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2007

Mois d'août

Les Echos du 07 août

KOULIKORO

Un même baccalauréat, deux résultats

Une semaine après la proclamation des résultats du baccalauréat malien de la session de juin 2007, de nouveaux résultats ont été affichés mercredi dernier pour les séries SB de la région de Koulikoro. Ces résultats ont grossi le rang des redoublants. En fait, cette nouvelle proclamation serait le résultat d'une erreur survenue lors de la saisie de la liste définitive au niveau du service informatique.

Après la levée de la rétention des notes par les syndicats d'enseignement secondaire, qui avaient refusé de donner les évaluations, le département de l'Education nationale a demandé à tous les pôles de correction des académies de lui envoyer les noms des admis au baccalauréat. La région de Koulikoro n'était pas prête pour toutes les séries. Dans la « précipitation », les autorités scolaires de cette région ont envoyé la liste des admis et des non admis. Les résultats sont proclamés le 26 juillet.

Quelques jours après, il a été décelé que les résultats de la série SB dans toute la région comportaient des erreurs. Le constat c'est que la colonne portant mention de certains admis étaient vides. Après vérification de la liste envoyée au ministère, le tri a permis de lister les vrais passants. C'est ainsi qu'une note de service n°541-AE Koulikoro est tombée. Elle stipule que : « … Tout candidat admis par erreur relevée par la suite dans les 2 mois perd immédiatement le bénéficie de son succès et est tenu de restituer aux autorités les documents relatifs aux éléments du succès » . La même décision poursuit : « Les candidats SB dont les noms suivent proclamés admis par erreur dans le pôle de correction de Koulikoro sont déclarés non admis… »

Un 2e tour comme aux élections

Par cette deuxième proclamation des résultats du bac, ce sont de nombreux admis qui deviennent des doublants. La joie a été de courte durée chez bon nombreux d'« admis », qui se voyaient franchir la porte de l'Université. A titre d'exemple au lycée Mademba Sy à Kalabancoro, la série SB avait fait 100 % avec 8 admis. Avec le nouveau résultat, ce sont seulement 2 élèves qui sont déclarés admis. Ainsi, ce n'est plus 46,36 % d'admis sur le plan national comme précédemment affirmé par le ministère de l'Education nationale, ce n'est plus également 40,86 % qui passent pour la série SB sciences biologiques, mais un peu moins.

Bon nombre de parents veulent réellement savoir ce qui a pu se passer pour que les autorités prennent de si graves décisions. « Cette situation ne devrait jamais arriver. Comme ça a été le cas, les responsables de cette situation doivent être sanctionnés avec la dernière rigueur » , proteste vigoureusement un parent d'élève qui avait même commencé à chercher une bourse d'études pour sa fille initialement déclarée admise.

C'est la deuxième fois que des résultats du bac connaissent un 2e tour. Cet acte prouve à suffisance le manque de vigilance de certaines personnes chargées d'un examen important. Cette 2e proclamation va certainement porter un nouveau coup dur à l'école malienne qui n'a déjà pas bonne presse. Malheureusement, personne ne trinquera.

Amadou Sidibé

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RAPPORT DU VERIFICATEUR ET LIBRAIRIE POPULAIRE

Après Dialla, Sada Diarra réplique au Pr. Touré

Et si nous laissons tomber nos masques pour avancer à visage découvert ?

Bonjour tout le monde ! Je m'appelle Diarra Sada, professeur d'enseignement secondaire général, ancien ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement de Transition. Je suis un camarade de promotion du Pr. Dialla Konaté et un de ses amis personnels.

J'ai été surpris par la longue réaction du Pr. Amadou Touré à l'article de Dialla et j'avoue ne pas avoir compris la longue digression pour réfuter la « légende personnelle » de M. Amadou Traoré dit « Amadou Djicoroni », ancien responsable politique de l'Union soudanaise RDA. « Légende personnelle » qui s'inscrit dans la vaste fable que l'Union soudanaise RDA ne cesse de conter à longueur d'années sur ses propres mérites et ses années de pouvoir. « Légende personnelle de M. Traoré » qui dépasse de loin le cadre de la « Librairie populaire » et englobe la sombre et triste histoire du « franc malien ».

Le thème central de la réflexion de Dialla était-il la création de la « Librairie populaire du Mali » ? Bien sûr que non. Que Dialla se soit trompé de bonne foi, sur le compte d'un des dirigeants de l'US-RDA, cela méritait-il un tel développement, au risque de passer à côté de l'essentiel ? Qui parmi nous n'a-t-il pas été séduit, à un moment ou à un autre par la « légende RDA » ? Très peu. Dans un pays où l'on est si rare de compliments, ceux que Dialla décerne aux dirigeants de la 1re République, sont plutôt à mettre au compte d'un certain altruisme, qui l'honore. Ce qui du reste n'entame en rien la vision critique de Dialla vis-à-vis de notre histoire. Ceux de ces compliments qui ne correspondent pas à la vérité historique sont à réfuter. Ils peuvent et doivent l'être, sans aucune complaisance, au passage, sans s'appesantir là-dessus. Car autrement on sort quelque peu du cadre du débat. Et l'on court le risque de tomber dans de vaines et mesquines querelles partisanes avec de forts relents de manichéisme, comme cela a souvent été le cas, depuis 1960.

