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2005

Mois d'octobre


Les echos du 26 octobre 2005

INTERVIEW PRESQUE IMAGINAIRE : Me MOUNTAGA TALL

« J’ai inventé l’opposition à ATT »

Le 1er vice-président de l’Assemblée nationale et président du Cnid nous accueille à la porte de son bureau. Habillé d’un impeccable bazin baga kènè, Me Tall était coiffé d’une imposante chéchia et avait ses lunettes que ne retenait que le bout du nez. L’homme nous a paru calme, de ce calme qui sied à ceux qui exécutent des coups sans en avoir l’air. Mois de carême oblige, nous comprenons qu’il n’ait proposé à boire à personne.

Vous avez l’air serein…

Me Tall : Je suis absolument serein. Parce que dans un lieu comme le nôtre, par les temps qui courent, la sérénité aide à passer les mauvais caps.

Les Echos : Et puis on ne vous entend pas beaucoup pour ne pas dire pas du tout !

Me Tall : Pour dire quoi. La liberté d’expression et même la liberté d’opinion sont des droits, mais personne ne peut obliger personne à parler ou à dire des opinions.

Les Echos : Donc vous êtes assis sur vos opinions ?

Me Tall : Attention, comprenons-nous bien. Ne déformez pas ce que je ne vous ai pas dit. Pour le moment, je n’ai aucune opinion. J’ai compris que pour quelqu’un qui voudrait partir loin, il faut s’avoir se taire, se ranger et se tenir tranquille.

Les Echos : Partir loin, pour toi, c’est où ?

Me Tall : Ce n’est loin d’ici et il y a beaucoup de colline. Vous voyez que vous voulez m’obliger à parler. Dans tous les cas, vous serez édifié en 2012. C’est pour cela que je rase les murs et de temps en temps j’aide le locataire du coin que je lorgne.

Les Echos : La concurrence risque d’être rude

Me Tall : Je sais qu’il y a du monde. Outre ses amis, il y a mes ennemis intimes de l’Adéma qui voudraient prendre tout le monde de vitesse. Mais je dois avouer que Dioncounda, en affirmant qu’ATT est un militant de longue date de l’Adéma, un clandestin, il a placé la barre très haut. Et je me suis rendu compte que se contenter de parler n’arrangerait pas forcément mes affaires. Et c’est là que l’idée m’est venue de monter une majorité présidentielle.

Les Echos : L’idée vous est venue seule ?

Me Tall : Tout seul, comme un grand. Et puis, il fallait devancer les désirs du chef sinon nous servirions à quoi si on ne devait qu’exécuter. Parce que qui dit majorité dit opposition. Donc, j’ai déchiré la camisole de force qu’était devenue le consensus pour certains. J’ai remarqué que des journaux comme le vôtre n’ont pas salué ma prestation à sa juste valeur.

Les Echos : Mais il y avait déjà une opposition…

Me Tall : Sur le papier. Mais qui les connaît, qui les entend, qui les voit ? Or l’opposition que nous venons de créer, je peux vous assurer qu’elle se fera entendre partout. Et l’on peut compter sur eux pour apporter un peu d’animation.

Les Echos : Nous avons mis l’accent sur le fait que le règlement intérieur de l’Assemblée contient des dispositions très précises

Me Tall : On peut s’asseoir sur n’importe quelle disposition. Mais ce n’est pas la première fois que le règlement intérieur de l’AN est violé.

Les Echos : Cette fois-ci c’est trop flagrant

Me Tall : Un viol est un viol. Croyez-moi, en tant qu’homme de droit, je sais de quoi je parle.

Les Echos : Mais comment justifiez-vous votre position avec le nombre squelettique de députés dont vous disposez ?

Me Tall : Peu importe le nombre, seul le résultat compte. J’ai compris qu’on peut être minoritaire et gérer ceux qui pensent qu’ils sont majoritaires.

 

Les Echos : Quitte à trahir vos camarades…

Me Tall : Ex-camarades, plus rien ne nous lie à ces gens-là. Et puis je m’étonne que tout le monde parle de trahison. Nous n’avons trahi personne. Nous étions avec un tyran qui nous étouffait et nous avons saisi l’occasion qui s’offrait à nous pour nous affranchir de lui. C’est aussi simple que cela. Dois-je rappeler qu’à plusieurs reprises par le passé il avait essayé de nous enterrer.

