Les Echos du 23 août
DJIGUIBA KEITA DIT PPR REPOND A ISSA NDIAYE
Le donneur de leçons ferait-il la cour à ATT ?
Vous avez créé l'Adéma pour l'abandonner pour des raisons que personne ne connaît ! Vous avez été l'un des premiers à accourir chez IBK pour la création du RPM, vous l'avez abandonné en plein midi ! Vous avez appelé à voter « ATT - le recours », avant de vous retourner contre lui ! Vous avez accouru au FDR avant de l'abandonner au lendemain de la signature du protocole d'accord du 25 février 2007, reniant votre signature ! Aujourd'hui, vous dites à ATT qu'à part vous-même, personne ne vaut rien au Mali ! Que voulez-vous ?
Après un temps de réflexions, je me résous à répondre aux assertions du Pr. Issa Ndiaye parues sur « les élections » qui viennent de se passer au Mali.
Mais en avant-propos, je dois dire : pauvre Mali ! C'est à la fin des élections générales que le président de la Cour constitutionnelle avoue sans sourciller que « beaucoup d'acteurs politiques, des candidats de tous ordres de quelque bord que ce soit se sont installés à demeure dans la fraude généralisée » . Ainsi, le président de la Cour ne fait que donner raison au FDR qui a clamé sur tous les toits qu'il n'y a pas eu d'élections au Mali tant la fraude d'Etat a dépassé tout ce qu'on peut imaginer par les manœuvres et chantages de la haute administration, de la Sécurité d'Etat et de certains officiers supérieurs !
Malgré cet aveu ahurissant, ni lui, ni aucun des 8 autres sages, ni la Céni qui a toujours dit que tout s'était bien déroulé, ni, a fortiori, le ministre de l'Administration territoriale ou le patron de la DGE ne démissionne. Pauvre Mali ! Et dire qu'on a eu tant de morts pour l'avènement de la démocratie ! Quel recul !
Mais revenons à Issa Ndiaye.
Parvenu au FDR grâce au « portage » d'IBK, qui a bon cœur et dos large, comme il l'avait déjà montré en 2002 en ramenant Me Tall à l'Assemblée nationale, le Pr. Issa Ndiaye ne sait certainement pas que le Parena et l'ADJ n'étaient pas favorables à son parachutage dans ses rangs, pas tant qu'il était venu en retard que parce qu'on ne peut jamais compter sur sa constance : « a tè ko laban ! » . Nous avons, par égard, cédé à IBK, auprès de qui un ami du professeur était venu plaider pour qu'un tel regroupement ne se fît sans « cet opposant ! » . On y reviendra. D'ores et déjà, on peut s'étonner de 2 affirmations gratuites :
Le choix du président du FDR n'a posé aucun problème : la direction nationale du RPM a porté son choix sur le président du Parena. Tous les autres membres du FDR étaient d'accord parce que le Parena avait bien assumé les tâches jusqu'à cet instant. C'est précisément le président du Parena qui, après avoir remercié les camarades pour cette confiance, a proposé que le seul président d'institution parmi nous et dont le parti était de loin le plus grand du FDR en devienne le premier président. M. Dramé expliquait que le Parena avait déjà beaucoup eu du FDR : le siège et le porte-parole. C'est sur cette sage réflexion que nous avons élu IBK par acclamations à la tête de notre regroupement.
C'est toujours mieux de parler de ce que l'on sait : il aurait suffi que le Pr. lût la plate-forme du FDR pour qu'il ne tombât pas dans des affirmations gratuites du genre : « le FDR manquait d'âme. Ce ne fut même pas une bonne coalition électorale. Chacun voulait être président de la République, c'est pourquoi il partit en ordre dispersé dès le 1er tour des présidentielles ! Il a volé en éclats dès la raclée prise au 1er tour des présidentielles. Le masque fut jeté aux législatives. La mêlée fut générale… On franchit toutes les barricades. Plus de lignes de démarcation ! Plus de front, plus de FDR ! Certains dirigeants en donnèrent le signal, à commencer par le candidat du Parena… »
La plate-forme électorale du FDR signée le 25 février 2007 par les 16 présidents dont toi Issa Ndiaye, dit ceci :
« III. Candidatures aux différentes élections
Pour les élections présidentielles :
Le FDR opte pour une pluralité de candidatures au 1er tour.
