DESAVOUE PAR LA COUR SUPREME
Mala veut la révision de l’arrêt sur ses nominations
Le collectif des anciens directeurs de Cap a obtenu gain de cause devant la section administrative de la Cour suprême. Par arrêt n°119 du 15 septembre, elle a ordonné l’annulation des arrêtés n°04-1999/MEN-SG du 7 octobre 2004 et n°04-2001/MEN-SG du 11 octobre 2004 pour excès de pouvoir. Les arrêtés portent sur les nominations d’inspecteur de l’enseignement secondaire général et directeurs généraux d’Instituts de formation de maîtres par le ministre de l’Education nationale qui, apparemment, ne l’entend pas de cette oreille, car décidé à obtenir la révision de l’arrêt.
Le 25 janvier 2003, le ministre de l’Education nationale, le Pr. Mamadou Lamine Traoré, organisait un concours pour appliquer à la lettre l’article 60 de la loi d’orientation sur l’éducation. Cette loi stipule en son article 60 que les chefs d’établissement, les conseillers pédagogiques, les inspecteurs et les directeurs de Cap sont recrutés par voie de concours.
Soixante-dix directeurs de Cap perdront ainsi leur poste. Selon des responsables du collectif des anciens directeurs de Cap, une plainte avait été introduite auprès de la section administrative de la Cour suprême pour rétroactivité de la loi. La section administrative de la Cour suprême a accepté leur requête en la forme, mais l’a jugée non-fondée dans le fond.
« Bien que la loi ne devrait pas être rétroactive, nous avons accepté, en démocrate, le verdict de la Cour » . La démarche du ministre avait d’ailleurs essuyé de vives critiques de la part des députés lors de questions orales à l’Assemblée nationale. D’honorables députés avaient qualifié l’organisation du concours de « mascarade pour recruter ceux qui détenaient la carte Miria ».
Deux poids deux mesures
Le Snec également avait suggéré au ministre de relever les directeurs de Cap qui seraient défaillants et ensuite organiser le concours. Mais le Pr. Mamadou Lamine Traoré, de toute évidence, avait fait la sourde oreille : en organisant d’un côté un concours et en procédant de l’autre côté à des nominations.
La logique voudrait qu’un concours soit organisé pour le recrutement de conseillers pédagogiques, d’inspecteurs, de chefs d’établissement (proviseurs de lycée, directeurs d’IFM). Décidés à ne pas se laisser faire, le collectif des anciens directeurs de Cap a attaqué les arrêtés de nomination devant la section administrative de la Cour suprême.
Malgré ce verdict, le ministre semble ne pas lâcher prise, car il a introduit un recours de révision de l’arrêt. Mais quel argument juridique pourra-t-il opposer ?
En réalité le ministre avait minimisé la capacité de mobilisation du collectif des directeurs comme cela a toujours été le cas au Mali. Et ce recours en révision ne serait ni plus ni moins qu’une fuite en avant, voire une façon de tromper la vigilance du Premier ministre ou du président de la République.
Par ce verdict, on se demande quel est désormais le pouvoir du ministre qui ne peut plus nommer de responsables d’établissement. Ce qui, forcément, entrave l’éducation parce que c’est la porte ouverte à tout pour ces responsables d’établissement.
Denis Koné
[haut]
Acceuil
MARCHE DE NGOLONINA VENDU A UN PARTICULIER
Des vendeuses marchent sur la mairie du district
Hier matin, aux environs de 10 h, une centaine de femmes vendeuses au marché de Ngolonina ont pris d’assaut la mairie du district pour dénoncer la vente de leur marché à un particulier.
La spéculation foncière a atteint des proportions inquiétantes à Bamako. Mais lorsque tout un marché implanté depuis plus de 30 ans est vendu à un opérateur économique, en l’occurrence Soumana Traoré dit San Zou, il y a à désespérer du pays.
Les femmes du marché de Ngolonina, appelé « Bomoli Soukou » n’en reviennent pas. Elles ont été priées de vider les lieux après la fête. Mais décidées à se faire entendre, elles ont marché sur la mairie du district, bravant la police qui a arrêté deux des leurs : Djeliba et Doucouré.
« Nous ne bougerons pas d’un iota. C’est sur nos cadavres que San Zou va construire ses magasins ici. Il ne vous reste plus qu’à nous chasser de nos propres maisons. Où va ce pays ? Vraiment trop c’est trop. Nous ne quitterons pas ce marché » , scandaient les vendeuses très remontées contre les autorités municipales.