Les Echos : Comment voyez-vous la suite ?

Me Tall : Ce n’est pas compliqué. Nous ferons le mort. Nous ne sommes pas pressés et le moment viendra où nous pousserons notre avantage. L’objectif est atteint. Le chef sait ce dont nous sommes capables. Et certains parmi nos supposées victimes lorgnent ici et veulent nous rejoindre. Tout le monde a compris : il ne faut pas être du côté des perdants.

Les Echos : Et vos militants ?

Me Tall : Ils ne me voient que tous les 5 ans. Et puis je sais qu’ils sont très heureux parce qu’ils sont au pouvoir depuis 4 ans maintenant. N’oublions pas qu’avec moi, ils ont commencé par l’opposition. Et quand on fait 10 ans dans cette situation, on pourrait penser qu’on s’y est abonné.

Propos presque recueillis par

Aly Kéita

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Déficit non comblé

La session d’octobre est celle consacrée à l’adoption de la Loi de finance. Même si la guéguerre née des renouvellements semble mettre cet aspect au second plan, il n’en demeure pas moins que le budget 2006 est attendu. Le déficit s’élève à plus de 88 milliards de F CFA.

Le budget 2006 s'inscrit en recettes à 747,602 milliards de F CFA et à 836,231 milliards de F CFA en dépenses, soit un déficit budgétaire de 88,629 milliards.

La conjoncture économique en 2004 a été marquée par une conjonction de catastrophe pour le Mali : criquets, mauvaises récoltes, baisse de la production d’or et chute des prix, le tout sous une crise ivoirienne commencée quelques années auparavant.

Pour 2005, le taux de croissance devrait être de 7,5 % contre 1,5 % en 2005. Cette hypothèse ne tient que si le corridor ivoirien était ouvert, si la crise prenait fin et si la production d’or repartait. Déjà, il y a des raisons d’être optimiste avec la saison des pluies qui a été acceptable et les criquets qui n’ont pas été au rendez-vous. Grâce à ces facteurs, le secteur primaire devrait afficher une croissance de 4,1 %.

L'accroissement de la production d'or et le démarrage de certaines unités industrielles, devraient permettre au secteur secondaire de bénéficier d'une hausse de 8,5 %.

Une croissance de 6,6 % est attendue pour le secteur tertiaire, en raison de la poursuite de la croissance dans le secteur des transports et des télécommunications, ainsi qu'une amélioration du niveau des droits et taxes à l'importation.

 

Recettes en hausse

Les recettes connaissent une progression de 6,9 % par rapport à 2004 avec 747,602 milliards contre 699,302 l'année précédente. Cette augmentation s'explique par un accroissement attendu des recettes du budget national (11,39 %), des budgets annexes, comptes et fonds spéciaux (17,50 %).

Les recettes non fiscales ont subi une baisse, imputable à la réduction des recettes du Trésor suite au transfert intégral du recouvrement des impôts des services du Trésor aux services des impôts au niveau de Bamako.

Les recettes exceptionnelles représentent le niveau des ressources PPTE. Le montant est inscrit en compensation des dépenses financées sur les ressources de l'allègement obtenu dans le cadre de l'initiative des PPTE. L'accroissement des recettes du Programme de développement des ressources minérales (+40,91 %) et des entrepôts maliens à l'extérieur, la création d'un nouvel entrepôt au Ghana (Emagha) et le développement des activités du secteur minier, ont contribué à la forte hausse des budgets annexes, comptes et fonds spéciaux.

Les ressources du budget spécial d'investissement ont connu une diminution de 1,93 % en raison de la non prise en compte des recettes du financement intérieur du budget spécial d'investissement au titre des exonérations.

En 2004, le BSI a pris en compte les exonérations en même temps que la douane. Cette correction a amené donc une réduction de son montant, ce qui explique les 1,93 %. Sinon, dans les faits, en tenant compte de cet élément, il y a en fait une augmentation de 2,38 %.

 

Les dépenses aussi

Le budget est arrêté en dépenses à 836,231 milliards de F contre 787,198 milliards de F CFA en 2005, soit une progression de 6,23 %, imputable à l'accroissement des budgets national, régionaux et d'investissement.

