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2007

Mois d'août

Les Echos du 03 août

CONSOMMATION

Le prix de la viande toujours intouchable

Malgré l'exonération momentanée accordée par le gouvernement, les prix du kilo de la viande connaissent depuis un certain temps un retour à la hausse au grand dam des consommateurs. Le kilo de la viande avec os est à 1400 F CFA et 1600 F CFA pour la viande sans os.

« Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Le gouvernement avait pris des mesures pour ramener le prix de la viande à la baisse en fixant un prix de 1200 F le kg de la viande avec os, mais maintenant on assiste impuissant à une cherté excessive de cette denrée. Pour le moment, nous consommons peu la viande » . Tel est le cri de cœur d'un des nombreux consommateurs de viande au Mali.

Comme cette femme, les consommateurs de la viande ignorent les raisons du « retour à la hausse » du prix de la viande alors qu'ils ont toujours en tête que le gouvernement est récemment monté au créneau en exonérant la filière viande. « Est-ce à dire que le gouvernement ne s'est pas exécuté en respectant aussi longtemps que possible les engagements pris aux Maliens ? » se demandent beaucoup de consommateurs.

En tout cas, ces derniers disent qu'un « gouvernement en partance n'a cure des problèmes des consommateurs » . Sinon, comment comprendre la passivité des autorités face à cette hausse vertigineuse de la viande ? s'interrogent -ils encore.

Du côté des bouchers, on attribue la responsabilité de ce « retour à la hausse » au gouvernement, qui a « montré au grand jour son incapacité à exonérer la viande » .  « Le gouvernement nous a dit d'abattre nos bœufs nous-mêmes sans exonération contrairement au moment de la crise » , rappelle un boucher. Les bouchers ajoutent que les prix de la viande se justifient aujourd'hui par le fait que « les prix du bétail sont inabordables » . Ils ajoutent : « En toute logique, nous sommes obligés de vendre la viande au prix auquel nous le vendons aujourd'hui » . Comme pour dire que le retour à la normale tient à la baisse du prix d'achat des animaux.

Pour qui connaît « l'exportation massive et abusive » de nos animaux vers nos pays voisins, dont les populations ne souffrent guère d'une telle hausse, il « en sera toujours ainsi tant que le Mali ne changera pas de politique d'exportation de bétail » .

Il faut aussi signaler que certains marchés de la capitale connaissent toujours de petits problèmes d'approvisionnement en viande. Pour une solution durable et définitive à cette flambée continue de la viande, le gouvernement devra surtout revoir sa politique de bétail et fixer des règles fermes pour les bouchers.

En tout cas, les appels, qui sont la conséquence d'une longue et difficile épreuve des consommateurs de viande, ne manquent pas pour « mettre les autorités face à leurs responsabilités » .

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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« LE MALIEN, UN LOUP POUR LE MALI ? »

Le Pr. Amadou Touré réagit à l'article du Pr. Dialla Konaté

Non ! Dialla tous les Maliens ne sont pas des loups pour le Mali. Ce serait scier le tronc du grand baobab qui nous protège et sous lequel nous sommes tous assis !

Le journal Les Echos du vendredi 27 Juillet 2007, a publié une réflexion de Dialla Konaté sous le titre « le Malien, un loup pour le Mali ? » . Dans son article, l'auteur s'appuie sur le rapport du Vérificateur général, pour juger avec sévérité le comportement des cadres maliens d'aujourd'hui qui, dit-il, « sont formés plus pour dépenser de l'argent mis à leur disposition par un acte budgétaire que de dépenser de l'argent qu'ils ont gagné » .

Comparant la moralité du Malien d'hier et d'aujourd'hui, il souligne que sous « la première République les dirigeants au plus haut niveau étaient prêts à offrir leurs biens personnels pour le bien de la nation » . Le cas longuement cité par l'auteur de l'article est celui de la défunte Librairie populaire du Mali, une société d'Etat qui, dit-il sans preuve, serait créée grâce aux « dons matériels et financiers » d'un grand patriote.

