Décédé dans le crash d’un avion nigérian le 22 octobre dernier, le général Cheick Oumar Diarra, 61 ans, secrétaire exécutif adjoint de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a été inhumé dimanche au cimetière d’Hamdallaye.
La levée du corps du général a eu lieu au génie militaire en présence du président de la République, des membres du gouvernement, des corps constitués et d’une foule impressionnante de parents, amis, connaissances et anonymes. Le secrétaire exécutif de la Cédéao, Mohamed Ibn Chambas, et le président du Parlement de la Cédéao, Pr. Aly Nouhoun Diallo, se sont associés au deuil du peuple malien.
Le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui perd en Cheick Diarra un ami et un aîné, a rappelé certains moments de sa collaboration sincère et fraternelle avec le défunt dont il a salué l’humilité, le savoir-faire et le savoir-vivre.
Dans l’oraison funèbre qu’il a prononcée, le chef d’état-major général de l’armée, le général de brigade Seydou Traoré, a retracé la brillante carrière du général de division aérienne Cheick Oumar Diarra qui a servi sa patrie, mais aussi l’Afrique et surtout l’Ouest du continent avec abnégation, simplicité et bravoure.
Quant au grand chancelier du Mali, le colonel à la retraite Koké Dembélé, il a magnifié l’action du disparu dans l’armée malienne, dans la résolution des conflits sous-régionaux et au poste de secrétaire exécutif adjoint de la Cédéao chargé des questions politiques.
Un défilé militaire avec un passage d’aéronefs de l’armée et la prière aux morts ont émaillé la cérémonie d’hommage de la nation au général Cheick Oumar Diarra, qui repose pour l’éternité au cimetière d’Hamdallaye.
Regret éternel.
Notre pays abritera pour la première fois, les 3 et 4 décembre 2005, la 23e Conférence des chefs d’Etats d’Afrique et de France. Pour une fois, les dirigeants africains et de France consacreront leurs travaux à l’avenir de la jeunesse du continent, confrontée aujourd’hui à de multiples défis, à travers le thème « La jeunesse africaine, sa vitalité, sa créativité, ses aspirations ». Avant de débattre du thème d’une importance capitale pour l’avenir du continent africain, un forum de la jeunesse africaine, réunissant les jeunes des 52 pays et de la jeunesse franco-malienne, est prévu du 8 au 9 novembre.
Pendant 2 jours, les jeunes de 52 pays africains, 6 représentants de la diaspora de France, échangeront avec les jeunes du Mali sur leurs grandes préoccupations de l’heure et lanceront un cri de cœur aux chefs d’Etat réunis lors du 23e Sommet Afrique-France.
Chaque Etat participant au sommet désignera un jeune représentatif de la jeunesse du pays et impliqué dans la gestion des préoccupations des jeunes. Pour le Mali, une centaine de délégués des associations de jeunes des communes du district de Bamako et des 8 régions du Mali seront invités en qualité d’observateurs.
Les thèmes à débattre au cours du forum sont : formation et emploi, insertion socio-politique et économique dans le processus de développement, vitalité et créativité de la jeunesse africaine, les phénomènes migratoires comme facteurs d’intégration, la jeunesse africaine face aux grands enjeux sanitaires et environnementaux.
Afin de préparer la participation malienne au forum, un atelier sera organisé le 6 novembre. Il sera animé par cinq experts/conférenciers dont 2 nationaux. En marge de l’atelier, plusieurs manifestations artistiques et culturelles sont prévues afin d’illustrer la créativité et la vitalité de la jeunesse africaine.
Les députés se retrouvent ce matin à l’hémicycle pour élire les membres restants du bureau de l’Assemblée nationale. Il s’agira de pourvoir les deux postes non encore occupés (6e vice-présidence et 7e secrétaire parlementaire).
Ces postes avaient été attribués au Rassemblement pour la Mali (RPM) du président de l’Assemblée El hadj Ibrahim Boubacar Kéita le 14 octobre au cours d’une plénière mouvementée qui restera dans les anales de l’Assemblée nationale. Le RPM, fort de ses 45 députés et suite à la répartition des postes, qui jure, selon lui, d’avec le règlement intérieure de l’Assemblée, avait crié au scandale à travers une déclaration lue par le président de son groupe parlementaire, Kadari Bamba.
