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2007

Mois d'août

Les Echos du 09 août

RESULTATS DES EXAMENS

Des candidats fictifs admis au DEF à Yanfolila

Les résultats du diplôme d'études fondamental (DEF) dans le Cap de Yanfolila révèlent l'admission de candidats fictifs qui ont abandonné les bancs depuis belle lurette.

Les examens de fin d'année des ordres d'enseignement fondamental et secondaire se sont déroulés en juin. Proclamés courant juillet, les résultats laissent apparaître, pour le DEF, un taux de réussite de 71,13 %. Un net progrès, dit-on, par rapport à l'année dernière où 62,14 % a été enregistré. Mais, ce taux de réussite annoncé par les autorités en charge reflète-t-il le nombre exact de candidats qui se sont présentés ?

La réponse est non en tout cas dans l'Académie d'enseignement de Sikasso. Au Cap de Yanfolila, certaines pratiques sont de nature à mettre en doute ce pourcentage. En effet, la liste des candidats déclarés admis dans plusieurs centres de cette localité comporte les noms de personnes qui ont abandonné les bancs depuis plusieurs années. Certains se trouvaient à Bamako au moment de l'examen. D'autres ont quitté le territoire national depuis fort longtemps.

Ainsi au centre d'examen de Doussoudiana, dans la Commune rurale de Bolofouta, les noms de six « élèves » des écoles de Koloni 2e cycle, Balanfina 2e cycle figurent sur la liste des admis. Dans le centre d'examen de Filamana (Commune de Koussan), deux admis « fictifs », dont un certain T. K. (en Côte d'Ivoire depuis 2 ans) sont signalés.

A Niéssoumala (Commune de Gougnaka), neuf admis qui n'ont pas composé ont vu leurs noms sur la liste définitive des passants de la session de juin 2007. Informés par leurs connaissances, les « aventuriers », surpris d'apprendre que leurs noms se trouvent sur la liste des admis, se sont précipités à Yanfolila pour le constater de visu.

Surréaliste

Toutefois, quelques jours plus tard, le directeur de l'Académie d'enseignement de Sikasso par intérim M. Sall a pris une décision non datée pour annuler l'admission des candidats « fictifs vivant à l'étranger » en oubliant ceux qui sont sur le territoire national. Cette décision est intervenue au moment où un « candidat » admis, résidant à Bamako, s'était présenté dans son soi-disant établissement pour entrer en possession de son attestation.

Convaincues que le DAE intérimaire a violé les textes en annulant la décision d'admission de leurs fils, des associations de parents d'élèves veulent à présent porter plainte au motif que la décision n'est pas valable. Déjà on se rejette les responsabilités.

Des informations émanant du Cap de Yanfolila pointent un doigt accusateur sur le service informatique de l'Académie d'enseignement de Sikasso. D'autres affirment tout simplement que les admis auraient donné des dessous-de-table aux autorités scolaires des établissements qui ont mentionné leurs noms.

Ce qui est sûr, c'est que cette situation résulte d'un manque de sérieux évident de certaines autorités scolaires, censées pourtant donner le bon exemple. L'Académie d'enseignement de Sikasso n'est pas à sa première expérience hasardeuse. En 2005, elle a longtemps été sur la sellette pour avoir déclaré admis au baccalauréat des candidats qui avaient une moyenne générale inférieure ou égale à 5. Serait-elle devenue le bastion de la fraude scolaire ? Un vrai coup de balai s'impose à ce niveau.

Amadou Sidibé

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PERCHOIR DE L'A. N.

L'URD le cède à l'Adéma

La bataille du perchoir entre l'URD et l'Adéma était bel et bien réelle. Les deux partis, qui ont remporté le plus grand nombre de sièges aux dernières législatives, semblent avoir adopté des démarches pacifiques.

Il y a quelques jours, le président de l'Union pour la République et la démocratie (URD), Younoussi Touré avait ouvert les hostilités sur RFI où il était l'invité du jour. M. Touré se prononçant sur le bon score de son parti qui venait de remporter 35 sièges aux dernières législatives avait en même temps lorgné le perchoir. Il indiquait en substance qu'une compétition était bien possible entre son parti et l'Adéma/PASJ, le grand vainqueur du scrutin avec 55 députés.

