Les echos du 27 février
ECHANCES DE 2007
ATT a peur d'IBK
Malgré l'absence d'une opposition déclarée, le président de la République ne semble pas être pour autant assuré et tranquille. Du haut de la tribune de la CCIM dimanche, ATT, qui tient à son fauteuil, a, dans un ton comminatoire, averti que « … tous ceux qui pensent que le pouvoir est agréable me trouveront sur leur chemin ». Sans le citer nommément, il faisait allusion au chef du Rassemblement pour le Mali (RPM).
De quoi ATT a peur ? Est-on tenté de se poser cette question au sortir de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) où il a procédé le 26 février dernier à la remise officielle des premiers chèques aux commerçants détaillants dans le cadre du Projet d'appui aux commerçants détaillants (PACD).
Le 26 février 2006, le chef de l'Etat a clairement donné les signes d'une certaine panique à un peu plus d'un an des élections générales de 2007. Alors même qu'il n'y a pas, à ce jour, une opposition déclarée, des manœuvres sont en cours depuis un certain temps pour déstabiliser d'éventuels postulants.
Dimanche encore, ATT n'a pas fait de cadeau à ses supposés adversaires politiques contre qui il s'est montré particulièrement furieux. « La politique, ce n'est pas de se cacher dans les journaux pour insulter les gens ou dénoncer un opérateur économique, mais de résoudre les problèmes. Faisons tout, pour ne pas laisser de la place à ceux qui pensent que le pouvoir est agréable ! Ces gens-là, nous trouveront sur leur chemin » .
Que retenir de ces propos du président de la République , si ce n'est que de l'acharnement contre celui ou ceux qui n'ont pas voulu faire chemin avec lui en 2007 au moment où le peuple malien sera appelé à élire un président de la République et des députés.
Il est vrai le chef de l'Etat n'a cité personne, mais il est connu de tous que la presque totalité des formations politiques ont décidé d'aller en rangs serrés avec lui en 2007, à l'exception notable du RPM d'Ibrahim Boubacar Kéita, président de l'Assemblée nationale et candidat virtuel à la présidentielle.
En procédant par circonlocution, le chef de l'Etat n'est certes pas allé au fond de sa pensée, mais les observateurs de la scène politique ont compris. Cependant, ce qu'ATT feint d'ignorer c'est que la raison d'être d'un parti politique, c'est l'exercice et la conquête du pouvoir.
Le RPM paraît gênant pour le pouvoir en place pour la simple raison qu'il refuse de s'aligner et de la volonté inébranlable de son président de briguer Koulouba.
Au demeurant, si le pouvoir n'est pas forcément agréable pourquoi ATT ne veut-il pas que d'autres citoyens se présentent contre lui ? Pourquoi attendre « au tournant » ceux qui pensent que le pouvoir est agréable ?
En tout état de cause, cette sortie du chef de l'Etat contre une formation politique n'est pas à l'honneur de notre jeune démocratie. D'ailleurs, les propos qu'il a tenus ne siéent pas au rang d'un président surtout que l'heure n'est pas à la campagne électorale.
Toujours est-il que le scrutin sera ouvert à tous les citoyens. S'il a le droit de se représenter, d'autres Maliens feront également valoir le leur et soumettront leurs projets de société à la sanction du peuple souverain ? Il n'a rien à faire. Nul besoin dès lors de se faire menaçant.
Avec de telles déclarations, les relations entre ATT et IBK seront plus que jamais teintées d'adversité et de méfiance. Il faut dire que l'une ou l'autre personnalité ne rate plus aucune occasion pour se jeter la pierre.
Mais, c'est véritablement le chef de l'Etat qui démontre que la présence du RPM sur le terrain lui coupe le sommeil.
Mohamed Daou
[haut]
Acceuil
FOIRE REGIONALE DU DEVELOPPEMENT
Aujourd'hui la foire des entreprises
C'est en principe cet après-midi que s'ouvre, à l'hôtel de l'Amitié, la Foire régionale du développement 2006. Initiée par la Banque mondiale, elle se tiendra autour de “l'innovation en entreprenariat, moteur de la croissance accélérée en Afrique de l'Ouest”. En prélude à l'événement, les organisateurs ont entretenu hier la presse sur les enjeux de cette fête des entreprises.