Ce qui nous conduit à nous interroger sur l'identité du Pr. Amadou Touré. Est-il simplement professeur à l'Université du Mali ou est-il militant, dirigeant ou chef d'un parti politique ? La verve qu'il emploie à détruire la « légende d'Amadou Djicoroni », participe-t-elle du débat objectif en faveur du seul Mali ou participe-t-elle aux querelles partisanes qui opposent l'US-RDA à d'autres formations politiques ? Querelles qui ne nous intéressent guère ! Car il n'est pas question de régler des comptes, encore moins de procéder au pilonnage d'un régime.

Dialla, tout comme moi-même, n'est militant d'aucun parti politique, quel qu'il soit ! C'est un choix qui est de notoriété publique et que nous assumons. Car le débat dont il est question, nous le voulons, libre et constructif, fraternel et convivial, sincère et désintéressé. Mais surtout, non partisan et fondé sur la stricte vérité. Dialoguer entre frères pour voir comment faire, afin que la chose publique soit mieux gérée et que le Mali se porte mieux. Pour le plus grand bien de tous les Maliens, bien-être matériel et moral. Que dire de la réaction du Pr. Touré ? Dialla n'a jamais affirmé que « tous les Maliens étaient des loups pour le Mali ». Si je ne m'abuse, le titre n'est même pas de lui.

S'agissant des avantages financiers exorbitants et illégitimes que les cadres administratifs et politiques du pays n'ont cessé de s'octroyer depuis 1960 jusqu'au jour d'aujourd'hui, le Pr. Touré ne réfute pas grand-chose. Comme il le reconnaît lui-même, « ce sont des sujets qui sont matière à discussion ». Il aurait pu démontrer que ce sont ces « avantages financiers » outranciers et illégitimes dont l'octroi a commencé depuis la 1re République qui sont à base de la course folle aux places et conditionnent, en grande partie, l'érosion des convictions et idéaux politiques desdits cadres administratifs et politiques.

Dans notre pays où les salaires sont modiques et sont restés bloqués pendant de longues années, les décideurs politiques se sont plutôt souciés des cadres qu'il fallait tenir en mains, plutôt que du gros des travailleurs. Ce faisant, ils les invitaient à se servir plutôt que d'induire une culture où l'on sert la République et où l'on se dévoue, corps et âme à son pays. Ce qui explique qu'à ce jour, aucune sécurité sociale n'ait été envisagée pour le paysan malien ! Or si une catégorie de population a eu à cotiser au Mali, ce fut bien ce paysan. Ce qui explique aussi, que lesdits décideurs politiques n'aient jamais voulu pratiquer une politique des prix agricoles rémunérateurs pour les producteurs paysans au fallacieux motif que les salaires sont modiques !

Le Mali aurait gagné à ce que travailleurs et paysans aient des revenus suffisants pour entretenir l'économie, ne serait-ce que par le biais de la consommation. Mais l'accent fut surtout mis sur le confort de quelques-uns, improductifs, à bien des égards.

Un rang pour le député et le paysan !

Le Pr. Touré aurait pu démontrer le fossé abyssal entre les « avantages financiers » de la 1re République et ceux pratiqués aujourd'hui. Depuis l'avènement de la IIIe République, n'entendons-nous pas dire qu'il faut que le député malien puisse « tenir son rang et sa dignité face à ses homologues de la sous-région ouest-africaine » ? Le travailleur et le paysan maliens devront-ils tenir leurs rangs et dignité face à qui ? N'ont-ils pas de rang ou de dignité à tenir ? Dans un pays où le paysan n'a pas de retraite, que signifie la retraite parlementaire qui, dans bien des cas, vient s'ajouter à une autre retraite ?

S'agissant des deniers publics illégalement et illégitimement accordés à des partis politiques, le Pr. Touré se garde bien de donner son opinion. Cependant, il peut nous dire si ces deniers publics ont été distribués aux partis politiques dans une stricte observance des dispositions pertinentes (mais non suffisantes) de la loi n°05-047 du 18 août 2005, portant charte des partis politiques. Tous les partis politiques bénéficiaires de subventions publiques au titre du décret n°003/P-RM du 6 janvier 2006, étaient-ils en règle vis-à-vis de la charte des partis politiques ?

Que les partis politiques maliens soient incapables de mobiliser leurs militants et d'assurer un large suffrage de l'opinion nationale c'est ce que nous enseignent les récentes élections législatives. Ils sont combien, les députés élus qui peuvent se prévaloir d'avoir été élus avec 20 000 voix ? Dans les circonscriptions électorales de 100 000 inscrits, 20 000 voix ne représentent que le 1/5 des voix !

Il serait intéressant que le Pr. Touré nous fournisse une liste des partis politiques qui procèdent régulièrement à la formation civique de leurs militants, avec le nombre des sessions de formation par an ainsi que celui des militants formés annuellement. Cela nous permettra de nous rendre compte de la réalité de cette attribution : à bon ou mauvais escient. Car il va sans dire que si les partis politiques travaillaient pour le bien public, l'intérêt général, c'est-à-dire le bien-être de tous et de chacun, les Maliens n'ont pas besoin de se faire prier pour aller aux urnes ! Ces partis politiques avides de subsides publics, travaillent-ils à la consolidation de la morale publique ou à sa détérioration ? Les législatives passées permettent de répondre aisément à cette question. A combien de milliards de F CFA s'est élevée l'organisation des deux tours des législatives ? Au regard du taux de participation, pour quels résultats et quelle légitimité ?