Un gagne-pain pour veuves
Et devant le maire du district à qui elles ont remis une déclaration, leur propos était amer. « Ce marché est notre seul espoir, car la plupart d’entre nous sont des veuves ou épouses de retraités. Voulez-vous nous réduire en des mendiantes de rue en nous chassant de ce marché. M. Le maire, ce n’est pas comme cela qu’on lutte contre la pauvreté, ce slogan que vous clamez tous les jours. Personnellement, je vends dans ce marché depuis 1977 et il y en a de plus âgées que moi. Donc, à cause de ce mois béni, laissez-nous notre marché. C’est tout ce qu’on demande et dites à vos policiers de ne pas nous brutaliser comme ils l’ont fait ce matin sinon, nous allons nous fâcher », a lancé leur porte-parole qui n’arrivait pas à contenir sa colère.
Le maire du district, Moussa Badoulaye Traoré, pris au dépourvu, a seulement promis aux femmes de se rendre personnellement dans ce marché après la fête.
Ce marché, qui sert les quartiers de Ngolonina, Bozola, Niarela en condiments, aurait été vendu à l’opérateur économique San Zou. Ce dernier a sommé les pauvres dames de déguerpir deux jours après la fête pour qu'il érige ses magasins.
Les vendeuses se disent prêtes à servir de soubassement pour ces futurs bâtiments. Une nouvelle brèche que les autorités doivent éteindre au plus vite.
Sidiki Dembélé
Acceuil
Encadré
Des policiers hors la loi
Après avoir brutalisé les femmes au marché de Bomoli et arrêté deux des leurs, libérées aussitôt, des éléments du Groupement mobile de sécurité (GMS) ont tenté de les empêcher de pénétrer dans la cour de la mairie du district en menaçant de faire usage de gaz lacrymogènes. Mais décidées qu’elles étaient, elles ont bravé les policiers pour aller s’asseoir dans la cour de la mairie.
Lorsque nous avons tenté de faire des photos, le commissaire principal, qui dirigeait l’opération, nous a retiré notre appareil. « Non pas de photo, d’ailleurs remettez- moi cet appareil. Vous n’y avez pas le droit… ». Quand nous lui avons brandi notre carte de presse nationale, qui nous autorise à faire ce travail, il nous a envoyé paître… malgré l’intervention du maire du district. Ce n’est qu’après le départ des femmes qu’il nous a remis notre appareil. Hélas !
S. Y. D.
PRIVATISATIONS
Le PM découragé par la CMDT et l’EDM
En visite à Sikasso, le Premier ministre a déploré que la CMDT et l’EDM soient des entraves dans la réalisation de certains programmes essentiels de l’Etat.
En visite de terrain les 27, 28 et 29 octobre derniers en 3e région, le Premier ministre est revenu sur la récurrente question de la privatisation de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) et de l'Energie du Mali (EDM).
Certes, la Compagnie connaît des difficultés, mais ce qui a le plus déçu le chef du gouvernement, c’est la non-transformation du coton à hauteur de souhait (2 %). "La CMDT et l'EDM me donnent des soucis et parfois du découragement", a déclaré le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga.
Selon le Premier ministre, les prêts contractés par l'Etat pour payer le coton à 210 F CFA l’année dernière ont non seulement fait perdre au pays 50 milliards de F CFA mais aussi faussé toutes les données. D'où l'explication trouvée pour la non-réalisation des centres de santé, des forages... dans des localités où le besoin se fait sentir.
Assurances
Mais, pour ne pas laisser sombrer les 3,5 millions de Maliens qui cultivent le coton, le chef du gouvernement a laissé entendre à N'kourala et Koutiala que la privatisation de la CMDT se fera avec professionnalisme pour sauvegarder l'intérêt des cotonculteurs qui n'ont pas caché leurs inquiétudes face aux conséquences de la privatisation prévue pour 2008.
Peu importe la forme, le Premier ministre a assuré les paysans qu'ils seront représentés dans la nouvelle Compagnie pour défendre leurs intérêts et sauvegarder notre principal produit d'exportation qu'est le coton.
Evoquant la question de l'EDM, il a indiqué que des voies et moyens seront envisagés pour diminuer le coût d'électricité au grand bonheur des Maliens.
Mohamed Daou
(envoyé spécial)
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CINEMA
La Cour de Sissako en tournage
Hier, à la Maison de la presse, le cinéaste Abderrahamane Sissako, entouré d’une partie de son équipe, était face à la presse pour informer les médias du tournage de son prochain film intitulé « la Cour », qui sera le procès de la mondialisation.
Selon le cinéaste Abderrahamane Sissako, le tournage de « la Cour » va durer deux mois. Le coût de production du film est estimé à 1,2 million d’euros (environ 785 millions de F CFA), une somme pas encore acquise.
Le 1er coup de clap du film est prévu dans quelques jours à Hamdallaye dans la maison du père du cinéaste. C’est cette cour que M. Sissako a choisie pour réaliser son film.
