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2007

Mois d'août

Les Echos du 15 août

CONFLITS FONCIERS FRONTALIERS

Les autorités reconnaissent le contentieux Mali-Guinée

Après les évenements douloureux survenus entre populations de Siradiouba et Dalagouè (Mali) et leurs voisins de Niani et Dalakan (Guinée), les autorités maliennes et guinnéenes sont enfin sorties de leurs réserves.

Ce sont « Les Echos » le premier (voir le n°2924 du 17 juillet et 2932 du 31 juillet) qui a levé le lièvre en se rendant sur le terrain à la frontière Mali-Guinée par deux fois en 3e région. Là-bas, les populations de Siradiouba et de Dalagouè sont opposées respectivement à leurs voisins guinéens de Dalakan et Niani . Ces conflits fonciers frontaliers entre ces villages voisins et bien d'autres des deux pays se sont toujours soldés par la perte en vies humaines et des biens matériels ou du bétail emportés par les assaillants.

Les conflits, qui touchent presque toute la bande de la frontière Mali-Guinée en 3e région, ont atteint leur paroxysme en juillet dernier quand les affrontements ont causé la mort dans les villages maliens de Dalagouè et Siradiouba . A Siradiouba , les paysans n'ont pas cultivé leurs champs de peur de se voir tués comme des lapins. Le chef de village de Siradiouba , Seydou Sidibé, n'en pouvant plus, avait même rallié Bamako afin de rencontrer personnellement le président de la République pour qu'il prenne la décision qui s'impose, c'est-à-dire l'installation d'un camp militaire.

Nos autorités, qui sont restées sourdes comme s'il n'existait pas de contentieux entre nos deux pays, sont enfin sorties de leur réserve en organisant une rencontre samedi 4 août dernier à Selingué afin de trouver une solution durable au conflit. Preuve qu'elles reconaissent maintenant l'existence d'un contentieux entre le Mali et la Guinée. Seulement, il est à regretter que nos Etats ne s'occupent de leurs contentieux frontaliers que lorsque les affrontements entre populations font des dizaines de morts.

Toujours est-il que les ministres maliens de l'Administration territoriale et des Collectivités locales ; de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, général de division Kafougouna Koné et général de brigade Sadio Gassama ont discuté avec leur homologue guinéen chargé de l'Intérieur et de la Sécurité Dr. Mamadou Beau Kéita. L'ordre du jour a occulté l'essentiel, car le communiqué final était laconique et passait par perte et profit les morts et les destructions de biens.

En attendant la matérialisation

Maliens et Guinéens ont décidé de relancer les rencontres périodiques. Ces rencontres auront désormais lieu une fois l'an pour les ministres chargés des questions frontalières, une fois par semestre entre les gouverneurs des régions frontalières et une fois par trimestre entre les préfets frontaliers.

Mais, en dehors de ces périodicités, les deux parties ont convenu de rencontres ponctuelles à chaque fois que le besoin se fait sentir, note le communiqué à l'issue des échanges. Ainsi, dès ce 15 août, le gouverneur de la région de Sikasso rencontrera son homologue de Kankan à Balandougou en République de Guinée.

S'agissant de la matérialisation des frontières, les deux délégations ont décidé de la relance des travaux de la commission mixte de matérialisation de la frontière. En effet, tout porte à croire que cette commission mixte de matérialiation de la frontière battait de l'aile puisque sa dernière réunion remonte au 23 avril 2003. La commission devra se rendre à Dakar et aussi dans l'Hexagone afin de fouiller les archives du colonisateur pour mieux définir les frontières.

C'est dire que cette matérialisation de la frontière, susceptible de mettre fin aux hostilités entre voisins maliens et guinéens, n'est pas pour demain. Et en attendant, un accent particulier a été mis sur la relance du protocole d'accord de coopération en matière de sécurité, notamment l'organisation de patrouilles mixtes le long de la frontière en vue de combattre la criminalité et la délinquance transfrontalières.

Depuis des décennies les populations des villages partageant la frontière entre les deux Etats en 3e région ne connaissent pas la paix à cause de conflits fonciers frontaliers récurrents.

Denis Koné

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BOULKASSOUMBOUGOU

Harcèlement et intolérance religieuse

Mahamadou Traoré dit Emmanuel est natif de Bagadadji . Repéré très tôt par Bakoroba Touré comme bon footballeur, il fera carrière dans ce domaine. Ainsi, il jouera au Mali et en France. A la fin de sa carrière footbalistique, Mahamadou, qui était déjà surnommé Emmanuel Békou , travaillera en Côte-d'Ivoire. De là, il s'exilera aux USA.

Au pays de l'oncle Sam, Mahamadou, hamalliste bon teint, se convertit au christianisme. Après sa formation, Béthel International l'envoie au Mali comme pasteur. « A mon arrivée, j'ai vu que l'éducation présentait des lacunes. J'ai décidé de m'investir, parallèlement à ma mission, dans le domaine de l'école » . Il crée donc un jardin d'enfants.

C'est dans la cour de ce jardin qu'ont lieu les offices religieux. Et c'est à ce niveau que commencent les déboires de la communauté avec un voisin. En effet, Famagan Coulibaly et Mamadou Lamine Guindo , vivent en location dans la maison contiguë au jardin d'enfants/lieu de prière. Ces deux, M. Coulibaly en particulier, ne veut pas sentir la communauté.

« A deux reprises, il a fait venir des policiers qui sont venus interrompre nos prières pour me demander de les suivre » , explique le pasteur. « Je ne sais combien de fois j'ai été convoqué à la police, à la mairie par mes voisins qui se plaignent du bruit de nos champs lors de nos prières » , ajoute-t-il.