S'agissant du Vérificateur général, malgré les précautions prises par Dialla pour étayer son propos, il n'échappe pas à la volonté du Pr. Touré de semer la confusion : « Il a évalué les pertes à plus de 100 milliards. Tout en reconnaissant les limites de ses connaissances en la matière, Dialla Konaté les estime à près de 250 milliards. Qui croire ? » Il n'est pas question de croyance. En homme de science rigoureux, Dialla dit : « Je ne juge pas du bien-fondé de l'existence du Bureau du Vérificateur général. Je ne me prononce pas non plus sur sa méthodologie, dont je n'ai aucune connaissance. Mais je pars du résultat qu'il a obtenu pour le projeter sur le PIB du pays ». Une telle extrapolation n'est pas un objet de croyance mais un simple exercice de statistique pour mieux appréhender une réalité économique.

En partant de l'hypothèse de 100 milliards fournis par le BVG et en les rapprochant à la part des services dans le PIB (40 %), Dialla trouve le chiffre de 250 milliards. Si les 100 milliards du BVG sont justes, de même que les 40 %, les 250 milliards le sont aussi. Ce n'est que du calcul, pas de la croyance. Et c'est cela qui nous pose problème. Déjà, dès la première phrase du Pr. Touré, le ton est donné : « Non ! Dialla tous les Maliens ne sont pas des loups pour le Mali ». Où est-ce que le Pr. Touré a-t-il lu cela dans l'article de Dialla ? Dialla dit, « je pars des résultats du BVG que je ne mets pas en doute ». Et le Pr. Touré affirme : « Le BVG dit 100 milliards. Dialla dit 250 milliards. Qui croire ? » C'est extraordinaire, pour ne pas dire « extraordinairement inouï » ! De tels amalgames nous éloignent de la probité morale et de l'honnêteté intellectuelle prônées par le Pr. Touré.

Le BVG procède « d'une volonté politique », nous enseigne le Pr. Touré. Mais d'une volonté politique, non pas de lutter réellement contre la corruption, mais de celle de disposer d'un instrument institutionnel de chantage politique et de mieux brouiller les cartes. Car de réelle lutte anti-corruption, il n'y en a jamais eu sous la IIIe République ! De la même volonté politique qui vit un président de la République imposer, selon son bon vouloir, l'organisation d'une Coupe d'Afrique des nations de football, aux maigres ressources de la nation malienne. Comme si la Can était la priorité des priorités du Mali, comme si tous les besoins essentiels des Maliens étaient satisfaits !

Quelle pertinence et quelle légitimité pour le BVG ?

Il n'est un secret pour personne que la multiplication des institutions supérieures de contrôle des services publics, diminue l'efficacité des contrôles. Le BVG a été créé dans un environnement institutionnel comprenant le Contrôle général de l'Etat, l'Inspection générale des finances, la direction nationale du contrôle financier, les inspections des départements ministériels, pendant que le pays ne disposait de services d'investigations financières dignes de ce nom. Au finish, le BVG après deux ans d'investigations affiche 103 milliards de deniers publics envolés ! Quelle est alors l'efficacité de cette kyrielle de services et institutions de contrôle ? Quelle est leur efficience ? Où étaient-ils pendant que l'on dépouillait le Mali de 103 milliards de francs CFA ? De quelle pertinence et de quelle légitimité peut se prévaloir le BVG ? Aucune.

Que dire « des opérateurs économiques qui s'enrichissent en abusant des exonérations » ? Le Pr. Touré n'en est-il pas convaincu ? Qu'il se rapporte à la crise céréalière de septembre 2005, où le kilogramme de riz a coûté 500 F CFA ! Trois « céréaliers nationaux » n'ont-ils pas bénéficié d'au moins 15 milliards de F CFA d'exonérations, pour vendre les céréales exonérées à un prix plus élevé que les céréales taxées ? Qu'ont fait les pouvoirs publics ? Aujourd'hui encore, les prix des denrées de première nécessité ont pris l'ascenseur, malgré les exonérations annoncées par le gouvernement ! Que font les pouvoirs publics ? S'agit-il de renvoi d'ascenseur, suite aux élections législatives pour ceux qui auraient financé des campagnes ? Que devient l'Etat impartial et équitable, arbitre et protecteur de la veuve et de l'orphelin comme du citoyen lambda ?

Que la corruption ait existé de tout temps et sous tous les cieux, là n'est pas la question. Qu'elle ne soit pas l'apanage des seuls Africains, là non plus, n'est pas la question. Il n'empêche que c'est cette corruption qui grève le développement économique, social et culturel des peuples africains. Est-ce parce que certaines élites du Nord sont corrompues que les cadres africains doivent l'être ? Devrais-je voler parce que mon voisin est un voleur ?

Entendons-nous sur la corruption. Nous entendons par corruption ce que Jean-François Revel en donne comme définition : « Etre corrompu, c'est aussi utiliser d'une façon quelconque, directe ou indirecte, le pouvoir politique ou administratif en dehors de son champ légitime, pour se procurer des avantages, en argent ou en nature, et pour en distribuer à ses amis, serviteurs, parents ou partisans ».

Ce que nous voulons, c'est d'un Mali propre et probe où chacun pourra vivre librement à la sueur de son front dans un contexte de saine émulation. Un Mali où le salaire du travailleur lui permet de s'épanouir pleinement. Un Mali où le mérite est reconnu et non les accointances et allégeances de mauvais aloi. Un Mali du droit où la règle est la même pour tous et où nul n'est au-dessus de la règle commune.

