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2007

Mois d'août

Les Echos du 13 août

IL FAUT LE DIRE

Ordre contre Ordre

Il est interdit de tomber malade ces jours-ci ou alors il faut avoir des moyens suffisants pour se soigner ; les professionnels de la santé, choqués par l'arrestation de deux des leurs, ayant décidé de laisser en rade malades hospitalisés, patients partis en consultation et blessés. Même les défunts n'ont plus « droit » au séjour momentané à la glace de la morgue avant le froid du repos éternel. Allah Akbar !

A l'origine de cette « grève » sauvage, une plainte de l'Ordre des avocats, qui veut en savoir plus suite au décès « suspect » d'un de ses membres. Les avocats sont fâchés, les médecins aussi. Mais, Ordre contre Ordre, ça fait bien désordre. Toutefois, c'est le citoyen lambda qui paye les « pots cassés » car la solution de rechange, c'est-à-dire la réquisition des médecins militaires, est loin de résorber la demande. Conséquence : les Maliens, qui ont déjà du mal à survivre, souffrent le martyre s'ils ne meurent pas comme des mouches.

Cette situation, comme une autre il n'y a pas longtemps, découle en réalité de notre propension à outrepasser les barrières placées par nous-mêmes pour nous maintenir sur les rails. Si les médecins sont réellement un ordre avec un règlement intérieur, ne fallait-il pas traduire les praticiens soupçonnés devant leur conseil de discipline qui, certainement, a des paliers de sanctions et à la suite de quoi la justice pouvait intervenir ? Hélas !

La condamnation récente d'un enseignant par la justice au mépris des règles qui régissent l'éducation nationale a sûrement inspiré la démarche des avocats. Mais il y a nécessité d'éviter la confusion si l'on veut vraiment progresser sinon, très rapidement, le Malien pourrait devenir un loup pour le Malien. Il faut que nous arrêtions de penser à nos seules personnes au profit de la communauté. Il faut que l'expression de l'esprit de corps ne soit pas en déphasage avec l'intérêt général…

Tout cela ne saurait pourtant dédouaner le comportement du corps médical, dont chacun des membres doit avoir constamment à l'esprit le serment d'Hippocrate, qui l'oblige précisément à se sacrifier pour soulager la souffrance des hommes en toutes circonstances de temps et de lieu, tout en respectant leur dignité et à garder secrètes les informations recueillies auprès d'eux.

Ayez donc pitié de ces enfants prématurés qui ont besoin de votre aide si précieuse ! Ayez pitié de ces vieilles personnes qui n'attendent que la mort mais qui ont aussi besoin que vous les accompagniez pour passer dignement l'épreuve fatidique ! Ayez pitié de ces malades qui doivent recevoir leurs doses d' ARV à des moments précis… ! Alors reprenez vite le travail afin que la blouse blanche ne soit pas aux yeux de la population la couleur du deuil.

A. M. T.

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COUR CONSTITUTIONNELLE

Aveux d'impuissance

Dans une cérémonie marathon qui a démarré avec six heures de retard, la Cour constitutionnelle a enfin rendu son arrêt sur les résultats des législatives du 22 juillet 2007, dans la nuit de vendredi à samedi 11 août 2007. En procédant à des annulations et réaménagements de voix qui ont profité à des partis ou candidats indépendants, le président de la Cour s'est contenté de constater des fraudes et autres irrégularités.

Au sortir de la présidentielle du 29 avril 2007 et du 1er tour des législatives du 1er juillet 2007, la Cour constitutionnelle avait systématiquement rejeté toutes les plaintes relatives aux cas de fraudes et autres formes d'irrégularités allant jusqu'à dire que ce ne sont pas des motifs constitutifs d'annulation de résultats ou de vote.

Ces rejets en bloc des recours n'avaient pas indigné que leurs seuls auteurs. L'opinion publique était elle aussi sidérée par le fait que la Cour constitutionnelle venait de créer une jurisprudence dangereuse en matière de contentieux électoral dans notre pays en ouvrant un boulevard à la fraude.

Le président de la Cour constitutionnelle, Salif Kanouté , a donné raison à ceux qui ne cessent de jeter l'opprobre sur son institution. Avant même de commencer à lire l'arrêt de validation des résultats du 2e tour des législatives, les propos liminaires tenus par le président Kanouté constituent un aveu de taille.

Comme pour faire avaler à qui de droit l'arrêt qui allait être rendu public, le président de l'honorable Cour a cru bon de donner en dix minutes un cours magistral de droit privé en matière de preuve. Il a exploré les différents compartiments de la preuve qui vont de l'aveu au témoignage en passant par le flagrant délit. Il a aussitôt expliqué qu'il n'avait pas la preuve formelle de tous les recours compte tenu du temps dont il dispose et que certaines plaintes relatives aux dérapages dans les campagnes devaient être formulées en amont, pendant les campagnes.

