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2007

Mois d'août

Les Echos du 06 août

RAPPORT DU VERIFICATEUR ET LIBRAIRIE POPULAIRE

Le Pr. Dialla Konaté réplique au Pr. Amadou Touré

Je n'ai jamais demandé à Amadou Jikoroni s'il a ou non été « dédommagé ». Rétribué ou non, Amadou Jikoroni qui a, en premier lieu, agit comme bien de Maliens en pensant au pays et non à des rétributions à venir, ne peut en aucun cas perdre l'estime de patriotes au rang desquels je me situe ni diminuer son mérite.

Etant en voyage, j'ai eu l'avantage de recevoir copie, en temps réel, de la réaction de mon cher ami et collègue Amadou Touré à mon précédent article qui traitait des contours du rapport 2006 du Vérificateur général (VG). Je vais y répondre assez vite et avec sérieux.

Tout d'abord je suis enchanté de la réaction du Pr. Amadou Touré que je n'ai, hélas, pas revu depuis 10 ans. Voilà une preuve de plus qu'un débat peut être courtois et surtout sans esprit polémique.

Amadou Touré est un professeur hors classe de littérature donc je ne peux pas le soupçonner de ne pas m'avoir lu en profondeur. Alors pour expliquer la distance qu'il y a entre son article et ce que j'en attendais, il me reste la possibilité de penser que mon article n'était ni clair ni bien écrit. J'en présente mes excuses aux lecteurs. En premier lieu je voudrais faire une pétition de principe qui est la suivante : Le gouvernement qui a installé le VG est un gouvernement légitime. De ce fait et parce que ni le VG, ni ses activités, à ma connaissance, n'ont été sanctionnés par la justice, ils sont légaux et légitimes.

Le bureau de VG est-il en double emploi ? Coûte-t-il trop cher ? Ses méthodes sont-elles critiquables ? Il ne m'appartient pas de discuter ces points en ce moment. Aux yeux du gouvernement, ce bureau a été créé comme un outil important lui permettant d'atteindre ses objectifs. Partant, les résultats du bureau du VG devront, à mon humble avis, être discutés comme un élément du bilan du régime politique qui l'a créé. Cela en son temps. Entre-temps, les disputes et contradictions méthodologiques peuvent être portées à la connaissance du Tribunal administratif.

Ensuite, j'espère pouvoir être assez clair sur quelques points débattus par mon ami et collègue Amadou Touré.

(1) Lorsque je me porte incompétent pour juger du rapport du VG, il ne s'agit pas de compétence technique à comprendre les matériaux exposés, mais, du fait d'être hors du champ des opérations, ne pouvant connaître des méthodes du travail, de la qualité des documents des enquêtes, je me trouve sans la moindre compétence pour juger du rapport en tant que tel.

(2) J'apprécie le travail du Pr. Amadou Touré comme spécialiste de l'édition au Mali. Oui, la Librairie du Mali a été créée par un texte en date du 15 juillet 1961. Cependant, les promoteurs n'ont pas attendu le 15 juillet pour agir. Du 22 septembre 1960 au 15 juillet 1961 des actions ont été entreprises. L'époque allant de 1960 à 1962 fut une période de grande effervescence patriotique. Je vais rappeler une chose que de nombreux jeunes ne savent pas.

Après le 22 septembre 1960, lorsque les ministres du premier gouvernement ont rejoint leurs bureaux, il n'y avait en général même pas de papier ou de quoi écrire. Souvent, les premiers biens de la République du Mali ont été apportés par des patriotes. La plupart n'étaient pas membres du RDA. De nombreux Maliens, souvent plutôt modestes et anonymes, ont offert des tas de choses aux Mali. Je peux assurer que Amadou Jikoroni Traoré a offert sa librairie.

Il s'est passé aussi que le jeune Etat, lorsqu'il a rassemblé quelques moyens financiers, a offert des « dédommagements » à certains. Souvent ces actes de réparation sont moins connus. Je n'ai jamais demandé à Amadou Jikoroni s'il a ou non été « dédommagé ». Rétribué ou non, Amadou Jikoroni qui a, en premier lieu, agit comme bien de Maliens en pensant au pays et non à des rétributions à venir, ne peut en aucun cas perdre l'estime de patriotes au rang desquels je me situe ni diminuer son mérite.