Les parties membres qui ne présenteraient pas de candidat s'engagent à soutenir exclusivement l'un des candidats du FDR.
Pour les élections législatives et le bureau du Parlement :
« Les listes devront être négociées partout où nécessaire, dans un esprit de solidarité tenant cependant compte des réalités locales » (c'est moi qui souligne !)
Issa Ndiaye, que te dire quand tu renies ta propre signature ?
C'est donc en toute connaissance de cause que des partis du FDR ont conclu quelquefois des accords électoraux avec des partis de l'ADP, en tenant compte des réalités locales, en parfaite symbiose avec les textes fondateurs du regroupement. Deux exemples emblématiques : Gao et Nioro.
A Gao a été constituée une liste Convergence-RPM-URD sous le sigle RPM-URD, la Convergence n'étant pas un parti politique. La direction du FDR n'y a vu aucun inconvénient, la liste ayant des chances de donner deux élus à l'opposition, dont un député sortant (le populaire Arboncana Boubèye Maïga). Le Parena existe certes à Gao, mais remplacer l'URD par le Parena n'était pas plus avantageux pour le FDR. Le 1er tour des législatives a donné les résultats que l'on sait, confirmés par la fameuse Cour constitutionnelle qui n'est pas du tout choquée que des bourgades où ne votent pas habituellement 200 personnes, puissent avoir 10 000 (dix mille) à 14 000 (quatorze mille) suffrages exprimés. On l'avait déjà vu à la présidentielle où la Commune de Tarkint (Gao) a donné 12 000 (douze mille) suffrages exprimés pour ATT. Assarid n'a fait que « remettre ça » et le tout Gao sait, toute l'Administration sait que c'est par hold-up électoral qu'ATT a imposé Assarid et compagnie à Gao. Pour combien de temps, telle est la question !
A Nioro, une liste Adéma-URD-Parena a été constituée, la direction du FDR informée. C'est cette liste qui tenait le plus compte des réalités locales marquées, entre autres, par une déchirure du tissu social depuis les législatives 2002 et donnait plus de chance au FDR d'avoir un élu, certainement dès le 1er tour. Le RPM existe certes à Nioro, mais remplacer l'URD ou l'Adéma par le RPM ne donnait pas plus de chance au FDR. Avec cette liste, seul l'arbitraire pouvait empêcher Dramé d'être à l'Assemblée. Et l'arbitraire a sévi, par le truchement de la Cour constitutionnelle qui, encore une fois, manquant totalement de sagesse, va outrepasser ses pouvoirs en s'ingérant dans le pouvoir du juge civil pour invalider un acte de celui-ci.
A Koulouba, on a fêté l'événement, en buvant du petit lait frais ! A ce point, je dis aux amis du Parena : le Parena n'a manqué ni de vigilance, ni de prudence… Si même par impossible la liste Tiébilé n'avait pas été invalidée, avec cette Cour, les résultats auraient été annulés pour les beaux yeux du prince du jour comme on vient de le voir à Goundam où, malgré une avance de 10 700 voix aux résultats provisoires du second tour, la liste Adéma-URD a finalement été classée 2e par la fameuse Cour constitutionnelle, coiffée au poteau par les indépendants proches du couple présidentiel.
Mais le Parena étant comme le roseau qui plie, mais ne rompt pas, à Nioro, les militants du parti du Bélier blanc ne se sont pas laissés aller au découragement, au contraire, ils sont venus en renfort au RPM et Tiébilé Dramé en personne est allé battre campagne pour le RPM afin de relever le défi malgré une campagne d'intimidation menée par les directions de l'Adéma et de l'UDD, appuyées par la Fondation pour l'Enfance ! Au cours de la campagne, Me Hassane Barry (qu'ATT va bientôt récompenser en le nommant ambassadeur pour avoir été l'instrument de l'élimination de Tiébilé) n'a pas hésité à menacer : si Nioro élit des opposants, pendant 5 ans ATT ne fera aucun investissement dans le cercle. Le peuple fit confiance aux hommes que le Parena a soutenus, c'est pourquoi, sans se tromper, le tout Nioro s'est rué chez le président du Parena à l'annonce de la victoire du RPM. Issa Ndiaye, le Parena n'a pas joué double jeu et le RPM a salué la solidarité agissante de Tiébilé et de ses camarades !