Les autorités communales, saisies de la plainte, ont recommandé au pasteur d'élever le mur de clôture de son jardin. Mais cela ne semble pas suffisant pour le plaignant qui saisira les policiers. Ces derniers sont venus interrompre les croyants en plein culte.

Pour finir, M. Coulibaly a introduit une plainte au tribunal, aux fins d'interdire à la communauté de tenir ses réunions de prières. Le procès aura lieu le jeudi prochain au Tribunal de première instance de la Commune I et déjà, de par le monde, les membres de Béthel affluent, car cela est considéré comme une première dans un pays qui se dit laïc. Pour beaucoup, il revient surtout aux autorités de mettre le holà à cette intolérance. « Ne touchez pas à un oint de Dieu » , avise le pasteur, citant la Bible.

Affaire à suivre.

Djibrilla Maïga

( stagiaire )

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POUR TENTATIVE DE VOL D'UN DRAP DE LIT

L'hôtel Salam met à la porte un buandier

Au groupe Azalaï , tous les prétextes sont bons pour licencier un employé devenu « encombrant ou indésirable ». Ce n'est pas Abdoulaye Sylla, ex-buandier à Salam, licencié pour tentative de vol d'un drap de lit qui le démentira. Il raconte ses déboires.

Pour M. Sylla, ex-assistant chef buandier à l'hôtel Salam, c'est le ciel qui lui tombe sur la tête. Après 13 ans de loyaux services au sein du groupe hôtelier Azalaï , ce chef de famille, père de six enfants, vient d'être licencié par note de service 056/SMPH/2007 pour tentative de vol de drap et perte totale de confiance.

Des accusations que M. Sylla rejette en bloc et qualifie de mensongères. « Je travaille, sans reproche, dans cet établissement depuis 13 ans. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on va m'accuser de vol de drap. C'est une fausse accusation puisque le chef du personnel, le gouvernant et le secrétaire général du syndicat ont fouillé dans mon sachet qu'ils suspectaient. Ils n'ont trouvé que ma torche, mon chapelet, un T-shirt et des coupures de journaux. Malgré tout, la directrice de l'hôtel, Mme Diarra Maria, qui avait juré d'avoir ma peau, m'a donné une demande d'explication avant de me licencier. Et ce, malgré, qu'on ait retrouvé le drap dans la machine à laver » , témoigne-t-il. « Comment puis-je sortir avec un drap de l'hôtel en présence du service de contrôle, des gardiens, du gouvernant et de la sécurité à la porte ? C'est inimaginable ! » , se défend-il.

M. Sylla pense que la vraie raison de son licenciement se trouve ailleurs. Car, affirmera-t-il, « au cours d'une assemblée générale en début d'année, j'ai dénoncé au PDG les mauvais traitements infligés aux travailleurs et les agissements de certains responsables. Il y en a qui volent des millions là-bas. Depuis ce jour, j'ai su qu'on chercherait des poux sur ma tête parce qu'on n'aime pas la vérité dans cet hôtel » .

Selon lui, le groupe Azalaï n'accorde aucune considération à ses employés qui n'ont rien à envier aux prisonniers de Guantanamo. « Nous travaillons sous pression et pour un salaire de misère. Imaginez, je suis entré dans ce groupe, sur concours, en 1994. A la première phase de mon stage professionnel, je touchais 10 000 ; 20 000 F CFA à la 2e phase. C'est en février 1995 que j'ai été embauché en qualité de buandier. En plus de cela, je faisais le travail de garçon de chambre, de valet, d'équipier pour un salaire mensuel de 49 000 F CFA et ce, jusqu'en 2000. C'est à partir de cette année 2000, après maintes réclamations et sur instruction d'un responsable français, qu'on a majoré mon salaire à 58 000 F CFA. C'est ce que je touchais jusqu'à mon licenciement cette année » , dénonce l'ex-buandier de Salam.

Trois procès en cours

M. Sylla, qui n'a pas encore dit son dernier mot, a saisi l'inspection du travail. Ce service n'ayant pas réussi à concilier les deux parties, Sylla a porté plainte pour licenciement abusif. Son dossier a été transmis au Tribunal du travail sous le n°563 par le service contentieux de l'inspection du travail. Une mauvaise affaire pour cet hôtel, cinq étoiles, déjà traîné devant les tribunaux par deux de ses anciens employés pour les mêmes motifs.

Outre le procès de Remi Dion remis au 30 août, le groupe Azalaï devra également comparaître le 30 octobre prochain devant le Tribunal du travail pour licenciement abusif. Une plainte de son ancien directeur d'exploitation Racine Sow , licencié par le groupe le 9 mai dernier pour abandon de poste, suivant la note de service n°057/SMPH/2007.

Une décision que conteste vigoureusement l'intéressé qui s'explique : « J'ai été muté par Azalaï en Guinée-Bissau comme directeur d'exploitation de l'hôtel le 24 décembre sans aucune lettre de nomination. Arrivé à Bissau, j'ai envoyé une lettre bà la direction pour signifier cette irrégularité. Sans suite » . Quelques jours après, M. Sow a décidé de rentrer à Bamako pour régler les derniers détails administratifs et familiaux avant de rejoindre définitivement son poste à Bissau.

Le voyage Bissau-Bamako via Dakar, avec les problèmes d'avion, prendra trois jours. Ce qui n'a probablement pas été du goût des responsables de Azalaï . Ceux-ci ont estimé que M. Sow était en abandon de poste. D'où son licenciement. Jugeant cette décision abusive et arbitraire, il a assigné ses anciens patrons devant le Tribunal de travail.

