kassoum Minta professeur au Lycée Nanaissa Santara. Selon les deux syndicats, «   cette interpellation par le procureur de la République est non seulement une intervention de la justice dans la gestion d'une affaire pédagogique mais aussi une atteinte à la souveraineté de l'administration scolaire » .

Au cours de leur séjour, les syndicalistes burkinabés se sont aussi imprégnés des conditions de vie de la population malienne et ont rendu des visites de courtoisie à la CSTM, à l'UNTM, au Snec et à certaines autorités de l'Education nationales.

D. K.

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RESPONSABILITE SOCIALE DES ENTREPRISES

Des organisations d'employeurs en conclave

La responsabilité sociale des entreprises est au cœur d'un forum sous-régional des organisations d'employeurs francophones d'Afrique à Bamako depuis hier.

Selon les initiateurs du forum de Bamako, l'Organisation internationale des employeurs (OIE), le Bureau sous-régional de l'OIT à Dakar et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM), la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un sujet récurrent dans les forums sur la réflexion et la régulation de la mondialisation qui a donné lieu à bien d'initiatives. Les débats suscités par le concept sont tellement passionnants que le rôle des entreprises que l'opinion publique et les parties prenantes n'ont pas la même perception du rôle des entreprises dans la société.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) se définit comme un cadre dans lequel les entreprises insèrent volontairement les préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités économiques et interactions avec les parties prenantes qu'ils soient internes ou externes.

Le forum de Bamako, premier du genre en Afrique subsaharienne, se tient après le symposium du Bureau des activités pour les employeurs (ACT/EMP) en octobre 2005. L'objectif est d'engager la réflexion en Afrique sur le rôle et la responsabilité des organisations d'employeurs pour la promotion de la responsabilité sociale des entreprises auprès de leurs membres.

Le déclic de l'OIT

L'Organisation internationale du travail (OIT) représentée par son directeur du bureau sous-régional pour le Sahel basé à Dakar, notre compatriote Dramane Haïdara, a donné le déclic en proposant un cadre pour la responsabilité sociale des entreprises. L'institution du système des Nations unies a adopté en 1977 « la déclaration tripartite sur les principes concernant les entreprises multinationales et les pratiques sociales » avec comme champ d'application, « les normes internationales » .

Il est attendu des participants que sont des chefs d'entreprises des organisations d'employeurs du Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, Gabon, Maroc et Tunisie, du représentant de l'OIE, des syndicats maliens et des représentants du gouvernement, d'acquérir une meilleure connaissance, d'échanger leurs expériences à travers leurs propres expériences, entre autres.

Le président du CNPM, Moussa Balla Coulibaly, l'hôte du forum, a invité les participants à approfondir leurs connaissances sur la RSE et à s'engager au moyen d'une déclaration dite « Déclaration de Bamako » sur des actions concrètes afin de promouvoir la question auprès de leurs membres.

Le banc du gouvernement était occupé par le secrétaire général du ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et des Relations avec les institutions, Marafa Traoré, représentant le ministre Ould Ganfoud.

Abdrahamane Dicko

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 EPILOGUE

La pagaille des « duruni » et des « Sotrama »

Au Mali, le manque de moyens a conduit l'Etat, dès les années 1960, à confier l'organisation des transports publics à des particuliers dont beaucoup n'étaient pas préparés à jouer ce rôle. Il faut aussi dire qu'en plus d'un demi-siècle de colonisation, la France a peu fait dans les infrastructures routières chez nous, si bien qu'à l'indépendance, le pays ne disposait que de quelques voies de terre et de bitume essentiellement cantonnées d'ailleurs dans les centres urbains. Le pays était si pauvre en infrastructures routières qu'à l'intérieur, les paysans ont dû se mobiliser pour ouvrir des sentiers et des pistes pour relier les localités entre elles.

Alors que des pays limitrophes achetèrent des cars et des autobus pour assurer le transport des citoyens dans les villes et entre celles-ci, les premiers responsables du Mali n'eurent d'autre choix que de transférer cette compétence à des privés qui s'en occupèrent du mieux qu'ils purent. Des coopératives et des compagnies de transport furent créées sur leurs initiatives pour prendre en charge le secteur des transports publics non seulement pour relier les quartiers des villes entre eux mais également les centres urbains entre eux.