Grosse boule de contradiction
Le fond de l'article est une grosse boule de contradiction. Après avoir bien dépeint la non-élection qu'a constitué le 1er tour de la présidentielle : « Les vainqueurs pavoisent alors que la crédibilité du processus démocratique dans son ensemble a été largement entamée par les pratiques qui ont émaillé la distribution des cartes d'électeurs, le déroulement du vote lui-même et la sincérité des résultats laborieusement proclamés par l'Administration territoriale » , Issa Ndiaye trouve les moyens de dire que « la réaction de l'opposition est classique : les résultats obtenus sont consécutifs à des fraudes successives et générales de la part du pouvoir ! » Que voulez-vous professeur ? Que nous disions que les élections ont été régulières et sans fraudes ?
Plus loin, il enfonce le clou : « La défaite de l'opposition était prévisible, elle réside dans le peu de crédibilité de la plupart de ses protagonistes auprès des Maliennes et des Maliens » . Comme le ridicule ne tue pas ! Il voit la paille dans les yeux des autres, mais pas la poutre dans ses propres yeux ! Professeur, le moins que l'on puisse dire, c'est que votre propre crédibilité s'est envolée, il y a belle lurette :
Vous avez créé l'Adema pour l'abandonner pour des raisons que personne ne connaît ! Vous avez été l'un des premiers à accourir chez IBK pour la création du RPM, vous l'avez abandonné en plein midi ! Vous avez appelé à voter « ATT - le recours », avant de vous retourner contre lui ! Vous avez accouru au FDR avant de l'abandonner au lendemain de la signature du protocole d'accord du 25 février 2007, reniant votre signature ! Aujourd'hui, vous dites à ATT qu'à part vous-même, personne ne vaut rien au Mali ! Que voulez-vous ?
Le masque d'Issa Ndiaye tombe définitivement lorsqu'il ose écrire : « le FDR n'avait aucun projet politique cohérent et crédible, aucune volonté réelle d'affronter le pouvoir et de présenter une alternative à la gestion catastrophique actuelle du pays » . Pour quelles raisons alors le « très crédible » , le « très cohérent » , le « très patriote » Issa Ndiaye y a-t-il adhéré ? Par opportunisme à coup sûr, à l'instar de tous ces cadres maliens « génétiquement modifiés » qu'il traîne dans la boue. Car, que je sache, formuler des réserves sur un document, c'est le propre de tous les intellectuels et de tous ceux qui se prennent pour tels. Et au FDR cela n'a pas manqué.
Mais, nous avons retenu que comme « le protocole du FDR » n'est qu'une œuvre humaine, donc perfectible, on pourra l'améliorer au fur et à mesure de l'évolution de notre compagnonnage que nous espérons long. Issa Ndiaye depuis lors, a disparu ! Alors, que notre cher Pr., avant de jeter la pierre au FDR, ait l'honnêteté intellectuelle et le courage de faire sa propre introspection et de dire où se trouve sa propre responsabilité ! Il y gagnerait un peu plus en crédibilité (si tant est qu'il peut encore en avoir !) non pas seulement en tant que militant politique mais aussi et surtout en tant qu'intellectuel.
Mais l'honnêteté intellectuelle aussi bien que le patriotisme d'Issa Ndiaye sont pris à défaut lorsqu'il ose encore écrire : « ... Il n'est pas étonnant que (les responsables du FDR) aient accepté les résultats du vote dans le dos de leurs militants, car ils savaient ce qu'ils avaient à perdre en cas d'affrontements généralisés. Leurs biens aussi mal acquis que ceux des individus qu'ils dénonçaient bruyamment ne manqueraient point de constituer une cible pour un peuple qu'on aurait poussé (c'est moi qui souligne) à manifester sa colère dans la rue. La paix signée fut donc celle despossédants '. Des responsables politiques des deux bords, qui avaient couvert le portail et les murs de leurs résidences cossues d'affiches et de posters, les déchirèrent nuitamment en catastrophe, de peur d'être des cibles faciles de manifestants et de voyous déchaînés » .