Le chômage de cet ancien maître d'hôtel et attaché commercial externe ne sera que de courte durée. Car, une semaine après son licenciement, il sera embauché par le groupe Kempinsky . Coup de théâtre : le groupe Azalaï aurait envoyé une lettre de protestation à Kempinsky pour dénoncer un débauchage de son personnel. Comme quoi, le ridicule ne tue plus dans ce pays.

Sidiki Y. Dembélé

 

Eclairage

En dépit de tous nos efforts pour recouper l'information et recueillir leur version des faits, les responsables de l'hôtel nous ont envoyé paître. D'abord, le secrétaire général du groupe Abderhamane Baby, joint au téléphone et imprégné du sujet, a opposé une fin de non recevoir à notre demande d'entretien. « Désolé, je ne peux pas vous recevoir… Pas de motif, je ne veux pas, c'est tout » , a-t-il sèchement signifié au bout du fil. Ensuite, le chef du personnel adjoint Al Hamdou qui s'est défaussé. Enfin, le chef du personnel lui-même, Abdramane Boumeïdine .

Pendant une semaine, il nous a tourné en rond, « je suis très pris. On m'a donné des dossiers que je dois boucler dans 24 h » , ne cessait-il de nous dire avant de remettre le rendez-vous au lundi 13 août. Mais, quel ne fut notre étonnement de le voir une fois de plus se dérober. « Comme je vous l'avais dit la semaine dernière, je suis très pris… Je n'ai même pas deux minutes pour vous recevoir… Je ne sais vraiment pas quand je pourrai vous recevoir et je ne voudrai pas m'exprimer par téléphone sur ce sujet » , a-t-il dit.

Fuite en avant, mauvaise volonté ou le chef de personnel de l'hôtel Salam se reprocherait-il quelque chose ?

S. Y. D.

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EAU ET ELECTRICITE

Le défi de la nationalisation

« Enjeux et défis de la nationalisation de l'eau et l'électricité » était au centre d'une conférence débats samedi au complexe sportif de Sogoniko . Organisée par la Coalition des alternatives africaines/dette et développement (CAD-Mali), cette conférence est la première d'une série qui s'étendra à toute la capitale.

En initiant une série de conférences sur les enjeux et défis de la nationalisation de l'eau et l'électricité, CAD-Mali, aux dires de sa présidente Barry Aminata Touré, veut instaurer le débat contre « l'injustice sociale et économique, la politique de libéralisation imposée à nos Etats par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international avec la complicité de certaines multinationales » .

Le but recherché est donc de fustiger les politiques de privatisation des sociétés et entreprises d'Etat et « exiger » leur ré-nationalisation. Alors, pour l'EDM-SA, les questions centrales, selon les deux conférenciers l'économiste consultant Daouda Moussa Koné et Sékou Diarra, socio économiste, portent sur les profits, les pertes ainsi que les difficultés de la nationalisation de l'eau et de l'électricité.

Dans son exposé, le premier a évoqué les différents parcours de la société EDM de sa création le 14 octobre 1960 à 2005. Société étatique en 1960 avec 55 % du capital, l'EDM sera privatisée en 2000 avec 60 % au capital étranger. « Car, 40 ans après sa privatisation, EDM n'a pu assurer que 8 % de la couverture en milieu urbain et 1 % en milieu rural et 25 % pour l'eau. La privatisation qui devait corriger ces lacunes ne fera qu'enfoncer davantage la société avec son lot de flambée de prix des produits et subventions. Le Trésor public a dépensé 17 milliards de subventions au profit de Saur International. Et sur les 142 milliards qu'il devait investir, Saur n'a déboursé que 49 milliards » , a expliqué M. Koné. Ce qui amènera l'Etat à retirer Saur International du capital en 2005.

Le Faso, pourquoi pas le Mali ?

Ainsi commence la troisième vie de la société avec 66 % du capital à l'Etat et 34 % à IPS-W. Mais, pour le conférencier, le Mali doit exclure totalement le capital étranger de la gestion d'un secteur aussi stratégique que l'eau et l'électricité. Car, avancera-t-il, « on a tout à gagner dans la nationalisation. Mais, on a tout à perdre avec le capital étranger » .

Abondant dans le même sens, le second conférencier Sékou Diarra dira que « l'eau est un droit fondamental et ne doit être, en aucun cas, une ressource marchandisable  » . Prenant exemple sur des pays comme le Brésil, M. Diarra a souligné que dans un monde où les puissances mondiales ont décidé de tout privatiser sur leur passage, y compris nos vies, la riposte doit venir des citoyens à la base.

La nationalisation, a-t-il poursuivi, repose sur un ensemble d'enjeux au nombre desquels la question de la dépendance, de l'économie et des finances, de l'écologie, etc. Face à ces enjeux, les défis sont énormes. Il s'agit, entre autres, de la transparence, de la participation des communautés à la gestion de l'eau, la responsabilisation des acteurs, la gestion efficiente des bénéfices.

Des débats houleux avec notamment les contributions du syndicat d'EDM-SA, il est ressorti que la nationalisation est bien possible. « Au Burkina Faso où il n'y a pas de fleuve, l'eau coule à flot dans les robinets et à moindre coût. Il suffit seulement qu'il y ait de la volonté politique » , a conclu le conférencier.

Sidiki Y. Dembélé

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LOGEMENTS SOCIAUX DE SAME

La longue attente des bénéficiaires

A force d'attendre les clés de leurs maisons, l'impatience va grandissante chez des bénéficiaires des 147 logements sociaux de Samé .