Les évolutions principales sont : une forte hausse enregistrée dans la rubrique "autres dépenses + transferts et subventions" qui est due à une augmentation des "transferts et subventions" (+30,67 %) : avance accordée à la CMDT (13,800 milliards de F CFA), création de 5 nouveaux établissements publics, transformation des hôpitaux régionaux en établissement public hospitalier et l'ajustement des niveaux de consommation d'électricité, d'eau et de téléphone des EPA des secteurs sociaux.

On note également une diminution de 53,60 % des dépenses électorales expliquée par le fait qu'en 2005, aucune élection n'est prévue. Le montant inscrit sera utilisé pour la révision des listes électorales et l'organisation du référendum relatif à la révision de la Constitution. Enfin, le montant de la rubrique "restructuration des entreprises publiques" a été ramené à zéro car aucune restructuration n'est prévue pour 2005. Le budget 2006 dégage un déficit prévisionnel de 88,629 milliards contre 87,896 en 2004. Il devra être financé par des ressources provenant des aides budgétaires extérieures et éventuellement par la mobilisation de l'épargne.

Alexis Kalambry



Encadré

Un référendum en gestation ?

Dans la Loi de finance 2005, le gouvernement a prévu un fonds destiné à l’organisation d’un référendum relatif à la Constitution et à la révision des listes électorales. Le débat sur cette révision n’est pas encore à un niveau tel qu’il soit dit qu’il est imminent.

Sous le président Alpha Oumar Konaré, il avait déjà été question d’une révision de la Constitution. Mais, devant les ruades des partis d’opposition, l’idée avait été purement et simplement abandonnée. Qu’en sera-t-il avec le président Amadou Toumani Touré ? Wait and see.

A. K.

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BUDGET 2006

LOGEMENTS SOCIAUX

Kita heureuse de ses 20 maisons

Après Nioro du Sahel et Kayes, le week-end dernier, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Modibo Sylla, était lundi à Kita pour constater de visu l’évolution du chantier des 20 logements sociaux.

La ville de Kita, située à 160 km de Bamako, est bénéficiaire de 20 logements sociaux, au titre de la 3e tranche du programme gouvernemental de construction de logements sociaux. Cet ambitieux programme vise, en dépit de la conjoncture économique, à offrir à tous les Maliens un logement décent à moindre coût.

Si à Bamako, le problème de logement se pose avec acuité, à Kita c’est également la croix et la bannière pour avoir un chez soi. D’où la satisfaction et l’engouement des Kitois autour de ces 20 logements. Ils ont manifesté leur joie au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat au cours des échanges sur les critères d’attributions de ces maisons.

« Nous remercions le gouvernement pour avoir mis à notre disposition ces logements, combien importants, pour qui connaît le problème de logements ici. Tous nos remerciements et notre gratitude vont à l’endroit du chef de l’Etat pour ce projet porteur », a souligné le préfet de Kita Mamane Traoré.

Le ministre Sylla a donné l’assurance que le programme continuera avec plus de logements, car dira-t-il, « sans ce programme, il serait difficile pour beaucoup de Maliens à revenu faible et intermédiaire de se forger un toit ».

Une commission locale d’attribution, composée de travailleurs de l’administration et de la société civile, sera instituée avant le 1er novembre. Elle travaillera sur la base des critères d’attributions établis par le ministère. Les postulants doivent être de nationalité malienne, avoir un revenu mensuel compris entre 56 920 à 145 000 FCFA, domicilier son salaire à la BNDA de Kita, fournir les actes administratifs comme le certificat de résidence , la carte d’identité, etc.

 

Les F2 exécutés à 40 %

Le remboursement est établi sur 25 ans à raison de 22 372 F CFA par mois et les « bénéficiaires ne payent que le prix de construction de la maison. Les autres frais (viabilisation, eau et électricité) qui constituent 40 % sont à la charge de l’Etat », précisera M. Sylla.

Avant la rencontre avec les autorités locales, les représentants de l’Amupi, la Cafo, les chefs de quartier, les syndicats, le ministre avait visité le chantier des logements et rencontré les entrepreneurs. Si la date du 30 octobre était retenue pour la fin des soubassements, à Kita les deux entreprises Halima Construction et Anna Services (entreprise locale) sont énormément en avance.

Elles promettent de rendre les clefs le 30 décembre alors que le délai contractuel prend fin le 15 janvier 2006. Les logements de type F2 sont au stade du chaînage, soit près de 40 % de taux d’exécution. Le coût de construction de ces maisons s’élève à 118 millions de F CFA. Tout en les félicitant, le ministre Sylla les a invité à redoubler d’efforts et à miser sur la qualité du travail. « Le délai, a-t-il rappelé, n’est pas négociable et les bâtiments sont sous garantie jusqu’à la fin des 300 mois ».