Sur ce dossier, je voudrais apporter quelques rectifications et quelques éclairages. Depuis plusieurs années en effet, je fais des recherches sur l'édition et la commercialisation du livre au Mali afin de promouvoir la production et la diffusion de cet outil essentiel au développement de notre pays. En cela je tente de renforcer l'œuvre de certains compatriotes qui ont créé des maisons d'édition et de diffusion comme Jamana et la Ruche aux livres.

Les investigations jusqu'ici entreprises reposent sur des témoignages d'acteurs de l'époque et sur des documents authentiques. Sans nullement mettre en doute le patriotisme de la personne nommée dans l'article de Dialla Konaté, je suis en mesure d'affirmer que la Librairie populaire du Mali, n'a pas, à sa création, reçu de dons matériels et financiers de quelque Malien que ce soit.

Cette entreprise d'Etat a ouvert ses portes le 15 juillet 1961 grâce notamment à une dotation financière du bureau politique de l'Union soudanaise RDA, d'un prêt soviétique, d'apports de quelques pays comme la Tchécoslovaquie et les Etats-Unis d'Amérique, à travers le Centre culturel américain.

Sur l'intervention du libraire privé cité dans l'article, l'information donnée par Dialla Konaté n'est pas juste. Ce libraire, lit-on dans l'article, aurait « offert sa propre librairie avec le bâtiment, les équipements, le compte bancaire pour constituer la Librairie populaire du Mali » . Par devoir de vérité envers les Maliens, nous devons restituer les faits tels qu'ils se sont passés.

Les documents de l'époque l'attestent : c'est le directeur de la librairie en question qui a lui-même proposé aux responsables de la Librairie populaire du Mali, « la cession au prix de revient avec une réduction de 25 % et de la papeterie au prix de revient » . Ce sont exactement les termes du marché conclu à l'époque. Cette transaction a été jugée rentable par les deux parties. Les responsables de la Librairie populaire s'étaient fixé la date butoir du 15 juillet pour l'inauguration de l'établissement. Nous étions au 22 juin 1961. Elle était rentable aussi pour le libraire malien qui avait là l'occasion de liquider avantageusement son stock.

On sait que la marge bénéficiaire qu'un éditeur étranger accorde à un libraire local a toujours généralement varié entre 33 et 50 %. La réduction de 25 % proposée à la Librairie populaire du Mali pour la cession des livres ne peut donc en aucun cas être considérée comme un acte de bienfaisance encore moins de patriotisme. Si, à l'époque, la transparence était de règle pourquoi n'a-t-on pas consulté les autres libraires de la place ?

Connaissant un peu le domaine de la librairie, je suis certain qu'aucun d'eux n'aurait rejeté une si bonne affaire ! Sans parler de la papeterie qui a été vendue à la Librairie populaire du Mali au prix coûtant. Ainsi la proposition commerciale a été acceptée lors la réunion du conseil d'administration de la Librairie populaire du 22 juin 1961 présidée par le ministre Henri Corenthin . Pour la forme, un inventaire et non une évaluation avait auparavant été fait à la demande du même conseil par messieurs Kassé Kéita et Samba Sow . Le montant exact de cette transaction, une somme très importante en argent de l'époque se trouve dans les archives.

De l'ouverture de cette société d'Etat le 15 juillet 1961 à sa « privation » en 1989-1990, beaucoup d'autres faits se sont passés. Dans l'article de Dialla Konaté, on note pêle-mêle beaucoup d'autres sujets touchant la vie nationale. Certains apparaissent comme des contre-vérités , d'autres des points de vue discutables. Il s'agit, entre autres, des raisons de l'interdiction de séjour de René Dumont au Mali en raison de la publication de son livre « l'Afrique noire est mal partie » , des députés maliens qui se sont accordés, il y a quelques mois, des « avantages financiers » . Une mesure similaire a été prise pendant la première République, mais, nous apprend Dialla Konaté, en l'absence du président Modibo Kéita en séjour de deux mois en Chine ! ( sic ). Cette tendance est bien malienne : le chef est bon, c'est son entourage qui est mauvais !