En un mot, un Mali vertueux, baignant dans le cercle vertueux le plus large possible, où, la malhonnêteté demeure l'exception qui confirme la règle. Car « Quand la corruption, au lieu de rester une juxtaposition sporadique de malhonnêtetés individuelles, devient un système dirigé et organisé à partir du cœur même de l'Etat, on peut parler d'altération organique et non plus seulement conjoncturelle de la démocratie. Séparés, le sens des affaires et le sens de l'Etat sont également respectables. Mélangés, ils produisent une République avariée » (Revel).

Le patriotisme d'abord !

« Le patriotisme, c'est-à-dire l'amour du pays », pour nous, cela signifie que le pays passe avant toute autre considération. Quand on aime son pays, on travaille à augmenter la richesse nationale et l'on s'interdit de se servir. On se contente des avantages et privilèges nécessaires et suffisants pour l'exercice d'une fonction publique et l'on s'interdit tout autre avantage qui ne contribue à l'exercice effectif du mandat public. Et c'est de bon gré que l'on déclare son patrimoine avant de commencer une haute fonction, déclaration que l'on met à jour annuellement et publiquement. Quand un haut fonctionnaire entend bien faire a-t-il besoin de s'entourer de parents et amis, et cela, le plus souvent, au détriment de la compétence ? Quand on est au service de son pays que l'on aime, a-t-on besoin de se cacher ?

De ce point de vue nous nous en remettons aux enseignements de Robespierre : « L'amour de la justice, de l'humanité, de la liberté est une passion comme une autre ; quand elle est dominante, on lui sacrifie tout ; quand on a ouvert son âme à des passions d'une autre espèce, comme la soif de l'or ou des honneurs, on leur immole tout, et la gloire et la justice et l'humanité et le peuple et la patrie. Voilà tout le secret du cœur humain ; voilà toute la différence qui existe entre le crime et la probité, entre les tyrans et les bienfaiteurs du genre humain ».

« Une nouvelle chance historique vient d'être donnée au président Amadou Toumani Touré : il présidera encore aux destinées de notre pays à cette date. Celle-ci coïncide avec son second et dernier mandat. Avec son expérience du pouvoir, sa connaissance des hommes et du pays, le président Touré n'aura nul besoin de calcul politique autre que la renaissance du Mali (sic) ». Le Mali n'avait-il pas besoin de renaissance durant son 1er mandat ? Le Pr. Amadou Touré voit-il dans le cœur du président Amadou Toumani Touré ? Peut-il seulement lire à l'intérieur de la tête de son homonyme ? Le Pr. Touré serait-il devenu une diseuse de bonnes nouvelles ? N'est-ce pas le même Pr. qui quelques paragraphes plus haut affirmait : « Cette tendance est bien malienne : le chef est bon, c'est son entourage qui est mauvais ! » Dans cette optique, il faut bien admettre que la dégradation des conditions de vie des Maliens, entre 2002 et 2007 ; les contre-performances de l'économie, de l'administration et de l'école, tout comme la dépravation des mœurs et la détérioration de la morale publique sont à mettre au compte du citoyen lambda ! Et pourtant ce citoyen lambda ne nomme à aucun emploi, subalterne comme supérieur, civil ou militaire de l'Etat ! Ce citoyen lambda ne dispose d'aucun pouvoir pour mettre en œuvre la force publique !

Comme nous pouvons le constater, le Pr. Touré ne réfute en rien les thèses défendues par Dialla. Si le Pr. Touré a des comptes à régler avec Amadou Djicoroni, il eût été plus élégant de le faire en dehors de l'article de Dialla. Le débat aurait gagné en hauteur et en clarté.

Avec Dialla, nous réaffirmons haut et fort que « les cadres maliens, en général, sont formés pour dépenser de l'argent mis à leur disposition par un acte budgétaire que de dépenser de l'argent qu'ils ont gagné ».

Ce ne sont pas « les milliardaires de la démocratie » qui nous contrediront. Ces cadres salariés du Mali, qui en l'espace de quelques années et sans jamais créer d'entreprises, ont pu amasser des milliards de F CFA, sans coup férir !

Ce ne sont pas non plus les hommes politiques qui affirment que, sans leur adhésion forcée à la « démocratie consensuelle », ils auraient eu la police sur le dos, qui nous contrediront.

Peut-être que le Pr. Touré ignore tout de tout cela ?

Diarra Sada

(ancien ministre de la Communication, BP 2603, Bamako)

N. B.  : Les titres et intertitres sont de la rédaction

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FORCE CITOYENNE DEMOCRATIQUE

Pour perpétuer l'œuvre d'ATT ?

Le Mouvement citoyen se transforme en parti politique. L'information, qui a occupé une place de choix dans nombre de journaux lundi, n'a, en réalité, rien de surprenant. Pour ceux qui observent la scène politique nationale, la mue du Mouvement citoyen en parti politique entre dans l'ordre normal des choses parce que permettant à coup sûr la clarification des rapports entre la première institution du pays, c'est-à-dire le président de la République Amadou Toumani Touré, et la classe politique.

Les rapports entre le chef de l'Etat et les partis politiques d'une façon générale et en particulier avec ceux du Front pour la démocratie et la République (FDR), créé à la veille de la présidentielle d'avril 2007, ont été, au cours du premier quinquennat d'ATT, empreints de suspicion et de manque de confiance.