De sources concordantes, ces déclarations n'ont pas été bien appréciées depuis Ouagadougou par le fondateur de l'URD, Soumaïla Cissé, qui préside aux destinées de la Commission de l'Uémoa. M Cissé, qui dirige à distance son parti, aurait activé ses réseaux à Bamako pour entrer en négociations sécrètes avec l'Adéma.

Selon la nouvelle configuration faite sur papier et qui semble faire l'objet d'accord entre les deux parties, l'URD qui a des visées cachées sur la Primature a accepté de laisser la présidence de l'Assemblée nationale au parti de l'Abeille. Le gentlement agreement en gestation attribue le perchoir et la 1re questure à l'Adéma. Les postes de 1er vice-président et de 2e questeur reviennent à l'URD. La 3e vice-présidence au FCD (le parti en gestation d'ATT), la 4e vice-présidence au RPM, le MPR (5e vice-présidence) et le Cnid (6e vice-présidence). Les postes de secrétaires parlementaires seront répartis entre les autres formations politiques ou groupes parlementaires.

Il s'agit ni plus ni moins que d'un désaveu de Soumaïla Cissé au président Younoussi Touré. Mais selon des observateurs de la scène politique nationale, le déchirement latent entre les partis de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ou mouvance présidentielle sur la question de perchoir procède d'une stratégie savamment mise en branle par le pouvoir en place visant à diviser pour mieux régner. Le jeu semble compris par qui de droit.

Abdrahamane Dicko

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COMMUNE IV

Dispute autour d'une parcelle

L'occupation par la mairie de la Commune IV de l'espace contigu au centre secondaire d'état-civil de Lafiabougou aux fins de construction de boutiques a suscité l'indignation des habitants qui ont adressé une pétition à l'édile.

La seule place publique contiguë au centre secondaire d'état-civil de Lafiabougou et qui sert d'espace de divertissement, de recueillement et de parking lors des mariages vient d'être occupée par la mairie pour, dit-on, améliorer les recettes de la Commune.

Agissant pour son propre compte, selon nos informations, le 1er adjoint au maire de la dite Commune, Alkassoum Maïga, a dans une correspondance en date du 13 avril 2007 dont copie nous a été remise, saisi le gouverneur du district lui demandant de « bien vouloir mettre à la disposition de la marie, l'espace contigu au centre d'état-civil de Lafiabougou I » .

Répondant à la requête dans une correspondance dont copie a été également déposée à notre rédaction, le gouverneur a donné son accord de principe sous réserve que la mairie se mette en rapport avec la direction régionale de l'urbanisme et de l'habitat pour disposition à prendre en vue de la régulation de l'attribution en question.

Ce qui étonne les habitants de Lafiabougou, c'est que nulle part dans la lettre du 1er adjoint au maire adressée au gouverneur, il n'est mentionné la construction de magasins. Pourtant, c'est ce à quoi assistent aujourd'hui les habitants de la zone qui soutiennent mordicus que le gouverneur a été piégé par le 1er adjoint qui, selon eux, a été évasif dans sa lettre « amélioration des recettes de la Commune » sans jamais préciser que c'est des magasins qu'ils voulaient construire sur la parcelle litigieuse.

Selon Modibo Kéita, un résident, le 1er adjoint au maire a allègrement violé les textes en matière de construction. Pour preuve, dit-il, la mairie n'a en aucun moment rencontré les services de l'urbanisme et de l'habitat qui devaient faire des études de faisabilité pour conclure si c'est compatible avec l'environnement. Mieux, lorsqu'on veut construire sur un espace public à ses dires, il doit avoir forcément une autorisation de construire devant être implantée sur les lieux.

Fin de non recevoir ?