Etre patriote signifie que l'on privilégie son pays mais ne veut pas dire perdre tout sens de l'intérêt personnel. Dire ce qui se trouve consigné dans les archives de rétribution financière ne dit rien sur la motivation originelle des patriotes qui ont aidé la renaissance de notre pays. La procédure manquait-elle de transparence ? Sans doute. Mais je mets quiconque au défi de trouver dans le monde de 1960-61 un seul pays qui était transparent au sens ou on l'entend en 2007.

(3) Je ne veux pas faire l'apologie d'un régime politique ou opposer des fonctionnaires d'époques différentes. Je veux citer des faits discutables peut être dans leurs prolongements, mais vérifiables dans leurs réalités. Au lieu de Amadou Jikoroni ou du président Modibo Kéita, j'aurai pu citer bien d'autres Maliens anonymes ou moins anonymes. J'aurai pu citer un homme qui, à mon avis, a été un haut fonctionnaire exemplaire de probité : Méto Djourté . Il fut, je crois parmi les premiers Maliens à être directeur de cabinet au ministère de la Santé. A sa retraite en 1969, il est retourné, la tête haute et la conscience claire, dans son village dans la région de Mopti.

Du reste dans chacun de mes articles, je cite des Maliens méritants. Pêle-mêle, il m'est arrivé de citer Mohamed Alfousseyni Touré, secrétaire général de la présidence au milieu des années 1980, Fagnanama Koné, Mamadou Fofana , ingénieurs, Baba Akhib Haïdara, Ntji Idriss Mariko , enseignants qui furent tous hauts fonctionnaires sous le régime militaire mais cela n'a pas à mes yeux diminué la qualité de ces hommes ou altéré d'éminents services qu'ils ont rendus à notre pays. Récemment j'ai cité certains de mes maîtres, Abdoulaye Thiam , Tiémoko Traoré, Hamadi et Tenemba Macalou , Singo Coulibaly. J'ai cité des serviteurs de l'éducation, Bakary Kamian , Sékéné Mody Sissoko, Mme Soumaré Aïssata Diallo, Modibo Kéita, etc.

Si l'occasion m'est donnée, je citerai des hommes publics du jour présent. Par exemple, j'ai apprécié que les ministres Cheick Oumar Sissoko et feu Mamadou Lamine Traoré aient apporté des soutiens réels, en compagnie de Mme le recteur, aux efforts des Maliens de l'intérieur comme de l'extérieur dans la promotion de la recherche scientifique. De ces 3 personnes, je ne connais que Cheick Oumar. Je n'ai jamais rencontré ni feu le ministre Traoré ni Mme le recteur. J'ai dit à plusieurs reprises l'estime et la confiance que j'avais pour le doyen Salikou Sanogo de la Fast , j'ai dit le mérite du Pr. Aboubacar Sidiki Cissé d'avoir créé le Tokten ou des jeunes comme Ogobara Doumbo qui font du travail scientifique honorable.

J'écrirai aussi un jour tout le bien que je pense de messieurs les ministres du Tourisme, des Petites entreprises et des Finances dans le rôle qu'ils ont joué en évitant que l'hôtel El Farouk soit, de façon insensée, arraché à ses propriétaires et vendu aux enchères. Ils ont mis en place une solution éminemment intelligente, patriotique et économiquement efficace.

Dans mes articles dans Les Echos (au début des années 1990 j'ai écrit dans un journal qui s'appelle L'Observateur) je m'emploie à valoriser des actions positives des personnalités ayant joué ces rôles afin d'en faire des exemples pour la jeunesse. Au-delà du Mali, je dis très souvent que Mobutu avait fait un excellent travail dans son pays en faisant la promotion de l'éducation nationale.

Le Zaïre était, à ma connaissance le seul pays d'Afrique noire en dehors de l'Afrique du Sud à produire des livres pour tout son système éducatif. Il était le seul pays africain dont l'Université disposait d'un réacteur nucléaire de recherche (les autres pays n'ont même pas encore commencé à réfléchir a la question : comment dans 50 ans la population aura de l'énergie). Des malades venaient de Belgique, du Portugal, de France et d'Afrique du Sud, entre autres, pour se soigner à l'hôpital Mama Yemo de Kinshasa. Dire cela, c'est parler de faits avérés. Mais cela ne dédouane en rien Mobutu et son régime, pour le reste, tout le reste de leurs actions.

Sans faire partie d'aucun gouvernement, j'ai vu de très près la plupart des gouvernements africains et cela au moins durant les 30 dernières années. Cela me donne une responsabilité particulière que j'assume.