Les heureux bénéficiaires des 147 logements sociaux de Samé sont à bout de patience. Près d'un mois après la remise symbolique de leurs clés à l'occasion d'une cérémonie solennelle présidée par le président ATT, aucun d'entre eux n'a encore pris possession de sa maison.

L'impatience de certains bénéficiaires est d'autant plus grande qu'ils s'inquiètent de l'ouverture prochaine des classes sans savoir sans être fixés sur leur sort. Des parents d'élèves attendent de voir pour s'occuper des problèmes de transfert de leurs enfants.

Depuis l'inauguration officielle de ces logements, ils se disent soumis à d'incessants va-et-vient. Une véritable épreuve de nerfs plus dure à supporter que l'attente de la proclamation de la liste des bénéficiaires.

La commission, qui a en charge de remettre les clés, leur répond à chaque fois, qu'elle n'a pas encore reçu mandat de le faire. Plus rien ne doit s'opposer au déménagement de ces chefs de familles qui ont hâte de quitter les affres de la location surtout qu'ils ont signé des contrats avec la commission d'attribution des logements sociaux et l'EDM-SA pour la fourniture d'eau et d'électricité.

Sur d'autres sites comme à Yirimadio , la remise des clés est effective depuis plusieurs semaines. Des familles ont déjà emménagé dans leurs nouvelles bâtisses tandis que d'autres s'apprêtent de le faire.

Selon certains, le retard serait dû au problème de branchement d'eau et d'électricité. Le site construit par la Séma-SA n'étant pas encore connecté au réseau d'EDM.

Abdrahamane Dicko

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 HISTOIRE CANADIENNE

Dieu, le parrain de la mafia ?

Il surgit souvent dans la vie des thèmes qui déstabilisent le croyant dans ses convictions et sa soumission à Dieu…

Jeudi dernier (le 9 août 2007), je raccompagnais un ami chez lui. Nous avons emprunté le boulevard Gouin , dans le Nord de Montréal, dans le but d'éviter les embouteillages infernaux de l'heure de pointe sur les autoroutes. Nous causions tranquillement de la pluie et du beau temps quand, soudain, mon ami se tut.

Nous passions au niveau du secteur huppé dit du Bois de Saraguay . Dans cette zone, la valeur médiane des maisons est de 850 000 dollars (400 millions de F CFA) contre une moyenne de 250 000 dollars (100 millions CFA) pour l'ensemble de la ville de Montréal.

Mais le Bois de Saraguay n'est pas un secteur banal où bourgeois de père en fils, nouveaux riches et pète-couilles tape-à-l'œil ont décidé de se barricader. A côté des honnêtes citoyens choyés par la vie, l'endroit abrite la « crème » de la mafia locale. Et justement, mon ami et moi étions en face de la cossue demeure du parrain du clan local. Il regarde bien la demeure et secoue la tête : « Regarde bien ça : un criminel de la pire espèce, meurtrier, trafiquant de drogue et blanchisseur d'argent, regarde la richesse ostentatoire qu'il affiche ! »

En effet, oui, la richesse de cet homme que la police ne réussit pas à coincer laisse songeur : sa maison est évaluée à plus d'un million de dollars par les services fonciers de la ville de Montréal. Devant sa porte, il y avait trois voitures de luxe : une Ferrari estimée à 700 000 dollars (300 millions CFA), une Maserati qui vaut environ le même prix et une Bentley des années 1960 que les spécialistes évaluent au million de dollars.

Mon ami secoue encore la tête : « Est-ce que moi, honnête travailleur qui n'ai jamais commis un acte illégal aurait droit, de la part de Dieu, à une telle fortune ? En fait, en protégeant les criminels, les vendeurs de drogue, les bandits et les voleurs, Dieu se révèle le parrain numéro un ! Pourquoi, pour un simple feu orange grillé, la police s'acharne sur toi et laisse ces gens tranquilles ? Dis-moi ce que fait Dieu dans son royaume ! »

Je ne sais pas ce que fait Dieu. Je suis un croyant et parfois, je me pose les mêmes questions. Les pensées ébranlent ma foi, mais je me dis que Dieu sait ce qu'il fait. Pourquoi ? Parce qu'au fond, je suis comme la majorité des croyants. Quand je ne suis plus capable de trouver la réponse à une question, je la confie à Dieu.

Mon ami pense en fait que l'humanité a créé Dieu et pas l'inverse : « L'homme a créé un être supranaturel uniquement pour trouver des réponses aux questions auxquelles il n'a pas de réponse » . Ne persiflez pas, s'il vous plaît ! Je sais que Nietzsche, Sartre et des dizaines d'autres philosophes ou agnostiques l'ont dit et écrit mais si vous trouvez une meilleure explication, envoyez-la et je transmettrai. Je disais que moi aussi, il m'arrivait de me poser des questions graves.

Quand je vois des gens mourir de faim alors que d'autres jettent des tonnes de nourriture à la poubelle, je me pose des questions. Quand je vois des synagogues, des églises ou des mosquées s'effondrer sur des fidèles en tuant certains, je me pose des questions. Quand je vois des criminels notoires, des meurtriers aux mains tachées de sang présider aux destinées de leur pays ou vivre des retraites tranquilles, je me pose des questions. Quand je me souviens qu'Hitler ou Mobutu sont morts sans rendre de comptes, je me pose des questions. Et surtout, quand je vois des enfants irakiens, somaliens ou libériens déchiquetés par des bombes ou des mines, j'ai envie de dire à Dieu : «  Hey , le Vieux, vas-tu te réveiller un jour et agir ? »

Pour rendre ma douleur encore plus intense, mon ami dit : « As-tu remarqué que les pays dans lesquels la croyance est la plus ancrée sont les plus arriérés et les plus frappés par les calamités naturelles ?  Un tremblement de terre au Japon fait au maximum 200 morts, aux Philippines, c'est dans les 100 000 morts. » Quelle est la main de Dieu et la part du diable dans ces calamités ? Est-ce que le diable peut provoquer des calamités naturelles ? Est-il le Dieu de la mafia ? Ces questions m'angoissent.