Le Mouvement citoyen, un conglomérat d'associations hétéroclites a contribué à l'élection d'Amadou Toumani Touré à la tête de l'Etat. Au cours de son premier mandat, cette association apolitique, reconnue sous le nom populaire des « amis d'ATT » n'a cessé d'être présente dans le champ politique.

Bénéficiant de la grâce du président et aussi de la mansuétude des autres partis politiques (consensus oblige), le Mouvement citoyen s'est vu même octroyer dans l'équipe gouvernementale des postes ministériels stratégiques comme les Mines, l'Energie et l'Eau, le Développement social, la Solidarité et les Personnes âgées. L'association que dirige le titulaire de ce dernier poste a eu souvent l'outrecuidance de réclamer des droits qui, au regard de la loi, reviennent seulement aux partis politiques légalement constitués.

Les écarts du Mouvement citoyen ont été fustigés par les partis politiques. Ceux-ci voyaient à juste titre d'aillleurs dans ses agissements une sorte d'usurpation. Même le chef de l'Etat a eu sa part de critique. Accusé de faire la part belle au Mouvement citoyen en ignorant le fait partisan et le rôle des partis politiques, ATT n'avait pas réagi en appelant ses amis à faire preuve de retenue et avait fait savoir qu'il ne créerait pas de formation politique.

La transformation du Mouvement citoyen en parti politique apparaît donc comme une initiative venant du Cena. Elle permettra donc de clarifier les relations entre le président de la République et le Mouvement citoyen lui-même d'une part et d'autre part avec l'ensemble de la classe politique.

Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps pour transformer l'association en parti politique et pour quel objectif  ?

La réponse à la première question est qu'en créant un parti, le Mouvement citoyen veut, semble-t-il, prendre son autonomie vis-à-vis du président même si cela s'avère, dans la pratique, un leurre.

Déjà les relents de 2012

A l'analyse, il ne serait pas hasardeux de dire que la création de FCD relève d'une méthode plus démocratique et plus acceptable pour les « ATT Boys » et leurs ouailles de participer d'une façon claire à la gestion du pays et de traiter d'égal à égal avec les formations politiques à court terme. A long terme, il s'agit probablement d'une stratégie visant à perpétuer l'œuvre après 2012 en ayant un des leurs à Koulouba.

Parce que, il ne faut pas être naif, tout porte à croire que le Mouvement citoyen ne va pas se transformer en parti politique pour uniquement faire de la figuration sur l'échiquier politique ou encore pour sauvegarder des postes de responsabilités quelconques. Si tel était le cas, la FCD en gestation, n'aurait pas sa raison d'être, les partis politiques ayant pour vocation fondamentale de concourir à l'expression du suffrage, l'exercice du pouvoir et l'encadrement des adhérents.

Mais pour perpétuer l'œuvre d'ATT, la future Force citoyenne démocratique devra surmonter plusieurs obstacles dont le plus important est le spectre de la scission et faire face à une rude concurrence des partis, qui l'attendent depuis longtemps sur le sable mouvant de la politique.

Le Mouvement citoyen avait connu une première scission qui a abouti à la création du PCR et si le Mouvement citoyen est resté cohérent malgré cette fissure et s'est fait même une santé avec environ une vingtaine de députés aux dernières législatives, il n'est pas sûr qu'au fil des ans, il saura maintenir cette même sérénité et cohésion. En effet, le syndrome de la scission est l'une des graves menaces sur les partis politiques maliens, surtout à l'approche des joutes électorales. Si la FCD parvenait à surmonter ses futures crises et résoudre ses contradictions internes, elle serait alors un parti avec qui l'Adéma, le RPM, l'URD devront compter en 2012 pour la présidentielle.

La FCD a même l'opportunité d'être un potentiel favori parce qu'elle pourrait bénéficier d'un éventuel soutien du président sortant. Et dans la perspective de 2012, Force citoyenne démocratique pourrait être un véritable instrument de pression sur le président ATT afin que celui-ci soit le parrain du candidat du parti.

Pour l'heure, le champ politique malien étant imprévisible avec la transhumance des députés, il n'est pas exclu qu'aux termes de cette 4e législature, la future formation politique des « amis » du président soit l'une des premières forces à l'Assemblée nationale.

Denis Koné

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CHERTE DES DENREES

La banane aussi…

Les Maliens ne sont pas encore au bout de leurs peines en termes d'accès aux denrées alimentaires. En plus des autres produits de première nécessité, ils font face aujourd'hui à la montée vertigineuse du prix du kilo de la banane, dessert de beaucoup de consommateurs.

Actuellement, ce sont tous les produits de consommation qui enregistrent une hausse au Mali. La banane vient aussi de se mêler de la danse à tel point que ses consommateurs ne cessent de se plaindre.

Il y a quelque temps, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Thiam, affirmait lors d'une conférence de presse qu' « il n'y a pas de problème d'approvisionnement au Mali » . Cette déclaration ne tient pas aujourd'hui en ce qui concerne la banane, car notre pays n'est pas approvisionné en cette denrée. Impossible de croire que « c'est un camion 10 tonnes qui alimente toute une population tous les trois ou quatre jours en banane » .

Ce qui expliquerait en partie la montée en flèche du kilo de la banane dans la mesure où les propriétaires de camions chargés donnent la banane aux revendeurs « au prix de leur convenance tout en tenant compte du problème d'approvisionnement » . L'effet direct est que la caisse de banane est passée de 6000 F CFA à 8500 F CFA et le kilo à 350 ou 400 F CFA selon le revendeur.