Quel aveu de pyromane ! Le vœu secret du professeur pyromane était donc que notre pays s'embrasât ! Mis à feu et à sang dans des affrontements généralisés pour une affaire de contentieux électoral ! Le masque du patriote et du démocrate tombe pour faire place à celui de l'anarchiste, simplement !
Il ne fait aucun doute que dans une situation d' « affrontements généralisés » , Issa Ndiaye, très opportunément, comme tous ces cadres maliens « génétiquement modifiés » , capables de toutes les « ordures » , aurait encore tiré son épingle du jeu en prenant sa plume pour stigmatiser « l'irresponsabilité du FDR » qui aurait « poussé le peuple à exprimer sa colère dans la rue ! » N'est-ce pas déjà sous-entendu dans sa présente cour à Koulouba ?
Pour sa plaidoirie pour Koulouba, Issa Ndiaye fait également diversion en accusant des camarades qui, depuis la clandestinité, auraient mené des pratiques sectaires qui auraient largement morcelé la lutte clandestine contre la dictature et divisé le Mouvement démocratique. Ce que le Pr. ne dit pas, c'est que depuis la clandestinité les « pratiques d'entrisme » et la ligne de capitulation face à la dictature ou de volte-face régulière ont entamé la crédibilité de certains qui n'hésitent pas à se poser en donneurs de leçons aujourd'hui. Et à l'avènement de la démocratie, le souci de la conservation du pouvoir a amené beaucoup de cadres comme lui à des pratiques insoupçonnées d'exclusion et de favoritisme. L'exemple le plus vivant est sa gestion du ministère de l'Education nationale sous la Transition.
On vit encore les conséquences de la diabolisation de certains camarades de lutte qui prônaient le kokajè au gouvernement et au CTSP. Le conservatisme défendu alors par d'autres hauts cadres de l'opposition sous la dictature allait dans le sens de l'aristocratie militaire incarnée par ATT et compagnie : la révolution devait être caporalisée, elle l'a été, contre la volonté des hommes comme Me Amidou Diabaté et Dr. Oumar Mariko en 1991-92
Après la crédibilité des hommes politiques, Issa Ndiaye, parlant de la presse, passe au crible le comportement de la presse du pouvoir, celle-la même qui a tenté de saboter la journée « presse morte » . Il n'empêche que cette presse sait hélas ce qu'elle veut. C'est ainsi qu'elle ne s'est pas trompée sur le contenu réel des élucubrations du professeur. Elle sait que cet écrit sert plutôt Koulouba que l'opposition ! Elle les a utilisées à cette fin.
Du combat politique que le FDR mène, notre cher professeur dit qu'à la première escarmouche les camarades ont capitulé ! Or, il se trouve que quand nous avons marché contre la caporalisation de l'ORTM, lui le Pr. et donneur de leçons était absent ! Quand on a organisé des manifestations, il était absent ! On ne sait presque jamais de quel côté est Issa Ndiaye. Mais cette fois-ci, on est sur une piste. Suivez plutôt :
Appel du pied à ATT
J'attire l'attention du lecteur et je prends à témoin l'opinion nationale à propos de ce passage de l'article d'Issa Ndiaye : « La gravité et l'urgence de la situation font obligation à ATT de trouver des solutions durables faute de quoi le pays ne manquera pas d'entrer dans une zone de turbulence porteuse de tous les dangers… Les gouvernements successifs qui ont marqué son premier mandat n'ont jamais été à la hauteur. Son choix des femmes et des hommes a été une succession d'erreurs, voire de désastres… Il faut qu'ATT cesse d'écouter les flatteries des ‘griots' et des courtisans qui l'entourent. Il y a une sorte de loyauté qui fait largement défaut aujourd'hui à la plupart des cadres maliens qui gravitent autour du pouvoir. Ils n'ont souvent ni le courage ni la loyauté de dire aux chefs ce qu'ils pensent réellement… »
(Il manquait seulement qu'il ajoutât… contrairement à moi Issa Ndiaye ). On le voit, l'appel du pied à ATT est clair : le farouche opposant Issa Ndiaye est prêt à répondre à l'appel du Général si celui-ci balaie son entourage actuel. Il ne peut y avoir offre de service plus claire !