« Sur cette plaque doivent être mentionnés le nom de l'entreprise ou de l'entrepreneur qui doit exécuter les travaux, la provenance du financement, le numéro du titre ou de la lettre, le numéro de l'autorisation de construire » . Or, pour le cas d'espèce, il n'y a rien de tout cela. « Ils n'ont aucun titre de propriété sur le lieu. Si c'était le cas, la mairie n'allait pas solliciter le gouverneur. Plus grave, la mairie n'a pas réellement dit au gouverneur ce qu'elle veut faire de l'espace » , accusent des habitants.

Les populations de Lafiabougou pensent plutôt que l'espace a été vendu moyennant espèces sonnantes et trébuchantes « Si la mairie aménageait l'espace pour en faire un parking, cela n'aurait pas posé de problème. Mais, avec la construction des boutiques, nous n'aurons plus un endroit pour nous récréer à moins que nous n'occupions le goudron de part et d'autre comme c'est le cas en ville » , se plaint Me Modibo Kéita, clerc d'huissier.

Contacté, le 1er adjoint au maire, qui a éludé certaines de nos questions, s'est borné à dire que « l'espace dont il est question appartient bel et bien à la mairie. De même, nous avons rapproché la direction régionale de l'urbanisme et de l'habitat. Et plus rien ne s'opposera à la construction des magasins. Ainsi en a décidé le conseil communal... »

Les populations n'entendent pourtant pas lâcher prise. « Des familles sont concernées par ce problème. Le projet, nous n'en voulons pas. Nous pensons que les autorités municipales sont élues par les populations. Elles ne doivent en aucune manière entreprendre des travaux qui les dérangent » .

En guise de protestation, une pétition signée par plus de 400 familles a été adressée au maire à l'effet de surseoir au projet. « Il y a lieu de vous préciser que ce centre d'état-civil est l'un de ceux du district qui reçoivent le plus grand nombre de mariages… Il est plutôt utile de continuer à l'utiliser comme parking que d'en faire des boutiques. L'occupation de cet espace créera un engorgement dans nos rues pendant les jours de célébration de mariages » , révèle la pétition. Le ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, le gouverneur du district, les députés de la Commune IV et le chef de quartier de Lafiabougou sont ampliataires de la pétition.

En attendant la réaction des autorités compétentes, les éléments du 5e arrondissement sont sur les lieux pour surveiller les travaux de construction des boutiques qui ont déjà commencé.

Mohamed Daou

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COUR CONSTITUTIONNELLE

En panne de discrétion ?

Le secret des délibérations doit être l'apanage de toute juridiction et homme de loi. Mais à la Cour constitutionnelle, le principe semble foulé aux pieds.

C'est aujourd'hui en principe que la Cour constitutionnelle doit procéder à la proclamation des résultats définitifs des législatives du 22 juillet 2007. Une proclamation qui précède la fin officielle de la 3e législature demain.

Avant même que les 9 sages du marché Dibida où siège la Cour constitutionnelle ne se prononcent sur la validité des différents scrutins, Bamako est inondé de rumeurs les plus folles depuis trois jours. Dans les simples causeries et même dans certains journaux de la place, il est fait état d'annulations d'un nombre important de voix par la Cour aussi bien dans des communes du district de Bamako que dans certaines circonscriptions électorales de l'intérieur du pays.

Dans ces informations à prendre avec des pincettes au risque d'entacher la crédibilité de la Cour, des victoires sur tapis vert seraient accordées à des candidats qui n'ont pas digéré leur défaite.

Le même scénario serait appliqué en Commune IV, qui pourtant n'avait pas fait l'objet de plainte. Mais il est fait cas d'un probable renversement de situation qui ferait perdre la liste RPM d'Ibrahim Boubacar Kéita face à Moussa Mara. Le parti Sadi du Dr. Oumar Mariko qui avait remporté les sièges de Niono aurait lui aussi été ajourné par la Cour constitutionnelle.

Ces informations tonitruantes sont servies à profusion et à dessein comme si ceux qui les distillent étaient dans les secrets des dieux. Mais ce genre de rumeurs venant de la Cour constitutionnelle n'est point surprenant. Cette institution, garante de la constitutionnalité des lois et actes, s'est muée en passoire depuis un certain temps. Elle encourage toutes sortes de supputations aux votes et ces arrêts, avant d'être rendus publics, ne sont plus frappés du sceau de la confidentialité. On a comme l'impression que des négociations secrètes menées autour de ces genres de contentieux sont aussitôt divulguées par ceux-là mêmes qui doivent préserver leur crédibilité .