Incapables de maintenir leur rythme de vie (alimentation) face à cette hausse en plus de celle des autres produits de première nécessité, « les clients ne se bousculent plus devant nos commerces, beaucoup ayant renoncé à la banane » , affirme Kabiné Kaba Diakité, président du syndicat des vendeurs de banane.

M. Diakité ajoute que « les frais de douane au Mali et en Côte d'Ivoire ont connu une hausse qui affecte aussi le marché de la banane » .

A ces raisons, il faut ajouter « l'essoufflement » des propriétaires de bananeraies locaux. Ces derniers disent ne plus pouvoir tenir la cadence « avec les prix actuels des engrais, du carburant sans oublier l'entretien des machines que la majorité d'eux n'ont d'ailleurs pas, d'où l'importation de la banane de la Côte d'Ivoire » . Ces machines, disent-ils, servent à ravitailler en eau leurs plantations, surtout quand il ne pleut pas comme ce fut le cas l'année dernière. C'est pourquoi, M. Diarra, président des vendeurs de banane, appelle les autorités à « agir dans le sens de la mécanisation tant attendue de notre agriculture » pour freiner la cherté de la banane. Cette mécanisation, ajoute-t-il, passe notamment par un « système d'irrigation viable avec la construction des barrages » .

En attendant le bout du tunnel, les nombreux consommateurs de banane vont devoir prier pour une bonne saison pluvieuse, la résolution de la crise ivoirienne et une réaction efficace des autorités pour qu'enfin les prix de la banane reviennent au niveau du pays réel.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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47e ANNIVERSAIRE DU BURKINA

L'ambassade du Faso plante 200 arbres à Samé

L'ambassade du Burkina Faso au Mali a commemoré le 5 août 2007 le 47e anniversaire de l'accession de son pays à l'indépendance à travers la plantation d'arbres à Samé en partenariat avec la mairie de la Commune III. Quelque 200 pieds d'eccallyptus y ont été plantés sur un hectare.

Selon S. E. Sanné Mohamed Topan, le 5 août est un jour historique pour le Burkina Faso. « La Haute-Volta a eu son indépendance le 5 août 1960. Comme cette date coïncide avec la saison des pluies, nous tenons à planter des arbres » .

« Nous voulons, à travers ces 200 arbres, contribuer au retour de la verdure à Bamako. Cela fait cinq ans que nous plantons des arbres à Samé. On a commencé en 2003 et beaucoup de nos arbres ont pu résister car nous passons deux ou trois fois voir leur état pendant les périodes mortes » , a poursuivi le diplomate, qui a salué l'esprit de franche collaboration des autorités maliennes.

« Cette opération de plantation d'arbres est la cinquième du genre que nous organisons avec l'ambassade du Faso. Il est facile de planter un arbre mais c'est l'entretien qui est capital et plus difficile. C'est pourquoi je demande à la population de Samé de prendre soin à ces arbres » , a ajouté Mamadou Traoré, le maire de Samé. M. Traoré s'est félicité de la participation de jeunes Français à ce reboisement.

En s'associant à cette activité, des jeunes étudiants français voulaient démontrer que l'ambassade du Burkina Faso fait en quelque sorte revivre le Mali. « Quand nous a été invités par le maire, nous avons vite accepté parce que la plantation d'arbres nous intéresse beaucoup » , a ajouté Aurélien Rodrigues, étudiant en histoire à Paris.

L'événement, qui a été émaillé d'animations folkloriques, a mobilisé de nombreux Burkinabés à Samé.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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 QUAND IL PLEUT

Les bureaux se vident

Au sein des administrations d'Etat, des fonctionnaires ont pris l'habitude de ne pas être à l'heure au service quand il pleut.

Du point de vue réglementaire, la pluie ne doit pas empêcher un fonctionnaire de rejoindre son bureau et à l'heure. Il doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour ne pas être bloqué par la pluie. Mais, de nos jours au Mali, c'est tout à fait le contraire car, très peu de fonctionnaires observent cette règle. Est-ce à dire que parce que nous n'avons que 3 mois de saison de pluie sur 12 que les gens perdent l'habitude de se rendre tôt au service en saison hivernale ?

Si en Europe, qu'il pleuve ou qu'il vente, le problème ne se pose pas, au Mali, la pluie est devenue un facteur d'empêchement pour des travailleurs. Quand il pleut surtout tôt le matin, le constat qui se dégage est qu'il y a plus d'absents que de présents dans les bureaux aussi bien au niveau des administrations d'Etat que des services de recouvrement de l'Etat.

Parmi les retardataires, l'on ne retrouve pas que de simples agents mais également des chefs qui, pourtant, devraient être exigeants avec eux-mêmes. « Je suis là depuis 7 h 30 pour payer ma facture d'eau et d'électricité. Mais je constate qu'après 8 h, les guichets restent encore fermés. C'est toujours comme ça. Il suffit qu'il pleuve pour que des agents d'EDM ne se donnent plus de la peine de venir à l'heure. Alors que si le client traîne avant de s'acquitter de sa facture, ils iront couper sans état d'âme l'eau ou l'électricité. Au délà du paiement de la facture nous avons d'autres impératifs à gérer pour le reste de la journée » , s'indigne un client de l'agence EDM de Lafiabougou.