Tous les députés du groupe avaient par la suite claqué la porte de l’Assemblée. Et depuis, le RPM a affiché sa détermination à ne pas siéger ni au sein du bureau ni dans les présidences des commissions. Depuis, des tractations et autres conciliabules sont en cours.
Les autres députés espèrent ou du moins tentent de convaincre leurs collègues du RPM de revenir sur leur décision et de siéger dans le bureau. De sources sûres, le RPM reste campé sur ses positions à ne pas pourvoir aux deux postes de 6é vice-présidence et 7e secrétaire parlementaire qui tomberaient entre les mains du MPR et de Codi qui sont, affirment des sources, candidats.
Jeudi dernier, une plénière avait été convoquée, mais aussitôt suspendue. Motif : aucun accord n’était intervenu entre les protagonistes. Toutefois, cette plénière a été mise a profit par le groupe parlementaire ACC, Adéma, CDS/PDJ-PIDS, Codi, Cnid-Fyt, LJS, URD, Ramat pour répliquer à la déclaration du 14 octobre du groupe RPM.
Cette déclaration, lue par l’honorable Mme Ascofaré Oulematou Tamboura, tentait de justifier la démarche du groupe estimant que ce qui venait de se passer à l’Assemblée « n’est pas un fait nouveau » et que « ce sont les autres parlementaires qui ont été victimes de la boulimie de certains éléments radicaux du RPM qui sont allés à la quête de tous les postes contre leurs alliés et adversaires ».
L’épisode de la mise en place du bureau de l’Assemblée pourrait donc se refermer ce matin et laisser place à la discussion des projets de loi.
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Acceuil
VAUDEVILLE A L’ASSEMBLEE NATIONALE
Du passé, faisons fable rase
Deux semaines : voila le temps que ceux qui s’étaient unis pour ce qui restera une mémorable farce à l’Assemblée nationale auront mis pour trouver la bonne riposte à défaut d’une meilleure réponse à l’équation posée par le RPM.
Pris en flagrant délire le 14 octobre dernier lors du spectacle peu glorieux pour eux et peu gratifiant pour notre démocratie, ils se sont accordés suffisamment de recul pour tenter de paraître sinon sincère du moins crédible. Au regard de ce que les Maliens ont vu l’autre soir à la télévision, ils sont en droit de dire qu’ils n’en ont pas eu pour leur ticket, leur bulletin de vote parce que le spectacle n’était pas à la hauteur des élémentaires exigences de courtoisie et des fortes interpellations de vérité.
Et comme preuve de leur désarroi face à l’équation RPM, nos seigneurs de guerre, pas courageux pour un sou, envoient au front l’une des rares dames en leur sein. Ironie du sort, la brave Mme Ascofaré Oulematou Tamboura envoyée à la barre (pas celle de la Justice à laquelle elle a échappée du temps où elle servait dans le gouvernement dirigé par IBK), au regard de son passé gouvernemental pour le moins sulfureux et de son parcours politique en zigzag, semble mal placée aux yeux des Maliens pour porter la contradiction au nom de la vertu.
A la voir bégayant, zozotant même, cherchant d’une voix tremblotante ses mots pourtant couchés sur un papier, on pouvait conclure logiquement que les machos du groupe l’ont envoyée sur l’autel d’un combat plus que douteux, comme l’agneau sacrificiel.
Les animateurs de la tragi-comédie savent très bien que Mme Tamboura, pour beaucoup de raisons, pouvait difficilement garder sa sérénité sous le regard amusé d’IBK : ses casseroles du temps où elle était ministre de la Communication tintent encore dans les oreilles des travailleurs de la Sotelma, utilisée comme pompe à sous ; tout comme le RPM qui se souviendra longtemps de cette dame accueillie sur leur liste à Ténenkou comme secrétaire général de la COPP et qui atterrit à l’Assemblée nationale comme indépendante. Cela fait trop de pression. Résultat des courses : au lieu d’une explication simple et limpide, elle nous a livré, au nom de tous les siens et de tous les commanditaires une sombre histoire de vengeance avec comme trame un face à face RPM-Adéma et comme moralité : « trahisons, trahisons, tout n’est que trahisons ». C’était pathétique à tout point de vue. Surtout que pour ne pas rater ses cibles et être sûr de faire le maximum de victime, elle avait eu pour consigne de voler très bas pour ne pas dire en rase-mottes.
