Les Echos du 22 août
UNIVERSITE DE BAMAKO
Le Cenou en grève, les étudiants privés de bus…
Après « l'ignorance totale » de leurs doléances et « l'absence de dialogue franc », le Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup) du Centre national des œuvres universitaires (Cenou) a décidé de maintenir son mot d'ordre de grève de 48 h, qui a commencé hier.
Il y a quelques jours nous évoquions le capharnaüm dans lequel les évaluations au niveau de l'enseignement supérieur ont lieu. Cette situation ne s'est guère améliorée. Au contraire, elle risque de s'envenimer avec les conséquences plausibles de la grève de 48 h déclenchée mardi par le personnel du Centre national des œuvres universitaires en cette période d'évaluations dans plusieurs facultés de Bamako.
Créé par l'ordonnance n°01/051 P-RM du 25 septembre 2001, le Cenou est un établissement public national à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Sa mission est de permettre aux étudiants d'étudier dans des conditions idoines (transport, logement, restauration, santé, aide sociale, bourses….) hormis les activités pédagogiques.
Aujourd'hui, le personnel dit en avoir assez de ses conditions de travail après des années d'agonies et de sacrifices. Après qu'il n'y ait eu aucune suite à son préavis de grève déposé au niveau du ministère de la Fonction publique, du ministère de l'Education nationale et surtout au niveau du directeur du Cenou, le comité syndical a finalement décidé d'exécuter son mot d'ordre de grève en « considérant la mauvaise foi et l'absence de dialogue avec la direction générale du Cenou, du ministère de l'Education nationale et du ministère de la Fonction publique, et la non satisfaction des points de revendication soumis à leur attention » .
« Au préalable, nous avions menacé de déposer un préavis de grève au niveau du ministère de la Fonction publique, mais le directeur nous a demandé de ne pas le faire en promettant de donner le plein pouvoir à son adjoint pour la satisfaction de nos doléances au bout d'une semaine. Au délai, rien n'a été réglé et le directeur a même voyagé » , explique Dr. Aboubacar A. Oumar, secrétaire général du comité Snesup Cenou. Pis, ajoute-t-il, « après le dépôt du préavis de grève le 8 août au ministère de la Fonction publique, personne ne nous a officiellement contactés jusqu'au 20 août » .
Les revendications du syndicat du Cenou s'articulent autour de trois points. Le premier a trait à la tenue du 1er conseil d'administration du Cenou depuis sa création en 2001 dans un bref délai. Le deuxième concerne la recherche d'un local adapté au Cenou pour la bonne marche du service. En effet, c'est « une villa de 4 chambres transformée en bureaux pour 89 agents » . Ce qui a comme conséquence, entre autres, « surcharge, encombrement, impossibilité de concentration sur le travail… »
Le plus grand nombre de revendications sont regroupés au sein des accords non satisfaits avec le directeur du Cenou, Abdoul Haïdara. Parmi ces revendications, on retrouve la notation du personnel du Cenou, la signature des contrats des contractuels (chauffeurs, billettistes, gardiens, manœuvres) dont la majorité travaille depuis 2003, le recyclage du personnel du Cenou à travers les formations, stages et séminaires.
A ceux-ci, il faut ajouter la dotation du personnel technique du Cenou en équipements. « Comment comprendre que parmi les 14 agents techniques du Cenou, il n'y a qu'un seul qui soit équipé ? » s'insurge le secrétaire général du comité Snesup Cenou.
En attendant le bout du tunnel, le calvaire des étudiants a augmenté tant les effets de cette grève sont ressentis sur le terrain. Ainsi, en cette période d'évaluations, nombreux sont les étudiants qui éprouvent toutes les peines du monde à joindre leurs établissements avec l'arrêt des bus du Cenou. Ceux qui sont internés n'ont pas droit aux réparations des pannes au sein de l'internat et les omis de bourses nationales ne peuvent faire aucune réclamation.