Pure perte

Idem pour des départements ministériels où des dossiers restent en souffrance parce que la personne habilitée à les signer n'est jamais sur place à l'heure. « J'ai un dossier en instance au niveau de mon département de tutelle depuis plusieurs semaines. Ce matin encore, je suis sorti sous la pluie afin de m'enquérir de son évolution. A mon arrivée alors qu'il était encore 8 h, c'est le gardien sirotant tranquillement son thé qui m'a accueilli en ces termes : personne n'est encore arrivée même pas les secrétaires. C'est la règle ici, quand il pleut le matin, les travailleurs ne viennent pas avant 10 h. Vous ferez mieux de vaquer à vos occupations et revenir entre 10 et 11 h. Sinon vous risquez de perdre inutilement votre temps » , confie une jeune recrue à la fonction publique.

Dans un autre ministère où nous avons trouvé des secrétaires savourer leurs brochettes tout le système était bloqué et c'était la grogne générale. « A cause d'une petite signature, le monsieur est là à se moquer de nous. Non seulement il n'est pas venu à l'heure mais également il se donne le plaisir de faire le tour des bureaux sans se soucier que des usagers l'attendent. Or, nous avons aussi d'autres préoccupations. Mieux vaut ne pas affaire avec l'administration malienne sinon ta journée est sacrifiée » , protestent les usagers.

Aujourd'hui, la preuve est faite que quand il pleut certains agents du secteur public ne sont pas respectueux de leur travail. Les principaux axes de circulation sont embouteillés par des voitures dont la plupart sont pour des fonctionnaires. Une situation qui se fait sentir au niveau du rendement. Mais puisqu'il n'y a pas d'obligation de résultats tout cela est mis au compte des pertes et profits. Toutefois, s'il y avait des évaluations à faire, l'on obtiendrait certainement des incidences beaucoup plus négatives.

A l'opposé du secteur public où le retard est perceptible en cas de pluie, au niveau du secteur privé la rigueur semble de mise. Dans ce domaine, c'est le rendement qui est le plus recherché et l'employé est obligé de venir travailler sous la pluie. Généralement, ce sont eux qu'on aperçoit le plus souvent à moto munis de leur imperméable en train de braver la pluie pour se rendre au travail.

Mohamed Daou

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 ASSEMBLEE NATIONALE

La route au perchoir passe par Koulouba

Constitutionnellement, la troisième législature de l'Assemblée nationale prend fin le vendredi 10 août 2007. La nouvelle est attendue incessamment avec la proclamation définitive des résultats provisoires transmis à la Cour constitutionnelle.

Tous les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle en charge de proclamer définitivement les résultats du 2e tour des législatives du 22 juillet 2007. Ces résultats lui avaient été transmis par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales il y a environ deux semaines.

Selon des informations concordantes, la Cour rendra aujourd'hui même son arrêt sur la validité desdits résultats en se prononçant sur les litiges dont elle a été saisie. Selon les dispositions constitutionnelles, la nouvelle législature de l'Assemblée nationale, la quatrième du genre, prend effet à compter de l'arrêt qui sera rendu par la Cour.

L'arrêt de la Cour constitutionnelle est attendu au moment où les députés réélus ou non sont du point de vue de la loi en disgrâce. Dans 72 heures, le vendredi prochain, la troisième législature baissera ses rideaux.

Le premier lundi du mois d'octobre 2007 consacrera la rentrée parlementaire au compte d'une Assemblée new-look qui se mettra en place. Une session extraordinaire peut-être convoquée avant même octobre comme ce fut le cas le 16 septembre 2003 où IBK a été élu président de l'Assemblée nationale.

Quel que soit le jour, les « bleus » et les anciens se mettront ensemble pour élire le bureau de l'Assemblée nationale, créer les commissions parlementaires et mettre au point les derniers réglages pour cinq ans de labeur au service de la nation.

Un maître du jeu

D'ores et déjà, les uns et les autres affûtent les armes. La bataille du perchoir alimente les débats au quotidien. Le perchoir semble opposé deux grosses pointures de la mouvance présidentielle : l'Adéma/PASJ avec 55 élus et l'URD qui en a 35. Ces deux partis, qui ne sont que des frères siamois (l'URD est issue de l'Adéma) ne veulent pour rien au monde, céder l'un à l'autre, le fauteuil de président de l'hémicycle.

Le président sortant El hadj Ibrahim Boubacar Kéita, dont le parti est sorti avec 11 députés au scrutin du 22 juillet 2007, garde pour le moment le profil bas. Mais des indiscrétions laissent entendre qu'il n'a pas encore dit son dernier mot. Son maintien au perchoir ferait partie des accords secrets entre lui et le président de la République Amadou Toumani Touré. Des accords dont le président gabonais, El hadj Oumar Bongo Ondimba serait le garant moral.

Les indépendants, considérés comme étant plus proches de Koulouba mais dont la plupart sont élus sur la liste de ces grands partis politiques, seraient, pour certains, les troisièmes larrons de cet imbroglio politique. Ils pourraient jouer les trouble-fête en s'érigeant en prétendants sérieux à la présidence de l'Assemblée nationale. D'aucuns prédisent même des vagues de démissions dans les partis politiques au profit des indépendants qui se feraient une majorité mécanique confortable pour le compte du chef de l'Etat, maître absolu du jeu.

La voie au perchoir, qui s'annonce rude, passera forcément par Koulouba. Le pouvoir est fortement soupçonné de pêcher en eaux troubles pour faire élire un président de son choix.