Je n'ai pas envie de passer pour un dogmatique obscurantiste quand il s'agit de discuter foi. Mais, souvent, dans le dénuement et la confusion de mon cœur déchiré, j'ai envie que Dieu fasse juste un signe, pour rappeler qu'Il est là et vient en aide aux miséreux. Pas par l'intermédiaire d'escrocs à la petite semaine qui prétendent communiquer avec lui ou connaître sa volonté, mais par des actes concrets. Par exemple, en évitant aux parrains de la mafia de narguer des travailleurs honnêtes comme mon ami.

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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SEVICES SUR LES DOMESTIQUES

Les supplices d'une « bonne » de 13 ans

Les enfants domestiques sont exposés à des risques sexuels menaçant leur santé et leur avenir. Les petites filles sont particulièrement touchées par ce fléau, qui prend de l'ampleur au Mali. Le martyre d'une petite fille de 13 ans.

Selon une enquête, bon nombre de filles provenant des villages employées comme domestiques sont victimes de harcèlement sexuel. En raison de la précarité de l'emploi, ces filles doivent souvent donner suite aux « avances » de leurs employeurs ou de leurs fils pour ne pas être virées.

Redoutant les conséquences de ces expulsions, ces « 52 » sont obligées d'accepter les propositions de leurs « maîtres » . Elles partagent ainsi le lit avec leurs employeurs avec toutes les conséquences imaginables : maladies sexuellement transmissibles, grossesses indésirables, etc.

« J'ai été recrutée par l'ami de mon grand frère, un fonctionnaire, qui m'avait demandé si je pouvais simplement aider sa femme de temps à autre, notamment en m'occupant du bébé et de la lessive » , se souvient B. K., une fillette de 13 ans venue d'un village de Kangaba à la recherche de son trousseau de mariage.

Elle a été embauchée à 6000 F CFA, somme qui correspond à une année d'épargne au village. Pour la petite fille, c'est du nectar à côté de ce qu'elle faisait au village. Le sérieux et l'honnêteté qu'elle mettait au travail ont poussé sa patronne à lui confier d'autres tâches plus ardues.

« Je me souviens que je faisais la lessive, la cuisine, la vaisselle à n'importe quel moment de la journée jusqu'à 22 h » . Mais B. K. ne s'imaginait pas franchir la porte de la chambre de son patron à plus forte raison ranger le drap de son lit. L'adolescente de 13 ans acceptait tout ce qui lui était dicté par ses patrons ou leurs enfants.

Cette docilité de B. K. va tourner en cauchemar le jour où elle fut violentée sexuellement par celui qui l'a embauchée. Bilan de l'assaut : elle perd sa virginité. Tombée enceinte, la petite domestique est jetée à la rue sans autre forme de procès. Cette mésaventure de plus en plus arrive fréquemment dans des familles maliennes.

Ce qui est d'ailleurs confirmé par Mme Dembélé Oumou Diarra du Centre de santé de Garantibougou  : « Certaines se confient à moi. Elles affirment que l'enfant est l'œuvre de leur patron » .

Pourtant, la convention n°182 et la recommandation n°190 de l'Organisation internationale du travail (OIT) engagent les gouvernements à prendre un certain nombre de mesures pour éliminer les pires formes de travail et d'exploitation sexuelle des enfants.

Selon l'OIT, les Etats doivent prendre des mesures efficaces assorties de délai visant à éliminer les pires formes de travail des enfants sans renoncer à l'objectif à long terme, qui consiste, d'une manière plus générale, à éliminer le travail des enfants, à les soutenir et à les protéger… C'est justement pour cette raison que l' Ipec /BIT apporte un appui technique aux gouvernements pour mener à bien cette mission. A quand donc la lumière du jour ?

Amadou Sidibé

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ZONES CMDT

Contre-performance cotonnière en vue

La situation cotonnière cette année dans notre pays n'augure pas de bonnes perspectives pour les producteurs en raison de l'arrivée tardive des pluies. Alors qu'on s'attendait à une production de 477 000 tonnes, les prévisionnistes tablent désormais sur 300 000 tonnes.

La campagne agricole 2007-2008 a été caractérisée pour la première fois dans l'histoire de la Compagnie malienne du développement des textiles (CMDT) depuis 1974 par l'installation très tardive des pluies. Celles-ci ont accusé un mois de retard au niveau des zones cotonnières. Les quelques rares pluies enregistrées fin mai-début juin n'ont pas permis de préparer les lits de semis…

Pour cette raison, poursuit le chef de service de la production agricole de la CMDT, Abdoulaye Traoré, au 30 juin en matière de culture cotonnière, la CMDT était à 36 % du plan de campagne de coton, 24 % du plan de campagne du maïs, 27 % pour le mil et 21 % pour le sorgho en superficie semée. « Alors qu'habituellement, au 30 juin en zone CMDT, nous sommes entre 70 et 90 % pour toutes les cultures. Le mois de juin est le mois de semis par excellence » .