Deux cas attestent l'indiscrétion qui prévaut à la Cour constitutionnelle. Il vous souvient que des informations avaient circulé la veille de la validation des candidatures par la même Cour sur la menace d'annulation de la liste Parena-URD-CNID à Nioro du Sahel pour falsification de casier judiciaire du député Cheickna Hammalla Bathily. Cette liste a été effectivement invalidée le lendemain. A la proclamation des résultats du 1er tour des législatives du 1er juillet 2007, l'Adéma savait d'avance, que les réclamations d'annulation des résultats de Gao formulées par ses adversaires empêchant sa liste de passer dès le 1er tour étaient rejetées.

Dans le contexte actuel, les diffuseurs de ces rumeurs ne sont autres que les vainqueurs de la prolongation jouée devant la Cour constitutionnelle. Cela nous rappelle le fameux contentieux électoral qui continue d'opposer le même Jeamille Bittar à ses adversaires dans le cadre des élections consulaires de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM). Avant les résultats des urnes, Bittar avait prédit sa victoire. Il a passé par procuration. Même spectacle devant la Cour d'appel et la Section administrative de la Cour suprême où le litige reste pendant depuis plus de sept mois.

Abdrahamane Dicko

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Histoire…

… du Playboy du Koda

« Tous les jours appartiennent au voleur sauf un », enseigne la sagesse. Cette sentence sied bien à M. T., qui s'est spécialisé dans le vol d'engins à deux roues. Domicilié à Lafiabougou Koda, M. T. qui ne sait rien faire de ses deux mains, occupe confortablement sa place parmi les partisans du moindre effort.

Toujours propre et bien fringué, il passe la journée à prendre du thé et à se délecter des rondeurs des passantes qu'il mate sous le manguier devant la maison paternelle en compagnie de ses amis. La nuit, il est dans des coins où la boisson et la belle vie font fureur. « Ma passion, c'est les filles et mon dada, l'argent » : telle semble être la devise de M. T.

Pour arriver à ses fins, il n'a trouvé mieux que de se livrer au vol des motos. Muni d'un trousseau de clé, il guêtte les filles et les garçons qui garent pour quelques instants leurs engins. Un, deux, trois et hop ! Avec une dextérité hors pair, M. T. arrive à sauter les cadenas ou autres anti-vols pour s'éloigner avec l'engin.

Très vite, la moto est démontée pièce par pièce et stockée dans sa chambre. Ainsi, les pièces sont vendues une à une. Combien de motos a-t-il vendu de la sorte ? Difficile d'y répondre, car c'est depuis plus de dix ans que M. T. est connu dans la vente des pièces de motos.

Il sera cependant rattrapé par le destin samedi dernier, quand il a vendu un cylindre de « Djakarta » à O. D. pour la somme de 6000 F CFA. Content de réaliser une bonne affaire par ces temps de vaches maigres, O. D., présente la pièce à son réparateur qui l'a aussitôt reconnue. La pièce appartient à T. C. un de ses nombreux clients qui venait juste de l'informer du vol de sa moto.

De fil en aiguille, M. T. est invité à expliquer comment il a eu la pièce. Se sentant épinglé, il leur demande de lui accorder un temps pour qu'il mette la main sur celui qui lui a donné la pièce. C'est ce temps qu'il met à profit pour s'éclypser. Trois jours après, ses parents ne sachant pas où il est allé, ont ouvert la chambre, sous le lit se trouvait un véritable magasin de pièces détachées.

T. C., qui tient à sa moto, et les parents de M. T. ont convenu de régler l'affaire à l'amiable. Depuis, on ne voit plus le Playboy de Koda sous le manguier.

Idrissa sako

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 KALIFA DEMBELE, CIHANGIR DE CHYPRE

Un Malien, grande révélation du championnat chypriote

Ils sont souvent nombreux les footballeurs maliens à briller dans l'ombre dans des championnats moins médiatisés. C'est le cas de Kalifa Dembélé, un attaquant efficace qui est aujourd'hui la perle de son club chypriote, Gencherbirligi.

