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2005

Mois novembre

Les echos du 11 novembre 2005


SECURITE A SIKASSO

Les galons de la mise en scène

 

A Sikasso aujourd’hui, même les larcins changent de dénomination une fois au commissariat. Tout est qualifié de bandit de grand chemin.

Subitement, les policiers de Sikasso sont devenus des traqueurs invétérés de malfrats et autres bandits de grands chemins qui écument nos villes et campagnes et sèment la terreur à tous les niveaux.

Dans la Capitale du Kénédougou, il se passe plus de semaine sans qu’un « bandit de grand chemin » ne soit arrêté et présenté à la télé, avec à ses côtés, des policiers, fiers comme des coqs, qui posent auprès de leur « trophée ».

En réalité, il semble qu’il y ait beaucoup de mise en scène, de bidonnage dans ces exhibitions. En effet, ATT aurait clairement dit que les avancements et autres galons seraient liés désormais pour eux à leur capacité à arrêter des bandits. Du coup, c’est plus la course aux galons qu’à la sécurité réelle.

Quelques cas. La presse s’est fait l’écho de l’enlèvement à Sikasso du véhicule d’un banquier. Quelques jours après, les autorités burkinabés ont arrêté et livré les malfrats aux policiers maliens après que la voiture volée se soit embourbée en territoire burkinabé.

Les policiers chargés d’aller recueillir « le colis » ont poussé le bouchon jusqu’à simuler des échanges de tirs avec les malfrats avant de les exhiber comme butins de guerre.

Une autre fois, un honnête citoyen de la cité a arrêté chez lui, avec l’aide des siens, un bandit armé. Mais quelle ne fut sa surprise de voir, deux jours après, « son bandit », au milieu d’un lot, présenté à la télé comme étant des coupeurs de routes arrêtés… par des policiers.

« Aujourd’hui, à Sikasso, les simples voleurs de poules sont présentés comme des coupeurs de route, des pickpockets comme des bandits de grand chemin. Tous ceux qui sont appréhendés pour une raison ou une autre sont par la suite présentés comme des résultats de mois de traques et de filature, alors qu’il n’en est rien » .

Alexis Kalambry

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BAMAKO-ANGERS

Les partenaires angevins attendus ce vendredi

Dans le cadre de la rencontre annuelle entre les deux parties pour tenir le bilan de la coopération vieille d’une trentaine d’années, une forte délégation de la mairie d’Angers est attendue aujourd’hui à Bamako. La délégation angevine est conduite par l’adjointe au maire chargée des relations internationales, Mme Dominique de Ferrière.

Le clou du séjour angevin sera sans nul doute la signature conjointe de la convention portant création d’une Maison d’initiative locale (Mil) avec la mairie du district et la Commune II, qui doit l’abriter. Le Mil ou « Blomba » est un projet cher au maire du district, Moussa Badoulaye Traoré, qui l’a défendu lors de sa visite à Angers courant 2004.

Le jumelage-coopération entre Bamako et Angers se porte comme un charme. Il a à son actif plusieurs réalisations comme la construction de centres de santé communautaires (CSCOM), des centres de lecture et d’animation pour enfants (Claec) dans les six communes de Bamako, des plateaux sportifs dans les six communes, l’équipement des GIE d’assainissement et de la mairie de Bamako.

Au cours de ce séjour, qui va durer plus d’une semaine, Bamako et Angers évalueront l’état de leur coopération. Il est prévu de visiter les sites des différentes réalisations faites récemment par Angers et Loire Métropole à Bamako. Il s’agit notamment de : les plateaux sportifs de Niaréla et de Bacodjicoroni. Les hôtes d’Angers mettront leur séjour à profit pour inaugurer un CSCOM qu’ils ont construit à Hamdallaye.

Abdrahamane Dicko

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COTON

Les producteurs africains en quête d’équité

Comment rendre le coton africain équitable ? C’est à cette question que tentent de répondre des experts de 4 pays concernés, réunis à l’hôtel Olympe, depuis mercredi.

 

Cette réunion de concertation regroupe des professionnels du secteur coton du Burkina, du Sénégal, du Cameroun et du Mali ainsi que les représentants de Dagris et Max Havelaar, propriétaire du label du même nom.

Trois jours durant, ils se pencheront sur l’épineuse question de commerce du coton africain de plus en plus dévalorisé sur le marché international à cause des subventions américaines. Ce qui a pour conséquence directe, une perte de revenu et l’incertitude pour les paysans africains de pouvoir couvrir leur coût de production.

Le projet de coton équitable lancé dans ces pays a pour objectif de faire le commerce de coton avec plus d’équité et de justice. Il vise également à veiller sur l’environnement, à mieux gérer les ressources des partenaires et à produire un coton de meilleure qualité.

« C’est à ce prix que les acheteurs s’engagent à payer très cher notre coton. Les primes dégagées serviront à construire des centres de santé, des écoles, des plates formes multifonctionnelles pour les femmes, etc. » , a expliqué Mamadou Touré, chef de division commerce équitable à la CMDT.

Au Mali, c’est la zone CMDT de Kita qui abrite depuis 2003 le projet ; c’est un choix des producteurs eux-mêmes. La même année, 4 coopératives de producteurs ont reçu, avec 57 tonnes de coton, une prime de 18 millions de F CFA. En 2004, 16 coopératives ont bénéficié de 46 millions de primes avec 300 tonnes de coton. Et cette année, le projet couvre 92 coopératives avec une prévision de près de 2000 tonnes de coton.