(4) Mon cher collègue et ami ne dément pas que le président Modibo Keita (que je critique durement pour d'autres actions comme le jugement et la disparition de Fily Dabo Sissoko et ses compagnons) avait refusé le paiement à lui de toute rétribution. Il est de notoriété publique qu'il a offert son champ au Mali. Mon intention n'est pas d'ouvrir un tribunal historique, mais de profiter de chaque opportunité de prise de parole pour lister certains actes qui honorent ceux qui les ont faits en faveur de notre pays et de l'Afrique.

(5) Je crois que le développement est une question qui est posée à notre peuple dans son ensemble, bien entendu la personnalité du président de la République est importante mais la marche vers le développement va au-delà d'un seul régime. Nulle part, contrairement à ce que l'on pourrait comprendre à travers l'article de mon collègue et ami, je n'ai jamais mis en cause ni la volonté, ni la compétence ni le patriotisme du président actuel, Amadou Toumani Touré. Je ne vis pas au pays, je ne connais pas l'homme. Le peuple l'a jugé en lui donnant un satisfecit en avril 2007. Le reste du débat concernant son travail appartiendra aux historiens.

Mon rôle humble et permanent, s'appuyant sur ma liberté de conscience et mon attachement à notre pays, est de contribuer à la réussite de toute action patriotique et de la faire connaître à la jeunesse.

(6) Non je ne suis ni pessimiste ni déçu ; je suis rigoureux et exigeant.

(7) De même je ne connais pas la personne du VG. Ce que j'ai dit est qu'il ne faut pas ignorer la corruption dans notre pays. Les chiffres avancés par le VG peuvent être contestés dans leur génération, mais au finish, le VG obtient un montant qui est crédible et correspond aux évaluations sérieuses que je connais.

Les 100 milliards sont en proportion de 40 % de l'économie d'où une évaluation de la totalité des malversations sur l'ensemble de l'économie est 100/0.4 = 250 milliards. Pourquoi le montant des malversations et autres dissipations ne peut être inférieur à ce montant ? Parce que s'il l'était le Mali créera de la richesse au lieu d'en détruire comme c'est le cas.

(8) Les séminaires de formation, à mon entendement, sont des séminaires internes et donc n'engendrent pas de coûts réels. Oui à l'éducation des enfants mais certains de leurs éducateurs en premier lieu, certains parents se comportant souvent comme de parfaits malfaiteurs au bureau et en ville, il faut aussi éduquer ceux-ci et même appliquer les rigueurs de la loi à ceux qui résistent à la bonne conduite.

Je constate que pour le reste et l'essentiel, je suis en accord avec mon collègue et ami le Pr. Amadou Touré que je remercie encore une fois de sa réaction constructive qui m'a appris beaucoup de choses.

Pour finir, je souhaite que les intellectuels maliens participent au débat constructif, c'est une thérapie démocratique. J'ai écrit au milieu des années 1990 que la négligence et l'incompétence, à mon avis, coûtent plus cher à notre pays que la malversation intentionnelle. Il faut en discuter. Mettre en cause les influences néfastes des familles. Il faut aussi pointer du doigt des zones qui se sont placées en dehors de toute règle de gestion saine.

D'après toutes les informations sérieuses qui me sont parvenues, l'Assemblée nationale est un de ces lieux dont la gestion ne correspond à aucune orthodoxie, depuis 1992. Dire cela ne consiste pas à mettre en cause le président de l'Assemblée ou le questeur mais un état d'esprit à n'observer aucune règle de bonne gestion. C'est cet esprit néfaste qu'il faut combattre.

Dialla Konaté

( de passage à New York, 1er août 2007

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FINANCEMENT PUBLIC DES PARTIS POLITIQUES

Nécessité ou gâchis financier ?

Malgré la manne financière qu'ils reçoivent de l'Etat tous les ans, les partis politiques restent incapables d'assumer leurs missions d'éducation civique des citoyens et de consolidation de la démocratie. D'où l'organisation d'une journée de réflexion du Réseau des journalistes économiques du Mali ( Rjem ), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung , sur le financement public des partis politiques. C'était samedi à la Bibliothèque nationale.

En organisant une journée sur le financement public des partis politiques au Mali, le Réseau des journalistes économiques, aux dires de son coordinateur Alexis Kalambry, voulait engager les débats sur une question à la fois politique et économique et qui interpelle tous les fils de la nation.