Monsieur Konaté aurait au moins aidé ses lecteurs s'il leur avait dit comment a réagi le président à son retour au Mali ! A-t-il annulé la mesure ? D'autres sujets abordés : le faible taux de participation des Maliens aux élections, l'impossibilité de justifier le financement public des partis politiques en raison, dit-il, de leur « échec collectif à mobiliser la population » . Ces sujets sont matière à discussion. Dommage que l'éloignement géographique de Dialla Konaté ne nous permette pas d'en débattre.

Sur l'analyse et sur la proposition contenue dans l'article, j'avoue que je suis resté sur ma faim.

Je schématise la situation présentée par Dialla Konaté : le Vérificateur général, dans son dernier rapport, a révélé un énorme manque à gagner pour le Mali du fait de la corruption et de la mauvaise gestion. Il a évalué les pertes à plus de 100 milliards. Tout en reconnaissant les limites de ses connaissances en la matière, Dialla Konaté les estime à près de 250 milliards. Qui croire ?

Les causes de cette gabegie, selon Dialla Konaté, se trouvent dans le manque de patriotisme du Malien qui serait « un loup pour le Mali » . Il prend l'exemple des dirigeants du passé qui étaient des hommes irréprochables sur le plan de la moralité et du respect des biens de l'Etat. Pour lui, les cadres actuels ne méritent pas considération car ils ne connaissent pas la valeur de l'argent. En outre, ils seraient de grands déprédateurs qui abusent des ressources de l'Etat. Il donne comme exemple cet homme qui, à l'époque, aurait par patriotisme, donné ses propres biens pour favoriser la création d'une entreprise d'Etat. Tout le contraire des cadres actuels qui dépensent l'argent public, des partis politiques qui reçoivent indûment l'aide de l'Etat sans assumer leur mission, des opérateurs économiques qui s'enrichissent en abusant des exonérations. La solution ? Un séminaire atelier animé par des responsables financiers et du contrôle financier comme cela se fait en Amérique.

Première remarque : il est toujours imprudent de s'avancer sur un terrain qu'on ne maîtrise pas. Le Vérificateur général est loin d'être un néophyte en matière de calcul économique. Il n'est pas tombé du ciel ! Il est né d'une volonté politique qu'il faut tout de même saluer. Combien de pays africains se sont-ils dotés de tels instruments de contrôle ? Disons tout du lièvre sauf qu'il n'a pas de grandes oreilles ! nous enseignent les Bamanans . Entendons-nous bien : je ne fais ici l'éloge ni de la corruption ni de la prévarication. Je constate simplement que la lutte contre ces fléaux est devenue une réalité au Mali. Tout le long des 47 ans de notre indépendance, des exemples pullulent.

Je rappelle aussi, sans vouloir l'excuser, que les phénomènes de la corruption et la prévarication ne datent pas d'aujourd'hui au Mali. Ils ne sont pas propres à notre pays. Ils ne sont pas propres à l'Afrique. A des degrés divers, ils existent dans tous les pays du monde. Chaque pays tente des actions pour l'éradiquer car pour un pays pauvre comme le nôtre, ils constituent un sérieux obstacle au développement. Au Mali, ces maux plongent leurs racines loin dans l'histoire. « San'i kajigin i bin yoro la, jigin i talon yoro la » (au lieu d'en vouloir à l'endroit où tu es tombé, il convient d'en vouloir à l'endroit qui t'a fait trébucher), disent encore les Bamanans . C'est une vérité de Lapalisse : le présent tire sa source du passé. Il n'y a pas de générations spontanées. Il n'y a pas de rupture fondamentale entre le Malien d'hier et celui d'aujourd'hui. Amadou Hampâté Bâ l'a bien illustré dans « l'Etrange destin de Wangrin » .

La plupart des intellectuels maliens ont souvent peur de visiter objectivement le passé de leur pays. Ils nourrissent aussi une certaine crainte de porter un regard critique sur le présent, sûrement pour ne pas compromettre leurs carrières. Par paresse intellectuelle, par esprit de fatalité ou par conservatisme, ils sont enfin peu enclins à prospecter l'avenir. C'est Jean-Jacques Servan Schreiber qui a dit : « si l'œil reste rivé sur le passé, nous sommes condamnés » .