« Je ne comprends pas que ceux qui sont chargés au niveau des bureaux de vote, pour travailler dans un délai maximal, acceptent de procéder à des falsifications de chiffres, à des inversions de chiffres. Je ne comprends pas que les présidents des bureaux de vote, qui jouissent de la confiance de l'Etat et des autorités, acceptent de chasser les délégués des partis politiques, ceux-là mêmes qui traduisent la transparence des élections (…)  » .

Ce discours du président Kanouté , à la fin de la cérémonie de proclamation officielle des résultats à 4 h 15 du matin, sonne comme un aveu d'impuissance et aiguise davantage les soupçons d'une frange importante de l'opinion publique encline à penser qu'il vaut mieux réformer l'institution surtout pour ce qui est de sa saisine en matière de contentieux électoral.

La Cour, seule habilitée à connaître des litiges électoraux pour l'élection du président de la République et des députés, existe normalement pour dire le droit. A partir du moment où son président met le doigt sur ce qu'il appelle fraude, achat de conscience, violences, il n'avait qu'à sévir de tout son poids. Tout le reste n'est que superfétatoire. Au lieu de donner des leçons à l'homme malien pour la moralisation de la vie politique, la Cour constitutionnelle aurait mieux fait de sortir le bâton de la coercition depuis le scrutin du 29 avril. L'institution doit s'en prendre à elle-même en se remettant en cause sur ce qu'elle a fait pour empêcher la dépravation des mœurs électorales.

Pour avoir fermé les yeux sur ces genres d'irrégularités depuis un certain temps, elle ne fait qu'accentuer le phénomène. La conséquence est grande pour notre peuple. Au lieu de participer impuissants à ces simulacres d'élections, des citoyens boudent de plus en plus les urnes pour ne pas servir de faire-valoir à des cooptations qui ne disent pas leur nom. Le taux de participation se réduit comme peau de chagrin scrutin après scrutin. Le coupable ? Suivez mon regard.

Abdrahamane Dicko

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RESULTATS DEFINITIFS DES LEGISLATIVES

L' Adéma /PASJ perd dans trois localités

Les résultats définitifs du 2e tour des élections législatives ont été proclamés samedi matin par la Cour constitutionnelle. L' Alliance pour la démocratie/Parti africain pour la justice et la solidarité ( Adéma /PASJ) qui avait remporté le scrutin à Koulikoro, Goundam et Tombouctou, a perdu ses élus pour raison de fraudes électorales.

Les neuf membres de la Cour constitutionnelle, organe qui statue sur la validé des opérations électorales, ont proclamé au petit matin du samedi 11 août les résultats définitifs du second tour des élections législatives tenues le 22 juillet.

Plus de 250 requêtes en annulation des résultats de vote pour fraudes électorales dans certaines circonscriptions avaient été adressées à la Cour. A l'examen de ces différentes requêtes, elle a procédé à l'annulation des résultats dans trois localités. Il s'agit notamment des résultats dans les circonscriptions électorales de Koulikoro, Goundam et Tombouctou.

Selon les résultats définitifs provisoires du ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, l' Adéma /PASJ avait remporté l'unique siège de Tombouctou. Ce siège est revenu à l' US-RDA . A Goundam , l' URD et l' Adéma perdent au profit des indépendants. A Koulikoro, les deux sièges sont revenus au Cnid /Fyt aux détriments de l' Adéma .

Malgré la perte de 4 députés, l' Adéma reste toujours la première force politique à l'Assemblée avec un total de 51 députés. Elle est suivie de l' URD qui obtient désormais 34 députés, du RPM (11), du MPR (8) et du Cnid qui a 7 députés.

A l'analyse des résultats et en termes d'alliance, on s'aperçoit que l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), la mouvance présidentielle, détient la majorité écrasante avec 113 députés sur les 147. Le Front pour la démocratie et la République (FDR) et les indépendants arrivent à égalité avec 15 députés chacun. La Sadi , parti à tendance centriste, a 4 députés.

Comme la législature précédente, les femmes font un score honorable, car elles seront 15 au total dans la nouvelle Assemblée qui est convoquée par décret présidentiel à la session extraordinaire le 3 septembre prochain.

A cette date, les élus vont procéder à l'élection d'un nouveau président de l'Assemblée nationale, à l'élaboration du règlement intérieur, à la formation des différents groupes et commissions parlementaires.

Denis Koné

 

Nombre de députés obtenus par parti

Adéma  : 51

URD : 34

Indépendant : 15

RPM : 11

MPR : 8

Cnid : 7

Sadi : 4

Parena : 4

UDD : 3

Miria : 2

PSP : 2

Barica : 2

Bdia : 1

PCR : 1

RND : 1

US-RDA  : 1

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ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE

Interrogations et inquiétudes avant le 31 décembre

A quatre mois de la date butoir de signature des A ccords de partenariat économique entre les pays Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l'Union européenne et de leur entrée en vigueur, de sérieuses interrogations et inquiétudes planent, tant du côté des ACP que de l' UE . Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S . E . Moctar Ouane , a, au cours d'un d é jeuner de presse jeudi, tenté d'apaiser les esprits en faisant le point des négociations.

