Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
2006

 

Les echos du 16 février

CRISE DE RECETTES DOUANIERES

On invente des anticipations d'un type nouveau

 

Les recettes douanières de plusieurs mois sont aujourd'hui compromises à cause de la procédure de l'anticipation. De plus, deux « nouveautés », qui ont vu le jour chez les gabelous, vont faire parler d'elles prochainement puisqu'elles sont de nature à susciter la fraude.

 

La douane constitue l'un des gros pourvoyeurs de recettes pour le budget de l'Etat (accompagnée en cela par les services des impôts). Année après année, les gabelous ont multiplié les performances afin d'honorer les engagements et être à la hauteur des attentes.

Mais comme on peut l'imaginer, les performances engrangées relèvent sinon du miracle, du moins procèdent d'une gymnastique de voltige. C'est ainsi que pour boucler les recettes à la fin de l'année, la douane recourt aux anticipations de recettes. Il s'agit d'approcher des opérateurs économiques afin de leur faire payer des droits de douanes sur des opérations à venir.

La procédure est connue et ne posait pas de problèmes tant qu'elle restait dans les « normes » . Ce qui, semble-t-il, n'a pas été le cas cette année. En effet, pour réaliser les recettes de l'année dernière, la douane a effectué des anticipations de près de 20 milliards. C'est du jamais vu. Du coup, les recettes douanières de plusieurs mois se trouvent ainsi compromises. Pour janvier, la presse a annoncé un gap de 10 milliards. Et selon nos informations, les recettes de février ne s'annoncent guère meilleures.

Mais le hic semble être les anticipations d'un type nouveau inventées par la direction générale de la douane à travers la sous-direction des enquêtes. En effet, contrairement à tous les usages, deux nouvelles anticipations ont vu le jour. La première concerne les importateurs de « divers » . C'est ainsi que le milliardaire Mandiou Simpara a pu « bénéficier » de cette anticipation. Or, la difficulté avec les importateurs de « divers » , c'est qu'on trouve différents types de marchandises dans leurs containers.

Dans le cas de M. Simpara, il peut importer dans un même container des téléviseurs, des frigos, des motos, des climatiseurs, etc. L'usage veut que l'anticipation se fasse avec un opérateur qui n'importe qu'une seule marchandise comme du riz, de la farine. La deuxième « nouveauté » concerne les anticipations sur les amendes. Il semble que c'est du jamais vu. C'est comme si, selon nos informations, on encourageait les fraudeurs à commettre des délits à venir.

Il faut reconnaître que les douaniers n'ont pas eu la tâche facile l'année dernière. Outre la morosité économique, leur travail a été parasité par certains événements, notamment les incompréhensions avec les opérateurs économiques, la présence du Vérificateur général dans les murs de la douane vécue comme une sorte d'épée de Damoclès, sans oublier une atmosphère de démotivation consécutive à la non application des décisions de mutations concernant certains agents et querelles syndicales, etc.

Dramane Sanogo


[haut]

Acceuil


OUMAR IBRAHIM TOURE, MINISTRE DE L'ELEVAGE

« Toute la planète est menacée par la grippe aviaire »

 

Dans un entretien qu'il nous a accordé hier, le ministre de l'Elevage et de la Pêche a réfuté les arguments selon lesquels le Mali n'est pas menacé par la grippe aviaire avant d'évoquer les mesures d'urgences prises par le gouvernement.

 

Face à l'apparition de la grippe aviaire (H5N1) au Nigeria, donc aux portes du Mali, le gouvernement se mobilise et met le turbo. Toute la planète, selon le ministre de l'Elevage et de la Pêche , est aujourd'hui menacé par la grippe aviaire : « personne ne s'imaginait que la grippe aviaire allait faire son entrée au Nigeria. A partir du moment où ce pays a été attaqué, tout le monde entier est sous la menace. Même, si la grippe n'est pas dans notre pays, on peut dire que nous sommes dans une zone à faible risque » .

Aucun cas d'influenza aviaire (grippe aviaire) n'a été enregistré, mais mieux vaut prévenir que guérir, dit-on. Car, « si la situation devait échapper à tout contrôle, cela aurait des effets ruineux sur les volailles de la région et compromettrait les moyens d'existence de millions de personnes. En outre, cela aggraverait le risque d'exposition des humains au virus » , a prévenu M. Touré.

C'est pourquoi, depuis le 18 octobre dernier avant l'entrée de la grippe aviaire au Nigeria, le gouvernement a placé cette question parmi les priorités. Et une semaine plus tard, un comité technique de coordination pour la lutte contre la grippe aviaire a été mis place.

 

Priorité des priorités

Présidé par Dr. Yacouba Samaké, secrétaire général du ministère de l'Elevage et de la Pêche , il comprend en plus des services techniques du département, les représentants de la société civile, des associations de consommation et les partenaires comme la FAO , l'Union européenne, l'USAID, l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé animale, etc.

Un plan d'urgence de prévention et de lutte contre la grippe aviaire a été adopté par le conseil des ministres. Ce plan, qui sert de référence à d'autres pays africains, contient 3 grandes décisions à savoir un arrêté qui fixe les mesures préventives, l'interdiction de l'importation des oiseaux domestiques ou sauvages, des œufs, des plumages, des matériels pathologiques ou suspects et produits biologiques d'oiseaux non traités sur toute l'étendue du territoire national, l'élaboration d'un plan d'urgence et d'intervention de lutte.

Des comités de veille ont également été mis en place au niveau de toutes les régions et du district de Bamako. « Ce plan , selon le ministre Touré, a pour but de contribuer à l'atteinte de la sécurité alimentaire et à la préservation de la santé publique par la protection sanitaire du cheptel aviaire. Il vise à prévenir une éventuelle introduction de la grippe aviaire au Mali et à renforcer les capacités d'intervention rapide et efficace contre la maladie » .