Nos cadres sont trop nostalgiques du passé, tenter coûte que coûte de mettre dans l'esprit des nouvelles générations l'idée que tous les responsables du pays étaient irréprochables dans leurs rapports à l'argent n'est pas juste. Revenir en arrière pour retrouver ce qui a été vécu relève de l'utopie. Beaucoup de maux que nous observons aujourd'hui trouvent leurs origines dans le passé. Pour y remédier, il faut - et là je suis d'accord avec Dialla Konaté - une bonne dose de patriotisme. Le patriotisme, c'est-à-dire l'amour du pays, doit être une valeur partagée, une composante essentielle de l'éducation et même de la foi. L'autocritique est plus salutaire que l'autosatisfaction dans un pays en développement comme le Mali car elle procède de l'honnêteté intellectuelle à reconnaître que tout n'est pas parfait, que des sacrifices sont à consentir par chacun pour accéder au mieux-être de tous.

Les séminaires périodiques proposés par Dialla Konaté comme solution à la mauvaise gouvernance de notre pays sont certes utiles. Mais ils ne sont pas suffisants car combien de réunions de ce genre ont été organisées dans le passé qui n'ont apporté le moindre changement à la situation. La priorité est à l'éducation du citoyen.

Le 22 septembre 2010, le Mali fêtera les 50 ans de son indépendance. L'occasion ne serait-elle pas idéale pour convoquer les Etats généraux de la nation où tous les Maliens seront consultés sur le devenir de leur pays ? Une nouvelle chance historique vient d'être donnée au président Amadou Toumani Touré : il présidera encore aux destinées de notre pays à cette date. Celle-ci coïncide avec son second et dernier mandat. Avec son expérience du pouvoir, sa connaissance des hommes et du pays, le président Touré n'aura nul besoin de calcul politique autre que la renaissance du Mali.

Il doit saisir cette occasion de ces 50 ans du Mali indépendant pour conduire les Maliens à réfléchir la tête froide, sans passion et sans démagogie, sur le bilan du passé et du présent, pour construire l'avenir. Il ne s'agira pas d'une Conférence nationale bis. Il ne s'agira pas non plus de déchirer des pages de notre histoire ou de rouvrir des plaies non cicatrisées. L'objectif est d'écrire ensemble les pages du futur. Ce sont les Bamanans qui l'enseignent aussi : « kun te di kun tigi ko » (On ne rase pas la tête de quelqu'un en son absence).

A la lecture de sa réflexion, j'ai perçu chez Dialla Konaté un certain pessimisme, voire une certaine déception. Je voudrais me tromper. C'est la preuve cependant qu'il aime son pays. Je mets certes en cause quelques-unes de ses observations. Ce n'est nullement pour le contrarier mais pour mieux l'éclairer et amplifier le débat qu'il a eu le mérite de lancer. Contrairement à ce qu'il pense, il y a beaucoup de raisons de croire aux Maliens d'aujourd'hui. Simplement une mission est à assumer. Car enfin, tous les Maliens ne sont pas des loups pour le Mali. Ce serait scier le tronc du grand baobab qui nous protège et sous lequel nous sommes tous assis !

Bamako, le 31 juillet 2007

Pr. Amadou Touré

(Université de Bamako)

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CONTRE LA PAUVRETE ET LES FLEAUX

Mille jeunes chrétiens s'engagent

Faire de 1000 jeunes chrétiens des catalyseurs pour la paix et la justice dans leurs nations respectives, c'est l'un des principaux objectifs du 8e congrès international de l'Union des jeunesses de l'Alliance chrétienne ( Ujac ) qui se tiendra du 8 au 12 août à Bamako.

L'Union des jeunesses de l'Alliance chrétienne ( Ujac ) se retrouve pour la deuxième fois à Bamako à l'occasion de son 8e congrès international, prévu au Stade du 26-Mars de Bamako à partir de lundi prochain. Ce sera sous le haut patronage du président de la République Amadou Toumani Touré. Il regroupera mille jeunes du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, de la Guinée Conakry et du Mali.