Les négociations des Accords de partenariat économique entre les ACP et l'UE qui ont été lancées le 6 octobre 2003 à Cotonou devront, en principe, connaître leur épilogue le 31 décembre prochain.

Déjà, de sérieux doutes planent sur la signature de ces accords, notamment du côté des pays ACP qui souhaiteraient une troisième dérogation. Sera-t-elle accordée par l'UE ? En attendant la réponse à cette question, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S. E. Moctar Ouane , entouré du chef de la délégation de la Commission européenne, de l'ambassadeur du Mali en Belgique et de son conseiller technique Boubacar Ballo, s'est entretenu, jeudi dernier avec la presse, sur le point des négociations, les espoirs et inquiétudes qu'elles suscitent dans la sous-région .

Où en est-on au juste avec ces fameuses négociations ? Le ministre Ouane ne passe pas par quatre chemins : «  Il y a des points de convergence notamment l'adoption d'une feuille de route par les deux parties le 4 août 2004 à Accra, la mise en place et l'adoption des rapports des groupes thématiques conjoints, le lancement simultané des négociations de la deuxième et de la troisième phases qui portent sur l'architecture et le projet de texte de l'Accord, négociations sur la libéralisation des échanges et conclusion de l'APE. La principale difficulté réside dans la volonté de l'UE à s'en tenir au délai butoir du 31 décembre 2007 pour la signature de l'Accord » .

En clair, les négociations ne sont pas avancées à souhait puisqu'il n'y a pas d'offres de libéralisation de part et d'autre, chaque partie voulant sauvegarder ses intérêts. Les pays ACP, au regard des résultats de certaines études sur les impacts des APE, grincent les dents quant à leur issue.

Des pertes de 16 à 28 milliards de F CFA

Des inquiétudes, aux dires du ministre, qui sont motivées par la baisse des recettes sur les finances publiques, l'aggravation du déficit commercial du pays qui se situait aux alentours de 13 % en 2004. Des études ont confirmé ces impacts estimés financièrement entre 16 et 27 milliards de F CFA de pertes par an pour le Mali.

Les préoccupations des confrères ont porté sur la possibilité d'un report, la liste des produits dits sensibles, etc. En réponse à ces questions, le ministre dira que l'Union européenne s'est engagée à mettre en place un Fonds régional destiné aux APE pour financer les coûts d'ajustement et autres mesures d'accompagnement. Et à S. E. Ouane de préciser : « Si ces accords ne rentrent pas en vigueur le 1er janvier 2008, il y aura un vide juridique. L'UE sera obligée d'appliquer aux ACP le principe de la clause de la nation la plus favorisée » . Pour ce qui concerne la liste des produits, un atelier d'examen se tiendra ce lundi pour adopter une liste définitive.

Toutefois, a expliqué le chef de la diplomatie malienne, le gouvernement, en vue de coordonner et de bien préparer sa participation aux dites négociations, a mis en place un comité national de suivi des APE. Ce comité est chargé d'examiner toutes les questions relatives aux négociations, d'élaborer les directives fixant la position du Mali au sein des instances de négociation, de préparer les décisions du gouvernement sur l'application des Accords et de veiller à leur exécution…

Sidiki Y. Dembélé

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MOUSSA KANE, PRESIDENT DE AICD

« Avec le CSPE, nous créerons 2000 emplois par an »

Pour réduire le chômage et lutter contre la pauvreté dans notre pays, l'Association des innovateurs pour le conseil au développement (AICD) vient de soumettre au gouvernement une idée originale : le crédit salarial pour la promotion de l'emploi. La mise en place de ce programme, explique le président de l'Association Moussa Kané , devrait permettre la création de 2000 emplois permanents chaque année. Interview.

Les Echos : Pouvez-vous nous présenter votre association ?

Moussa Kané  : L' Association des innovateurs pour le conseil au développement, créée il y a quatre ans, est une association de réflexion et de proposition d'idées. Elle vise aussi à sensibiliser, contribuer au développement de notre pays à travers des recherches et en émettant des idées. J'excelle dans ce domaine depuis onze ans et mes efforts ont déjà été couronnés par un diplôme honorifique que m'a décerné une ONG américaine.

Les Echos : Et l'une de vos trouvailles est le crédit salarial pour la promotion de l'emploi…

M. K. : Le crédit salarial pour la promotion de l'emploi (CSPE) est un programme quinquennal que nous voulons soumettre aux autorités et aux bonnes volontés. Il consiste à inciter l'employeur à employer le demandeur d'emploi tout en renforçant la capacité de son entreprise.

Les Echos : En quoi faisant ?