Ensuite, Issa Ndiaye nous reproche d'avoir été avec ATT pendant si longtemps. Or, avoir le courage de reconnaître qu'on s'est trompé est une qualité plutôt rare en politique, c'est pourtant ce qu'ont fait les dirigeants du FDR : « Nous avons accompagné ATT pendant longtemps, mais aujourd'hui nous réalisons que nous nous sommes trompés, il faut rompre avec cet homme qui est un danger pour la République et la démocratie ! » dirent-ils en chœur ! Se tromper n'est pas grave, c'est ne pas se ressaisir qui est très grave : n'filila, o man'jugu, ntè segin n'ko déka jugu !
Enfin, sur l'élection d'IBK en Commune IV du district de Bamako, qu'il me suffise de rappeler que le credo du FDR c'est qu'il n'y a pas de démocratie viable sans partis politiques et si entre les deux tours des législatives, en IBK les autres partis ont vu qu'il est leur représentant à tous face à un indépendant et qu'à ce titre ils l'ont soutenu, c'est tout à leur honneur. Telle est d'ailleurs la substance de la lutte que nous menons à l'ADJ : il faut préférer les partis aux indépendants ! Au vainqueur IBK, aucune humiliation, lui qui va quand même chercher le suffrage des Maliens. Mais vous, nul ne vous a jamais vu, vous le donneur de leçons Issa Ndiaye, solliciter le suffrage du peuple. Pour paraphraser Staline, je vous demande : Issa Ndiaye combien de bataillons ? Combien de Maliens mobilisez-vous en tant que militant politique et chef de parti politique ? Presque personne !
Alors Pr. Issa Ndiaye, vous n'avez pas de leçons de démocratie à donner à ceux qui ont le courage d'affronter le suffrage des Maliens !
Bamako, cet historique 22 août
Djiguiba Kéita/PPR
( du Parena, de l'ADJ et du FDR)
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ATT-II
Les multiples facettes du général
Le général ATT a hérité d'un pays cité en exemple, pauvre mais menant une vie tranquille, avec des ambitions de développement claires, connues et partagées de tous. Dans quel état est-il maintenant ?
Une blague circule à Bamako ces temps-ci, la voici : « Une semaine avant ATT-II, nous avions la liberté, une vie tranquille, la quiétude, l'électricité… Une semaine après ATT-II, plus rien de tout cela ! »
Au-delà de la blague, sans dire que nous avions un visage édénique, il est quand même connu de tout que le Mali était un havre de paix. Avec l'arrivée d'ATT-II, comme à l'unisson, tous les problèmes ont surgi : ceux qu'on tentait d'étouffer (crise énergétique…) et ceux qu'on a occasionné ( » affaire maîtresse », arrestation de Dr. Kéita…) et ceux que la nature nous a réservés (retard des pluies).
Le général-président s'est présenté comme le candidat du « Parti de la demande sociale ». Cela implique, dans l'imaginaire commun, qu'il voulait s'attaquer aux problèmes sociaux, du plus grand nombre tout au moins. Mais, depuis ATT-II, on ne sait plus à quel saint se vouer, surtout qu'il y en a même plus dans le petit landernau politique taillé sur mesure et carrément dédié aux louanges du tout puissant prince du jour.
Le pain est cher. Quelle solution économique a-t-on trouvé ? Diminuer la baquette qui était supposée être d'un kilo et qui, nous l'apprenons à cette occasion, n'a jamais dépassé les 800 g. Le sucre, le riz, le lait sont devenus inabordables pour les militants de la demande sociale.
Les réponses sont laconiques : « la hausse est liée au cours mondial » . Un cours que nous découvrons subitement alors que, de tout temps, des systèmes de péréquations existent théoriquement et au moment où il y a le besoin, personne ne s'en souvient. L'autre solution, ce sont les exonérations qui sont accordées en ce moment à ceux qui sauront en faire profiter autres que les nécessiteux et autres militants de la demande sociale.