C'est finalement en fin juillet que les producteurs ont pu faire les semis. A cette date, ils étaient à 64 % du plan de campagne en matière de coton, 84 % pour le plan de campagne du maïs, 95 % pour le plan de campagne du mil et 98 % pour le sorgho.

D'une manière générale, indique M. Traoré, « en matière de coton, la moitié des superficies réalisées est en semis tardifs » , c'est-à-dire qui n'ont pas la potentialité de produire autant que les semis de juin. A l'en croire, il ne faut pas s'attendre cette année à un miracle en matière de coton pour ne pas dire que la situation cotonnière n'est pas reluisante. La production cotonnière est estimée à environ 300 000 tonnes alors que celle prévue était de 477 000 tonnes contre 620 000 tonnes en 2003 et 2004.

Des paysans boudent l'Or blanc

Les mêmes prévisions prévoyaient la réalisation de 462 600 ha en zone CMDT mais ce sont 296 600 ha qui ont été réalisés, soit 64 % du plan de campagne. Paradoxalement, cette baisse de production intervient à un moment où le prix du coton sur le marché mondial connaît une augmentation.

Si des contre-performances sont attendues dans la production cotonnière, il n'en est pas de même pour la production céréalière où des excédents sont prévus en zone CMDT, révèle le chef de service de la production agricole. « Dans certaines zones des cercles de Koutiala, de Bla … les producteurs n'ont pas semé une graine de coton » . Une situation qui se traduit par le découragement.

Au problème pluviométrique, se greffe un second phénomène non moins important : le surendettement des producteurs que notre interlocuteur attribue aux cours mondiaux du coton qui les contraint à fixer le prix à un niveau bas. Tant et si bien que les revenus seront dérisoires malgré le soutien de l'Etat en matière d'accès facile aux intrants.

La contre-performance cotonnière annoncée aura sans nul doute des incidences négatives. Le problème de surendettement des producteurs restera constant. A ce sujet, dit-on, la CMDT envisage d'organiser du 22 au 24 août à Ségou un atelier avec tous les partenaires pour examiner de fond en comble cette situation.

Les autres conséquences devront se traduire par l'arrêt de certaines usines et la non-utilisation d'une importante quantité d'intrants achetés pour la campagne. En perspective, c'est une production de 500 000 tonnes de coton qui est envisagée par la CMDT en 2008-2009.

Mohamed Daou

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A MAMADOU LAMINE TRAORE

A l'ami, au philosophe, au militant, à l'homme tout simplement…

Il était difficile de le suivre dans certains de ses cheminements intellectuels et psychologiques fort compliqués. Mais cela n'était point de la méchanceté chez lui.

J'ai connu Mamadou Lamine Traoré vers le milieu des années 1960. Nos chemins se sont croisés au lycée Askia Mohamed. Il appartenait à la promotion qui nous précédait en lettres classiques. Je me rappelle de ce jeune lycéen élancé déjà dont la démarche souple et allongée me faisait penser aux pas hésitants du caméléon qui scrute le terrain avant de s'y aventurer, comme s'il avait déjà à déchiffrer avec prudence les embûches de la vie.

Mamadou Lamine était d'une très grande timidité qui le rendait très peu communicatif. Pourtant, il savait quelques rares fois, être chaleureux avec ceux qui réussissaient avec beaucoup de peine à pénétrer dans son intimité. Il portait en lui des blessures profondes qui lui venaient certainement de son enfance. Quelque part la vie l'avait déjà blessé pour toujours.

Les coups qu'il allait prendre par la suite dans son combat militant, l'enlèvement et la bastonnade qui lui creva le tympan sous la dictature militaire, les exigences de la lutte clandestine, le conduisirent souvent à une prudence certes indispensable en la matière mais qui était souvent, à bien d'égards, excessive. Les déchirures brutales vécues au cours de la gestion du pouvoir, les luttes intestines et les séparations douloureuses avec bien de ses amis politiques de longue date, finirent certainement par exacerber sa susceptibilité, devenue au final presque maladive.

Mamadou Lamine se livrait peu. Il n'aimait guère parler de lui, des problèmes qui le taraudaient de l'intérieur. Bien de gens ont pris cela pour de la suffisance, voire de la méchanceté. Il était d'une certaine fragilité psychologique malgré sa grande expérience de militant politique. Il supportait mal la critique, voire la contrariété. Il avait tendance à prendre les divergences théoriques et autres comme de l'hostilité à l'endroit de sa personne. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de se réfugier dans la bouderie, le temps de cuver son amertume.

Cela lui joua des tours lorsqu'il eût à assumer des responsabilités importantes. Il lui arriva de refuser de recevoir certains de ses amis politiques d'antan en raison des divergences qui les séparaient. Des revendications et des grèves syndicales ont été perçues comme étant des attaques contre lui alors qu'il était ministre. Sa susceptibilité l'amena parfois à exercer des représailles administratives inutiles contre des agents placés sous son autorité. Ce qui contribua à compliquer ses relations de travail, voire ses relations personnelles avec bon nombre de gens.

Tel était l'homme qui était d'un abord difficile. Il était difficile de le suivre dans certains de ses cheminements intellectuels et psychologiques fort compliqués. Mais cela n'était point de la méchanceté chez lui. C'était sa façon à lui de se protéger contre les agressions extérieures. C'était presque contre lui-même qu'il se battait. Il m'est quelquefois arrivé de lui reprocher ses bizarreries chaque fois qu'il accédait à des postes de responsabilité. Il devenait alors froid et distant, voire encore plus mystérieux.