Les partis politiques maliens se partagent, bon an mal an, 900 millions de F CFA du moins du contribuable. Si l'esprit de ce financement est d'aider les partis politiques à assurer leurs missions de formation de la volonté politique, de l'éducation civique des citoyens et de la consolidation de la démocratie, il faut dire que c'est raté. Car : « Les actes de mauvaise gestion dénoncés au quotidien détruisent la confiance du citoyen dans le personnel politique. La preuve, le refus des citoyens à aller voter » , argumentera M. Kalambry qui s'est posé la question de savoir « s'il est encore possible de justifier les affectations financières consenties aux partis politiques en raison de l'échec collectif de ces derniers à mobiliser la population malienne » .

Dans son exposé, le conférencier Moussa Kaba Diakité, économiste et consultant en relations publiques, a fait un bref rappel de l'historique et la philosophie du financement public avant de développer les critères d'éligibilité, les missions, usages et contrôle ainsi que son impact sur la démocratie.

Selon lui, c'est avec l'avènement de la démocratie plurielle en 91 qu'est apparue la nécessité d'accorder des financements aux partis politiques ; les caisses de l'Etat se confondant avec celles du parti sous la première République. Les partis politiques ne toucheront à leur premier financement qu'en 1997 sur la base de critères et conditions édictés dans la loi 0547 du 18 août. Il s'agit de justifier la tenue régulière des instances dirigeantes du parti, disposer d'un siège et d'un compte dans une institution financière reconnue, tenir un inventaire annuel des biens du parti, justifier la provenance des ressources financières, avoir participé aux élections générales, etc.

La section des comptes de la Cour suprême est chargée de vérifier en aval la moralité des dépenses et a la latitude d'exclure tout parti qui présente un faux bilan. Parlant de l'impact de cet argent, le conférencier dira « qu'à l'usage, ces ressources servent surtout à organiser les instances des partis, congrès, conférences et autres activités politiques. Très peu de partis consacrent ces fonds à l'éducation civique des citoyens » . Toutefois, ajoutera-t-il, le financement permet à certains grands partis de se renforcer davantage et à d'autres de stagner.

C'est pourquoi, aux termes des débats et au regard du cas spécifique où le président de la République a dû décidé de partager une partie du financement entre les partis, tous déclarés non éligibles, les participants, (une trentaine de journalistes) ont proposé, entre autres, la révision des critères d'attribution des fonds à défaut de leur suppression pure et simple, la délocalisation des ressources…

Sidiki Y. Dembélé

 

L'argent du contribuable englouti par les partis politiques de 1997 à nos jours en F CFA

Adéma  : 1,411 milliard

RPM : 673 millions

Cnid  : 195 millions

Parena  : 172 millions

URD : 137 millions

US-RDA : 74 millions

Sadi  : 76 millions

Bdia  : 76 millions

MPR : 90 millions

UDD : 97 millions

RND : 60 millions

PDR : 42 millions

Ramat  : 39 millions

PSP : 30 millions

PIDS : 28 millions

PDJ : 27 millions

Miria  : 23 millions

RDT : 19 millions

Bara, Fama , PEI : 17 millions chacun

RDS, UFDP, Madi  : 15 millions chacun

Les autres, du 70e parti politique au 106e : 879 000 F

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DECES D'ALMAMY SYLLA

Un monument de la politique malienne se couche

La triste nouvelle est tombée tôt hier matin. Almamy Sylla, ancien sous-directeur de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) est décédé dimanche 5 août à l'aube, à son domicile de Korofina-Nord . Agé d'environ 84 ans, Almamy Sylla était depuis plusieurs mois malade couché à la maison.

L'ancien président fondateur du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) a définitivement rompu avec la scène politique après les élections générales de 2002 qui ont vu l'élection du président ATT à la tête de l'Etat.

En 1992, moins d'un an après la création de son parti, le RDP, Almamy Sylla était candidat à la première présidentielle de l'ère démocratique au Mali, remportée par le candidat de l' Adéma , Alpha Oumar Konaré. Il était également dans la course à Koulouba en 1997 aux côtés d'autres candidats de l'opposition contre le candidat sortant de l' Adéma , Alpha Oumar Konaré.

Le scrutin présidentiel du 13 avril 1997, qualifié d'échec par une partie de la classe politique malienne, avait servi d'alibi à l'opposition pour boycotter le reste du processus. Les contestations vont plus tard aboutir, sous la houlette d' Almamy Sylla, à la mise en place d'un Collectif des partis politiques de l'opposition ( Coppo ), opposition radicale.

Le doyen, fatigué par le poids des ans et la maladie, a finalement signé sa retraite politique à l'issue de la présidentielle de 2002 en abandonnant définitivement le poste de président du RPD. C'était également la fin du Coppo et la mort de l'opposition politique au nom du consensus prôné par ATT.