Tromperie
Après avoir été incapable de mettre l’Adéma dans l’opposition après les élections de 2002 au nom de leur regroupement politique, ceux qui sont aujourd’hui dans la farce ont maintes fois eu recours aux services de l’ancien parti majoritaire pour contrarier l’appétit du RPM, leur allié et locomotive librement choisi. Aujourd’hui, pour expliquer leur douteux combat, ils essayent d’utiliser l’Adéma comme la victime du RPM. Preuve s’il en est que le ridicule ne tue plus, ce qui est fort regrettable et fort dommageable par ailleurs.
Mme Ascofaré, chiffres à l’appui, a tenté de convaincre que l’ancien parti majoritaire a été le souffre-douleur et l’objet de toutes les injustices de la part du RPM. Elle qui semble s’ériger en défenderesse de la veuve et des orphelins et même des Abeilles fait l’impasse sur le rôle peu glorieux qu’ils ont joué. Parce que ce n’est pas avec ses 44 députés que le RPM a pu faire tout ce qu’on lui reproche. Où étaient donc les 143 députés qui ruent aujourd’hui dans les brancards.
Politiquement, il a bénéficié du soutien actif de ses alliés d’Espoir 2002. Mais comme on présente aujourd’hui la chose comme un crime, il serait plus juste de dire qu’il a bénéficié de complices très intéressés. En clair, il n’y a eu personne en son temps pour crier à l’injustice contre l’Adéma et ses 50 députés. La raison en est simple. C’est au nom d’Espoir 2002 que le montage du bureau a été fait avec la présidence au RPM avec ses 44 députés, la première vice-présidence au Cnid avec ses 12 députés et la questure au MPR avec ses 4 députés.
Tous les calculs et pourcentages dégagés par la coalition des farceurs ne sont que la poudre aux yeux afin de voiler la réalité. Sur la base de chiffres pour le moins fantaisistes, ils s’autorisent une interpellation libre et osée de l’article 11 du règlement intérieur qu’ils se défendent d’avoir violé. Pour eux, en demandant que l’élection du bureau doive s’efforcer de reproduire la configuration politique de l’Assemblée nationale, « il y a un effort à faire par tous, une quête comme commune sans qu’aucune proportionnalité rigoureuse ne soit exigée ».
Ils ont dû sortir tous les dictionnaires et même l’encyclopédie de la langue française pour sortir cette explication alambiquée. Ce qui se conçoit bien se dit aisément et les mots pour le dire viennent naturellement. La proportionnalité a beau être laxiste, elle ne permet pas à des minorités de se mettre en association et en bande organisée pour faire la peau au plus fort. Parce que c’est de cela qu’il s’agit. Sans compter que même si la lettre de l’article 11 peut autoriser les interprétations les plus fantaisistes, l’esprit lui est clair ; le bureau réserve à chacun la place qui lui revient proportionnellement aux forces en présence ; pour éviter justement qu’un parti majoritaire ne fasse main basse sur tous les postes.
Ce qui est encore plus pathétique c’est de voir que ces hommes et ces femmes ont en fait mal digéré les propos du président de l’Assemblée nationale lors de la rentrée parlementaire. Ils l’accusent d’avoir commis une faute en les qualifiant de situationnistes et en les comparant à des plantes vénéneuses. C’est certainement là que réside la raison profonde du réquisitoire lu par Mme Ascofaré Oulematou Tamboura. Sinon, toute la littérature développée n’était qu’une simple fable pour faire l’impasse sur le passé.
TBM
DIAMA
Ambidédi débouche sur la mer
Ce lundi 31 octobre 2005, aux environs de 9 h, le barrage de Diama va s’ouvrir pour laisser passer le bateau Bou El Moghdad, en présence du haut-commissaire de l’OMVS et des autorités de la ville de St-Louis.