Les participants à la réunion de concertation sur le coton équitable sont convaincus que ce projet, bien que limité, peut être une alternative pour les producteurs ouest africains.

Sidiki Dembélé

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MECHAGE

Leurres de vérité

Il y a des moments dans la vie de la nation où les hommes et les femmes qui dirigent ce pays, quelle que soit la parcelle de responsabilité dont ils ont la charge, se lâchent un peu pour ne pas dire se défoulent carrément. Au titre de ces moments où certaines vérités sont crûment et vertement délivrées, je cite la rentrée judiciaire.

Quel que soit le thème choisi, la rentrée donne toujours lieu à des sorties plus ou moins senties. Pour faire plus vrai que la réalité, le spectacle est monté à la manière d’un vrai procès avec ce qui ressemble à un acte d’accusation, avec des plaidoiries suivies de réquisitoires, avec des condamnations.

On applaudit très fort, on se congratule et puis on attend la prochaine rentrée. Entre-temps, on oublie les belles résolutions et la vie reprend son train-train habituel. Le thème de cette année « l’exercice des droits et libertés en droit positif malien : les garanties et les limites » est pour le moins actuel. Et tous les intervenants ont mis en exergue la faiblesse de l’Etat et l’absence de son autorité.

Bien entendu, je ferai l’économie de tout ce qui a été pointé du doigt. Mais tout y est passé : la presse, qui bafoue l’honneur et la dignité de certains, la justice dont la l’impartialité demeure au stade des vœux pieux, la police qui séquestre à tout va et qui écroue même des avocats dans l’exercice de leurs fonctions, les politiciens qui se croient tout permis, les citoyens qui font ce que bon leur semble, l’Etat lui-même qui s’affaiblit à travers ses innombrables dysfonctionnements.

Mais ce qui a retenu l’attention de tous, c’est l’allusion très claire faite à la crise alimentaire. Le bâtonnier, Me Seydou Maïga, particulièrement inspiré a insisté sur le fait qu’il ne peut pas y avoir de liberté pour un peuple qui a faim. « La grande majorité du peuple a faim M. le Président », a-t-il martelé indexant ceux qu’il a qualifiés de Néron et qui ont profité de la crise alimentaire pour spéculer et s’en mettre plein les poches.

Interpellé, ATT a abondé dans le même sens que le bâtonnier préconisant des sanctions contre les fauteurs. Plus généralement, le président estime qu’il faudrait veiller « à ce que le libéralisme économique ne se résume pas à ce que l’autre appelle la liberté du renard libre dans le poulailler libre ». Comme dirait l’autre, ce sont là des paroles fortes. Maintenant, on attend de voir. Parce que ce dont le bâtonnier a parlé ne date pas d’aujourd’hui en ce sens que dès le début de la crise alimentaire et des facilités accordées aux opérateurs économiques, la presse a mis le doigt sur les dysfonctionnements.

Mieux, la presse, preuve à l’appui a mis la lumière sur les dérapages des opérateurs au nom du libéralisme, sur le laxisme de l’Etat au nom de la liberté et sur les libéralités en espèces et en nature dont certains, y compris au sommet de l’Etat, ont bénéficié. La presse a mis un bon moment à s’acharner seule contre les prédateurs. Et je sais que les journalistes étaient perçus par certains Néron comme des empêcheurs de voler en rond.

Je disais qu’on attend de voir parce que ce n’est ni le premier engagement ni le dernier engagement de châtier les fauteurs de spéculation et autres indélicatesses. Je ne rappellerai pas tous les engagements qui sonnent encore comme des vœux pieux mais le cas le plus dramatique est certainement la crise des criquets pèlerins.

Des marchés passés de gré à gré, en violation de toutes les règles en vigueur, des sommes importantes qui disparaissent, une cacophonie jamais vue, etc. Il y a certes eu quelques menus fretins qui ont payé, mais les vrais prédateurs continuent de s’en pourlécher les babines.

Cette semaine est vraiment celle d’ATT parce qu’après la rentrée judiciaire, il a posé la première pierre de l’Ecole de maintien de la paix lundi après-midi avant de s’offrir un vrai bain de foule mardi matin avec l’ouverture du Forum de jeunes africains en prélude au sommet Afrique-France. Pour permettre à notre président bien aimé de s’offrir un bain de foule digne de lui, des messages avaient été passés des jours durant demandant aux jeunes écoliers de sortir massivement pour jalonner le parcours présidentiel afin de lui prouver notre indéfectible attachement.

Les enfants, les « amis » d’ATT ont été sortis tôt le matin de bonne heure. Mieux, pour obéir à la vérité de la propagande, des banderoles ont été confectionnées avec des slogans du genre, « ATT, le père de la démocratie », « la jeunesse te soutient », etc. J’ai vu un ATT rayonnant de bonheur et qui était particulièrement en verve face aux jeunes venus de tous les pays africains et de la France.

Le même jour il s’est envolé pour le Luxembourg. Et c’est de là qu’il apprendra que l’Adéma, au cours de sa conférence nationale des 12 et 13 novembre, a décidé de le choisir comme candidat pour 2007. Que faudrait-il pour que son bonheur soit total ? Juste à faire en sorte que ces moments dont je viens de parler ne soient pas des leurres de vérité.

TBM

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