M. K. : Nous proposons à l'Etat de monter de bons dossiers pour les présenter aux bailleurs de fonds. Si le fonds est disponible, on le confie soit à l'ANPE ou à l' Apej qui va identifier 2000 demandeurs d'emplois. Si ceux-ci doivent avoir 75 000 F CFA par mois, le programme doit demander 9 milliards pour couvrir la totalité des salaires de ces jeunes pendant 5 ans.

L'innovation ici est que le programme commence par le demandeur vers l'employeur. Parce que si vous commencez par le sens inverse, il y aura trop de magouilles, d'entreprises fictives. Par exemple, lorsque les 9 milliards sont logés à l'ANPE, les demandeurs s'y rendront avec des dossiers et ils seront enregistrés sous un numéro CSPE qu'on mentionne dans une lettre avec le montant total du salaire de 5 ans, 4,5 millions de F CFA. C'est avec ce document que le demandeur va se présenter dans une entreprise où il désire travailler.

Un enseignant, par exemple, se présente avec cette lettre dans une école privée. Ils établissent entre eux un contrat de travail de 5 ans renouvelable qui sera envoyé à l' ANPE . Celle-ci, après vérification, co-signe et débloque les 4,5 millions sous forme de prêts à l'établissement en question. Avec cet argent, l'établissement va renforcer ses capacités en construisant une nouvelle salle, confectionner des tables bancs et payer le salaire de l'enseignant en question. Le minimum dans une classe est 40 élèves. S'il paye chacun 7500 par mois, cela fera 300 000 F que l'enseignant va apporter à l'école. Celle-ci va donc rembourser l'ANPE en raison de 75 000 F par mois.

Une autre innovation de ce programme est l'assurance prime de chômage. Sur son salaire, l'employé va verser 1000 F par mois à l'assurance. Quand l'entreprise tombe en faillite, l'assurance va payer à l'employé le tiers de son salaire jusqu'à ce qu'il trouve un autre emploi. Et le fonds du programme sera garanti par le fonds Gari de l' Uémoa .

Les Echos : Quelle est la finalité de ce programme ?

M. K. : Avec le remboursement mensuel, le programme va créer 40 emplois formels tous les mois. A la fin du programme, on aura 4000 emplois formels et des emplois indirects. Le fonds reste et il contribuera toujours à financer des demandeurs d'emplois. Nous avons déjà soumis l'idée à l'appréciation du gouvernement. Si nos autorités ont la bonne volonté de lutter contre le chômage, elles devront l'adopter. Si elles ne le font pas, je suis sûr que d'autres pays vont s'en accaparer. En tout cas, nous, on a fait notre travail.

Propos recueillis par

Sidiki Y. Dembélé

 

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 REACTION A SARKOZY

L'Afrique est déjà dans l'Histoire

J'ai suivi avec attention « le message adressé à la jeunesse africaine » à Dakar par Nikolas Sarkozy, président de la République française.

Ma réaction à ce discours commence par une mise au point. Monsieur Sarkozy dit : « l'Afrique refuse d'entrer dans l'Histoire » . Elle ne refuse pas d'entrer dans l'Histoire, elle refuse plutôt d'y rentrer car elle a déjà fait l'Histoire. Je vous invite à visiter, si vous ne l'avez pas encore fait, certaines œuvres d'un des plus brillants égyptologues de tous les temps : le savant africain Cheikh Anta Diop dont « Nations nègres et culture » et « Civilisation ou barbarie ».

Cette précision apportée, je me vois, hélas, obligé de vous donner raison sur certains points. L'Afrique refuse de rentrer dans l'Histoire en léguant au second rang ses esprits brillants, en marginalisant ses intellectuels, en tuant ses vrais patriotes ou en exploitant mal ses compétences intellectuelles et ses ressources naturelles.

L'Afrique ne grandira alors qu'elle continuera à s'infantiliser, à rester divisée, opposée, faits et comportements suscités et entretenus par ceux qui continuent de l'exploiter. Elle ne grandira tant qu'elle n'effacera pas ces frontières héritées de la colonisation en évacuant définitivement les contradictions internes et externes de ses « Etats ».

C'est vrai, l'Afrique refuse de rentrer dans l'Histoire quand elle reste sujette à la corruption, au népotisme, au gaspillage et à l'impunité. Il est inadmissible par exemple de voir dans un pays comme le Mali que des milliards de nos francs s'éclipsent sans qu'on ne lève le petit doigt, que le fonctionnaire s'enrichisse illégalement au vu et au su de tout le monde. Il est tout aussi immoral que paradoxal que dans un pays comme le nôtre, le représentant du peuple gagne en une journée ce que celui qu'il est censé représenter ne puisse économiser toute sa vie.