C’est un évènement historique à plus d’un titre. En effet, c’est la première fois que l’écluse du barrage va s’ouvrir pour un bateau de cette envergure. Mais au-delà, il symbolise et annonce le nouveau destin, le proche avenir du fleuve Sénégal tel que l’OMVS s’attèle à le construire avec la mise en œuvre du Projet navigation.
Ce dernier, en rendant possible la circulation de St-Louis (Sénégal) à Ambidédi (Mali) de bateaux de moyen tonnage, va faire du fleuve Sénégal l’épine dorsale de tout un système de transport interconnecté routes- rail-fleuve-mer qui va accélérer le désenclavement et le développement économique du bassin et, au-delà, de notre sous–région.
Après une longue période de semi léthargie, le Projet navigation est entré aujourd’hui dans une phase opérationnelle marquée par une mobilisation exceptionnelle de ressources financières, de réalisations concrètes au cours des années 2003, 2004 et 2005 et un regain d’intérêt des bailleurs de fonds et des opérateurs économiques.
La plupart des études liées au projet sont achevées et viennent d’être soumises à l’approbation du Comité de suivi de la navigation qui s’est réuni du 10 au 14 octobre 2005.
Alexis Kalambry
MALI-BANQUE MONDIALE
28 milliards pour appuyer la croissance
Pour rendre la croissance au Mali, plus forte et plus durable, la Banque mondiale a développé avec les autorités le Projet d’appui à la croissance du secteur privé. Avec une enveloppe financière de plus de 28 milliards de F CFA, ce projet est entré en vigueur le 30 septembre dernier.
La croissance économique au Mali qui a atteint difficilement les 5 % ces dernières années est encore insuffisante pour obtenir une réduction significative de la pauvreté. Convaincu que cette croissance pourrait s’améliorer avec un développement et une diversification des activités du secteur privé, le Mali et la Banque mondiale viennent de développer le Projet d’appui à la croissance.
Ce projet, qui couvre la période 2005-2011, est entré en vigueur au 30 septembre 2005. Il est financé par 35,5 millions de dollars de don (soit 18 milliards de F CFA) et 19,5 millions de dollars de crédit (soit 10 milliards de F CFA). Son objectif est de stimuler l’investissement privé et son efficacité dans les principaux secteurs porteurs de croissance au Mali. Cela, à travers une amélioration du climat des investissements, un renforcement des capacités institutionnelles dans les mines, les télécommunications, le tourisme, l’artisanat, le développement d’une plate-forme minimale pour la croissance, la promotion de services financiers et non financiers aux entreprises.
Le secteur privé au Mali représentait environ 90 % du PIB et de l’emploi au début des années 2000. Selon les données du recensement d’entreprise de 2003, le secteur formel privé au Mali employait environ 21 500 personnes travaillant au sein de 241 entreprises en 2002. L’agro-industrie et l’agriculture sont les deux principaux pourvoyeurs d’emplois du secteur privé.
Le projet contribuera ainsi à la mise en place de l'Agence de promotion des investissements et de gestion des zones industrielles, à l’amélioration des indicateurs légaux de pratique des affaires dans notre pays et appuiera le Conseil présidentiel pour l’investissement, etc.
Sidiki Dembélé
MOIS DE LA SOLIDARITE
BAT offre 5 millions au MDSSPA
Dans le cadre des activités du Mois de la solidarité, la représentation de British American Tobacco au Mali a offert vendredi dernier un chèque de 5 millions F CFA au ministère du Développement social, de la Solidarité et des personnes âgées.
En remettant le chèque au représentant du ministre, Félicien Houeto, directeur général de British American Tobacco/Mali, a affirmé que ce geste traduit la matérialisation d’une promesse que sa société avait faite le 20 septembre dernier lors de sa contribution à la sécurité alimentaire.
« Nous avons pris l’engagement de participer au Mois de la solidarité dans la mesure de nos possibilités. Nous pensons que cette modeste contribution va aider le ministère dans sa lutte contre l’exclusion » , a dit M. Houeto, qui a rappelé que BAT a dans sa vocation de s’intéresser au volet social.