A peine arrivés à l'université, les nouveaux bacheliers sont privés, pendant cette grève, de dépôt de dossier pour les bourses nationales en vue de la prochaine rentrée académique.
Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)
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COUR D'ASSISES
Six ans de réclusion pour le faux agent du MATCL
Kassoum Sissoko qui se faisait passer pour un agent du ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales (MATCL), a été condamné lundi par la Cour d'assises à 6 ans de réclusion pour faux et usage de faux et escroquerie.
C'est par une affaire de faux, usage de faux et d'escroquerie impliquant Kassoum Sissoko que la Cour d'assises de Bamako a débuté le 20 août dernier ses travaux. Dans l'arrêt d'accusation, il ressort que courant décembre 2002, Kassoum Sissoko, Daba Daff et Amadou Diadié Camara se sont rendus à Konobougou auprès d'Amadou Diarra, revendeur de motos d'occasion, auquel ils ont fait l'offre d'un marché portant sur 12 motos.
Pour convaincre leur interlocuteur, Kassoum Sissoko a exhibé au revendeur de motos une carte professionnelle portant les couleurs du Mali tout en déclarant qu'il travaille au MATCL. Il a ajouté que pour la signature et la validité du bon de commande qu'Amadou Diarra met à leur disposition au moins 6 engins.
Après discussions, les parties sont tombées d'accord et le contrat a été conclu pour 6 motos : 2 motos Honda CG de type Royal, 2 Yamaha Mate 50, 1 Yamaha Mate 80 et une Jakarta, le tout pour un montant total de 4,6 millions de F CFA. Appuyé dans ses argumentations par ses deux compagnons, Kassoum Sissoko a signé le bon de livraison sur lequel, il a laissé son numéro de téléphone.
Le pot aux roses a été découvert lorsque Amadou Diarra s'est rendu au ministère indiqué conformément au rendez-vous donné et sa surprise a été grande de constater que son co-contractant n'y travaillait pas.
Par ailleurs, le soi-disant agent du MATCL a pris attache avec Soumaïla Traoré, vendeur de matériaux de construction, avec lequel il a passé un contrat portant sur l'achat d'une tonne de ciment et 8 bidons de peinture Sapec pour la somme totale de 238 000 F CFA. A ce dernier également, il a donné une fausse adresse. M. Traoré l'a cherché en vain et ne le revoit qu'à la faveur de son arrestation suite à la plainte déposée par Amadou Diarra.
Lundi, à l'instruction définitive du dossier, l'accusé a sans ambages reconnu les faits et a fait son mea culpa. « Je reconnais les faits. Les quelques années passées en prison m'ont donné à réfléchir. Je regrette mes agissements qui s'expliquaient par la période difficile que j'ai eu à traverser. Honorables membres de la Cour, je compte sur votre indulgence me permettant de recouvrir ma liberté » , s'est-il défendu.
Mais ces propos emprunts de pathos étaient loin de convaincre le ministère public représenté par le procureur général près la Cour d'appel, Mahamadou Boiré. Ce dernier a laissé entendre que l'accusé en reconnaissant les faits n'a fait que faciliter la tâche de la Cour. Toutefois, a-t-il chargé, « cela ne saurait être une excuse pour lui. Je plaide qu'il vous plaise M. le président de le maintenir dans les liens de la prévention » .
L'aveu étant la reine des preuves, la Cour présidée par son 1er président, Abdoulaye Issoufi Touré, a reconnu Kassoum Sissoko coupable des faits à lui reprochés et lui a infligé la peine de 6 ans de réclusion.