Oui l'Afrique ne sera pas au rendez-vous de l'Histoire tant que sa jeunesse ne se donne comme référent ce qui constitue le substrat de notre culture. Nous n'aurons rien à apporter au concert des nations tant que nous continuerons à plagier ce que les autres ont créé, protégé, voire exporté et imposé dans les domaines de la culture, de la civilisation et des religions. L'éminent historien africain Joseph Ki-Zerbo a eu raison de soutenir que nous ne pourrons nous en sortir tant que nous continuerons à dormir sur la natte des autres. L'Afrique devra s'inspirer de ses vraies valeurs et partir de ses propres réalités pour se développer.

Elle ne pourra mériter respect et considération que si elle reste elle-même, fière de son identité, de son passé. Passé glorieux à l'époque pharaonienne où elle illuminait le monde, brillait par ses références scientifiques et dominait par ses capacités militaires.

La vérité est ce qu'elle est, même si elle émane d'un certain Sarkozy, irrévérencieux et mégalomane qui, devant un public passif sénégalais applaudissant souvent ses malheurs, n'a pu cacher son penchant paternaliste, raciste et démagogique qu'on pouvait à souhait lire entre les lignes de son discours.

Moussa Mara , expert-comptable de son état, dans une réflexion parue aux « Les Echos » à la veille de la présidentielle française ne s'est pas trompé :  « l'Afrique aura besoin de l'électrochoc sarkozien pour sortir de son sommeil comateux » .

Cependant, la certitude vient encore de notre illustre historien JKZ qui, en préface à son livre  « A quand l'Afrique ? » paru aux éditions Jamana, écrit : « N'an laara , an saara » (si nous nous couchons, nous sommes morts).

Adama Konaté

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SARKOZY ET L'AFRIQUE

Admirations et inquiétudes

Rompre avec le passé, tout le passé, tant sur le plan de la politique intérieure que dans les relations internationales. Rompre avec la langue de bois dans les discours quelles que soient les circonstances jusqu'à être néo-lepéniste. La realpolitik, le pragmatisme qui frôle l'américanisme. Vive donc Sarkozy !

Vive donc Sarkozy pour avoir eu le courage de dire non à l'immigration clandestine. Car droite ou gauche, le cousin sarakolé ne s'est pas vu régulariser. Vive donc Sarkozy pour avoir défendu les intérêts français au sommet de l'Union européenne, au G 8. Oui, vive Sarkozy pour la nomination de Rama Yade . Car la France est noire. Une Rachida Dati . Car la France est arabe.

Pourquoi ne pas admirer l'homme qui teint un discours aussi éloquent et profond à Marseille. Si je ne me trompe son discours de clôture du 2e tour de la présidentielle dans lequel, il mit en évidence le rôle historique de l'Afrique, de l'Afrique blanche et noire, des tirailleurs dans le combat pour la France libre. Indiscutablement, Sarkozy est une chance pour la renaissance, voire le renouvellement de la classe politique française à l'image de Zapatero en Espagne. Avec Sarkozy, la France rompt le lien nostalgique de la royauté et de tout son corollaire. C'est aussi, le choix de la rupture avec le passéisme et guerres mondiales. La France épouse le siècle !

Oui ! Sarkozy a raison. La Somalie, la Centrafrique, La RD Congo, la Côte d'Ivoire, c'est des Africains qui se tuent. Les révisions constitutionnelles, les tripatouillages électoraux, « l' oppositionnisme  » de la contestation, c'est nous les hommes politiques, les intellectuels et quoi d'autres. La corruption, c'est nous. Voir le rapport du vérificateur pour le cas du Mali, l'Afrique qui refuse son unité pour des questions d'orgueil national.

Cependant, le discours tenu à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar par le chef de l'Etat français m'a donné des frissons. Et je commence à nourrir des inquiétudes. Est-ce que toute l'admiration que j'éprouve pour ce brillant esprit ira à vau-l'eau en si laps de temps ? J'ose ne pas y croire et penser que ce que j'ai entendu de la bouche de l'homme à propos du retard du continent africain se fera vite d'être révisé, corrigé. Je ne réagirai point en adoptant une attitude autarcique dans mon analyse pour ne voir qu'en mon peuple, beauté et bonheur ou tenir des propos véhéments à l'encontre d'une si grande personnalité qui mérite honneur et respect. N'est-ce pas cela une vertu de notre Afrique ?

Je suis de ceux qui pensent que le président français est à ses débuts. Qu'avec le temps, il comprendra. Il saura comme cet autre qui disait que la démocratie est un luxe pour le continent africain et auteur des premiers vols charters à grande échelle sur particulièrement le Mali. Qui parla de l'odeur des Noirs. Quand bien même, il nous revient de rompre avec la conspiration du silence et certainement apporter au discours l'autre analyse qui lui a manqué. Volontairement ?

L'Afrique et la colonisation

Indéniablement, l'on ne saurait limiter la colonisation aux réalisations d'écoles, de routes ou de centres de santé ? Ces réalisations n'ont pas été faites pour les Africains mais pour mieux atteindre le continent, mieux s'implanter, se soigner en soignant son environnement immédiat.