Il lui arrivait de changer aussitôt le numéro de téléphone qu'il te donnait la veille. Un jour, il m'avait demandé de le rencontrer durant le week-end, mais il ne fût pas au rendez-vous. Il ne m'en prévint pas et ne s'en excusa pas après. Quand je le revis, je lui en fis vivement le reproche, en termes très durs. Il marmonna quelques excuses que j'ai rejetées sans ménagement, comme à l'accoutumée entre nous. Il accusa le coup et je sentis dans son regard comme un appel à l'aide doublé d'une immense amertume. Un instant, il voulut se livrer mais sa timidité excessive et son amour propre exacerbé lui fit garder le silence. J'ai regretté par la suite ma dureté et de n'avoir pas su lui tendre la perche.

Par la suite, nous nous rencontrâmes lors d'un séjour à l'étranger. Il me dit alors en plaisantant qu'il fallait une pareille occasion pour que nous puissions parler tranquillement. Nous n'étions pas toujours d'accord. Nos relations même lorsqu'elles étaient tendues continuaient d'être empreintes d'une estime réciproque. Il appréciait ma franchise, me disait-il souvent. Il me savait sans arrière-pensée, sans calcul. Je le prenais tel qu'il était et il en faisait de même.

Notre estime réciproque remonte à la période de la clandestinité. Certains camarades m'invitaient souvent à me méfier de lui et l'accusaient à tort d'être un agent de renseignement du régime. J'ai toujours gardé en moi ces instants où il était resté l'un de mes rares contacts à un moment où j'avais plongé dans la clandestinité la plus totale alors que bien d'autres camarades me fuyaient de peur d'être mal vus du régime. Aussi les sentiments forgés dans les moments difficiles restent tenaces.

Au fond de moi, j'ai toujours gardé le souvenir de nos rencontres furtives crépusculaires et nocturnes partout et n'importe où. Il surgissait à l'improviste et je faisais les vérifications d'usage pour déjouer d'éventuelles filatures avant de l'aborder. Il me mettait au courant de la situation qui prévalait et recueillait mon avis. Il fût d'une loyauté exemplaire à mon endroit et je le lui rendis en bien d'occasions, surtout à des moments où il était lui aussi au creux de la vague.

Je me souviens des années communes passées au lycée de Markala où nous étions tous deux jeunes professeurs de philosophie. Un jour, un de ses élèves emporté par son élan, pénétra soudainement dans la salle où je faisais cours. Il s'excusa et m'expliqua qu'il tentait d'entrer en classe avant le professeur car une fois la porte franchie, Mamadou Lamine n'acceptait plus aucun élève. Je lui ai rapporté après l'incident et nous en rîmes joyeusement. C'était comme un jeu pour lui. La différence d'âge avec nos élèves n'était pas énorme. Nous avions presque le même âge et certains étaient parfois plus âgés. Ils devaient se poser bien de questions sur les « bambins » qu'on leur avait envoyés comme professeurs.

L'attitude de Mamadou Lamine était comme un test de crédibilité personnelle. Il fallait se faire respecter dès le départ. Il me disait qu'il faisait exprès d'accélérer les pas pour les faire courir et les défier. Les élèves l'avaient surnommé Héraclite et moi je reçus le nom de Démocrite, deux philosophes de l'Antiquité grecque. C'était leur façon à eux de parler de nous sans que nous ne le sachions.

Nous faisions semblant de n'être au courant de rien alors que nous savions tout de leur stratagème. L'atmosphère à Markala était si studieuse et cordiale qu'il nous arrivait de donner des cours même les week-ends. Les classes étaient souvent remplies d'autres élèves qui venaient par curiosité « visiter » la philosophie et peut-être ces curieux « spécimens » de professeurs de philosophie qui sortaient des normes habituelles. Nous donnions régulièrement des conférences et les débats étaient fort intéressants. L'atmosphère était à l'enthousiasme et les résultats de nos élèves au bac qui souvent tenaient l'affiche des résultats nationaux, nous comblaient de satisfaction.

Rationalité époustouflante et instincts parfois sommaires

Ce fut à l'EN Sup que nos rapports devinrent plus étroits. A plusieurs reprises, il tenta de me faire intégrer son organisation politique clandestine. J'ai toujours décliné l'offre bien qu'à l'époque, existaient entre nous de grandes convergences quant à l'analyse politique de la situation et des tâches à entreprendre. Nos échanges étaient fréquents. A plusieurs reprises, il m'avait mis en garde contre Alpha surtout lors de notre collaboration à Jamana.

Après la prise du pouvoir par l' Adéma , quand je le vis fréquemment en confidence avec lui je lui ai rappelé et retourné sa mise en garde. Après leur clash, il devint encore plus amer et vivait très mal que ceux qu'ils considéraient comme proches puissent continuer à collaborer avec lui. Ce qui occasionna de nouvelles ruptures jusque dans ses relations les plus intimes. Cependant, entre nous, malgré tout, il n'y eut jamais de rupture. Nos relations restèrent au fond amicales et surtout empreintes de sincérité et de loyauté.

J'ai toujours reconnu en lui l'homme de conviction malgré nos divergences. Il eut le courage et l'honnêteté de quitter l' Adéma à un moment où il était presque au sommet du pouvoir. Il n'était plus d'accord et il avait choisi de s'en aller. Peu de gens sont capables d'un tel geste, surtout par les temps qui courent. Pour ma part, ce fût une erreur tactique de sa part mais il lui reste largement le mérite de la rupture au nom de ses convictions. Il ne voulut jamais faire marche arrière et là, aussi, il faut saluer l'homme de principe.