Trois grands défis, aux dires des organisateurs, motivent la tenue de ce congrès. Il s'agit de la multiplication des conflits en Afrique, la dégradation des valeurs morales et spirituelles et l'urgence dans l'exécution de l'immense tâche. Ce congrès se veut donc promoteur des valeurs morales et spirituelles qui conduisent à la vraie paix et à la guérison des cœurs sans laquelle il n'y a pas de développement.

Le congrès se veut aussi un appel vibrant, une interpellation de l' Ujac à la jeunesse chrétienne à s'investir davantage dans le champ missionnaire pour la moisson et l'épanouissement holistique des nations.

A cet égard, les participants devront répondre à certaines questions : « Face à ces défis, la jeunesse est-elle capable de mener à bien son mandat ? Est-elle capable de finir cette mission que Jésus Christ a laissée à son église ? Quels sont les atouts dont elle dispose et quelles stratégies doit-elle adopter pour finir la tâche dans le siècle présent ? » .

En clair, il s'agira pour la jeunesse chrétienne de « prêcher la bonne nouvelle à toutes les nations » comme le dit la Bible (Marc 13.10). A l'issue de la rencontre de 7 jours, les jeunes chrétiens vont s'engager dans la lutte contre la pauvreté et des fléaux en Afrique par l'enseignement des principes bibliques pour une vie prospère et bénie.

Sidiki Y. Dembélé

 

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EPILOGUE

La pêche fluviale et d'eau douce

Les populations humaines, de tout temps, ont d'abord cherché leur pitance dans leur environnement immédiat avant d'aller au loin satisfaire ce besoin. Les peuples de la forêt ont vécu d'abord de la chasse et de la cueillette avant de connaître d'autres modes alimentaires ; ceux de la savane connurent d'abord l'agriculture, l'élevage et le commerce avant d'initier d'autres activités économiques.

Les populations riveraines des grands fleuves comme le Niger ont vécu des ressources du fleuve pendant longtemps avant de connaître d'autres habitudes alimentaires par la suite. La pêche fut une activité pratiquée par ces peuples dits de l'eau ou du fleuve depuis longtemps, mais il est difficile de dire dans le temps historique à quelle période ces populations ont commencé à pêcher et à faire du poisson l'une des bases de leur alimentation.

Mais où le parcours historique de l'homme (l'être humain), en toute logique, la pêche a dû être l'une des toutes dernières activités économiques pratiquées par celui-ci après l'agriculture et l'élevage. On ignore à quelle époque les Bozos, ces pêcheurs professionnels formant une ethnie à part entière, s'établirent dans la vallée du Niger, mais selon les textes anciens relatifs à eux, cet événement est ancien, c'est-à-dire qu'ils y furent depuis fort longtemps.

Les Bozos constituent un groupe ethnique qui ne connaissent que la pêche et vivent d'elle ; on les trouve dans tous les pays que le Niger traverse, de sa source à l'embouchure : Guinée, Mali, Niger, etc. mais à côté de la pêche qui est leur activité économique dominante, ils s'occupent aussi, sur les bords du fleuve, d'un peu d'agriculture, de jardinage et même d'élevage contre les céréales que produisent les sédentaires malinké ou bamanan auprès desquels ils sont établis.

Vivant dans des campements au bord de l'eau le long du fleuve Niger, les Bozos, plus connus sous le nom de sorkos dans la littérature tropicale ancienne, sont les grands spécialistes des questions aquatiques et halieutiques des pays du Moyen Niger et sont craints et respectés pour ce savoir.

Jusqu'à une époque récente, ils apprenaient à leur descendance la technique de la pêche et cette connaissance, qui était presque ésotérique, était transmise de père en fils, de génération en génération. Mais avec la scolarisation demandée de tous les enfants, cet apprentissage traditionnel perd du terrain et ne restent plus au bord du fleuve comme pêcheurs que les rares enfants qui n'ont pas été à l'école où ceux qui sont sortis, les déscolarisés.