Rien ne nous dit que notre organisation sociale et nos valeurs sociétales ne nous feraient pas développer. Au regard d'une étude historique comparative de l'Afrique et de l'Europe les faits parlent : l'Egypte où séjourna Pythagore, Thalès et tant d'autres, les grands empires, l'industrie du fer des Matabélés, etc. Walter Rodney en a fait sa thèse : How Europe under developped Africa  ?

L'avantage de l'enfant français sur mon garçon est d'au moins 7 ans. En effet, ce dernier apprendra à comprendre l'alphabet à cet âge et s'il a la chance d'aller à l'école quand déjà, le fils de Jean en use. C'est à cause de la colonisation que la France dispose des jours, mois et années de dévaluation du F CFA. Chapeau au président Bongo pour sa mise en garde si jamais une prochaine dévaluation s'annonçait.

Colonisation, tu m'as enlevé ce qui fait de moi une nation : ma langue et mon économie. Quelle anomie ? D'accord donc que la France ne se repente pas. Mais d'accord que nous aussi éclatons les rires bananias sur tous les murs de France. Ce n'est pas la nostalgie ! C'est un fait historique qui explique la non-élection d'aucun Français de couleur au Palais Bourbon.

L'Afrique a tenu ses promesses : l'appel de Brazzaville, les troupes noires en premières lignes pendant la 2e Guerre mondiale à Lyon au nom de la « patrie française ». Et l'admiration de ma grand-mère pour de Gaulle malgré qu'il y ait eu Sétif, Antananarivo, Tiaroye . Non ! Tant que la France célèbre l'Armistice, le débarquement de Normandie comme élément de renforcement et non de division de l'axe Paris-Berlin , nous continuerons de dénoncer cette politique qui chosifia des peuples.

De la philosophie du monde paysan

L'observation d'un monde cyclique n'est pas un choix obstiné du paysan africain car les machines agricoles ne sont ni en sa possession, ni de son pouvoir d'achat. De là à lui dénier tout esprit critique est osé.

Et l'observation de la jachère, la maîtrise de l' évapo-rechauffement du sol que le berger peul du Macina observe pour décider de la traversée du fleuve à Diafarabé  ? Et il est nécessaire de rappeler le génie de Shaka et l'esprit stratège de Samory de la bouche de ceux qui les ont combattus ?

L'Asie des années 1960 n'était pas meilleure. Heureusement pour elle qu'elle a sa langue et sa monnaie malgré l'intrusion américaine. Et Mahatir , l'ex-Premier ministre malaisien avait trouvé la bonne réponse à Colin Powell qui demandait plus de démocratie à l' Aséan  : « Nous avons atteint ce développement grâce à nos valeurs culturelles ! »

C'est le lieu de rappeler la thèse du défunt Cheikh Anta Diop malien, le grand professeur (paix à son âme), Mamadou Lamine Traoré : pour une pensée philosophique africaine. Non : l'Afrique noire n'est pas mal parti, c'est les acteurs du développement qui sont mal partis.

Du rôle de la jeunesse dans la rupture

De mon point de vue, la jeunesse africaine toutes générations confondues a été et est résolument tournée vers l'avenir. Nous sommes loin d'être des passéistes et n'avons aucun complexe d'être francophones, anglophones, lusophones, et mêmes sinophones . En nous désormais vit la France et toutes les autres anciennes puissances coloniales. Qui refuse donc cette évidence ?

Les pères de la négritude étaient des jeunes. Césaire dénonçait déjà « les Antilles qui crient à côté de leur rire et qui rient à côté de leur cri » . Quel courage ! Senghor implore le pardon du Seigneur pour  « celui qui donne par la main droite et retire par la main gauche ».

Les combattants des deux guerres mondiales étaient des jeunes qui ont cru que la France était leur et espéraient sur des lendemains meilleurs pour leur peuple. Les étudiants africains ont porté haut la race noire dans les meilleures universités euro-américano-asiatiques . Ce n'est pas mon jeune frère qui était le seul Noir de la classe à Lyon 3 avec un professeur n°2 du Front national Goelnich qui me contredira.

Oui, c'est parce que la jeunesse africaine a tourné le dos au colonialisme, au misérabilisme qu'elle est descendue dans la rue en bravant les armes au Mali en mars 1991 et tout récemment en Guinée-Conakry , en Côte d'Ivoire devant l'hôtel Ivoire.

N'est-ce pas la jeunesse qui est en train de donner l'espoir à la Côte d'Ivoire grâce à Soro Guillaume et quelque part « les Jeunes patriotes » grâce à la médiation de Ouagadougou ? Là où Marcoussis échoua. Diandjo et autres chants de bravoure pour toi Blaise Compaoré  ! Une preuve de l'Afrique qui se prend en charge. Pauvre jeunesse africaine qui tend sa main à l'autre en empruntant la mer à la nage, qui se noie.