A Bamako pendant plus de 20 ans le transport inter-urbain fut assuré par les « duruni »ainsi nommés à cause de leur prix modique qui était de 25 FM de l'époque d'une part, et par les taxis d'autre part. De l'avis de plusieurs usagers, le transport dans ces « duruni » était beaucoup plus commode et confortable que dans les « Sotrama » qui vont s'ajouter à eux à partir des années 1990 et qui sont en fait des véhicules reformés provenant soit de l'administration, soit de l'extérieur par le biais de travailleurs immigrés qui, à partir des métropoles européennes, inondent le marché des transports de ces vieilles mécaniques (ou d'occasion).

De quelques véhicules seulement au début des années 1990, ces « Sotrama » sont devenues si nombreuses qu'on perd plus son temps à les compter et qu'elles ont tendance à submerger les « duruni » et taxis. Tout le monde est devenu propriétaire de « Sotrama » et fait du transport y compris les fonctionnaires auxquels la loi interdit pourtant de faire ce métier, mais qui, sous divers prête-noms, s'y adonnent à cœur joie, prétextant que le salaire est insuffisant alors que le nombre de bouches à nourrir est trop élevé.

Dans les années 2000-2002, quelques autobus ont essayé de prendre le relais aux « Sotrama » et aux « duruni » mais, soit que ces engins vieux et usés, soit qu'ils ont été mal gérés, soit que leurs propriétaires se sont fait gruger par les vendeurs, au bout de quelques mois d'exploitation tous ces cars sont rentrés au garage et n'en sont plus sortis.

Les anciens moyens de transport que l'on destinait à la disparition suite à l'apparition des autobus ont donc réoccupé le terrain. Beaucoup de ces engins sont vieux pour avoir servi pendant des années sous d'autre cieux , en Europe plus précisément ; ils n'offrent donc sur le plan technique, aucune garantie de sécurité, surtout qu'à leur arrivée, généralement, on les lance dans la circulation sans procéder à aucun contrôle. De la sorte, tous les grands carrefours et les axes importants de Bamako sont pris d'assaut dès 6 h du matin par ces vieilles bagnoles à la recherche des clients.

Maintenant tous les jeunes ruraux, le succès de la trouvaille aidant, sont devenus soit des chauffeurs, soit des apprentis de « Sotrama » parce que cela est plus facile que l'entretien des emblavures au village. Les témoignages sont nombreux qui expliquent que ces jeunes chauffeurs, que beaucoup assimilent à des délinquants primaires, sont plus regardants sur la recette journalière à apporter au patron que sur la sécurité et la vie des passagers qu'ils entassent les uns sur les autres comme dans une boîte de sardines.

Aux places dites des « Sotrama » le désordre est total pour ne pas dire que c'est le règne de la pagaille. Les chauffeurs, trop pressés de rentrer avec la recette, se font indisciplinés au maximum et se mettent de force aux premières lignes, créant ainsi le désarroi chez les usagers. Le syndicat assiste impuissant à ce dérèglement et se contente d'empocher les piécettes que leurs tendent les chauffeurs indélicats. Le passager qui vient de débarquer se demande s'il n'a pas affaire à des fous tant la pagaille est générale et agressive.

Les agents de la circulation chargés de la réguler et de contrôler les transports en commun n'en font rien et cherchent eux aussi leur blé dans la poche des chauffeurs de « Sotrama » et de taxi. Ils ne contrôlent pas sérieusement les véhicules de transport et ne se gênent pas de prendre quelques billets de banque aux chauffeurs et de laisser passer les véhicules qui ne sont pas en règle, quitte à ce que ceux-ci, avec les clients à bord, aillent se faire emboutir dans un mur ou un tronc d'arbre.

Bref, rien ne marche dans le secteur des transports publics au Mali et la volonté n'existe même pas de redresser cette situation. L'Etat malien, depuis qu'il est créé, n'est jamais parvenu à se doter d'un système cohérent et bien structuré de transports en commun capable de rendre fluide et efficace la circulation dans les grandes villes et s'est toujours reposé sur des privés cupides qui, trop pressés d'être millionnaires, exposent quotidiennement la vie des usagers à la mutilation et à l'amputation, quand ce n'est pas carrément à la mort.