L’EDM-SA, chargée de l’électrification du site, a déjà implanté les poteaux. Toutes choses qui constituent, pour M. Sylla, un motif de satisfaction. « En plus des maisons, ce programme constitue un vaste projet de développement pour la ville de Kita, car toutes les concessions situées entre la ville et le site bénéficieront de l’électricité et du forage qui sera construit ».

Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat était accompagné par le directeur général de l’Office malien de l’habitat El hadj Moussa Baba Diarra, le directeur national adjoint de l’habitat, la conseillère à la communication Mme Soumaré Fatim Kéita…

Sidiki Dembélé

(envoyé spécial)

 

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NGOLO KONARE, MUSICIEN NON-VOYANT

« J’éduque mon auditoire et les enfants »

 

Musicien, auteur et compositeur, Ngolo Konaré est initialement un

professeur d’allemand. Handicapé visuel, il a aujourd’hui de bonnes raisons d’être heureux. A preuve : il a mis, le 14 juillet dernier, son 1er album, « Merci pour tout », sur le marché. Dans l’interview ci-dessous, il nous parle de sa « galette » vendue à 1000 F CFA et de bien d’autres choses. Entretien.

 

Les Echos : Vous venez de mettre sur le marché votre premier album. Voulez-vous nous parler de cette œuvre ?

Ngolo Konaré : L’album « Merci pour tout » est mon premier opus après 20 ans de carrière. Je l’ai réalisé, profitant d’un stage de perfectionnement, en République fédérale d’Allemagne. C’est à l’issue d’un concert auquel j’ai participé que des amis ont décidé de m’aider dans sa réalisation.

 

Les Echos : Pourquoi le titre « Merci pour tout » ?

N. K. : « Merci pour tout » est un hommage rendu à tous ceux qui m’ont aidé à sortir la cassette. Vous savez la production d’un album n’est pas facile sans des appuis conséquents.

 

Les Echos : L’album contient combien de titres et quel genre de musique jouez-vous ?

N. K. : Ce sont mes propres compositions avec le rythme moderne. Il a deux couleurs, c’est-à-dire une partie acoustique qui est faite avec des instruments comme la guitare et l’autre avec les pianos. Chacun peut retrouver son goût.

Le 1er titre de l’album est dédié à l’enseignant malien. J’ai rendu un hommage mérité aux enseignants du Mali depuis la réforme de 1962 jusqu’à nos jours. J’ai essayé de décrire la situation que l’enseignant vit : la pléthore dans les classes, la tâche très ardue que nous menons quotidiennement. En tant qu’enseignant, il est normal que je fasse ça.

J’ai parlé aussi des enfants « Sauvons les enfants ». Vous n’êtes pas sans savoir que les enfants sont l’avenir d’un pays. Quand on sauve les enfants, on sauve une nation. J’ai voulu sensibiliser les autorités, les parents pour qu’on protège les enfants contre l’exploitation sexuelle, le trafic et les intempéries.

 

Les Echos : Vous êtes musicien et enseignant. Comment concilier ces deux métiers ?

N. K. : Je pense que ce n’est pas compliqué. La bonne musique fait partie de l’éducation. C’est un prolongement de ce que je fais à travers les thèmes que j’exploite. J’éduque mon auditoire et les enfants. C’est toujours une continuation de mon œuvre d’enseignant.

 

Les Echos : Vous êtes dans la musique depuis plus de 10 ans. Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour sortir un album ?

N. K. : Les conditions n’étaient pas réunies pour que je fasse sortir un album. Vous savez que le début de toute chose est difficile. Quand vous sortez un produit tout de suite, il faut la qualité. Il y a beaucoup de choses qui rentrent en ligne de compte : les infrastructures, le financement, il y a aussi l’expérience qui compte beaucoup.

Je ne suis pas pressé. Mais, je vous avoue que j’ai côtoyé pas mal d’artistes tels que Ami Koïta, Toumani Diabaté, Kélétigui Diabaté. Donc, j’ai appris sur le tas. Je pense que c’est à partir de cette somme d’expériences que je suis arrivé à composer, arranger des titres. En un mot, je voulais rassembler les meilleures chances possibles pour la réussite. J’espère que c’est un objectif maintenant atteint.