Pauvre Afrique aux espoirs non entretenus ! Sinon pourquoi Hortefeux voudrait lier l'aide au développement à la politique des Etats africains dans la lutte contre l'immigration clandestine étant donné que c'est la misère qui pousse à immigré ?

La rupture doit se matérialiser dans les faits, au-delà des discours. Appuyez nos politiques d'emploi des jeunes, de mécanisation de l'agriculture, de valorisation de nos terres de l'Office du Niger, le Nepad .

Les Etats-Unis qui n'ont connu le Noir que comme esclave donne naissance à Obama , Condolezza Rice , etc. Qu'attends-tu donc Grande France ?

« Du premier des Noirs au premier des Blancs » . C'était déjà une prise de conscience du Nègre. Le refus de ce peuple d'Haïti « où pour la première fois la négritude se mit debout. Pour dire, nous sommes les premiers à aspirer au changement car nous avons été, nous, ceux dont le dos à zébrures rouges dit oui au fouet de midi » . Toujours.

La grandeur de la France, c'est Liberté-Egalité-Fraternité pour tous les peuples car le mouvement social et historique qui l'a enfanté s'est donné un but noble. Cette devise se résume si bien dans ces propos de Danton devant le tribunal populaire, qui l'envoya à la guillotine : « Nous avons brisé la tyrannie des privilèges en abolissant ses pouvoirs auquel n'avait droit aucun homme. Nous avons déclaré que l'homme le plus humble de ce pays est l'égal du plus grand. Et nous confions au monde la responsabilité de bâtir l'avenir sur l'espoir que nous avons fait naître. Et cette aspiration, ce souffle pour les hommes, partout, en tous les lieux, cet appétit, cette soif de liberté. Jamais, rien ni personne ne pourra l'étouffer. Nos vies n'auront pas été inutiles, vécues en vain » .

Thierno Diallo

( professeur , directeur Pyramide du souvenir)

 

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BOUBACAR COULIBALY

Les chemins d'un globe-trotter

Boubacar Coulibaly a aujourd'hui presque 65 ans. Coulant une douce retraite dans la paisible Suisse, il a publié, en novembre dernier, le récit de sa riche et palpitante vie. L'œuvre, autobiographique, sans fiction ni vernis, intitulée De Tombouctou ou Lac Léman, est publié aux éditions L'Harmattan. Un ouvrage de plus de 300 pages qui sonne comme un témoignage en direct.

L'on dit souvent que le destin est la plus absurde des logiques. Boubacar Coulibaly ne peut le démentir car, en naissant à Barouéli, petite bourgade perdue, sans route asphaltée de la région de Ségou, sans eau courante ni électricité, l'auteur ne pouvait imaginer l'odyssée que serait sa vie. Même si, fils de fonctionnaire (son père Tigui Coulibaly, originaire de Ségou était receveur des postes), Boubacar pouvait espérer mieux que les enfants de paysans. Il a donc été à l'école comme tous les enfants de fonctionnaires. Une école qui, dès le début, ne lui plaira pas. Il y allait plus par routine que par amour. Il finira par devenir infirmier d'état spécialisé en chirurgie cardiaque après une formation à Hambourg, en Allemagne.

Mais, l'intérêt de l'ouvrage de Boubacar Coulibaly ne réside pas dans son itinéraire scolaire, académique ou professionnel. Parce que, dans ce livre, ce que l'on ressent immédiatement, c'est le refus total de l'auteur de se mouler, de prendre corps dans un itinéraire fixé d'avance, bref de devenir un petit fonctionnaire sans ambition, englué dans sa routine et façonné par des modèles sociaux immuables. Dès le départ, Boubacar sent, de manière inconsciente, naître entre lui et le Mali une relation d' amour - rejet .

Il aime son pays, sa terre natale, le siège de sa personnalité intrinsèque, mais il déteste profondément l'hypocrisie, le parasitisme social et surtout la méchanceté gratuite qui paralyse les relations humaines. Par exemple, jeune diplômé rentré fraîchement de France pour aider son pays dans le domaine sanitaire, l'auteur avoue presque immédiatement son écœurement face aux attitudes et comportements des miliciens du régime Modibo Kéita qui, à Mopti, n'ont pas hésité à humilier son père, notable et chef du bureau des postes. Boubacar est un homme qui, par ses origines qui remontent à Ségou et au Kaarta, de la lignée des Biton Coulibaly, se sent incapable de verser dans la flagornerie. Il n'est pas saltimbanque et ne le sera jamais. Difficile de faire carrière en Afrique sans se rabaisser !

Egalement, embauché à l'hôpital de Kati aux côtés du célèbre professeur Boubacar Sall , Coulibaly verra son travail (l'ordre, la discipline, la ponctualité, le respect des patients) faire l'objet d'un perpétuel sabotage de la part de fonctionnaires paresseux et incompétents qui ne trouvent leur salut que dans l'anarchie et le manque d'organisation. Cette relation amour-rejet avec le Mali le conduira à exercer son métier en Côte d'Ivoire, en Allemagne et enfin, en Suisse où, au sein de l'ONG Terre des Hommes, il trouvera provisoirement sa voie.