A côté des Bozos on retrouve les Somonos , un autre groupe spécialisé dans la pêche, mais qui ne constitue pas une ethnie à part entière. En fait, il s'agit des groupes socio-professionnels pratiquant et vivant des produits de la pêche dans la vallée du Niger et dans lesquels on retrouve des représentants de tous les groupes ethniques : malinké, bamanan , sonrhaï, etc. Tous les groupes techniques établis dans la vallée du fleuve, de Kangaba à Gao pratiquent d'une manière ou d'une autre la pêche et se font appeler Somonos .

A Koulikoro par exemple, des Kakolo venus du Kaarta dans la 2e moitié du XIXe siècle (vers 1855) se sont établis comme Somonos dans cette ville et y ont développé un mode de vie bien à eux qui les distingue un peu des Bamanan fondateurs de la ville dont ils parlent pourtant la langue dans le Dinandougou en aval de Koulikoro, ce sont des Bamanan et des Markas dits Bamanan Markas ou Markas jalan (qui ne parlent pas marka ) qui constituent le groupe Somono de la zone.

Ailleurs, dans la boucle du Niger, ce sont des Sonrhaï et des Bellah qui assument ce rôle. On sait aussi que la mise en place d'un état bamanan à Ségou à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle a permis à ce pouvoir de créer un corps de professionnels de la traversée du fleuve en pirogue qui, plus tard, s'occupa aussi de pêcher sous le nom de somono .

Tous ces groupes, allés vers la pêche probablement pour des causes économiques, en connaissent les techniques moins que les Bozos, les grands experts qui, très tôt, se sont confectionnées des armes et des outils que les autres ont repris : harpons, filets, etc. Sous la colonisation, les Français ont apporté des armes et des outils de pêche plus performants que ceux qui étaient utilisés jusque-là : filet en nylon, hameçons et harpons plus pointus que ceux des Bozos.

Cela a permis de populariser et de diffuser les techniques de la pêche dans les villages bamanan , bobo et minyanka dans lesquels la pêche n'était pas beaucoup développée étant loin du fleuve. De cette façon, la pêche est pratiquée dans beaucoup de zones du Bèlèdougou dans des cours d'eau en saison sèche et collectivement, c'est-à-dire soit par les habitants d'un même village, soit par plusieurs villages des droits sur la même voie d'eau.

En dépit de la présence sur le sol de l'ancien Soudan français (Mali actuel) d'une importante colonie de Bozos, de pêcheurs professionnels donc, la position continentale de celui-ci (manque d'océan et de mer) fut cause que le colonisateur n'a pas songé à y développer la pêche industrielle connue au Sénégal et en Côte d'Ivoire. En conséquence, la pêche au Mali est restée fluviale et d'eau douce.

Facoh Donki Diarra.

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 CE QUE J'EN SAIS

Un potentiel longtemps négligé

La route du poisson ! C'est le trajet qui conduisait le poisson abondamment pêché dans la Venise malienne (Mopti) vers la côte à travers Bandiagara, Koro , le Burkina Faso… Ce qui en dit long sur la vitalité jadis de ce secteur. Dans un passé récent, la pêche au Mali était la 3e activité économique du pays. Le secteur employait près de 300 000 personnes. La plus grande prise annuelle était alors de l'ordre de 150 000 MT (entre 1960–1970). Malheureusement, elle est tombée à 50 000 MT ces dernières années.

Les raisons de cette chute drastique sont variées. Les règles coutumières, les clôtures périodiques ou spatiales de la pêche ont été bouleversées. La sécheresse prolongée et la surexploitation de pêcheries ont sévèrement affecté la reproduction des poissons.

Comme on le voit, la pêche représentait une immense potentialité socioéconomique dont le Mali ne s'est soucié que très tardivement, à l'instar d'ailleurs de ses autres richesses. Aujourd'hui, les autorités maliennes ont enfin pris la question de la pisciculture à bras le corps. Et les efforts des privés et organismes, dont l'Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou et le Centre Père Michel… sont très appréciables en la matière. L'Etat, de son côté, ne ménage pas ses efforts.