De sa retraire, Almamy Sylla était de moins en moins visible sauf en de rares occasions à caractère social. Après une brillante carrière de fonctionnaire international et une vie politique mené tambour battant, M. Sylla, stoïquement, a tiré sa révérence.

Son inhumation aura lieu cet après-midi à partir de 16 h. Dors en paix, doyen, Amen !

 

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NTIC

Le web 2.0 expliqué aux internautes

Les Nouvelles technologies de l'information et de la communication ( Ntic ) cachent d'immenses potentialités capables de faire prospérer les affaires. Les atouts du logiciel web 2.0 étaient au centre d'une conférence-débat organisée par la Société malienne de protection ( Somap ) à l'intention de l'administration et du milieu des affaires malien.

La Somap est spécialisée dans la protection incendie, des bâtiments publics et autres. Selon son président, Ambadjo Kadjogué , ex-ministre de l'Artisanat et du Tourisme, elle a fait appel à une Belge, Marie Walkiers , consultante en gestion des PME et des sites Internet pour partager ses expériences avec les Maliens. M. Kadjogué a expliqué que nos pays connaissent une fracture numérique qu'il convient de combler par l'effort citoyen de tous.

Dr. Ousmane Djiguiba , spécialiste en conception assistée par ordinateur et consultant en architecture technique a d'entrée de jeu levé un coin du voile sur les bénéfices que les opérateurs économiques peuvent tirer de l'Internet au Mali et en Afrique sur les plans du marketing, de la publicité et de la clientèle. C'est ainsi qu'il a fait cas du logiciel web 2.0 qui est, selon lui, peu coûteux mais facilement adaptable au contexte économique de l'utilisateur.

Le web 2.0 est défini par la consultante belge, Marie Walkiers comme le web du futur, une plate-forme d'échanges où l'on fait participer de plus en plus activement l'internaute. L'idéal, à ses dires, est que l'internaute soit à la fois contributeur et bénéficiaire avec la notion de collaboration ou de réseau.

Aux dires du Dr. Djiguiba , le logiciel a l'avantage d'être basé sur des évolutions rapides. Il peut fonctionner sur un simple PC permettant à l'utilisateur de se connecter sur n'importe quel site.

Le public, visiblement intéressé, n'a pas manqué d'exprimer sa préoccupation par rapport au faible débit de connexion que nous connaissons au Mali et dans beaucoup d'autres pays africains. Ce qui peut, selon certains, freiner l'élan des internautes. Des constats que Mme Walkiers a jugés pertinents à défaut d'apporter une solution pérenne. Le public venu nombreux était des secteurs des affaires, de l'administration générale et du monde scolaire et universitaire.

Abdrahamane Dicko

 

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 IMPOT SYNTHETIQUE

Onze nouveaux taux introduits

Le 1er août dernier, le conseil des ministres a apporté des modifications à l'impôt synthétique, ce qui ne manquera pas de provoquer des grincements de dents au niveau des nouveaux assujettis.

L'impôt synthétique, qui a été institué par la loi du 1er février 1999, est un impôt auquel sont assujettis les exploitants individuels d'entreprises réalisant au maximum 30 millions de F CFA de chiffres d'affaires annuels. Il s'agit d'un impôt payable en une fois et au moyen d'une vignette.

Sont notamment soumis à cet impôt les artisans et les personnes qui exercent des activités commerciales ou de service avec un chiffre d'affaires ne dépassant pas 30 millions de F CFA.

Cette nouvelle imposition a été mise en place en vue de simplifier la législation et alléger les procédures en matière fiscale et d'élargir la matière imposable par la fiscalisation du secteur informel.

Une évaluation de l'application de l'impôt synthétique, réalisée en 2004, a mis en évidence certaines insuffisances. Il s'agit notamment de l'existence d'un écart trop important entre certains taux, de l'inadaptation du tarif concernant certaines professions, de l'inégalité de traitement des contribuables résultant du zonage.

Le présent projet de loi est adopté pour corriger les insuffisances constatées. Au titre des innovations introduites, il faut noter : l'élargissement des tranches avec la création de 48 nouvelles pour tenir compte de la diversité des situations ; l'imposition des tailleurs par atelier avec des pondérations selon le nombre de machines ; la différenciation entre salon de coiffure, coiffeur et tresseur ; la suppression des zones qui étaient prises en compte pour le calcul de l'impôt.