Facoh Donki Diarra

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 JO-2008/MALI-ZAMBIE : 1-2

Les espoirs maliens méconnaissables

En s'inclinant (1-2) devant leurs homologues de la Zambie, les Aigles espoirs hypothèquent leur chance d'être au rendez-vous de Pékin-2008. C'était le mercredi dernier au Stade du 26-Mars.

« Nous sommes venus au Mali pour faire un bon résultat » , avait prévenu l'emblématique Peter Kaumba, entraîneur des espoirs zambiens, avant le match. Et il a tenu parole puisque ses poulains ont battu les protégés de Mory Goïta par 2-1. Cette rencontre, disputée mercredi dernier au Stade du 26-Mars de Bamako, entrait dans le cadre de la 2e journée des éliminatoires des Jeux olympiques « Pékin-2008 ».

La sélection malienne, à l'image de son capitaine Boubacar Coulibaly, est totalement passée à côté de cette rencontre capitale qu'elle devait gagner pour se replacer dans la course à la qualification en occupant la tête de son groupe. Hélas ! Les protégés de Mory Goïta resteront scotchés à la dernière place avec seulement 1 point en deux journées disputées, ce qui annonce une autre désillusion pour le football malien.

Même si le Mali était arrivé au stade des quarts de finale lors des derniers Jeux olympiques « Athènes-2004 » (Grèce), la victoire zambienne est loin d'être un exploit. Mercredi dernier, il n'y avait qu'une seule équipe sur la pelouse du 26-Mars : le Mighty Zambia ! Il ne faut pas avoir peur des mots. En 90 minutes, les poulains de Mory Goïta n'ont jamais su résoudre les équations posées par les Zambiens. Avec une attaque figée et inefficace, un milieu inexistant, la défense malienne a pris tout le poids du match. N'eut été la classe du jeune portier, Oumar Sissoko, l'addition allait être plus salée.

Pour contrer le Mali, les Zambiens ont pris tous les risques sur le plan de l'engagement dans le jeu. Une pression trop forte qui a amené le Mali à l'implosion. Deux attaquants de petit gabarit (Sigus Chibambo-Timothy Mbewe), un milieu de terrain complémentaire et une défense hermétique ont permis aux Zambiens de mener à bien leur mission.

Dans les duels, l'équipe de Mory s'est montrée peu conquérante. La merveille tactique a fait défaut dans tous les compartiments du jeu. Toutes les individualités maliennes sont restées méconnaissables. A l'exception du portier Sissoko et, dans une moindre mesure, Amadou Diamouténé qui a essayé de changer le cours du jeu à son entrée sur le terrain. Les espoirs maliens n'ont jamais fait preuve de cette maturité tactique qu'on attendait d'eux.

Il est vrai que la sélection malienne était privée de certains piliers comme Issa Traoré (suspendu), Drissa Diakité et Alphousseyni Kéita retenus chez les Aigles pour le match amical Mali-Burkina (3-2). Mais, ces absences ne peuvent pas justifier à elles seules la lamentable prestation des poulains de Mory Goïta.

C'est que ces espoirs manquent de tout au niveau du jeu. A commencer par le mental et la cohésion tactique qui leur ont fait terriblement défaut. C'est dire qu'il y a beaucoup de choses à changer au sein de cette jeune formation si on espère encore se qualifier pour les JO-2008.

En tout cas, en véritable commando, les Zambiens sont venus obtenir une précieuse victoire qui leur permet de se maintenir à la tête du groupe avec 6 points. La seconde place est occupée par la Côte d'Ivoire (3 points) victorieuse du Sénégal (2-0) à Abidjan. Le Mali est 3e avec 1 point grâce à un meilleur goal différentiel que le Sénégal.

La prochaine sortie des Aigles espoirs est programmée pour le week-end des 8 et 9 septembre 2007 à Abidjan contre la Côte d‘Ivoire. Gageons, que d'ici là, l'encadrement technique tirera toutes les leçons de la déconvenue de Bamako afin d'espérer sur un meilleur résultat.

Moussa Bolly et

Boubacar Diakité

 

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