Le coût de ce plan d'urgence est estimé à plus de 800 millions de F CFA. En outre, un plan de contingence est en préparation par le département pour inscrire cette maladie parmi les maladies prioritaires.

Le comité technique, le ministère de l'Elevage et de la Pêche sont en concertation permanente avec la communauté internationale pour stopper une éventuelle propagation du virus au Mali.

Sidiki Y. Dembélé


[haut]

Acceuil


ADMINISTRATION PUBLIQUE

L'Etat veut valoriser le capital humain

 

En commanditant un audit sur la fonction ressources humaines au sein de l'administration, le ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et des Relations avec les institutions veut faire part de sa volonté de rendre celle-ci plus dynamique et plus performante.

 

Rendre l'administration plus performante et plus moderne afin qu'elle réponde au mieux aux attentes des usagers n'est plus un vœu pieux. Cette volonté s'est concrétisée hier au CICB par l'organisation par le ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l'Etat et des Relations avec les institutions de l'atelier de validation de l'étude relative à l'audit de la fonction ressources humaines au sein de l'administration.

Le secrétaire général du MFPRERI a présidé les travaux auxquels ont assisté des représentants des départements ministériels et des partenaires techniques et financiers (PTF).

La réalisation de l'étude, qui a été rendue possible grâce au concours de l'Union européenne, témoigne de la volonté des plus hautes autorités de moderniser l'administration pour la rendre plus performante, en l'adaptant aux besoins de ses utilisateurs.

Cependant, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. S'il est admis que la qualité d'une administration relève de la qualité des hommes qui l'animent, force est de reconnaître qu'au Mali la machine administrative a tendance souvent à se gripper. L'explication est qu'elle s'identifie par la faible productivité, l'absence de politique cohérente de gestion de ressources humaines, de formation, la forte démotivation eu égard au système de rémunération peu motivant. Autant de raisons qui ont motivé l'étude sur la fonction ressources humaines au niveau des administrations publiques.

Les maux étant identifiés, des solutions ont été ébauchées notamment la valorisation par l'Etat de la fonction ressources humaines à travers la motivation, la formation gage d'une administration de qualité.

Au cours des travaux, les participants ont analysé avec minutie les résultats de l'étude soumis à leur appréciation. Ils ont formulé des recommandations et suggéré des mesures devant faciliter leur mise en œuvre pour une administration dynamique.

Mohamed Daou

[haut]

SEGOU

Les abus du procureur Kébé

L'affaire de Katiéna qui défraie la chronique depuis un certain temps n'a pas fini de faire des victimes. On se souvient que Les Echos , suivi par d'autres, avait parlé d'un habitant de Katiéna qui, parce qu'on lui avait refusé la main d'une femme à son ami, avait ouvert le feu sur des autorités. Il avait fallu qu'un détachement militaire envoyé sur place anéantisse son logis pour l'avoir.

Bien entendu, certains confrères avaient pu se procurer la photo du Rambo local. Le journal Kabako , et trois organes de Ségou avaient publié la photo de Superman. Le procureur de Ségou n'a pas du tout apprécié la publication de ces photos. Il a fait arrêter et garder à vue à Pélingana le photographe et le laborantin de « Nouvel Espoir » , le laboratoire auquel les deux victimes appartiennent.

Hier, aux environs de 13 h, il les a déférés à la Prison centrale de Ségou. Le motif invoqué est « publication de photos de détenu dans quatre journaux » .

Affaire à suivre…

A. Kalambry

[haut]

KALABANCORO

La brigade de gendarmerie boude la mairie

 

La brigade de gendarmerie de Kalabancoro n'applique pas à la lettre les instructions de la mairie. Résultat : deux personnes travaillant dans une carrière ont trouvé la mort dans l'effondrement d'une colline le 21 janvier dernier.

 

Dans le cadre du suivi de l'exploitation des carrières, le maire a pris une décision et demandé au CB de bien vouloir appliquer la réglementation en matière d'exploitation de carrières, notamment l'obligation de se munir d'une autorisation auprès de la mairie. L'inapplication de cette décision a récemment eu pour conséquence la mort de 2 travailleurs dans une carrière lorsqu'une colline s'est effondrée sur eux.

Chaque chargeur est tenu de payer 1000 F aux agents de la gendarmerie qui ont érigé un poste sur le site. Une partie de la population impute le décès accidentel des deux travailleurs à la gendarmerie et à la mairie. Des habitants des alentours des carrières se plaignent des comportements négatifs de ceux-là qui sont censés les protéger.

Mais, il semble que la brigade de gendarmerie de Kalabancoro ne tienne, en réalité, aucun compte des décisions administratives de l'autorité communale.

La sécurité des populations et des biens doit être l'affaire d'une brigade de gendarmerie, ce qui, apparemment, n'est pas le cas à Kalabancoro. De plus, la prise de certaines mesures visant la population demande nécessairement une consultation préalable avec l'autorité communale. Hélas !

Si avec l'ancien CB une complicité existait entre brigade et les autorités communales de la localité, aujourd'hui la collaboration n'est plus à l'ordre du jour. Depuis l'avènement du nouveau commandant, le fossé s'élargit chaque jour un peu plus entre les deux entités. Les instructions ne sont plus respectées.

Au mois de décembre dernier, sans en avoir référé à la mairie, la brigade a mené une série de rafles, une décision qui n'a pas plu aux autorités communales. Les populations, elles, avaient commencé à se révolter contre la méthode spartiate des agents.

Amadou Sidibé

[haut]

acceuil

Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org