 

Les Echos : Est-ce que vous avez votre propre groupe de musique ?

N. K. : J’ai mon propre groupe qui s’appelle « Africa Cadence ». Il est composé en majorité de handicapés visuels. J’ai formé ce groupe à l’issue d’un concert organisé par l’Unesco, dont j’ai été lauréat en 1995.

 

Les Echos : Votre dernier mot ?

N. K. : Je remercie tous ceux qui m’ont aidé dans la réalisation de l’album. Je lance un appel à mes fans pour qu’ils achètent la cassette avec sticker. A ce moment-là tout le monde aura sa part.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

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LOGEMENTS SOCIAUX

Kita heureuse de ses 20 maisons

Après Nioro du Sahel et Kayes, le week-end dernier, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Modibo Sylla, était lundi à Kita pour constater de visu l’évolution du chantier des 20 logements sociaux.

La ville de Kita, située à 160 km de Bamako, est bénéficiaire de 20 logements sociaux, au titre de la 3e tranche du programme gouvernemental de construction de logements sociaux. Cet ambitieux programme vise, en dépit de la conjoncture économique, à offrir à tous les Maliens un logement décent à moindre coût.

Si à Bamako, le problème de logement se pose avec acuité, à Kita c’est également la croix et la bannière pour avoir un chez soi. D’où la satisfaction et l’engouement des Kitois autour de ces 20 logements. Ils ont manifesté leur joie au ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat au cours des échanges sur les critères d’attributions de ces maisons.

« Nous remercions le gouvernement pour avoir mis à notre disposition ces logements, combien importants, pour qui connaît le problème de logements ici. Tous nos remerciements et notre gratitude vont à l’endroit du chef de l’Etat pour ce projet porteur », a souligné le préfet de Kita Mamane Traoré.

Le ministre Sylla a donné l’assurance que le programme continuera avec plus de logements, car dira-t-il, « sans ce programme, il serait difficile pour beaucoup de Maliens à revenu faible et intermédiaire de se forger un toit ».

Une commission locale d’attribution, composée de travailleurs de l’administration et de la société civile, sera instituée avant le 1er novembre. Elle travaillera sur la base des critères d’attributions établis par le ministère. Les postulants doivent être de nationalité malienne, avoir un revenu mensuel compris entre 56 920 à 145 000 FCFA, domicilier son salaire à la BNDA de Kita, fournir les actes administratifs comme le certificat de résidence , la carte d’identité, etc.

Les F2 exécutés à 40 %

Le remboursement est établi sur 25 ans à raison de 22 372 F CFA par mois et les « bénéficiaires ne payent que le prix de construction de la maison. Les autres frais (viabilisation, eau et électricité) qui constituent 40 % sont à la charge de l’Etat », précisera M. Sylla.

Avant la rencontre avec les autorités locales, les représentants de l’Amupi, la Cafo, les chefs de quartier, les syndicats, le ministre avait visité le chantier des logements et rencontré les entrepreneurs. Si la date du 30 octobre était retenue pour la fin des soubassements, à Kita les deux entreprises Halima Construction et Anna Services (entreprise locale) sont énormément en avance.

Elles promettent de rendre les clefs le 30 décembre alors que le délai contractuel prend fin le 15 janvier 2006. Les logements de type F2 sont au stade du chaînage, soit près de 40 % de taux d’exécution. Le coût de construction de ces maisons s’élève à 118 millions de F CFA. Tout en les félicitant, le ministre Sylla les a invité à redoubler d’efforts et à miser sur la qualité du travail. « Le délai, a-t-il rappelé, n’est pas négociable et les bâtiments sont sous garantie jusqu’à la fin des 300 mois ».

L’EDM-SA, chargée de l’électrification du site, a déjà implanté les poteaux. Toutes choses qui constituent, pour M. Sylla, un motif de satisfaction. « En plus des maisons, ce programme constitue un vaste projet de développement pour la ville de Kita, car toutes les concessions situées entre la ville et le site bénéficieront de l’électricité et du forage qui sera construit ».

Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat était accompagné par le directeur général de l’Office malien de l’habitat El hadj Moussa Baba Diarra, le directeur national adjoint de l’habitat, la conseillère à la communication Mme Soumaré Fatim Kéita…

Sidiki Dembélé

(envoyé spécial)

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