Les Français, récemment, ont beaucoup parlé des vacances chèrement payées de leur président. Au moins savaient-ils qu'il en prenait et à quel prix. Au Mali, on sait juste qu'ATT a pris ses vacances, là où ce luxe n'est pas à la portée de toutes les bourses. Qui paye ? Etait-ce opportun en ces temps de disette ?
Ainsi découvrons-nous notre président, en Néron.
Alexis Kalambry
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REGULATION DE LA CIRCULATION A BAMAKO
La colère du syndicat de gros-porteurs
La Coordination nationale des associations et syndicats des gros-porteurs ne voit pas d'un bon œil les nouvelles mesures de régulation de la circulation des gros-porteurs dans le district prises par le maire.
L'arrêté n°007/M-DB du 8 avril 2004 du maire du district de Bamako interdisait aux gros-porteurs de circuler les jours ouvrables de 6 h à 10 h et de 15 h à 20 h dans le district. Mais, les gros-porteurs pouvaient circuler pendant les autres heures de la journée. Cet arrêté a été abrogé par l'arrêté n°039/M-DB du 10 août 2007.
Le présent arrêté a pour objet de réglementer la circulation et le stationnement des gros-porteurs sur les ponts et les voies du district de Bamako. Il n'autorise la circulation des gros-porteurs qu'entre minuit et 6 h du matin.
La Coordination nationale des syndicats et associations des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (CNSACCRM) ne semble pas digérer cette nouvelle disposition visant la réglementation de la circulation de ses engins à l'intérieur du district. Ce regroupement professionnel exige des autorités du district la relecture de cette nouvelle mesure. « On ne peut pas travailler dans ces conditions. Ils doivent changer cette mesure » , proteste Ali Habib Haïdara, secrétaire général adjoint de la CNSACCRM de la région de Sikasso.
Pour Sekouba Coulibaly, secrétaire général de la CNSACCRM du district de Bamako, « nous allons adresser dès aujourd'hui une lettre au ministre de l'Equipement et des Transports pour l'informer de notre situation. La nouvelle mesure nous préoccupe. Nous avons tenu une réunion le 3 août 2007 à la mairie du district. Ils n'ont pas tenu compte de notre point de vue lors de cette réunion. Ils en ont fait à leur tête » .
Abus
Selon lui , « cette mesure pénalise les chauffeurs. Elle nous préoccupe aujourd'hui jusqu'au dernier point. C'est pourquoi, il est nécessaire que les différentes parties renouent le dialogue afin d'éviter le malentendu pouvant naître de l'exécution de l'arrêté. Nous avons évoqué les côtés néfastes de la décision dans la lettre que nous allons adresser au ministre. Nous sommes dans un pays de dialogue, le ministre ne doit pas refuser de s'impliquer » .
Son camarade, Souleymane Sanogo, secrétaire général adjoint de la CNSACCRM ajoute qu'ils « ont pris cette décision pour diminuer les accidents. Aujourd'hui, 70 % des cas d'accidents sont imputables à la police. Si les policiers arrêtent deux ou trois gros-porteurs sur la route, elle sera forcément encombrée et les accidents se produisent. On veut que les policiers se conforment à l'arrêté » .
« On n'est plus d'accord de négocier avec les policiers avec l'argent. Ce matin, ils ont pris l'un de nos chauffeurs sur l'avenue de la Cédéao, un parcours autorisé même dans la journée. Pour se faire libérer, le chauffeur a été obligé de payer 7500 F CFA. Nous sommes allés prendre l'argent et avons demandé aux policiers d'apporter la voiture au GMS. Nous allons régler le problème avec les chefs. Cet itinéraire ne fait pas partie » , dénonce un chauffeur.
D'ores et déjà, à cause des abus de certains policiers, qui commencent à ne pas se conformer à la nouvelle mesure, l'application correcte de l'arrêté du maire risque de ne pas être chose aisée. Un bras de fer entre chauffeurs de gros-porteurs, qui sont décidés de ne plus s'en laisser conter, et agents de la compagnie de circulation routière (CCR), est même imminent.
Sidiki Doumbia
( stagiaire )
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