Il a par ailleurs rappelé que sa société, dans sa lancée, a aidé le village de Gnintila dans le cercle de Dioïla avec l’installation d’une plate forme multifonctionnelle, un périmètre maraîcher pour les femmes, un magasin de stockage des produits pour un coût total de 45 millions F CFA. « D’autres projets sont en cours dans d’autres lieux », a-t-il indiqué.
Le directeur national adjoint du développement social, Modibo Diallo, au nom du ministre Djibril Tangara, a félicité et remercié la société BAT pour ce geste qu’il a qualifié de geste humain. « Cette contribution vient à point nommé. Le département de la Solidarité et l’ensemble du peuple malien vous disent merci », a-t-il ajouté.
La cérémonie de remise a enregistré la présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles Mme Kamissoko Nahan Diarra, chef du centre de documentation et de la statistique du développement social, Assitan Monekata, directrice commerciale de BAT.
Idrissa Sako
SALIF KEITA, PRESIDENT DE MALIFOOT
« Je ne répondrai pas à Lechantre »
Dans un entretien qu’il nous a accordé jeudi après-midi, Salif Kéita dit Domingo, président de la Fédération malienne de football (Malifoot) nous parle de sa rencontre avec le ministre des Sports, du contrat de Lechantre, de sa candidature à la Fifa, des Aigles et de la nouvelle procédure dans les mutations. Tout en évitant soigneusement de s’étaler sur ses divergences avec l’ancien coach des Aigles, Domingo évoque longuement le match Sénégal-Mali du 8 octobre dernier à Dakar. Interview.
Les Echos : Des membres de l’ancien bureau fédéral, notamment Mamadou Kouyaté, affirment que la FMF n’a pas sollicité votre candidature pour la Fifa. Qu’en dites vous ?
Salif Kéita : Je dis encore une fois que ma candidature a été initiée par l’ancien bureau de la Fédération malienne de football. Nous n’avons fait que l’entériner à notre arrivée aux affaires. Je m’en tiens à cela parce que c’est la pure vérité.
Les Echos : Avez-vous rencontré le ministre des Sports au sujet de cette candidature ?
S. K. : Après ma récente conférence de presse, nous avons effectivement rencontré le ministre Pléah pour lui expliquer certains problèmes, mais pas particulièrement de ma candidature. Dans tous les cas, le ministère des Sports est notre collaborateur direct. Donc, nos contacts sont permanents et bons. J’espère que cela va durer.
Les Echos : Allez-vous continuer avec Malamine Koné,l’équipementier des Aigles ?
S. K. : Nous allons continuer avec Malamine Koné. Nous avons des contacts avec Airness. Mais nous disons que le contrat est un peu déséquilibré. D’ailleurs, à la demande de notre compatriote nous serons dans quelques jours en France pour discuter à nouveau du contrat.
Les Echos : Vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde que l’ex-coach des Aigles sur la sélection qui a joué le match de Dakar. Que s’est-il passé au juste ?
S. K. : Lechantre est un professionnel. Sachons raison garder. Je ne veux pas le nuire, car c’est un homme qui vit du football et par conséquent je ne m’étendrais pas beaucoup sur lui. Pour ce qui est du match de Dakar, moi et d’autres membres du bureau fédéral dont Karounga Kéita l’avions approché dans la perspective d’un résultat à Dakar, autrement dit d’un match honorable en lui conseillant de prendre des joueurs expérimentés car Lechantre voulait des joueurs locaux, des jeunes. Or, pour nous, l’enjeu était de taille car le match était médiatisé. Il fallait se mettre à l’abri de tout soupçon.
Sachant que le résultat de ce match pouvait jouer sur l’autre, nous avons décidé entre nous d’aligner les joueurs expérimentés. Eu égard à mon passé d’ancien footballeur, je peux me permettre de donner des consignes à un entraîneur comme Lechantre. D’ailleurs n’importe quel entraîneur au monde qui serait avec moi demanderait mon avis sur l’équipe qu’il doit aligner.
Le CSK est là moi, mais je ne suis jamais intervenu directement dans sa composition. Cependant, les entraîneurs que j’ai eus ont souvent requis mon avis quand ils font leur équipe. J’approuve souvent leur choix, au regard de mon vécu. J’ai indéniablement une culture du football. Si je suis là, c’est à cause de ma technicité. Je suis un professionnel et personne ne peut m’accuser d’avoir donné un mauvais conseil à un entraîneur.