« Dembélé, le buteur venu du Mali »  : c'est le titre d'un mensuel de sport chypriote que notre étoile du jour a apporté à notre rédaction. Au cours de la saison écoulée, Kalifa Dembélé a inscrit 14 buts sous les couleurs de son nouveau club. L'ancien attaquant du COB, de Gencherbirligi (D1) de Turquie et des Aiglons a été la bonne surprise de la saison pour les supporters du club de Cihangir (D1) Chypre qui lui doit en partie son maintien dans la division d'élite de ce pays.

Déjà auteur d'une saison remarquable, Kalifa est en train de devenir la star du public sportif chypriote. Il est en tout cas désormais un joueur incontournable de son équipe. Après une première saison 2005-2006 réussie en Turquie, le jeune goleador Kalifa tape dans l'œil des dirigeants de Cihangir. Sa réussite actuelle est le fruit du progrès et du travail accompli depuis plus de deux ans à Gencherbirligi et Cihangir.

« Cela n'a pas été facile au départ. Il m'a fallu un temps d'adaptation pour mieux m'exprimer » , explique le jeune prodige. Il ajoute, reconnaissant, « je remercie le staff technique de m'avoir donné sa confiance. Il m'a fait découvrir d'autres qualités que j'ignorais en moi. C'est difficile de se créer des occasions et de marquer, alors je savoure et j'ai maintenant envie de regarder très haut, de nourrir d'autres ambitions » .

La vie de footballeur de Kalifa Dembélé a débuté dès ses 14 ans. Il a fait ses premiers pas dans les rues de son quartier, Torokorobougou. Il intègre ensuite l'AS Lido puis le Centre Salif Kéita (CSK). C'est là qu'il commence à rêver d'une carrière sportive. « Je suis resté huit mois au CSK, avant de rejoindre le COB. Je pense que c'est ce club qui m'a ouvert les portes de la sélection nationale des cadets » , raconte l'attaquant du club Cihangir de Chypre.

Kalifa s'est illustré en marquant 8 buts lors du championnat cadets sous les couleurs du COB. Sa carrière professionnelle a failli commencer par le Gabon. « Mon président n'était pas d'accord avec la proposition des Gabonais » , se rappelle-t-il. Cet échec ne lui fit pas perdre espoir. Surtout qu'en 2002-2003 il est convoqué en équipe nationale cadette. Malheureusement, il n'a eu l'opportunité d'exprimer son talent car les Aiglonnets ont été éliminés d'entrée de jeu par la Gambie. N'empêche que cette courte campagne lui a permis de séduire de nombreux techniciens maliens dont Mad'Coulou, Fagnery Diarra et Mory Goïta.

Convoités par d'autres clubs de la capitale, il a préféré rester fidèle aux Verts (COB) de Bamako. « Je voyais une bonne politique de jeunes au sein de ce club » , explique l'enfant de Torokorobougou. En août 2004, Kalifa Dembélé réalise un autre rêve : être convoqué chez les Aiglons ! Avec Fagnery Diarra, Kalifa a surpris plus d'un par sa réussite.

Après un doublé en amical contre le Maroc, il était sur une bonne lancée. « Je ne savais quoi dire. Je me sentais de mieux en mieux » , explique ce talent discret et guère prolifique en dehors du terrain. C'est par la suite qu'il a été approché par certains responsables de clubs chérifiens, par le biais de Mad'Coulou alors chef de la délégation pour des propositions d'essais. « Et c'est à partir de là que tout est parti » , se souvient la perle de Cihangir.

L'ex-attaquant des Verts de Bamako, qui va bientôt fêter ses 20 ans (il est né le 13 septembre 1987) est en train de se hisser au niveau des meilleurs buteurs du championnat chypriote. Sa fabuleuse série depuis un an n'est pas due au hasard. Talentueux et sérieux, Kalifa est annoncé au club belge d'Anderlecht. « J'attends toujours la réponse de mon manager » , nous assure-t-il.

