L'Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice ( Adéma /PASJ) a perdu quatre députés pour fraudes électorales. Mais c'est la non-réélection du président de son groupe parlementaire, Moustapha Dicko dans son fief de Douentza , qui chagrine le plus le parti de l'Abeille.
L' Adéma /PASJ avait remporté le scrutin dans les circonscriptions électorales de Koulikoro, Goundam et Tombouctou. Mais elle a finalement perdu ses élus après l'examen des différentes requêtes en annulation formulées par des partis politiques ou candidats indépendants. La Cour constitutionnelle a conclu que le scrutin, dans les circonscriptions de Koulikoro, Goundam et Tombouctou, a été émaillé de fraudes et a procédé à l'annulation et au réaménagement des résultats du scrutin. Ainsi, l' Adéma perd quatre députés.
Cette « saignée » ne semble pas émouvoir outre mesure le parti qui reste toujours la première force à l'Assemblée nationale avec 51 députés. « Nous constatons que l' Adéma a perdu quatre députés et nous en prenons acte » , indique Marimantia Diarra , secrétaire général de l' Adéma qui regrette que son parti « n'a pas obtenu de député à Kéniéba , Ansongo et surtout Douentza ». Dans cette dernière circonscription, la liste Adéma était conduite par le président du groupe parlementaire l'honorable Moustapha Dicko . Cette défaite reste une arête dans la gorge de la formation dirigée par Dioncounda Traoré
PARTENARIAT ACP-UE
Le Mali peaufine sa liste des produits sensibles
Le comité national de suivi des négociations APE a réuni hier, les représentants de départements ministériels, du secteur privé et de la société civile pour examiner et adopter la liste provisoire des produits sensibles et spéciaux du Mali. Les productions agricoles et industrielles figurent en tête de liste du Mali.
Cet exercice, c'est-à-dire la détermination des produits sensibles et spéciaux, est l'une des étapes importantes de la 2e phase des négociations entre les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l'Union européenne. Selon le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moussa Diakité, « il s'agira, à travers ces choix, de minimiser les coûts de la libéralisation des échanges entre l'Afrique de l'Ouest et l'UE non seulement du point de vue finances publiques mais aussi et surtout le choc du point de vue économique » . La détermination de ces produits dits sensibles vise donc à minimiser les pertes de recettes fiscales, estimées à une vingtaine de milliards par an pour le Mali et à protéger les secteurs de production vulnérables.
Si l'Union européenne s'engage à ouvrir ses marchés à tous les produits sauf le sucre et le riz, jusqu'à une période transitoire, le Mali veut garder le monopole des produits pourvoyeurs de plus de 100 millions de F CFA de recettes par an au niveau du cordon douanier. Et conformément aux ateliers de Dakar et de Ouagadougou sur les critères de détermination des produits sensibles, notre pays, dira le président du comité Ibrahim Boubacar Bâ, a mis l'accent sur les produits agricoles et alimentaires dans le cadre de la sécurité alimentaire ainsi que les productions industrielles.
Trente-deux produits et dérivés
Au nombre des produits sensibles et spéciaux du Mali soumis à examen figurent les espèces domestiques (coq, canard, oie, dinde, pintade…), les viandes des animaux de l'espèce bovine, le lait et crème de lait, non concentrés ni additionnés de sucre ou d'autres édulcorants, les pommes de terres à l'état frais ou réfrigéré, les oignons, échalotes, poireaux et autres légumes alliacés, le maïs, le riz, l'huile de soja et ses fractions, les huiles de tournesol, de carthame ou de coton et leurs fractions, sucres de cannes ou de betterave et saccharose, pâtes alimentaires, alcool éthylique non dénaturé d'un titre alcoométrique volumique de moins de 80 %, eaux de vie, liqueurs et autres spiritueux.
Sur les produits industriels, on note les peintures et vernis à base de polymère synthétique ou naturelle, les fils de coton (autres que les fils à coudre), les tissus de coton contenant au moins 85 % en poids de coton, d'un poids n'excédant pas 200 g/m2, les tissus de fils de filaments synthétiques et artificiels, les tissus de fibres artificielles, les sacs et sachets d'emballage, piles et batteries de piles électriques, les sommiers, etc.
Ces propositions, s'ils sont adoptés au Mali, seront soumises à la Cédéao , dans le cadre des négociations globales, pour agrégation au cours d'un atelier régional prévu à la fin de septembre 2007.