Sa présence dans le gouvernement ATT fut interprétée différemment. C'était un choix qu'il avait fait en toute connaissance de cause et qu'il avait décidé d'assumer. Il a souvent été critiqué et insulté pour cela. Mais il était largement au-dessus de ceux qui le couvraient d'opprobre. Il m'a paru blessé par tant de haine et d'incompréhension, ce qui devait le conduire à s'enfermer d'avantage en lui-même. Il vivait comme un homme assiégé et cela avait probablement joué négativement sur son état général de santé.

Mamadou Lamine était un mélange de rationalité époustouflante et d'instincts parfois sommaires. Il savait trouver des formulations flamboyantes en certaines occasions, comme lorsqu'il parla des  « frelons qui avaient envahi la ruche » pour justifier son départ de l' Adéma . Alors éclatait le génie du philosophe. La luminosité de son immense culture et le talent du polémiste jaillissaient lors de ses répliques cinglantes.

Il réagissait avec ses « tripes » quand il était au bord de l'étouffement, voire de l'écœurement. Ainsi il a dit publiquement qu'il lui fallait s'en aller après tous les « coups tordus » dont il fût victime ou « mourir » .

Je n'ai jamais tenté de le voir pendant sa maladie car je ne voulais pas garder de lui l'image de sa déchéance physique. Certains ont tenté de forcer sa porte parfois dans une sorte de voyeurisme morbide. Faute d'y réussir, on le combla de bien d'insanités. Je sentais la tragédie qui était la sienne. Il avait le droit de préserver son intimité surtout à un tournant aussi dramatique, si telle était sa volonté. Pourquoi tant de harcèlements et de méchancetés en son endroit alors qu'il livrait sa dernière bataille terrestre que visiblement il savait perdue d'avance ?

Le combat que l'on livre contre la mort est et restera toujours, quoi qu'on fasse, une aventure personnelle, indicible, impossible à partager, la plus grande des tragédies humaines. Le face-à-face avec la mort reste terrible même pour un philosophe, même s'ils y sont des fois mieux préparés que le commun des mortels. Le philosophe sait mieux que quiconque boire la ciguë de l'existence. Il sait boire la mort avec le souffle de la vie. En témoigne le don de sa bibliothèque personnelle à la Flash et l'EN Sup qui nous fait largement entrevoir autant le drame existentiel qui était le sien que la foi aux lumières du savoir et de la sagesse. Ce fut le triomphe du philosophe sur la vie et sur la mort et ce par-delà le bien et le mal.

Dors en paix, cher ami ! Que ton corps puisse s'intégrer pour toujours à cette terre dont tu as souvent, plus que d'autres, interrogé les signes à la recherche des mystères de l'univers et des drames de l'existence humaine.

Adieu le philosophe, toi qui nous as donné à travers l'exemple de ta vie et de tes combats, des raisons d'espérer en une humanité meilleure malgré les pourritures et les tragédies du moment.

Comme l'oiseau de Minerve, ton âme d'Initié après s'être désaltérée dans les eaux de l'oubli du Léthé, a déployé ses ailes silencieuses en direction de l'Infini et de l'Eternité…

Issa Ndiaye

( professeur de philosophie à la Flash)

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CAN DE BASKET-BALL

Les Aigles dans le groupe B

Le tirage au sort des groupes pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations ( Can) masculine de basket-ball « Angola-2007 », effectué il y a quelques semaines au Caire (Egypte) au siège de Fiba Afrique, a placé les Aigles du Mali dans le groupe B.

Les matches de la Coupe d'Afrique des nations (Can) de basket-ball masculin poules se joueront du 17 au 18 août et prendront fin le 19 août 2007.

Le groupe A, basé à Benguela, se compose de l'Angola, du Cap-Vert, du Rwanda et du Maroc. Le groupe B, dans lequel figure notre pays, est à Lubango . Il est constitué outre du Mali, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et de l'Egypte. Quant au groupe C, basé à Huambo, il mettra aux prises le Nigeria, la RCA, le Libéria et la RDC. Le groupe D, à Cabinda, renferme la Tunisie, le Cameroun, l'Afrique du Sud et le Mozambique. Ce dernier pays a remplacé au pied levé l'Algérie.

Les Aigles, en stage de préparation à Chalons en Champagne près de Reims (France), rallieront leur base de Lunbango via Luanda dans les quarante-huit heures. Ils entreront en compétition ce vendredi face à l'Egypte et lendemain (le samedi 18 août), ils croiseront le fer avec le Sénégal avant de boucler la boucle face aux Eléphants de Côte d'Ivoire dimanche.

Pour la campagne angolaise, l'entraîneur français des Aigles, Francis Channeux , sera assisté de Sékou Tamboura « Serge ». Le coach malien a fait confiance au groupe qui a participé aux Jeux africains d'Alger en y ajoutant quatre nouvelles recrues, à savoir : Nouha Diakité (France), Soumaïla Samaké (USA), Ousmane Cissé (Israël) et Salif Niangadou (Sénégal).

Boubacar Diakité Sarr

 

Liste des joueurs

Modibo Niakaté , Nouha Diakité, Mahamadou Dramé, Lassana Sylla, Tahirou Sané (France), Sory Diakité (Arabie Saoudite), Bassékou Diallo (Qatar), Wali Coulibaly, Namory Diarra (Stade), Paul Dakouo , Aly Badara Sanogo (Algérie), Mohamed Tangara, Modibo Diarra, Soumaïla Samaké (USA), Salif Niangadou (Sénégal), Lamine Diawara (Syrie), Ousmane Cissé (Israël).

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

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