Avec les modifications introduites, les tarifs de l'impôt synthétique vont comporter désormais 24 taux contre 13 précédemment.

A. K.

 

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 RECOMPENSES

Vers une « bourse MLT » ?

Les bourses d'excellence que le service de Coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France au Mali octroient chaque année aux meilleurs étudiants maliens porteront-elles le nom du professeur Mohamed Lamine Traoré (paix à son âme), ministre de l'éducation nationale ?

C'est en tout cas le vœu exprimé par Jean-Claude Piet, chef de service de la Coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France. C'était au cours de la cérémonie qui a consacré la sortie de la première promotion de la licence 3 en administration et gestion des entreprises (L3 AGE) de l'Institut des hautes études en ménagement (IHEM), le 2 août.

M. Piet, qui est en fin de mission au Mali, a déclaré que durant les 3 années passées dans notre pays, c'est de bons rapports de collaboration qu'il a eus avec le ministère de l'Education dans le cadre du projet franco-malien d'appui à l'enseignement supérieur.

Lui répondant, le ministre de la Culture et de l'Education, Cheick Oumar Sissoko, qui présidait la cérémonie, a dit toute sa gratitude à la Coopération française pour son appui à l'enseignement supérieur.

La cérémonie qui consacrait la sortie de 28 étudiants finalistes en L3 AGE, promotion Ousmane Oumarou Sidibé, a été mise à profit pour la remise symbolique aux récipiendaires des trois bourses d'excellence offertes par l'ambassade de France. Les heureux étudiants étudieront en Master 1 et en L3 licence à l'Université d'Evry Val (Essonne).

C'est la première fois que des bourses d'excellence sont attribuées à des structures supérieures privées du Mali. Pour le ministre Sissoko, la sortie de la promotion L3 AGE contribuera sans nul doute à la recherche de solution au déséquilibre entre l'insuffisance des ressources disponibles et la croissance des effectifs auxquels la plupart des pays de la sous-région sont confrontés. Une cérémonie d'hommage au Pr. Mala a précédé l'événement. C'est ainsi que le promoteur de l'établissement, Abdallah Coulibaly a rendu un hommage mérité à son ami, parent, le Pr. Mohamed Lamine Traoré qui, au-delà de son titre de ministre de l'Education, a été un collaborateur de l'IHEM (il y a enseigné le confucianisme).

Soumeylou Boubèye Maïga , camarade de lutte du défunt, a fait un témoignage éloquent sur l'illustre disparu. Pour lui le professeur a été et restera un exemple pour les générations futures.

Amadou Sidibé

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 ECHEC DE LA PRIVATISATION DE L'HUICOMA

Des questions sans réponse

Les événements ont donné raison à ceux qui pensaient que la privatisation de l'Huilerie cotonnière du Mali ( Huicoma ) n'aboutirait à rien de bon pour le pays. En plus des chefs de famille, qui sont aujourd'hui en chômage technique, une grande majorité des Maliens payent le prix fort à travers la hausse du prix de la viande, de l'huile… Au même moment, ceux qui ont bradé la société et leurs complices se la coulent douce.

Malgré les déclarations du gouvernement, le prix de la viande n'est pas revenu à hauteur de souhait. Pis, c'est même une crise de viande que les consommateurs bamakois doivent affronter depuis quelques semaines. Sans compter que les ménagères doivent se résoudre aussi à payer le litre d'huile à 700, voire 750 F CFA. Une quantité qu'elles pouvaient obtenir à 500 F CFA il y peu de temps.

Le célèbre « Koulikoro safinè  » (le savon Huicoma ) est presque hors de portée. Sans compter que la crise de la viande a aussi une incidence sur le marché de poisson. A entendre des ménagères, il y a des crises spontanées du poisson de mer dont le kilo serait passé de 500 à 800 F CFA. Le poisson (frais ou fumé) d'eau douce ? N'en parlons pas !

Comment en est-on arrivé là ? C'est la question que nous posent souvent les consommateurs dépités par l'indifférence des autorités face à leur sort. Tout est parti du bradage de l' Huicoma . Sa privatisation, lancée sous la pression de la Banque mondiale le 6 décembre 2002, est aujourd'hui à la base du calvaire des Maliens.

Après de longues négociations, l'Huilerie est devenue la propriété du Groupe Tomota le 16 mai 2005. C'était à l'issue d'un supposé appel d'offres lancé en septembre 2004 par le gouvernement à travers le ministère des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières. Une vraie farce en réalité qui avait plutôt profité plus à certains cadres de l'Etat qu'au Trésor public.