« C’est une maison simple comme tant d’autres dans le quartier populaire de la ville » , a précisé M. Sissako. Construite en terre, à la veille de la retraite du père et sur des économies de fonctionnaire, la maison a tout d’abord une raison fonctionnelle. « C’est dans cette cour que j’ai grandi, avec mes nombreux frères, sœurs, cousins, cousines, tantes, oncles, parents proches et lointain. Aujourd’hui, même si la plupart d’entre eux a quitté la cour pour vivre ailleurs, elle est toujours habitée par des cousins, des parents proches ou lointains », a expliqué le cinéaste.
Procès de la mondialisation
« Sans pourtant l’abandonner, la petite pension de mon père, complétée par les revenus de mes frères, sert à maintenir la vie dans cette cour » , a ajouté M. Sissako.
Le cinéaste a informé de la mise en place d’un tribunal en lieu et place de la cour. « Ce sera une cour de justice, une cour composée de vrais juges, de vrais avocats nationaux et internationaux, de témoins, de victimes hommes, femmes et enfants ».
« Ce procès public sera celui de la mondialisation ou de la globalisation. Aussi le film montrera la société civile de l’un des pays les plus pauvres du monde assignant en justice, dans la cour de mon père, trois institutions : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ceux-là qui fixent les règles du jeu libéral dont dépend le sort de millions de gens » .
Amadou Sidibé
« UN AUTRE MONDE »
Les 6es Rencontres photo démarrent le 10 novembre
Notre capitale organisera du 10 novembre au 10 décembre la 6e édition des Rencontres de la photographie africaine.
Plus d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe se retrouveront du 10 novembre au 10 décembre pour la 6e édition de la photographie africaine qui se tient tous les deux ans dans notre capitale.
Unique événement de dimension internationale consacré à la photographie contemporaine africaine, la 6e édition porte sur le thème « Un autre monde » aura lieu pendant un mois, au travers d’expositions, ateliers, séminaires, projections…
Pour l’édition 2006, les rencontres proposeront une dizaine d’expositions individuelles et collectives de près de 2000 photographies et le travail de plus d’une centaine de photographes au Musée national, au Centre culturel français, au Musée du district de Bamako, au Palais de la culture.
Les rencontres de Bamako veulent à la fois encourager la production et la diffusion, stimuler la création et offrir un espace de confrontation pour les photographes du continent. Au-delà, elles permettront de faire découvrir la photographie africaine à un large public, dans une ambiance festive et populaire.
Contrairement aux années précédentes, les photographes iront animer des activités dans les écoles de Bamako. Au cours des rencontres des prix seront décernés aux lauréats dans plusieurs catégories.
Une rétrospective sera consacrée à Malick Sidibé et deux hommages seront rendus à la mémoire de John Mauluka du Zimbabwe et Gilbert Albany de la Réunion.
Lancées en 1994, les Rencontres de Bamako sont devenues en peu de temps la plus grande manifestation de la photo moderne en Afrique En moins de 10 ans, le nombre de photographes maliens est passé de 20 à plus d’un millier, celui des studios d’une quinzaine à plus de 300.
Amadou Sidibé
BASKET
Le Stade malien éliminé à Conakry
Le Stade malien de Bamako est sorti bredouille des préliminaires de la 20e édition du championnat d’Afrique des clubs masculins de basket, qui s’est achevée samedi dernier à Conakry (Guinée).
Les lampions se sont éteints le 29 octobre 2005 à Conakry sur le tour préliminaire du 20e championnat d’Afrique des clubs masculins. Ce championnat a regroupé 7 formations du Libéria (LNPR Oilers et NPA Pythons), du Mali (Stade malien), de la Côte d’Ivoire (ABC), du Nigeria (Union Bank et Niger Poters) et de la Guinée (Back & MBC).
Aux termes des rencontres, les trois premiers ; à savoir : ABC de la Côte d’Ivoire, l’Union Bank et Niger Poters du Nigeria se sont qualifiés pour la phase finale qui aura lieu du 12 au 19 novembre dans un pays qui reste à être déterminé par la Fiba-Afrique.
Le Stade malien, avec trois victoires et trois défaites, est éliminé de la course. Il n’est arrivé qu’en quatrième position.
Les Guinéens de Back et MBC, en six sorties, ont enregistré cinq défaites et une victoire. Ils ont occupé le bas du tableau en compagnie des LNPR Oilers et NPA Pythons du Libéria.
Pour Fodé Amara Condé, président de la Fédération guinéenne de basket-ball, « ce tournoi était d’un niveau technique satisfaisant. Les équipes ont fait montre de détermination et de fair-play. Il reste aux trois équipes qualifiées d’effectuer un travail en profondeur, être bien outillées pour la phase finale ».
Après les phases finales d’Angola et du Caire, le Stade, par manque de préparation adéquate et surtout à cause de la lourdeur de son administration, vient de se faire alors qu’il pouvait espérer marquer le tournoi de son empreinte.
Boubacar Diakité Sarr
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