La Foire régionale du développement est une initiative de la Banque mondiale pour accompagner le processus d'accélération du rythme de croissance économique à travers la promotion du secteur privé en Afrique de l'Ouest. Elle a pour but de mettre en compétition des entrepreneurs talentueux, sélectionnés par processus concurrentiel et transparent et de leur octroyer des subventions pour financer les projets innovants locaux.
La FRD sera lancée avec la participation de cinq pays de l'Uémoa (Bénin, Burkina, Mali, Niger et Sénégal). L'entreprenariat est le thème générique de cette foire, qui vise spécifiquement, selon la consultante régionale de la FRD pour la Banque mondiale, Mme Ndiaye Rama Diallo, à promouvoir l'entreprenariat privé, encourager l'innovation, développer l'accès aux marchés nationaux, régionaux et mondiaux et favoriser le partenariat inter-entreprise et le partage des connaissances.
L'intérêt sera particulièrement porté à la promotion de l'innovation au sein des micros, petites et moyennes entreprises (MPME), urbains, périurbaines et rurales. La compétition est ouverte aux MPME ayant un maximum de 50 employés, aux GIE, coopératives et associations urbaines, périurbaines et rurales, à but lucratif, légalement constitués, a précisé Mme Ndiaye.
Les propositions, en relation avec le thème, concernent tous les secteurs. Elles peuvent notamment provenir des secteurs de l'agro-industrie, l'artisanat, les technologies de l'information et de la communication, l'industrie manufacturière, le tourisme, les services financiers ainsi que les secteurs sociaux.
Les idées présentées par un entrepreneur doivent offrir une valeur ajoutée et devraient par exemple, conduire à une approche innovatrice qui permet aux micros, petites et moyennes entreprises d'avoir accès aux différents marchés, de créer de nouveaux produits et services, d'augmenter leurs revenus et leurs rentabilités, de créer des emplois, etc. Les candidats ont jusqu'au 28 avril 2006 pour déposer leur dossier.
Les entreprises des 5 pays, qui seront sélectionnées par un jury mondial, recevront chacune la somme de 30 000 dollars, « cette somme ne représente qu'un appui technique de la BM , une porte d'accès au développement », selon le représentant résident de la Banque mondiale au Mali, Alassane Diawara.
La FRD sera également marquée par un forum d'échange de connaissances qui servira de plate-forme aux entrepreneurs, aux représentants des gouvernements, aux partenaires du développement et aux bailleurs de fonds, pour partager les points de vue, les bonnes pratiques et les solutions innovantes aux problèmes des micros, petites et moyennes entreprises, et promouvoir l'intégration du secteur privé sous-régional.
A ce jour, 30 foires de développement nationales ont décerné plus de 11 millions de dollars américains de prix sous forme de subventions à plus de 700 projets dans 40 pays.
Sidiki Y. Dembélé
Acceuil
FONCIER EN COMMUNE II
Des litiges imputables au MDEAF et au maire
Les services du ministère des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières et le maire de la Commune II en exercice en 2002 sont à l'origine des spéculations foncières que la Commune a connues.
Après plus de deux ans de suspension, les autorités ont levé l'interdiction d'attribuer des terrains du domaine privé immobilier de l'Etat. L'essentiel des problèmes fonciers posés au district de Bamako trouve son origine dans la mise en œuvre de l'opération spéciale de recasement « Sauvons notre quartier » initiée par le Conseil du district en 1993 avec pour objectif d'améliorer le cadre de vie des populations vivant dans les quartiers spontanés de Bamako.
La mise en œuvre de cet important programme en 1996 a été l'occasion, pour les services du département des Domaines de l'Etat et des Affaires foncière et pour le maire de la Commune II , d'attribuer à leur gré les parcelles mises à leur disposition par l'ex-gouverneur Karamoko Niaré destinées aux populations à recaser.
Les litiges fonciers de la Commune II portent sur la zone de Bougouba. En 1996, dans cette zone, il a été identifié 1244 personnes qui s'étaient entièrement acquittées des frais d'acquisition, 1828 se sont acquittées partiellement desdits frais sur un total de 3072. Dans ces lots, 627 avaient été servis ; 2445 personnes restaient à pourvoir.
Prédation
La mise en œuvre de la politique nationale de décentralisation suite au transfert du dossier à la Commune n'a pas facilité la gestion car la liste des bénéficiaires de parcelles a été modifiée.