En effet, le Groupe Tomota n'avait déboursé que 9 milliards de F CFA pour battre la Société Ndiaye et Frères (SNF) et Dagris . Un vrai cadeau de la part du gouvernement qui, selon nos sources, avait déboursé près de 12 milliards pour la rénovation de la seule usine de Koutiala. Et Dieu sait que les actifs de l' Huicoma (voir encadré) étaient assez solides pour qu'elle ne soit bradée de cette façon scandaleuse.

Et depuis, cette société n'est que l'ombre d'elle-même. Non content de l'avoir obtenue pour une bouchée, l'acquéreur s'est permis d'acheter le coton graine à bas prix pour l'exporter. Ce qui lui apporte certainement plus que de faire tourner des usines obtenues à bas prix.

Comment peut-on mettre 9 milliards dans une société et la mettre en faillite ? En réalité, l' Huicoma a été achetée pour éliminer toute concurrence nationale. Il s'avère que l'exportation du coton graine, acheté à bas prix par les négociants, rapporte plus au groupe que la production des usines. Ainsi, le 17 juin 2007, 462 travailleurs étaient mis en chômage technique. Le 20 juin 2007, les travailleurs apprennent avec amertume la suppression de toutes les indemnités octroyées dans le cadre de l'accord d'établissement CMDT-Huicoma.

Aujourd'hui, ce sont les travailleurs de l'usine de Koutiala qui sont en chômage technique à leur tour. Selon certains travailleurs, qui ont requis l'anonymat, cette situation n'a été officialisée que ces derniers jours sinon ils étaient déjà en chômage technique depuis des mois faute de matière première pour faire tourner les usines.

L'impunité pour les fossoyeurs de notre économie

Ainsi, on ne peut que faire l'amer constat que, deux ans seulement après la vente de 84,13 % des actions de l'Etat au Groupe Tomota , l' Huicoma est inexorablement à la faillite. Pouvait-on attendre mieux de la part d'un repreneur qui a obtenu le marché en violation flagrante du cahier des charges ? Ce document exigeait par exemple qu'il justifie une expérience dans l'industrie agro-alimentaire ou soit associé à une structure ayant cette expertise. Ce qui n'était pas le cas du Groupe Tomota contrairement à la SNF et à Dagris .

Ce n'est un secret pour personne que l' Huicoma , comme d'autres unités industrielles avant elle, a été bradée à un opérateur qui n'était pas à la hauteur des attentes nationales. Et ce sont les consommateurs qui payent les pots cassés aujourd'hui. En effet, c'est la crise de l'aliment bétail qui a entraîné la hausse du prix de la viande et, par ricochet, celui du poisson. Sans compter les hausses enregistrées sur les prix du litre d'huile et du morceau de savon.

La relance de la croissance économique est pourtant l'un des objectifs recherchés par la privatisation prônée par la Banque mondiale et le FMI. Incapables de relancer les unités qui leur ont été cédées, ils mettent aussi en péril le devenir de centaines de travailleurs et fragilisent des pans importants de notre économie nationale. Comme le Bénin vient de le faire avec un opérateur Télécom , le Mali doit revoir le contrat de cession de la plupart des sociétés privatisées ces dernières années.

Si l'Etat a eu le courage de reprendre EDM à Saur International, il doit faire de même avec Huicoma . Mais, les coupables sont connus et sont encore à des postes de responsabilités dans ce pays. Le peuple ne réclame pas du sang, mais des têtes. Les têtes qui se sont enrichies aux dépens du Trésor public.

Nous osons croire que les décideurs seront sensibles à la détresse des consommateurs et que les coupables vont répondre de leurs crimes. De toutes les façons, comme le disait récemment Moustapha Guitteye (dans une tribune dans la presse), il ne faut jamais oublier que « l'histoire des peuples est l'histoire de la lutte émancipatrice des travailleurs. Les vérités cachées de la privatisation de Huicoma apparaîtront au grand jour » . Alors s'exposeront au jugement de l'histoire aussi bien les prédateurs de l'Huilerie que ceux qui ont fermé les yeux sur les agissements.

Moussa Bolly

 

Un géant bradé

Créée en 1979, Huicoma avait un capital social de 16,5 milliards de F CFA en 2005. Sa création répondait à l'ambition de valorisation de la graine de coton et de ses sous-produits ainsi que tout autre oléagineux par leur transformation et leur commercialisation. La société disposait de plusieurs actifs industriels au moment de sa cession.