Quoi qu'il arrivera, Kalifa est un talent promis à un bel avenir.

Boubacar Diakité Sarr

 

FICHE D'IDENTITE

Nom : Dembélé

Prénom : Kalifa

Date de naissance : Le 13 septembre 1987 à Bamako (Mali)

Taille : 1,84 m

Poids : 75 kg

Clubs successifs : COB (Mali), Gencherbirligi (Turquie), Cihangir (Chypre)

Poste : Attaquant

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 CHANGEMENT DE CAP MUSICAL

Rokia a-t-elle cédé aux contraintes du showbiz ?

En tournée mondiale depuis mars 2007, Rokia Traoré a fait sensation à la 17e édition du Festival de Thau (France, du 16 au 23 juillet 2007). Et le public occidental a été séduit par le changement de cap musical qu'elle vient d'effectuer en prenant l'option d'une nouvelle orchestration plus portée sur l'afro-groove. En sera-t-il ainsi au niveau national ?

Organisée dans une grande discrétion dans une dizaine de villes françaises et avec quelques dates en Italie, cette mini-tournée répond à une envie tout à fait nouvelle de Rokia Traoré. Et pour donner une suite à Bowmboï , son troisième album sorti en 2003 et récompensé par un Disque d'or, elle a voulu rompre avec les habitudes. « Ça ne m'intéressait pas de m'installer dans quelque chose d'acquis et de tourner en rond » , explique la lauréate du prix Découvertes de RFI en 1998.

« Faire différemment » , « changer » … Ce sont là des mots qui revenaient fréquemment dans son discours ces derniers temps. Ce qui n'est pas surprenant de la part de cette artiste bouillonnante et avide de progrès dans tout ce qu'elle entreprend. Et l'innovation musicale amorcée porte autant sur la forme que sur le fond.

Jusqu'à présent, elle avait toujours enregistré ses chansons en studio avant d'aller les présenter au public. Cette fois, elle inverse les étapes : à peine mis au monde, ses nouveaux titres sont confrontés à l'épreuve du live. Pendant dix jours intenses, elle les a répétés avec son groupe, lui aussi remanié afin de pouvoir servir au mieux ses dernières compositions. Ce qui n'est pas mauvais en soi.

Ce qui inquiète, c'est le fait de sacrifier progressivement les instruments traditionnels qui faisaient jusque-là son timbre musical. En effet, découvrant une autre facette de sa personnalité artistique, elle a pensé ses chansons avec une orchestration différente. La fine Rose du Bélédougou a ainsi délaissé le balafon qui occupait pourtant un rôle majeur dans sa musique. Le ngoni n'a pas été sacrifié, mais il n'en reste qu'un seul.

Ces instruments ont cédé la place à la batterie que la chanteuse veut « chantante, pas seulement rythmique » . Elle a trouvé ce qu'elle cherchait dans le jeu de Chander Dath, l'un des nouveaux membres de sa formation avec le guitariste expérimenté Adama Koné avec qui Rokia avait travaillé dans sa jeunesse. Des changements qui seront fortement ressentis sur son prochain album récemment enregistré au studio Bogolan de Mali K7.

« Peut-être que je vais aimer ce son-là, très franc, très sincère, sans artifice… Et que je vais vouloir faire un disque à cette image-là » , s'interroge-t-elle dans la presse française. L'idée est plus que séduisante pour les mélomanes privilégiés qui ont eu déjà à savourer cette innovation lors des concerts de Rokia. Mais, quelle sera la réaction de ses fans maliens par rapport à ce changement ? L'accueil réservé à son prochain opus nous en dira plus !

En attendant, avec une voix à la fois délicate et intense, gorgée de nostalgie ou d'une espérance vigoureuse, Rokia continue à s'imposer comme le talent le plus étonnant et le plus précoce d'Afrique de l'Ouest. Avec ce nouveau cap, elle a peut-être trouvé un parfait équilibre entre la musique née d'une vie entre Afrique et Occident, et sa vision du monde résolument moderne.

Moussa Bolly

 

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