Ainsi, le gouvernement malien a signé, en 2004, un accord de prêt avec le Fonds africain de développement ( Fad ) pour le financement du Projet d'appui au développement de la pêche continentale. Cet appui financier intervient dans le cadre de la mise en œuvre du schéma directeur de développement de la pêche et de la pisciculture au Mali. D'une valeur de près de 12 milliards de F CFA, cette initiative vise à promouvoir la pêche et la pisciculture en vue de renforcer la sécurité alimentaire, accroître la part du sous-secteur dans l'économie nationale et améliorer les conditions de vie des pêcheurs. Sans compter un projet japonais en gestation.

L'exécution du projet prévoit ainsi la construction de débarcadères et installations connexes à Mopti et à Konna , la construction de centres de traitement et de conditionnement de poissons à Akka , Diafarabé et Niafunké . Tout comme il est prévu la mise en place d'un fonds de développement local en appui aux initiatives communautaires, l'aménagement de 10 000 hectares de mares et le reboisement de 5000 hectares de berges, l'alphabétisation et la formation des bénéficiaires.

La mise en œuvre de ces actions va aider à la relance et à la modernisation de la pêche dans le delta central du Niger dont une partie importante de la population vit directement ou indirectement des activités de pêche.

Au Mali, la pisciculture de production marchande commence à se développer en zones rurales et périurbaines comme une activité contribuant à l'accroissement des revenus, à la valorisation des divers plans d'eau, donc à la lutte contre la pauvreté. Dans le contexte de libéralisation, cette activité doit se développer avec tous les opérateurs privés existants (paysans, pêcheurs, entrepreneurs).

Sans oublier que, compte tenu de la situation particulièrement favorable du Mali (disponibilité d'alevins, grandes superficies d'eaux libres, etc.) le développement de la pisciculture peut, à terme, constituer un élément de réduction des effets néfastes des aléas climatiques et de gestion rationnelle de l'écosystème agricole par la diversification des activités, l'intégration agriculture/élevage...

Au Mali, la pisciculture est encore au seuil du balbutiement. Mais, déjà les paysans, les entrepreneurs et les décideurs envisagent un avenir serein, conscients du potentiel du secteur. Mais, jusqu'à preuve du contraire, les efforts entrepris par les autorités tardent à combler les attentes. Toutes les actions entreprises pour redynamiser le secteur de la pêche ne doivent pas être réalisées dans la précipitation et une euphorie passagère.

La restauration de la pêche dans le delta Central du Niger, qui produisait auparavant plus de 100 000 tonnes de poissons par an est évidemment plus importante et mérite par exemple davantage d'effort au niveau national car l'exécution d'un seul projet ne permettra certainement pas au gouvernement et aux populations de tirer le maximum de profits de cet immense potentiel.

Pour l'autosuffisance alimentaire du Mali en poissons ainsi que pour les bénéfices, les devises étrangères et l'emploi partout dans le pays, la restauration de la grande pêcherie est d'une importance capitale pour l'économie nationale.

Moussa Bolly

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 DJOLIBA-BAKARIDJAN

Le match de la connivence ?

Kayes, la Cité des Rails a abrité la finale de la 47e édition de la Coupe du Mali dimanche dernier. Un match dont l'issue semblait connue d'avance parce que ces deux équipes n'en font qu'une en réalité.

« Que le poisson entre dans la nasse de Fousseyni ou dans celle de Lassana , c'est la mère des jumeaux qui fera une bonne soupe »  ! C'est ce que dit un dicton bien de chez nous. Et c'est le président de l'AS Bakaridjan qui se retrouvait mieux dans le rôle de la mère des jumeaux dimanche dernier à Kayes. L'homme n'est pas seulement président de cette jeune formation de l'intérieur, mais il est aussi membre du comité directeur du Djoliba AC. L'issue de cette finale devait le combler de toutes les manières.