Déjà, l'UE, aux dires du chef de la Commission européenne au Mali, S. E. Mme Irène Horejs , a prévu des mesures compensatoires pour combler les déficits des recettes douanières, soigner l'environnement des entreprises africaines pour les rendre plus attractives et ajuster l'appareil de production pour le rendre beaucoup plus compétitif.
Sidiki Y. Dembélé
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RECONNAISSANCE DE DIPLOMES
Cacophonie au sommet de l'Etat
Les écoles de formation professionnelle au niveau du supérieures pullulent au Mali depuis un certain temps. Elles sont agréées par le ministère de l'Education nationale, mais leurs diplômes ne le sont pas. L'Institut des sciences politiques, des relations internationales et de la communication (Ispric), qui a récemment gagné un procès contre l'Etat, peine à faire reconnaître les siens.
Le combat des écoles privées supérieur demeure celui de la reconnaissance de leurs diplômes par l'Etat. Le paradoxe est que ces écoles, qui ont pignon sur rue dans notre pays depuis une décennie, ont été toutes autorisées par le ministère de l'Education nationale. Ce même département refuse pourtant de reconnaître leurs diplômes, condition sine qua non de la participation de leurs sortants aux concours d'intégration à la fonction publique.
Un autre paradoxe est qu'au moment où les étudiants réguliers ne sont pas autorisés à se présenter aux concours organisés par l'Etat, des fonctionnaires qui prennent des cours dans ces établissements sont automatiquement reclassés par décision du ministre de la Fonction publique.
Le cas de l' Ispric , un établissement d'enseignement supérieur, qui n'est d'ailleurs pas le seul, illustre parfaitement l'injustice de l'Etat et même son refus à respecter ses propres textes. Cet établissement, situé à la Cité Unicef à Niamakoro , a vu le jour courant 1999 et autorisé par arrêté du ministre de l'Education n°000945/MEG/SG du 30 mars 2000. Des jeunes bacheliers ou diplômés équivalents y sont formés en même temps que des agents de l'Etat et autres travailleurs qui veulent décrocher des diplômes supérieurs dans des domaines comme le droit, les relations internationales, la communication ou les sciences politiques.
Le ministère de l'Education justifie son refus par le fait que « seuls peuvent se présenter aux concours de la fonction publique, les étudiants régulièrement inscrits dans une structure de formation de l'Université et ayant suivi avec assiduité durant l'année les travaux dirigés et les travaux pratiques » .
La Cour suprême bafouée
Pourtant, pour les fonctionnaires émargeant au budget d'Etat ou même les agents de services parapublics, le problème ne s'est jamais posé s'agissant de la reconnaissance de leurs parchemins. Aussitôt qu'ils bouclent leur cycle de licence, de maîtrise ou de DEUG, ils sont automatiquement reclassés par leurs services employeurs avec l'accord du ministre de la Fonction publique. Plus d'une trentaine de fonctionnaires des ministères des Finances, de l'Administration territoriale, de l'Education, des agents de la douane, de l'INPS, de la Sotelma , etc., formés soit à Technolab-Ista soit à l' Ispric , ont été reclassés dès 2005.
Le cas le plus récent concerne un agent de la direction du protocole de la République, titulaire d'un diplôme de droit public de la session de juin 2006 de l' Ispric , régularisé professeur titulaire de l'enseignement secondaire au grade de 3e classe 2e échelon (indice 376) à compter du 1er octobre 2006. Il était avant cette formation maître principal de 3e classe 6e échelon (indice 309).
Les portes de la fonction publique continuent d'être fermées aux diplômés réguliers dont la motivation est d'avoir les aptitudes professionnelles pour compter sur un emploi. Les écoles professionnelles ont frappé en vain à toutes les portes. L' Ispric a fini par explorer la voie judiciaire. Il a assigné le ministère de l'Education nationale devant le Tribunal administratif de Bamako qui avait déclaré son recours « non fondé ».
La section administrative de la Cour suprême, saisie en appel, a annulé le jugement n°114 du 24 décembre 2003 du Tribunal administratif pour incompétence. L'arrêt n°24 du 18 mai 2006 de la Cour donne droit à la requête de l' Ispric relative à la participation de ses étudiants aux différents concours organisés par l'Etat.
L'arrêt de la Cour suprême est jusque-là ignoré par l'Etat qui refuse de l'appliquer. Pour preuve : le dossier des étudiants de l' Ispric n'a pas encore été accepté aux derniers concours de recrutement dans la fonction publique.
Abdrahamane Dicko
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