Mohamed Daou
L'intransigeance prônée
A l'ouverture des travaux de la 2e session ordinaire de la Cour d'assises qui comporte 70 affaires, le procureur général près la Cour d'appel a déclaré qu'ils seront intransigeants avec les fonctionnaires véreux, les enseignants et les ingénieurs en déliquescence avec la déontologie et leur serment dans l'exercice du service public, dans l'exécution des plans d'exécution de bâtiments ou ponts et chaussées, dans la transparence, dans la gestion des fonds publics, dans les examens, etc. « Nous continuerons avec fermeté la lutte contre les délinquants de grands chemins, les voleurs et casseurs qui, sous prétexte de revendications, saccagent les biens et édifices publics… » a averti M. Boiré.
M. D.
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DENREES DE PREMIERE NECESSITE
Le prix du sucre monte
A moins d'un mois du ramadan, période de forte consommation de sucre, le prix de cette denrée de première nécessité flambe progressivement sur le marché national.
Les consommateurs maliens n'ont pas encore fini de digérer la hausse du prix du lait, du riz de la viande et de la farine avec comme corollaire la diminution du poids du pain par nos boulangers que le sucre aussi entre dans la danse.
Depuis quelques semaines, le prix du sucre en poudre couramment consommé dans les ménages, enregistre une hausse sensible sur le marché du détail. Le sac de 50 kg, cédé il y a moins de deux mois à 16 500 F CFA, est monté depuis deux semaines à 17 750 F. Selon des détaillants, l'augmentation se fait sentir tous les jours et il n'est pas exclu qu'elle atteindra la barre fatidique de 20 à voire 21 000 F CFA d'ici le mois béni de ramadan.
D'habitude, pour expliquer les augmentations de prix, les commerçants grossistes, en complicité avec le gouvernement, évoquent la conjoncture internationale. Le plus souvent, il est fait état d'une flambée générale de prix sur le marché international. Cela a été le cas pour le lait, le riz qui fait face aux aléas du transport et du blé qui a fait grimper le prix de la farine entraînant une réduction du poids du pain. Mais pour la viande dont nous sommes un des gros producteurs de la sous-région et du continent, c'est la pénurie de l'aliment bétail qui a été sortie comme seule explication.
Pour ce qui concerne le sucre, il n'échappe pas à la théorie des mêmes causes provoquant les mêmes effets. A ce niveau, l'explication porte sur l'offre qui ne parvient pas à satisfaire une demande de plus en plus croissante.
Délit d'initié
Mais, ce qu'on ne dit pas, c'est que le sucre ne connaît généralement pas cette hausse sauvage que la veille du jeûne musulman. Les commerçants qui ont le monopole de cette denrée savent que les besoins de consommation passent en ce moment du simple au double, soit plus de 18 000 tonnes par mois.
L'une des raisons cachées de la flambée du prix du sucre est que le pouvoir a distribué à la pelle des exonérations à des commerçants triés sur le volet et des marabouts pour plus de 7 milliards de nos francs. Un pactole qui aurait servi, dit-on, à financer indirectement la campagne du président. Les bénéficiaires de ces exos qui ont acheté diverses marchandises (riz, lait, farine, sucre, huile, conserves de tomates, etc.) ont jugé bon de faire de la rétention de stocks.
Malgré les exos accordées à des protégés du régime et qui sont l'argent du contribuable malien, les quantités de sucre gardées soigneusement dans les magasins sont en train d'être ressorties et vendues à prix d'or aux mêmes populations. Si ce n'est pas une complicité tacite de l'Etat, il est inconcevable de donner des exonérations sur des produits et que ces mêmes produits soient vendus plus cher aux consommateurs.
A quoi bon de dire à chaque fois que telles ou telles marchandises sont suffisamment disponibles au marché ou dans les stocks alors qu'elles sont hors de portée pour le plus grand nombre si ce n'est du mépris ?
En matière commerciale et dans les conditions normales, l'Etat accorde des exonérations à des commerçants avec comme effet bénéfique une baisse substantielle du prix sur le marché. Mais tout se passe comme si les pouvoirs publics participent à un délit d'initié. Il est vrai qu'ils n'ont que dalle de la souffrance du peuple.
Abdrahamane Dicko
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