A Dakar, c’est sur la pelouse que nous avons découvert l’équipe… Après on a pris trois buts. En réalité Pierre n’a pas la même vision du football que nous parce qu’un, deux, trois voire 4-0 à Dakar est lourde de conséquence. On aurait pu faire un résultat plus honorable. Lui il s’en va. Nous on reste et on avait peur du qu’en-dira-t-on. C’est pour cela qu’on l’avait approché, mais il ne nous a pas écoutés. On l’a laissé faire son équipe. Qu’il me donne le nom d’un joueur que je lui ai imposé et qui a joué à Dakar. Toujours est-il que personne ne peut m’accuser d’avoir donné des consignes à Pierre.
Les Echos : Il a cité par exemple Oumar Kida, Mahamoud Fall…
S. K. : J’ai commencé très jeune en équipe nationale. J’ai débuté dans une équipe mature où il y avait Nani, Blocus, Bakaridjan, donc je ne suis pas contre l’intégration des jeunes. Ma politique, c’est les jeunes. Seulement le moment choisi n’était pas propice. Donc sa politique des jeunes n’avait aucun sens.
Jouer à Dakar avec 4 ou 5 joueurs locaux aurait fait peser des soupçons sur la moralité de la rencontre. Mieux valait perdre avec des joueurs expérimentés qu’avec des jeunes. Cette équipe alignée à Dakar a un potentiel avec des joueurs de grands clubs européens. Elle a fait des résultats à Tunis qui n’ont malheureusement pas suivi dans les éliminatoires combinées Can/Mondial-2006 à cause de la mauvaise ambiance.
Les Echos : La Fédération va-t-elle s’impliquer dans le retour de la sérénité chez les Aigles ?
S. K. : Le regroupement de Rennes (France) et le match de Dakar ont servi de cadre de réconciliation et à mon avis il n’y a plus de problème entre les joueurs. Ils ont fait le voyage de Rennes sachant qu’ils ne vont pas jouer. On a discuté avec eux. Ils se sont parlé et ont adhéré à notre projet. Nous voulons un climat pacifié et apaisé. Les deux dernières rencontres l’ont prouvé et si quelqu’un ne veut pas suivre cette ligne de conduite, il sera mis à la touche. Une équipe suppose des éléments qui tendent vers un même but.
Les Echos : Concrètement quels sont les actes que vous avez posés depuis juin dernier ?
S. K. : Nous avons donné une coupe à l’équipe championne. C’est une première. Nous avons cherché de l’argent pour finir et la Coupe du Mali et le championnat national. Mais le plus important à mes yeux : nous avons réconcilié les joueurs qui ont répondu aux appels. Nous avons reçu des fax de certains frondeurs… Sans oublier la finale de Sikasso qui fut une belle fête sportive.
Les Echos : Il y a des grincements de dents par rapport à la nouvelle méthode de mutation des joueurs que vous avez adoptée. Quel commentaire faites-vous ?
S. K. : La mutation posait problème aux joueurs et aux dirigeants. Nous pensons avoir instauré la bonne méthode pour freiner certaines pratiques de cette mutation. Il faut qu’il y ait un peu de courtoisie, d’élégance entre les dirigeants. Il faut moraliser tout cela dans le sens du développement de notre football. Il faut surtout mettre fin aux chantages et faire en sorte que les clubs puissent rester stables.
Les Echos : Y aura-t-il un championnat national version Domingo ?
S. K. : Le calendrier des matches est déjà établi. Et je pense que ce calendrier sera suivi et régulièrement exécuté. Généralement, le calendrier change avec les impératifs comme les préparatifs des clubs et des équipes nationales. Le calendrier 2005-2006 aidera les entraîneurs à préparer leurs équipes et donnera un niveau aux compétitions.
Les Echos : Peut-on connaître au moins la nationalité de celui qui devra succéder à Pierre Lechantre ?
S. K. : Nous sommes en contact avec différentes nationalités. Je puis seulement vous assurer que vous connaîtrez très bientôt l’identité du nouvel entraîneur national.
Propos recueillis par
Boubacar Diakité Sarr