Abdrahamane Dicko

 

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 TOURNOI DE FOOT FEMININ

Le sacre de l'AS Mandé à Mopti

En s'imposant 3 tirs à 2 (1-1 au terme du temps réglementaire), face aux Super Lionnes d'Hamdallaye, l'AS Mandé remporte la couronne de champion national de foot féminin. La finale s'est disputée dimanche dernier au Stade Baréma Bocoum de Mopti. Les Mandekas enregistrent ainsi leur second titre national après celui de 2005.

La finale de la 3e édition du championnat national de foot féminin a été un classique entre vieilles connaissances. Déjà en championnat du district, les deux formations s'étaient neutralisées à l'aller comme au retour. N'empêche que les Lionnes de Papa Seyan Kéita avaient été sacrées championnes du district. Elles étaient donc naturellement favorites au tournoi de la Venise malienne. Et pendant les premiers matches et les 25 premières minutes de la finale, elles ont confirmé cette suprématie.

Contre l'AS Mandé, leur grande rivale de toujours, elles se sont montrées dangereuses dès l'entame de la rencontre en ouvrant le score dès la 2e minute par leur capitaine Aïcha Konaté. Celle-ci a pris à défaut la vigilance de la gardienne adverse, Bintou Diaby, par un long et puissant tir qui trompe la vigilance de la gardienne du Mandé. Les pouliches de Cheick Tidiane Dagnon ne tardent pas à réagir. Elles se font dangereuses, notamment par Diaty Ndiaye et Bassira Touré. Mais, à chaque fois, les protégées d'Issa Thiam échouent sur l'excellente portière des Lionnes, Fatoumata Doumbia.

La mi-temps intervient sur le score d'un but à zéro pour les Lionnes. A la reprise, conscientes de l'enjeu et devant un public de grand jour malgré la pluie, Hawa Coulibaly et ses coéquipières acculent les Lionnes dans leur tanière. Au milieu, l'intenable Rokiatou Samaké dite Rose prend des initiatives en s'appuyant sur sa complice, l'expérimentée Diaty Ndiaye, transfuge des Amazones de Boulkassoumbougou. Harcelées et poussées dans leur dernier retranchement, les Lionnes cèdent à la fatigue. Les Mandekas profitent naturellement de l'aubaine pour mettre les pendules à l'heure par l'entremise de Fatoumata Diarra.

Il a fallu les tirs au but pour départager les deux formations. Auteur de l'unique but des Lionnes, Aïcha Konaté n'a pas eu le coup de pied heureux dans cette épreuve fatidique. Un raté qui plonge toute l'équipe de Hamdallaye dans la tristesse. Les Lionnes viennent ainsi de passer in extremis à côté d'un sacre dont elles rêvent depuis trois ans. Elles ont donc manqué une opportunité de s'inscrire au palmarès de la compétition. Après 2005 à Bamako, le Mandé remporte à Mopti son second trophée de la compétition. C'est donc le club le plus titré de la compétition, suivi des Amazones de Boulkassoumbougou, sacrées championnes nationales la saison dernière.

A noter que Tombouctou qui a occupé la troisième place sur le terrain, suite à sa victoire sur Mopti 4-2, n'a pas pu recevoir son trophée. Les Tombouctiennes doivent attendre le verdict de la commission suite à une réserve formulée par Mopti. « Nous réglerons ce cas à Bamako » , a assuré Gouro Cissé, président de la commission foot féminin et foot de Malifoot. A l'image de cet imbroglio, il y a eu d'autres couacs durant ce 3e tournoi du foot féminin.

Boubacar Diakité Sarr

(envoyé spécial)

 

Ils ont dit après la finale…

Cheick Tidiane Dagnon (entraîneur du Mandé) :

« Je suis très content de mes filles. Je suis heureux parce que cette victoire est une revanche de notre échec dans la conquête du titre du district. Et ce sont les Lionnes qui nous ont privés de ce trophée sans pouvoir nous battre. Nous étions donc venus à Mopti pour prendre notre revanche en remportant un second titre de champion national. Et Dieu merci, nous avons atteint cet objectif ».

Diaty Ndiaye (AS Mandé) :

« C'est une première consécration pour moi avec l'AS Mandé. Mais, c'est mon second titre et je ne peux qu'être fière. Les équipes étaient méfiantes, y compris celles de l'intérieur. Et la finale que vous venez de voir n'a pas échappé à cette méfiance parce que les deux équipes se connaissent et se respectent ».

Oumou Touré (joueuse des Super Lionnes) :

« Je suis déçue d'avoir ratée le podium. Mais, dans l'avenir, il faudra que nous travaillions encore, car ce trophée nous manque cruellement ».

Aly Kampo (DR des sports de Mopti)  :

« Je suis content de l'issue de cette finale. Un match de haut niveau entre deux bonnes équipes qui ont gratifié le public d'un bon spectacle malgré la pluie. C'est une victoire de la jeunesse malienne. Et nous mettrons tout en œuvre pour la relance définitive du foot féminin à Mopti ».

Gouro Cissé (Malifoot)  :

« Nous avons assisté à une belle finale en dépit de la pluie. Nous avons amené ce tournoi à Mopti pour que les régions imitent la capitale dans le domaine du foot féminin. Et avec les stages et les matches que nous avons pu suivre ici, notre objectif est atteint. Et nous pensons rééditer ce coup dans d'autres régions du pays. J'adresse mes vœux de santé et prompt rétablissement aux malades et présente mes condoléances à la famille du disparu suite à l'accident dont l'un de nos véhicules de transport a été victime sur le trajet Bamako-Mopti ».

Propos re cueillis par

Boubacar Diakité Sarr

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