Ainsi, depuis que l'AS Bakaridjan a éliminé le COB en demi-finale de l'édition 2007 de Dame Coupe, ils étaient nombreux à penser que la finale ne serait qu'une simple formalité puisque se résumant à une affaire de famille. En effet, l'AS Bakaridjan a des ancrages à Hèrèmakono , le fief du Djoliba .

Au-delà de la suspicion, les raisons objectives ne manquent pas pour franchir le pas dans le sens que Bakaridjan a perdu le match par connivence. Prendre la coupe ou non, l'essentiel pour cette jeune équipe de Barouéli était d'avoir déjà réussi à sauver sa saison en se maintenant au sein de l'élite.

Et au niveau du challenge sportif, il faut reconnaître que le football malien a beaucoup à gagner dans la victoire du Djoliba qui dispose d'assez de moyens pour aller loin dans une compétition africaine. Absents deux saisons consécutives de la scène continentale, les Rouges savaient que la Coupe est pour le moment l'opportunité la plus probable de refaire surface à ce niveau.

Ce qui est le vœu le plus cher à tout Hèrèmakono , à commencer par le comité directeur du DAC dans lequel figure le président de Bakaridjan . Cela est d'autant vrai que la consécration au championnat peut échapper au club, même s'il se trouve dans la position de leader pour le moment.

L'issue de son opposition (aujourd'hui) au champion sortant, le Stade malien, sera déterminante dans l'attribution du titre. Ce qui fait qu'ils sont nombreux à penser que les responsables du Djoliba et de l'AS Bakaridjan se sont arrangés pour que la coupe revienne aux Rouges qui sauveraient ainsi leur saison. Et quelle que soit l'issue du championnat, ils vont disputer au moins la Coupe de la Confédération africaine de football.

Et en faisant sortir son joueur le plus déterminant, Dougoutigui n'a fait qu'appuyer cette thèse. Personne n'a compris pourquoi Abdoul Karim Magassouba est sorti au moment où ses coéquipiers avaient le plus besoin de son expérience et de son opportunisme pour mettre la pression sur l'adversaire. Et les explications d' après-match du coach de Bakaridjan ont davantage semé la confusion autour de ce changement qui a entraîné l'ouverture du score par le Djoliba .

« Nous avons manqué de rythme, de maîtrise car la plupart de nos joueurs n'avaient jamais évolué devant un tel public. A part Abdoul Karim Magassouba et le portier Bréhima Bamba, les autres n'avaient jamais disputé une rencontre devant une telle affluence » , disait Moussa Kéita à nos envoyés spéciaux à Kayes. Il est alors paradoxal qu'il se soit vite débarrassé d'un de ses meilleurs atouts pour des divergences tactiques comme il l'a laissé entendre plus tard. Une erreur de coaching qu'il n'avait jamais commis ni contre le Stade, ni contre l'AS Réal (championnat), ni le COB. Dougoutigui était-il réellement libre de ses choix tactiques dimanche dernier ? C'est la question que beaucoup de sportifs se posent.

Surtout que la thèse de la pression du public ne se justifie pas. Une équipe handicapée par la pression du public n'attaque pas une finale comme l'AS Bakaridjan l'a fait face au Djoliba . Pendant 45 minutes, les régionaux ont joué sans complexe devant leurs adversaires. Mieux, ils ont été les plus percutants et les plus volontaires. Certes, ils n'ont pas été efficaces dans la finition, mais ils ont empêché le Djoliba de pratiquer son football. Il a fallu la sortie de Magassouba pour perturber leur jeu. Ce dernier était-il le « bouc émissaire » à sacrifier sur l'autel de la victoire du Djoliba  ?

Toujours est-il que la sortie de Magassouba a sonné la défaite des Ségoviens. Le vieux briscard était surveillé comme du lait sur le feu par les Djolibistes qui étaient presque toujours deux à le marquer. Sa sortie a donc libéré le DAC de cette pression et lui a permis de reconquérir le milieu en y déployant plus de joueurs pour acculer la défense adverse. Ce qui fait que le remplacement inopportun fait par Dougoutigui et la victoire du Djoliba vont toujours susciter des questions.

Moussa Bolly

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Droit et pratique du droit au Mali

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