Dans le dessein de recaser les populations déguerpies suite à l'opération « Sauvons notre quartier » et de la régularisation de la situation des bénéficiaires des attributions faites par le gouverneur en 1996, 38 ha et par la suite 25 ha ont été mis à la disposition du maire en 2002 et 2003.
Le maire de la Commune , Mahamadou Diallo, en violation du cahier des charges relatif à la gestion de ces 38 et 25 ha a privilégié la satisfaction des nouveaux demandeurs aux détriments des ayant droits. Ce qui a eu comme conséquence le non recasement de 147 déguerpis réels sur les 38 ha , la non-régularisation de la situation de 324 ayant droits des 25 ha sur un total de 706 bénéficiaires.
Aussi les services du ministère des Domaines de l'Etat et des Affaires foncières censés protéger les populations, en violation des dispositions des textes, ont occupé 25 ha par des titres fonciers délivrés à d'autres bénéficiaires. En plus des titres fonciers, il a été constaté 114 cas d'attribution multiple de parcelles à des bénéficiaires différents sur les 25 ha et 207 sur les 38 ha , soit 321 cas correspondant à autant de plaignants que de litiges.
Pour la satisfaction des besoins de cette Commune, le gouvernement a pris la décision de mettre à la disposition de la Commune II quelque 3139 parcelles dont 694 dans le cadre de la première séquence et 2445 pour la 2e tranche.
Amadou Sidibé
Acceuil
PROJET DE LOI ELECTORALE
Timide changement
La loi électorale a pour objet, principalement, de régir l'organisation et la tenue des élections en vue de choisir les personnes qui seront investies d'un mandat ou d'une fonction pour la conduite des affaires publiques.
Le gouvernement a adopté la semaine dernière une nouvelle loi électorale. Ce nouveau projet, qui est passé presque sous silence, a fait des avancées, certes, mais reste timide dans son ambition d'aller de l'avant. La loi électorale, en tant que telle, elle « est un instrument juridique essentiel dans le cadre de la construction et de la consolidation d'un système de démocratie pluraliste » .
Selon le gouvernement, la nouvelle loi « vise à corriger les insuffisances constatées lors des précédentes consultations électorales et à mettre en place un dispositif juridique destiné à favoriser l'exercice du droit de vote et à renforcer la transparence et la crédibilité des élections dans notre pays » .
Certes, le projet de nouvelle loi électorale apporte des améliorations dans sa rédaction, des réaménagements dans la disposition d'un certain nombre d'articles et des innovations sur des questions de fond, comme la modification de certaines dispositions relatives aux missions de la Céni et dans les modalités de désignation et la fin du mandat de ses membres. Autres avancées : le nouveau projet réduit la période de révision annuelle des listes électorales de 4 mois à 3 mois, remembre les commissions administratives qui seront désormais composées de membres désignés au titre de l'administration et au titre des partis politiques et placées sous l'autorité du représentant de l'Etat dans la Commune , de l'ambassadeur ou du consul. Il renforce également la transparence et la sécurité dans la transmission des cartes d'électeurs, qui ne sont pas distribuées, augmente le nombre de bureaux de vote avec la création d'au moins un bureau de vote par village et fraction nomade et la réduction du nombre maximum d'électeurs par bureau de 700 à 500.
Le changement important est sans conteste la possibilité de tenir le scrutin en dehors du dimanche, sauf pour l'élection présidentielle, car cela sera une raison certaine d'augmenter le taux de participation.
Désormais, avec le nouveau projet, pour être candidat, il faut payer 10 millions de F CFA et obtenir la signature de dix députés. En plus, ceux qui obtiendront au moins 5 % des suffrages pourraient avoir 5 millions de ristournes. Le délai entre les deux tours de scrutin passe de deux semaines à trois. Cela permettrait certainement aux partis et groupes d'ester en justice et d'avoir le temps de vider les contentieux.
En plus, la nouvelle loi rend obligatoire la présence d'au moins 30 % de femmes sur les listes.
Cependant, dans un climat de consensus, il était possible de faire plus, par exemple pour l'âge des candidats, pour le mode de scrutin, des reformes qui n'ont pas été acceptées en son temps, mais qui pouvaient passer maintenant et nous permettre de réaliser un bond dans l'organisation de scrutins apaisés.
Alexis Kalambry
[haut]