Mise en service en novembre 1981, l'usine de Koutiala est un complexe de production d'huile neutre alimentaire, d'aliment bétail et des tourteaux (aliments bétail). Elle a une capacité de trituration de 650 tonnes de graine de coton par jour. L'usine de Koulikoro, issue du rachat de la Sepom en septembre 1986, dispose d'une capacité de 500 tonnes par jour et d'équipement permettant de produire et de conditionner de l'huile raffinée de coton, des savons de ménage, des aliments bétail et de la crème de beauté, Karitéa . Obtenue du rachat de la Sepama en novembre 1995, l'usine de Kita a une capacité de 150 tonnes par jour et produit de l'huile neutre et des tourteaux gras.

En plus de ces actifs, Huicoma avait racheté en 1994 l'usine de fûts de la Compagnie malienne de la navigation ( Comanav ) et possédait des cuves au Port de Dakar. Au moment de la privatisation, la société employait plus de 1100 agents. Et sa contribution aux recettes fiscales de l'Etat (impôt et taxes) s'est chiffrée entre 1997 à 2002 à 40 milliards de F CFA. Le déficit de la société qui était de l'ordre de 2 milliards en 2001 avait été comblé. Mieux, Huicoma affichait un résultat bénéficiaire de 275 millions de F CFA en 2002 pour un chiffre d'affaires de 27 milliards.

Qu'est-ce qui pouvait justifier alors la privatisation d'une telle société ? Qu'est-ce qui a poussé l'Etat à céder une unité industrielle aussi importante à un repreneur qui n'avait aucune expérience dans ce domaine ? Tôt ou tard, le peuple aura la réponse à ces questions car les langues commencent à se délier.

M. B.

 

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 CHAMPIONNAT NATIONAL

Le Stade se détache du peloton de tête

A l'issue de la 21e journée du championnat national de football, le Stade malien de Bamako s'est installé seul dans le fauteuil de leader en concédant le nul vierge face au Djoliba et en profitant surtout de la défaite (2-1) du COB face au CSK.

La 21e journée du championnat national s'est jouée le week-end dernier. Dans le match des mal classés, le C. S. Duguwolonfila s'est refait une santé en dominant le Stade malien de Sikasso (1-0). Les Koulikorois ont enfoncé leurs adversaires du jour, qui se retrouvent ainsi à la 13e place devant la lanterne rouge, le Sigui de Kayes. Après avoir manqué un penalty en 1re période, les joueurs de la Capitale des Rails ont plié l'échine devant l'Association sportive de Korofina ( Asko ), qui s'est imposée par 3-0.

A Ségou, l'AS Bakaridjan de Barouéli a été tenue en échec par les militaires de l' Usfas un but partout. L'unique réalisation de Bakaridjan est l'œuvre d'Abdoul Karim Magassouba . Un but qui va certainement alimenter les débats suite au remplacement controversé du goleador lors de la finale de la Coupe du Mali.

Depuis l'arrivée de son nouvel entraîneur guinéen, l'Association sportive de Bamako (ASB) connaît une amélioration dans son jeu. Celle-ci s'est traduite une fois de plus par une victoire (2-1) sur l'AS Commune II. L'AS Réal a, de son côté, atomisé le Nianan de Koulikoro 4 buts à 0. Les joueurs de Banou Makadji n'ont pas pu résister au talent des Momo Wandel Soumah et autres Jacques Koffi Nguessan .

Si le COB et le Centre Salif Kéita (CSK) s'étaient séparés sur un score nul à l'aller, les Centristes sont sortis victorieux de l'une des grandes affiches de cette 21e journée. Les Domingo Boys (CSK) ont fait perdre aux poulains d' Aliou Badra Diallo leur place de co-leader avec le Stade malien de Bamako. Les Blancs de Bamako ont bien profité de la défaite des Olympiens (COB) en faisant match nul vierge avec le Djoliba AC.

Dans le classico du football malien, le Stade ne devra son salut qu'à la clairvoyance du coach Cheick Diallo en seconde période et à la maladresse des attaquants du Djoliba devant les buts de Soumbeyla Diakité. A l'image d'Ousmane Bagayoko , les poulains de Fagnéry Diarra ont gâché un nombre incalculable d'occasions franches de but.

Avec 46 points contre 45 pour le COB et 43 pour le Djoliba , le Stade malien de Bamako est le grand bénéficiaire de cette journée et a plus que jamais son sort entre ses mains dans la conquête du titre de champion.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

 

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