Boubacar Coulibaly n'a pas eu la vie facile, mais, dans son poignant récit, il se garde de sombrer dans le pathos et ne cherche nullement à attirer sur sa personne la pitié ou la concupiscence. Son premier drame est d'abord son rêve avorté de travailler pour le Mali. Lui, méthodique, honnête, ponctuel et intransigeant avec les principes comprend définitivement qu'au Mali, il ne sera jamais dans son élément. La douleur de l'exil naît de ce constat. Ensuite, à travers ses différentes pérégrinations, Boubacar Coulibaly comprend que l'exil, c'est renoncer à tout sans oser prétendre à quelque chose. Après, l'auteur narre fidèlement sa « conversion au christianisme ».

Il s'agit en réalité, d'une conversion à la religion puisque Boubacar Coulibaly, dans son récit, ne se définissait pas comme musulman, ne priait pas, ne jeûnait pas. Néanmoins, ce choix provoquera des déchirements avec ses parents, notamment son père Tigui Coulibaly, musulman convaincu qui ne voulait plus de lui dans sa famille. Il raconte comment feue sa sœur aînée, Bintou Coulibaly, « première femme officier de police du Mali » le chassera proprement de sa maison quand il se mit à la recherche d'un refuge.

Boubacar Coulibaly croira, à tort, avoir surmonté les phases les plus dures de sa vie, mais il lui reste d'autres encore plus dramatiques : la mort de ses parents, de sa sœur aînée puis, personnellement une greffe douloureuse du foie en Suisse suite à une cirrhose et le terrible accident de la route qui a arraché la vie à sa femme Jacqueline Maria et sa fille Jemima et provoqué l'amputation de la jambe de son fils aîné Noah.

Au fil des pages, le lecteur ne peut s'empêcher de se poser des questions : D'où l'auteur puise-t-il cette énergie incroyable qui lui permet de surmonter de telles épreuves ? De quelle carapace est-il constitué pour encaisser des coups aussi rudes ? Peut-être se dira-t-on, en faisant la balance de sa vie, il a eu une enfance merveilleuse auprès de sa grand-mère et protectrice Batin ; il a parcouru le Mali de Barouéli à Niono, de Ké-Macina à Tombouctou, de Diré à Ségou puis le monde.

Boubacar ne s'en cache pas, sa jeunesse fut un peu celle d'un « viveur » insouciant qui ne lésinait pas sur l'alcool, la cigarette, les virées en boîte et les belles compagnes. Peut-être bien qu'au-delà de toutes les vicissitudes, il se sent privilégié d'avoir connu les émotions de la joie et surtout, la liberté d'avoir découvert « sa voie » même si, au fond de lui, une chose est claire : il ne reviendra jamais s'installer au Mali. Est-ce un Malien perdu à jamais pour le Mali ou un Malien qui enrichira la culture de l'Universel ?

On peut seulement regretter qu'à 33 euros l'exemplaire (près de 21 000 F CFA) et sans aucun effort de promotion et de publicité, l'Harmattan n'ait pas rendu un bon service à cet auteur. Pourtant, le livre est un bijou du point de vue de l'écriture, de l'art narratif et de la description. Sans fioritures, droit au but, la plume nous révèle un talent littéraire au potentiel énorme. On peut regretter la correction un peu bâclée de l'Harmattan qui fait surgir des virgules et des alinéas de manière intempestive. Souhaitons vivement qu'une maison d'édition locale reprenne ce travail afin d'offrir un bouquin à la portée de la bourse des Maliens.

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

 

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THEATRE

Kanouté ka visa ko

Le samedi dernier, Habib Dembélé, Guimba , a déclamé une pièce, un one man show qu'il a écrit, face à un public trié sur le volet. C'était à Koras Films.

«  Kanouté ka visa ko  » , est le titre de cette pièce qui fait rire, pleurer, réfléchir. D'un trait, Guimba dépeint la société malienne contemporaine, sans concession, sans complaisance. C'est l'histoire d'un fils de pauvre qui, refusant sa condition, se compare aux enfants de riches pour finalement refuser les études et tout miser sur un visa pour la France. Un visa qu'il n'aura jamais…

Au passage, Guimba parle de la condition des Maliens en France, des Maliens d'ici, du problème d'acculturation, d'inculturation, de déculturation, d'assimilation, de mégalomanie, de développement, de sous-développement, d'arnaque, de conditions de vie…

Rien n'échappe à ce texte d'une très riche facture qui parle des villes et des campagnes, des familles, des valeurs et des maux.

Vivement une présentation grand public !

A. Kalambry

 

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

Prix:3000f cfa

Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

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OpeneNRICH

 

 




 
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